OCM : Strasbourg valide l’obligation des contrats écrits, stricte sur les burgers végétariens
Les eurodéputés ont très largement adopté (par 532 voix contre 78 et 25 abstentions), le 8 octobre à l’occasion de la session plénière, leur position concernant la révision ciblée du règlement OCM destinée à préserver le revenu des agriculteurs. Dans le détail, la plénière de Strasbourg a notamment validé l’obligation des contrats écrits (avec certaines exemptions), rejetant ainsi la demande d’une plus grande flexibilité pour les Etats membres préconisée par certains eurodéputés allemands, belges et irlandais issus des groupes PPE (droite) et Renew (centre). Autre sujet brûlant : la question des dénominations de viande. Les parlementaires européens ont finalement écarté l’amendement déposé par Renew, entérinant la position plus stricte voulue par la rapporteure, la Française Céline Imart (PPE), réservant ainsi les dénominations steak, escalope, saucisse ou hamburger exclusivement aux produits contenant de la viande. Enfin, la plénière a adopté un amendement transpartisan visant à étendre l’étiquetage du lieu de production et de l’origine à l’ensemble des produits agricoles (céréales, produits laitiers, fruits et légumes transformés, viande, etc.). Les discussions sur la forme finale du texte avec le Conseil de l’UE, qui a validé sa position au printemps, devraient débuter le 14 octobre.
Pac : le Parlement européen valide sa position sur la simplification
Le Parlement européen a adopté le 8 octobre (par 492 voix contre 111 et 39 abstentions) sa position sur la simplification de la Pac qui prévoit en particulier un allégement de la conditionnalité pour les prairies permanentes et l’agriculture bio. Les eurodéputés souhaiterait aller plus loin que la proposition initiale de la Commission européenne en supprimant également les BCAE 5 (protection des sols contre l’érosion) et 9 (protection des prairies permanentes des zones Natura 2000) estimant que ces obligations sont déjà couvertes par d’autres réglementations. Quelques amendements ont été ajoutés au rapport préparé par le social-démocrate portugais André Rodrigues sur l’achat d’animaux reproducteurs, le plafond de l’aide aux groupements de producteurs et l’obligation pour les États membres de prévoir des aides de crise aux agriculteurs touchés par des catastrophes naturelles. Le commissaire européen à l’Agriculture Christophe Hansen a estimé que les assouplissements supplémentaires de la conditionnalité voulus par le Parlement étaient « préoccupants » et pourraient retarder la conclusion d’un accord sur ce dossier avec les Etats membres. Les négociations vont débuter dès le 9 octobre, l’objectif étant de trouver un compromis avant la fin du mois pour que ces nouvelles règles puissent s’appliquer début de 2026.
UE/Mercosur : Bruxelles publie sa proposition de sauvegarde renforcée
La Commission européenne a publié, le 8 octobre, sa proposition de règlement (et son annexe) visant à renforcer les protections pour les agriculteurs dans le cadre de l’accord UE/Mercosur. ce texte met en musique l’engagement politique, publié le 3 septembre, pour répondre aux préoccupations exprimées par le secteur agricole et certains États membres. Dans le détail, la proposition définit les procédures visant à garantir la mise en œuvre rapide et efficace des mesures de sauvegarde bilatérales pour les produits agricoles. La Commission va superviser de manière systématique les marchés agricoles pour les produits les plus sensibles et fournir tous les six mois un rapport sur la situation au Conseil de l’UE et au Parlement européen. En outre, le déclenchement des mesures de sauvegarde sera plus rapide avec des délais d’enquête plus courts (4 mois) ou encore l’activation de mesures de sauvegarde provisoires dans les 21 jours suivant la réception de la demande s’il existe un risque suffisant de préjudice. Autre outil : le lancement, de manière automatique, d’une enquête si les importations annuelles d’un produit augmentent de plus de 10 % et si les prix à l’importation sont inférieurs d’au moins 10 % aux prix du même produit de l’UE ou d’un produit de l’UE concurrent. Le texte doit à présent être validé par les colégislateurs (Conseil de l’UE et Parlement européen) selon la procédure législative ordinaire.
