Agra Fil du 16 septembre 2026

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Omnibus pesticides: quelques ajustements sur les LMR avant un compromis entre les Vingt-sept

Les experts des Etats membres ont examiné le 14 septembre dans le cadre du groupe de travail Antici sur la simplification, le dernier texte de compromis sur la proposition omnibus dans le domaine de la sûreté alimentaire. Il propose finalement d’abaisser à la limite de quantification les limites maximales de résidus (LMR) pour certains pesticides préoccupants non autorisés dans l’UE ayant des effets négatifs sur les abeilles mellifères ou s’accumulant à des niveaux jugés inacceptables dans les eaux souterraines. Toute décision devra néanmoins tenir compte d’une évaluation préalable des risques par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa). La plupart des États membres ont accueilli favorablement ce compromis, mais certains ont aussi exprimé des réserves, voire des objections. Dans les jours à venir, la présidence irlandaise va donc s'efforcer d'affiner encore le texte afin de réduire les divergences restantes, dans l'optique de présenter une version de compromis révisée au représentant permanents des Vingt-sept (Coreper) le 23 septembre pour obtenir un mandat négociation. Au Parlement européen, le vote sur le projet de rapport préparé par les Italiens, Herbert Dorfmann (PPE) et Michele Picaro (ECR) initialement prévu le 5 octobre a, lui, été repoussé à une date ultérieure avec l’objectif de l’examiner en plénière au mois de novembre.

Engrais/MACF : le Parlement européen préfère un fonds de compensation à une clause de sauvegarde

Le Parlement européen a adopté (par 464 voix contre 50 et 159 abstentions), le 15 septembre à Strasbourg, sa position sur l’extension du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF). Mais, les eurodéputés ont comme prévu supprimé l’article 27a qui proposait d’introduire une clause de sauvegarde pour protéger le secteur agricole vis-à-vis, notamment, d'une envolée des prix des engrais. À la place, les députés souhaitent ajouter un mécanisme permettant de réorienter temporairement les recettes du MACF vers les secteurs touchés. En effet dans la cadre du vote, quelques minutes plus tard, sur le fonds temporaire de décarbonation, le Parlement européen s’est prononcé pour ouvrir ce fonds aux producteurs d'engrais et aux utilisateurs en aval confrontés à des coûts d'intrants plus élevés liés au carbone, en ajoutant des produits tels que l'urée, le nitrate d'ammonium et le sulfate d'ammonium à la liste des biens éligibles. Des négociations interinstitutionnelles avec les Etats membres vont donc pouvoir s’ouvrir sur ce dossier. Les Vingt-sept ont, de leur côté, validé le dispositif de sauvegarde qui prévoit une possibilité d’exemption du MACF durant un an en cas d’augmentation de plus de 50 % par rapport au prix moyen au cours des dix années précédentes.

UE/Arménie: feu vert du Parlement européen aux mesures commerciales autonomes

La plénière du Parlement européen a validé à une très large majorité (par 583 voix contre 49 et 39 abstentions), le 15 septembre à Strasbourg, la proposition de la Commission européenne visant à instaurer des mesures commerciales autonomes en faveur de l’Arménie, sans y apporter de modification. L’objectif est d’aider le pays à faire face aux restrictions commerciales imposée par la Russie. Ce dispositif prendra la forme d’une suspension des droits de douane ad valorem du système de préférences généralisées plus (SPG+) une période de deux ans. Au niveau agroalimentaire, 99 % des exportations arméniennes de fruits, légumes et plantes frais vers la Russie, ainsi que plus de 91 % des boissons et spiritueux son concernées. Des contingents d'importation en franchise de droits seront mis en place pour huit produits agricoles, dont le raisin, les abricots, les cerises, les pêches et les concombres. Plusieurs produits sensibles ont été exclus comme les amidons modifiés, le rhum ou encore le maïs. Enfin, des garanties sont prévues en cas d’augmentation des importations perturbe gravement le marché de l'UE.

