Budget de l’UE 20228-2034 : pressions pour conclure les discussions avant la fin de l’année
La réunion du Conseil européen des 15 et 16 octobre à Bruxelles n’a pas permis de percée concernant le prochain cadre financier pluriannuel 2028-2034, alors que les chefs d’État et de gouvernement examinaient la base de négociation chiffrée proposée le 10 octobre par l’Irlande. À son arrivée, le chancelier allemand Friedrich Merz – dont le pays figure parmi les « frugaux » – a tout d’abord salué la proposition de Dublin qui, selon lui, va dans le bon sens. Mais il estime aussi qu’elle est « encore loin du niveau où nous devrions parvenir » en termes de réduction budgétaire. Il s’oppose également à des moyens supplémentaires pour l’agriculture et la cohésion. De son côté, Emmanuel Macron a exhorté les dirigeants européens à conclure un accord sur le budget avant la fin de l’année sous peine de discussions encore plus compliquée en 2027, en raison des multiples élections dans plusieurs États membres, dont la France, la Grèce, la Pologne, l’Italie ou la Finlande. Un point partagé par le chancelier allemand, qui reconnaît néanmoins que, « pour la réunion du Conseil de décembre, il faudra probablement prévoir quelques chemises de rechange supplémentaires ». C’est à présent au président du Conseil européen, le Portugais Antonio Costa, que revient la charge de faire avancer les discussions. Dans l’espoir de parvenir à un compromis budgétaire en décembre, Antonio Costa devrait organiser le 26 novembre un nouveau sommet européen informel.
Conflits commerciaux : l'UE prépare des mesures pour se défendre « rapidement »
L'UE prépare un nouvel outil qui lui permettra de fermer « rapidement et efficacement » l'accès à son marché intérieur, en cas de conflit commercial avec un pays tiers, a confirmé la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen le 16 octobre. Bruxelles s'inspire ainsi d'une proposition conjointe de la France et de l'Allemagne, qui vise à renforcer l'arsenal de défense de l'UE, en cas de conflit commercial avec la Chine ou un autre pays. « En s'appuyant sur cette proposition franco-allemande, nous allons développer un nouvel outil qui permettra d'agir rapidement et efficacement, dans l'intérêt de l'UE, en fermant l'accès au marché unique européen », a déclaré lors d'une conférence de presse la présidente de l'exécutif européen, à l'issue d'un sommet des 27 à Bruxelles. En outre, cette nouvelle mesure n'empêchera pas l'UE d'utiliser « autant que nécessaire » ses autres instruments de défense commerciale, a-t-elle prévenu. Le président Emmanuel Macron a salué une « vraie convergence franco-allemande qui a permis d'acter des avancées très concrètes, et un changement de cette politique commerciale (...) face à cette concurrence déloyale ». Selon lui, la nouvelle orientation de l'UE traduit « une politique commerciale beaucoup plus pragmatique et qui accepte de protéger (...) ses secteurs, ses acteurs économiques face à la concurrence déloyale » de la Chine et d'autres pays.
Projets d'avenir : Genevard confirme le fléchage de 17 M€ de reliquats d'aide bio
À l'occasion d'un comité État-Régions au ministère de l'Agriculture le 15 octobre, la ministre de l'Agriculture a confirmé aux régions le fléchage, au bénéfice des « projets d'avenir », de 17 millions d'euros (M€) issus de l'enveloppe de reliquats d'aides à la bio non consommées en 2025 et 2026, estimée à 120 M€. Une disposition qui doit encore être entérinée par une modification du PSN (déclinaison française de la Pac). Il s'agira d'abonder les enveloppes des régions dédiées aux aides à l'investissement en les dirigeant vers les projets labellisés « contrats d'avenir ». Au congrès des Jeunes agriculteurs le 4 juin, Annie Genevard avait déclaré étudier la « piste » d’un financement des « projets d’avenir » par les reliquats d'aides à la bio non consommées. « Le Premier ministre et moi-même sommes particulièrement attentifs à la nécessité de pouvoir doter ces projets d’un accompagnement financier robuste », avait-elle déclaré lors de son discours. L'autre piste était celle de financements publics et capitaux privés. À l'issue du réunion avec le Premier ministre le 15 octobre à Matignon, la ministre de l'Agriculture a par ailleurs annoncé qu'un appel à projets devait paraître d'ici la fin d'année pour financer ou aider les « projets d'avenir », qui seraient au nombre de 800 recensés par les services de l'État.
