Pesticides : une étude établit un lien statistique avec les tentatives de suicide
Une étude interdisciplinaire réalisée en France sur trois ans met en évidence une relation statistique entre l’utilisation de pesticides et les tentatives de suicide dans le monde agricole, qui, sans établir de « lien de cause à effet », constitue « un signal clair », selon son auteur. C’est « une brique supplémentaire dans un faisceau de preuves qui devient de plus en plus important au niveau international, notamment depuis une méta-analyse, publiée en 2023 », qui a permis « de conclure à un effet nocif de l’exposition aux pesticides sur la dépression et le suicide », a déclaré le 24 septembre à l’AFP Armand Chatard, professeur à l’université de Poitiers, responsable d’une équipe de recherche interdisciplinaire au CNRS. Le travail de l’équipe poitevine croise des données à l’échelle départementale, celles de l’indice de fréquence de traitements phytopharmaceutiques (IFT) et celles des tentatives de suicide suivies d’une hospitalisation (données MSA). Pour « une augmentation d’une unité de l’IFT, le taux de tentatives de suicide hospitalisées était supérieur d’environ 10 % en 2020 et 8 % en 2021 et 2022 », précise le CNRS dans un communiqué. Les chercheurs ont tenu compte d’autres facteurs économiques, sanitaires ou sociaux, et « toutes choses égales par ailleurs, la fréquence des comportements suicidaires est plus importante dans les départements où on épand plus de pesticides », souligne M. Chatard.
Agriculteurs en difficulté : l’isolement, facteur de risque majeur, montre Solidarité paysans,
Dans son rapport annuel publié le 23 septembre, Solidarité paysans indique que les paysans isolés font état de difficultés supérieures celles rencontrées chez les personnes en couple. Il s’agit, par exemple, de problèmes familiaux dans 12,9 % des situations rencontrées (contre 5,18 % pour les couples), qui traduisent régulièrement des difficultés de transmission d’une ferme, de séparation difficile ou des choix divergents au sein d’une famille. Il y a aussi des problèmes de santé (13,22 % des situations) souvent connexes à d’autres difficultés, liées à l’âge ou aux conséquences de difficultés économiques sur la ferme. Enfin, des difficultés de gestion administrative (15,45 % des situations contre 9,8 % pour les couples) recouvrent des problèmes ponctuels de comptabilité ou « une appréhension plus profonde face à la dématérialisation grandissante des démarches administratives et à l’inflation des normes et des contrôles ». Les personnes isolées en agriculture recouvrent des situations différentes, qu’il s’agisse de personnes célibataires, divorcées ou veuves, et des parcours et histoires personnelles singuliers. « Mais pour beaucoup, l’isolement est une question centrale dans les conditions d’exercice de leur métier », souligne Solidarité paysans.
Assurance récolte : les assureurs devraient verser environ 600 M€ d’indemnités en 2026
Après un été marqué par des vagues de chaleur et plusieurs épisodes de canicule, les assureurs devraient verser en environ 600 millions d’euros (M€) d’indemnités au titre des sinistres agricoles en 2026, a indiqué Jean-Michel Geeraert, directeur du marché de l'agriculture de Pacifica, filiale du Crédit agricole, à Agra Presse le 24 septembre. Parmi les agriculteurs assurés auprès de Pacifica, 85 % ont déclaré un sinistre cette année. « Si 100 % de la Ferme France avait été assurée, nous aurions été amenés à indemniser 2 à 3 milliards d’euros », souligne Jean-Michel Geeraert. Aujourd’hui, seuls 22 % des exploitants agricoles sont assurés, loin des objectifs du gouvernement. À l’horizon 2030, il espère atteindre un taux de couverture de 60 % des surfaces en viticulture, grandes cultures et légumes d’industrie et de 30 % en arboriculture, prairies et autres cultures peu assurées. Alors que les aléas climatiques sont appelés à augmenter en intensité et en fréquence, M. Geeraert estime que les exploitants agricoles « ne peuvent plus faire l’impasse sur la protection climatique ». Même son de cloche du côté du ministère de l’Agriculture. « Il faut impérativement que les agriculteurs français s’assurent », avait insisté Annie Genevard, en visite au Space le 15 septembre.
