Vin: la production mondiale proche du niveau historiquement faible de 2017 (OIV)
En 2021, le volume de la production mondiale de vin devrait être «à peine supérieure à la production historiquement faible de 2017», a indiqué Pau Roca, directeur général de l’Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV) le 4 novembre lors d'une conférence de presse. La production mondiale, évaluée à 250,3 millions d’hectolitres (Mhl) serait ainsi inférieure à la moyenne pour la troisième année consécutive. Le volume attendu cette année «semble avoir baissé de 4% par rapport à 2020 (qui était déjà inférieur à la moyenne, NDLR) et il est inférieur de 7% à sa moyenne sur 20 ans». Cette situation résulte du gel tardif du printemps et du mildiou dans les principaux pays producteurs de vin d’Europe. Ainsi, l’Italie, l’Espagne et la France ont perdu ensemble environ 22 Mhl par rapport à 2020. Les seuls grands pays producteurs de vin de l’UE qui enregistrent des récoltes supérieures à celles de 2020 sont l’Allemagne, le Portugal, la Roumanie et la Hongrie. Les prévisions pour les États-Unis laissent entrevoir des volumes de production «légèrement supérieurs à ceux de 2020». Dans les vignobles de l’hémisphère Sud, des conditions météorologiques favorables ont permis d’atteindre des niveaux de production record en Amérique du Sud, Afrique du Sud et Australie, la seule exception étant la Nouvelle-Zélande.
PPL Sempastous: le Sénat desserre les mailles du contrôle de l’agrandissement
Le Sénat a voté dans la nuit du 3 au 4 novembre sa version de la proposition de loi Sempastous pour le contrôle de la concentration excessive des exploitations, en adoptant notamment un amendement qui desserre les mailles du contrôle de l’agrandissement. Il propose de fixer l'intervalle au sein duquel le préfet de région déterminera le seuil d'agrandissement significatif, qui déclenche le contrôle, entre 2 et 3 fois la surface agricole utile régionale moyenne (SAURM). Les députés s'étaient prononcés pour un intervalle entre 1 et 3 fois la SAURM. «Cela signifie que si une exploitation passe de 120 ha à 240, l’agrandissement ne sera pas soumis à l’avis du préfet», déplore-t-on au syndicat Jeunes agriculteurs, avant de rappeler la position du syndicalisme majoritaire: rester sur une fourchette de contrôle de 1 à 3 fois la SAURM. Toutefois, les sénateurs sont allés moins loin que leur commission des Affaires économiques, qui proposait un intervalle de 2 à 4 fois la SAURM. Dans les éléments nouveaux qu’apporte le Sénat figure aussi le double avis de la Safer et de la CDOA sur les dossiers de demande d’autorisation d’agrandissement. Enfin, plusieurs amendements adoptés ont élargi les exemptions au contrôle du préfet à des degrés familiaux éloignés, à des associés et à des salariés. La version du Sénat a été adoptée à 231 voix pour, face à 82 voix contre. Le texte sera examiné en Commission mixte paritaire (CMP).
Inondations: Denormandie débloque 8,4 millions en prise en charge des cotisations
Le ministre de l’Agriculture Julien Denormandie a débloqué une enveloppe supplémentaire de 8,4 millions d’euros pour aider les agriculteurs victimes des inondations estivales, annonce un communiqué le 4 novembre. Cette dotation permettra de prendre en charge les cotisations sociales des exploitants affectés. Le but est «de répondre de manière à la fois rapide et efficace aux besoins nombreux des agriculteurs suite à cet épisode climatique majeur, qui a profondément affecté les exploitations», indique le ministère. A ce titre, les agriculteurs qui souhaitent obtenir une prise en charge partielle de leurs cotisations doivent en faire la demande sur le site de la MSA. D’autre part, le ministre a demandé aux préfets de prolonger la mission des cellules de crise créées durant l’été pour procéder «à un accompagnement ciblé des entreprises qui seraient toujours fragilisées». Fin juillet, les régions Hauts-de-France, Grand-Est et une partie de la Bourgogne Franche-Comté avaient été frappées de violentes intempéries (pluies, orages, grêle) provoquant d’importantes pertes agricoles.
