Agrafil du 12 juin 2025

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Bioéconomie/chimie du végétal : les organisations B4C et ACDV annoncent leur fusion

Dans un communiqué du 11 juin, B4C (Bioeconomy for change) et l'association chimie du végétal (ACDV) ont annoncé leur fusion. Le nom de la nouvelle entité n'a pas encore été divulgué. Le projet a été validé par les deux assemblées générales, et sera effectif à partir du 1er janvier 2026. L'objectif est de créer une structure «plus résiliente», «plus influente», et «d'accélérer la transition vers des modèles plus durables» et compétitifs. Plus en détail, il s'agit d'offrir aux adhérents des deux entités des services plus diversifiés (études de marché, réglementaires etc.), de renforcer le positionnement des produits biosourcés et de la chimie du végétal, et d'intégrer toute la chaîne de valeur (de l'amont à l'aval) du secteur de la bioéconomie. L'ACDV revendique plus de soixante adhérents, essentiellement dans les secteurs de l'aval : agroindustrie, chimie, pôles de compétitivité, entreprises de biotechnologie. Bioéthanol France, la CGB (betteraviers français) ou encore Oleon (industriel de chimie du végétal, filiale du groupe Avril) font partie des adhérents. De son côté, B4C revendique cinq cents adhérents, allant de l'amont agricole jusqu'à la mise sur le marché de produits finis. On compte par exemple la présence des négociants, tels que Archer Daniels Midland, Cargill, ou de coopérative céréalières, tels que Ceresia. Les deux entités comprenaient des adhérents en commun, comme par exemple la CGB.

Faux champagne : un an de prison ferme requis contre un vigneron

Quatre ans de prison, dont un an ferme, ainsi que 100 000 euros d'amende ont été requis le 11 juin au tribunal correctionnel de Reims contre un vigneron accusé d'avoir produit et vendu du faux champagne. La fraude, entre 2022 et 2023, a été estimée à 800 000 bouteilles, voire davantage, fabriquées avec des vins d'Espagne et d'Ardèche. Deux ans de prison avec sursis et 100 000 d'amende ont aussi été requis à l'encontre de son épouse pour les mêmes chefs d'escroquerie et usurpation d'appellation d'origine. Dénonçant « une logique de profit cynique et préméditée », la procureure a également requis pour le couple une interdiction définitive de gérer une entreprise et d'exercer une activité industrielle et commerciale en lien avec le champagne, ainsi que la confiscation de l'ensemble de leurs biens saisis et la destruction des bouteilles saisies. Enfin, elle a réclamé 300 000 euros d'amende pour leur holding, la SAS Chopin, pour détournement et abus de biens sociaux. L’accusé a dit avoir agi ainsi pour honorer un contrat qu'il avait avec la Scapest, la centrale d'achat Leclerc, qui lui mettait « une sacrée pression ». La Scapest avait acquis 200 000 bouteilles en 2022, mais qui n'est que « la petite partie de l'affaire », selon son avocat. Le jugement sera rendu le 2 septembre.

Travail dissimulé : prison requise contre un maraîcher qui exploitait ses ouvriers sans-papiers

Deux ans de prison ont été requis le 10 juin devant le tribunal correctionnel du Mans contre un maraîcher de 64 ans qui a fait travailler de nombreux ouvriers sans-papiers dans des conditions indignes considérées par la justice comme de la « traite d'êtres humains », rapporte l’AFP. Ce producteur de tomates de Saint-Paterne-le-Chevain (Sarthe) a déjà été condamné 17 fois, dont cinq fois pour du travail dissimulé. Jugé pour de nombreuses infractions entre 2019 et 2024, du travail dissimulé au blanchiment jusqu'à la traite d'êtres humains, il encourt une peine maximale de dix ans de prison et 1,5 million d'euros d'amende.  Le jugement a été mis en délibéré au 7 juillet. Plusieurs anciens employés ont raconté travailler jusqu'à 12 h par jour, six à sept jours par semaine dans des conditions éprouvantes, pulvérisant de l'insecticide sans protection et dans des serres chauffées parfois jusqu'à 50°C. Étrangers en situation irrégulière, pour certains mineurs, ils étaient payés en liquide sans être déclarés par le maraîcher, qui selon certains les insultait et les mettait à l'« amende » si leur pause était trop longue. La MSA estime que le maraîcher lui devait plus de 520 000 € de cotisations sociales non versées.

