Agrafil du 8 octobre 2025

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Pac : les Etats membres veulent regrouper toutes les dispositions dans un même acte juridique

La présidence danoise du Conseil a beau tenter de lancer les discussions sur le fond de la proposition de réforme de la Pac post-2027 en commençant par examiner son architecture verte, les Etats membres ne l’entendent pas de cette oreille. Lors de la réunion des experts agricoles des Vingt-sept, en Comité spécial Agriculture (CSA) le 6 octobre, ils ont une nouvelle fois critiqué le budget et la structure globale de la proposition de Bruxelles. Dans une déclaration commune publiée le 30 septembre, dix-sept États membres (Espagne, France, Italie, Pologne…), demandent que toutes les dispositions de la Pac soient regroupées dans un même acte juridique afin de garantir la cohérence des règles. Lors de la réunion du CSA les délégations ont également pointé le risque que le fonds unique représenterait pour le financement de la Pac en général et pour la transition verte en particulier. Plusieurs ont aussi exprimé leur crainte que le cofinancement obligatoire réduise l’attrait des mesures agroenvironnementales et creuse les écarts entre les États membres. Le sujet du l’architecture verte sera à l’agenda de la réunion des ministres de l’Agriculture de l’UE les 27 et 28 octobre à Luxembourg.

OCM/contrats écrits : «le Copa-Cogeca ne défend plus les agriculteurs», selon Imart

« Je le dis: le Copa-Cogeca (syndicats d'agriculteurs et coopératives de l’UE, NDLR), pour certains, ne défend plus les agriculteurs et je m’en désole », a lancé en plénière à Strasbourg, l’eurodéputé PPE (droite) Céline Imart, le 7 octobre. A la veille du vote du Parlement européen sur la mise à jour du règlement OCM proposée par la Commission européenne pour préserver le revenu des agriculteurs, les débats se focalisent en particulier sur l’obligation de contrats écrits pour toute transaction entre un agriculteur et son premier acheteur. Céline Imart dénonce une « levée de bouclier venue des coopératives (…) m’accusant d’être leur ennemi déclaré ». Heureusement, se félicite-t-elle, « d’autres syndicats d’agriculteurs de plusieurs pays européens (France, Italie, Espagne notamment) ont fait entendre une voix dissonante en appelant à soutenir les compromis du texte ». Au Parlement européen – et au sein même du groupe PPE – les élus sont très divisés sur cette question. Des eurodéputés allemands, belges et irlandais issus des groupes PPE et Renew (centre) ont déposé un amendement qui conteste le caractère obligatoire des contrats écrits préférant accorder de la flexibilité aux pays dans le choix de les utiliser ou non. Les Etats membres ont, de leur côté, déjà adopté leur position sur cette question se prononçant pour l’introduction d’exemptions (en dessous d’un seuil de 20 000 €) et de clauses de révision.

Pesticides : plainte déposée contre le HRI-1 auprès de la médiatrice européenne

Les ONG PAN Europe, Global 2000 ainsi que l’organisation européenne du secteur bio (IFOAM) ont annoncé avoir déposé, le 7 octobre, une plainte officielle auprès de la médiatrice européenne concernant l'Indicateur de risque harmonisé 1 (HRI-1) utilisé pour mesurer l'utilisation des pesticides. Cet HRI-1 qu’utilise la Commission européenne pour suivre les objectifs de réduction de l’utilisation des produits phytosanitaires est « trompeur », dénoncent depuis des années ces organisations. Cet indicateur est calculé en multipliant les quantités de substances actives mises sur le marché par un facteur de pondération en fonction de la catégorie de la molécule (faible risque, risque normal, risque élevé et molécules interdites). Pour les plaignants, il ne reflète pas la toxicité réelle des pesticides, de plus il pénalise les produits à faible risque utilisés en volume important, en agriculture biologique notamment. Ils demandent donc à la médiatrice d'évaluer si la Commission européenne « a commis une mauvaise administration en manquant à son devoir d'exactitude et de transparence en utilisant et en le promouvant ». Bruxelles devrait, selon ces organisations, « corriger immédiatement le défaut majeur de la méthodologie de calcul » en « adoptant un indicateur scientifiquement robuste prenant en compte la toxicité humaine et environnementale ».

Acétamipride/miel : le Scopaff relève la LMR, suivant l’avis de l’Efsa (presse)

Les Etats membres ont validé une nouvelle hausse des limites maximales de résidus de l’acétamipride dans le miel, rapporte le média Contexte le 7 octobre. « Celle-ci est ainsi fixée à 1 mg/kg », indiquent nos confrères. Cette décision a été prise par vote à majorité qualifiée durant la réunion du comité permanent des végétaux, animaux, denrées alimentaires et aliments pour animaux (Scopaff) du 2 et 3 octobre. Cette décision est conforme à un avis rendu en mars par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa). Dans cet avis, l’Efsa propose une LMR de 1mg/kg dans le miel et autres produits de l’apiculture car elle « n'entraînera pas une exposition du consommateur supérieure à la nouvelle dose de référence aiguë (ARfD), et qu’il est donc peu probable qu’elle présente un risque pour la santé des consommateurs ». Fin juillet, la Commission européenne avait déjà relevé une première fois la LMR de l’acétamipride dans le miel, de 0,05 mg/kg à 0,3 mg/kg. La Commission avait aussi revu la LMR d’acétamipride à la hausse pour les prunes, les graines de lin, les graines de pavot, les graines de moutarde et les graines de chanvre (cameline).

