Installation : une étude dresse les portraits-types des Nima
Qui sont les Nima ? Une étude (note d'analyse) d'AgroSup Dijon et de l'Inrae, publiée le 10 juin, identifie quatre trajectoires de ces exploitants non issus du milieu agricole : déclassement, exit professionnel, mobilités sociales, vocations précoces. Les Nima avec des trajectoires de déclassement ont vécu une frustration par rapport à leurs aspirations initiales, d’après les auteurs. Accéder au métier d’agriculteur, qu’ils louaient pour sa valeur environnementale, permettait de réduire ce décalage. Existent aussi les trajectoires d’exit professionnel. Avec pour beaucoup d’individus, une reconversion motivée par un désenchantement. C’est le cas de ceux ayant de fortes préoccupations environnementales, qui voient dans l’installation agricole l’opportunité d’exercer un métier plus en adéquation. D’autres Nima ont connu des mobilités sociales ascendantes ou horizontales. Pour eux, l’entrée en agriculture représente une opportunité de gagner en autonomie. A cette typologie, l’étude associe des systèmes de production. Les individus en exit professionnel se sont principalement dirigés vers le maraîchage, ceux en mobilité ascendante ou horizontale vers l’élevage de volailles. Les Nima précocement socialisées à l’agriculture ont plébiscité l’élevage de ruminants, les déclassés des orientations atypiques. Ceux en exit professionnel ou déclassement se sont principalement tournés vers la bio.
Installation : les nouveaux actifs à rebours des idées reçues (étude)
« Les installés « non issus du milieu agricole » : des producteurs comme les autres ? » : une étude INP-AgroToulouse (note d'analyse), publiée le 10 juin, bat en brèche des idées reçues sur ces « Nima ». L’une d’elles tend à les cantonner à certaines structures, peu demandeuses en ressources financières et humaines. Faux, selon l’étude qui s’appuie sur le recensement 2020 concernant les installés hors cadre familial (pas uniquement les Nima, « difficiles à quantifier »). Ils s’orientent vers « tous les types d’entreprises agricoles ». Des enquêtes dans le Languedoc viennent compléter cette analyse statistique. Les Nima ne s’y révèlent pas tant différents des autres. « Issus ou non du milieu agricole, les nouveaux installés ont fréquemment des trajectoires de reconversion professionnelle et ont connu des périodes de salariat agricole antérieures à l’installation », d’après le rapport. La filiation ne détermine pas non plus le type de projet d’entreprise. « On peut trouver des Nima qui s’installent sur des structures conséquentes avec un projet entrepreneurial peu différent de ceux classiquement portés par les autres. » La seule exception concerne les créations de petites structures en maraîchage diversifié et en PPAM, qui semblent relever spécifiquement de Nima sans liens antérieurs avec l’agriculture.
Temps de travail des agriculteurs : une étude montre peu d’écarts selon l’origine sociale
« Les exploitants non issus du milieu agricole (Nima, NDLR), ayant a priori un rapport au temps plus proche des normes du salariat, ne se distinguent qu’à la marge de leurs homologues issus de familles agricoles. La forte emprise temporelle du travail concerne les agriculteurs de toutes les origines sociales. » Telle est la conclusion d’une étude (note d'analyse) de l’université de Lorraine, publiée le 10 juin. Des différences entre Nima et Ima existent à la marge. En maraîchage, les Nima déclarent un temps de travail hebdomadaire plus faible de 6 heures. Un écart qui peut être interprété à l’aune des caractéristiques des exploitations, avancent les auteurs. Dans leur enquête, 65 % des maraîchers Nima ont moins de 3 ha, contre 29 % chez les autres. L’étude ne montre pas de différence significative entre les Nima et les Ima dans leur propension à s’imposer des horaires ou à rationaliser leur emploi du temps. Ces dispositions planificatrices sont davantage corrélées au niveau de diplôme. Enfin, prendre plus de dix jours de vacances ou déclarer au moins deux activités extra-agricoles sont des pratiques significativement associées à l’origine non agricole. Le rapport entre les taux de pratique des Nima (46 % et 49 %) et des Ima (30 % et 35 %) atteint près de 1,5, ce qui est élevé, notent les auteurs. Ces différences de pratiques sont également corrélées aux niveaux de diplôme les plus élevés.