Intelligence artificielle : Bruxelles veut créer une plateforme agroalimentaire dédiée
La Commission européenne a dévoilé, le 8 octobre, ses deux stratégies intitulées « Appliquer l'IA » et « l'IA dans la science » afin de favoriser l'utilisation de l’intelligence artificielle (IA) dans l’industrie et la science, s'inscrivant dans le cadre d'un plan présenté en avril. Pour mettre en œuvre les actions, l’exécutif européen s’engage ainsi à mobiliser près d’un milliard d’euros issus de ses programmes de financement comme Horizon Europe. Parmi les secteurs couverts par la stratégie « Appliquer l'IA », figure notamment l’agroalimentaire où la Commission estime que l’IA peut « améliorer l’agriculture de précision et alimenter les robots et machines utilisés pour les travaux sur le terrain ». Concrètement, Bruxelles souhaite encourager la création d’une plateforme agroalimentaire dédiée à l’IA afin de « faciliter l’adoption d’outils et d’applications agricoles spécialisés et basés sur l’IA ». L’exécutif européen constate, en effet, qu’en raison « du manque de données de haute qualité, de formats communément acceptés ou d’une interopérabilité absente entre des plateformes fermées ou liées à un fournisseur unique », de nombreuses applications d’agriculture de précision n’atteignent pas le marché.
Aides à la trésorerie : bilan mitigé des prêts garantis par l’Etat (presse)
Dans un article (payant) des Echos publié le 8 octobre, le Crédit agricole dresse un bilan mitigé des PGE (prêts garantis par l’Etat) visant à aider les exploitations en difficultés de trésorerie l’an dernier. L'instabilité politique a retardé leur mise en place, rappelle le journal. Deux dispositifs avaient été mis sur la table. L'un prenait la forme d'un crédit de deux ou trois ans, plafonné à 50 000 euros, au taux brut de 1,75 % sur 24 mois et 2,35 % sur 36 mois. L’autre était un prêt long terme, plafonné à 200 000 euros, pouvant s'étendre jusqu'à douze ans. Le premier, destiné à la relance des cycles d'exploitation après une moisson désastreuse, a été annoncé le 16 novembre et opérationnel mi-décembre. Concernant le second dispositif, la convention avec l'Etat a été signée le 21 février 2025, avec une ouverture des guichets FranceAgriMer en avril. Des lancements trop tardifs. Pour les prêts conjoncturels, le Crédit Agricole a réalisé 14 M€ de crédit, selon Les Echos. En comparaison, la banque a lancé son propre dispositif de prêt à court terme à la fin de l'été : celui-ci représente aujourd'hui un encours de 125,6 M€. Concernant le prêt structurel, le Crédit Agricole a réalisé 84 M€ de crédit pour 807 dossiers. Chez les autres banques, la temporalité des dispositifs a également posé des difficultés, rapporte le journal.
Syndicalisme : mobilisations FNSEA-JA envisagées dans les prochaines semaines
Maladies animales, Mercosur, budget : la colère monte parmi les agriculteurs, dont les syndicats ont souligné le 8 octobre au Sommet de l'élevage le ras-le-bol face à l'instabilité gouvernementale, en l'absence de ministre à ce grand rendez-vous agricole. Après les grandes mobilisations de l'hiver 2023-2024, l'idée n'est pas de « mettre la France à sac » mais que l'État « donne un cadre » aux agriculteurs qui ont « envie de se projeter, de produire et de transmettre leurs outils », a déclaré Arnaud Rousseau, président de la FNSEA. Comprendre : des mobilisations sont envisagées, en premier lieu parmi les viticulteurs dans les prochaines semaines, mais l'alliance FNSEA-JA attend d'abord d'avoir un interlocuteur au gouvernement et une proposition de budget pour avancer ses pions, selon l'AFP. « Je crois que le ras-le bol qu'expriment les agriculteurs sur l'incapacité à savoir où on va, beaucoup de Français l'expriment », a ajouté M. Rousseau lors d'une conférence de presse. En septembre, le syndicat majoritaire avait annoncé des mobilisations « à la fin de l’automne », avant de lancer des manifestations plus tôt que prévu, le 26 septembre, contre les distorsions de concurrence et l’accord UE-Mercosur.