Dénominations de viande : le « burger végétarien » dans le viseur des eurodéputés

A l’approche du vote, le 8 octobre, de la session plénière du Parlement européen sur la révision ciblée du règlement OCM de la Pac portée par la Française Céline Imart (PPE), la question de la protection des dénominations, comme « steak », « burger » ou « saucisse » pour la viande suscite toujours la controverse. Pour la Néerlandaise Anna Strolenberg, en charge du dossier pour le groupe des Verts, cette proposition est un « écran de fumée » pour les éleveurs estimant que les consommateurs ne font pas la différence entre un burger de viande et sa version végétale. Un amendement alternatif déposé par le groupe centriste Renew souhaite assouplir la position de la commission de l’Agriculture, en interdisant uniquement l’utilisation des termes explicitement liés à des appellations d’« animaux », plutôt que des termes basés sur la forme. L’idée est d’éviter des conséquences indésirables comme l’interdiction accidentelle du « steak de thon ». Mais, de son côté, la rapporteure insiste. « Les gens peuvent manger du tofu ou des galettes à l’éprouvette tant qu’ils le souhaitent, mais ce n’est pas de la viande », a ainsi indiqué Céline Imart dans un communiqué de presse du 6 octobre. Et d’ajouter : « Les mots ont un sens : un steak, c’est de la viande. Point. »

Ovosexage : le CNPO étend le financement à toute la filière, via les poussins

Le CNPO (interprofession de l’œuf, comprenant les distributeurs) a décidé le 3 octobre qu’à compter du 1er décembre 2025, le coût de l’ovosexage « sera directement intégré dans les coûts de production des poussins livrés aux éleveurs et répercuté à chacun des maillons de la filière jusqu’à l’utilisateur final que ce soit pour les œufs coquilles et les ovoproduits », annonce son communiqué du 7 octobre. Le mode de financement instauré à la fin 2022 reposait sur une cotisation des distributeurs, lesquels ont fait pression en 2024 pour qu’il ne repose pas seulement sur eux. D’âpres négociations au sein de l’interprofession avaient finalement abouti à un nouvel accord dans lequel les grossistes cotisaient aussi. Mais cet accord étendu en mai 2025 ne concernait pas les œufs transformés en ovoproduits et devait être renouvelé en septembre 2026. Yves-Marie Beaudet, président du CNPO, salue dans le communiqué « une décision responsable et courageuse de l’ensemble des membres de la filière » et qui permettra de simplifier le système tout en assurant la pérennité d’une démarche en faveur du bien-être animal. » Un nouvel indicateur de référence « Egalim » du coût de production des poussins sera mis en place par l’Itavi (institut de l’aviculture) afin d’assurer sa répercussion jusqu’au consommateur, précise le communiqué.

Volailles/œufs : la reprise des ventes en Label Rouge se confirme en 2025

Les ventes d’œufs et volailles fermières Label Rouge confirment cette année leur rebond, à la faveur de prix en baisse, a indiqué le 7 octobre le Synalaf (labels avicoles). « La reprise est là », a souligné en conférence de presse le président Benoît Drouin, tournant la page d’années difficiles liées au Covid, à l’inflation puis l’influenza. Sur les six premiers mois de l’année, les labellisations de poulets fermiers Label Rouge affichent +5 % (après +4 % en 2024). Elles n’ont toutefois pas retrouvé leur niveau d’avant les crises, avec -6 % par rapport à 2019. Cette embellie est liée à la baisse des prix de vente, largement tributaire des marchés céréaliers. En grande distribution, le prix moyen du poulet fermier Label Rouge Pac (prêt à cuire) a chuté de 5,6 % en 2024. La déflation se poursuit en 2025, atteignant 0,8 % à mi-septembre (en glissement annuel). Avec 87 à 88 millions de têtes, les volailles fermières Label Rouge pèsent 13 % de la production nationale. Le tableau est le même pour l’œuf Label Rouge. Ses ventes affichent +9,5 % au semestre 2025 (après +2 % en 2024). Le produit bénéficie de son évolution tarifaire. En magasins, les prix de l’œuf Label Rouge ont reculé de 1,8 % l’an dernier et à nouveau de 1,8 % sur les sept premiers mois de 2025. Les poules pondeuses élevées en système Label Rouge représentent 5,5 % des effectifs nationaux.

