Agrafil du 10 décembre 2025

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Normes sanitaires : Bruxelles annonce un renforcement des contrôles aux frontières

Le commissaire européen à la Santé, Olivér Várhelyi, a annoncé, le 9 décembre à l’issue d’un dialogue avec les parties prenantes, le renforcement des contrôles aux frontières de l'UE et dans les pays tiers en particulier en ce qui concerne les résidus de pesticides. Bruxelles s’engage notamment à augmenter de 33% les audits des postes de contrôle frontaliers européens, de 50% le nombre d'audits réalisés dans les pays tiers au cours des deux prochaines années et à renforcer la surveillance des produits et des pays non conformes, avec une augmentation de la fréquence des contrôles si nécessaire. Au moins 10 personnes vont être recrutées dans les principaux ports de l’UE. Si cette charge reposera majoritairement sur les épaules des Etats membres, la Commission européenne promet de prendre part à l’effort, sans toutefois donner de chiffres. Afin d’assurer une mise en œuvre efficace de ces engagements, une task force dédiée prendra ses fonctions début 2026. Ces annonces interviennent à quelques jours de la finalisation de la procédure d’adoption de l’accord commercial UE/Mercosur (prévue d'ici le 19 décembre) et alors que la France fait pression sur Bruxelles pour renforcer la réciprocité des normes de productions de l’UE. Prudent,  le commissaire européen à la Santé promet pourtant que ces mesures « prévues de longue date » n’ont pas été prises « spécifiquement pour apaiser le débat sur le Mercosur même s’il sera évidemment concerné ». « Il s’agit d’assurer une concurrence loyale pour les agriculteurs et de garantir la confiance dans nos règles de sécurité alimentaire », s’est félicité son confrère à l’Agriculture, Christophe Hansen.

Pesticides : «large adhésion» des Français aux clauses-miroir, selon FNH

Dans un sondage réalisé par Odoxa pour la Fondation pour la nature et pour l’homme (FNH), dévoilé le 8 décembre, 82 % des agriculteurs disent être prêts à réduire l’usage de phytosanitaires et engrais si les produits importés étaient soumis aux mêmes règles. En parallèle, 93% des Français jugent « importante » l’application de telles mesures-miroir, et 62% d’entre eux auraient comme « principale attente » la baisse d’usage de pesticides. Pour FNH, cette « large adhésion » de l’ensemble de la société aux mesures-miroir fait apparaître clairement « le manque d’engagement des responsables politiques », selon un communiqué. « Le combat à mener est très profond : c’est toute notre manière de commercer qui doit radicalement changer », réagit le directeur du plaidoyer Thomas Uthayakumar. Il estime qu’il faut créer « un cadre réglementaire qui pose la santé et l’environnement comme déterminants majeurs des politiques agricole et commerciale européennes… ». En plus du manque de volonté politique, 45% des agriculteurs ne se sentent pas assez accompagnés pour embrasser des pratiques agroécologiques, selon le sondage. Face à ce constat, FNH appelle l’UE à « renoncer à la dérégulation environnementale en cours » et à « renoncer à l’accord entre l’UE et les pays du Mercosur ». 

Microplastiques: l'Efsa saisie par Strasbourg sur les risques alimentaires

A la demande du Parlement européen, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) rendra un avis scientifique sur « les risques potentiels pour la santé » des microplastiques présents dans l’alimentation, l’eau et l’air, annonce-t-elle sur son site web le 9 décembre. Les experts examineront comment les microplastiques sont transférés dans l’alimentation, les méthodes d’évaluation des risques, et ils fourniront « des estimations actualisées de l’exposition alimentaire ». L’avis est attendu « d’ici la fin 2027 ». Le même jour, une étude de l’Inrae montre que l’exposition aux nanoplastiques (taille inférieure à 1 micromètre) à faibles doses peut altérer le fonctionnement de l’intestin et du foie, et que ces effets sont influencés par le type de régime alimentaire. Publiée dans le journal Environnemental nano, le 14 novembre, l’étude a été menée sur des souris avec des particules de polystyrène dépourvu d’additifs chimiques. Les résultats montrent une altération de la fonction protectrice de la barrière intestinale, altération amplifiée quand le régime alimentaire est riche en graisses et en sucres (« régime occidental »). Le microbiote intestinal est aussi altéré, mais cette fois encore plus dans le cadre d’un régime « standard ». Au niveau du foie, le métabolisme des graisses est modifié sous les deux régimes, avec une intolérance au glucose accrue sous le régime occidental. 

