Agra Business | Délifrance/Vandemoortele, Scael, Garun-Paysanne, SBV

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Boulangerie : Bruxelles conditionne le rachat de Délifrance à la vente de deux sites

Dans un communiqué paru le 18 décembre, la Commission européenne annonce que le rachat de Délifrance, filiale du groupe coopératif céréalier français Vivescia spécialisée dans la boulangerie-viennoiserie-pâtisserie (BVP), par le groupe agroalimentaire belge Vandemoortele est conditionné à la vente de deux sites de production. Ces deux usines de produits surgelés à base de pâte feuilletée sont situés à Avignon et à Béthune. L'opération a été proposée par les deux entreprises. À la suite de son enquête, Bruxelles a constaté que Vandemoortele serait « confrontée à des contraintes concurrentielles limitées ». En l'état, le groupe serait devenu « soit le premier, soit le deuxième fournisseur de produits surgelés à base de pâte feuilletée auprès des clients du commerce de détail et de la restauration en France, et du commerce de détail en Italie ». Délifrance constitue un poids lourd de la BVP européenne. Il dégageait au 30 juin 2024 un chiffre d’affaires de 930 M€, via 14 sites industriels et 3 200 collaborateurs, écoulant ses produits sur le marché européen, mais aussi asiatique. De son côté, Vandemoortele représente également un leader du secteur, détenant 28 sites de production, pour 3 500 salariés. Le groupe belge vend ses produits aux clients européens et états-uniens.

Biscuiteries : la biscuiterie normande Jeannette reprise par son d.g. Benoît Martinet

La biscuiterie normande Jeannette annonce, dans un communiqué paru le 18 décembre, que Benoît Martinet devient actionnaire majoritaire et président de cette société fondée il y a 175 ans. Il était arrivé à la biscuiterie en 2019, à 28 ans, comme directeur commercial et marketing avant de devenir directeur général en 2022. Il succède à la présidence d'André Réol, 93 ans. « J’assume seul un projet à près de sept millions d’euros. C’est un risque financier important, mais la persévérance fait partie de mon ADN », explique Benoit Martinet, cité dans le communiqué. Le chiffre d’affaires est passé de 2 M€ en 2019 à 4,6 M€ en 2025, explique la société. Pour 2026, le nouveau propriétaire vise 5,1 M€, « tout en maintenant le positionnement haut de gamme accessible ». La biscuiterie détaille les grands axes de sa stratégie : « renforcer les ventes BtoC, principalement via le site internet et le magasin d’usine, pour atteindre en 2026 un équilibre de 50/50 avec le BtoB, contre un ratio de 60/40 aujourd’hui et de 70/30 il y a trois ans » ; « étendre progressivement la présence sur le marché européen », « dynamiser l’innovation produit et enrichir l’offre », « renforcer le service client et les équipes de production », « développer le pôle tourisme industriel et les offres dédiées aux CSE », et « poursuivre les initiatives RSE, en cohérence avec son ADN artisanal et responsable ».

Biosolutions : Ardabelle Capital met la main sur l'espagnol Plymag

La jeune société française de capital-investissement Ardabelle Capital a annoncé, dans un communiqué paru le 18 décembre, avoir conclu un accord en vue d'acquérir une participation majoritaire dans l’entreprise espagnole Plymag, spécialiste des biosolutions à base d'algues. Sofiprotéol et Capagro rejoignent l'opération – dont le montant n'a pas été précisé – en tant qu'actionnaires minoritaires. Fondé en 1978, cet « acteur européen de premier plan des biostimulants et de la nutrition des cultures » s'est construit sur un « modèle industriel entièrement intégré, de la récolte des algues à la commercialisation des produits finis », explique Ardabelle Capital. Plymag a développé un procédé d'extraction « naturel et sans solvant, différenciant et breveté, qui lui permet de détenir la première part de marché en Espagne sur ce segment ». Basée dans la région d'Alicante, la société détient un site de production en Espagne, une présence commerciale dans plus de 30 pays, et des filiales au Portugal, au Chili, en Colombie et au Pérou. Elle revendique une croissance à deux chiffres depuis 2010. Créé il y a quelques mois par Virginie Morgon, le fonds Ardabelle Capital veut accompagner « la transition vers une économie durable et résiliente ».

