Restauration collective : Sodexo acquiert un des leaders espagnols
Sodexo a annoncé, dans un communiqué du 31 juillet, la signature d’un accord en vue d’acquérir Grupo Mediterránea, ce qui, sous réserve des acceptations réglementaires, « doublera sa présence » et fera du groupe français « l’un des leaders du marché des services de restauration en Espagne », selon ce communiqué. Grupo Mediterránea réalise un chiffre d'affaires annuel d'environ 350 millions d'euros, essentiellement en Espagne, en servant quotidiennement plus de 265 000 repas sur plus de 1 700 sites de restauration. D’après le site internet Restauración Colectiva, le secteur espagnol de la restauration collective a récupéré en 2024 son activité d’avant la crise sanitaire du Covid-19, en atteignant un chiffre de 3,8 milliards d’euros. Sodexo dit attendre de cette acquisition un renforcement de ses expertises et la constitution d’une équipe dirigeante solide ainsi que « des synergies opérationnelles et des gains d’efficacité au bénéfice des clients et des consommateurs ».
Restauration collective: Compass acquiert le Néerlandais Vermaat
Le groupe de restauration britannique Compass (Eurest) annonce dans un communiqué du 22 juillet son acquisition du groupe néerlandais Vermaat qu’il présente comme « un leader international du foodservice haut de gamme ». Vermaat offre des services de restauration «sur mesure» dans les secteurs hospitalier, de l’entreprise et du voyage, se distinguant dans le domaine des réceptions. En phase d’expansion en Allemagne et en France, la société de restauration prévoit un chiffre d’affaires de 700 millions d’euros pour 2025 en servant quotidiennement plus de 200 000 convives sur plus de 700 sites de restauration. La directrice de Compass pour l’Europe et le Moyen-Orient, Kathinka Friis-Møller, glisse dans son commentaire que cette acquisition renforcera l’offre premium de son groupe, soulignant que ce segment gagne en importance en Europe. De son côté le directeur général de Vermaat, Rick Zeelen, souligne que son entreprise conservera sa « liberté d’opérer en tant que plateforme indépendante » et que celle-ci est impatiente de « former des partenariats significatifs ».
Accord UE/Etats-Unis : pas d'exemption publiée sur les alcools, 1 Md€ de pertes en vue
Comme attendu, les droits de douane inscrits dans le décret américain du 31 juillet n'aménagent pas d'exemption pour les alcools européens. En vigueur à partir du 7 août dans le cadre de l’accord UE/Etats-Unis, ces taxes de 15 % sur les produits expédiés outre-Atlantique pourraient se traduire par 1 Md€ de perte cumulée avec l’effet devise, selon la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux de France (FEVS). « L'impact de ce droit sera d'autant plus brutal qu'il va de pair avec le recul du dollar américain depuis le début de l’année », déplore le président Gabriel Picard, cité dans un communiqué le 1er août. Et d’estimer que cet effet combiné « pourrait aboutir à une réduction d'un quart de nos ventes aux Etats-Unis, soit une perte de 1 Md€ ». Une baisse des exportations aurait par ailleurs « des effets sur les 600 000 emplois directs et indirects de la filière des vins et spiritueux » en France, d’après le communiqué. La FEVS appelle la France et l'Union européenne à « la poursuite des négociations ». Pour son président, « la situation ne peut rester en l’état. Il est vital que la France et l’Union européenne s’engagent activement à nos côtés pour soutenir très concrètement notre filière. »
Porc: Mission Barns autorisé à utiliser sa graisse in-vitro de porc aux Etats-Unis
La start-up californienne Mission Barns a reçu le feu vert de l’USDA (ministère de l'agriculture étasunien) pour utiliser une graisse de porc issue de culture cellulaire dans des simili produits carnés aux protéines végétales, apprend-on par un communiqué de l’entreprise, daté du 24 juillet et les médias spécialisés dans les nouvelles protéines, comme Protein Production Technology. L’USDA accorde l’agrément sanitaire pour l’usine pilote de San Francisco, où les cellules sont multipliées et agglomérées et soumet la graisse et ses produits à la réglementation des viandes. Mission Barns développe des marchés pilotes dans la restauration et la distribution. La directrice commerciale de l’entreprise Cecilia Chang, a déclaré à Protein production technology qu’elle ciblait en priorité des marchés comme Singapour et d’autres pays asiatiques. L’autorisation de l’USDA fait suite à une autorisation de fait par la FDA, autorité sanitaire fédérale américaine, signifiée en mars dernier par un courrier adressé à Mission Barns. La stratégie de cette entreprise consiste à s’appuyer sur le goût de la graisse cultivée pour produire des substituts aux produits de porc à des coûts compétitifs.
