Agra Business | Budget 2025, Advitam, Vivadour, Google, Kapsera, Ania

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Macron appelle à un nouveau débat budgetaire «tout début 2025», notamment «pour les agriculteurs»

Au lendemain du renversement du gouvernement Barnier, le président de la République, Emmanuel Macron, a annoncé, dans son allocution aux Français le 5 décembre, qu'il nommera un nouveau Premier ministre «dans les prochains jours». Il appelle le futur locataire de Matignon à nommer un gouvernement «resserré» et «d'intérêt général», dont la «priorité sera le budget». À ce sujet, le chef de l'État a appelé à un travail en deux temps. D'abord, une «loi spéciale» et «temporaire» serait déposée mi-décembre au Parlement et qui «appliquera pour 2025 les choix de 2024». «Cette loi temporaire permettra, comme c'est prévu par notre Constitution, la continuité des services publics et de la vie du pays. Elle appliquera pour 2025 les choix de 2024», a indiqué le président. Puis, «en début d'année, ce gouvernement préparera un nouveau budget», notamment «pour aider nos agriculteurs en difficulté, ils attendaient ce budget». Tombé à la suite de la censure du gouvernement, le projet de loi de finances (PLF) pour 2025 prévoyait une baisse des crédits du ministère de l’Agriculture pour la transition écologique, ainsi que plusieurs allègements fiscaux (transmission des exploitations, cheptel bovin, etc.) Le déploiement des prêts garantis par l'État pourrait aussi être affecté. Quant au projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS), il comportait plusieurs articles agricoles portant sur les retraites agricoles, le TO-DE, l’exonération applicable aux jeunes agriculteurs, la taxe soda, ou encore la fiscalité sur les sucres ajoutés.

Météo: Google dit avoir développé une IA très fiable de prévisions sur 15 jours

Un programme d'intelligence artificielle (IA) développé par Google est capable de prévoir la météo sur 15 jours avec une précision inégalée, a annoncé le 4 décembre le géant américain. Le modèle GenCast inventé par DeepMind (labo de recherche en IA de Google) «a montré de meilleures capacités de prévision» que l'actuel modèle de référence, selon l’étude de Google publiée dans la revue Nature. Le Centre européen de prévisions météorologiques à moyen terme (CEPMMT) est considéré comme la référence mondiale. Mais, désormais, relève Google, GenCast dépasse la précision des prévisions du centre dans plus de 97% des 1320 désastres climatiques survenus en 2019, sur lesquels les deux modèles ont été testés. Cette avancée est «une première étape» pour intégrer l'IA dans les prévisions météo, a réagi auprès de l'AFP Florence Rabier, la directrice générale du CEPMMT. Pour l'instant, tempère la spécialiste, cette technologie peut être utilisée pour assister les modèles existants. Le modèle de Google, portant sur la température, le vent et la pression atmosphérique, peut produire une prévision sur 15 jours en seulement huit minutes, contre plusieurs heures actuellement.

Agroalimentaire: les industriels du lait et de la bière resteraient à l’Ania (presse)

La Fnil et Brasseurs de France, supposés quitter l’Ania à la fin décembre, y resteraient finalement en 2025, selon notre confrère RIA. La Fédération nationale des industries laitières, interrogée sur ses intentions, ne dément pas, mais son président François-Xavier Huard réserve sa réponse en attendant que «des instances» se réunissent au début de la semaine prochaine. Cela coïncide avec l’information de RIA selon laquelle le conseil d’administration de l’Ania voterait le 9 décembre le retour des deux syndicats professionnels. De son côté, la fédération des brasseurs n’a pas encore répondu à une demande adressée par mail en fin d’après-midi du 5 décembre. La Fnil, premier contributeur de l’Ania («entre 15% et 20% du budget») avait indiqué à l’AFP en juin dernier avoir envoyé sa «lettre de démission» à l’Ania. François-Xavier Huard expliquait à l’agence que les industriels du lait ne voyaient pas de «vision partagée» ni de «programme structuré» ou «d’action concrète» permettant d’envisager l’accroissement de l'«influence» de l’Ania auprès des décideurs; mais qu’ils verraient «la façon dont les choses évoluent», pour envisager de revenir à l’Ania. Il ne mettait pas en cause la présidence d’alors – Jean-Philippe André (Haribo France) – occupée désormais par Jean-François Loiseau, agriculteur et président d’Axéréal et d’Intercéréales.