Betteraves : Genevard valide des dérogations pour deux produits anti-pucerons

Lors de l’assemblée générale de la CGB (betteraviers, FNSEA) qui s’est tenue à Paris le 9 décembre, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard a annoncé l’octroi de dérogations pour deux produits de traitement contre les pucerons, vecteurs de la jaunisse, utilisés en cultures betteravières : le Movento, et l’Insior, ce dernier étant un produit de biocontrôle. « Les éléments scientifiques connus ne font pas obstacle à de futures dérogations de 120 jours pour les produits Movento et Agriodor (entreprise ayant développé l’Insior, commercialisé par Syngenta, NDLR) », a-t-elle déclaré, précisant avoir validé le principe de ces dérogations le soir du 8 décembre. « Aussi, les dossiers de demande qui nous seront adressés seront instruits en vue d’une autorisation, par dérogation, au plus près de la période de validité (c’est-à-dire juste avant la période d’application dans les parcelles au printemps 2026, NDLR), pour en optimiser l’efficacité », a-t-elle ajouté. Pour rappel, le nombre d'intrants pour lutter contre les pucerons et donc la jaunisse s’avère très restreint en France. Seul le Teppeki (flonicamide) est encore homologué, pour une application unique par campagne.

Semences : l’excédent commercial en recul mais « assez solide » en 2024-2025

Si l’excédent commercial de la filière française des semences a faibli de 3 % en 2024-2025, il reste « assez solide », a indiqué le 9 décembre Semae (interprofession des semences et plants). « On reste sur une balance commerciale excédentaire et assez solide, a déclaré en conférence de presse le directeur général Bruno Ferreira, envisageant toutefois de « possibles évolutions importantes liées à l’évolution du contexte géopolitique ». À 1,260 milliard d’euros (contre 1,299 milliard en 2023-2024), cet excédent montre « une résilience de la filière assez remarquable », d’après lui. La baisse vient d’une croissance des importations, à 1,299 milliards d’euros (+28 %), plus forte que celle des exportations, à 2,559 milliards d’euros (+11 %). « La guerre entre l’Ukraine et la Russie a fortement perturbé nos débouchés, surtout en grandes cultures », a souligné le président Pierre Pagès. En cause, les objectifs de souveraineté alimentaire visés par Moscou. Car la Russie était « le premier débouché pays tiers » des semences françaises de grandes cultures. « Ce marché s’est fermé pour une bonne partie des espèces, générant des déséquilibres assez importants pour notre filière. »

Vin : en Occitanie, région et chambre alertent sur des arrachages trop élevés (presse)

La région Occitanie et la chambre régionale d'agriculture alertent, le 8 décembre dans le journal Les Echos (article payant), sur le risque d'arrachages trop conséquents au sein de leur vignoble. « Il n'est pas question que le Languedoc-Roussillon soit une variable d'ajustement, avec trop d'arrachage de vignes », déclare le vice-président de la région Jean-Louis Cazaubon. La ministre de l’Agriculture Annie Genevard a annoncé, le 24 novembre, 130 M€ pour un nouveau plan national d'arrachage. « Il y a déjà eu beaucoup d'arrachage en Languedoc-Roussillon, du fait de la pyramide des âges des exploitants et de nombreuses situations de détresse. Mais si 15 000 ha sont encore arrachés, les autres régions vont garder leur potentiel de production, et nous pourrions manquer de vin à terme », anticipe Jean-Louis Cazaubon. « En Occitanie, beaucoup veulent arrêter, notamment ceux qui exploitent les parcelles qui souffrent le plus de l'impact du réchauffement climatique », signale aux Echos le président de la chambre régionale d'agriculture Denis Carretier. L’élu propose de limiter à un tiers de l'arrachage national pour le Languedoc-Roussillon, soit 10 000 ha. Pour y parvenir, « des critères doivent être fixés par FranceAgriMer. Il doit cibler davantage les vins rouges, en surstock, que les blancs et les rosés. Et il faut éviter d'arracher dans les zones irrigables », précise-t-il.