Cerises : le premier fruit solidaire de CQLP vendu chez Auchan, U et Leclerc (coopérative)

Comme annoncé fin janvier, la coopérative « C’est qui le patron ? » (CQLP) étend sa gamme aux fruits et légumes (six en tout), en commençant par la cerise, en vente depuis le 6 juin. Auchan va distribuer les cerises solidaires « dans ses magasins d’Île-de-France et de l’Est », précise CQLP à Agra Presse, et U et Leclerc sont également au rendez-vous. Cette démarche « va apporter un soutien concret à 116 familles d’arboriculteurs des Monts et Coteaux du Lyonnais », explique la coopérative, « confrontées à une filière en difficulté : prix instables, mauvaise valorisation des calibres moyens (60 à 70 % de la production) et perte de 36 % des producteurs en dix ans ». Le prix de vente conseillé, « voté par 10 790 consommateurs », est de 4,98 € la barquette de 500 grammes, dont 2 € pour les producteurs (4 € le kilo), pour leur permettre de « se payer convenablement et d’investir sur leur exploitation », indique le site CQLP. D’après le cahier des charges, « les producteurs devront à minima obtenir la certification HVE 3 », et le calibre est fixé à 24 mm et plus avec cueillette à maturité. Après la cerise, ce sera le tour de « la pomme, l’oignon et l’échalote », en « septembre et octobre prochain ». 

Fraises : récolte exceptionnelle au Royaume-Uni grâce à un ensoleillement record

L’ensoleillement et les températures record du printemps au Royaume-Uni ont permis de cueillir des fraises exceptionnellement sucrées et charnues. Selon James Miller, directeur commercial d’un des plus grands producteurs de fraises du pays, les journées ensoleillées et les nuits fraîches ont créé des conditions «parfaites» pour ces fruits. Le temps clément, en outre, a stimulé la pollinisation, qui améliore la qualité des fraises, a expliqué à l’AFP ce représentant du groupe agricole WB Chambers Farms. La récolte bat actuellement son plein dans l’une de ses fermes près de Dartford, dans le Kent (sud-est de l’Angleterre), où les fraisiers s’affaissent sous le poids des fruits mûrs, à l’abri dans les serres qui les protègent. Selon Nick Marston, président de l’organisation British Berry Growers., les producteurs britanniques ont déjà vendu près de 21.600 tonnes de fraises depuis le début de la saison, soit 5.000 tonnes de plus qu’à la même période l’an dernier. Car en plus d’être de meilleure qualité grâce au soleil, les fraises sont arrivées en rayons dès avril, alors qu’elles sont généralement mûres au mois de mai. En 2024, la France a produit 77 200 tonnes de fraises.

Sécheresse: nouveau record en Europe et sur le pourtour méditerranéen en mai

Plus de la moitié (52%) des sols en Europe et sur le pourtour méditerranéen étaient affectés par la sécheresse fin mai, un record mensuel depuis le début des observations en 2012, selon l'analyse par l'AFP des données de l'European Drought Observatory (EDO). C'est le taux le plus élevé enregistré, tous mois confondus, juste devant le mois d'avril qui dépassait déjà les 50%. Il dépasse de plus de 20 points la moyenne d'un mois de mai entre 2012 et 2024 (31%). L'indicateur de sécheresse de l'observatoire du programme européen Copernicus, basé sur des observations satellitaires, combine trois paramètres: précipitations, humidité des sols et état de la végétation. Il en déduit trois niveaux de sécheresse (surveillance, avertissement, alerte). En moyenne en mai 2025, 41% des sols européens et du pourtour méditerranéen étaient en déficit d'humidité (avertissement) et 5% en alerte, ce qui signifie que la végétation s'y développait anormalement.

