Engrais/GNR : 20 M€ supplémentaires pour les agriculteurs en difficulté
Les agriculteurs les plus en difficulté face à la hausse de leurs coûts (carburants, engrais...) liés à la guerre au Moyen-Orient pourront obtenir une prise en charge de leurs cotisations sociales, avec une enveloppe dédiée de 20 millions d’euros (M€), a annoncé le gouvernement le 9 avril. « Les exploitations les plus exposées à un risque de bascule dans une situation de difficulté économique bénéficieront d’une prise en charge exceptionnelle des cotisations sociales dues à la Mutualité sociale agricole (MSA), pour un montant total pouvant atteindre 20 millions d’euros », a indiqué le ministère de l’Agriculture à l’AFP. L’identification des exploitations agricoles concernées se fera par les caisses locales de la MSA. Cette nouvelle annonce reste cependant insuffisante pour la FNSEA, syndicat agricole dominant, qui demande une aide de 30 centimes par litre de gazole. « Le dispositif reste largement insuffisant. La hausse du GNR se situe entre 60 et 80 % pour tous les agriculteurs, et le ciblage prévu ne concernera qu’une minorité : c’est du saupoudrage », a déclaré son président Arnaud Rousseau dans un message transmis le 9 avril à l’AFP.
Engrais : Bruxelles pourrait dévoiler son plan d’action « début mai »
Une nouvelle fois pressé d’agir, le 9 avril, par les eurodéputés de la commission de l’Agriculture, l’exécutif devrait accélérer le calendrier de ses mesures de soutien pour les engrais. À l’occasion d’un débat sur les répercussions du conflit au Moyen-Orient sur le secteur agricole de l’UE, la Commission européenne a précisé espérer publier son plan d’action d’ici « début mai ». Dans le détail, Bruxelles a rappelé que celui-ci devrait contenir à la fois des mesures de court et de long terme. Il devrait se décliner en quatre axes. Les deux premiers concerneront l’autonomie stratégique avec la réduction de la dépendance aux importations et l’accroissement de la production d'engrais de l’UE. La Commission entend également aider les agriculteurs à utiliser les engrais de manière plus efficace via notamment l’agriculture de précision. Enfin, le quatrième axe aura trait à la promotion des engrais biosourcés et à faible empreinte carbone. Les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) estiment que la présentation faite par les services de l’exécutif européen est « tout sauf rassurante pour les agriculteurs de l’UE ». Ces dernières ont ainsi transmis une lettre à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, lui réclamant « des actions concrètes et immédiates ».
Engrais : l'Inde augmente ses subventions aux exploitations agricoles
L'Inde a augmenté de plus de 11 % par rapport à l'an dernier ses aides à l'achat d'engrais pour soutenir son vaste secteur agricole, affecté par la hausse des prix après la guerre au Moyen-Orient. L'agriculture, qui emploie plus de 45 % de la main-d'œuvre du pays le plus peuplé de la planète, représente un bloc électoral très puissant. « La subvention sera versée aux entreprises d'engrais en fonction des tarifs approuvés et notifiés, de manière à ce que les intrants soient mis à la disposition des agriculteurs à des prix abordables », indique un communiqué du gouvernement du 8 avril. En Inde, les exploitations sont souvent de petite superficie et peu productives, et les différents exécutifs ont régulièrement mis en place des mesures pour les protéger de la concurrence étrangère. « Au vu de l'évolution récente des prix internationaux des engrais et des intrants comme l'urée (...), le gouvernement a décidé d'approuver les subventions », justifient les autorités. Ce dispositif, d'un montant de 415 milliards de roupies (3,83 Md€), sera en vigueur pendant six mois pour les cultures d’été, à compter de ce mois‑ci.