Remplacement : les députés votent une allocation pour les parents d'enfants malades ou handicapés
Lors de la lecture du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2027 en commission des Affaires sociales le 16 octobre, les députés ont voté l’article 36 du texte, qui crée une allocation de remplacement bénéficiant aux non-salariés agricoles dont un enfant est gravement malade, porteur d’un handicap ou victime d’un accident grave. Elle se substitue à l’allocation journalière de présence parentale au profit des parents non-salariés agricoles, sauf lorsque le remplacement ne pourra être assuré par le service de remplacement conventionné. L’initiative vient des conclusions du Plan d’action pour favoriser la place des femmes en agriculture, qui ont mis en exergue la nécessité d’une meilleure adaptation du dispositif à la profession agricole « dès lors qu’il permet d’assurer la pérennité de l’activité, a fortiori en cas de présence d’animaux vivants ». Les députés ont amendé le texte sur deux points. D’une part, le fractionnement de l’allocation à la demi-journée a été acté. D’autre part, il est demandé au gouvernement d’évaluer le nombre de parents concernés et les pertes de ressources qu’entraîne pour eux la règle de non-cumul avec l’allocation aux adultes handicapés inscrite dans le texte, ainsi que le coût d’une possibilité de cumul.
Bovins/MHE : à partir de novembre, un nouveau délai de 60 jours pour les animaux exportés
Dès le 1er novembre, les bovins destinés à être exportés vers l’UE « devront avoir été détenus au minimum 60 jours en zone indemne avant de pouvoir être certifiés " sans conditions MHE " », indique le ministère de l’Agriculture à Agra Presse, confirmant une information de la FMBV (marchés de bétail vif). Cette nouvelle condition spécifique à la maladie hémorragique épizootique (MHE) est la conséquence d’une modification du règlement européen n°2020/688. Ce texte prévoyait jusque-là que « les animaux doivent être détenus au minimum 30 jours dans leur établissement d'origine pour pouvoir partir aux échanges » – « une règle générale, non spécifique à la MHE », précise la Rue de Varenne. Du côté de la FMBV, on craint que ce délai de 60 jours pénalise le démarrage de la saison d’exportation des broutards, à l’automne. Par ailleurs, la zone réglementée MHE (150 km autour des foyers) se réduit progressivement, en raison des conditions fixées par le même règlement (deux ans après le dernier foyer). Au 1er octobre, 1 200 communes sont passées en zone indemne, principalement en Bourgogne-France-Comté (Cher, Nièvre et Saône-et-Loire), avec « assouplissement progressif des mesures encadrant les mouvements d’animaux », selon le site du ministère de l’Agriculture ; d’autres suivront les 1er novembre et 1er décembre.