Sécheresse : les banques dévoilent de premières mesures d'aide, au cas par cas

Alors que des discussions sont toujours en cours entre les banques et le gouvernement pour mettre en place des prêts «sécheresse» (deux ans, sans échéance la première année, taux préférentiel), le Crédit Agricole et Crédit Mutuel Alliance Fédérale ont annoncé chacun de leur côté le 15 septembre de premières mesures pour aider les agriculteurs. Le Crédit Agricole a annoncé au Space qu'il propose de « moduler ou suspendre jusqu’à 12 mois les échéances de prêts en cours, afin d’adapter les remboursements à chaque situation » et de pouvoir « bénéficier d’un financement à court terme sur 12 mois à taux préférentiel pour l’achat de fourrages ». A moyen terme, la banque verte propose aussi de financer les dispositifs de ventilation, brumisation, refroidissement des bâtiments et les changements de pratiques culturales grâce à une offre de crédit jusqu’à 75 000 euros sur 7 ans et à taux préférentiel. De leur côté, les réseaux Crédit Mutuel et CIC renforcent leur dispositif d’urgence, incluant « des simples reports aux modulations d'échéances, au Prêt de soutien agricole bonifié, jusqu'aux restructurations complexes », selon un communiqué. Les facilités de remboursement sont prévues « au cas par cas », pour faire face aux difficultés conjoncturelles. Crédit Mutuel Alliance Fédérale propose aussi, pour assurer la reprise de production, des solutions de financement « personnalisées ». Un Prêt de soutien agricole (60 mois) est destiné aux exploitations « les plus fragilisées ».

Sécheresse/prairies : au Space, Genevard défend l’assurance et l’indice satellitaire

Interrogée sur l’assurance des prairies lors de sa visite au Space de Rennes, le 15 septembre, la ministre de l’Agriculture a démenti tout « dysfonctionnement » du système satellitaire d’évaluation des pertes, tout en incitant les agriculteurs à s’assurer. Depuis la mise en place, en 2023, du nouveau système de gestion des risques, les représentants des éleveurs contestent régulièrement l’estimation des pertes des prairies réalisée par un satellite d’Airbus. Ces critiques ont pris une ampleur particulière avec la sécheresse historique de cet été, qui a provoqué un effondrement de la production fourragère. « Il est abusif de dire que [le satellite] ne fonctionne pas », a balayé Annie Genevard, précisant que seulement dix réclamations avaient été déposées en 2025. Avant de relativiser : « Pour autant, j'entends ce que me disent les éleveurs, et je pense qu'il faut fiabiliser l'indice prairies sur lequel se fondent les indemnisations ». La ministre a ajouté avoir demandé des « améliorations » au fournisseur de l’indice (Airbus), sans préciser lesquelles. Plus largement, « il faut impérativement que les agriculteurs français s'assurent », a martelé Annie Genevard. « Aujourd'hui, si les éleveurs avaient été assurés davantage, c'est plusieurs milliards d'indemnisations auxquelles ils auraient eu droit. »

Changement climatique : le Premier ministre saisit le Cese sur l’adaptation

Sébastien Lecornu a saisi le Conseil économique social et environnemental (Cese) d’une mission de conseil sur le plan d’adaptation au changement climatique, que le gouvernement souhaite accélérer après les canicules exceptionnelles de l’été, ont annoncé ses services le 15 septembre. Le Premier ministre demande à cette instance consultative de rendre un « avis » d’ici « janvier 2027 », notamment sur le financement de cette adaptation. Cette saisine est « complémentaire » des travaux engagés par la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, qui doit présenter d’ici début octobre de nouvelles mesures pour accélérer la mise en œuvre du troisième plan d’adaptation (PNACC3), lancé en mars 2025. Le chef du gouvernement estime que 85 % des actions du plan « sont engagées », mais que les événements climatiques de cette année « montrent que notre pays doit accélérer sa préparation à des conditions climatiques plus dures ». Dans un courrier daté du 14 septembre, il demande à la présidente du Cese, Claire Thoury, « d’éclairer le gouvernement sur les enjeux et les leviers d’accélération » de l’adaptation, comme « les besoins de financement à moyen et long terme », « la transition du secteur agricole » ou encore le partage de la ressource en eau. Le ministère de l’Économie a d’ores et déjà prévenu que l’inaction climatique pourrait avoir un « coût significatif » pour l’économie, à hauteur de 3,6 % du Produit intérieur brut en 2050.