Coopératives : la Scael dévoile son plan stratégique 2030

Réunis le 11 décembre à l’occasion de l’assemblée générale de leur coopérative, les adhérents de la Scael ont pu découvrir en détail le projet stratégique du groupe à horizon 2030. « Un nouvel élan » articulé autour de trois piliers : « excellence opérationnelle, développement commercial et innovation utile, durabilité partagée ». Objectif : miser sur la complémentarité des activités. Si le pôle agricole demeure le cœur de la coopérative, l’activité de négoce à l’export est réaffirmé comme « un pilier stratégique du groupe, essentiel à la construction de débouchés et à la performance économique ». Les autres activités – transport, laboratoires, distribution, immobilier et projets de diversification – s’inscrivent dans « une logique de cohérence globale pour sécuriser les flux, équilibrer les risques et soutenir la croissance du groupe ». Avec une collecte en retrait de 25 %, à 630 000 t, le chiffre d’affaires atteint 1,144 Md€, pour un EBE de 21 M€ et un résultat d’exploitation à 6,7 M€. Le groupe a poursuivi ses investissements agricoles, à hauteur d’environ 6 M€, notamment pour moderniser les outils de stockage et répondre durablement aux exigences clients : pour rester compétitive dans un commerce mondial en mutation, la Scael continue de faire évoluer ses modes de fonctionnement. (Anne Gilet)

Coopératives : Garun-Paysanne tire son épingle du jeu en nutrition animale

Dans un marché breton de la nutrition animale en décroissance, du fait de la décapitalisation des élevages, Garun-Paysanne continue de se développer sur ce créneau. Lors de l’assemblée générale du 4 décembre, le directeur général Sébastien Blot a fait état d’une activité en hausse sur l’exercice passé : +3,4 % de volumes pour le marché bovins à 206 000 t et +0,8 % pour les porcs. Seule l’activité volailles enregistre une baisse, de 11 % en un an, du fait de l’arrêt de certains élevages. La nouvelle campagne démarre sous de bons auspices avec une hausse de l’activité, toutes filières confondues, de 9 % depuis le 1er juillet. En 2024, la collecte de céréales a reculé de 17 %, à 149 000 t. En 2024-2025, le chiffre d’affaires de la coopérative s’élève à 177,8 M€ (-6 %), pour un résultat net de 0,83 M€ (+0,31 M€) : celui du groupe pèse 214,6 M€ pour un résultat net de 1,114 M€. Le négoce Maudet, racheté par Garun-Paysanne en juillet 2024, affiche un CA de 376 M€. L’enjeu pour Maudet, piloté par Stéphane Carel depuis octobre, est désormais de compléter sa gamme de produits en incorporant ceux proposés par la coopérative et, ainsi, gagner des parts de marché. Côté investissements, le groupe a dégagé une enveloppe de 4,3 M€ pour rénover certains sites industriels, de stockage ou dépôts. (Anne Gilet)

Coopératives : pic de commercialisation et projets d’investissements chez Coopaca

Réunis en assemblée générale le 11 décembre, les adhérents de la Coopaca ont validé les résultats de l’exercice 2024-2025, marqué par des conditions climatiques difficiles mais  une bonne résistance économique. La collecte s’établit à 165 251 t, en retrait par rapport à l’année précédente (180 000 t). Malgré ce contexte, la coopérative franchit pour la première fois la barre des 200 000 t commercialisées, grâce à un report de stock de la précédente campagne. Cela permet à la coopérative basée dans l'Allier de dégager un chiffre d’affaires de 101 M€, en hausse de 7 % par rapport à l’exercice précédent. L’activité Approvisionnement progresse pour sa part de 12 %, portée par la reprise de sept sites d’Avéal au 1er juillet 2024, et la conquête de nouvelles parts de marché. La coopérative a également mis en avant ses investissements : cinq nouvelles cellules de stockage à Tréteau (+20 000 t), et l'équipement d’un bâtiment de 2 500 m² d’une couverture photovoltaïque de 500 kWc. Enfin, Coopaca a souligné le succès de son programme d’analyse de la santé des sols, lancé il y a un an avec le laboratoire Terre Mea : 45 agriculteurs ont bénéficié de 90 analyses au sein de leurs exploitations. (Elena Blum)