Pesticides/PFAS : des scientifiques alertent sur une tentative d’affaiblir la définition

Dans une lettre publiée le 10 juin dans la revue scientifique Environmental Science & Technology, repérée par Le Monde (article payant), un groupe de 20 chercheurs d’universités européennes et nord-américaines s’inquiètent de manœuvres pour modifier la définition des per et polyfluoroalkykés (PFAS, ou « polluants éternels ») et in fine affaiblir la réglementation. Les scientifiques affirment que la définition actuelle de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) « est scientifiquement fondée, sans ambiguïté et parfaitement adaptée à l'identification » des PFAS. « Nous craignons que certaines personnes et organisations ne cherchent à obtenir une redéfinition des PFAS approuvée par l'Union internationale de chimie pure et appliquée (IUPAC) afin d'exclure certains sous-groupes de produits chimiques fluorés du champ d'application de la définition existante », préviennent-ils. Une démarche « motivée par des raisons politiques et/ou économiques plutôt que scientifiques ». Alors que la définition de l’OCDE « repose uniquement sur les caractéristiques moléculaires intrinsèques », des « définition alternatives » des PFAS comme celle de l’IUPAC « pourraient exclure les gaz fluorés (gaz F), l'acide trifluoroacétique (TFA) et/ou les polymères » du champ des PFAS. 

Cadmium : le dépistage sera remboursé « à l’automne » en médecine de ville

Le dépistage du cadmium « est remboursé à l’hôpital et il le sera à l’automne en médecine de ville », a indiqué le ministre chargé de la Santé Yannick Neuder en séance de question au gouvernement à l’Assemblée, le 10 juin. Selon le ministère, « les travaux sur le remboursement des tests de dépistage du cadmium pour les personnes à risque, et le cadre de ce remboursement, sont en cours avec l’objectif d’avoir défini » ce périmètre d’ici la fin 2025, rapporte l’AFP. Le 5 juin, les unions régionales des professionnels de santé-Médecins Libéraux (URPS) avaient dénoncé « une explosion de la contamination des jeunes enfants » au métal toxique, liée à « leur consommation d’aliments de la vie courante tels que les céréales du petit déjeuner, les pains et leurs dérivés, les pommes de terre ». Une contamination « très largement imputée à l’épandage d’engrais phosphatés contenant trop de cadmium », selon les praticiens, qui expose à un risque accru de pathologies cardiovasculaires et de cancer notamment. Quant à la recommandation émise en 2021 par l’Anses de ne pas dépasser les 20mg de cadmium par kg d’engrais phosphatés, M. Neuder a affirmé qu’il sera « particulièrement vigilant sur l’arrêté que doit prendre le ministère de l’Agriculture sur ce sujet, comme l’ont fait d’autres pays, comme la Finlande, la Pologne ou la Roumanie ».

Protéines : favoriser le végétal sans « diaboliser » la viande (rapport parlementaires)

L’Opecst (Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques) a publié un rapport sur les protéines, le 11 juin, dans lequel il formule dix recommandations. Sur les légumineuses, les « efforts de recherche variétale » sont jugés « indispensables ». En matière de production d’insectes : il ne faut pas « abandonner », « en dépit du modèle économique encore très fragile de cette filière ». Sur les protéines alternatives en général, il faudrait « favoriser [cet] écosystème », car les technologies sont porteuses d’avenir « sur des marchés de niche ou des marchés extérieurs, sur lesquels la France doit se positionner, en vue d’un retour sur les investissements consentis pour l’émergence de nombreuses start-up ». Autre conseil : « poursuivre la recherche sur la culture cellulaire ». Du côté des cantines scolaires, « l’expérience des menus végétariens doit être poursuivie ». Les parlementaires suggèrent aussi de « fixer un objectif d’autonomie protéique de l’élevage à l’échelle européenne », et de « tirer les leçons de la faible efficacité des plans protéines successifs » en France. Pour autant, « la consommation de viande ne doit pas être diabolisée car elle a ses vertus, notamment en termes d’apports protéiques, et reste un pilier de la gastronomie ». 