Volailles: LDC voit ses ventes progresser de plus de 15% au 1er semestre 2025-26

Plus de poulet et des tarifs en hausse: le leader français de la volaille LDC a annoncé le 6 octobre des ventes en hausse de 15,6% au premier semestre 2025-26, une dynamique notamment portée par des acquisitions. La maison mère des marques Le Gaulois, Loué et Marie affiche un chiffre d’affaires de 3,45 milliards d’euros au premier semestre (de mars à août 2025) de son exercice décalé, selon un communiqué. Fort de ces résultats, le groupe maintient son objectif 2025-26 de «franchir le cap des 7 milliards d’euros de chiffre d’affaires» annuel. La dynamique observée au premier trimestre, qui a vu les ventes progresser de 10,9%, est amplifiée au deuxième trimestre: de juin à août 2025, le chiffre d’affaires grimpe de 20,5%, avec des volumes «en croissance» «portés par l’international et le traiteur en lien avec la stratégie offensive d’acquisitions menée par le groupe au cours du précédent exercice». Le groupe, qui digère à peine des acquisitions en Pologne, en Roumanie et en Allemagne, a intégré en juin le groupe Pierre Martinet, un des leaders de la salade composée au rayon libre-service, acquis fin mai.

Gibiers : la FNC lance la marque Gibiers de France, pour faire refluer les importations

La marque-label « Gibiers de France » a été lancée le 7 octobre, à l’initiative de la Fédération nationale des chasseurs (FNC) qui souhaite en faire «la nouvelle référence pour la viande de gibier sauvage 100% française». Auditée par Certipaq, la marque «garantit la traçabilité et la qualité du gibier  français, du territoire à l’assiette», indique la FNC dans un communiqué. Objectif : «démocratiser la consommation de viande de gibier locale, alors que 51% du gibier distribué sur le marché est importé.» La viande de gibier pourrait devenir soudainement plus abondante si le gouvernement suivait les recommandations récente du CGAAER. Dans un récent rapport, les hauts fonctionnaires proposent un « choc de régulation des ongulés sauvages » dans les forêts domaniales (9% des forêts françaises) identifiées par l’ONF comme «en fort déséquilibre forêt-ongulés», soit la moitié d'entre elles. Il s'agirait notamment de suivre l’exemple des mesures mises en place en 2019 dans les « zones blanches » pour lutter contre la peste porcine africaine (PPA). Plus de 1000 sangliers avaient été tués dans la «zone blanche», entre janvier 2019 et septembre 2020.

Santé animale : missions du FMSE et vaccin influenza au menu d’une PPL socialiste

Le sénateur socialiste de Dordogne Serge Mérillou a déposé le 29 septembre une proposition de loi (PPL) « visant à renforcer la santé animale », notamment via la vaccination. L’élu propose d’élargir les missions du FMSE : aujourd’hui limité à l’indemnisation des pertes économiques – en complément des pouvoirs publics –, ce fonds professionnel pourrait dès lors « financer des actions de veille et de prévention des risques sanitaires » (maillage vétérinaire, vaccination, audits de biosécurité). Dans le sillon d'un récent rapport du CGAAER, le texte vise aussi à poser les jalons d’une banque d’antigènes et de vaccins européenne, en demandant au gouvernement de remettre un rapport sur le sujet au Parlement dans les six mois. Autre mesure au niveau européen : « L’État veille à la coordination et à la mutualisation de la recherche vaccinale avec les autres États membres de l’Union européenne ». Par ailleurs, le sénateur de Dordogne veut contraindre l’État à financer 70 % de la vaccination contre l’influenza aviaire, et donc à revenir sur son récent désengagement en la matière. Enfin, la PPL prévoit de défiscaliser les indemnisations sanitaires touchées par les éleveurs. Une demande de la FNSEA qui a fait l’objet d’une précédente PPL macroniste.

Bovins : la FNPL va « promouvoir la vaccination », devenue « inévitable »

La FNPL (producteurs de lait, FNSEA) « va s’engager pour défendre et promouvoir la vaccination » contre les maladies animales, a annoncé son président Yohann Barbe le 7 octobre au Sommet de l’élevage. Le sujet « va nous animer tout l’hiver », a-t-il indiqué, précisant que son syndicat « passera dans tous les départements pour rappeler l’intérêt de la vaccination ». Selon M. Barbe, ce moyen de prévention est devenu « inévitable » dans un contexte de multiplication des maladies animales. Concernant la fièvre catarrhale ovine (FCO) – pour laquelle la vaccination n’est pas obligatoire –, « c’est à nous, éleveurs, de prendre notre responsabilité de vacciner leurs animaux au printemps » afin de les protéger avant le pic d’activité vectorielle à l’été. Pour d’autres maladies, comme la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), d’origine exotique, la vaccination est obligatoire. Dans ce cas, « nous demandons à la ministre de mettre en place une astreinte financière pour les éleveurs qui refusent de vacciner ». Par ailleurs, rappelle M. Barbe, dans le cadre du repeuplement après la DNC, il sera nécessaire de « vacciner les animaux entrant en zone réglementée ». Et, selon lui, les éleveurs des zones touchées demanderont probablement une vaccination préventive contre la DNC l’année prochaine.