Outre-mer : le distributeur GBH mobilise 1,2 M€ pour soutenir les agriculteurs
Le distributeur martiniquais GBH (Groupe Benard Hayot) a dévoilé le 24 septembre un plan de soutien aux filières agricoles ultra-marines nommé « Producteurs d’avenir » pour soutenir « l'investissement et l'installation de producteurs locaux », selon un communiqué. Concrètement, il s’agit d’un « soutien financier direct aux projets identifiés à hauteur de 1,2 million d’euros sur trois ans sur la Guadeloupe, la Guyane, la Martinique et la Réunion ». La sélection des bénéficiaires sera « pilotée avec les acteurs de terrain » : « Sur chaque territoire, les bénéficiaires seront choisis par une instance réunissant les acteurs de référence du monde agricole et institutionnel ». En outre, le programme prévoit « une priorité adaptée à chaque territoire, définie avec les acteurs agricoles et institutionnels locaux ». Les fonds sont mobilisés par GBH à raison de 100 000 € par an et par territoire. GBH, distributeur alimentaire dans les outre-mer à travers la franchise Carrefour, est « partenaire de 170 producteurs locaux en Martinique, de plus de 150 fournisseurs réunis sous le label Produits d'Ici en Guadeloupe et en Guyane, compte plus de 130 fournisseurs directs à La Réunion ». Le groupe GBH est également producteur de rhum (Clément, etc.) et détient des plantations de bananes, en plus de ses activités distribution spécialisée, notamment automobile.
Femmes en agriculture : premier bilan du plan gouvernemental (ministère)
Annie Genevard a réuni, le 24 septembre, le comité de pilotage du plan gouvernemental pour « favoriser la place des femmes en agriculture », l’occasion de dresser un premier bilan de sa mise en œuvre. Au bout de sept mois, « des avancées concrètes sur l’ensemble des priorités » sont mises en avant par le ministère de l’Agriculture dans un communiqué. Il est question de susciter les vocations et d’ouvrir davantage les métiers agricoles aux jeunes filles. Exemple : 60 établissements de l’enseignement agricole sont engagés dans la labellisation « Égalité-Diversité ». Les actions en faveur de l’entrepreneuriat féminin ont permis d’organiser 17 interventions et de sensibiliser 250 jeunes filles. 537 offres représentant 1 014 places de stage ont été proposées. Un autre volet vise à mieux accompagner les agricultrices et sécuriser leurs parcours. Concernant la sortie du statut de conjoint collaborateur, 52 webinaires ont été organisés et 2 183 conjoints collaborateurs ont été contactés. Un décret, paru le 9 août, allège les cotisations sociales des ex-conjoints collaborateurs. Enfin, le plan d’action facilite l’installation et renforce la place des femmes dans les lieux de décision. Une enveloppe de 150 M€, financée par la BEI et distribuée par le Crédit agricole, prévoit qu’au moins 30 % des montants bénéficient à des entreprises répondant à des critères de leadership ou d’entrepreneuriat féminin.
États-Unis/Chine : prolongation de la trêve commerciale jusqu'au 10 janvier
Le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent a annoncé, le 23 septembre lors d’une interview accordée à la chaine de télévision Fox News, que les États-Unis et la Chine ont décidé le 23 septembre de prolonger leur trêve commerciale de deux mois, jusqu'au 10 janvier. « Nous sommes convenus aujourd'hui de prolonger (...) la détente économique entre nos deux pays qui devait prendre fin le 10 novembre (...) afin de nous laisser davantage de temps pour voir ce que nous pouvons faire sur le plan économique », a-t-il déclaré. Cette annonce intervient au moment où le président chinois Xi Jinping est en visite diplomatique dans la capitale des États-Unis. Washington et Pékin avaient conclu en octobre 2025 une trêve après s’être mutuellement assommés de droits de douane punitifs. Les États-Unis comptent « voir dans les prochains mois » si les Chinois « se montrent un peu plus zélés » en matière de respect des termes de l'accord conclu en octobre 2025, a expliqué Scott Bessent, qui note toutefois que Pékin est « un peu en retard » en matière d'achats de produits agricoles américains.