Vin : Inter Rhône diffuse des prix d’orientation sur des rouges bio et HVE

La filière des vins AOC côtes-du-rhône et côtes-du-rhône-villages a annoncé le 9 décembre la finalisation d’un « accord de durabilité » sur les rouges bio et HVE, l’amenant à diffuser des prix d’orientation pour la récolte 2025. Ce dispositif permet de « déroger au droit de la concurrence », conformément à l’article 210 bis de l’OCM, selon un communiqué commun d’Inter Rhône (interprofession), du Syndicat des vignerons des côtes du Rhône et de l’UMVR (négoce). Il vise notamment à « renforcer la lisibilité économique de la production en intégrant les réalités de coûts de production, afin de sécuriser le partage de la valeur ». Concernant le bio, l’accord repose sur des « prix d'orientation équivalent au coût de production minimal » : 170 €/hl pour les côtes-du-rhône et 200 €/hl pour les côtes-du-rhône-villages. Pour les vins HVE, des « tunnels de prix » sont fixés : 130 €/hl à 160 €/hl pour les côtes-du-rhône  ; 155 €/hl à 185 €/hl pour les côtes-du-rhône-villages. « Ces orientations ne sont pas un plafond ni un plancher : elles sont un socle. Un repère collectif pour éviter que la filière ne s’affaiblisse davantage et pour garantir que la transition environnementale reste possible », déclare Damien Gilles, président du Syndicat des vignerons des côtes du Rhône. Le 13 novembre, l’interprofession Inter Oc avait, elle aussi, annoncé avoir finalisé des accords de durabilité sur les vins IGP pays d’Oc bio et HVE.

Agrume: la France renforce son «arche de Noé» face aux menaces sanitaires

« L’arche de Noé des agrumes du monde, située à San Giuliano (Haute-Corse) et forte de 1 064 variétés d’agrumes provenant de 42 pays, bénéficie désormais d’une protection renforcée pour faire face à l’augmentation des risques sanitaires et climatiques. Réunies sur treize hectares, il s’agit de « l’une des plus belles collections de ressources génétiques d’agrumes au monde, l’une des cinq plus grosses en graines et la première au monde en verger », détaille à l’AFP Philippe Mauguin, président de l’Inrae. Ces agrumes font aujourd’hui l’objet de plusieurs menaces émergentes, comme le virus de la tristeza ou la maladie dite du dragon jaune, incurable et dévastatrice, notamment responsable de l’effondrement de la production d’oranges en Floride. Ce fléau n’a pas encore atteint la Méditerranée mais le centre a décidé d’investir dans une serre pour protéger des insectes ravageurs des centaines de variétés essentielles à la recherche, à l’innovation agronomique et à l’avenir de la filière agrumicole », explique M. Mauguin. Financé aux deux-tiers par l’État et à un tiers l’Inrae, cet équipement va héberger « de manière sécurisée » un exemplaire de chaque variété d’agrumes de la collection du centre. « Grâce à cette diversité génétique, nous allons préparer les variétés de demain qui nécessiteront moins de consommation d’eau », souligne M. Mauguin. 