Coopératives: bases financières saines chez Advitam, qui se recentre sur l'agriculture

Avec un chiffre d’affaires de 1,653 Md€ (en retrait de 0,3 Md€ en un an), le groupe Advitam (6000 adhérents, 2,3 Mt de collecte en 2023) a présenté, le 4 décembre, le bilan de son exercice 2023/2024. 85% de ce chiffre d’affaires est porté par l’activité de la coopérative Unéal, du négoce Ternoveo et de la filiale machinisme (Cas, Verhaeghe): un résultat qui «confirme la solidité des activités agricoles». Le recul de 8 M€ de l’Ebitda du groupe (à 43,7 M€) s’explique par une baisse de l’activité du pôle distribution (Gamm vert, Jardiland), affectée par une conjoncture morose: «inflation et baisse du pouvoir d’achat, combinées à une météo très défavorable». La gestion rigoureuse du groupe a permis de réduire sa dette de manière significative (-40 M€ en un an et -130 M€ sur deux ans), «renforçant ainsi nos bases économiques et nos perspectives de croissance», détaille Olivier Athimon, le directeur général. L’équipe est déjà en marche vers le projet d’entreprise «Advitam 2030», qui vise à «recentrer et renforcer les activités autour de l’agriculture» avec, en point d’orgue, «la rationalisation de l’existant», sans oublier «l’innovation et la différenciation de l’offre proposée». Parmi les objectifs: optimiser l’utilisation des intrants, préserver le sol, gérer la ressource en eau et développer de nouvelles filières, comme la lentille verte ou la vigne. (Anne Gilet)

Intrants: Kapsera lève 4,2 M€ pour industrialiser son procédé de micro-encapsulation (presse)

L’entreprise française Kapsera, spécialisée dans la micro-encapsulation de principes actifs naturels pour l’agriculture notamment, vient de lever 4,2 millions d’euros (M€) pour industrialiser son procédé, rapporte le quotidien Les Échos dans un article du 5 décembre. Un financement obtenu auprès de la Banque des territoires, qui agit pour le compte de l’État dans le cadre de France 2030, et de The Yield Lab Europe, un fonds spécialisé dans l’écologie et l’innovation durable. Ils sont accompagnés par les actionnaires historiques de Kapsera, dont Demeter Investment Managers, présent au capital depuis 2019 via son fonds «Agrinnovation». Créée en 2018, l’entreprise a mis au point une technique, protégée par plusieurs brevets, qui permet de produire des capsules d’alginate biodégradable capables de protéger des substances actives naturelles et d’améliorer leurs performances agronomiques. Grâce à cette levée de fonds, l’entreprise va financer sa première unité industrielle. Un défi technique pour atteindre une capacité de production de 200 tonnes par an d’ici 2027, soit dix fois le niveau atteint par l’actuel démonstrateur préindustriel. Kapsera vise d’abord le marché de l’agriculture avec des produits à base de micro-organismes permettant la fertilisation ou la protection des cultures.

Céréales: la Conf' déverse de la paille devant la Bourse de commerce européenne

«Traders tremblez, les paysans reprennent leur blé»: des agriculteurs de la Confédération paysanne sont venus le 5 décembre manifester devant le Grand Palais à Paris où se tenait la Bourse de commerce européenne, réunissant de grands acteurs du commerce des céréales, a constaté une journaliste de l'AFP. «Sauvez les paysan.n.es, mangez un trader», proclamait une grande banderole jaune aux couleurs du syndicat, déployée sur le parvis du monument par les manifestants venus dénoncer la dérégulation des marchés. Les manifestants - une centaine - ont déposé des bottes de paille devant l'entrée, certains sortant du bâtiment après y avoir ravi des pancartes «Syngenta» et «InVivo». Les manifestants ont chanté photographiés par des participants à la réunion en costume attendant de pouvoir rentrer dans le Palais, aux issues temporairement bloquées par la sécurité. Laurence Marandola, porte-parole de la Confédération paysanne, a dénoncé «la spéculation sur les produits agricoles» et «des gars en costard-cravate qui se gavent sur le dos des paysans». Des forces de l'ordre casquées, arrivées au bout d'une vingtaine de minutes, se sont déployées des deux côtés du parvis. La police a ensuite bloqué les manifestants pendant plus d'une heure, donnant lieu à des bousculades, selon une journaliste de l'AFP. Les forces de l'ordre ont procédé à cinq interpellations, selon la Confédération paysanne.