FCO : nouveau sérotype en Sardaigne, 8 800 foyers de FCO-3 et FCO-8 en France
Après une première détection fin août, un second foyer de fièvre catarrhale ovine (FCO) de sérotype 5 a été confirmé en Sardaigne, apprend-on dans le bulletin hebdomadaire de la plateforme Épidémiosurveillance en santé animale (ESA) publié le 7 septembre. Ce foyer est « en co-infection » avec le sérotype 8, précise la plateforme française. Ce sérotype avait été observé la première le 28 août dans le sud de l’île italienne, sur « trois ovins d’un troupeau de plus de 300 têtes ». En France, la plateforme ESA note une « densification des foyers dans le nord-ouest » (Bretagne et Normandie), ainsi qu’une « extension progressive vers les départements encore indemnes cette saison au nord et à l’est du pays ». Selon le dernier bilan du ministère au 2 octobre, l’Hexagone compte 6 051 foyers de FCO-3 depuis le 1er juin ; les départements les plus touchés étant les Côtes-d’Armor, l’Ille-et-Vilaine, la Manche et la Mayenne (plus de 500 cas par département). Concernant la FCO-8, la France compte 2 822 foyers, avec respectivement plus de 400 cas dans les Côtes-d’Armor, le Finistère, le Morbihan et les Pyrénées-Atlantiques. Selon un bilan de la plateforme ESA, on compte actuellement six sérotypes de la FCO sur le continent européen (1, 3, 4, 5, 8 et 12), la maladie étant présente dans 269 pays.
Bovins/DNC : début imminent de la vaccination dans les Pyrénées-Orientales
« Les vaccins arrivent demain » (jeudi 9 octobre, NDLR) dans les Pyrénées-Orientales, ce qui permettra de protéger les bovins situés dans la zone réglementée pour la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) établie après un cas en Espagne, a indiqué le cabinet de la ministre de l’Agriculture le 8 octobre. La campagne de vaccination obligatoire concerne « environ 3 500 bovins recensés », précise la Rue de Varenne à Agra Presse. L’Espagne a connu son premier cas de DNC le 1er octobre dans un élevage de 123 bovins laitiers de Castelló d’Empuries (Catalogne), suivi d’un second le 4 octobre à Peralada, « à 4,5 km au nord », selon la plateforme française ESA. Ce nouveau foyer a conduit à étendre la zone réglementée (50 km autour des cas), qui englobe désormais 93 communes des Pyrénées-Orientales, selon l’arrêté préfectoral correspondant. Par ailleurs, dans la deuxième zone réglementée en France (Loire, Rhône, Isère), 40 % des bovins sont vaccinés, selon le ministère. Instaurée après le foyer confirmé le 18 septembre dans le Rhône (le dernier en date des 79 cas français), cette zone comprend 350 000 bovins. Les élèves vétérinaires, qui participaient déjà à la campagne de vaccination, pourront y être mobilisés jusqu’au 31 mars 2026, en vertu d’un arrêté paru au Journal officiel le 8 octobre.