Zones rurales: le Sénat invite Bruxelles à adopter un agenda européen
Le Sénat a adopté le 4 novembre une résolution, préparée par Patrice Joly (PS), appelant la Commission européenne à élaborer un Agenda rural européen «conçu comme le pendant de l'Agenda urbain pour l'Union européenne lancé en 2015». Cet agenda rural, qui serait intégré au Plan de relance pour l'Europe, constituerait une feuille de route stratégique à décliner dans chaque État membre en tenant compte de leurs caractéristiques et de leurs problématiques propres. L’objectif est notamment d'inviter la Commission européenne à mieux prendre en compte les questions rurales dans les politiques publiques européennes et les fonds européens, et rétablir ainsi une relation d'égalité entre urbains et ruraux dans la mise en œuvre des politiques de l'UE. La Commission européenne a déjà présenté fin juin une communication sur «une vision à long terme pour les zones rurales de l’UE à l’horizon 2040», proposant un plan d’action visant à mieux faire profiter les zones rurales des transitions verte et numérique de l’UE. Début 2024, un rapport sera publié par les services de la Commission qui recensera les domaines dans lesquels un soutien et des financements accrus sont nécessaires.
Lait: des cellules de crise pour les éleveurs ouvertes dans trois départements (FNPL)
Des cellules de crise ont été ouvertes par les préfectures de trois départements, les Pyrénées-Atlantiques, la Dordogne et le Finistère, pour venir en aide aux éleveurs laitiers en difficulté. Elles ont été créées à la demande des éleveurs confrontés à «la hausse des charges et des prix qui n’augmentent pas», a expliqué la FNPL (producteurs laitiers, FNSEA) lors d’une conférence de presse, jeudi 4 novembre. Les services de l’Etat, les banques, les organisations professionnelles (chambres d’agriculture, syndicats) et la MSA y sont mobilisés pour apporter des solutions aux éleveurs. Les banques peuvent proposer l’étalement des encours bancaires et les chambres d’agriculture un appui technique. En Dordogne, 42 producteurs de lait, sur les 300 que compte le département, ont fait une demande de RSA ces derniers mois.
Glyphosate: trois associations de la santé demandent à Paris de clarifier sa position
Dans une lettre ouverte envoyée à Julien Denormandie et Barbara Pompili le 4 novembre, l’Alliance européenne pour la santé et l’environnement (HEAL), l’Association des Ligues européennes contre le cancer (Association of european cancer leagues, ECL) et la Ligue française contre le Cancer demandent «de clarifier publiquement la position des autorités françaises par rapport aux risques que pose le glyphosate pour la santé humaine». Rappelant que la France est l’un des rapporteurs du dossier de renouvellement, les associations s’étonnent du rapport préliminaire concluant que le glyphosate «remplit les critères d’approbation pour la santé humaine». Cette position, déplorent les auteurs du courrier, contredit non seulement la position de la France dans le cadre du précédent processus de ré-approbation, mais également les promesses d’Emmanuel Macron en 2017, ainsi que les conclusions de l’Inserm. Dans l’expertise collective publiée en juin 2021, l’institut de référence indiquait notamment des tests de génotoxicité «généralement positifs», et pointait d’autres mécanismes de toxicité. «Loin d’avoir faibli, la base de preuves scientifiques disponibles en 2017 concernant le potentiel de cancérogénicité de la substance, entre autres effets pour la santé, a été renforcée», défendent les associations.
Bien-être animal: Welfarm lance une 2e campagne contre la castration des porcelets
L'ONG de protection animale Welfarm a organisé une manifestation le 4 novembre, place de la République à Paris, pour «demander l’arrêt de la castration physique [des porcelets] et le développement d’alternatives respectueuses du bien-être animal». Conformément à l'arrêté du 24 février 2020, la castration à vif des porcelets sera interdite au 1er janvier 2022. Les éleveurs devront choisir entre la castration avec anesthésie et analgésie, l'élevage de mâles entiers (non castrés) ou l'immunocastration (vaccin). L'ONG welfariste se positionne en faveur de ces deux dernières solutions, en s'appuyant sur une pétition ayant recueilli «plus de 200 000» signatures. Welfarm réclame que «la castration sous anesthésie et analgésie ne soit autorisée que de manière temporaire, dans certains cas précis pour lesquels il est encore nécessaire de travailler sur les paramètres d’élevage ou de transformation», d'après sa chargée de campagnes et plaidoyer Marie Waniowski. Pour l'ONG, l'arrêt de la castration à vif en 2022 «ne devrait être qu’une étape» avant l'interdiction pure et simple de cet acte. Baptisée #StopCastration, la campagne lancée le 4 novembre est la deuxième lancée par Welfarm sur ce sujet, après une précédente nommée «Couic» en 2016.
