Lait: Savencia refuse un nouvel accord-cadre et propose de maintenir la collecte
En conflit avec ses fournisseurs éleveurs sur le prix du lait, le groupe Savencia a refusé un nouvel accord-cadre proposé par l’AOP Sunlait, annonce l’association d’organisations de producteurs dans un communiqué le 28 octobre. L’AOP indique avoir envoyé une nouvelle proposition d’accord-cadre le 18 octobre, à la suite de quoi l’industriel lui aurait signifié «la fin [de leurs] relations». «Savencia Ressources Laitières ne propose pas de modification de cette proposition sur les points qui ne conviennent pas», rapporte Sunlait. Alors que les contrats-cadres de trois des quatre OP de Sunlait arrivent à échéance jeudi 31 octobre, Savencia a proposé, d’après un communiqué relayé par l’AFP, de «poursuivre la collecte auprès des producteurs Sunlait qui le souhaitent, sans impact sur les volumes de la filière laitière française». Aux yeux du deuxième groupe fromager français (Cœur de lion, Caprice des Dieux, etc.), cette solution «transitoire» vise à «permettre aux producteurs de disposer du temps nécessaire pour choisir la solution qui leur conviendra». De son côté, Sunlait dénonce un «contournement»: «Ce n’est pas à l’acheteur de décider comment il souhaite contractualiser avec des producteurs qui sont déjà organisés en OP», estime l’AOP, qui dit continuer à chercher «une solution permettant la poursuite des relations».
Biosolutions: UV Boosting lève 6,9 M€ auprès du fabricant de tracteurs Kubota
UV Boosting, spécialiste du traitement des plantes par ultraviolets, a annoncé le 24 octobre avoir clôturé un tour de financement de 6,9 millions d’euros (M€) mené par le fabricant japonais de machines agricoles Kubota. Cette prise de participation minoritaire constitue «une étape clé pour accélérer le développement commercial et technique» de la société francilienne, indique-t-elle sur le réseau social LinkedIn. «Quelle fierté de clôturer ce tour de table dans un contexte aussi difficile pour toutes les start-up Agtech et Deeptech», se réjouit Baptiste Rouesné, p.-d.g. de UV Boosting. Créée en 2016 par l’université d’Avignon et le «venture builder» Technofounders, l’entreprise conçoit des équipements de «soin global des plantes par stimulation UV», à destination principalement des cultures de la vigne, la fraise, des vergers et de l’entretien des gazons sportifs. Sa technologie, aux yeux de Kubota, «améliore les mécanismes de défense naturels des plantes, réduisant ainsi le besoin de pesticides et augmentant les rendements des cultures», selon un communiqué du fabricant de tracteurs.
Tomates d’industrie: en Italie, Mutti apporte un soutien de 7 M€ à ses producteurs
L’italien Mutti, leader européen de la transformation de la tomate, a annoncé apporter un soutien exceptionnel de 7 M€ à ses producteurs, d'après un communiqué du 28 octobre. L'année 2024 a été caractérisée par des conditions météorologiques très défavorables et exigeant un effort supplémentaire de la part des plus de 800 agriculteurs italiens collaborant avec Mutti. «Cet été, nous avons dû gérer deux saisons de transformation diamétralement opposées. Alors que les pluies continues dans le Nord ont entraîné des délais extrêmement longs et des rendements sur le terrain nettement inférieurs aux volumes moyens, dans le sud du pays, le principal défi a été de gérer une pénurie d'eau sans précédent depuis des années», explique Massimo Perboni, directeur des services agricoles, qui précise cependant que la qualité des tomates n’avait pas eu à en souffrir. L’entreprise a donc décidé de soutenir le secteur agricole en adaptant le calendrier de transformation des tomates aux contraintes de la récolte, qui a couru jusqu'à la fin octobre, et par l’apport d'un soutien financier exceptionnel. Cette saison, Mutti indique avoir transformé 565 000 tonnes de matière première.