Santé animale : Phagos lève 25 M€ pour déployer la phagothérapie en élevage
Elevage laitier : fin de l'aventure pour AiHerd et sa surveillance assistée par IA
En cessation de paiement au 1er avril 2025, AiHerd, société pionnière dans les systèmes de surveillance automatisés des troupeaux de vaches laitières, a été placée en liquidation judiciaire en date d’un jugement prononcé le 16 août dernier par la Tribunal de Commerce de Nantes. La société avait été fondée en 2020 par le vétérinaire Quentin Garnier. Grâce des caméras installées dans les granges et couplées à de l’IA, la solution d'AiHerd permettait de détecter et d'analyser les comportements de chaque animal du troupeau et ainsi permettre une décision rapide de l'éleveur.Après avoir levé 2,1 M€ début 2023, la société cherchait à mobiliser de nouveaux fonds pour poursuivre son développement. Mais « nous avons eu un accident de financement, nous n’avons pas réussi la levée de fonds prévue » a ainsi confirmé le fondateur à Ouest-France après la liquidation. (Perrine Delfortrie, Agra Innovation)
Oeuf/protéines alternatives : Yumgo inaugure une usine pour son « oeuf végétal »
Yumgo a inauguré le 8 octobre sa première usine d’alternative végétale à l’œuf, à Moissy-Cramayel (Seine-et-Marne). « Notre site de production, d’une capacité de 1500 tonnes par an en rythme de croisière, nous permet d’intégrer la production et de répondre aux demandes de nos clients professionnels », explique Anne Vincent, cofondatrice de Yumgo aux côtés du pâtissier Rodolphe Landemaine. Selon la cofondatrice, le site représente un investissement de à 1,5 M€ à 2 M€, faisant suite à la dernière levée de fonds datant de 2024, d’un montant de 3 M€ en capital et 2 M€ en subventions. Yumgo développe depuis 2019 des alternatives végétales à l’œuf utilisé par les professionnels, qu’il s’agisse de l’œuf entier, du blanc ou du jaune, sous forme liquide ou de poudre. La société travaille à partir de protéines végétales ayant subi une première transformation, issues du pois, de la pomme de terre ou de la féverolle, de France ou des pays limitrophes. Elle affirme que le prix de ses substituts est compétitif par rapport à l’ovoproduit, permettant de réaliser les mêmes produits en adaptant éventuellement les recettes.
Blé : le Bangladesh réimporte de l’origine US, pour apaiser les tensions (presse)
Selon un article du média Reuters du 7 octobre, le Bangladesh, lui aussi sanctionné de tarifs douaniers imposés par l’actuel locataire de la Maison Blanche Donald Trump, a approuvé l’importation de blé d’origine états-unienne, dans l’espoir d’apaiser les tensions commerciales entre les deux pays. Le cabinet bangladais sur les achats publics a négocié directement avec les autorités états-uniennes pour l’acquisition de 220 000 t de marchandises US, relate le média. Le blé sera livré par un cabinet de trading basé à Singapour, Agrocorp International, approuvé par l’association états-unienne des producteurs de blé, en partie financée par le département américain de l’agriculture (USDA). L'affaire s'est conclue à 308 $/t rendu Bangladesh. Ce dernier est un client occasionnel de l’Hexagone. Pour rappel, FranceAgriMer avait rapporté en septembre dernier des chargements français en cours à destination de ce pays. Snobés par l’Algérie, un client historique, et chahutés par la concurrence d’Europe de l’Est, les exportateurs hexagonaux se démènent pour trouver de nouveaux débouchés. Cette nouvelle renforce la concurrence internationale, et dans ce cas celle des États-Unis, sur le marché Bangladais.
Pomme de terre: l'UNPT veut autoriser l'adhésion à plusieurs OP par production
Dans un communiqué du 8 octobre, l’UNPT (syndicat des producteurs français de pomme de terre, FNSEA) s’est réjouie de l’adoption par le Parlement européen de sa position sur la révision du règlement sur l’organisation commune de marché (OCM). Plus en détail, la version du texte votée intègre deux amendements, portés par la rapporteure Céline Imart, permettant à un producteur d’appartenir à différentes organisations professionnelles, dès lors que sa production est destinée à des marchés distincts et non concurrents. Cette position est défendue depuis des années par le syndicat français, la pomme de terre ayant divers débouchés : féculerie, alimentaire, énergie etc. Bien entendu, il ne s’agit que d’une première étape puisque le texte fera l’objet de négociations interinstitutionnelles entre le Parlement européen et le Conseil de l’UE, avec une première réunion le 14 octobre. L’UNPT demande d’ailleurs à ce que les institutions européennes ne dénaturent pas « l’objectif du texte et de transformer l’essai pour ancrer définitivement cette avancée pour les producteurs ». L’organisation en profite par ailleurs pour appeler « l’ensemble des organisations existantes à se saisir dès à présent » de cette avancée « pour renforcer collectivement la position des producteurs dans la chaîne de valeur ».