Pommes de terre/plants: les contrats doivent valoriser les efforts agroécologiques, pour la FN3PT

Dans un contexte de réduction des solutions phytosanitaires et de changement climatique, la fédération nationale des producteurs de plants de pomme de terre (FN3PT), réunie en assemblée générale le 4 décembre, entend passer à la phase supérieure pour la transition agroécologique du secteur. «Nous disposions d’une réponse binaire avec les produits phytos», explique Bernard Quéré, directeur général, contacté par Agra. «Désormais, nous devons raisonner encore plus en termes de systèmes de production et de rotation.» L’engagement de la FN3PT devra se refléter dans les contrats: «Les baisses potentielles de rendement et de qualité devront être prises en compte». Le développement de la recherche collective, spécialement sur la génétique, est un axe à favoriser, pour la fédération. Le basculement est compliqué par les échanges ou locations de terre chez les producteurs de plants. Certains auraient tendance à se recentrer sur leurs terres en propre et adopter des rotations plus larges, entrainant une baisse mécanique des surfaces chez ces producteurs. «En 2023, les surfaces ont reculé de 10%, souligne Bernard Quéré, mais les volumes certifiés ont augmenté en 2024. Cela s’explique par des calibres plus gros certifiés pour la campagne 2023/2024. Nous restons prudents sur la possible augmentation des surfaces: si la demande de gros calibres subsiste, la progression des hectares sera modérée.»

Bovins viande: Vivadour s’est renforcé en amont et en aval via plusieurs investissements

Pour la coopérative Vivadour, qui a présenté ses résultats annuels le 3 décembre, l’année 2024 a été marquée par plusieurs «investissements stratégiques» qui lui ont permis de «consolider sa filière bovine», d’après un communiqué. En amont, le groupe gersois, à travers sa filiale Vignasse & Donney, a racheté le négociant landais Boulin-Michel (14 salariés) et pris une participation «à hauteur de 20%» dans le négoce Laporte (Gers). Vignasse & Donney, de son côté, a agrandi son site d’Artix, pour 4 M€. Autre investissement, plus en aval cette fois: Vivadour a pris une «participation majoritaire» (51%) dans Viandes et terroirs chalossais (VTC), un chevillard landais (boucher en gros) réalisant un chiffre d’affaires de 12 M€. Approvisionnée par Boulin-Michel, VTC est «fortement impliquée dans les démarches qualité telles que le Label rouge, le bœuf de Chalosse et le veau sous la mère», selon le rapport d’activité de Vivadour. Par ailleurs, la coopérative gersoise se félicite d’une «belle dynamique» pour sa filière veau sur paille, avec 5500 animaux achetés, et prévoit de construire un nouveau bâtiment de 200 places par an. À l’issue de ces opérations, la filière bovine de Vivadour, «deuxième acteur régional», compte désormais 100 M€ de CA pour 35 000 bovins.

Lait: les privés appelés à la «responsabilité» par les trois autres collèges du Cniel

Dans un communiqué commun du 5 décembre, la FNPL (producteurs de lait, FNSEA), la Coopération laitière et le collège de la distribution (FCA, FCD) du Cniel appellent les laiteries privées à la «responsabilité» et dénoncent des pratiques «qui compromettent gravement le bon fonctionnement de la filière en s’opposant aux intérêts collectifs». Le 4 décembre, le collège des producteurs a décidé de «suspendre» tous ses travaux au sein de l'interprofession laitière en réponse au refus par le collège des industriels privés (Fnil) de publier un nouvel indicateur Ipampa. Selon les cosignataires du communiqué, les démarches de «progrès» engagées par le nouveau bureau «sont entravé[e]s par le refus des industriels privés de publier des indicateurs et indices essentiels aux négociations commerciales entre les OP, les coopératives (…), les industriels et les distributeurs». Contacté par Agra Presse, le président du collège des coopérateurs, Luc Verhaeghe, appelle à l’apaisement et invite les différents collèges à revenir autour de la table pour «trouver le meilleur compromis dans l’intérêt de toute la filière». «Nous avons pris un engagement qui est de trouver une solution pour apporter plus de réactivité aux coûts de production. Il est important de reprendre les travaux», déclare-t-il.