Boues d'épuration: le gouvernement prépare une circulaire sur les PFAS
Le ministre délégué chargé de la Transition écologique, Mathieu Lefèvre, a annoncé le 9 avril dans les Ardennes la préparation d’une circulaire sur la gestion des boues d’épuration, dans le cadre de la lutte contre les PFAS. A l’heure actuelle, aucune obligation n’impose la mesure des PFAS dans les boues d’épuration. Selon le cabinet de M. Lefèvre, la future circulaire demandera aux industriels disposant de stations d’épuration et pratiquant l’épandage agricole de mesurer et quantifier les PFAS présents dans les boues. «Si les boues respectent ce seuil», qui reste à définir, il n’y aura «pas de difficulté. Si elles ne respectent pas ce seuil, alors, après une procédure contradictoire, elles devront être soit incinérées, soit mises en décharge», a précisé le 5 avril le ministre, ajoutant que la circulaire devait être publiée d’ici une quinzaine de jours. Un rapport scientifique a recommandé fin mars à l’Union européenne de restreindre largement les PFAS, sauf exceptions "ciblées", pointant les risques croissants de ces substances chimiques pour la population.
Boues d'épuration : leur interdiction dans un Label rouge validée par le Conseil d'État
Dans deux décisions publiées le 3 avril, le Conseil d'État a validé les interdictions d'usage des boues d'épuration inscrites dans les Labels rouges Farine de gruau de blé et Semoule de blé dur. Depuis 2023, ces cahiers des charge prévoient que l'épandage de boues est interdit sur les cinq ans précédant le semis et pour l'année du semis du blé et jusqu'à la récolte du blé. Le syndicat des entreprises de retour au sol d'effluents agro industriels ou boues d'épuration (Syprea) a contesté cette décision, estimant que le ministère avait « commis une erreur d'appréciation et pris une mesure disproportionnée » en validant ces cahiers des charges, au regard notamment de l'autorisation par ailleurs des engrais minéraux et des pesticides de synthèse en Label rouge. Des arguments rejetés par le Conseil d'État, qui rappelle que des restrictions existent aussi sur les autres intrants. En outre, la plus haute juridiction administrative considère qu'il n'est pas « sérieusement contesté que, malgré leur intérêt agronomique, les boues d'épuration, même retraitées et conformes aux prescriptions sanitaires en vigueur, peuvent contenir des résidus de matières plastiques, de métaux ou d'autres polluants susceptibles de se retrouver, outre dans les sols, dans les végétaux qui y sont cultivés ».
Blé/maïs : les estimations de stocks mondiaux relevées (USDA)
Le ministère américain de l’Agriculture (USDA) a revu à la hausse jeudi ses projections de stocks de fin de campagne pour le blé et le maïs à l’échelle mondiale en raison d’ajustements sur la production et la consommation, dans le cadre de son rapport mensuel Wasde. «Le vrai gros point à noter» de ce rapport, «c’est quand même la confirmation de la lourdeur sur le marché des céréales», remarque auprès de l’AFP Gautier Le Molgat, PDG d’Argus Media France. L’USDA a ajouté pour la fin de campagne actuelle 6,1 millions de tonnes aux réserves mondiales de blé, qui atteindraient un niveau plus vu depuis des années. La réévaluation à la hausse de la production européenne en est l’une des raisons. Côté maïs, les réserves mondiales de début de campagne ont été relevées, entraînant dans leur sillage une augmentation des stocks finaux. Le soja est le seul à contre-courant: il perd lui un peu plus de 500.000 tonnes sur ses stocks de fin de campagne à l’échelle mondiale, en raison notamment d’une hausse de la consommation.
Orge : une bonne production mondiale et une moindre demande pèsent sur les prix
Lors du colloque sur les orges de brasserie organisé par Arvalis à Arras le 9 avril, des professionnels de la filière ont justifié le bas niveau des prix des orges brassicoles par une demande mondiale émanant de la brasserie et de la malterie plutôt en recul, cumulée à une production d’orge élevée. « Des baisses de consommation de bière ont été constatées dans l’UE, aux USA en 2025… Seule l’Afrique a connu une progression », explique Quentin Dyon, analyste business de Malteurop (Vivescia). Il ajoute s’attendre pour 2026 à « une stagnation, voire à une légère progression de la demande ». L’effritement de la consommation de bière pèse sur la malterie. « On a connu des fermetures d’usines en Allemagne, aux Pays Bas… », indique Alexandre Benoist, analyste marché de Malteurop. De son côté, l’offre mondiale s’est avérée abondante : 154,3 Mt d’orge pour 2025-2026, contre 143,4 Mt en 2024-2025, selon l’USDA. « Il n’y a pas eu de gros incident climatique, il s’agit de la quatrième plus forte production depuis 2000 », précise-t-il. Pour 2026-2027, les conditions de culture sont pour le moment bonnes dans le monde et en France. Toutefois, « le phénomène El Niño pourrait frapper durement l’Australie », prévient Alexandre Benoist.