Bovins viande/sécheresse : dans le bassin Charolais, des pertes jusqu’à 450 €/UGB (étude)
Les pertes causées par la sécheresse peuvent atteindre jusqu’à 450 €/UGB (unité gros bovin) pour un élevage bovin viande du bassin du Charolais, selon une étude de l’Idele et de la chambre d’agriculture de l’Indre, présentée au Sommet de l’élevage le 7 octobre. Ce travail porte sur deux cas-types du réseau d’élevages Inosys, un naisseur et un naisseur-engraisseur, tous deux en systèmes à dominante herbagère. Les auteurs ont comparé un scénario 2026 hypothétique sans impact de la sécheresse avec plusieurs scénarios d’adaptation, comportant tous des achats de fourrages à l’extérieur pour un « affouragement estival » de quatre mois (juillet à octobre inclus). En naisseur-engraisseur, les pertes atteignent 310 €/UGB dans le meilleur des cas (-37 % d’EBE, à 74 000 €), dans le scénario sans modification de conduite d’élevage. Les pertes les plus lourdes sont observées en cas d’arrêt de l’engraissement des mâles, vendus en broutards repoussés. Un choix qui réduit les pertes liées aux achats de fourrages (-256 €/UGB), mais provoque un manque à gagner lors de la vente des broutards, moins rémunérateurs que les JB (-195 €/UGB), avec au final un EBE plus que divisé par deux. Enfin, en système naisseur, l’impact est également sévère (400 €/UGB, -45 % d’EBE, à 80 000 €), malgré des adaptations (sevrage plus précoce des veaux).
Abattage sans étourdissement : une proposition de loi LR pour rendre l’étiquetage obligatoire
Le député Antoine Vermorel (Droite républicaine, Loire) a déposé une proposition de loi (PPL) visant à « rendre obligatoire l'étiquetage de la viande issue d'animaux abattus sans étourdissement ». Alors que la réglementation européenne impose l’étourdissement des animaux avant leur mise à mort, une dérogation rend possible l’abattage rituel (sans étourdissement préalable) pour les circuits casher et halal. Pour des raisons de simplification des chaînes d’abattage, cette dérogation « s’applique très au-delà de la demande religieuse qui la justifie », et ce dans « l’opacité », rappelle l’exposé du texte. La PPL stipule donc que l’étiquetage « des viandes et des produits transformés contenant de la viande, préemballés ou non » comporte, « de manière lisible, visible et compréhensible », l’une des deux mentions suivantes : « animal étourdi avant abattage » ou « animal abattu sans étourdissement ». Une obligation qui s’appliquerait aussi en restauration (commerciale comme collective). Le texte imposerait aussi au ministère de « publier chaque année, par espèce et par département, le nombre d’animaux abattus sans étourdissement préalable ».
Viande : en Allemagne, la consommation de volaille a pris le pas sur le porc (presse)
Selon une note de Team France Export (Business France, Régions, BPI) publiée le 15 octobre, le poulet atteint 35 % des volumes de viande consommés en Allemagne, devenant la première catégorie du marché devant le porc, qui représente désormais 32 %. Ces chiffres proviennent du panel de consommateurs YouGov sur les sept premiers mois de 2026, et sont détaillés dans un article (payant) du journal Lebensmittel Zeitung (produits de grande consommation). Ainsi, selon cette source, les ménages suivis par YouGov ont légèrement augmenté leurs achats de viandes depuis un an, de 9 000 t, sur un total de 930 000 t au gré d’une augmentation des produits de volaille en libre-service. Ces derniers enregistrent une progression de 6,3 % des volumes. De son côté, la viande rouge poursuit son recul. La progression de la volaille profite essentiellement au poulet, puisque la dinde recule de plus de 20 % « dans un contexte de forte hausse des prix ». La hausse des prix, qui touche toutes les espèces, a entraîné une croissance en valeur de 5,2 % du marché allemand de la viande, précise l’article. En France aussi, la volaille était devenue en 2024 la première viande consommée par habitant.