PPAM : le Conservatoire de Milly-la-Forêt ouvre une chambre de bouturage

Le Conservatoire national des plantes à parfum, médicinales et aromatiques (PPAM), situé à Milly la Forêt  vient de mettre en service une chambre de bouturage (espace à microclimat maîtrisé) pour sécuriser l’enracinement et lisser la production toute l’année. « Cet outil nous permettra aussi le maintien et la multiplication des collections génétiques, et l’investissement a été cofinancé par le ministère de l’Agriculture via l’appel à projets « Ressources Phytogénétiques » piloté par le Geves », précise le Conservatoire. Les premiers essais menés sur la menthe semblent concluants : enracinement régulier, lots homogènes, pertes réduites. En environnement contrôlé (humidité, lumière, température), les cycles se stabilisent et la planification gagnerait en fiabilité. De plus, cet outil « permettra la sécurisation des collections génétiques du Conservatoire, qui ne sont multipliées que par bouturage de manière à maintenir la même génétique au fil des années ». Le bouturage permet de multiplier un certain nombre de PPAM pour lesquelles la multiplication générative est difficile voire impossible : menthe poivrée (stérile), chémotypes de thym, de romarin (perte du chémotype à la multiplication générative), pelargoniums par exemple.

Bovins/DNC : réflexion lancée sur «les perspectives de vaccination» en 2026

Annie Genevard a réuni le « Parlement du sanitaire » (Cnopsav) le 9 décembre afin, notamment, de « débuter les réflexions et les échanges sur les perspectives de vaccination en 2026 » contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), a indiqué le ministère de l’Agriculture lors d’un brief à la presse le même jour. La vaccination est aujourd’hui obligatoire dans les zones réglementées (50 km autour des foyers) ; environ un million de bovins ont été vaccinés depuis le premier cas fin juin. Le ministère a mis sur la table « trois scénarii pour la vaccination demain », indique Christophe Moulin, président de GDS France (groupements de défense sanitaire) à Agra Presse : statu quo ; vaccination sur l’ensemble du territoire ; « vaccination prolongée dans les zones déjà vaccinées ». Selon un communiqué de la Rue de Varenne, « des travaux seront menés par tous les participants jusqu’à une réunion décisionnelle fin janvier ». La Confédération paysanne et la Coordination rurale plaident pour la possibilité de vacciner les 15,7 millions de bovins français, tout en laissant le choix à chaque éleveur. Plus prudente, la FNSEA appelle à bien mesurer l’impact d’une éventuelle vaccination préventive (perte du statut indemne et blocage des exportations). Au niveau local, la chambre d’agriculture Savoie-Mont blanc, théâtre des premiers cas, a demandé à pouvoir vacciner de nouveau au printemps 2026.

Ours : en consultation, le nouveau protocole « ours à problème » exclut la prédation

Le ministère de la Transition écologique vient de mettre en consultation, jusqu’au 30 décembre, le nouveau protocole « ours à problème » (renommé « ours présentant un comportement anormal ou dangereux »), qui ne s’appliquera plus à la prédation des animaux d’élevage. Alors que le précédent cadre, datant de 2009, concernait les « ours anormalement prédateurs », ceux-ci ne sont plus visés par le dispositif. Le protocole s’adressera désormais uniquement aux individus identifiés comme « trop familiers vis-à-vis de l’homme » ou « agressifs envers l’homme », dont le comportement peut « entraîner un risque pour la sécurité publique ». « Le protocole n’a pas vocation à régler les problèmes de prédation », explique le ministère, rappelant que « les phénomènes de surprédation ne sont généralement pas le fait d’un seul ours » et que la prédation doit être traitée par des mesures d’effarouchement. Le protocole est accompagné d’un projet d’arrêté visant à accélérer le déclenchement de tirs non létaux (deuxième étape du protocole, sur quatre). Cet arrêté-cadre permettra de « prendre plus rapidement un arrêté préfectoral autorisant le conditionnement aversif » (tirs avec des balles de caoutchouc), sans solliciter l’avis des instances régionales (Conseil scientifique régional du patrimoine naturel, CSRPN).

