Pac: les Vingt-sept finalisent une définition de la notion d'agriculteur avec encore quelques incertitudes
Les Etats membres ont progressé, le 8 juin lors de la réunion du comité spécial Agriculture (CSA), sur la définition de «l’agriculteur» dans le cadre de la future Pac. Ils ont validé la formulation proposée par la Présidence chypriote du Conseil de l’UE. Mais deux questions restent en suspens. D’une part, une majorité d’États membres estime que, plutôt que de dupliquer cette définition entre la Pac et le règlement financier sur les plans de partenariat nationaux et régionaux (NRPP), une simple référence au cadre de la Pac devrait être introduite dans le règlement NRPP. D’autre part, ils souhaitent examiner, en parallèle, la définition - plus sensible - de «l’agriculteur actif» que beaucoup de délégations voudraient garder volontaire. Sur ce point, la Commission européenne a prévenu que si l’introduction obligatoire d’une définition d’agriculteur actif était écartée, il conviendrait d’envisager d’autres mécanismes afin de garantir que les soutiens de la Pac soient effectivement ciblés vers les bénéficiaires qui en ont le plus besoin. La Présidence chypriote du Conseil a intégré la définition actualisée de l’agriculteur ainsi qu’un espace réservé pour une éventuelle définition de l’agriculteur actif dans un texte de compromis, qui est examiné en groupe de travail les 9 et 10 juin. Par ailleurs, la Présidence chypriote tente, cette semaine, d’obtenir des accords partiels sur le fonctionnement (mais pas sur les chiffres) de chacun des trois grands blocs du cadre financier pluriannuel (CFP) post-2027 avec l’objectif de les faire valider le 16 juin par les ministres chargés des Affaires européennes réunis à Luxembourg.
Tunnels de prix : Genevard ne veut pas qu'il revienne à l'État de décider des expérimentations
À l'occasion de son audition par la commission des Affaires économiques du Sénat le 9 juin, la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, a donné sa position sur la gouvernance, dans chaque production, du déclenchement des tunnels de prix, dont l'élargissement à de nouvelles filières est prévu par le projet de loi d'urgence agricole et a été supprimé en première lecture à l'Assemblée. Annie Genevard s'est dite opposée à « tous ceux qui veulent qu'on rigidifie la borne basse par un prix plancher, la borne haute par un prix administré de sortie et entre les deux une construction du prix ». Le texte initial du gouvernement laisse aux opérateurs le choix de décider quels indicateurs ils utilisent. De même, un scénario dans lequel, « si les interprofessions ne se mettent pas d'accord, ce [serait] le ministre qui décide » est pour elle « une mauvaise idée ». La question du rôle des interprofession a divisé au centre et à droite lors de l'examen à l'Assemblée : quatre députés, du centre à l'extrême droite, demandent même que l'expérimentation soit adoptée à l'unanimité par l'interprofession. À rebours, Thierry Benoit et François Gernigon (Horizons), Thierry Martineau et Géraldine Bannier (Modem), mais aussi Danièle Bru, inspirée par la FNSEA, proposent de supprimer la consultation obligatoire des interprofessions ainsi que la condition liée à leur demande pour fixer la date de départ de l’expérimentation.
Champagne : dans un « contexte instable », l’interprofession active le report des paiements
Le Comité Champagne (interprofession) a annoncé le 4 juin sa décision d’activer un dispositif d’« ajustement des échéances de paiement », face aux « incertitudes » économiques. Ouverte à toutes les maisons de négoce, la mesure leur permet de différer les deux derniers règlements de la vendange 2025, selon un communiqué. Les vignerons, qui initialement devaient être payés les 5 juin et 5 septembre, pourraient l’être aux 5 septembre et 5 novembre. Ce dispositif avait déjà été mis en œuvre en mai 2020, lors de la crise Covid. Objectif : « Apporter une souplesse temporaire afin de faciliter l’adaptation des opérateurs dans un contexte instable », déclare le Comité Champagne. En cas de report de paiement, le vigneron peut demander à sa banque un escompte de billet à ordre, indique à Agra Presse le coprésident Maxime Toubart, préférant cette solution plutôt qu'avoir le « risque de cessation de paiement de certaines maisons ». Les ventes de champagne ont atteint 266 M de bouteilles en 2025 (contre 271,4 M en 2024), en baisse pour la troisième année consécutive, avait annoncé le 17 janvier l’interprofession, expliquant ce recul par des « crises économiques latentes », et des « évolutions sociétales ». « On a sur les bras un an de stock en trop, qui coûte extrêmement cher avec la hausse des taux d’intérêt », signale Maxime Toubart.