Luzerne déshydratée : production attendue en baisse, pas de risque de manque (Désialis)
Alors que la campagne de coupe s’achève habituellement vers la fin octobre, la sécheresse devrait faire reculer la production de luzerne déshydratée du leader Désialis « probablement de plus de 20 % par rapport à la moyenne quinquennale », a indiqué son directeur général Pierre Bégoc à Agra Presse. « On s’oriente vers une campagne 2026 moins bonne que 2020, qui était déjà très mauvaise, et encore pire que 1976 », a-t-il précisé le 7 octobre à l’occasion du Sommet de l’élevage. « La luzerne bio décroche plus que la conventionnelle », ajoute le dirigeant de cette union de commercialisation qui regroupe quatre coopératives* dans le Grand Est. Malgré cette baisse, « Désialis sera en capacité d’honorer tous ses engagements contractuels », grâce à une organisation « précoce » : « Nous avons organisé nos mises en marché pour ne pas être exposés à un risque », indique M. Bégoc. Par ailleurs, le leader de la luzerne déshydratée (85 % de la production française) n’a « pas servi le grand export » cette année, réservant 99 % de ses volumes à la France et à l’Europe (y compris Suisse et Royaume-Uni), des débouchés devenus prioritaires depuis 2023. « Il n’y a pas eu de flux vers les Moyen-Orient », explique le directeur de Désialis, notamment en raison des difficultés de circulation via le détroit d’Ormuz. * Luzéal, Sun Déshy, Tereos et Cristal Union
Luzerne déshydratée : la sécheresse pourrait avoir des effets sur la campagne 2027
Au-delà de la récolte 2026 qui s’achève ces jours-ci, « nous sommes aussi inquiets pour les semis » de luzerne, pénalisés par la sécheresse historique de cet été, a indiqué Pierre Bégoc, le directeur général de Désialis, à Agra Presse le 7 octobre. Alors que la période idéale se situe « fin juin, début juillet », voire jusqu’à début septembre, « certains n’ont pas réussi à semer cet été » faute de précipitations, rapporte le président de Désialis, Sébastien Francart. Selon lui, une dernière fenêtre de semis est possible début mars 2027, pour une récolte la même année, mais avec une perte de potentiel de rendement (une ou deux coupes par an, au lieu de quatre habituellement). La filière dispose de leviers pour compenser ces futures pertes, notamment en gardant des luzernières une quatrième année, alors qu’elles sont habituellement retournées après la troisième année. Toutefois, la sécheresse ne semble pas avoir grevé la disponibilité en semences de luzerne, selon Désialis. Plus largement, dans le contexte de flambée des engrais, « les agriculteurs ont de nouveau de l’intérêt pour la luzerne », légumineuse qui enrichit le sol en azote, note Pierre Bégoc.
Légumes 4e gamme : une feuille de route pour pallier les effets de la sécheresse
Face à une récolte calamiteuse due à la sécheresse et à la canicule, le SVFPE (Syndicat des fabricants de produits végétaux frais prêts à l'emploi) a décidé d’accélérer son chantier d’adaptation au changement climatique. Les maraîchers fournisseurs réunis au sein d’Asso Leg 4G et les fabricants ont défini un socle commun d’équipements dans une feuille de route, annoncée le 9 octobre. La filière va engager 170 M€ d’ici cinq ans pour faire face aux conséquences de la sécheresse sur la production et l’outil industriel. Côté industriels, le plan prévoit l’évolution des bains de lavage afin d’améliorer l’élimination des insectes et de renforcer l’équipement des lignes en trieurs optiques, ainsi que l’automatisation du parage. La réutilisation de l’eau utilisée au cours de la préparation, grâce à l’ultrafiltration et à un traitement en circuit fermé, devrait se développer. À la production, le développement de surfaces sous abri, le développement de techniques d’irrigation (goutte-à-goutte) et de nouvelles capacités de stockage, l’installation de filets d’ombrage et anti-insectes, l’adaptation variétale et la modernisation des équipements de récolte sont envisagés. Le SFVPE souligne que le déploiement de cet important plan d’action devra passer par une revalorisation de la catégorie en distribution.