PPA en Espagne : les porcs peuvent sortir de la zone de surveillance

Dans un communiqué du 9 décembre, l’interprofession espagnole du porc blanc Interporc salue le fait que les autorités aient approuvé la sortie des porcs de la zone de surveillance de la PPA (peste porcine africaine) pour aller à l’abattoir. Elle souligne que la mesure est avalisée par la Commission européenne et par le secteur lui-même, « car elle répond aux protocoles communautaires ». Cette zone comprend 39 élevages de porcs qui ont tous été inspectés et déclarés indemnes. S’exprimant dans le communiqué, le directeur général d’Interporc, Alberto Herranz, souligne que « la réponse à cette situation difficile de la part des autorités et du secteur est exemplaire », et que les priorités actuelles sont d’« aider les éleveurs et les industries, endiguer l’épidémie et rétablir le plus rapidement possible la normalité sur les marchés ». Aux dernières nouvelles, une enquête est cours pour établir si le virus introduit fin novembre chez des sangliers près de Barcelone viendrait d'une fuite accidentelle de laboratoire, comme en a informé le ministère espagnol de l’agriculture le 5 novembre par communiqué. Car le virus est de souche « Georgia 2007 », fréquemment utilisée dans les infections expérimentales.

Porc/PPA : les Ecologistes espagnols préconisent le loup contre les sangliers

Dans un communiqué du 4 décembre, la confédération « Ecologistes en action » présente le loup comme « la meilleure solution pour contrôler la peste porcine africaine », cette maladie s’étant introduite à la fin novembre chez des sangliers en Catalogne. L’organisation écologiste mentionne l’étude espagnole nommée « Vers une gestion écologique des ongulés surabondants » publiée en 2024 (menée par des chercheurs de l'Université de Valladolid (Castille-León) et du Conseil national de la recherche espagnol), recommandant, en parallèle de la chasse récréative contre le gibier surabondant, de laisser s’accroître des populations de grands prédateurs tels que le loup. Les militants écologistes demandent à la ministre de l’Agriculture de La Rioja (province au sud du Pays Basque), Noemí Manzanos, venant d’ouvrir la saison de la chasse au loup, s’il ne serait pas plus judicieux de préserver ce prédateur, pouvant s’attaquer à des sangliers malades ou affaiblis, donc susceptibles de transmettre la peste porcine africaine. La question pourrait s’introduire en France dans la consultation d’un nouveau cadre de tir au loup.

Nitrates : l’Irlande obtient in extremis une nouvelle dérogation à la directive

L’Irlande a finalement obtenu après de mois d’intenses discussions avec Bruxelles, lors d’un vote à l'unanimité le 9 décembre en comité d’experts à Bruxelles, le maintien de sa dérogation aux obligation de la directive Nitrates. Celle-ci devait expirer le 1er janvier 2026, la Commission européenne ayant refusé – en 2023 -de la prolonger. Elle permet aux éleveurs irlandais d’épandre jusqu’à 250 kg d’azote organique par ha alors que le plafond prévu par la directive n’est que de 170 kg/ha. Le règlement délégué adopté prolonge de trois ans cette exemption. Mais en contrepartie, cette dérogation est conditionnée à des améliorations de la qualité de l'eau, avec des limites plus strictes dans certaines zones. À partir de 2028, le taux annuel maximal de fertilisation des prairies par des engrais chimiques sera réduit de 5 % pour les exploitations bénéficiant d'une dérogation dans quatre bassins versants. Des zones tampons plus y seront également mises en place. Une augmentation des capacités de stockage des eaux usées et du lisier dans les exploitations laitières va également être imposée à partir du 1er octobre 2028. La Commission européenne devrait par ailleurs proposer, courant 2026, des simplifications de la directive-cadre sur l’eau et de la directive Nitrates.