Œuf : Olga prospecte le marché français avec son substitut végétal récemment primé
Le substitut végétal de poudre d’œuf pour l’industrie mis au point par Olga a été distingué aux Sustainable Food Awards. Il a reçu la médaille d’argent décernée le 26 juin par le consultant britannique Ecovia, fait savoir par un communiqué du 31 juillet. « Olga confirme ainsi son entrée sur un marché mondial de substitution de l'œuf évalué à 1,3 milliards de dollars, avec une solution 100% française et durable », dit le communiqué. « Pour l’instant, nous nous concentrons sur la prospection en France », modère, dans un mail à Agra Presse, la division ingrédients de l’entreprise de Noyal-sur-Vilaine (Ille-et-Vilaine), Ingood. Plusieurs industriels prospects de la BVP (boulangerie, viennoiserie, pâtisserie) testent l’ingrédient et « une marque française axée sur le développement durable » l’utilise depuis le premier trimestre dans « un produit en confiserie avec le meilleur Nutri-Score de sa catégorie » souligne le service marketing, sans pouvoir nommer cette marque. A base de lentilles et fermenté, cet ingrédient nommé Lengood est « jusqu’à 30% plus rentable pour les industriels et a un impact carbone de 60% inférieur à l'œuf », fait-il valoir.
FCO: plus de 2.000 foyers en un mois, appels à la vaccination
Face plus de 2000 foyers de FCO recensés en un mois, le ministère de l’Agriculture et la FNO (éleveurs d'ovins, FNSEA) ont appelé le 1er août les éleveurs à vacciner d’urgence. Entre le 1er juin et le 31 juillet, 1.117 cas de la FCO3 ont été recensés dont plus de 1.100 juste en juillet, surtout en Bretagne. Ce sérotype, apparu en France le 5 août 2024, avait entraîné la contamination de 712 foyers en un mois à partir de son apparition, alors que le vaccin contre ce sérotype est largement disponible auprès des vétérinaires. Pour la FCO8, endémique depuis plusieurs années en France, 1.060 cas ont été recensés entre le 1er juin et le 31 juillet. Ils ont particulièrement explosé ces dernières semaines dans le Morbihan qui compte 367 foyers. Le ministère a commandé pour cette saison sept millions de doses de vaccins contre le sérotype 8 «permettant de vacciner l’ensemble des élevages ovins», indique-t-il dans un communiqué publié le 1er août, un mois après le lancement de la campagne de vaccination. «Il est crucial de protéger dès à présent les élevages de ruminants(...) J’appelle tous les éleveurs à vacciner leurs troupeaux», a déclaré la ministre Annie Genevard, citée dans le texte. «Le ministère a fait le job, nous avons des vaccins, même s’ils sont arrivés un peu tard, ils sont gratuits pour la FCO8, nous avons obtenu 15 millions d’euros d’aides européennes supplémentaires grâce au reliquat du bio pour la filière ovine, qui a beaucoup souffert l’année dernière», affirme Mme Boudoin, désemparée face aux éleveurs qui ne vaccinent pas.
Dioxyde de titane : la CJUE annule son classement cancérogène
Dans un arrêt rendu le 1er août et consulté par l’AFP, la cour de justice européenne (CJUE) annule la classification et l’étiquetage « cancérogène » du dioxyde du titane (additif), adoptés par voie règlementaire en 2019. Cette décision prise en appel confirme le premier arrêt du Tribunal rendu en novembre 2022. La CJUE estime que la Commission européenne a « commis une erreur manifeste » en jugeant fiable une étude scientifique sur laquelle se fondait la classification cancérogène. Cette décision est un revers pour la France et la Commission européenne qui s’étaient pourvues en appel fin 2022, et une victoire pour les fabricants et importateurs du dioxyde de titane, qui contestaient cette classification, fondée sur un avis du comité d’évaluation des risques de l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) de 2017 et proposée l’année précédente par une agence sanitaire française, l’Anses. Foodwatch dénonce « un important recul pour la protection des citoyens et consommateurs », auprès de l’AFP. Même son de cloche chez Avicenn, association de veille sur les nanoparticules, qui déplore « un revers plus que regrettable » car la décision « supprime l’obligation d’étiquetage de danger sur les poudres de TiO2 (dioxyde de titane, NDLR) ».