Bovins/DNC : la FNPL veut faire mieux indemnisser les pertes de production laitière

Lors d’une conférence de presse au Sommet de l’élevage le 7 octobre, le président de la FNPL (producteurs de lait, FNSEA) Yohann Barbe a exigé des « garanties » sur l’indemnisation des pertes de production de lait dues à la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Un sujet prégnant alors que le repeuplement se profile dans l’Ain et les Savoies, où la zone de protection vient d'être levée. « La prise en charge ne porte que sur trois mois. Or, reconstituer un troupeau laitier en trois mois, c’est impossible», explique Yohann Barbe. « On a l’impression qu’on essaie de nous calquer sur les schémas d’élevage hors sol », analyse-t-il, réclamant une durée de prise en charge plus longue. D’après cet éleveur vosgien, la ministre de l’Agriculture démissionnaire avait déjà « opposé une fin de non-recevoir » à cette demande. Outre la mortalité (autour de 10 %), la DNC provoque d’importantes pertes de production laitière, jusqu’à « moitié moins », selon un éleveur de Haute-Savoie touché par la maladie et invité à témoigner à la conférence de presse. Par ailleurs, la FNPL porte, pour les veaux laitiers, la même demande que la FNB (bovins viande) a formulée pour les mouvements de broutards (compensation du manque à gagner, négociation au niveau européen pour pouvoir exporter des animaux vaccinés).

Porc : FNH calcule les « coûts cachés » de la filière et propose des pistes

La Fondation pour la nature et pour l’homme (FNH) a présenté le 6 octobre son étude sur les coûts cachés de la filière porcine lors d’un débat public qu’elle avait organisé à l’Assemblée nationale. Aidée par le Basic (bureau d'études), FNH considère que cette filière coûte en dépenses publiques 1,9 milliard d’euros en traitement de pathologies induites par la consommation, dont 1,3 Md lié aux seuls traitements du diabète, 162 millions pour la pollution de l’air, essentiellement en surveillance, prévention et gestion des nitrates. Elle considère aussi que la concentration de la filière dans le Grand-Ouest et son l’intensification détruit des emplois. L’étude met en regard 823 millions accordés sans conditionnalités à la filière sous forme de subventions directes ou d’exonérations de cotisations sociales et fiscales. Les écologistes proposent de réorienter progressivement les financements publics afin d’enclencher un « début point de bascule », comme l’a exprimé Thomas Uthuyakumar, directeur du plaidoyer de la FNH, ainsi qu’une politique de réduction de la consommation (prônant une division par deux). Ils visent l’horizon 2040 qui verrait la réduction de la densité du Grand-Ouest et des élevages plus autonomes en aliments.

Viande bio : 3e année de baisse consécutive pour les bovins et ovins (Interbev)

En baisse de 9 % sur un an et de 29 % depuis 2021, « la production de viande bio recule pour la troisième année consécutive » en 2024, annonce l’interprofession bétail et viandes (Interbev) dans un communiqué le 7 octobre. Selon son observatoire, les abattages d’ovins et de bovins bio s’établissent à 28 236 téc. Premiers touchés, les ovins ont pâti en même temps de « la difficulté de trouver des débouchés sur le marché bio » et d’un « besoin d’agneaux sur le marché conventionnel » (notamment lié à la FCO). Résultat : une « réaffectation vers le marché conventionnel », « principale raison » de la chute des abattages (-22 %). Du côté des bovins, les abattages allaitants (-11 %) connaissent un recul plus marqué que les laitiers (-3 %). En raison de la pénurie d’animaux, le niveau de prix des animaux bio s’est retrouvé « comparable au conventionnel », d’où « une baisse des volumes valorisés » en bio. Concernant la consommation, seuls deux débouchés sont en croissance : les magasins spécialisés (+8,8 %) et la restauration collective (+14 %, notamment grâce aux lois Egalim et Climat). Les autres débouchés reculent : -6,4 % en GMS, -5,5 % en vente directe et -2,08 % en boucheries traditionnelles. Toutefois, Interbev souligne la « capacité d’adaptation de la filière », avec la « stabilisation » du nombre d’exploitations (13 301).

Bovins/bien-être animal : la démarche interprofessionnelle BoviWell certifiée

Lancée en 2021 afin d’évaluer le bien-être des bovins en élevage, la démarche BoviWell vient d’être « officiellement certifiée par un organisme indépendant » (Qualisud), ont annoncé le 7 octobre les interprofessions du lait (Cniel) et des viandes rouges (Interbev). Les deux filières ont initié ce projet commun dans le cadre de leurs démarches de responsabilité sociétale, le « Pacte sociétal » pour Interbev et « France Terre de lait » pour le Cniel (à travers la Charte de bonnes pratiques d’élevage). La certification porte sur trois niveaux : techniciens en charge de l’évaluation, organismes employeurs de ces techniciens (chambres, OP, laiteries, etc.) et instances nationales (Interbev, Cniel, Confédération nationale de l’élevage). Selon un communiqué, l’évaluation du bien-être des bovins permet « d’identifier des plans de progrès individuels et collectifs », mais aussi de « valoriser le savoir-faire des éleveurs français » – comme l’a fait le Cniel lors du dernier Salon de l’agriculture. Par ailleurs, alors qu’il était limité aux bâtiments, BoviWell est désormais adapté aux élevages plein air, a précisé Interbev à Agra Presse. Basée sur les « cinq libertés » du bien-être animal, l’évaluation porte notamment sur l’état physique des animaux, leur comportement, l’alimentation et l’accès à l’eau.