Grèce : plus de 20 000 tracteurs bloquent les routes pour le versement des aides

Après avoir paralysé les aéroports en Crète, les agriculteurs grecs ont maintenu, le 9 décembre, la pression sur le gouvernement afin d’obtenir le versement de leurs aides européennes, retardé en raison d’un vaste scandale de fraude à la Pac. Plus de 20 000 tracteurs ont ainsi poursuivi les barrages routiers sur les principaux axes grecs. « Aujourd’hui, il existe 55 points de blocage dans tout le pays », a affirmé à l’AFP Sokratis Alifteiras, vice-président de la Fédération des associations agricoles de Larissa (centre). « Les prix de nos produits sont si humiliants que le coût de production est plus élevé que l’argent que nous gagnons », a expliqué un autre manifestant à l’AFP. Depuis début décembre, des milliers d’agriculteurs bloquent des routes avec leurs tracteurs. L’autoroute Athènes-Thessalonique est d’ailleurs fermée sur certaines portions. Outre le versement des aides, ils exigent aussi des compensations à la suite de l’abattage de plus de 400 000 moutons et chèvres pour empêcher la propagation d’une épidémie de variole ovine. Les agriculteurs ont maintenant l’intention de bloquer, le 10 décembre, le port de Volos, dans le centre de la Grèce, précise une source à l’AFP.

Irrigation : l’Agence de l’eau Rhin-Meuse maintient le taux de ses redevances

L’Agence de l’eau Rhin-Meuse et la région Grand Est ont reçu, le 5 décembre, la FDSEA et les JA du Bas-Rhin et du Haut-Rhin, à la suite de leur appel à manifester contre la hausse de la redevance irrigation prévue dans le cadre du 12e programme d’intervention 2025-2030. Adoptée le 18 octobre 2024 par le Comité de bassin, la nouvelle grille tarifaire prévoit un triplement du coût de l’eau pour l’irrigation non gravitaire : le tarif passe de 4,71 €/1 000 m3 (2019-2024) à 14,26 € en 2030. Selon un communiqué de l’Agence Rhin-Meuse, cette rencontre a été l’occasion de rappeler que les taux ont été votés au sein d’une instance démocratique « où tous les usagers de l’eau sont représentés ». Elle précise que les revendications des représentants du monde agricole avaient été prises en compte par la commission des programmes, d’où la mise en place d’une trajectoire « progressive » des augmentations pour atteindre un niveau plancher en 2030. Avec cette nouvelle stratégie, l’Agence de l’eau Rhin-Meuse vise un ajustement de ses recettes et un rééquilibrage des contributions entre les usagers de l’eau, au regard des enjeux de gestion durable de la ressources. Aujourd’hui, « il manque 3,2 milliards de m3 par an sur un total de 27,8 milliards de m3 disponibles pour assurer les besoins de la végétation et des milieux aquatiques », précise l’Agence.

Eau : Trump menace de surtaxer le Mexique pour non-respect du partage hydrique

Donald Trump a menacé, le 8 décembre, d’augmenter les droits de douane visant les produits mexicains si Mexico ne fournissait pas davantage d’eau aux États-Unis, en vertu du Traité de 1944, qui encadre le partage de l’eau de leurs rivières transfrontalières (Colorado et Rio Bravo). Plus précisément, il oblige les États-Unis à fournir chaque année 1,85 milliard de m3 d’eau du fleuve Colorado et le Mexique 432 millions (M) de m3 du Rio Bravo. « Le Mexique continue de violer notre traité global sur l’eau », a écrit le président américain sur sa plateforme Truth Social, exhortant le pays voisin à fournir près de 250 M m3 aux États-Unis d’ici la fin de l’année, ou une surtaxe additionnelle de 5 % sera appliquée aux produits mexicains. Mais le Mexique est largement en retard sur ses engagements et a cumulé un déficit de plus d’un milliard de mètres cubes au cours des cinq dernières années, accuse Washington. Cette nouvelle menace douanière intervient après plusieurs entretiens ces dernières semaines entre le président américain et son homologue mexicaine, Claudia Sheinbaum. «Je suis convaincue que sur ce sujet comme d’autres, nous allons parvenir à un accord qui profitera tant aux États-Unis qu’au Mexique », a-t-elle déclaré en conférence de presse le 9 décembre. Jusqu’à présent, Mme Sheinbaum avait réussi à convaincre M. Trump de ne pas imposer une taxe généralisée sur les exportations mexicaines, destinées à plus de 80 % au marché américain. 