Maïs : Maïsadour table sur une baisse de sa collecte 2025 de 100 000 t (presse)
Dans une interview accordée au journal Sud-Ouest le 7 octobre (article payant), Grégory Moulis, directeur des productions végétales du groupe coopératif Maïsadour, a indiqué s’attendre à un recul de sa collecte de maïs 2025 de « 100 000 tonnes » par rapport à l’an dernier, à 400 000 tonnes. Pour rappel, Euralis avait lui aussi indiqué s’attendre à un recul des volumes engrangés annuellement, en raison de rendements « historiquement bas » en zones non irriguées. La sécheresse survenue durant l’été est à l’origine du décrochage de la production de Maïsadour, mais aussi au niveau national. Début octobre, le groupe coopératif, dont la zone d’influence s’étend sur les Landes, d’autres départements d’Aquitaine et les Hautes-Pyrénées, a engrangé 25 % de sa collecte, sur 65 000 ha de surface de maïs. Ce rythme de récolte correspond à celui observé au niveau national. Dans son bulletin hebdomadaire Céré’Obs du 3 octobre, FranceAgriMer estime la récolte hexagonale achevée à 24 % (2 % en 2024 à la même époque, 24 % en moyenne lors des cinq dernières années). L’hétérogénéité est bien entendu de mise, avec des rendements supérieurs dans les parcelles irriguées, relate Grégory Moulis.
Irrigation : Irrifrance acquiert France Pivots avec le soutien d’Unigrains
Dans un communiqué du 8 octobre, le groupe Irrifrance, spécialisé dans la fabrication d’équipements d’irrigation agricole, a annoncé le rachat de France Pivots, fabricant et installateur de systèmes de pivots agricoles, et filiale du groupe Chagneau (groupe ayant des activités dans l’agriculture, mais aussi l'industrie globale et le BTP), avec le soutien d’Unigrains. Le montant de la transaction n’a pas été divulgué. Irrifrance espère profiter du savoir-faire de France Pivots dans l’installation de pivots d’irrigation et de son réseau de clients. L’opération permettra par ailleurs à l’acteur de représenter plus de 40 % de parts de marché en France. « Le nouvel ensemble rivalisera désormais avec les acteurs internationaux sur l’ensemble des technologies d’irrigation », indique le communiqué. De son côté, en plus d’entrer au capital d’Irrifrance en tant qu’actionnaire minoritaire, Unigrains mettra à disposition « son expertise sectorielle » pour accompagner les défis du groupe, tels que « le déploiement de projets à l’export en Europe du Nord et en Europe de l’Est ou encore l’intégration de nouvelles technologies pour optimiser l’efficience de l’apport en eau des cultures ».
Nappes phréatiques : situation « favorable » en France, incertitude ensuite
La situation des nappes phréatiques françaises est globalement « favorable » mais leur évolution ces prochains mois, pour la période cruciale de recharge des eaux souterraines, reste incertaine, a indiqué le 8 octobre le BRGM. Violaine Bault, hydrogéologue au Bureau de recherches géologiques et minières, a fait état d'une « situation générale qui est favorable avec des niveaux assez proches des normales » dans le pays, lors d'une présentation à la presse. Les nappes réactives (qui réagissent rapidement aux précipitations) ont bénéficié de l'apport des pluies de la fin août et de septembre, tandis que les nappes inertielles (aux écoulements lents et peu sensibles aux conditions météorologiques) ont profité d'une recharge ces deux dernières années, a-t-elle expliqué. « La situation s'améliore par rapport à août: 31% des points d'observation sont sous les normales mensuelles, 23% sont comparables et 46% sont au-dessus (respectivement 38%, 29% et 33% en août) », a détaillé le service géologique national dans un bulletin de situation au 1er octobre. Pour les prochains mois, « on est dans une période charnière entre la fin de période de vidange et le début de la période de recharge. Donc c'est la période la plus délicate pour lancer des prévisions », a expliqué Violaine Bault.
