Sécheresse : la Commission européenne promet une «nouvelle initiative européenne sur l’eau»
La présidente de la Commission Ursula von der Leyen a annoncé, Dans son discours annuel sur l’Etat de l’Union prononcé le 16 septembre au Parlement européen, le lancement d’une «nouvelle initiative européenne sur l’eau». «Les cultures ont besoin d’eau pour croître, et le bétail pour survivre. Des récoltes entières en dépendent. C’est pourquoi nous ferons des propositions pour améliorer la gestion des risques et combler les lacunes en matière d’assurance», a-t-elle ajouté. Le commissaire européen à l’Agriculture a apporter par la suite quelques précisions : «La nouvelle initiative européenne sur l'eau doit répondre aux besoins des agriculteurs : irrigation efficace, infrastructures modernes et technologies d'IA favorisant une gestion avisée de cette ressource précieuse». Christophe Hansen évoque aussi« un plan européen de lutte contre les vagues de chaleur» pour améliorer la préparation face aux phénomènes climatiques extrêmes avec des outils pour encourager le recours aux assurances. Toutefois les organisations professionnelles du secteur ont critiqué le manque d’engagements concrets pris par Bruxelles. «L'absence d'initiatives d'investissement et de plan d'urgence pour faire face à une sécheresse historique est préoccupante», déplore notamment Farm Europe.
GNR : Lecornu à ses ministres de prolonger l'aide de 15ct/l jusqu'au 31 décembre
Sébastien Lecornu a demandé à ses ministres de «prolonger» jusqu’au 31 décembre les dispositifs d’aides ciblées aux secteurs touchés par la flambée des prix des carburants, a rapporté le 16 septembre son entourage. «L’objectif est de préserver l’activité économique, l’emploi et la croissance, en donnant de la visibilité aux entreprises», selon la même source. Pour les pêcheurs, l’aide sera relevée de 25 à 35 centimes par litre, pour les entreprises éligibles du BTP, le soutien sera «prolongé à hauteur de 20 centimes» par litre de gazole non routier, et pour les agriculteurs, l’aide de 15 centimes par litre sera également «prolongée». Destinées aux secteurs d'activité les plus exposés (agriculteurs, pêcheurs, BTP, transporteurs) et aux travailleurs modestes grands rouleurs face à la hausse des prix liée au conflit au Moyen-Orient, ces aides expiraient expiraient fin octobre, alors que les prix des carburants demeurent bien au-dessus de la barre symbolique des 2 €/l, notamment le gazole, le plus consommé en France. Le gouvernement avait déjà annoncé début septembre que ces aides étaient reconduite sur les mois de septembre et octobre.
Engrais: la CCI dit être « prête à démarrer » un mécanisme de vérification des navires
Le patron de la Chambre de commerce internationale John Denton a expliqué cette semaine à l’AFP, lors d’un entretien en marge d’une conférence à l’organisation mondiale du commerce (OMC), « être prêt à démarré » un mécanisme, travaillé avec l’ONU et ses agences ces derniers mois, de transport des engrais et produits connexes via le détroit d’Ormuz, actuellement fermé, et par lequel environ un tiers des engrais mondiaux transitait. L’agence de presse rappelle que le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres avait proposé en mars dernier « un mécanisme d'enregistrement et de vérification des navires transportant, au moins dans un premier temps, des engrais et des produits connexes ». Il doit « donner confiance aux armateurs, aux opérateurs de matières premières, aux ports, aux financiers et aux compagnies d'assurance », précise John Denton. Désormais, « nous espérons vivement que, ce mois-ci, alors que la France préside le Conseil de sécurité, elle mobilisera tous les moyens dont elle dispose et que, si le président Macron préside le Conseil de sécurité, il saisira cette occasion pour attirer l'attention sur cette crise alimentaire exceptionnelle qui se profile, faire pression (...) pour mobiliser et activer le recours à ce mécanisme », a-t-il ajouté.
Climat : El Niño plonge l’Amérique centrale dans une sécheresse exceptionnelle
L’aride « couloir sec » de l’Amérique centrale subit les effets d’une sécheresse exceptionnelle provoquée par le phénomène El Niño, avec des conséquences particulièrement lourdes pour l’agriculture. Cette région, qui s’étend sur des pans du Costa Rica, du Guatemala, du Honduras, du Nicaragua et du Salvador, compte plus de dix millions d’habitants. Selon l’ONU, 80 % des petits paysans y sont pauvres. Privés de récoltes généralement destinées à leur propre consommation, certains paysans sont contraints de réduire le nombre de repas ou d’acheter ce qu’ils avaient l’habitude de produire. Les gouvernements de la région ont décrété l’état d’urgence, mais leur aide semble insuffisante et de nombreux habitants doivent s’en remettre au soutien des ONG. El Niño pourrait se traduire par des pénuries de nourriture pour 16 millions de personnes en Amérique latine, a déclaré à l’AFP Lena Savelli, directrice régionale du Programme alimentaire mondial de l’ONU. Ce phénomène naturel, qui revient tous les deux à sept ans, réchauffe les eaux de surface dans le centre et l’est de l’océan Pacifique équatorial, entraînant un climat plus chaud et sec dans certains endroits, plus frais et humide dans d’autres, et provoquant des événements climatiques extrêmes.