Oléagineux : des acteurs privés chinois achètent du canola australien, une première depuis 2020
D’après un article de Reuters du 23 septembre, des acheteurs privés chinois se sont procurés du canola australien durant le mois de septembre, ce qui constitue une première depuis 2020. Un triturateur privé chinois aurait récemment acquis 68 000 t de marchandises de la nouvelle récolte, pour une livraison prévue en mars 2027, à 730 $/t (coûts et frets inclus) d’après plusieurs sources privées. Plus tôt dans le mois, un autre achat avait été réalisé par un autre opérateur privé, pour un volume semblable. Les importations chinoises de canola australien étaient jusque-là quasi interrompues, officiellement pour des raisons phytosanitaires. Mais les raisons officieuses étaient géopolitiques, quand l’Australie a poussé pour une enquête sur les origines du Covid-19. En 2025, la dispute commerciale s’était atténuée, avec la reprise d’achats de la part de l’entreprise publique Cofco. Mais c’est la première fois depuis la brouille commerciale que des opérateurs privés se remettent à acheter de l’origine australienne. Cette nouvelle est plutôt haussière pour les marchés, et notamment pour la France, car l’UE se procure d’importants volumes australiens.
Légumineuses : la coopérative Qualisol lance une marque régionale de pois chiche
Dans un communiqué du 24 septembre, le groupe coopératif Qualisol, basé dans le Sud-Ouest (Tarn-et-Garonne), a annoncé le lancement d’une nouvelle « marque filière régionale » de pois chiche : pois chiche d’Occitanie/Gascogne (POG). Avec cette marque, la coopérative espère relancer la production de la culture en France. Malgré une demande présente, le pois chiche connaît une baisse de surfaces dans l’Hexagone, compte tenu de la concurrence des importations et des aléas climatiques notamment. Sa marque n’est pas un label certifié, mais Qualisol s’engage sur plusieurs critères : assurer la transparence du champ à l’aval, garantissant une origine 100 % française ; accompagner l’agriculteur dans le choix des semences ; assurer le tri et le conditionnement sur son site gersois de Montfort ; sécuriser les volumes (contractualisation et constitution d’un groupe régional). La sécheresse 2026 a bien entendu pénalisé les rendements, notamment en Occitanie, première région productrice. Les volumes produits en 2026 sur le secteur de Qualisol ont atteint 3 000 t, avec un niveau de qualité qualifié de moyen. La coopérative vise un volume de 5 000 t à l’horizon 2030, afin de satisfaire les besoins du marché français et de l’export.
Légumes : Rosée des Champs veut devenir « la pionnière » du maraîchage régénératif
Rosée des Champs a annoncé le 24 septembre son ambition de devenir « la pionnière du maraîchage régénératif », en actionnant plusieurs leviers : l’allongement et la diversification des rotations, les couverts végétaux, la réduction du recours à la chimie, la réduction du travail des sols. Deux projets sont lancés dans cette voie. Le premier, rattaché à un projet national soutenu par l’Ademe et nommé « Fabacée », est orienté sur les économies d’énergie directe et indirecte dans tous les domaines (engrais azotés, couverts végétaux, écoconduite, etc.). Objectif : 10 % d’économie d’énergie par an sur les pratiques agricoles, avec, à terme, un objectif de réduction de deux millions de kWh par an. Le deuxième projet a une portée plus large. Rosée des Champs annonce avoir adhéré au mouvement associatif PADV (Pour une agriculture du vivant) en 2025, avec pour ambition de généraliser l’indice de régénération (IR) à l’ensemble de ses adhérents d’ici la fin de l’hiver (cinq indices établis à date), d’établir un plan d’action individualisé, et de les faire monter en compétences par des formations collectives et individuelles. Trois techniciens externes sont dorénavant mobilisés sur ce chantier, en plus de l’équipe de six personnes du service agronomique interne. (Florence Rabut)