Orge brassicole : réunie en colloque, la filière alerte sur sa compétitivité
Le colloque Orge brassicole, organisé par Arvalis à Arras le 9 avril, a été l’occasion pour les professionnels du secteur de sonner l’alerte : la filière bière est sous pression, en raison d’une compétitivité en souffrance. « Dans un marché mondial ultra-concurrentiel, chaque perte de compétitivité coûte un débouché », s’est exprimé Philippe Dubief, président de la filière Orges brassicoles pour Arvalis et l’AGPB (producteurs de blé, FNSEA). L’amont et l’aval sont touchés : le semencier, l’agriculteur, l’organisme stockeur, le malteur et le brasseur. Avec une mention spéciale pour l’agriculteur : Éric Thirouin, président de l’AGPB, a tenu à rappeler que les revenus des céréaliers « sont négatifs depuis trois ans ». La conjoncture économique et géopolitique n’est certes pas reluisante (conflits, situation géopolitique, etc.), mais la réglementation européenne (notamment le MACF) et surtout française a été particulièrement pointée du doigt. « Le principe de précaution a été interprété par la jurisprudence française par le principe d’inaction », a lancé Éric Thirouin. Il a rappelé la volonté de la FNSEA d’inscrire dans la Constitution française le principe d’innovation.
Lait/relations commerciales : les coops demandent à rouvrir les négociations commerciales
La Coopération laitière lance un appel au ministre des PME Serge Papin pour réunir un comité de suivi des négociations commerciales, a annoncé son président Pascal Le Brun le 9 avril. Lors de ce comité de suivi, l’objectif est de faire le constat des hausses de coûts qui arrivent sur le carburant, la logistique et les emballages, en conséquence de la crise pétrolière liée à la situation au Moyen-Orient. « On s’attend à des hausses sur la matière première industrielle de de 1 à 5 % », selon Pascal Le Brun. Il alerte aussi sur « les impacts à venir sur l’amont agricole, puisque la hausse de la matière première agricole pourrait être de 5 à 10 % ». Ce comité de suivi pourrait déboucher sur la réouverture des négociations commerciales, sous réserve de convaincre les autres fournisseurs et les distributeurs. L’appel de la Coopération laitière porte aussi sur les négociations pour les produits à marques de distributeurs (MDD) dont les appels d’offres sont diffusés actuellement. Fin mars, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard a encouragé les éleveurs laitiers à recourir au médiateur des relations agricoles et commerciales dans le cadre d’une éventuelle renégociation des tarifs conclus entre fournisseurs et distributeurs, tout en écartant l’idée de rouvrir les négociations commerciales.
Bovins/DNC : nouvelle vaccination lancée, modalités à caler dans le Sud-Ouest
« La campagne 2026 de vaccination contre la DNC (dermatose nodulaire contagieuse, NDLR) vient d’être lancée », a annoncé le ministère de l’Agriculture dans un communiqué le 9 avril. Le but : « Maintenir la couverture vaccinale de l’ensemble des bovins présents dans les ex-zones réglementées » jusqu’à la fin de l’année. Annoncée en février, cette seconde campagne démarrera « de manière séquencée » selon les dates de primo-vaccination, sachant que la protection vaccinale dure 15 mois. Les premiers à être de nouveau vaccinés sont les bovins de « l’ancienne zone réglementée qui concerne la Savoie, la Haute-Savoie, l’Isère et l’Ain », théâtre des premiers foyers français à l’été 2025. Cette zone « a reçu l’ensemble des doses vaccinales nécessaires », précise la Rue de Varenne. Suivront les bovins des autres anciennes zones réglementées des régions Bourgogne-Franche-Comté et Auvergne-Rhône-Alpes. Les derniers concernés seront les animaux du Sud-Ouest, ciblés par une campagne de vaccination préventive fin 2025 et début 2026. Les modalités pour cette zone « seront définies à l’occasion d’un prochain Cnopsav » (ou « Parlement du sanitaire »). Par ailleurs, la campagne de vaccination préventive en Corse « s’est officiellement achevée le 31 mars », et l’île a atteint l’immunité collective, selon le ministère.