Alcool, étiquetage nutritionnel, ultra-transformés : les eurodéputés demandent des mesures
Le Parlement européen a adopté (par 545 voix contre 47 et 75 abstentions), le 16 septembre, son rapport d’initiative en réponse au plan européen de lutte contre les maladies cardiovasculaires, présenté en décembre par la Commission européenne. Les parlementaires saluent la volonté de lutter contre les principaux facteurs de risque comme le tabagisme, la consommation d’alcool «en particulier à des niveaux dépassant les recommandations sanitaires scientifiquement établies» et une alimentation malsaine. Leur texte préconise de rehausser les taxes appliquées à l’alcool ainsi que l’introduction d’étiquettes d’avertissement sanitaire obligatoires sur les boissons alcoolisées. Les députés réclament également une définition européenne claire des «aliments ultra-transformés» ainsi qu’une meilleure promotion d’une alimentation équilibrée et de l’activité physique. Dans leur rapport, les élus mettent notamment en avant les régimes à base de plantes et d’aliments biologiques. Ils appellent à adopter un étiquetage nutritionnel obligatoire sur la face avant des emballages, des objectifs juridiquement contraignants de réduction du sel, du sucre et des graisses saturées.
Pesticides/colza : le Parlement européen rejette le relèvement de la LMR du flupyradifurone
Le Parlement européen a confirmé le 16 septembre en plénière à la majorité absolue (383 voix contre 278 et 9 abstentions) son objection à une proposition de la Commission européenne visant à relever les limites maximales de résidus (LMR) autorisées pour l’insecticide flupyradifurone dans le colza. La Commission va donc devoir désormais retirer sa proposition. Bruxelles voulait les faire passer la LMR de cet insecticide de 0,3 mg/kg à 0,4 mg/kg « à la demande de son fabricant, Bayer », a déploré l’eurodéputé social-démocrate Christophe Clergeau à l’origine de l’initiative avec des élus des Verts et de la Gauche. L’objection parlementaire met en avant de risques pour les abeilles solitaires mis en lumière dans un avis de l’Efsa en 2022. Le flupyradifurone est classé comme buténolide mais les ONG le considèrent en réalité comme un néonicotinoïde de nouvelle génération. Il a été autorisé dans l’UE en 2015 et fait actuellement l’objet d’un réexamen au niveau de l’UE. Mais son évaluation des risques n’étant pas finalisée, son autorisation de mise sur le marché a été prolongé en 2025 de 42 mois (jusqu’en juin 2029).
Céréales : les agriculteurs « anxieux » pour les semis d’hiver 2026 (FranceAgrimer)
Lors d’une visioconférence le 16 septembre, le président du conseil spécialisé grandes cultures de FranceAgriMer Benoît Piètrement a indiqué que les agriculteurs français étaient « anxieux » en vue des semis de céréales d’hiver 2026. Si les travaux sont censés commencer courant octobre pour les blés et les orges, le manque d’eau commence déjà à inquiéter. « Pour l’instant, on ne peut pas travailler les sols. Aucune pluie n’est attendue prochainement. Il y a certes encore du temps mais il faudrait vraiment qu’il pleuve », lance le président, également céréalier dans la Marne. Le manque d’eau empêche, par exemple, les travaux de préparation des sols, notamment certaines pratiques de désherbage (faux semis, déchaumage etc.), alors que les parcelles hexagonales souffrent de gros problèmes d’adventices. Ensuite, la situation des colzas ajoute aux inquiétudes. Benoît Piètrement confirme les conditions difficiles de semis et de levée dans bon nombre de secteurs, en raison de la sécheresse et d’attaque de punaises des champs. « Il faut parfois semer autre chose que du colza, mais quoi ? Agronomiquement, faire un blé sur blé est loin d’être idéal », alerte-t-il. Il ajoute craindre un certain « plan social » dans certaines zones, notamment celles intermédiaires, se traduisant par la disparition d’agriculteurs, et donc une potentielle baisse des surfaces.