Climat : 2025 en passe d'être une des trois années les plus chaudes dans le monde

L’année 2025 est en passe de devenir la deuxième année la plus chaude jamais enregistrée, à égalité avec 2023, selon des données publiées le 9 décembre par l’Observatoire européen Copernicus. « L’anomalie de température moyenne mondiale pour la période de janvier à novembre 2025 est de 0,60° C au-dessus de la moyenne 1991-2020, ou 1,48° C au-dessus de la référence préindustrielle de 1850-1900 », avant que le climat ne se réchauffe durablement sous l’effet de l’activité humaine. L’année 2025 présente un niveau identique à celui de 2023, en attendant la publication des statistiques pour décembre et le bilan annuel, qui pourrait donc placer 2025 derrière le record historique de température établi en 2024. Le dérèglement climatique engendré par l’activité humaine rend les phénomènes météorologiques extrêmes plus fréquents, plus meurtriers et plus destructeurs. Et novembre « a été marqué par plusieurs phénomènes météorologiques extrêmes, notamment des cyclones tropicaux en Asie du Sud-Est, qui ont provoqué des inondations catastrophiques à grande échelle et causé des pertes humaines », détaille Copernicus. À l’échelle mensuelle, novembre 2025 a été le troisième mois de novembre le plus chaud de l’histoire après 2023 et 2024, avec une température moyenne à la surface du globe de 14,02° C, soit 0,65° C au-dessus de la moyenne 1991-2020. 

Conférences Souveraineté : lancement d'un questionnaire en ligne grand public

Au lendemain du lancement officiel des Conférences de la souveraineté alimentaire, le gouvernement a lancé, le 9 décembre sur le site Agora (plateforme de participation citoyenne de l'État), un questionnaire en ligne à l'attention du grand public. Une série de 13 questions à choix multiples sont posées, telles que : « Savez-vous que la France dépend de l’étranger pour certains aliments ? » ; « Selon vous, quel pourcentage des produits alimentaires consommés en France importons-nous aujourd’hui ? » À travers ces questions, la ministre de l'Agriculture « invite les citoyens à donner leur avis et leurs propositions pour construire ensemble la stratégie de la France avec pour objectif de garantir la souveraineté alimentaire de la Nation ». D'après le cabinet de la ministre, les Français sont peu conscients du niveau d'auto-approvisionnement alimentaire de la France. 301 personnes ont déjà répondu au questionnaire ; pour l'heure, 84 % déclarent savoir que « la France dépend de l’étranger pour certains aliments ». 76 % donnent le bon taux d'importation de la France en poulets et fruits et légumes. À la question « que devraient faire les agriculteurs pour renforcer notre souveraineté alimentaire », 26 % répondent « Produire autrement (bio, agriculture durable) », 25 % « diversifier leurs productions en lien avec les attentes des consommateurs », 15 % « vendre autrement ». Le questionnaire est ouvert jusqu'au 31 décembre.

Sécurité sociale : les députés adoptent de justesse le PLFSS 2026

Les députés ont adopté le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS° pour 2026, le 9 décembre. Le texte n’est pas passé à avec une grande majorité – 247 pour et 234 contre (majorité à 241 voix). Un peu plus tôt, l'Assemblée nationale avait adopté largement (227 pour, 86 contre) la partie Dépenses du budget de la sécurité sociale. Pendant deux semaines, les députés avaient voté plusieurs dispositions concernant la sphère agricole (dispense pour les bailleurs d’une affiliation au régime des non-salariés agricoles, extension aux conjoints collaborateurs de l’exonération de cotisations sociales applicables aux jeunes agriculteurs. taxation des boissons prémix...). Mais, ils en avaient retoqué d’autres : TO-DE pour les entreprises de travaux forestiers (ETF) et les coop vinicoles, généralisation du Nutri-score, taxe sur l'hexane… Ajoutons qu'à la fin des discussions dans l’hémicycle, les députés avaient adopté l’amendement de Dominique Potier (Socialistes et apparentés, Meurthe-et-Moselle) visant à limiter le cumul emploi retraite des agriculteurs retraités qui optent pour le statut de dirigeants assimilés salariés.