Influenza aviaire : rebond en Pologne, recul ailleurs dans l'UE
Sept nouveaux foyers d’influenza hautement pathogène ont été détectés en élevage entre les 29 mars et 2 avril en Pologne, a noté la Commission européenne, alors que l’épizootie régresse partout dans l’UE. Ce sont des élevages de toutes espèces avicoles, rapporte le dernier bulletin hebdomadaire de la plateforme française d’épidémiosurveillance en santé animale (ESA). Dans ce pays exportateur de volailles, l’incidence reste « soutenue » depuis le début de 2026, bien qu’inférieure à cinq foyers hebdomadaires (sans compter les oiseaux sauvages). Sur l’ensemble de la saison 2025-2026 débutant le 1er août, la Pologne a recensé 101 cas en élevage, soit moitié moins que l’Allemagne (203 foyers) et un peu moins que la France (121 foyers), ces trois pays ayant été les plus affectés. La Pologne a connu deux pics, un en janvier et un autre en février, ne dépassant pas dix cas hebdomadaires. L’Allemagne a connu un pic élevé en novembre 2025 (près de 30 cas hebdomadaires), puis deux mineurs (entre cinq et dix cas) en février et mars 2026. La France a aussi connu un pic élevé en novembre (plus de trente cas hebdomadaires), puis aucun autre au-dessus de cinq cas.
Porc/charcuterie : les prix des matières premières ont pénalisé Fleury Michon
Dans un communiqué présentant ses résultats financiers 2025, diffusé le 9 avril, Fleury Michon affiche une croissance en volume de 4,4 % de sa banche GMS « sous l’effet de gains de parts de marché », mais une croissance en valeur moindre, à 2,6 %, « en raison d’ajustements tarifaires liés à la loi Egalim ». Le segment des plats cuisinés individuels est celui qui a le plus progressé en volume (de 8,8 %), contre 1,1 % pour le marché. Le segment charcuterie a progressé pour sa part de 1,9 %, tiré par « les ventes des gammes jambon de porc, rôtis, aides culinaires et tranches Végé ». Depuis leur lancement en avril 2024, le volume des tranches Végé a plus que doublé, se félicite la marque. Si le chiffre d’affaires consolidé du groupe, à 836,4 M€, est en progression de 3,6 % à périmètre constant, son Roc (résultat opérationnel courant) de 12,2 M€ est « en léger recul par rapport à celui enregistré en 2024 ». Ce résultat a pâti de « la forte augmentation du coût de la matière première volaille (poulet et dinde) », mais il a bénéficié de l’activité catering (13 % du chiffre d’affaires), explique le groupe dans son communiqué.
Vin : la filière s’accorde pour inclure l’œnotourisme dans le PSN
Ouvrir une ligne œnotourisme dans le Plan stratégique national (PSN) : la filière s’est accordée le 8 avril pour que la déclinaison française de la Pac inclue un dispositif visant à financer son développement. « Il y a accord de la filière pour ouvrir le PSN à œnotourisme », indique à Agra Presse Jérôme Despey, président du conseil spécialisé Vin de FranceAgriMer. Cette mesure fait partie de Cap Vins, le plan de relance présenté en février 2025 par les organisations professionnelles. « Valoriser et moderniser l’image du vin » est un de ses grands axes. L’œnotourisme est identifié comme « un levier majeur de renforcement du lien entre les consommateurs et le vin ». Lors de la réunion du 8 avril, le conseil spécialisé de FranceAgriMer a ouvert la possibilité d’un autre dispositif dans le PSN. Cela concerne la prospection sanitaire contre la flavescence dorée. Elle peut être financée via l’OCM, depuis l’adoption du paquet de mesures destiné à répondre aux difficultés du secteur viticole de l’UE. Mais la filière compte sur une alternative. « La loi d’urgence agricole permet un cofinancement du FMSE au-delà de l’indemnisation des pertes engendrées par la flavescence dorée », souligne Jérôme Despey. « C’est ce que vise en priorité la filière pour la prospection sanitaire. »
Fruits et légumes : un troisième foyer de fourmis électriques détecté dans le Var