Blé : bonne qualité des lots français 2026 confirmée par FranceAgriMer
Lors de la visioconférence de presse suivant le conseil spécialisé grandes cultures de FranceAgriMer (FAM) le 16 septembre, l’organisme public a confirmé la bonne qualité des blés français pour la récolte 2026, selon les résultats définitifs d’une enquête réalisée avec Arvalis. Plus de la moitié (53 %) des blés tendres français analysés se situent dans la classe ’Premium’ de la grille qualité à l’export établie par Intercéréales. FAM précise même que 87 % d’entre eux se situent dans les classes ‘Premium’ et ‘Supérieur’. La bonne qualité se traduit par des taux de protéine élevés, à 11,8 % en moyenne, contre 11,3 % l’an dernier, ainsi que par de bons poids spécifiques, à 79,3 kg/hl en moyenne, contre 78,6 kg/hl l’an dernier. Sachant que l’intégralité des blés analysés présentent des temps de chute de Hagberg dépassant les 250 secondes. Enfin, la note totale de panification s’élève à 258/300 en moyenne, sachant qu’une note qualifiée de bonne commence à 250/300. En blé dur, le constat est semblable : bons taux de protéines (14,3 % en moyenne), temps de chute de Hagberg élevés (100% de lots dépassant les 300 secondes), et faibles taux de grains germés, mouchetés, fusariés (GMF, 1,3 % en moyenne).
Céréales : nette correction à la baisse des prévisions d’export vers pays tiers (FranceAgriMer)
Lors d’une visioconférence de presse tenue le 16 septembre suivant son conseil spécialisé grandes cultures, FranceAgriMer (FAM) a sensiblement corrigé à la baisse ses prévisions d’exportations vers les pays-tiers de blé tendre et d’orge pour la campagne commerciale 2026/2027 par rapport à celles de juillet. En blé tendre, elles sont désormais attendues à 6,3 Mt, contre 7 Mt précédemment. Si la bonne qualité des blés hexagonaux et les difficultés logistiques sur la mer Noire peuvent effectivement avantager les origines françaises à l’export, la seconde partie de campagne (allant de janvier à juin) pourrait « être plus compliquée », relate Thibaut Champagnol, chef de l’unité grains et sucre de FAM. Si la logistique en mer Noire venait à s’améliorer, la Russie et l’Ukraine disposeront d’importants stocks à écouler, concurrençant frontalement les lots hexagonaux. En orge, les exports sont attendus à 2,3 Mt, contre 2,6 Mt le mois antérieur. Les stocks de fin de campagne reculeraient pour les deux espèces. Ils passent de 3,6 Mt à 3 Mt en blé tendre d’un mois sur l’autre, et de 1,9 Mt à 1,58 Mt en orge, compte tenu d’une révision à la baisse de la collecte et d’une hausse de la consommation. Ces chiffres restent très provisoires, la campagne étant encore longue. Thibaut Champagnol précise que la tendance tend plutôt vers une correction à la baisse des stocks lors des prochains mois.
Horticulture : projet de rapprochement entre Sica Kerisnel et Pépinières Desmartis
A l’occasion du Salon du Végétal, le 15 septembre à Angers, la Sica bretonne Kerisnel et les pépinières Desmartis basées à Bergerac (Dordogne) ont annoncé leur projet de rapprochement. L'opération a vocation à enrichir, à terme, la marque Kerisnel de savoir-faire reconnus dans les domaines du rosier, du fruitier, du petit fruit, du Lagerstroemia (Lilas des Indes) et des végétaux d'ornement. Pour la Sica, cette démarche ouvre l'accès à l'univers des Pépinières et Roseraies Georges Delbard, marque emblématique du végétal, avec qui les pépinières Desmartis entretiennent un partenariat commercial depuis 2019. « Grâce à la complémentarité des productions bretonnes et du Sud-Ouest, les clients bénéficieront d'une collection végétale enrichie. Au-delà de l'enrichissement de l'offre, ce projet traduit une volonté forte de préserver et de transmettre des savoir-faire horticoles reconnus qui participent depuis plusieurs décennies au rayonnement du végétal français», explique la Sica. Pour cette dernière, le rapprochement avec Desmartis relève aussi d’une ambition collective : « Rassembler des producteurs et des expertises complémentaires afin de construire une filière horticole française toujours plus forte, performante et durable
Légumes: à Nantes, du foncier d'entreprise cultivé pour les banques alimentaires