Lait : la FNPL s’oppose à la baisse du budget de l'interprofession

« Nous nous opposons à une baisse du budget (du Cniel, NDLR), car nous continuons à penser qu’il y a besoin d’une interprofession forte, qui s’occupe de ses territoires », a déclaré Yohann Barbe, président de la FNPL (producteurs laitiers, FNSEA) le 7 octobre lors du Sommet de l’élevage. « Lors de sa prise de fonction en juillet 2024, Pascal Le Brun (président du Cniel, NDLR) s’était engagé à rééquilibrer le financement, assuré aux trois quarts par les producteurs, un quart par les transformateurs, et un peu par les distributeurs. Mais au moment du vote, la Fnil (industriels, NDLR) a refusé d’aller plus loin et a proposé de réduire le budget du Cniel », poursuit-il. Ce désaccord fait suite à une tentative de la FNPL de trouver une solution pour le financement de la cotisation volontaire obligatoire (CVO). Ce blocage intervient alors que le plan triennal du Cniel 2026-2028 devait être finalisée d’ici la fin août avant d’être transmis à l’Etat pour publication au Journal officiel avant le 31 décembre 2025. Interrogé par Agra Presse, le Cniel indique que « plan est actuellement en cours de finalisation notamment sur son ambition budgétaire ». Il rappelle que « le travail doit se poursuivre dans un esprit de concertation et de responsabilité ». Sollicitée sur cette question, la Fnil n’a pas souhaité s’exprimer.

Cacahuètes : la coopérative Océalia et Menguy's lancent une filière française

La coopérative néo-aquitaine Océalia et le spécialiste français Menguy’s annoncent dans une communiqué conjoint le 7 octobre la création d’une filière cacahuètes française. La première récolte se déroulera en octobre pour une commercialisation début 2026. Semées au printemps en Poitou-Charentes, les cacahuètes françaises sont cultivées sur une dizaine d’hectares par cinq agriculteurs adhérents de la coopérative. Une fois récoltées, elles seront transformées dans les ateliers de Menguy’s, à Mazamet, dans le Tarn. La coopérative coordonne depuis cinq ans des expérimentations aux champs pour valider la conduite et la faisabilité technico-économique de cette nouvelle culture. « Légumineuse n’ayant pas besoin d’engrais azoté pour se développer, c’est par ailleurs une culture particulièrement adaptée au désherbage mécanique et peu sensible au risque sanitaire, ce qui en fait une culture de choix pour la rotation culturale » explique Océalia. Pour Menguy’s, il s’agit aussi de la continuité du travail réalisé depuis plus de 25 ans avec la Ferme Darrigade, précurseur de la culture dans les Landes (cacahuète de Soustons). Sur un marché dominé par les multinationales, Menguy’s souhaite développer la filière d’ici à 2030, en atteignant plus de 2 000 tonnes, produites avec une centaine d’agriculteurs partenaires. 

Huile de tournesol bio : inauguration d'une usine dans le Gers (presse)

Selon un article paru dans la France Agricole (article payant) le 6 octobre, la coopérative basée dans le Sud-Ouest Val de Gascogne a inauguré le 26 septembre une usine de trituration de graine de tournesol bio dans le Gers à Gimont. Le site, dont l’activité a démarré récemment, a pour objectif de broyer 3 500 t de matière première en 2026, et atteindre une capacité de 10 000 t/an à moyen terme. Val de Gascogne espère produire 1 million de litres dès 2025 d’huile sans hexane, plus 2 500 tonnes de tourteaux, et de tripler ces volumes en 2027. L’installation a représenté un investissement de 5 millions d’euros pour le groupe coopératif. L’article de la France Agricole rappelle que l’inauguration de l’usine de trituration intervient dans un contexte de baisse de surfaces locales en bio. Néanmoins, les prix de la graine de tournesol bio ont bien rebondi, mouvement initié fin 2024, susceptible d’inciter à nouveau les agriculteurs à se tourner vers la culture. Selon les données de nos confrères de La Dépêche-Le Petit Meunier, les cours de la graine de tournesol bio standard départ France sont passés de 425-450 €/t en qualité linoléique fin novembre 2023, soit un niveau proche du conventionnel, à 700-720 €/t début novembre 2024, puis 810-830 €/t au premier octobre 2025.

Engrais azotés: hausse annuelle des prix de 10 % à 19 % pour les céréaliers (AGPB)

Dans sa lettre hebdomadaire du 3 octobre, l’AGPB (producteurs de blé, FNSEA) signale une hausse des prix des engrais azotés payés par les céréaliers français comprise entre 10 % et 19 % entre avril-août 2024 et 2025, période concentrant 75 % de leurs achats. Cette estimation est issue d’une enquête du syndicat réalisée auprès des producteurs entre juin et septembre dernier, faisant suite à l’instauration de droits de douane sur les produits russes, appliqués depuis le 1er juillet dernier par l'UE. Plus en détail, les prix des ammonitrates ont grimpé de 10 % sur la période, de 14 % pour l’urée et de 19 % pour les solutions azotées. « Cette évolution se traduira nécessairement par un impact significatif sur les résultats 2026. Pour l’AGPB, ces résultats confirment la légitimité à poursuivre notre mobilisation tant en France qu’à Bruxelles », afin que les producteurs bénéficient de prix d’intrants attractifs, explique l’organisation. Le syndicat rappelle sa demande de lever les taxes sur les origines hors-UE. Il avait par ailleurs proposé une série de mesures en septembre, notamment le blocage/report de la mise en œuvre du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF).