Un troisième foyer de fourmis électriques a été détecté en mars dans le Var, le seul département français où cette espèce exotique envahissante particulièrement dangereuse pour la biodiversité est présente, a annoncé le préfet du Var le 9 avril. Selon l’AFP, il a été détecté à Cavalaire-sur-Mer, a précisé le préfet Simon Babre lors d'une conférence de presse. La fourmi électrique, microscopique, est une espèce exotique très dangereuse pour l'homme, sa piqûre pouvant provoquer une forte douleur et une réaction allergique, mais surtout pour la biodiversité. Elle s'attaque aux autres insectes mais aussi aux oiseaux et mammifères. Elle élève des pucerons, des cochenilles et a donc aussi des effets dévastateurs sur l'agriculture, notamment les productions de fruits et légumes. Le préfet a aussi annoncé qu'à la suite d'alertes de ses services notamment, un traitement par saupoudrage de produit insecticide(au lieu des boîtes de granulés aujourd’hui utilisés) sur les deux premiers foyers détectés va être autorisé dans le Var contre cette fourmi pour la première fois en France. La préfecture a obtenu le financement nécessaire pour traiter environ 2 ha à Toulon et 2 ha à la Croix-Valmer avec une autorisation ministérielle pour 180 jours de traitement.
Endives : une bonne saison 2025 qui permet de réinvestir (syndicat)
À l’occasion de son assemblée générale le 9 avril, l’Association des producteurs d’endives de France (Apef) s’est félicité du rebond que la filière a connu en 2025. Après deux saisons marquées par un manque de produits à cause de la météo et de la pression phytosanitaire, les volumes ont été de retour avec 127 000 t (contre 112 000 t en 2024). « À cela s’est ajoutée une reconquête de parts de marché : +12 % sur l’année, avec des ventes estivales dynamiques », explique le directeur de l’Apef Pierre Varlet, contacté par Agra Presse. La situation a permis de réinvestir dans la communication (530 000 € investis) en axant sur la désaisonnalisation de la consommation. Sur le volet technique, « on peut produire des endives avec les solutions dérogatoires du moment. Ce qui permet d’entrevoir les alternatives en robotique. Nous cherchons des partenariats avec les constructeurs. » Le début 2026 est plus difficile, avec de forts volumes et une concurrence exacerbée. L’Apef va se rapprocher de ses collègues belges « pour qu’ils nous expliquent comment ils arrivent à vendre des endives à 0,50 €/kg au stade de l’expédition ». Le lancement de la campagne 2026-2027 aura lieu le 29 septembre ; l’occasion pour l’AOP de présenter les premiers éléments de sa stratégie pour l’endive française à moyen terme.
Machinisme : le groupe Dubreuil reprend encore un concessionnaire dans le sud
Dans un communiqué paru le 9 avril, le groupe automobile Dubreuil a annoncé l'acquisition par sa filiale Agri Montauban d'une nouvelle concession de machinisme agricole, la société Socotam, distributeur des marques Case IH. Le pôle agricole du groupe Dubreuil mesurait déjà 320 millions d’euros (M€) de chiffre d’affaires consolidé en 2025, soit 10 % du chiffre d’affaires global du groupe Dubreuil en 2025. Depuis 2023, les concessionnaires automobiles ont secoué leurs homologues du secteur agricole, avec six opérations de rachat, alors qu’elles étaient jusqu’ici très rares (lire notre enquête) : Agreom et Ouest Agri fin 2023, Sicoit et Bretagri en février 2024, Gabagri en mai 2024, Primault en octobre 2024, deux sites de Ouest Motoculture en mai 2025. Ces opérations étaient jusqu'ici le fait de quatre groupes : Dubreuil, Emil Frey, Bornhauser Performances Motors Group (BPM) et Gueudet 1880, aux dimensions incomparables avec les concessionnaires agricoles. Dans le cadre de la réorganisation du réseau de distribution Claas, qui cède ses concessions depuis plusieurs mois à des distributeurs indépendants, un nouveau groupe de distribution automobile a fait son entrée sur le marché agricole fin 2025, le groupe Faurie (873 M€ de chiffre d'affaires).