Biocarburant aérien : des entreprises avec Tereos vont créer un site de production à Dunkerque
Dans un communiqué du 9 juin, le groupe Tereos a annoncé s’être accordé avec un pool d’entreprises* pour la création d’une coentreprise afin de développer un site de production de biocarburants aériens. La nouvelle entité (joint-venture) portera le nom de Rebound. « La création de la coentreprise est soumise aux conditions de clôture et approbations d'usage, et devrait être finalisée au second semestre de cette année », précise Tereos. Rebound disposera d’un site de production basé sur le port de Dunkerque, d’une capacité de 160 000 t/an « de carburants d’aviation durables (SAF en anglais, CAD en français NDLR) utilisant la technologie « Alcohol-to-Jet ». L'idée est de convertir de l’éthanol produit à partir de résidus agricoles et forestiers, en SAF « pouvant être mélangés au kérosène conventionnel et utilisés dans les moteurs et les avions existants ». L’installation constituera « l’une des plus grandes usines de ce type en Europe, renforçant la souveraineté énergétique européenne ». Les parties prenantes du projet espèrent profiter de la réglementation européenne qui pousse pour le développement de ces carburants. Elles rappellent que le règlement « ReFuelEU Aviation » va permettre une augmentation des obligations d’incorporation de biocarburants aériens, pour atteindre 6 % en 2030, et 70 % d’ici 2050, « entraînant une multiplication par huit de la demande entre 2030 et 2050 ». *Tereos, Airbus, Safran et Technip Energies.
Blé dur : Panzani et Axéréal déploient leur démarche d’agriculture régénérative
Dans un communiqué du 8 juin faisant suite à une visite d’exploitation le 5 juin lors des journées nationales de l’agriculture, Panzani et Axéréal ont annoncé le déploiement « d’une démarche d’agriculture régénérative appliquée au blé dur français, en expérimentation depuis 2 ans », en parallèle du renouvellement pour 3 ans de leur contrat cadre d’approvisionnement en blé dur. L’initiative s’appuie sur le programme CultivUp d’Axéréal et le cahier des charges Blé Responsable Français de Panzani. Contacté par Agra Presse, le pastier a expliqué avoir pour objectif de s’approvisionner à hauteur de la moitié de ses volumes contractualisés avec Axéréal via cette démarche d’agriculture régénérative à horizon 2028. Le projet inclut diverses pratiques : allongement des rotations, couverture des sols, réduction du travail mécanique (lorsque c’est possible), pilotage de l’azote. Elles doivent améliorer la santé des sols, la biodiversité, et permettre une réduction de l’impact carbone de la production. La démarche intègre, « sur certains critères, des obligations de résultat, au-delà des moyens mis en œuvre », précise le communiqué. Actuellement expérimentées dans le Centre-Val de Loire, Panzani espère appliquer ces pratiques de l’agriculture régénératrice à l’ensemble de ses bassins d’approvisionnement.