Climat : un collectif d’organisations mobilisé devant Bercy pour peser sur le budget 2027

Un collectif de 53 organisations s’est rassemblé, le 15 septembre, devant le ministère de l’Économie pour demander des mesures d’urgence face au changement climatique et peser sur le projet de loi de finances pour 2027, dont l’examen débute le 12 octobre. À l’initiative de France Nature Environnement (FNE), le collectif réunit notamment Greenpeace France, WWF France, mais également la Confédération paysanne, le syndicat des sapeurs-pompiers volontaires de France (SSPVF) ou encore le syndicat national des professionnels infirmiers. Le collectif demande notamment une augmentation substantielle du Fonds Vert destiné aux collectivités, une taxation des entreprises des énergies fossiles, ou encore la mise en place d’un « plan grand chaud ». « Les parlementaires vont bientôt se réunir pour voter le budget de l’État : ils et elles doivent impérativement prévoir les moyens pour limiter le changement climatique en cours, et nous préparer à faire face aux conséquences », indique FNE dans un communiqué du 15 septembre. L’association ajoute que « la répression contre celles et ceux qui alertent sur l’urgence climatique et les attaques contre la démocratie environnementale doivent cesser ». Le 26 septembre, 200 manifestations sont prévues à travers la France « pour le climat, le vivant, la paix et la justice sociale ». 

Investissement des agriculteurs : rebond confirmé en 2025, même tendance début 2026

Les dernières données chiffrées présentées par le Crédit Agricole lors du Space le 15 septembre attestent d’un nouveau rebond des investissements des agriculteurs. Les prêts accordés aux agriculteurs français par Crédit Agricole apparaissent en forte hausse en 2025 par rapport à 2024, soit +7,7%, atteignant un total de 9,3 milliards d’euros, a annoncé la banque. Il s'agit d'un rebond après un recul de 9,2% en 2024, à 8,7 milliards. Cette tendance tend à se poursuivre en 2026, dont les premiers chiffres attestent d’une progression de 5,6% au premier semestre 2026, à 4,7 milliards d’euros. Ces prêts concernent toutes les filières, à l’exception de la viticulture en crise actuellement, dont les prêts sont en retrait de 7,5%. Les filières les plus dynamiques sont les volailles (+19,2%), les bovins, les ovins et les légumes. Les fonds sont consacrés à la modernisation des exploitations, à la robotisation des élevages laitiers, aux bâtiments d’élevage, et à tous les équipements permettant de mieux affronter les nouvelles contraintes climatiques. Le stock d’épargne des agriculteurs continue de s’éroder à -1,5% en 2025, après -4,3% en 2024. « Dans un contexte de crise affectant plusieurs filières, l’épargne accumulée est aujourd’hui mobilisée pour absorber les aléas climatiques, économiques et sanitaires », explique le Crédit Agricole.

Installation : Réseau action climat et Sol réclament 100 M€ de plus pour l’accompagnement

L’association Sol et le Réseau action climat ont publié le 15 septembre un « Plan pour le renouvellement des générations agricoles 2035 ». « Au moins 100 M€/an supplémentaires » sont indispensables pour financer les dispositifs d’accompagnement à l’installation et à la transmission, estiment les deux organisations dans leur rapport. Il s’agit de « permettre des accompagnements qualitatifs au sein de France Services agriculture et garantir l'accessibilité à l'ensemble des dispositifs complémentaires » (formation à l'émergence de projet, tutorat/compagnonnage, test d'activité agricole et suivi post-installation), expliquent-elles. Plusieurs échelons de politiques publiques sont mobilisables, à leurs yeux : UE, Etat, régions, intercommunalités. Sol et le Réseau action climat mettent l’accent sur l’agroécologie, un critère pour conditionner les aides à l’installation et orienter les moyens de formation continue. Le rapport propose notamment de bonifier les crédits des CPF (Comptes professionnels de formation) pour des formations en agriculture biologique ; le financement spécifique par les Opco (opérateurs de compétences) de volets sur la mise en place de pratiques relevant de l'« agroécologie paysanne ».