Coopératives : Even affiche un chiffre d’affaires stable à 2,7 Md€ en 2025
Le groupe Even a publié le 9 avril son bilan de l’année 2025. Avec un chiffre d’affaires de 2,7 milliards d’euros (Md€), stable depuis deux ans, le « numéro 1 du lait en Bretagne » confirme « la solidité de son modèle coopératif ». Avec 1 200 producteurs de lait coopérateurs, dont 300 nouveaux depuis fin 2024, le groupe a collecté auprès de ses adhérents près de 533 millions de litres de lait, soit une hausse de 26,4 % en un an. Au total, près de 1 469 millions de litres de lait ont été valorisés par sa filiale Laïta. Dans un contexte mondial de production laitière en hausse, le groupe a su maintenir un prix moyen à 486 €/1 000 l ; il devrait même atteindre 503,5 €/1 000 l après retour de résultat aux adhérents (un montant à valider en assemblée générale le 19 juin). Une performance qui lui permet de soutenir les projets d’installation (40 en 2025), de développement et de transformation des élevages. Total des investissements en 2025 : 75 M€, dont 4,9 M€ dédiés au nouveau laboratoire d’analyses de Ploudaniel (Finistère), inauguré en juin. Le groupe prévoit de poursuivre cette dynamique via un plan de 300 M€ d’investissements d’ici à 2030. Parmi les priorités affichées : renforcer la création de valeur pour les activités fromage et nutrition liquide ; moderniser et sécuriser ses outils industriels ; et accélérer les transformations environnementales. (Anne Gilet)
Finance : Arkéa Capital, Canopée PE et VertigoLab lancent un fonds d’impact de 70 M€
Arkéa Capital, filiale de capital-investissement du Crédit mutuel Arkéa, vient d’annoncer le lancement du fonds Arkéa capital résilience alimentaire des territoires (Resalt), en partenariat avec Canopée Private Equity et VertigoLab (lire l’article complet). L’alliance de ces trois partenaires « vise à proposer un modèle d’accompagnement inédit combinant capital, expertise stratégique et pilotage d’impact », expliquent-ils dans leur communiqué commun du 8 avril. Ce fonds à impact a pour objectif d’accompagner les entreprises agricoles et alimentaires sur l'ensemble de la chaîne de valeur, dans un objectif de transition, de résilience et de souveraineté. Resalt, qui bénéficie du soutien de quatre investisseurs institutionnels (la Banque des territoires (Caisse des dépôts) pour compte propre et pour compte de l’État via France 2030 « Entrepreneurs du Vivant », Crédit mutuel Arkéa, Allianz France), a déjà réalisé un premier closing de 50 M€, pour une taille cible de 70 M€. Resalt prévoit de réaliser des investissements compris entre 1 et 7 M€. (Perrine Delfortrie, Agra Innovation)
Distribution : le chiffre d’affaires de Biocoop en hausse de 7,5 % en 2025
Le chiffre d’affaires de Biocoop a connu une forte hausse de 7,5 % en 2025 par rapport à 2024, atteignant 1,93 milliard d’euros (Md€). L’enseigne n°1 de la distribution spécialisée bio (DSB) en France (45,2 % de parts de marché) explique cette « croissance saine », selon les mots du d.g. Franck Poncet, par une fréquentation accrue des magasins, dont les rayons phares (fruits et légumes, produits frais et vrac) réalisent des hausses de fréquentation entre 7 et 8,5 %. Le parc de 744 magasins est presque stable, augmentant de quatre points de vente en 2025. Biocoop renforce son partenariat avec les agriculteurs engagés avec le label Bio équitable en France. Avec 260 producteurs de fruits et légumes, il a signé fin 2025 des contrats intégrant un prix minimum pour leur garantir « une rémunération équivalente à deux Smic ». Autre cheval de bataille de Biocoop : la lutte contre les aliments ultra-transformés (AUT). Sur la base d’un passage en revue des produits à sa marque propre, il ressort que 94 % d’entre eux répondent au cahier des charges Goûm mis au point par le cabinet Scan’up, contre 56 % pour les autres produits bio vendus par les GMS et DSB. Les recettes de ces produits ont été retravaillées afin d’arriver mi-2026 à 100 % de la gamme sans ingrédients ultra-transformés. Les produits commencent à afficher un logo attestant de cette conformité au cahier des charges Goûm.