Pommes à cidre : les producteurs demandent une revalorisation « immédiate » des prix
Les producteurs de fruits à cidre de la FNPFC (FNSEA) demandent, dans un communiqué du 15 octobre, une revalorisation « immédiate » du prix des pommes à cidre pour faire face aux difficultés de trésorerie provoquée par la récolte en cours « la plus catastrophique jamais vue ». Les pertes s’élèvent à 50 % par rapport aux prévisions au niveau national, voire à 70 % dans certaines exploitations. « À date, les mesures annoncées par le ministère de l’Agriculture ne sont pas techniquement accessibles pour tous les producteurs de fruits à cidre », déplore Denis Rouland, président de l’organisation. Il demande notamment que les aides soient réaménagées « d’urgence » pour soutenir la trésorerie et la viabilité des exploitations cidricoles. Il appelle également à avancer sur le développement d’une irrigation « responsable » pour préserver les vergers face au changement climatique. Et de préciser que « cette année, les quelques vergers irrigués ont pu limiter la casse de la canicule ». La baisse des volumes menace également les débouchés. Selon la FNPFC, les cidriers fermiers, qui transforment leurs propres fruits en cidre, n’auront pas de cidre à vendre pour l’année à venir. Les cidriers acheteurs de fruits, quant à eux, n’arrivent pas à trouver les quantités suffisantes de fruits pour honorer leurs contrats de vente et devront parfois renégocier avec leurs acheteurs.
Chou-fleur : une campagne 2025-2026 entre crise et soutien de l’exportation (FranceAgriMer)
Si la superficie globale des cultures de chou-fleur a baissé (-2,5 % par rapport à 2024), les volumes produits sont restés relativement stables, malgré des pertes au champ causées par les précipitations hivernales, souligne une note du RNM (FranceAgriMer) parue en octobre. Cependant, les températures clémentes enregistrées durant l’hiver ont freiné la consommation, entraînant une situation de crise conjoncturelle notifiée par FranceAgriMer du 15 au 19 septembre. Les mises en avant, reconduites par les opérateurs d’une campagne à l’autre, se concentraient en novembre et en février, avec un prix en grande distribution autour des 1,90 € pièce. Du côté des exportations, dans la seconde partie de la campagne, les intempéries qui ont limité la production espagnole ont permis au chou-fleur breton de retrouver sa place sur les étals allemands et polonais. Ce soutien de l’exportation a compensé la morosité du marché national dès janvier. Les quatre derniers mois, dynamisés par la demande européenne, ont sauvé en partie la campagne dans les bassins du Finistère et des Côtes-d’Armor. En clôture de campagne, les dernières disponibilités se négociaient à des niveaux très rémunérateurs, une note positive qui n'a pas compensé cependant pas la longueur et l’ampleur de la crise du début de la campagne. La Bretagne rassemble près de 83 % des 12 470 ha plantés en France.
Échalotes traditionnelles : une campagne 2025-2026 très compliquée (FranceAgriMer)
Les conditions de vente d’échalote traditionnelle, très présente en 2025-2026, ont été fortement compliquées par l’échalote issue de semis, également abondante. Selon le bilan 2025-2026 établi par le RNM (FranceAgriMer), après tri et pertes, le volume d’échalotes traditionnelles commercialisé a avoisiné les 36 000 t. La récolte, jugée d’emblée de bonne qualité, a été mise en marché en juillet. Mais l’arrivée massive de l’échalote issue de semis en août a instauré une vive concurrence dès la rentrée. « Ce phénomène ancien s’est affirmé de manière plus marquée encore durant cette campagne à l’exportation », note le