Prosulfocarbe/contaminations : le tribunal de Caen arbitre en faveur d'un agriculteur bio
Selon les informations de nos confrères de Ouest-France, le tribunal administratif de Caen a condamné l'État, le 12 mai, à verser plus de 13 000 € à un céréalier bio de l'Orne dont les récoltes de sarrasin avaient été contaminées par du prosulfocarbe utilisé par ses voisins. Après des analyses de sa coopérative mettant en évidence des taux supérieurs aux limites maximales de résidus (LMR), 18 t de sarrasin bio moissonnées entre 2020 et 2022 avaient été « détruites », rapporte le quotidien régional. Dans un communiqué de presse commun le 22 janvier, la Fnab (agriculteurs bio) et Générations futures demandaient le retrait des autorisations de mise sur le marché (AMM) pour tous les produits à base de prosulfocarbe, en se fondant sur de nouveaux résultats obtenus début 2026, qui mettaient en évidence une contamination par le prosulfocarbe de jardins potagers de particuliers. Début 2025, l’Anses avait maintenu les AMM pour le prosulfocarbe sous réserve d’utilisation d’instruments de précision. En octobre 2025, le gouvernement a lancé une mission sur l’indemnisation des agriculteurs bio contaminés par les pesticides conventionnels. En 2023, le ministre de l'Agriculture d'alors, Marc Fesneau, avait indiqué qu'un fonds d'indemnisation était prévu dans le plan Ecophyto 2030.
Pesticides/ZNT : une nouvelle charte de bon voisinage annulée dans les Yvelines
Dans un communiqué du 9 juin, Générations Futures indique que le tribunal administratif de Versailles a annulé l’arrêté préfectoral du 5 septembre 2022 validant la charte de bon voisinage sur l’utilisation de pesticides dans le département des Yvelines. Cette décision fait suite à un recours porté par l’association qui rappelle qu’en 2024, cinq chartes avaient été annulées par le tribunal administratif d’Orléans. Celui de Versailles a justifié sa décision par deux « griefs »: il a d’abord estimé que la charte autorisait des traitements sans respecter des distances minimales réglementaires, au motif que les bâtiments d’habitation étaient inoccupés le jour du traitement ou occupés de façon irrégulière. Or, « les textes nationaux fixent des distances de sécurité indépendamment des conditions d’occupation des logements ». Le second grief : le tribunal a jugé que la charte ne respectait pas suffisamment l’obligation d’information préalable aux riverains lors de l’application d’un traitement à l’aide de produits phytosanitaires. Clamant « une nouvelle victoire », Générations Futures rappelle que « la chambre d’agriculture et le gouvernement ont deux mois pour faire appel de ce jugement ».
PPAM/mildiou : Amoéba obtient une autorisation temporaire en Italie pour un biofongicide
Dans un communiqué du 8 juin, le groupe français Amoéba a annoncé avoir obtenu « en Italie une autorisation d'urgence de 120 jours pour son biofongicide contre le mildiou du basilic », soit du 5 juin au 2 octobre, de la part du ministère de la Santé italien. Plus en détail, la plante qui serait particulièrement concernée serait le basilic de type Genovese, servant, entre autres, à la production de pesto. L’entreprise précise que les solutions disponibles sont limitées, du fait de molécules pesticides utilisables qui diminuent chaque année, spécialement pour les producteurs convertis à l’agriculture biologique. Or, l’Italie fait face à une recrudescence de la maladie ces dernières années. Le fongicide en question est utilisé en traitement préventif. La demande d’autorisation d’urgence a été portée par des associations de producteurs italiens de basilic. L’autorisation s’inscrit « dans la stratégie d'Amoéba et de son partenaire Koppert de déploiement de la solution de biocontrôle sur les maladies fongiques en Europe », relate le communiqué. Ainsi, il s’agirait d’une première étape pour obtenir en Italie une autorisation globale de mise sur le marché.
