Agrafil du 10 février 2022

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Influenza: les abattages de palmipèdes quasi-achevés dans le Sud-Ouest (presse)

Dans le cadre de la lutte contre l'influenza aviaire, presque tous les palmipèdes ont été abattus dans la zone de dépeuplement massif du Sud-Ouest, indique le quotidien Sud-Ouest le 8 février. «Lundi 7 février, il ne restait que deux élevages de canards à abattre dans les zones contaminées par l’influenza aviaire.» Fin janvier, les pouvoirs publics estimaient que 1,3 million de volailles (dont 1,2 million de palmipèdes) étaient susceptibles d'être abattus dans cette zone de 226 communes du Gers, des Landes et des Pyrénées-Atlantiques. Quelque 100 000 volailles de chair devraient donc encore être abattues dans cette zone. D'après Sud-Ouest (article payant), «la Draaf réunit les acteurs de la filière vendredi 11 février» pour évoquer «le calendrier et la stratégie de remise en place». Après nettoyage et désinfection des élevages, «la reprise pourrait se faire par zones, en décalé», comme l'année dernière, précise le quotidien. D'après le dernier bilan au 8 février, le ministère de l'Agriculture comptabilise 349 cas confirmés d'influenza aviaire hautement pathogène (dont 331 dans le Gers, les Landes et les Pyrénées-Atlantiques). Soit une progression de dix foyers en une semaine.

Retraites: début de la revalorisation des conjoints d'agriculteurs

Plus de 200.000 retraités - conjoints et surtout conjointes d'exploitants agricoles - bénéficient à compter de ce 9 février d'un coup de pouce sur leur pension de retraite, annonce le gouvernement. C'est la traduction de l'adoption définitive par le Parlement, à l'issue d'un ultime vote à l'unanimité du Sénat début décembre, d'une revalorisation des petites retraites des conjoints collaborateurs, portée par le chef de file du groupe communiste à l'Assemblée André Chassaigne. En juin 2020, le député avait déjà obtenu un vote unanime pour relever les retraites des anciens chefs d'exploitation agricole à un niveau plancher de 85% du Smic net (au lieu de 75%), soit 1.035 euros. Cette fois, la hausse concerne les «conjoints» ainsi que les «aides familiaux» et «se matérialise à compter de ce mercredi 9 février 2022, date du versement des pensions au titre du mois de janvier par la Mutualité sociale agricole (MSA) aux retraités», souligne le gouvernement dans un communiqué. «Les femmes en sont les principales bénéficiaires: elles seront plus de 120.000 à voir leur pension augmenter d'en moyenne 70 euros par mois ; 30% d'entre elles bénéficieront d'une hausse de pension supérieure à 100 euros par mois», est-il précisé.

Ecophyto : la FNSEA pousse l'utilisation des nouveaux indicateurs européens

«Nous avons demandé au ministère de l’Agriculture comment mettre en phase les indicateurs de suivi du plan Ecophyto avec les indicateurs européens», confie Christian Durlin, vice-président de la FNSEA en charge de la protection des cultures à Agra presse. Car depuis 2019, souligne-t-il, une directive européenne a créé deux nouveaux indicateurs. L’un est calculé comme l’addition des quantités utilisées pondérées par un facteur de risque allant de 1 à 64, et l’autre suit le nombre de dérogations d’urgences. Alors que le Green deal insiste lui aussi sur la notion de réduction du risque, le Nodu retenu pour le suivi du plan français Ecophyto, «ne peut plus être le seul indicateur, sans avoir une vision sur l'existence ou non d'alternatives », insiste Christian Durlin. Lors de sa conférence de presse annuelle, Phyteis (ex-UIPP), a également rappelé ses critiques sur le Nodu (nombre de doses unités), trop complexe à calculer selon les fabricants. «La fin du Nodu serait la fin d’Ecophyto», tranche de son côté François Veillerette, porte-parole de Générations Futures. Dans l'entourage de Julien Denormandie, on confirme que « le Nodu reste bien l’indicateur du plan Ecophyto». De même, le ministère de la transition écologique estime que le Nodu « est le meilleur reflet de la dangerosité des substances ». Les chiffres du Nodu 2020 devraient être publiés comme de coutume avec deux ans d'écart, fin 2022.