Vin : les vendanges 2025 revues à la baisse, proches du faible volume de 2024

Les estimations de vendanges 2025 en France ont été revues à la baisse pour atteindre un volume comparable à celui, déjà faible, de 2024, du fait notamment de l'impact de la canicule du mois d'août, a indiqué le 7 octobre le ministère de l'Agriculture. Au 1er octobre, la production est chiffrée à 36 Mhl (contre 37,4 Mhl en septembre), soit très en deçà de la moyenne quinquennale (-16 %). Dans le Bordelais, l’arrachage de 8 000 ha accentue la baisse de la production, qui serait légèrement inférieure à celle de l’an dernier, déjà réduite, avec -2 % (contre +1 % précédemment). En Languedoc-Roussillon, amplifiée par l'arrachage de plus de 10 000 ha, la chute de production serait de 9 % (contre 5 %). Dans le Sud-Ouest, les 3 500 ha arrachés contribuent à la faible vendange, en retrait de 2 % (contre +2 %). En Bourgogne, la récolte du bassin s’annonce supérieure de 45 % à celle de 2024 (inchangé). A l’inverse, dans le Beaujolais, le rendement serait le plus faible depuis au moins 35 ans. La production y est attendue en baisse de 32 % sur un an. Dans le Sud-Est, elle serait proche de 2024, à +1 % (contre +7 %), avec un impact marqué de la canicule en Ardèche, Vaucluse, Bouches-du-Rhône. En Champagne, les vendanges dépasseraient celles de l'an dernier, avec +14 % (contre +12 %), comme dans le Val de Loire, à +15 % (contre +26 %), en dépit de la canicule.

Vin/e-commerce : le négociant Castel-Vins rachète le site italien Tannico

Le négociant français Castel-Vins rachète la plateforme italienne de e-commerce Tannico à la joint-venture de Campari et Moët Hennessy (LVMH), a-t-il annoncé le 6 octobre. « Proposant un large choix de références en ligne, notamment vins effervescents et champagne, l’acquisition de Tannico permet à Castel-Vins de poursuivre le développement de son écosystème digital orienté e-commerce, et d’assoir sa présence en Europe », selon un message sur le réseau social LinkedIn. Tannico (chiffre d’affaires : 76 millions d’euros en 2021) est actif en Italie depuis 2013 et en France depuis 2021, suite à l’acquisition de Valap, acteur de la vente en ligne de vins et spiritueux premium. En 2022, le site avait été repris par une joint-venture formée par le groupe italien Campari et le français Moët Hennessy (division vins et spiritueux de LVMH).

Fruits rouges : retour à la hausse des achats en France en 2024

Après un fort recul en 2023 dans un contexte d'inflation particulièrement forte dans le domaine alimentaire, les ventes de fruits rouges en France ont repris leur progression en 2024, selon les données du CTIFL. Celles de framboise ont connu un « franc rebond, », en volume comme en valeur (+11 %), portées par une taille de clientèle atteignant un niveau record (28,8 % de ménages acheteurs). « Le développement des achats de framboise est d'autant plus remarquable qu'il se produit dans un contexte d'accroissement tendanciel de leur prix moyen », précise le centre technique. En myrtille, ce rebond a été encore plus fort en volume (+14 %) et en valeur (+11 %), permettant de porter les achats à leur plus haut niveau observé. En 2023, le volume d'achat avait connu une franche diminution sur un an : -17 % pour la framboise, -8 % pour la myrtille. Cette reprise des achats permet d'envisager de nouvelles perspectives de développement pour le marché en France : « Des marges de progrès continuent d'exister, notamment en comparant le niveau de consommation apparente des Français avec moins de 500 g par an et par habitant, à ceux observés en Europe du Nord avec plus de 1,5 kg en Allemagne et au Royaume-Uni et plus de 2 kg aux Pays-Bas », analyse le CTIFL 

Légumes anciens : nouveau record en volumes pour Prince de Bretagne.