Glyphosate : Bayer augmente ses provisions pour faire face aux litiges judiciaires
Le géant allemand des pesticides, Bayer, a annoncé le 31 juillet une nouvelle provision de 1,2 milliard d’euros (Mds) pour faire face aux litiges judiciaires liés au glyphosate aux Etats-Unis, rapporte l’AFP. Cette enveloppe s’ajoute aux 5,7 milliards d’euros de provisions mis de côté par Bayer pour les litiges relatifs au glyphosate. En outre, le groupe phytopharmaceutique a annoncé une nouvelle provision de 530 millions d’euros (M€) pour des affaires concernant les polychlorobiphényles (PCB), des produits interdits dans de nombreux pays depuis les années 1980. Ce qui porte à 1,7 Md € les nouvelles provisions pour des litiges. Malgré ses déboires judiciaires depuis le rachat du groupe américain Monsanto, Bayer a relevé légèrement ses prévisions annuelles de résultats, en raison de performances meilleures que prévu dans sa division pharmaceutique. Le groupe a aussi annoncé la conclusion d’un accord important avec un cabinet de plaignants, réduisant le nombre de dossiers non réglés à 61 000, sur un total initial de 192 000 réclamations outre-Atlantique.
Pomme de terre: une étude révèle que la pomme de terre descend de la tomate
Le croisement entre des tomates et des espèces de pomme de terre a donné naissance à nos patates modernes, révèle une nouvelle étude publiée le 31 juillet dans la revue scientifique Cell. L’origine de la pomme de terre, l’une des cultures agricoles les plus importantes au monde, intrigue depuis longtemps les scientifiques. Mais une équipe internationale de chercheurs semble en avoir percé le secret en analysant 450 génomes de pommes de terre cultivées et 56 espèces de pommes de terre sauvages. A la suite de leurs recherches, les scientifiques ont découvert que le patrimoine génétique des pommes de terre modernes provenait de deux espèces ancestrales. D’une part, pour 60%, de l’Etuberosum, un ensemble de trois espèces venues du Chili qui ressemblent aux plants de pomme de terre modernes mais sans tubercule, la partie de pomme de terre que l’on mange. Et, d’autre part, de la tomate, pour 40% - une proportion équivalente pour l’ensemble des pommes de terre, qu’elles soient sauvages ou cultivées. «Cela indique clairement qu’il s’agit d’une hybridation ancienne plutôt que de divers échanges génétiques ultérieurs», a déclaré à l’AFP Sandra Knapp, botaniste du musée d’histoire naturelle de Grande-Bretagne. L’Etuberosum et les tomates auraient commencé à diverger il y a 14 millions d’années. Cette divergence se serait terminée il y a neuf millions d’années.
Légumes: ventes annuelles de Bonduelle à la peine en UE, soutenues aux Etats-Unis
Bonduelle a enregistré une légère baisse de son chiffre d’affaires annuel 2024-2025, la croissance des ventes de repas préparés aux États-Unis ayant permis de rattraper une partie des difficultés enregistrées en Europe, son principal marché. Le groupe a publié le 1er août un chiffre d’affaires en recul de 0,9% lors de son exercice décalé 2024-2025, clos le 30 juin, par rapport à l’année précédente. Il s’établit à 203,8 millions d’euros. «Malgré un léger repli de l’activité sur l’exercice, le groupe confirme son objectif de stabilité de la rentabilité opérationnelle courante, (...) grâce à la poursuite du redressement des activités nord-américaines, la bonne tenue des activités en Eurasie et un strict programme de maîtrise des coûts», détaille Bonduelle dans son communiqué. Les ventes en Europe, qui représentent les deux tiers de son activité, ont en effet baissé de 3,9%, malgré le «redressement notable en fin de trimestre» des activités de conserve et surgelé. Bonduelle a également bénéficié de la météo estivale en France au printemps et au début de l’été, des conditions "favorables à la catégorie des produits traiteur frais». Hors Europe en revanche, la croissance des ventes est de 4,4%, et l’année a été marquée par le «retour à la croissance" en Amérique du Nord (+4,9%), «soutenue par la progression continue des solutions de repas complets («bowls») qui affichent une croissance supérieure à +10% en volumes comme en valeur, tant sur l’ensemble de l’exercice que sur le dernier trimestre», souligne le groupe.
Outre-mer: départ de la déléguée interministérielle à la souveraineté agricole
Dans un récent arrêté, l'actuelle déléguée interministérielle à la souveraineté agricole des outre-mer, Véronique Solère a été nommée directrice générale à l'agence régionale de santé de Bretagne, à compter du 25 août. Vétérinaire de formation, ancienne conseillère technique de Bruno Le Maire lorsqu’il était ministre de l’Agriculture, elle avait été nommée déléguée interministérielle en mars 2024. Cette fonction a été créée en 2019 dans un intitulé alors légèrement différent : délégué interministériel à la « transition agricole », peu de temps après la publication d’un rapport de mission parlementaire sur la Chlordécone, qui recommandait la création un délégué interministériel dédié à la gestion de cette crise.
À nos abonnés: possible ralentissement des parutions en période estivale
En raison du ralentissement de l'actualité en période estivale, l'Agrafil et les Agra Lives pourront être diffusés à un rythme légèrement moins soutenu jusqu'à la fin du mois d'août. En vous remerciant de votre compréhension.