Fruits et légumes : la consommation reprend des couleurs au premier semestre
Selon les données de Kantar Worldpanel pour FranceAgrMer, la consommation de fruits et légumes serait repartie à la hausse depuis le début de l’année, après deux années de baisse due à l’inflation. Entre janvier à juillet, les achats de légumes frais (hors pomme de terre) par les ménages français pour leur consommation à domicile sont en hausse de 4 % (avec 48,4 kg par ménage) par rapport à la même période de 2024. « On constate une belle dynamique, notamment sur la période printanière (avril, mai, juin). Même tendance pour les fruits frais avec + 3 % par rapport à 2024, soit 50,7 kg consommés par ménage sur ces 7 mois 2025 », est-il précisé. A l’occasion du lancement de campagne Endives le 7 octobre, Cécilia Celeyrette, directrice adjointe Stratégie filières d’Interfel, a confirmé cette tendance : « Après avoir modifié leur comportement de consommation depuis deux an, on assiste à une stabilisation de celui-ci dans un environnement économique plus favorable et une reprise de la fréquence d’achat, avec un retour partiel des ménages acheteurs sur la gamme bio ». Cela s’expliquerait notamment par l’absence d’incidents climatiques majeurs et des températures élevées favorisant à la fois des récoltes de qualité et la consommation sur la période.
Pommes à cidre : récolte 2025 en nette hausse, marquée par des disparités régionales
Après une récolte historiquement faible en 2023, suivie d’un retour à la normale l’an dernier, l’année 2025 s’annonce déjà comme « un excellent millésime », rapporte un communiqué du l’Union nationale interprofessionnelle cidricole (Unicid) le 8 octobre. La production devrait atteindre environ 228 000 tonnes, soit une augmentation de 3 % par rapport à 2024 et 4 % au-dessus de la moyenne 2020-2022, avec des pommes riches en sucres et en arômes. Côté volumes, une hausse est attendue dans les vergers spécialisés en basse tige, qui représentent près de 90 % des tonnages destinés à la transformation cidricole. Des disparités régionales sont toutefois à souligner. La Basse-Normandie enregistre la plus forte progression, avec + 11 % par rapport à 2024 et + 15 % par rapport à la moyenne 2020-2022, notamment dans le Calvados et la Manche. En Haute-Normandie, la production devrait rester stable, proche de la moyenne des trois dernières campagnes. En Bretagne, les tonnages seraient en hausse de 7,5 % par rapport à 2024, tirés principalement par les Côtes-D’Armor. À l’inverse, une légère baisse est attendue dans les Pays de la Loire (-3,5 %), avec des volumes toujours inférieurs à la moyenne 2020-2022. Dans les autres régions productrices, les volumes seraient en léger retrait par rapport à la moyenne, après une année 2024 finalement meilleure que prévu.
Oignon : aux Pays-Bas, des grenades à main dans une cargaison française
Les Pays-Bas ont découvert la présence de deux grenades à main datant d’avant 1925 dans une cargaison d’oignons venant de France, a indiqué le 8 octobre l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC). Les faits remontent à avril dernier quand les autorités néerlandaises ont intercepté ces oignons transportés de France vers une usine dans la province de Zélande. Après enquête, l’OIAC a conclu que « les projectiles ont été jugés compatibles avec les armes chimiques conventionnelles de fabrication française et allemande d’avant 1925. Cependant, le type de charge chimique n’a pas pu être identifié ». L’organisation indique par ailleurs que « conformément à la réglementation interne de l’Union européenne, les armes chimiques conventionnelles seront transférées en tant que déchets toxiques à l’installation spécialisée de démantèlement chimique de Poelkapelle, en Belgique ». En effet, les Pays-Bas ne disposent pas des structures de destruction adéquates pour le traitement de ce genre d’objets. Les Pays Bas sont le premier acheteur de l’oignon français, comptant pour 56% du total des volumes exportés (109 000 tonnes en 2024-2025 selon le RNM).