Lait : l’APLBC compte attirer une centaine de nouveaux éleveurs d’ici deux ans

L’organisation de producteurs (OP) APLBC (Association des producteurs de lait pour le bien collectif) compte attirer environ une centaine de nouveaux éleveurs laitiers au cours des deux prochaines années. Elle rassemble déjà 739 exploitations dans 29 départements et a collecté 600 millions de litres (ML) de lait en 2024, contre 400 ML un an avant, comme le précise un communiqué publié à l’issue de l’assemblée générale tenue le 10 juin. Cette forte hausse est liée à l’arrivée début 2024 de 134 exploitations normandes, et début 2025 de 130 éleveurs de l’OP historique de Novandie (ultra-frais MDD et à marques Mamie Nova et Bonne Maman) situés dans la Somme et de Pas-de-Calais. L’OP a aussi fait entrer des producteurs qui ont quitté Lactalis, industriel engagé dans un politique de réduction de sa collecte. Au cours de l’année 2024, l’APLBC a noué plusieurs contrats tripartites incluant LSDH et les marques MDD de lait de consommation d’Auchan, d’Aldi, de E. Leclerc et de Carrefour. Le prix moyen payé du lait a été de 494 €/1000 L et désormais les contrats tripartites couvrent 80% du lait d’APLBC contre 50% il y a 18 mois. « Nous avons besoin de visibilité et de sérénité pour investir, continuer à produire un lait de qualité, et faire face aux défis climatiques », souligne Jérôme Chapon, le président de l’OP. 

Lait : vers une demande soutenue en protéines aux Etats-Unis et en Europe

« Dans les cinq prochaines années, la demande en protéines va être de plus en plus soutenue, non seulement aux Etats-Unis mais aussi en Europe », à raison d’une production stable dans les grands bassins exportateurs et d’un prix du lait qui se maintient à son niveau actuel, autour des 45€/100 kg en Europe. Tel est le constat dressé par Christophe Lafougère, PDG du cabinet de conseil Gira, à l’occasion de l’événement Marchés mondiaux lait et viande de l’Idele le 11 juin à Paris. Aux Etats-Unis, les personnes suivant les nouveaux traitements anti-obésité recherchent des produits laitiers à forte teneur en protéine pour compenser la perte de masse musculaire, ce qui soutient la demande en yaourts et plus largement le secteur de la nutrition spécialisée. En Europe, la demande est soutenue par le vieillissement de la population et demain peut-être par les traitements anti-obésité. La demande de fromage est orientée à la hausse, ce qui est une « bonne nouvelle » selon Christophe Lafougère, puisque la production de fromage permet d’obtenir du lactosérum et de la protéine. Quant au prix du lait, il devrait se maintenir à un niveau élevé grâce à une demande mondiale en hausse et des grands exportateurs (États-Unis, Europe et Nouvelle-Zélande) dont les capacités de production sont atteintes. 

Bovins : nouvelle mobilisation des ONG contre le transport de veaux par Britanny Ferries

Dans un communiqué du 11 juin, six ONG de protection animale (cinq françaises et une irlandaise) appellent à « une nouvelle journée de mobilisation le 21 juin » contre le transport de bovins vivants par Britanny Ferries entre Rosslare (Irlande) et Cherbourg, estimant que la compagnie « viole la réglementation européenne ». Après une première action les 6 et 7 avril, les associations – dont L214, la Fondation Brigitte Bardot ou encore CIWF et Welfarm – appellent leurs militants à manifester « dans les ports de Cork (Irlande) et de Cherbourg ». Selon les ONG, les animaux transportés par Britanny Ferries sur la ligne Rosslare-Cherbourg sont « essentiellement » des veaux non sevrés, ce qui « ne peut que constituer une violation des règles européennes ». Ce trajet dure en moyenne 18 heures, or « le droit communautaire exige que les veaux non sevrés puissent, après neuf heures de transport, avoir un temps de repos d'au moins une heure, notamment pour être abreuvés et alimentés ». En mars, Britanny Ferries avait annoncé reprendre le transport d’animaux vivants après 30 ans d’arrêt. Tous transporteurs confondus, plus de 193 000 bovins vivants ont été exportés d’Irlande vers l’UE (dont 142 000 veaux) durant les quatre premiers mois de 2025, d’après le ministère irlandais de l’Agriculture.