La production de légumes anciens de Prince de Bretagne a connu une campagne 2024-2025 record, est-il indiqué dans un communiqué de presse le 7 octobre. Près de 1 700 tonnes ont été récoltées, soit une progression de 20,7% par rapport à la campagne précédente. Certains légumes ont connu de fortes progressions : le radis noir (+70%), le topinambour (+56%) ou encore les carottes de couleurs avec +17,4%. Le panais et le navet, stables sur la période, complètent la liste des légumes anciens les plus cultivés. La gamme Prince de Bretagne comporte aujourd’hui 23 références cultivées par 27 maraîchers. « Il était seulement quatre, il y a quinze ans, à la création de la section », rappelle la coopérative. Pour accompagner cette progression, elle déploie un important programme de mise en avant en magasin (« Les halles des maraîchers bretons ») dans l’Ouest. Prince de Bretagne fait aussi évoluer ses conditionnements: préemballages pour la grande distribution, colis de 2 kilos pour les magasins de proximité, gros calibres pour la restauration collective (pour un travail en cuisine facilité). Les légumes anciens continuent d’avoir la cote : selon le panel Kantar, ils représentent 7% des ventes de légumes en France en 2025, avec une croissance annuelle à deux chiffres. 

Tomate : l'offre française a été soutenue pendant l’été (Agreste)

Selon les prévisions arrêtées au 1er septembre des services du ministère de l’Agriculture (Agreste), la production française de tomates pour le marché du frais serait estimée à 504 300 tonnes pour la campagne 2025, en très légère hausse par rapport à 2024 (+1 %). Les situations dans les bassins de production seraient en revanche contrastées : recul dans l’Ouest (respectivement - 6 % et – 3 % dans les bassins Centre-Ouest et Ouest), augmentation marquée dans le Sud (respectivement + 6 % et + 5 % dans les bassins Sud-Ouest et Sud-Est). « Elle serait également supérieure de 1 % à la moyenne des campagnes 2020-2024, du fait d’une production dans le bassin Sud-Ouest nettement supérieure à la moyenne quinquennale (+ 18 %) », précise Agreste. La commercialisation pendant l’été semblerait avoir montré « une bonne valorisation depuis le mois de juin ». Si la météo maussade et une présence importante d’import en petits calibres a affecté le mois de mai, la demande a été dynamisée en juin permettant une bonne valorisation du produit (+ 31 % sur un an + 13 % par rapport à la moyenne 2020-2024 sur le même mois). La tendance s’est poursuivie en juillet ainsi qu’en août où une offre temporairement réduite dans les bassins Sud aurait facilité une meilleure valorisation de la production.

Bananes : Fairtrade International annonce une hausse du prix minimum

À l’occasion du salon Fruit Attraction 2025 (30 septembre - 2 octobre), l’association Fairtrade International a annoncé une hausse du prix minimum des bananes de 6 % au niveau départ usine et de 4,6 % au niveau franco à bord (FOB), rapporte un communiqué du 30 septembre. Les nouveaux prix minimums, approuvés par le Comité des normes de Fairtrade International en septembre, entreront en vigueur pour les contrats conclus avec les producteurs à partir du 1er janvier 2026. Selon l’organisation, 37 111 producteurs et travailleurs bénéficieront de ces nouveaux tarifs, dont 19 % de femmes. « Ces ajustements reflètent les efforts de Fairtrade pour aider les producteurs de la filière banane à atteindre un revenu décent », souligne le communiqué. En plus de la hausse du prix minimum des bananes, les producteurs reçoivent également une prime Faitrade, une somme additionnelle versée au-delà du prix de base. En 2023, les producteurs de bananes certifiées Fairtrade ont perçu plus de 35,2 millions d’euros au titre de cette prime. Cette révision des prix s’inscrit dans une démarche plus large de Fairtrade en faveur d’une production responsable, avec par exemple la mise en place du programme « Banane durable » par le réseau latino-américain et caribéen des producteurs et travailleurs Fairtrade (CLAC), qui a pour objectif d’améliorer les pratiques agricoles par une meilleure gestion des sols et une utilisation plus efficace de l’eau. 

Eau : le Sénat va évaluer l’accompagnement des agences de l’eau aux communes

Une mission d’information sénatoriale a été lancée pour évaluer l’accompagnement des communes par les agences de l’eau. Le but est d’améliorer l’accès des communes aux aides des agences de l’eau, ces dernières privilégiant « trop souvent » le « portage intercommunal des projets » au détriment des communes qui ont conservé la charge de la gestion de l’eau, indique la page explicative de la mission. Le travail sera conduit par la délégation aux collectivités territoriales et à la décentralisation à travers trois rapporteurs : le président de la délégation Bernard Delcros (Union centriste, Cantal) et les vice-présidents Cédric Vial (LR, Savoie) et Gérard Lahellec (communiste, Côtes-d’Armor). Dans le cadre de ces travaux, la mission évaluera l’application de la loi du 11 avril 2025,  qui permet aux communes faisant partie d’une communauté de communes de conserver la gestion des compétences eau et assainissement. Elle étudiera « les critères » et le « cadre d’attribution » des aides financières versées par les agences de l’eau. Elle devra enfin proposer « des pistes » pour un cadre « plus équitable » du versement de ces aides, « en particulier aux communes ». Le rapport de mission « devrait normalement être examiné début novembre », indique-t-on au Sénat. 