Légumes : Rosée des Champs renforce son accompagnement de la RHD
Après deux années de réflexion, la coopérative légumière Rosée des Champs (Maine-et-Loire) et sa quarantaine de producteurs dévoilent la teneur de l’évolution de leur projet stratégique, « pour les 10 à 15 prochaines années ». Premier pilier : la modernisation digitale et industrielle des infrastructures (englobant la filiale Soram, à Plan-d’Orgon, dans les Bouches-du-Rhône), avec plusieurs chantiers déjà démarrés (nouvel ERP, baisse de la consommation en eau – déjà réduite de 20 % –, économies d’énergie, etc.). Deuxième pilier : accompagner la RHD (restauration hors domicile), principal marché de la coopérative, à « passer du produit à la solution service » (conseil sur l’assortiment, élaboration de recettes avec des chefs cuisiniers, etc.). Là encore, avec des initiatives déjà lancées. Les troisièmes et quatrièmes piliers s’adressent au collectif et à « l’amont » pour « ramener de la valeur à l’amont en construisant des filières pérennes ». Ces évolutions entraînent le repositionnement de l’identité-même de la marque, avec la création d’une nouvelle marque pour le segment du frais (Vitacroc) et l’évolution de Rosée des Champs vers les légumes prêts à l’emploi (4e et 5e gammes, activité principale) vers la RHD (350 produits au catalogue, 40 000 t de légumes), qui seront déployées à partir de 2027. (Florence Rabut)
Cultures pérennes : un insecte invasif repéré pour la première fois dans l'UE
Le fulgore tacheté (Lycorma delicatula), originaire d'Asie du Sud-Est, a été repéré en Hongrie et pour la première fois dans l'Union européenne, a annoncé le 24 septembre l'agence hongroise de sécurité alimentaire. L'agence hongroise a été alertée de la présence de l'insecte par un habitant : « Des analyses en laboratoire ont ensuite confirmé sa présence, et les autorités ont en conséquence commencé à prendre les mesures de quarantaine nécessaires ». Classé comme organisme de quarantaine par l'UE, cet insecte à l'abdomen mesurant 25 mm de longueur par 15 mm de largeur se nourrit sur plus de 70 espèces de plantes ornementales, d'arbres fruitiers, à coques et d'exploitations forestières. Il semblerait avoir une appétence particulière pour les vignes. La Lycorma delicatula a été repérée en 2014 aux États-Unis, dans le comté côtier de Berks (Pennsylvanie), après être arrivée deux ans plus tôt à bord d'une cargaison provenant d'Asie, d'après des scientifiques ayant remonté sa trace. En 2020, une étude de l'université de Pennsylvanie a estimé que l'insecte était responsable de 554 M$ de pertes annuelles et de la disparition de près de 5 000 emplois par an dans cet État.
Fruits et légumes: en Ukraine, une frappe russe sur un entrepôt fait six morts
Six personnes ont été tuées dans une attaque de drone russe sur un entrepôt de fruits et légumes dans la région de Kharkiv (nord-est de l'Ukraine), indique l’AFP le 24 septembre reprenant l’annonce du Premier ministre Serguiï Koretsky. Selon le Parquet de la région de Kharkiv, l'armée russe a mené cette frappe vers 07H35 locales sur cette infrastructure appartenant à une ferme située dans le village de Stara Gnylytsia. Les victimes « triaient des légumes » au moment de l'attaque, selon les services de secours régionaux, qui ont publié des images montrant l'intérieur d'un hangar détruit où l'on voit ce qui semble être des dizaines de pommes éparpillées au sol au milieu de débris. «D'après des informations préliminaires, l'ennemi a utilisé un missile de croisière de petite taille Banderol (arme hybride entre le missile de croisière et le drone d'attaque à réaction) », indique le parquet. Moscou et Kiev ont intensifié leurs frappes sur des infrastructures civiles telles que des entrepôts logistiques, en particulier pétroliers, et portuaires, ces derniers mois.