Pesticides : le HRI-1 et le Nodu en hausse en 2024 (ministère)

Le ministère de l’Agriculture a publié, le 9 septembre, la mise à jour des indicateurs de suivi du plan Ecophyto pour l’année 2024. Le nouvel indicateur de suivi du plan, le HRI-1 (volumes/risques santé), est en hausse de 6%. Il est toutefois en baisse de 47% par rapport à la période de référence (2011-2013). Cet indicateur est cependant critiqué par de nombreux acteurs depuis plusieurs années (voir plus bas). L’ancien indicateur de suivi, le Nodu agricole (doses/ha), est en hausse de 6% par rapport à 2023, comme calculé par l’ONG Générations futures à la fin du mois de juin. En outre, il est en hausse de 3,1% par rapport à la période de référence 2011-2013. Par ailleurs, la vente de glyphosate est remontée à 8 269t en 2024, « retrouvant ainsi son niveau moyen historique », après une forte baisse en 2020-2022 (-32,2%). Le ministère attribue cette dynamique au renouvellement d’approbation de la substance active glyphosate en 2023 par la Commission européenne, pour dix ans, et au non-renouvellement du crédit d’impôt de sortie de glyphosate en 2024. 

Pesticides : Générations futures veut le retour du Nodu en attendant un HRI-1 rénové

En conférence de presse le 15 septembre, l’association Générations futures demande un retour au Nodu comme indicateur de suivi de référence du plan Ecophyto, en attendant que le chantier de « réparation » du HRI-1, nouvel indicateur de suivi depuis 2024, aboutisse à niveau européen. Le HRI-1 « donne l’impression d’une diminution sur le papier » de l’usage des pesticides, mais pas sur le terrain, ce qui en fait une « escroquerie intellectuelle », a déclaré le porte-parole François Veillerette. Reprenant les critiques formulées depuis plusieurs années par les ONGs, les scientifiques, la Cour européenne des comptes, l’agence fédérale allemande de l’environnement (UBA) et plus récemment cet été par le Joint Research Center (JRC, service scientifique de la Commission européenne), Générations futures dénonce « six biais majeurs » dans la méthode de calcul du HRI-1 : coefficients de pondération « arbitraires », calcul rétroactif « trompeur » (quand une substance change de catégorie de danger), sous-représentation des pesticides les plus toxiques, classement « peu discriminant » des substances, quantités vendues non rapportées à une dose d’emploi par culture, et un « comble statistique » dans certains cas ou le pesticide de synthèse est remplacé par un produit biologique à faible risque. 

Maïs : la prévision de production à nouveau abaissée par le ministère, à 8,1 Mt

Dans sa note de conjoncture Agreste du 15 septembre, le ministère de l’Agriculture table sur une production française de maïs grain à seulement 8,1 Mt en 2026, contre 9 Mt lors de sa précédente projection en août, en raison de la sécheresse qui a frappé les cultures cet été. Ce chiffre reste prévisionnel, les récoltes n’étant pas encore achevées. D’après le dernier bulletin Céré’Obs 11 septembre, elles étaient faites à hauteur de 9 % lors de la semaine allant du 3 au 7 septembre (2 % en 2025). L’an dernier, les volumes atteignaient 13,9 Mt. Si ce chiffre se confirmait, il s’agirait d’un décrochage de la production de 40,7 % par rapport à la moyenne quinquennale. Les projections du ministère se rapprochent de celles de l’AGPM (producteurs de maïs, FNSEA), qui craint une production à seulement 7,5 Mt. Le rendement moyen s’établirait à seulement 68,2 q/ha (86,3 q/ha en 2025), pour une surface tombant à 1,187 Mha (1,613 Mha en 2025). Des sources privées indiquent que dans certains secteurs, des éleveurs sont prêts à payer davantage l’ensilage, intensifiant parfois le transfert de surfaces de maïs grains vers le maïs ensilage. 