Pesticides: l’UIPP (fabricants) change de nom et devient Phyteis

L’Union de la protection des plantes et des cultures (UIPP), association rassemblant les fabricants de pesticides, change de nom pour devenir Phyteis, annoncent ses représentants le 9 février. «Nous n’allons pas rester crispés sur un seul métier sans voir que la société a des attentes nouvelles», résume son président Bruno Baranne lors d’un échange avec la presse. La nouvelle entité rassemblera «quatre familles de technologies sur lesquelles nous avons de la compétence» : agronomie digitale, biotechnologies, bio-protection et «phytopharmacie conventionnelle». Un élargissement de l’offre qui ne s’est pas fait sans discussions avec d’autres associations professionnelles comme IBMA (biocontrôle) ou l’UFS (semenciers), assure Bruno Baranne. Si Phyteis ne s’occupera donc pas de sélection de plantes, «la biotechnologie est une notion plus large», rappelle-t-il, évoquant des solutions comme les peptides ou les ARN. Cette stratégie entérine un virage pris depuis plusieurs années déjà par les plus grands fabricants, dont Syngenta, Bayer, BASF ou encore Corteva, avec de nombreux investissements, rachats et partenariats dans le numérique agricole.

Pesticides: Ascenza vise un portefeuille majoritairement «durable» d’ici à 2030

Le portugais Ascenza (Rovensa), spécialiste de la protection des cultures, change de positionnement, a-t-il indiqué le 9 février, projetant un portefeuille de produits majoritairement «durables» d’ici à 2030. «Aujourd’hui, nous sommes perçus comme un outsider», a déclaré en conférence de presse Philippe Bandiera, le directeur France. «Ascenza veut devenir un acteur clé» de la protection des cultures. D’un chiffre d’affaires de 180 M € (30 M en France), l’entreprise veut atteindre 250 M € (50 M €) en 2025. Cette ambition passe par une nouvelle répartition du portefeuille. «Il s’agit d’investir dans des produits durables sur le plan environnemental et sanitaire», a expliqué Jose Ruivo, le directeur Développement. Les phytos conventionnels, qui représentent 93% du chiffre d’affaires en 2021, auront une place réduite, à 61% en 2025 puis 40% en 2030. Le biocontrôle sera doublé d’ici à 2025, passant de 4 à 8%, avant d’atteindre 23% de solutions naturelles en 2030 (avec les substances de base). Ascenza veut aussi s’appuyer sur des produits «durables», présentant «moins de charge chimique», qui passeront de 29% du chiffre d’affaires en 2025 à 35% en 2030.

Néonicotinoïdes: pour Sud, l’Inrae n’aurait pas dû participer au vote de la dérogation

Dans un nouveau courrier daté du 2 février au p.-d.g Philippe Mauguin, le syndicat Sud estime que la participation de l’Inrae au vote sur la nouvelle dérogation accordées aux néonicotinoïdes est «très contestable». En raison de sa «compétence», reconnaît le syndicat, l’institut a bien une place au sein comité de surveillance instauré par un décret de fin 2020, chargé d’éclairer la décision publique. Mais l’Inrae devrait se contenter de publier «des notes d’informations scientifiques rendues publiques, soigneusement sourcées». Or en proposant au conseil de surveillance des rapports «sans nom d’auteurs» et «sans références bibliographiques», tout en se prononçant lors des votes, «l’Institut offre alors le flanc à la critique d’un possible défaut d’impartialité et de pluralité», regrette Sud. D’autre part, poursuit le courrier, l’Inrae aurait pu s’autosaisir et «apporter au conseil de surveillance des informations qu’il ne sollicite pas nécessairement», notamment sur la biodiversité. En conclusion, le syndicat demande «des clarifications sur le positionnement de la direction de l’Inrae» au sein de ce comité de surveillance.

Crise du porc: l'abattoir Kermené (Leclerc) verse une prime de 5 € par porc

Alors que les éleveurs de porcs traversent une grave crise, l'abattoir Kermené (groupe Leclerc) annonce «le versement d’une prime de 5 euros supplémentaire pour tout cochon acheté (sauf bio)», d'après un communiqué du 9 février. Cette prime «représente un montant d’1,6 million d’euros (M€, NDLR) versés aux éleveurs bretons partenaires de Kermené». À raison d'un poids moyen de 96,73 kg par porc (zone Uniporc Ouest), ce geste représente plus de 5 ct d'€/kg, alors que la cotation de référence s'établissait à 1,250 €/kg le 7 février au marché de Plérin. Kermené précise que «cette initiative solidaire est entrée en vigueur le 8 février pour un délai de deux mois». Basé dans les Côtes-d'Armor, l'abattoir du groupe Leclerc «s’approvisionne (…) exclusivement en porcs français» et «défend tous les jours le prix du porc breton à travers ses achats sur le marché au cadran de Plérin», rappelle-t-il. Cette annonce intervient une dizaine de jours après le déblocage par le gouvernement de 270 M€ d'aides d'urgence pour soutenir les élevages de porcs, victimes d'un effet de ciseaux entre la flambée de l'alimentation animale et des prix moroses.