Fruits et légumes transformés : la filière demande une revalorisation des prix en rayon
Dans un communiqué de presse le 24 septembre, l’interprofession des fruits et légumes transformés (Anifelt) dresse un bilan alarmant de la campagne 2026 et réclame une revalorisation des prix en rayon, face à des coûts de production et de transformation durablement élevés. « La résilience des filières ne pourra pas reposer uniquement sur les efforts des producteurs et des industriels. Elle suppose un dialogue et une responsabilité partagée entre tous les acteurs de la chaîne de valeur. À défaut d'une revalorisation des prix en rayon, c'est la pérennité même de notre capacité à produire et à transformer en France qui est en jeu », explique-t-elle. L’Anifelt appelle l'ensemble des acteurs « à assumer cette réalité économique ». Les conditions climatiques de la campagne 2026 ont affecté l’ensemble des productions destinées à la transformation selon les espèces, les territoires et les systèmes de production. Dans certaines filières, les pertes peuvent atteindre jusqu’à 60 % de rendement. « Dans les cultures pérennes, les conséquences des épisodes climatiques extrêmes impacteront également le potentiel des campagnes à venir », prédit l’Anifelt. Dans les unités de transformation, les conséquences se traduisent par des ralentissements, des arrêts d'activité et des difficultés de fonctionnement liées aux fortes températures.
Latex naturel : Arterris Innovation et GuaTecs développent une filière française de guayule
La coopérative Arterris Innovation et la start-up GuaTecs ont annoncé, dans un communiqué du 24 septembre, la plantation de 3,2 ha supplémentaires de guayule, un petit arbuste originaire du désert mexicain qui produit naturellement un latex. Cette expansion intervient après un premier essai « encourageant » en 2024, avec l’implantation d’une parcelle expérimentale de 0,5 ha sur la ferme de Bonanza, à Alzonne (Aude). Face à d’importantes contraintes climatiques, Arterris Innovation cherche de nouveaux leviers de diversification pour l’agriculture méditerranéenne. Particulièrement adapté aux environnements semi-arides, le guayule a la particularité de maximiser sa teneur en polyisoprène, le composant naturel du latex, lorsqu’il est soumis au stress thermique et hydrique. Exploitable pendant environ huit ans, le guayule peut faire l'objet de plusieurs récoltes espacées de deux ans avant que la plante ne s'épuise. Il s'accommode de sols pauvres, calcaires ou caillouteux et ne connaît, à ce jour en France, ni ravageurs ni maladies. « Cette filière nous paraît particulièrement prometteuse car elle permet à la fois de répondre aux contraintes du changement climatique et d’offrir une alternative aux terres en déprise, sans concurrencer les surfaces de cultures alimentaires », explique Marc Reymond, directeur qualité innovation développement chez Arterris.
Viande/restauration : McDonald’s veut gagner des parts de marché sur le poulet
Le géant mondial du burger de bœuf McDonald’s a présenté un nouveau plan stratégique le 23 septembre qui prévoit d’augmenter l’attractivité de ses restaurants et vise un gain de 1,5 point de part de marché sur le poulet et les boissons d’ici à 2030 « tout en conservant le leadership sur le bœuf ». Le développement de la préparation sur place du poulet pané et de nouveaux plats riches en protéines font partie des évolutions prévues, selon la presse internationale. Concurrencé par les chaînes de fast-food axées sur le poulet et les concepts innovants de restauration rapide, l’enseigne historique prévoit d’injecter 8,5 Md$ (7,5 %Md€) sur dix ans dans les restaurants tenus en franchise, soit la quasi-totalité (95 %) du parc mondial de 45 000 restaurants. Quelque 60 % de cet investissement serait réalisé d’ici à 2030. Les ventes mondiales ont progressé à un rythme ralenti au second trimestre à données comparables, contre 3,8 % au second trimestre 2025. Le ralentissement est particulièrement notable aux États-Unis, où la baisse de fréquentation se conjugue à la pénurie de bœuf.