Betterave à sucre : vers une baisse de la production autour de 30 % selon le ministère

Dans sa note de conjoncture Agreste du 15 septembre, le ministère de l’Agriculture a livré sa première prévision de production de betterave sucrière française 2026. Elle tomberait à 25,4 Mt environ, contre 35,9 Mt en 2025, soit un recul d’environ 30 % annuellement, et de 22,9 % par rapport à la moyenne quinquennale. Ce chiffre est encore amené à évoluer. Le recul des volumes s'explique surtout par les rendements, qui passent de 903 q/ha à 682 q/ha (-24,4%), mais aussi par les surfaces, qui passent de 0,398 Mha à 0,373 Mha (-6%). Cette estimation des rendements s'accorde avec les derniers chiffres des sucreries (-25% chez Cristal Union au 3 septembre, -20% chez Tereos le 26 août). Le marché était déprimé lors de la précédente saison, compte tenu des volumes mondiaux abondants. Les industriels espèrent un redressement des marchés en 2026-2027, notamment en raison d’une baisse de l’offre. Peu de changements concernant les autres cultures de printemps : la production de pomme de terre de conservation est projetée à 6,2 Mt, contre 6,55 Mt en août (8,3 Mt en 2025). En tournesol elle est désormais attendue à environ 1,3 Mt, contre 1,4 Mt en août (1,4 Mt en 2025). En culture d'été, notons un abaissement de la prévision de production de blé tendre, passant de 31,9 Mt à 31,5 Mt, et un relèvement de celle d'orge, passant de 10,8 Mt à 11 Mt environ.

Pois et féverole d’hiver: dérogation 120 jours pour le traitement de semences Lumisena

Déposée en juin par Terres Inovia, la demande de dérogation 120 jours pour utiliser le traitement de semences Lumisena sur pois protéagineux et féverole d’hiver a reçu un avis positif du ministère de l’Agriculture. Efficace contre le mildiou, cette spécialité à base d’oxathiapiproline pourra donc être utilisée du 15 octobre 2026 au 12 février 2027 en traitement de semences, à la dose de 16,5 ml/q sur pois et 8,7 ml/q sur féverole, uniquement en stations industrielles fixes ou mobiles. « Depuis le retrait d’autorisation de mise sur le marché de la spécialité Wakil XL pour des usages plein champ, les pois protéagineux et la féverole restaient sans solution de traitement de semence contre le mildiou, rappelle Terres Inovia. Or, en cas d’infestation précoce et de forte intensité, les pertes de pieds et donc de rendement peuvent être importantes. » Terres Inovia a également déposé, en juin, une demande de dérogation 120 jours pour couvrir les semis du pois et de la féverole de printemps (période du 01 février 2027 au 01 juin 2027) mais reste, à ce jour, dans l’attente d’une décision. (Anne Gilet)

Colza : la Coordination rurale demande une dérogation dans les éco-régimes

Dans un communiqué publié le 15 septembre, France Grandes Cultures (FGC), l’association spécialisée de la Coordination rurale (CR), demande l’ouverture immédiate de dérogations dans l’octroi de paiements verts liés aux éco-régimes pour les agriculteurs contraints de remplacer leur colza par une autre culture après des attaques de punaises des champs. Les parcelles françaises sont cette année particulièrement touchées par les attaques de ces ravageurs. Lorsque les dégâts imposent un ressemis, par exemple en blé, l’exploitant risque de perdre une partie des paiements liés aux éco-régimes, émanant de la Pac. La présence d’oléagineux d’hiver rapporte en effet un point dans la grille permettant d’atteindre les différents niveaux de l’aide, précise FGC. Un colza détruit puis remplacé par une céréale ne relève plus de cette catégorie. L’association réclame donc, à court terme, qu’un accident sanitaire indépendant de la volonté de l’agriculteur ne puisse entraîner de pénalité sur les rotations. Elle demande aussi davantage de souplesse dans la déclinaison française des éco-régimes, notamment pour les rotations encadrées par les mesures agroenvironnementales et climatiques (Maec) et les bonnes conditions agricoles et environnementales (BCAE).

Bovins allaitants : le Crédit agricole lance une offre pour soutenir l’engraissement

Le Crédit agricole de Bretagne a dévoilé le 15 septembre lors du Space de Rennes une offre de financement dédiée aux éleveurs souhaitant engraisser leurs bovins maigres. Cette offre se présente comme une ligne de crédit renouvelable à chaque nouveau lot d’animaux, accessible dans le cadre d’un contrat de production à prix minimum garanti. « Il permet de financer 100% de l’achat de bovins et de sécuriser les flux financiers entre l’éleveur, l’industriel et le Crédit agricole », indique la banque, précisant que le taux est basé sur l’Euribor à 3 mois (+1,7% actuellement). Une première enveloppe de 500 millions d’euros est mobilisée pour cet accompagnement. Un premier test a été réalisé dans une exploitation du Finistère qui a pu engraisser 160 bovins en se finançant à hauteur de 400 000 euros. Cette offre est déployée d’abord en Bretagne et sera généralisée à l’échelle nationale à compter du 1er janvier. Le but de ce dispositif est d’accompagner les éleveurs voulant capter la valeur ajoutée liée à l’engraissement alors que cette étape est souvent réalisée aujourd’hui en Italie ou en Espagne. Plus généralement, l’idée est de faire vivre les bassins d’élevage, des outils d’alimentation animale à ceux dédiés à la transformation.