Peste porcine africaine: le ministère précise les règles de l'accord de zonage avec Pékin

La fédération de l'abattage-découpe Culture Viande a diffusé le 8 février une note de la DGAL (ministère de l'Agriculture) qui précise le contenu de l'accord de zonage sur la peste porcine africaine (PPA), signé avec la Chine le 13 décembre. Comme le rappelle le gouvernement, «la Chine est engagée par sa signature à maintenir, sans délai de suspension, en cas de survenue d'un foyer de PPA en France, la continuité des exportations depuis les départements indemnes français». En cas de détection d'un foyer, l'accord instaure des zones réglementées de 3 km et 10 km (et 20 km pour des cas en faune sauvage), comme le prévoit la réglementation européenne. Seules ces zones seraient privées de leur capacité d'exporter, le reste du territoire étant «considéré par défaut comme indemne». Si plus de 20% du territoire français venait à être touché par la PPA, les pouvoirs publics devraient par contre «définir une zone dont on prouve qu'elle est indemne». L'accord «impose alors une surveillance passive et active de la faune sauvage et des élevages». Cet «accord technique» est associé à un «protocole politique», qui «laisse la liberté à chaque partie de procéder à tout moment à des audits», et fixe un délai de «prévenance» de six mois pour toute remise en cause de l'accord.

Lait: signature d’un accord sur la revalorisation des salaires dans l’industrie

Dans un communiqué du 9 février, le syndicat CFDT Agri-Agro annonce la signature d’un accord de branche sur les minimas conventionnels dans la transformation laitière. À partir du 1er février, les minimas salariaux seront réévalués de +49€/mois et les rémunérations annuelles minimales de +630 €. La CFDT déclare avoir signé la proposition d’accord «compte tenu du contexte économique et de la nécessaire obligation de préserver le pouvoir d’achat, en particulier pour les salariés les plus modestes». Le syndicat estime, en effet, que cette proposition est «très frileuse» et «doit être considérée uniquement comme un simple rattrapage d’une situation inacceptable». Contacté par Agra Presse, son secrétaire général Alexandre Dubois précise que les salariés situés au 1er niveau de la grille étaient payés «en dessous du SMIC» et que cette revalorisation leur permet de passer «une dizaine d’euros au-dessus», soit 1 613 euros brut mensuel. Il regrette que l’écart entre les minimas conventionnels ne soit «que» de 85€ sur l’ensemble de la grille salariale. «C’est un manque de reconnaissance des compétences des salariés et cela ne les incite pas à prendre des responsabilités», explique-t-il.

Climat : Carrefour veut réduire 20 Mt de CO2 chez ses fournisseurs

Engagé pour atteindre la neutralité carbone en 2040 sur ses émissions directes, Carrefour annonce le lancement le 8 février d’une plateforme destinée à économiser 20 Mt de CO2 supplémentaires d’ici 2030 par rapport à 2019 chez ses fournisseurs. «Cette plateforme permettra au groupe Carrefour de suivre les engagements et les progrès de ses fournisseurs en matière de lutte contre le réchauffement climatique et de valoriser les actions innovantes en la matière», explique un communiqué. Dans le détail, chaque fournisseur devra actualiser chaque année un tableau Excel avec ses émissions directes et indirectes (Scopes 1, 2, et 3), prises en compte à hauteur de la proportion des ventes au distributeur dans son chiffre d’affaires. «Il est attendu que la vaste majorité des fournisseurs auront déjà cette information à disposition dans le cadre du Carbon Disclosure Project (référence sur l’impact environnemental ndlr) ou tout autre reporting sur la durabilité», souligne la note méthodologique envoyée aux fournisseurs. Les émissions totales seront ensuite comparées au niveau de référence de 2019, actuellement calculé d’après les abaques de l’Ademe par produit, mais qui sera peu à peu remplacé par des données spécifiques des fournisseurs.