Machinisme: un homme condamné à six ans de prison pour vol de GPS agricoles
Le tribunal correctionnel de Versailles (Yvelines) a condamné le 25 octobre à six ans de prison un homme impliqué dans le vol d'une trentaine de GPS agricoles, principalement en Île-de-France. Cet homme de 31 ans, de nationalité moldave et déjà condamné à plusieurs reprises par la justice, a également écopé d'une interdiction du territoire français. Il comparaissait pour avoir dérobé, entre juin et septembre, des dizaines de consoles ou d'antennes GPS d'engins agricoles dans plusieurs départements franciliens (Yvelines, Essonne, Seine-et-Marne), ainsi que dans l'Aisne et les Ardennes, afin de les revendre en Europe de l'Est. L'enquête, menée par la section de recherches de Versailles et le groupement de gendarmerie des Yvelines, a mis à jour un mode opératoire bien rôdé: des vols réalisés de nuit par une équipe de deux malfaiteurs, gantés et se dissimulant le visage. Les exploitations ciblées se trouvaient dans des villages reculés, rarement dotés de moyens de vidéosurveillance. Le préjudice total a été évalué à 430 000 euros. L'une des victimes, présente dans la salle d'audience, a indiqué ne pas avoir pu moissonner pendant huit jours à la suite du vol de ses équipements agricoles.
Influenza aviaire: deux élevages de canards touchés dans le Morbihan
Ce samedi matin, les GDS de Bretagne ont été alertés par un mail préfectoral du fait que deux foyers d’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) avaient été détectés la veille dans deux élevages de canards à Noyal-Muzillac, dans le sud du Morbihan. Un unique arrêté préfectoral, signé le 25 octobre, donne les dates des résultats d’analyse: les 23 et 25 octobre. La commune de Noyal-Muzillac étant située à 10 km de la côte, la zone de surveillance s’étend jusqu’à celle-ci. Elle est aussi incluse dans la bande de surveillance-active Atlantique-Manche à l’égard des risques de contamination par les oiseaux marins. Selon les informations obtenues par nos confrères de Réussir Volailles, les deux troupeaux de canards – l’un de chair, l’autre à foie gras – avaient été vaccinés contre l’influenza aviaire. L’enquête épidémiologique devra répondre à la question de cette contamination, en dépit de la protection vaccinale. L’arrêté rappelle que les élevages détenant des volailles vaccinées en zone de surveillance sont soumis à une «surveillance post-vaccination active renforcée». Ces deux nouveaux cas portent à huit le nombre de foyers enregistrés en France depuis le 13 août, tous en Bretagne.
Noix de Grenoble: amélioration de la récolte en 2024, mais beaucoup de tri à réaliser
Après deux années de crise importante, la noix de Grenoble AOP reprend son souffle en 2024. Amorcée fin septembre, la récolte est sur le point de se terminer et s’annonce d’ores et déjà meilleure, a appris Agra auprès du Comité interprofessionnel de la noix de Grenoble (CING) le 28 octobre. Le CING se garde toutefois d’avancer un chiffre concernant les volumes récoltés. Pour rappel, la noix de Grenoble AOP a connu «deux années extrêmement compliquées», souligne Nathalie Gaillard, coordinatrice du CING, évoquant une production exceptionnelle, mais des ventes à perte, en 2022, suivie d’une forte baisse de la production et de la qualité à cause de la météo en 2023. Cette année aussi, les conditions de récolte ont été «particulièrement défavorables», en raison des aléas climatiques et de l’humidité, pouvant altérer certains fruits, précise Mme Gaillard. Alors que l’AOP noix de Grenoble impose de commercialiser des fruits à la coque sans défaut, il reste donc «beaucoup de tri à réaliser», ajoute-t-elle. Côté commercialisation, le marché est en revanche «plus dynamique» et le CING espère voir les prix repartir à la hausse.