Veaux : les autorités néerlandaises menacent d’amendes quatre transporteurs irlandais

D’après la presse hollandaise et irlandaise, l’Autorité néerlandaise de sécurité des produits alimentaires et de consommation (NWMA) a mis en demeure quatre transporteurs maritimes irlandais de respecter la règlementation européenne sur le bien-être animal. Alors que ces entreprises transportent des veaux non sevrés entre l’Irlande et les Pays-Bas, via la France, la NWMA leur reproche de ne pas nourrir les animaux durant le trajet. Or, le règlement européen n°1/2005 sur le transport des animaux impose un délai maximal de 9 h entre deux repas pour les veaux non sevrés. Les entreprises visées – qui n’ont pas été nommées – ont un an pour se mettre en conformité, après quoi l’agence leur infligera des astreintes (jusqu’à 27 000 € par infraction). Dans un article du média spécialisé Agriland, le ministère irlandais de l’Agriculture indique que « le transport d'animaux vivants vers d'autres États membres est une activité commerciale privée » réglementée par ses soins. Avec plus de 200 000 têtes expédiées depuis le début de l’année, les Pays-Bas sont le premier débouché des veaux irlandais. La filière néerlandaise du veau de boucherie s’est fixée l’objectif d’arrêter ces importations d’ici 2028.

Fruits et légumes: un soutien aux OP perfectible (cour des comptes européenne)

Dans un rapport publié le 15 septembre, la Cour des comptes européenne a analysé l’utilisation des fonds dédiés aux organisations de producteurs (OP) dans le secteur des fruits et légumes dans l’UE. Si les auditeurs notent que ce soutien permet de renforcer la compétitivité des OP, ils constatent, en parallèle, une baisse de leur attractivité. Par rapport au niveau de 2012, le nombre de producteurs en OP a décliné de 39 % et leur part dans la valeur du marché est en recul depuis 2017. A cela s’ajoute des disparités de mise en œuvre de la politique entre les Etats membres. Les auditeurs recommandent donc à Bruxelles de mettre à disposition des organismes payeurs l’ensemble des règles nationales pour faciliter la comparaison de la manière dont la politique est appliquée. Ils suggèrent aussi à la Commission d’adresser des recommandations concrètes aux Etats membres sur les moyens de rendre les organisations de producteurs plus attractives. Enfin, ils proposent une simplification les taux de cofinancement dans la prochaine Pac. Cela pourrait passer par l’établissement d’un taux fixe par type d’objectif dans le programme opérationnel, applicable dans tous les États membres ainsi que par la suppression du lien entre les taux de cofinancement et un niveau obligatoire de dépenses.

Fruits et légumes : les importations marocaines sur l’UE reculent de 10% sur 2025/2026

Au cours de la saison 2025/26, l'Union européenne a importé 1,37 million de tonnes de fruits et légumes frais du Maroc. Ce volume est inférieur de 10 % au record de 1,54 million de tonnes enregistré la saison précédente, selon le service de statistiques néerlandais Fruitandvegetablefacts. Les tomates représentaient plus d'un tiers des importations. Elles se sont élevées à 503 000 tonnes, soit une baisse de 10 % par rapport au record de 563 000 tonnes de la saison précédente. Les poivrons constituent le deuxième produit le plus important parmi les importations de l’UE, avec un record de 165 000 tonnes importées lors de la campagne 2025/26. Les pastèques se classent troisièmes, bien que les 164 000 tonnes importées la saison dernière soient inférieures à celles de l’année précédente. Par ailleurs, les importations d'avocats marocains ont été divisées par deux la saison dernière, passant de plus de 100 000 tonnes à 54 000 tonnes. Selon Fruit and vegetable facts, les importations de myrtilles marocaines sont restées stables (environ 50 000 tonnes), après plusieurs années de forte croissance. Les importations de framboises quant à elles, ont diminué pour atteindre moins de 40 000 tonnes après une hausse l'année précédente.