Bovins : des ONG ciblent Irish Ferries, dernier transporteur maritime de veaux irlandais
Dans un communiqué du 24 septembre, quatre associations de protection animale annoncent une mobilisation, lundi 28 au port de Calais, visant Irish Ferries, dernière compagnie à effectuer le transport maritime de veaux vivants entre l’Irlande et l’Europe. CIWF France, l’OABA, Quatre pattes et Welfarm exigent que l’entreprise irlandaise mette fin à cette activité qui contrevient, selon elles, à la réglementation européenne. Les bateaux d’Irish Ferries embarquent notamment « de très jeunes veaux non sevrés, enfermés à l’intérieur de bétaillères » pour des traversées « durant en moyenne 18 heures, sans possibilité d’être nourris ni abreuvés ». Or, le règlement européen n°1/2005 sur le transport des animaux impose un délai maximal de 9 h entre deux repas pour les veaux non sevrés. Avant l’action du 28 septembre, « des manifestations sont prévues au port de Dublin (Irlande) et au port de Douvres (Royaume-Uni) » au cours du week-end, ajoutent les ONG. Irish Ferries est la dernière entreprise à transporter des veaux sur ces lignes depuis que le français Brittany Ferries s’est retiré du marché, en septembre. Avec plus de 200 000 têtes expédiées depuis le début de l’année, l’export de veaux est crucial pour la filière bovine irlandaise.
Alimentation animale : lancement du programme de recherche européen PROCEED
Le projet de recherche sur l’autonomie protéique et la résilience des élevages PROCEED* a rassemblé son consortium de 20 partenaires, issus de 12 pays européens, pour son lancement les 22 et 23 septembre en Italie, selon un message publié sur LinkedIn. L’Acta et les instituts techniques Arvalis (grandes cultures), Ifip (porc) et Idele (ruminants) sont les quatre partenaires français du consortium. Dans un article du 16 septembre sur le site internet de l’Ifip, les deux experts Didier Gaudré (matières premières et nutrition porcine) et Laurent Alibert (fabrication d’aliment à la ferme) détaillent les étapes du projet. Celui-comprendra une phase de compréhension (production et utilisation des cultures protéinées), une phase de test et de mise en valeur des pratiques innovantes, une phase d’évaluation (impacts sociaux, économiques et environnementaux) et une phase de construction (chaînes de valeur, ressources pratiques pour les agriculteurs et les conseillers). C’est l’université de Pérouse (Ombrie), partenaire du projet, qui recevait les rencontres de lancement. * Plant Protein for Agricultural Resilience and Feed Self-Sufficiency
Chambres d’agriculture : nouveau bureau et sortie de crise en vue en Lozère (presse)
La chambre d'agriculture de la Lozère, sous tutelle préfectorale depuis novembre 2025 en raison de dissensions entre sa présidente FNSEA et la Coordination rurale (CR), a réussi à élire un nouveau bureau et pourrait adopter un budget lors de sa prochaine session le 28 septembre, retrouvant sa pleine autonomie, a appris l'AFP de sources syndicales. La chambre est en crise depuis les élections de début 2025. La CR avait obtenu 13 élus sur 18 dans le collège 1 (chefs d’exploitation), mais les autres collèges du monde agricole (salariés, retraités, coopératives...) avaient renversé la tendance pour arriver à une égalité parfaite ; la présidente sortante Christine Valentin avait finalement été élue au bénéfice de l'âge. Mais la CR contestait ce résultat et avait refusé en novembre 2025 de voter le budget 2026 et le budget rectificatif 2025, entraînant de facto la mise sous tutelle. Finalement, un nouveau bureau directeur a été élu le 7 septembre, comprenant cinq élus de la liste CR et indépendants, cinq de l'union JA/FDSEA et un de la Confédération paysanne. Jean-Luc Boulet, la tête de liste « CR et indépendants » en 2025 (qui n'a depuis pas repris sa carte à la CR, comme deux autres des élus de cette liste au bureau), indique avoir accepté d’entrer au bureau pour « construire un budget qui corresponde aux attentes de la majorité des agriculteurs lozériens ».