Légumes: les producteurs de Terrena vont rejoindre la coopérative nantaise Océane
Les coopératives du grand Ouest Océane et Terrena sont entrées «en négociations exclusives» le 28 octobre pour regrouper leurs producteurs de légumes, annoncent-elles dans un communiqué commun le 3 novembre. L’objectif est de définir les modalités de l’accord «d’ici la mi-décembre», pour le concrétiser «entre le 1er janvier et le 31 mars 2022». Le but de l'opération est d’intégrer les 26 producteurs de légumes plein champ du géant coopératif Terrena (20 992 agriculteurs et éleveurs adhérents) à la coopérative nantaise Océane, qui compte à ce jour 47 maraîchers et légumiers. Ce rapprochement vise à «participer à la structuration de l’offre» et à faire d’Océane «l’acteur de référence» dans le bassin nantais, tant auprès de la GMS nationale (périmètre d’Océane) qu’auprès de l’export et de l’industrie (expertise de Terrena). «Océane conforterait ainsi sa position de premier acteur du maraîchage nantais avec 75 maraîchers adhérents, 180 millions de chiffre d’affaires dont 60 millions d’euros en plein champ et plus de 100 000 tonnes de légumes commercialisés par an», indique le communiqué.
Lait: «Né d’une seule ferme» devient «J’achète Fermier»
La marque Né d’une seule ferme, lancée en juillet 2020, devient J’achète Fermier, a annoncé la start-up de transformation de yaourts à la ferme sur les réseaux sociaux le 3 novembre. C’est sous ce nom qu’elle commercialisera désormais ses produits laitiers avec, aussi, un nouveau packaging. «L’ancien nom était mal compris des consommateurs. Le nouveau est plus clair, plus engageant. Il affirme nos valeurs», souligne le co-fondateur de l’entreprise Bastien Debras. La marque travaille avec sept éleveurs auxquels elle fournit des yaourteries «clé en main» pour transformer leur lait, et se charge de le commercialiser, en assurant aux producteurs un revenu «d’au moins 500 €/1 000 l». J’achète Fermier commercialise entre 8000 et 15 000 yaourts chaque semaine, en majorité dans les magasins Intermarché - avec qui l’entreprise a signé un contrat d’exclusivité jusqu’en 2023 -, et dans la restauration collective. Elle diversifie sa gamme de produits avec le lancement prochain de la production de crèmes desserts dans une ferme spécialisée. A l’avenir, J’achète Fermier pourrait décliner son concept d’unité de transformation à la ferme dans d’autres filières, comme les pommes de terre, et à l’international.
Agenda de la semaine agricole du 8 novembre
Vendredi 5 novembre
Déplacement de Julien Denormandie dans la Drôme sur le 4e Plan d'investissements d'avenir (PIA4)
Lundi 8 novembre
Les députés examinent en séance publique les crédits de la mission Agriculture du PLF 2022
Les sénateurs examinent en séance publique le PLFSS 2022 (financement de la sécurité sociale), jusqu'au 13 novembre
Mardi 9 novembre
Conférence Grand angle viande de l'Idele (Institut de l'élevage)
Congrès du maïs, à Tours (jusqu'au 10 novembre)
Présentation du livre blanc de Business France «Agro, où exporter en 2022?»
Présentation d'une résolution du Cese sur la stratégie nationale Biodiversité
Conférence d'Interbev à la Cop26
Forum Open agri food, à Orléans (jusqu'au 10 novembre)
Santé publique France publie un rapport sur la consommation d'alcool
Mercredi 10 novembre
Les députés examinent le PLFR (loi de finances rectificative) pour 2021
Les sénateurs auditionnent Bérangère Abba, secrétaire d’État à la Biodiversité, sur le PLF 2022