Ail : action coup de poing de producteurs dans un magasin Carrefour d’Auch (presse)

Une trentaine de producteurs d’ail gersois ont mené une action « coup de poing » dans le Carrefour d’Auch pour dénoncer la présence d’ail espagnol en rayons en pleine saison française, rapporte le quotidien La Dépêche le 11 septembre. Les agriculteurs ont aussi découvert de l’ail blanc étranger dans des cagettes estampillées « Ail violet de Cadours », sous une indication « origine France ». Sur ce dernier point, Carrefour France a plaidé « l’erreur » sans plus de précisions. Plus largement, le magasin d’Auch a remplacé, dès le 11 septembre, son offre d’ails et d’oignons importés par des produits français, comme cela était prévu début septembre. Carrefour a déclaré commercialiser « uniquement des fruits et légumes d’origine France pour toutes les variétés produites sur le territoire, les importations devant rester exceptionnelles, notamment hors saison ou lorsque la production nationale ne suffit pas ». Ce qui n’a pas manqué d’étonner les producteurs, indiquant qu'ils sont en mesure de répondre à la demande depuis la mi-juillet. L’enseigne précise toutefois que deux références d’ail étranger restent commercialisées pour « couvrir la demande des consommateurs ». Carrefour revendique 84 % d’approvisionnement français dans ses rayons fruits et légumes.

Horticulture : des pépiniéristes français créent une plateforme de vente en direct

Quatre pépiniéristes français annoncent le lancement la première plateforme de producteurs dédiée à la vente de végétaux français pour la maison et le jardin baptisée « Qui fait pousser », le 15 septembre. A la manœuvre, quatre acteurs de référence de l’horticulture française : Ernest Turc (spécialiste des bulbes à fleurs et des graines), Pépinières Renault (production d’arbustes), Maison Barrault (producteur de vivaces, plantes potagères et aromatiques) et Javoy Plantes (plantes grimpantes), représentant 360 hectares de culture ensemble. « La France importe aujourd'hui plus d'un milliard d'euros de végétaux d'ornement chaque année. Face à cette réalité, il nous semblait urgent de redonner de la visibilité à la diversité du végétal produit sur notre territoire, tout en valorisant le savoir-faire horticole français», explique Julie Renault, co-fondatrice de Qui fait pousser. La plateforme propose un large catalogue comprenant près de 6 500 variétés, déclinées en plus de 10 000 références, « issues majoritairement de la production nationale lorsque celle-ci existe encore, identifiable grâce au label Fleurs de France ». Par ailleurs, les quatre entreprises fondatrices sont labellisées Plante Bleue niveau 3, leur conférant la certification HVE. La plateforme garantit à ces derniers une rémunération plus équitable : 50 % du prix de vente leur revient directement, « soit en moyenne 20 % de plus que dans les circuits traditionnels ».

Guyane : une coopérative d'éleveurs condamnée pour fraude aux aides européennes

La principale coopérative d’éleveurs de Guyane ainsi que trois agriculteurs ont été condamnés le 15 septembre à des peines d’amende et de prison avec sursis dans une affaire d’escroquerie aux subventions européennes, jugée dans le cadre d’une procédure de plaider coupable conduite par le parquet européen. Les prévenus, la Société coopérative des éleveurs bovins de Guyane (Scebog), son président, ainsi qu’un couple d’éleveurs, ont reconnu leur culpabilité lors d’une audience par visioconférence entre Paris et Cayenne. Les agriculteurs ont reconnu avoir touché près de 240.000 euros de subventions indues entre 2017 et 2021 grâce à un montage administratif. Ces aides transitaient par la Scebog, chargée de distribuer aux éleveurs locaux de type de fonds. Ils ont également reconnu avoir tenté de toucher 58.000 euros d’aides indues, dans le cadre d’un autre mécanisme d’aide européen. Ils ont écopé de peines allant jusqu’à un an de prison avec sursis et 40.000 euros d’amende.