Distribution : chez Intermarché, les MDD représenteront 40 % du chiffre d’affaires d’ici 2029
Intermarché a dévoilé le 9 mars sa stratégie en matière de marques de distributeur (MDD), au travers desquelles l’enseigne compte réaliser 40 % de son chiffre d’affaires d’ici trois ans. « En 2025, le chiffre d’affaires des produits à marque Intermarché a progressé de 5 %, porté par une stratégie de marque renforcée depuis fin 2024 », précise le distributeur. Intermarché s’appuie sur 29 marques propres comme Pâturages, Monique Ranou ou Paquito, produites par son pôle industriel Agromousquetaires et plus de 359 PME sous-traitantes. Pour y arriver, Intermarché va augmenter son offre de MDD. « À horizon 2027, Intermarché ambitionne de proposer une trentaine d’innovations, exclusives à l’enseigne, soit en moyenne un nouveau produit tous les 15 jours », indique-t-elle. En 2025, plus de 300 nouveautés ont été lancées (hors produits traditionnels), dont 13 innovations exclusives. L’enseigne veut aussi travailler la qualité nutritionnelle – une démarche illustrée par la reformulation d’environ 300 produits en 2025 – et le développement à venir d’une gamme protéinée. Enfin, une nouvelle gamme baptisée « Je réduis ! » sera lancée, mettant en avant la réduction de l’empreinte carbone. Un des premiers produits est une tablette au lait à base de choviva (alternative au cacao).
Erratum : la bixlozone ne sera pas utilisable en France avant 2027
Contrairement à ce qui a été indiqué dans l'édition du 8 avril, la bixlozone ne sera pas utilisable dans les parcelles françaises dès le 21 avril prochain. Son fabricant doit encore obtenir l'AMM (autorisation de mise en marché) française, qui n'interviendra pas avant 2027.
Agenda de la semaine agricole du 13 avril 2026
Lundi 13 avril
Dialogue avec les parties prenantes organisé par la Commission européenne sur le futur plan Engrais
Inauguration de la casserie de la Compagnie des amandes, à Brignoles
Colloque sur le statut du fermage (Fondation Jean-Jaurès/PS)
Conférence de presse de la commission viticole nationale du Modef
Mardi 14 avril
Conférence de presse annuelle de présentation des résultats de Terrena
Conférence de presse annuelle de présentation des résultats de Cristal Union
Audition à l'Assemblée du p.-d.g. de Coopérative U Dominique Schelcher
Soirée d'anniversaire de la fondation Farm
Bilan de l'expérimentation Vital'im, en Seine-Saint-Denis
Mercredi 15 avril
Conclusion de la CMP sur le projet de loi Simplification (ZFE, Zan)
Conférence de presse annuelle de présentation des résultats du groupe Avril
Audition de la candidate à la direction de l'Anses par l'Assemblée
Assemblée générale de Freshfel (fruits et légumes), en Italie
Conférence de presse de la FNSEA sur son rapport d'orientation
Jeudi 16 avril
Élection du nouveau bureau de la FNSEA
Assemblée générale d'Anvol (interprofession des volailles de chair), à Angers
Assemblée générale de l'association Fruits Plus, à Saint-Marcel-lès-Valence
Convention annuelle de l’UNCGFL (grossistes fruits légumes), à Arles
Visioconférences Plaidoyer post-municipales de l’Afaup (agriculture urbaine)
Conférence de presse Bonduelle « relance de marque »
Visioconférence de la Safer Occitanie
Conférence de presse de la FEB (fédération des boulangers industriels)
Soirée table ronde de Convergence animaux politique (bien-être animal)
L'Opecst (Parlement) examine un rapport sur la place de la biomasse
Vendredi 17 avril
Rassemblement au Trocadéro pour la Journée internationale des luttes paysannes
Visioconférence de la MSA sur les femmes dans le monde agricole