Nutrition : 21 ONG exhortent Bruxelles à prendre des mesures d’urgence
Alors que la Commission européenne a annoncé la préparation d’une étude sur les aliments ultra-transformés, une coalition de vingt-et-une ONG appelle, dans une lettre du 8 juin, la commissaire européenne à la Recherche et l’innovation, Ekaterina Zaharieva, à prendre sans attendre des mesures politiques contre les régimes alimentaires malsains. Selon cette coalition, ces mesures pourraient inclure notamment l’interdiction de la publicité pour les aliments riches en graisses, sel et sucre destinée aux enfants, un étiquetage nutritionnel obligatoire en face avant ou la réorientation des subventions publiques vers la promotion des fruits, légumes, noix, légumineuses et céréales complètes. Elle plaide également pour renforcer les marchés publics alimentaires en définissant un cadre européen plus solide pour des achats publics sains, avec des exigences nutritionnelles minimales claires, un soutien à la mise en œuvre et un suivi. Ces ONG souhaitent enfin inciter les entreprises à reformuler les catégories d’aliments particulièrement malsaines (comme les plats préparés, les boissons sucrées et les snacks emballés) afin d’améliorer leur composition nutritionnelle.
Charcuterie : nouveaux engagements des industriels et artisans sur le sel et le gras
Les industriels et artisans charcutiers ont annoncé le 9 septembre de nouveaux engagements pour réduire d'ici cinq ans de 5 % le sel sur cinq produits et de 5 % les acides gras saturés sur douze familles de produits, qui représentent au total 60% des volumes de charcuterie vendus en France. La Fict (industriels) – qui tenait ses Assises le même jour – a travaillé avec la CNCT (charcutiers traiteurs) pour que ces engagements ne concernent pas que les industriels, mais aussi les artisans, qui partagent le même Code des usages destiné à réglementer la composition et la fabrication de 450 produits. Un accord doit être signé d'ici la fin de l'année pour être mis en œuvre d'ici cinq ans, mais les grandes lignes ont déjà été actées et partagées avec les services de l'État. Selon la présidente de la Fict, Christiane Lambert, « nous allons réduire de 5 % les teneurs en acide gras saturés sur douze familles de produits qui représentent 45 % du marché » (boudins, jambon cru et jambon sec, rôtis et épaules cuits, coppa, bacon, lardons, poitrine, etc.). « Et réduire la teneur en sel de 5 % sur cinq produits (chorizo, rillettes de porc, andouilles et andouillettes, saucisses à pâte fine, saucisses et saucissons cuits) qui représentent 15% du marché ». Aucun nouvel engagement n’a été annoncé sur les nitrites ajoutés.
Loup/loi d’urgence : les deux priorités de Genevard avant l’examen au Sénat
Lors de son audition en commission au Sénat le 9 avril, la ministre de l’Agriculture a insisté sur deux mesures de gestion du loup contenues dans le projet de loi d’urgence agricole (PLUA). La première, inscrite par le gouvernement dans son texte initial et maintenue par les députés, stipule que « la gestion du loup dépend aussi du niveau de prédation », selon elle. Dans son alinéa 5, l’article 14 du PLUA prévoit que l’exécutif précise dans son arrêté-cadre des mesures de gestion « adaptées à l’évolution de la pression de prédation », sans plus de précision. La seconde mesure est la création, par un amendement de la députée Émilie Bonnivard, d’un « plancher » appliqué à l’effectif de loups permettant le maintien de l’espèce dans un état de conservation favorable, comme prévu par la réglementation européenne. Une nouvelle fois, la ministre s’est refusée à préciser le nombre minimal de loups correspondant à ce « plancher ». Par ailleurs, Annie Genevard a écarté la possibilité d’un nouvel abaissement du statut de protection du loup dans la convention de Berne et la directive européenne Habitats, récemment réclamé par une mission sénatoriale. « Vous pouvez le décréter ici, au Sénat français. Vous savez bien que, en l’état actuel des choses, ce n’est pas le seul Parlement français qui a la main, c’est évidemment au niveau européen que les choses se décideront. »
Lait : Lactalis France justifie le prix du lait face au mécontentement de l’Unell
Lactalis France a justifié le prix du lait pratiqué dans le cadre de son accord avec l’association d’organisations de producteurs Unell. Interrogé sur la question par Agra Presse, Lactalis France a indiqué, le 8 juin, qu’il avait engagé sur les cinq premiers mois de l’année « un ajustement positif au-delà de la formule de prix, correspondant à un total de 5 millions d’euros. Cet effort visait à maintenir un prix du lait égal ou supérieur à 400 €/1000 litres, malgré des négociations commerciales marquées par une faible prise en compte de l’évolution des charges et une tendance à la déflation. » Pour expliquer le prix trop bas selon l’Unell, soit en juin « 400,05 €/1000 litres en moyenne nationale (38/32) et à 415,05 €/1000 litres (41/33), hors prime RSE », Lactalis France rappelle que la formule de prix a été arrêtée avec l’Unell en novembre : « 50 % de produits de grande consommation vendus sur le marché national, 20 % à l’export et 30 % d’ingrédients de type beurre-poudre ». Or, comme le rappelle l’industriel, d’une part, les ingrédients de type beurre-poudre ont des cours très volatils, et d’autre part, « la légère amélioration du marché de la poudre (…) compense en partie le recul du beurre ». Pour rappel, l’Unell estime que le prix du lait actuellement payé par Lactalis France est trop bas alors que les éleveurs subissent des hausses de charges.