Les premiers résultats du projet « Entreprises Nourricières » ont été dévoilés, le 16 septembre, qui se donne pour but d’utiliser le foncier disponible des entreprises autour de leur bâtiment pour y cultiver des légumes destinés aux banques alimentaires. Piloté par la Maison des agricultures et de l’alimentation durable (Maad), il a débuté sa phase expérimentale en février 2026 sur la métropole nantaise. Pour cette première année d’expérimentation, deux entreprises, Nature et Aliments à Rezé et Tallineau Emballage à Vertou, avaient respectivement mis à disposition 224m² et 200m² pour le projet. En plus de mettre du foncier à disposition, le projet prévoit que les entreprises donnent un accès à l’eau et financent le matériel et l’intervention des maraîchers à hauteur de 40 %. Les banques alimentaires abondent à hauteur de 12 % en achetant les légumes au prix de 1€/kg. Dans le cadre de cette phase expérimentale, le budget restant a été pris en charge par les villes de Rezé, Vertou et Nantes Métropole. La Draaf a également accordé un financement à la Maad afin qu’un guide des bonnes pratiques soit édité à la suite de cette phase expérimentale. L’objectif de cette première année était de produire 1,4 tonne de légumes, un objectif revu à la baisse face aux conditions climatiques de l’été. (Tanguy Dhelin)
Biocarburants : nouveau projet d'usine d'e-Saf en France, encore sans agriculture
D’après un article de presse du 14 septembre de l’Usine Nouvelle (article payant), le groupe canadien SAF + IG (International Group) va implanter une usine de production d’électrocarburant d’aviation durable (eSAF) à Port-La-Nouvelle (Aude). Contacté par Agra Presse, le service communication précise qu’a priori, les matières premières agricoles ne sont pas concernées par le projet pour le moment. Toutefois, aucune piste n’est fermée, surtout si ces dernières s’avèrent plus compétitives que d’autres sources de carbone. Le projet est dans sa phase d’études préliminaires, d’après la même source. Le procédé de production de l’eSaf consisterait à combiner de l’hydrogène vert, c’est-à-dire extrait par électrolyse à l’aide d’électricité renouvelable (éolien, solaire etc.) avec du dioxyde de carbone. Une partie de ce dioxyde de carbone serait captée directement dans l’eau de mer grâce à la technologie de capture directe océanique de l’entreprise californienne Captura, fondée sur l’électrodialyse à membrane bipolaire. Représentant un investissement de 700 M€, la future installation disposera d’une capacité annuelle de production de 75 000 t, précise l’Usine Nouvelle. Un autre projet d'usine eSaf a été présenté au printemps, près de Rouen, dont le CO2 proviendra d'une centrale biomasse (filière forêt).
Agrivoltaïsme : en difficulté financière, la FFPA est dissoute
La Fédération française des producteurs agrivoltaïques (FFPA) met la clé sous la porte, a-t-on appris le 16 septembre, confirmant une information du média spécialisé GreenUnivers. « Notre conseil d’administration, réuni le 31 août, a pris la décision de dissoudre la FFPA », indique à Agra Presse le vice-président Jean-Philippe Frossard, pointant des difficultés financières. Créée en 2021, la fédération revendiquait plus de 250 membres (agriculteurs, associations agricoles, développeurs, bureaux d’études, avocats et experts techniques). Sa présidente Audrey Juillac, agricultrice en maraîchage biologique dans le Lot-et-Garonne, avait démissionné cet été. D’autres départs étaient intervenus dans le cadre d’un licenciement économique, notamment celui de Pierre Colson, délégué général jusqu’en août. « Le secteur des énergies renouvelable traverse une période d’incertitude », met en avant Jean-Philippe Frossard, par ailleurs exploitant agricole en Haute-Marne. « De multiples contraintes, notamment administratives, freinent les projets agrivoltaïques, qui tardent à sortir de terre. » Ce contexte difficile a, d’après lui, entraîné une baisse des rentrées de cotisations à la FFPA, provoquant sa chute.
Alimentation animale : substitutions en vue de maïs par du blé et de l’orge (FranceAgrimer)
Lors d’une visioconférence de presse tenue le 16 septembre suivant son conseil spécialisé grandes cultures, FranceAgriMer a indiqué s’attendre dans ses bilans mensuels français offre/demande pour la campagne commerciale 2026-2027 à une hausse des incorporations de blé tendre et d’orge dans l’alimentation des animaux, au détriment du maïs. Elles s’élèveraient à 5,2 Mt en blé tendre, contre 5 Mt en juillet, et 4,7 Mt l’an dernier. En orge, la consommation est désormais attendue à 1,35 Mt, contre 1,2 Mt le mois précédent, et 1,067 Mt l’an passé. La principale justification : avec la récolte française attendue comme catastrophique en maïs, les industriels vont naturellement se tourner vers d’autres matières premières. Les premiers bilans 2026/2027 maïs ont d’ailleurs été livrés. La consommation par la nutrition animale chuterait à 1,95 Mt, contre 2,76 Mt l’an passé. « La Coopération agricole nutrition animale et le Snia (syndicat de l’industrie de l’alimentation animale) nous ont indiqué que l’on pouvait remplacer 30-40 % du maïs par des céréales à pailles (blé, orge) en formulation », a précisé Thibaut Champagnol, chef de l’unité grains et sucre de FAM. Il a également indiqué que les chiffres d’incorporations pourraient encore « légèrement augmenter » en blé tendre et en orge, et reculer en maïs lors des prochains mois.