Endives : les producteurs français s'attendent à une bonne saison 2025-2026
Les voyants sont (presque) tous au vert pour la saison 2025-2026, a indiqué l’association des producteurs d’endives français (Apef) lors de son lancement de campagne le 7 octobre à Arras. « Le disponible en racines est suffisant pour faire la jonction avec les nouvelles racines », a expliqué Philippe Bréhon, président de l’Apef. L’année dernière, le peu de racines en stocks entrainant une offre faible en début de saison avait compliqué la campagne. Le syndicat table sur une production de 120 000 tonnes d’endives contre 125 350 tonnes en début de campagne 2024-2025. « Craignant l’arrêt de traitements phytos, les producteurs avaient beaucoup plus semés l’année dernière », souligne Pierre Varlet, directeur. Pareillement, la météo a été plus clémente qu’en 2024. «La pluviométrie de fin juin, début juillet a permis à l’endive de bien profiter et de bien s’implanter. Même si la chaleur de l’été a contrarié les prévisions, le retour des précipitations mi-septembre a relancé la végétation et le grossissement des calibres », poursuit Philippe Bréhon. Les premiers test de maturité indiqueraient une belle production, et cela malgré la pression croissante du puceron lanigère, sans solution phytosanitaire.
Melon : faire déguster en point de vente encourage l’achat d’impulsion (étude)
Une récente étude du CTIFL révèle que, lorsqu’il s’agit de sélectionner un melon, l’acheteur français ne semble pas rencontrer de difficultés. « Cependant, la perception de la qualité est plus nuancée : 77 % des consommateurs estiment qu'elle varie d'un achat à l'autre. En moyenne, la qualité des melons est jugée entre bonne et moyenne. Ainsi, même si les consommateurs déclarent se sentir à l'aise pour choisir un melon, cela ne garantit pas une satisfaction constante », note l’étude. En cas de dégustation en libre-service ou par un vendeur, la part des achats impulsifs est plus élevée (58 %) que dans le traitement sans dégustation (38 %). Mais, le consommateur désire être accompagné : « Alors que la majorité montre une préférence marquée pour la vente en libre-service, les opinions divergent lorsqu'il s'agit de la dégustation. En effet, 40 % des consommateurs préfèrent une dégustation avec vendeur. » L’étude relève aussi une corrélation entre le niveau de confiance quant à la qualité proposée et la décision d'achat : plus le consommateur a confiance dans la qualité, plus sa propension à acheter augmente. En revanche, « lorsqu’ils perçoivent un risque financier élevé, estimant que l'achat d'un melon pourrait se révéler être une perte d'argent, les achats tendent à diminuer ».
Distribution bio : feu vert au rachat de sept magasins Bio&Co
L'Autorité de la Concurrence a annoncé le 8 octobre qu’elle autorisait le rachat par Marcel & Fils de sept magasins de produits biologiques sous enseigne Bio&Co situés dans le sud-est de la France. « Elle conditionne cependant l’opération à un engagement de cession à un concurrent de l’un de ces magasins, situé dans la zone de Salon-de-Provence » afin « d’écarter un risque d’atteinte à la concurrence dans cette zone », selon l’Autorité de la concurrence. Les sept magasins Bio&Co étaient détenus par Teract, filiale du groupe coopératif InVivo. Ils avaient fait l’objet d’une promesse d’achat entre les deux partenaires. Outre ces sept magasins, Marcel & Fils pourrait reprendre l’ensemble du réseau Bio&Co, qui compte au total 60 points de vente. Le 17 septembre, Teract a ainsi annoncé « être entré en négociations exclusives avec Marcel & Fils en vue de la cession de l’enseigne Bio&Co. » Ce changement de mains intervient en même temps qu’une autre transaction dans le domaine de la distribution spécialisée biologique. Le réseau So.bio, détenu par Carrefour, vient de signer un accord pour reprendre 15 magasins du réseau Le grand panier bio, fondé à Clermont-Ferrand.