Œufs : un avis de l’Anses sur la détection des salmonelles cet automne (ministre)

Ce 10 juin, pendant la séance publique des questions orales des sénateurs, Annie Genevard a annoncé que l’Anses devrait restituer en début d’automne les résultats de ses travaux sur l’optimisation du dépistage de salmonelles dans les élevages de poules pondeuses. Sur cette base, « les modalités de prélèvement pourront évoluer tout en permettant aux aviculteurs français d’être plus sereins et en assurant la sécurité sanitaire que l’Etat doit aux consommateurs », a annoncé la ministre de l'Agriculture. Elle a aussi rappelé que la suppression depuis 2018 du 2e dépistage systématique après un premier positif se justifiait par le caractère intermittent des excrétions de la bactérie. L'interprofession de l’œuf (CNPO), qui avait poussé à la saisine de l’Anses sur le sujet, attend des services de la ministre la confirmation de l’échéance de remise des travaux, afin d’entreprendre des discussions sur les conditions d’allègement des plans de surveillance, apprend-on auprès de sa directrice Alice Richard. Le CNPO avait assuré au ministère, avant sa saisine de l’Anses, que des prélèvements de poussières dans l’environnement de l’élevage pouvaient donner un résultat positif sans que celui-ci ne soit atteint.

Influenza aviaire / Brésil : un élevage non commercial est touché dans le Mato Grosso

Le ministère brésilien de l’Agriculture a révélé le 7 juin sur son site internet un foyer d’influenza hautement pathogène dans un élevage de volailles « de subsistance » de l’Etat du Mato Grosso (centre), à Campinápolis. Les autorités sanitaires de cet Etat ont communiqué de leur côté en précisant que ce foyer se situait en dehors des zones de production avicole industrielle. Le ministère du Brésil souligne qu’il n’entraîne pas de restrictions au commerce international des produits avicoles ni ne modifie la période de vide sanitaire de 28 jours après l’achèvement le 22 mai de la désinfection de l’unique cas en élevage commercial dans la zone de Monténégro au Rio Grande do Sul. Aussi les exportateurs de viandes de volailles espère-t-ils bénéficier à nouveau du statut indemne de leur pays dans une semaine. Ceci même si les pays clients qui ont mis la volaille brésilienne sous embargos ne reviendront pas immédiatement aux achats. Le Mexique a pour sa part restreint ses restrictions à la municipalité de Monténégro alors qu’elles concernaient tout l’Etat du Rio Grande do Sul, a informé le ministère le 10 juin. L’état d’urgence sur l’ensemble du pays doit se prolonger jusqu’à la mi-juillet. 

Cuma : Genevard tient ferme sur la baisse du Dina, et évoque les pistes d'adaptation

À l'occasion des questions au gouvernement le 10 juin, la ministre de l'Agriculture s'est exprimée publiquement à propos de la baisse du budget consacré au Dispositif national d’accompagnement des projets et des initiatives (Dina), unique subvention étatique accordée aux Cuma. Annie Genevard n'a pas revu sa position concernant la baisse d'un tiers du budget alloué au dispositif, et elle a présenté les différentes pistes d'adaptation possible : soit utiliser une grille de priorisation mise en place en 2023, pour réserver l'aide aux Cuma qui n'en ont pas encore bénéficié ; soit abaisser le taux d'aide publique, ce qui permettrait d'accompagner davantage de Cuma. Interrogé par Agra presse, le secrétaire général de la FNCuma Pierre Supervielle indique que ces deux pistes avaient été proposées par la ministre lors d'un récent entretien, et ont été exposées à leur réseau, qui « est vent debout face à cette proposition inacceptable ». En vue du prochain entretien prévu le 7 juillet, la FNCuma demandera que le budget soit maintenu au niveau des dépenses effectuées en 2024, soit 1,2 millions d'euros. Le ministère de l'Agriculture prévoit d'abaisser le budget à 800 000 euros, contre une enveloppe de 1,5 M€ jusqu'alors.