RNM. Le millésime 2024 avait « été écoulé avant la nouvelle récolte pourtant précoce », mais « le marché, du fait de rendements élevés, s’est avéré très chargé, entraînant courant août des concessions tarifaires importantes ». « Au stade expédition, le cours, fixé initialement à 1,70 €/kg HT, a décroché sous la moyenne quinquennale dès la fin du mois (1,15 €/kg HT) », peut-on lire dans le rapport. « Les périodes de la rentrée, des fêtes de fin d’année puis de Pâques, traditionnellement plus actives, n’ont pas permis de relancer les ventes ni de réorienter les prix à la hausse. La situation de crise conjoncturelle de l’échalote a été notifiée par FranceAgriMer dès le 30 décembre 2025 : elle a perduré jusqu’à la fin de la campagne, avec une stabilisation mi-février du cours moyen au stade expédition à 0,85 €/kg HT, niveau plancher. »
Alimentation : au Sénat, la PPL pour un panier à prix coûtant rejetée en commission
La commission des Affaires économiques du Sénat a rejeté le 14 octobre la proposition de loi (PPL) déposée le 2 septembre par l’écologiste Antoinette Guhl visant à garantir de façon permanente en GMS 80 aliments sains et variés à « prix coûtant » ; un texte identique à celle déposée à l’Assemblée nationale le 23 juillet par Boris Tavernier (écologiste). Dans un rapport du rapporteur Marc Séné (LR), la commission invoque l’atteinte à la liberté de fixer les prix. Les sénateurs s’inquiètent aussi de possibles « effets pervers », comme des reports de marge sur d’autres produits, un alignement tarifaire entre enseignes, une pression accrue sur les fournisseurs agricoles et une concurrence des magasins de proximité – ceux-ci n’étant pas concernés par la PPL. La Coméco considère que les offres de produits ciblés à prix coûtant relèvent des initiatives d’enseignes et de magasins. Elle fournit plusieurs exemples de telles réalisations. En outre, la fixation du « prix coûtant » serait un objet de contentieux, selon un avis de la DGCCRF recueilli par le rapporteur. Après son rejet par la Coméco, le texte sera examiné le 22 octobre au Sénat et le 3 décembre à l’Assemblée nationale, dans sa version « déposée sur le Bureau de Sénat ».
Santé : une PPL vise à encadrer la publicité pour les aliments ultra-transformés
Une proposition de loi (PPL) visant à protéger les enfants de la publicité pour les produits trop gras, trop sucrés, trop salés et ultra-transformés, sur le modèle britannique, a été déposée le 13 octobre par le député Antoine Vermorel (DR, Loire). Le texte prévoit d’interdire ces publicités à la télévision, la radio et les services de vidéo à la demande entre 7h et 22h, ainsi que toute publicité payante en ligne, y compris par l’intermédiaire d’influenceurs. Les produits concernés seraient définis par arrêté, pris après avis de l’Anses. L’interdiction s’appliquerait aux annonceurs et aux diffuseurs à compter du 1er janvier 2028. Le texte s’inspire du cas britannique, où la publicité pour les produits trop gras, trop sucrés ou trop salés est interdite avant 21h à la télévision et sur les services à la demande, ainsi que la publicité payante en ligne. Dans l’exposé des motifs, le député estime que la réglementation française actuelle est « inefficace » : les enfants passent l'essentiel de leur temps d'écran devant des programmes familiaux, autour desquels 57,3 % des produits alimentaires exposés sont classés D ou E au Nutri-Score, selon le bilan 2023 de la charte alimentaire de l'Arcom. Cette exposition est d’autant plus difficile à encadrer que la publicité passe de plus en plus par les plateformes vidéo, les réseaux sociaux, les jeux en ligne et les influenceurs.