Élevage/PPL Entraves: l'UGPVB défavorable aux modifications du Sénat en Coméco

Contrairement à ce qui a été écrit par erreur dans l'Agrafil du 5 décembre, les groupements d'éleveurs de l'UGPVB ne sont pas favorables à l'amendement du sénateur Les Républicains (LR) Pierre Cuypers, adopté en commission des Affaires économiques le 4 décembre dans le cadre de l'examen de la proposition de loi sur les entraves, dont il est rapporteur. C'est même le contraire, expliquent-ils à Agra Presse: «Le texte voté par la Coméco du Sénat s’écarte complétement des demandes portées par l’UGPVB et n’apportera aucune simplification pour les éleveurs en matière d’ICPE.» La faute à plusieurs amendements du rapporteur Cuypers, qui «ont vidé de leur substance plusieurs alinéas de l’article 3», déplore l'union de groupements. Interrogé par Agra Presse, le sénateur s'étonne, rappelant sa volonté de «faciliter les installations et extensions» de bâtiments, «tout en étant conforme au droit communautaire». Il se dit ouvert à en discuter avec l'UGPVB d'ici la séance publique et à réviser sa copie. Ce ne serait pas la première fois, aux yeux des groupements, que le Parlement alourdirait le régime des ICPE en voulant le simplifier. Au printemps, l'UGPVB avait déjà indiqué que la récente réforme de «parallélisation» des procédures ICPE d’autorisation allait allonger la durée d’enquête publique et créer de nouvelles obligations de réunion publique - des effets de bords que doit justement corriger la PPL Entraves...

Coopératives: Julien Heillaut succèdera à Ludovic Spiers à la direction générale d’Agrial

Julien Heillaut a été nommé directeur général du groupe coopératif Agrial et succèdera à Ludovic Spiers, qui partira à la retraite à partir du 1er juillet, annonce un communiqué du 5 décembre. Julien Heillaut a rejoint le groupe en 2019 en tant que directeur général adjoint de Créaline (branche légumes d’Agrial). Il est aujourd'hui directeur de l’organisation de producteurs de légumes d’Agrial et directeur général de la BU Priméale France depuis 2020. Il conserve ses fonctions jusqu’à la nomination de son successeur. Une période de transition à la direction générale se déroulera au premier semestre 2025 jusqu’au départ en retraite de Ludovic Spiers, qui occupe cette fonction depuis 2010. Agrial compte 12 500 agriculteurs adhérents et 22 000 collaborateurs. En 2023, le groupe a réalisé 7,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires, ce qui en fait la première coopérative française.

Relations commerciales: le médiateur Thierry Dahan reconduit «par intérim»

Le médiateur des relations commerciales agricoles Thierry Dahan a été reconduit dans ses fonctions, «par intérim» en raison du contexte politique, via un arrêté paru au Journal officiel le 5 décembre. Il avait été nommé en décembre 2021 pour une durée de trois ans. «L'intérim décidé par simple arrêté ministériel est la solution consensuelle pour éviter une interruption du service», explique le médiateur. Une reconduction pour un mandat de trois ans nécessiterait, en effet, la signature du président de la République, du Premier ministre et de deux ministres. Les pouvoirs du médiateur des relations commerciales ont été renforcés par la loi Egalim 2 du 18 octobre 2021, avec l'élargissement de ses prérogatives à la conclusion des contrats écrits pour la vente de produits agricoles – et non plus seulement à leur exécution.

Agenda de la semaine agricole du 9 décembre 2024

Lundi 9 décembre
Manifestations FNSEA/JA, jusqu'au 10
Conseil des ministres de l'Agriculture de l'UE (Pac, bioéconomie, NGT, bien-être animal), jusqu'au 10

Mardi 10 décembre
Agri-food days (conférence annuelle de la direction générale de l'Agriculture de la Commission européenne), jusqu'au 12
Conférence de presse de Semae (semences)
Conférence de presse FNEDT
Conférence de presse du salon AgriSima
Journée d'étude juridique sur les interactions entre éleveurs et céréaliers, à Poitiers
Rendez-vous de l’arboriculture Auvergne-Rhône-Alpes, à Valence
Journée Semences biologiques de l’Itab à Angers, jusqu’au 11

Mercredi 11 décembre
Assises de la FNPL, au Puy-en-Velay, jusqu'au 12 décembre

Jeudi 12 décembre
Congrès du programme Fruits et légumes durables d'Europe, à Almeria
Réunion d'information d'Axereal à Orléans
Conférence de presse de Maïsadour
Visioconférence de l'Idele sur les races locales en Europe
Visioconférence sur l’arnica organisé par l’AFC (cueilleurs)

Vendredi 13 décembre
Assises de la FFPA (photovoltaïque)
Conférence de presse du Sédima
Séminaire «associations de cultures de légumes» de l’Inrae, à Toulouse
Assemblée générale de la Cavac, aux Sables-d'Olonne