Grande distribution : Auchan sur le point de céder 17 supermarchés à Lidl
Auchan a annoncé le 24 septembre être « entré en négociations exclusives avec Lidl en vue de la cession de 17 supermarchés en France », selon un communiqué. Présentée aux instances représentatives et soumise à l’autorisation des autorités de la concurrence, « cette opération pourrait être effective au premier trimestre 2027 », précise Auchan. Avec cette cession, Auchan finalise la transformation de son réseau de 266 supermarchés, dont la plupart ont été vendus ou transférés. « 13 supermarchés, dont les caractéristiques spécifiques de surface, d'emplacement et de potentiel le justifient, resteraient dans le périmètre d'Auchan Retail France sous d'autres format », rappelle Auchan dans son communiqué. En novembre 2025, l'enseigne avait lancé un projet de transformation de son réseau de magasins afin de se concentrer sur ses hypermarchés. 164 ont été transférés dans l'entité A+Super, détenue par Auchan Retail France mais exploitée en franchise par Intermarché ou Netto. Le transfert débutera le 1er octobre et les changements d'enseigne s'étaleront jusqu’à mai 2027. Le groupement Mousquetaires (Intermarché, Netto) a également acquis 72 supermarchés qui étaient mis en vente par Auchan.
Distribution : le groupe Relais Vert adhère aux Grossistes alimentaires de France
Les Grossistes alimentaires de France (ex-Fédalis) ont annoncé sur LinkedIn le 23 septembre l’adhésion de Groupe Relais Vert, leader polyvalent du bio, qui distribue plus de 9 000 produits de toutes catégories à travers 11 entités et quatre plateformes (Bordeaux, Montpellier, Rungis, Carpentras) déployant 15 000 m² d’entrepôts. Ce groupe familial, dont le siège est dans le Vaucluse, a pour principe d’accompagner les artisans et la production locale en soutenant des filières agricoles, avicoles et céréalières en France et dans leurs bassins historiques de production, selon le message. « Ma volonté, en rejoignant les Grossistes alimentaires de France, c’est avant tout de faire partie d’un réseau qui connaît et comprend les spécificités de notre métier », commente dans ce communiqué le p.-d.g. Jérémie Ginart. En mai 2024, le groupe avait annoncé sa fusion avec Propolis Développement (comprenant notamment Dynamis, grossiste en fruits et légumes à Rungis). Cette fusion sous l’enseigne Groupe Relais Vert a donné le plus important grossiste en produits variés biologiques de France, capable de « répondre efficacement à l’ensemble des demandes des clients partout en France avec une offre bio et locale », proclamait alors le spécialiste.
Cantines : l’Inrae prêt à diffuser son programme de végétalisation au niveau national
Le Centre des sciences du goût et de l’alimentation, département de l’Inrae, est prêt à élargir au niveau national la diffusion de son programme « Chouette cantine » de transition alimentaire en restauration scolaire, annonce l’institut dans un communiqué du 22 septembre. Testé dans 38 écoles dijonnaises, ce programme d’éducation au goût vise à faire adopter aux enfants une alimentation plus végétale, en cohérence avec la Snanc (stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat). « Chouette cantine » a été élaboré avec l’association Eveil’O’Goût et testé depuis 2021 dans le cadre du programme Territoire d’innovation « Dijon, alimentation durable 2030 ». Ces tests ont notamment démontré que les repas végétariens obtiennent en moyenne un score d’appréciation aussi élevé auprès des enfants que les repas avec viande ou poisson, alors qu’ils émettent deux fois moins de gaz à effet de serre (0,9 kg CO2eq, contre 2,1). « En France, plus de 8,5 millions de jeunes de 3 à 17 ans fréquentent une cantine scolaire, généralement quatre ou cinq fois par semaine », souligne l’Inrae dans le communiqué. Ce qui fait de la restauration scolaire « un levier majeur pour répondre à des enjeux à la fois nutritionnels, sanitaires, environnementaux et territoriaux ».