Crédits carbone: vers un marché à 1,7 milliard de dollars en 2022 (analyste)

Dans leur rapport annuel publié le 1er février, les analystes britanniques de Trove Research estiment que le marché mondial des crédits carbone volontaires pourrait atteindre entre 1,5 et 1,7 milliard de dollars en 2022, contre 950 millions en 2021. Cette hausse, précisent-ils, «sera due à la demande croissante des entreprises pour répondre à leurs engagements de neutralité couplée à une hausse des prix des crédits». Le taux de croissance du marché, préviennent-ils, restera cependant inférieur à la hausse de 190% observée entre 2020 et 2021, avec un marché passé de 328 à 951 millions de dollars. D’après les données de Trove, la plus grande partie des crédits actuellement sur le marché proviendrait des projets REDD+ (mécanisme des Nations unies contre la déforestation, environ 700 Mt) et des projets d’énergie renouvelable (450 Mt). Les crédits volontaires issus des projets agricoles et forestiers (solutions basées sur la nature) resteraient cependant encore limités sur le marché, avec environ 200 Mt. Fin 2021, le surplus de crédits sur le marché volontaire du carbone s’élèverait à 559 Mt, en augmentation de 50% par rapport à fin 2020.

Coopératives: moins de coops agricoles, plus de chiffre d’affaires (panorama)

Alors même que le chiffre d’affaires des coopératives agricoles augmente, leur nombre diminue, apprend-on dans le panorama des entreprises coopératives, publié le 7 février par l’organisation Coop FR. En 2019, le chiffre d’affaires des coops agricoles a représenté 86,6 Mds d’€, auxquels s’ajoutent les 600 M€ des coopératives d’utilisation du matériel agricole (Cuma). Une hausse de 2,6% par rapport à 2018. Or, entre 2018 et 2020, le nombre de coopératives agricoles a baissé de 8,3% et celui des Cuma de 2%. L’emploi salarié a, lui, diminué de 5,3%. Des évolutions «portées par les grands groupes coopératifs» qui résultent d’un «important phénomène de concentration d’activités par fusions inter-coopératives». Coop FR recense 36 opérations de fusion entre coopératives agricoles en 2019 et 34 sur la période 2020/2021. «En se regroupant, les coopératives recherchent un effet de taille pour massifier leur offre ou acquérir une efficacité logistique et commerciale dans un contexte très concurrentiel et de plus en plus tendu par les incertitudes économiques (prix du carburant, des matières premières) et climatiques», observe l’organisation représentative des coopératives. A date, la France compte 2 200 coopératives d’approvisionnement et de collecte et 11 510 Cuma.

États-Unis : nouveau record enregistré pour les exportations agricoles en 2021

En 2021, les exportations américaines de produits agricoles ont enregistré une nette hausse de 18 % par rapport à 2020 pour atteindre un montant record de 177 Mrds $ (soit une hausse de 14,6 % par rapport à l’ancien record), indique le ministère américain de l’Agriculture (USDA) dans son bulletin annuel publié le 8 février. La Chine reste de loin le principal partenaire commercial de Washington avec 32,9 Mrds $ d’achats de produits agricoles américains (+24,9 % en glissement annuel), soit 18,6 % de du total expédié, en valeur. Suivent le Mexique, le Canada avec lesquels les États-Unis ont conclu le 1er juillet 2020 un accord de libre échange (AEUMC), et le Japon. Concernant le détail par produit, le soja reste en tête des exportations américaines, soit 26,4 Mrds $ vendus entre octobre 2020 et septembre 2021. Par ailleurs, en y ajoutant les tourteaux de soja, résidu de l'extraction de l'huile, ainsi que l'huile de soja, le commerce de l’oléagineux a généré 32,9 Mrds $ de revenus. La hausse du prix du soja (+26 % entre la campagne 2019/20 et celle de 2020/21) explique partiellement le niveau record enregistré, explique l’USDA. Pékin, premier importateur mondial, représente notamment le principal acheteur. Suivent de près le maïs (17,4 Mrds $) et la viande de bœuf (9,6 Mrds $).

Gel 2021: le guichet des aides à l'aval ouvert deux semaines de plus (JO)

Un arrêté paru au Journal officiel le 9 février prolonge jusqu'au 22 février la date limite de dépôt des dossiers d'aides pour les entreprises de l'aval indirectement affectées par l'épisode de gel d'avril 2021. Sont concernées par cette prolongation les «entreprises et coopératives de vinification» (y compris exploitations agricoles) et les «entreprises et coopératives à l'aval des filières de production de fruits». Cadrée par un décret et un arrêté du 12 août 2021, l'aide aux entreprises de l'aval consiste en une avance de trésorerie remboursable qui «vise à prendre en charge temporairement une partie de la perte d’exploitation estimée», d'après la notice du décret n°2021-1074. Dotée d'une enveloppe de 150 millions d'euros, elle s'adresse aux entreprises dont l'approvisionnement provient majoritairement des zones touchées par le gel printanier de 2021.