Distribution : Casino tout près d'un accord avec ses créanciers (presse)
Le groupe Casino (Monoprix, Franprix, etc.) serait sur le point de trouver un accord avec ses créanciers, selon un article paru dans Les Echos le 15 octobre. Même si l’accord n’est pas finalisé, d’après des sources consultées par le quotidien, « Daniel Kretinsky (actionnaire majoritaire de Casino, NDLR) serait prêt à indemniser les fonds de dette présents au capital (les principaux sont Attestor et Monarch) pour reprendre seul en main l'avenir du groupe, avec l'option d'engager sa sortie de la cotation ». Ces fonds de dette détiennent 30 % du capital de Casino. Le groupe de distribution, plombé par une dette de plus de 1 Md€, s’est fixé pour objectif de « ramener cette dette à 800 M€ d'euros, donc " écraser " plus de 600 M€ d'euros de dette à la faveur d'une augmentation de capital proposée par Daniel Kretinsky et réduire ses taux d'intérêt ». Selon les Echos, « le montant du rachat des actions discuté n'est pas encore connu. Les créanciers resteront engagés auprès de Casino uniquement sur les 800 M€ de dette réinstallée. Les taux d'intérêt pour le groupe passeraient de 9 % à 7 %. »
Distribution : des magasins Carrefour soupçonnés de détourner l'argent des promotions
Des supermarchés portant l’enseigne Carrefour sont soupçonnés d’avoir perçu les fonds reversés par des industriels à l’occasion des campagnes de promotions, selon le magazine Complément d’enquête diffusé sur France 2 le 15 octobre « Selon les informations réunies par le magazine, un locataire-gérant du groupe – ces indépendants autorisés à exploiter un magasin sous enseigne Carrefour en échange du paiement d'une redevance – aurait organisé des ventes fantômes de produits en réduction », souligne un article du site de France Info. Cette pratique ne semble pas isolée. En mai, un locataire-gérant alsacien de Carrefour a été arrêté dans le cadre d’une information judiciaire pour escroquerie en bande organisée, abus de biens sociaux, blanchiment et recel. Dans la foulée, Carrefour a adressé un courrier à l'ensemble de ses locataires-gérants. Le groupe y condamne fermement « ces faits d'une particulière gravité » et annonce que des sanctions seront prises pour « tout comportement similaire ». Le groupe Carrefour s'est constitué partie civile dans cette affaire. » L’Ilec (grands industriels) s’inquiète de cette pratique. « Déjà, sur quelques industriels, on est sur des montants de plusieurs centaines de milliers d'euros à chaque fois. Donc sur le tout, on est en train de parler de plusieurs millions d'euros [de fraude], c'est évident », affirme un représentant de l'Ilec.
Guyane : plusieurs productions vulnérables à l'accord UE/Mercosur (rapport)
Dans un livre blanc sur l'agriculture du plateau des Guyanes (Guyane française, Suriname, État brésilien d'Amapà), publié le 16 octobre, la fondation Farm souligne que plusieurs productions guyanaises sont identifiées comme « particulièrement vulnérables » à une éventuelle montée des importations en provenance d’Amérique du sud dans le cadre de l’accord UE-Mercosur. Et de citer l'apiculture, la farine de manioc et l'açaï. La Guyane partage la plus grande frontière terrestre française avec un État membre du Mercosur, mais l'accord ne prévoit aucune clause spécifique pour ce territoire. « Si les pays du Mercosur parviennent à se conformer pleinement aux normes européennes de résidus et de traçabilité, l’arrivée légale de produits moins chers pourraient s’intensifier », prévoient les auteurs. Actuellement, la Guyane est très dépendante des importations françaises, ce qui pose des dilemmes en matière de développement économique entre le coût de l'alimentation et les filières agricoles. Pour l'heure, le Suriname, la Guyane et l’Amapá sont « peu reliés par leurs politiques agricoles et leurs échanges », et les échanges informels prospèrent. Les auteurs proposent une coopération accrue, et une « réévaluation des règles commerciales et sanitaires pour faciliter les échanges formels ».
Viandes Label rouge : Magalie Chevalie élue présidente de la fédération FIL Rouge
Éleveuse de brebis en Dordogne, Magalie Chevalier a été élue présidente de FIL Rouge (viandes Label rouge bovines et ovines), a annoncé la fédération dans un communiqué le 15 octobre. Engagée dans la démarche « agneau du Périgord » (Label rouge et IGP), elle est « investie de longue date au sein de FIL Rouge », dont elle préside la section agneau depuis 2023. Magalie Chevalier est aussi président de l’organisme de défense et de gestion (ODG) AREOVLA (ovins viande et lait d’Aquitaine), et « engagée au sein de la section ovine de la Coopération agricole ». Selon le communiqué de FIL rouge (28 ODG bœuf, veau et agneau), « sa présidence sera placée sous le signe de l’action collective, de la proximité avec les acteurs de terrain et d’une ambition renouvelée pour les filières ». Magalie Chevalier succède à Jean-Pierre Bonnet (Viandes limousines), qui a « fait valoir ses droits à la retraite ».