Roumanie : violente manifestation pour réclamer la levée des interdictions d’exportation de moutons

Une manifestation d’agriculteurs a viré à l’affrontement, le 15 septembre, à Bucarest, où 2000 personnes se sont rassemblées devant le bureau du Premier ministre pour réclamer la levée des interdictions sanitaires d’exportation de moutons vivants. Ces règles ont été prolongées en juin par l’UE, en raison de l’épizootie de peste des petits ruminants. Ce maladie touche particulièrement la Roumanie mais des cas sont aussi été détectés en Bulgarie, Hongrie, Croatie et Grèce. L’appel à manifester avait été lancé par des agriculteurs et des éleveurs, mais le rassemblement a attiré des sympathisants de l’extrême droite. Les forces de l’ordre ont déclaré avoir recouru à des gaz lacrymogènes pour disperser la foule et 26 personnes ont été conduites au poste de police tandis que 24 autres, dont huit gendarmes, ont été blessées. Ces affrontements interviennent alors que la Roumanie traverse depuis près de deux ans une période de turbulences politiques du fait de l’annulation de l’élection présidentielle de 2024, après des accusations d’ingérence russe. Plusieurs participants ont scandé le nom de Calin Georgescu, figure de l’extrême droite roumaine, dont la percée surprise lors de la présidentielle de 2024 a précipité la crise politique actuelle.

Pommes : Blue Whale réorganise sa direction commerciale

Blue Whale a annoncé, dans un communiqué du 15 septembre, la réorganisation de son activité commerciale. Marc Peyres, jusqu’à présent directeur commercial produits frais, devient directeur adjoint. Il aura notamment pour mission de représenter Blue Whale, en collaboration avec le directeur général, au sein des clubs variétaux nationaux et internationaux dans lesquels l’entreprise est engagée. Cécile Hague, arrivée il y a un an comme directrice commerciale France, a pris en mai 2026 la direction globale des activités France, avec pour objectif de développer la croissance du groupe sur le marché intérieur. Mehdi Benaissia, précédemment responsable commercial pour l’Asie, l’Afrique et le Moyen-Orient, devient directeur commercial grand export et activité Trade. Il coordonnera les équipes commerciales présentes sur les différents continents et accompagnera le développement des marchés du grand export. 

Investissements : Hubert Dunant, directeur général de la fondation Avril

Après avoir travaillé durant six ans au sein de la coopérative Axéréal, de 2018 à 2024, Hubert Dunant a, en juin 2024 rejoint le groupe Avril pour occuper le poste de « leader stratégie amont-aval data/environmental solutions ». À compter du 1er octobre, il endossera la fonction de directeur général de la Fondation Avril, structure qui accompagne, depuis 2014, des projets d’intérêt général en France comme à l’international avec l’appui du monde agricole et des acteurs des territoires. La Fondation est aussi l’actionnaire de référence du groupe Avril. Hubert Dunant succède à Jean-Pierre Paillot qui fait valoir ses droits à la retraite. (Anne Gilet)

Semences : nouveau secrétaire général pour la section fourragères de Semae

Depuis le mois d’août, Sébastien Douay est le nouveau secrétaire général des sections fourragères, plantes de services et gazon de Semae, l’interprofession des semences et des plants. Il était, depuis juillet 2022, responsable des relations interprofessionnelles de l’antenne de Semae dans les Hauts-de-France. Parmi ses nouvelles fonctions : piloter et animer les instances professionnelles, accompagner la stratégie et le développement des filières, suivre les évolutions réglementaires françaises et européennes ou encore, valoriser l’innovation et le progrès génétique, piloter les actions de communication ou coordonner des projets associant différents acteurs de l’écosystème agricole pour les espèces de sa section. (Anne Gilet)

Ministère de la Transition écologique : nouvelle conseillère Eau et agroécologie chez Barbut

Par un arrêté publié au JO le 15 septembre, Madame Pacôme Dupont-Guianvarch est nommée conseillère santé, eau et agroécologie au cabinet de la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut. Auparavant, elle était directrice espaces naturels et milieux aquatiques à la communauté d’agglomération de Cergy-Pontoise, et est passée par l’Agence de l’eau Seine-Normandie et le Centre d’études et de prospectives du ministère de l’Agriculture, selon sa page LinkedIn