Volaille : après l’audit de Bruxelles, le secteur veut suspendre les importations thaïlandaises
L’association des transformateurs et des commerçants de volailles de l’UE (AVEC) réclame, dans un communiqué du 15 septembre, la suspension ciblée des importations de viande de volaille en provenance de Thaïlande après qu’un rapport d’audit de la Commission européenne a souligné certains manquements dans les contrôles officiels. Elle appelle Bruxelles, en outre, à ne pas accorder de contingents tarifaires supplémentaires dans le cadre de négociations commerciales en cours. Pour le lobby européen de la volaille, ces dispositions devront être d’application « jusqu'à ce que des mesures correctives aient été mises en œuvre et leur efficacité vérifiée ». Dans leur rapport publié le 9 septembre, les auditeurs européens concluent, en effet, que si la Thaïlande dispose d’un système de contrôle officiel avec un cadre juridique et administratif globalement adéquat, des insuffisances « importantes et systémiques » sont constatées dans les garanties fournies. Celles-ci concernent notamment la vérification HACCP, la traçabilité, la séparation des produits éligibles et non éligibles pour l’exportation vers l’UE, les contrôles vétérinaires dans les abattoirs ainsi que les procédures de certification.
Protéines alternatives : le CGAAER recommande un soutien renforcé pour éviter de délocaliser
Le CGAAER (ministère de l’Agriculture) a publié le 16 septembre un rapport sur les protéines issues de biotechnologies (viande cellulaire et fermentation de précision) dans lequel il recommande « d’encourager et de soutenir au maximum les innovations considérées comme prometteuses afin d’éviter que celles-ci ne se délocalisent et ne se développent à l’étranger ». Pour appuyer son propos, le rapport cite la «souveraineté alimentaire» et les objectifs de «réindustrialisation». Les auteurs proposent aussi de renforcer l’information des porteurs de projets afin qu’ils constituent au mieux leur dossier d’autorisation de mise sur le marché auprès de l’Efsa (agence sanitaire européenne). À côté de cet appui, les auteurs pointent aussi la nécessité d’une « réflexion interministérielle sur l’acceptation ou non de soutenir une demande d’autorisation de viande issue de la culture cellulaire en prenant en compte tous les tenants et les implications que cela représente. » Et ils se montrent réservés sur l’impact environnemental de ces protéines alternatives, l’éventualité d’une production de masse, l’acceptabilité par les consommateurs et l’intérêt nutritionnel d’ingrédients pouvant être classés dans certains cas dans la catégorie des aliments ultra-transformés.
Frelon asiatique : top départ pour les plans départementaux, RAS sur l’indemnisation
L’arrêté conjoint des ministères de la Transition écologique et de l’Agriculture adoptant le plan national de lutte contre le frelon asiatique est paru au Journal officiel, le 16 septembre. Ce texte était attendu après l'avis du Conseil national de la protection de la nature (CNPN), la consultation du Conseil national d’orientation de la politique sanitaire animale et végétale (Cnopsav) et une consultation du public menée en avril. Comme prévu par le Code de l’environnement, le plan national doit « développer la recherche et les connaissances » sur les impacts du prédateur et les méthodes de lutte, organiser la classification des départements « selon quatre niveaux de pression », et « renforcer la gouvernance », soulignent les deux ministères dans un communiqué commun paru le même jour. Comme prévu également, les départements ont six mois pour élaborer leur plan de lutte. Rien de nouveau non plus concernant le système d’indemnisation des pertes économiques subies par les apiculteurs, pourtant prévu par la loi contre la prolifération du frelon asiatique adoptée en mars 2025. Interrogés, les cabinets d’Annie Genevard et de Mathieu Lefèvre se renvoient la balle sur cette question. Le 9 décembre, Annie Genevard avait indiqué qu’il faudrait un « correctif législatif pour faire aboutir la chose » car l’indemnisation par le FMSE (fonds sanitaire professionnel, NDLR) n’est pas possible.