Bio : la commune de Cussac-Fort-Médoc élue « meilleure ville bio » européenne
La Commission européenne a annoncé, le 23 septembre à l’occasion de la journée européenne du bio, les lauréats des Prix européens du bio dont fait partie la ville française de Cussac-Fort-Médoc, en tant que « meilleure ville bio ». Cette commune de Gironde de quelque 2 300 habitants propose 50% de produits bio dans ses cantines scolaires grâce notamment à un maraîcher municipal de 7 000 m² situé à côté de l'école. Les autres lauréats sont l’Irlandaise Kay O’Sullivan (meilleure agricultrice), le Danois Hans Erik Joergensen (meilleur agriculteur), la Sardaigne (meilleure région), l’entreprise bulgare Harmonica (meilleure PME), le distributeur allemand Boßhammersch Hof et le restaurant autrichien Zotter Schokolade. « Notre mission consiste désormais à créer les conditions propices au développement de l'agriculture biologique grâce à la Pac, au renforcement des marchés, mais aussi à la commande publique », a souligné le commissaire européen à l’Agriculture Christophe Hansen. Bruxelles vient justement de publier une proposition de révision des règles sur les marchés publics qui permettra de favoriser un approvisionnement en produits bio. Une mise à jour de la réglementation bio est aussi en discussion entre les colégislateurs et une feuille de route pour relancer le secteur a été présentée fin 2025.
Présidentielle : l’économiste Gwenola Trotin travaille sur le programme agricole de Ruffin
Sous la direction de la députée Sophie Taillé-Polian, responsable officielle du programme économique et agricole du candidat à la présidentielle François Ruffin, l’économiste Gwenola Trotin, militante au sein du mouvement « Debout ! », travaille spécifiquement sur les questions agricoles. Contactée par Agra Presse, elle précise que le programme du candidat a été élaboré « avec des experts des questions agricoles et des professionnels du secteur, dont les agriculteurs du groupe Paysans Debout ! ».
Agenda de la semaine agricole du 28 septembre 2026
Lundi 28 septembre
Conseil des ministres de l’Agriculture de l’UE
Commission de l’Agriculture du Parlement européen
Observatoire de la lutte contre le gaspillage alimentaire en GMS
Salon bio Natexpo, à Lyon jusqu'au 29
Conférence de presse de Culture Viande (abattage-découpe)
Journée presse de Timac Agro France, à Saint-Malo
Conférence de presse de présentation de la mobilisation devant l'usine de pesticides Syngenta dans l'Eure
Mardi 29 septembre
Congrès de Culture Viande (abattage-découpe)
Conférence de presse de rentrée de la MSA
Lancement de la campagne 2026-2027 des endives, à Arras
Colloque annuel du Syndicat des énergies renouvelables
Voyage de presse du CNPO (interprofession de l’œuf), dans la Drôme
Mercredi 30 septembre
Réunion ministérielle du G20 sur le commerce (États-Unis)
Congrès de la FNO (éleveurs d'ovins, FNSEA) dans l'Hérault
19e édition du salon Produrable, à Paris
Audition de la présidente de la CRE (énergie) à l'Assemblée
Visioconférence du HCSP sur les évènements climatiques extrêmes
Conférence de presse du Comité interprofessionnel de la noix de Grenoble
Journée Bonnes pratiques Plante bleue 2026 (horticulture), dans le Rhône
Présentation d'une étude sur l'emploi en Pays de la Loire, à Angers
Akuo inaugure une centrale agrivoltaïque à Sombernon (Côte-d'Or)
Jeudi 1er octobre
Commission de l’Environnement du Parlement européen
Commission du Commerce international du Parlement européen
7e journée technique d’Asperges de France, à Castelnaudary
Congrès européen de l'apiculture (Unaf/Abeille Gasconne), à Agen
Visioconférence de l'AFZ sur « l'élevage dans les enseignements »
Conférence de presse de la filière banane (bilan et perspectives)
Assemblée générale de l'Usipa (amidonniers), 80 ans de l'organisation
Journée nationale Salade du CTIFL, à Châteaurenard (Bouches-du-Rhône)
Vendredi 2 octobre
Groupe de dialogue civil Plans stratégiques de la Pac et questions horizontales
Assemblée générale du SNA (accouveurs), à Pornic
Le Parti animaliste présente son candidat à l'élection présidentielle