Lait : la fromagerie Dongé se diversifie dans l’ultra-frais végétal-animal
La fromagerie Dongé a dévoilé le 9 juin un nouveau produit, nommé le Végé du fromager, à partir de lait de vache pasteurisé, de farine de féverole et de ferments lactiques. Ce dessert ultra-frais sera commercialisé auprès des fromagers et des commerces traditionnels où sont déjà diffusés les produits de Dongé. La fromagerie s’est équipée d’un atelier d’une capacité actuelle de 5000 pots par semaine, pouvant être augmentée par la suite. Les 27 éleveurs qui livrent la fromagerie en lait pourront cultiver de la féverole utilisée comme ingrédient dans les produits. En lançant ce nouveau produit hybride, alliant les protéines animale et végétale, Dongé entend répondre à plusieurs attentes : la demande des consommateurs pour des produits incluant une part de protéine végétales et riches en protéines, la réduction de l’empreinte environnementale de la laiterie en agissant sur les émissions de l’amont, une rémunération supplémentaire pour les éleveurs qui cultiveront la féverole. Le Végé du fromager est aussi un relais de croissance pour la PME familiale qui transforme chaque année 10 millions de litres de lait, dont les ventes du principal produit, le brie de Meaux AOP (1000 tonnes sur 1200 tonnes), sont aujourd’hui stagnante, à l’image de ce marché.
Lait : les laits végétaux concurrencent surtout le bio et le sans lactose (article)
« Le lait végétal est plus facilement substituable aux produits laitiers de vache biologiques et sans lactose qu'au lait de vache conventionnel », peut-on lire dans une étude parue dans la revue Food Policy le 4 juin. Cette affirmation s’appuie sur une estimation de la demande aux Etats-Unis basée sur des données d'achats des ménages et de magasins couvrant la période de 2018 à 2020. « Si les produits à base de lait végétal n'avaient pas été disponibles dans le panier de choix des consommateurs, la quantité de lait de vache biologique vendue au détail aurait été supérieure de 14,5 %, celle de lait de vache sans lactose de 10,2 %, et celle de lait de vache conventionnel de 7,7 %. » Les données utilisées par les auteurs laissent penser que les laits végétaux n’ont pas été le principal moteur de l'accélération récente du déclin de la consommation de lait de vache liquide et qu’il faut poursuivre les recherches. De ce constat, les auteurs « suggèrent que les politiques axées uniquement sur la lutte contre la concurrence végétale n'apporteraient que des gains limités en matière de consommation de lait liquide ». Ils profiteraient principalement au lait conventionnel, compte tenu de sa part de marché dominante, et exerceraient une « pression plus forte sur les segments biologique et sans lactose ».