A69: audience décisive jeudi pour poursuivre le chantier, premier feu vert

La poursuite du chantier de l'A69, autoroute contestée entre Toulouse et Castres, sera le 11 décembre au cœur d'une audience décisive devant la cour administrative d'appel de Toulouse alors que les travaux doivent prochainement entrer dans leur phase terminale. Le 9 décembre, le rapporteur public, magistrat dont l'avis est généralement suivi par la justice administrative, a recommandé à la cour administrative d'appel d'annuler la décision du tribunal administratif de Toulouse qui, le 27 février, avait ordonné l'arrêt des travaux. Le rapporteur s'est prononcé pour le « rejet au fond de la demande qui avait été présentée devant le tribunal administratif de Toulouse ». Examinant un recours des opposants à l'autoroute, le tribunal administratif avait alors stoppé le chantier jugeant que « le projet de liaison autoroutière entre Castres et Toulouse ne répond pas à une raison impérative d'intérêt public majeur », justifiant des atteintes à l'environnement. Lors de l'audience le 11 décembre, le rapporteur développera ses arguments. La cour administrative d'appel rendra ensuite sa décision début janvier. L'État avait fait appel de la décision du 27 février et obtenu en mai de la justice un « sursis à exécution », en attendant le jugement sur le fond du dossier, permettant la reprise du chantier au cours de l'été.

Robots agricoles/évènementiel : Gofar évolue pour « accélérer » leur déploiement

L’association Gofar, à l’origine des salons Fira depuis dix ans, veut désormais « se positionner comme accélérateur de la robotique agricole », a annoncé son président Aymeric Barthes le 9 décembre. Au lieu du Fira qui se tenait sur trois jours en février, l’organisation organisera une journée technique et un « Gofar Tour » dans plusieurs pays (Europe, États-Unis, Australie). « Le marché est passé à l’ère de la maturité », observe Aymeric Barthes : après la curiosité des débuts, les agriculteurs sont « désormais à la recherche de solutions pour s’équiper ». Pour le cofondateur de Naïo Technologies, il reste toutefois des « blocages » à lever (retour sur investissement, responsabilité en cas d’accident, craintes vis-à-vis de l’obsolescence technologique et de la pérennité des start-up). Pour y remédier, l’association a choisi une approche plus fine, basée notamment sur des démonstrations terrain en conditions réelles (et non durant un salon) et sur des échanges directs entre agriculteurs. La première journée technique de Gofar se tiendra près de Toulouse le 5 février (date habituelle du Fira), centrée sur les filières légumes/grandes cultures, viticole et arboricole. À cette occasion, l’association présentera les étapes de son Gofar Tour, avant de dévoiler l’ensemble de ses nouveaux services au second semestre 2026.

Horticulture : Nicolas Leroy, nouveau président de l’Unep (paysage)

Nicolas Leroy a été élu président de l’Union nationale des entreprises du paysage à l’occasion de l’assemblée générale du syndicat le 3 décembre. Il succède à Laurent Bizot, qui a assuré le poste pendant deux mandats. Professionnel du paysage depuis 25 ans, Nicolas Leroy dirige les entreprises Leroy Paysages (Mayenne) et Dervenn Travaux et aménagement (génie écologique et végétal). Le nouveau président entend inscrire son action dans la continuité de son prédécesseur et accompagner la profession face aux défis actuels (transition écologique, attractivité des métiers, évolution des pratiques).