Coopératives : collecte d'été en léger retrait chez Val'Limagne, résultat à l’équilibre

La collecte de Val’Limagne, qui tenait son assemblée générale le 10 décembre, s’établit à 175 759 t pour la campagne 2024-2025, avec une moisson d’été à 92 000 t, en retrait par rapport à la récolte record de 110 000 t réalisée l’année précédente. La récolte de maïs a atteint 36 000 t, en hausse de 4 000 t par rapport à 2023-2024. Malgré une baisse des poids spécifiques en blé, Val’Limagne a été en capacité de préserver la qualité de ses lots grâce à la technique du boudinage de céréales, et à vendre 65 % de ses volumes en filières qualité (contre 59 % l’année précédente). La coopérative s’est félicitée des bons résultats de l’usine de trituration UCAL, exploitée avec Sica BB et Coopaca. Elle fait face à une montée en puissance de son activité, avec 32 000 t de graines transformées, contre 29 000 t en juin 2024. Val’Limagne fournit 67 % du tournesol et 35 % des volumes de colza à l’usine. Le chiffre d’affaires consolidé du groupe atteint 138 M€, pour un résultat à 524 788 €, quasiment à l’équilibre avec le résultat précédent (531 225 €). Val’Limagne a détaillé ses projets d’investissements : réfection totale du site de Tronget, qui accueillera au printemps 2026 un nouveau magasin Gamm Vert, rénovation et amélioration des sites de Magnet et de Menat, et mise en place d’une unité de séchage en benne avec recycleur d’énergie à Barberier. (Elena Blum)

Spiritueux : l’italien Campari cède des liqueurs à son compatriote Illva Saronno

Le groupe italien de spiritueux Campari a annoncé le 18 décembre avoir conclu un accord pour la vente de ses marques Averna et Zedda Piras au groupe agroalimentaire transalpin Illva Saronno (arômes, alcools, vins, crèmes glacées, boulangerie), pour 100 M€. Cette opération, prévue « au cours du premier semestre 2026 », s'inscrit dans la stratégie globale de Campari visant à rationaliser son portefeuille et à se recentrer sur ses marques phares, contribuant ainsi à son désendettement, d’après le communiqué. Dans la catégorie des liqueurs amères, le groupe se concentrera désormais sur sa marque phare Braulio, a-t-il ajouté. Illva Saronno possède la marque de liqueur Disaronno et les marques de vins siciliens Florio et Duca di Salaparuta. Campari avait annoncé en mars la vente de son site de production australien et de son activité de conditionnement, puis celle de Cinzano en juin. En octobre, sa coentreprise avec Moët Hennessy avait annoncé la cession de Tannico, plateforme italienne de e-commerce de vins et spiritueux, au français Castel-Vins. « Le produit total de ces cessions, incluant la vente d'Averna et de Zedda Piras, dépasse 210 M€ », selon le communiqué.

Volailles : SBV table sur Nature d’éleveurs et le service pour progresser en restauration

La Société bretonne de volaille (SBV), filiale de LDC, table sur la charte d’élevage du groupe, Nature d’éleveurs, et sur le service aux clients pour s’imposer en restauration et sur le marché des Produits alimentaires intermédiaires (PAI), indique pour Agra Business son d.g. Laurent Girard. Déterminée à ne commercialiser que de la volaille française, la SBV adhère aussi aux programmes d’amélioration continue en élevage de LDC. « Au 1er janvier 2026, 100 % des poulets abattus pour SBV répondront au cahier des charges de Nature d’éleveurs », affirme-t-il. Quant aux dindes et canards, il avance l’échéance de 2030. Pour ces deux espèces, « les standards améliorés de Nature d’éleveurs restent à qualifier », indique le dirigeant, qui garantit des travaux de « co-construction » avec les organisations de producteurs (OP). Il précise que 1 200 éleveurs fournissent SBV (sur les presque 7 000 éleveurs de LDC en France) à travers les OP internes ou partenaires. SBV abat et transforme dans ses 12 sites industriels 2,3 millions de poulets, 106 000 dindes et 110 000 canards par semaine, selon le dossier de presse diffusé pour les dix ans du groupe en novembre.