Tuberculose bovine : une députée veut améliorer les indemnisations des éleveurs laitiers
Dans une question écrite publiée le 2 juin, Cendrine Chazé, députée (DR) de l’Orne, appelle la ministre de l’Agriculture à améliorer l’indemnisation des pertes de production des éleveurs laitiers dont le troupeau est touché par la tuberculose bovine. Jugeant les pertes économiques « insuffisamment compensées », elle demande que l’État indemnise « l'intégralité des pertes d'exploitation – incluant les primes AOP et le lait non collecté ». Selon l’élue, « certaines laiteries suspendent ou restreignent la collecte » des élevages faisant l’objet d’un APDI (arrêté préfectoral de déclaration d’infection) et ayant choisi l’abattage partiel de leur troupeau. Quant à la perte de primes AOP, son impact peut « atteindre 50 €/1 000 l », selon la députée. Par ailleurs, Cendrine Chanzé exhorte le gouvernement à indemniser les producteurs laitiers sur toute la durée de l’APDI, soit « en moyenne treize mois ». Actuellement, la règle générale fixe à trois mois la durée d’indemnisation des pertes de production pour les élevages laitiers. Cette durée peut être portée à six mois pour les producteurs bio ou ceux ayant choisi l’abattage partiel, sur dérogation préfectorale. Une nouvelle disposition mise en place fin avril, en même temps qu’une revalorisation des indemnisations pour abattage diagnostique.
Évènementiel/élevage : un « certificat sanitaire commun » pour les principaux salons
Dans un communiqué du 9 juin, le Space, le Sommet de l’élevage et le Salon international de l’agriculture annoncent qu’ils « s’accordent sur un « certificat sanitaire commun ». Leurs organisateurs réaffirment « leur volonté d’avoir des animaux dans leurs prochaines éditions », alors que les maladies animales ont récemment perturbé ces évènements. « Le but est de ne pas effrayer les éleveurs en évitant de multiplier les obstacles pour amener leurs animaux », résume Laurent Griffon, directeur de Races de France (organismes de sélection), partie prenante de cette démarche annoncée fin avril. Par exemple, pour la fièvre catarrhale ovine (FCO), « on n’exigera pas des éleveurs de vacciner leurs animaux contre les sérotypes endémiques (FCO-3 et 8) pour participer aux salons, mais on les incite à le faire dans leur élevage », illustre-t-il. Dans le détail, le certificat sera un « document qui recense les conditions pour venir à un évènement », dont certaines parties seront « remplies par l’éleveur » et d’autres « par le vétérinaire sanitaire, voire les GDS ou l’administration ». Cette base sera commune, et « il pourra y avoir des différences dans les détails pour chaque salon », notamment en fonction de la situation sanitaire. Cette trame était en cours de finalisation le 9 juin, au lendemain d’une réunion entre la ministre de l’Agriculture et les présidents de salon.
Nappes phréatiques: la baisse continue, faute de pluies suffisantes (BRGM)
Un état « satisfaisant » mais qui continue de se détériorer : le niveau des ressources souterraines en eau en France métropolitaine présente « une tendance à la baisse généralisée », faute de pluies suffisantes, laissant planer l'incertitude sur une éventuelle sécheresse estivale. Au 1er juin, 77% des nappes phréatiques métropolitaines présentent des niveaux en baisse, « sous l'effet d'une vidange des réserves en lien avec le déficit pluviométrique observé en avril puis en mai », indique le 9 juin le Bureau de recherches géologiques et minières dans son bulletin mensuel. En raison d'une bonne recharge à l'automne et cet hiver, « la situation globale reste cependant satisfaisante », avec 58% des points d'observation au-dessus ou autour des normales. De manière générale, « l'intensité de la vidange apparaît légèrement plus marquée que celle de mai 2025 », et la situation est « plus dégradée » qu'à la même période l'an dernier, où 69% des nappes étaient supérieures ou comparables aux normales. En cause, des précipitations en berne depuis deux mois: en avril le déficit pluviométrique sur le territoire était de près de 70% par rapport aux normales et la deuxième quinzaine de mai, marquée par une vague de chaleur intense et précoce, a été particulièrement sèche.