Affichage environnemental : Pomona adopte le Planet score pour sa marque propre

Le grossiste alimentaire Pomona (TerreAzur, PassionFroid et Episaveurs) a annoncé, dans un communiqué du 7 octobre, l’adoption du référentiel d’évaluation Planet-score pour sa marque propre « Bon & Engagé ». Il devient ainsi « le premier grossiste de France à intégrer cet étiquetage sur ses produits en marque propre », précise Éric Dumont, président du directoire du groupe. Développé par l'Institut de l'agriculture biologique (Itab) et soutenu par les ONG et plusieurs distributeurs, cet affichage évalue les produits selon un référentiel de 25 indicateurs. Il se traduit par une note globale de A à E associée à une échelle de couleur (du vert foncé au rouge), avec trois critères clefs mis en avant sur l’étiquette : pesticides, biodiversité, climat. Une mention spécifique sur le niveau de bien-être animal figure également sur l’étiquette lorsque le produit final contient 5 % ou plus d’ingrédients issus de l’élevage. En outre, les produits avec un Planet-score compris entre A et C et qui respectent certains critères complémentaires – que Pomona n’a toutefois pas précisés – peuvent être intégrés dans les approvisionnements Egalim sur la base de la réduction des externalités environnementales, selon Pomona. Le Planet Score utilise un indicateur contesté pour le méthane, récemment retoqué par le Haut conseil pour le climat (HCC).

Restauration: FNSEA, LCA et Ania lancent un collectif avec les restaurants

Des organisations représentant l'agriculture (FNSEA), l'agroalimentaire (Ania, Coopération agricole), les grossistes (Grossistes alimentaires de France) et la restauration (SNRC, Restauco, Geco Food Service...) annoncent, le 7 octobre, le lancement d'un collectif intitulé Filière Restaurations, «pour mettre en lumiètre tout l'univers du champ à nos assiettes de restaurations hors du domicile». La réunion d'organisations «référentes» de tous les maillons dans une même organisation est une première, selon ses initiateurs. On retrouve toutefois des organisations de la restauration dans de nombreux interprofessions, comme Anvol (volaille) ou Interbev (viande rouge). D'après le décompte mensuel de l'Insee, le chiffre d'affaires de la restauration hors domicile (RHD) a presque doublé depuis dix ans. Après avoir connu un creux durant la période de confinement sanitaire lié à la Covid-19, le secteur est reparti sur une dynamique de hausse, marquée par une saisonnalité de plus en plus importante. Selon le cabinet Gira, le secteur de la consommation alimentaire hors domicile a réalisé en 2024 un chiffre d’affaires de 123 milliards d’euros, rapporte la presse spécialisée. En parallèle, la consommation à domicile a chuté de 12 milliards d'euros en quatre ans, autour de 180 milliards d'euros, soit son niveau de 2012-2013. 

Distribution : Casino sur le point de restructurer sa dette (presse)

Les créanciers du groupe Casino se préparent à entamer des discussions afin de restructurer la dette du distributeur, a écrit le Financial Times le 7 octobre. Le groupe rassemblant les enseignes Monoprix, Franprix et Naturalia, passé sous le contrôle du milliardaire tchèque Daniel Kretinsky en 2024 après des années de pertes et de surendettement, doit rembourser 1,4 Mrd€ en mars 2027, selon l’AFP. La dette de Casino a déjà été allégée de près de 5 Mrd€ au moment de la restructuration du groupe. Mais elle a de nouveau augmenté, grimpant à 1,4 Mrd€, au premier semestre 2025, contre 1,2 Mrd€ six mois plus tôt. « Au regard de ces éléments, le groupe portera dans les prochains mois une attention renforcée à l’évolution de sa structure financière », affirmait déjà Casino lors de la publication de ses résultats semestriels fin juillet. Au premier semestre 2025, le groupe a essuyé une perte nette de 210 M€, mais a amélioré sa rentabilité, un indicateur auquel d'éventuels créanciers seraient très attentifs. Fin juillet, son directeur général Philippe Palazzi se montrait confiant, convaincu que les « prévisions » pour le troisième trimestre permettraient de passer  « positivement » un test de solvabilité prévu pour le 30 septembre.

Agroalimentaire/santé : des scientifiques appellent à abaisser les seuils de l’hexane

Dans une tribune publiée dans Le Monde le 7 octobre (article payant), une trentaine de médecins, chercheurs et acteurs de la santé appellent à durcir la réglementation sur l’hexane dans l’alimentation. « Il est possible de réduire l’exposition des Français à l’hexane. Cela suppose de revoir les seuils autorisés, voire d’interdire purement et simplement ce solvant au profit d’alternatives déjà disponibles et fonctionnelles, qu’elles soient mécaniques ou biosourcées et biodégradables » presse le collectif de signataires composé, entre autres, de Laurence Huc, toxicologue à l’Inrae, et de Serge Hercberg, créateur du Nutri-score. Les auteurs soulignent que « l’hexane fait depuis dix ans l’objet d’alertes de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) et de l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) ». Ce solvant issu de la distillation du pétrole, présent dans l’alimentation car utilisé notamment pour l’extraction des huiles végétales, est un « neurotoxique avéré », rappelle le collectif. Il est également « toxique pour le système reproducteur », « perturbateur endocrinien » et « des études récentes suggèrent même un lien avec la maladie de Parkinson ».