Engrais : Bruxelles envisage de réduire les droits de douane sur les importations américaines
Dans le cadre des négociations qu’elle mène actuellement avec Washington afin d'éviter l’application des tarifs douaniers « réciproques », Bruxelles envisage d’abaisser les droits de douane sur les importations d’engrais en provenance des États-Unis. C’est ce qu’a déclaré le commissaire européen à l’Agriculture, Christophe Hansen, dans un entretien accordé à l’agence de presse Reuters le 5 juin. « Cela sera sur la table », a-t-il ainsi affirmé. Et d’ajouter : « Je pense que ce serait un grand pas en avant, ainsi qu'une offre faite aux États-Unis ». Le niveau de réduction devrait toutefois faire l’objet de discussions. Depuis 2019, l’UE impose des droits anti-dumping sur les importations d’urée et de nitrate d’ammonium en solution originaires de plusieurs pays, dont les États-Unis. Leur suspension est une demande récurrente des organisations et coopératives agricoles de l'UE (Copa-Cogeca), a fortiori dans le contexte des nouvelles sanctions contre la Russie. En effet, l’augmentation progressive des droits de douane sur les engrais russes (et biélorusses) a récemment été validée par les colégislateurs européens et devrait entrer en vigueur prochainement. Une réduction des tarifs sur les importations américaines pourrait alors être vue comme un moyen de diversifier les sources d’approvisionnement dans l'UE.
Pesticides/santé : Albane, une enquête « d’ampleur » qui inclut les néonicotinoïdes
Santé Publique France et l’Anses ont lancé l’enquête nationale Albane le 10 juin, qui vise à dépeindre l’état de santé de la population française et son évolution dans le temps. C’est une enquête « innovante », car elle est « cyclique » et vise à être de long terme comme ce qui se fait en Amérique du nord, a exposé la directrice générale de Santé Publique France, Caroline Semaille, en conférence de presse. Le premier cycle qui vient d’être lancé durera deux ans, au cours desquels plus de 3 000 personnes « de 0 à 79 ans » tirées au sort participeront. L’enquête est aussi « d’ampleur inédite », car elle repose sur trois piliers : santé, alimentation/nutrition et surveillance des expositions aux substances chimiques. Dans ce volet biosurveillance, une quinzaine de familles de substances seront mesurées : les métaux dont le cadmium, les composés perfluorés (PFAS), les organochlorés qui sont interdits mais que l’on retrouve encore dans l’environnement, les pyréthrinoïdes qui ont remplacé ces derniers, les organophosphorés et le glyphosate. « On a une nouveauté dans Albane : ce sera l’analyse des néonicotinoïdes, de certains antifongiques comme le triazole et le folpel », a détaillé le chef de projet, Loïc Rambaud. Il est aussi prévu de faire un « suspect screening pesticides » pour vérifier dans les urines la présence éventuelle d’autres pesticides.
Pomme de terre : des inquiétudes en Allemagne au sujet d'attaques d'un ravageur (presse)
D'après un article d'Euronews paru le 9 juin, les producteurs de pommes de terre en Allemagne s'inquiètent d'attaques de la cicadelle des joncs, insecte ravageur vecteur de la maladie dite de Stolbur. L'Union allemande des agriculteurs (syndicat national) réclame des mesures d'urgence, notamment l'autorisation d'usage de produits phytosanitaires. Son président, Joachim Rukwied, s'en est pris au ministère de l'Agriculture du Bade-Wurtemberg, dénonçant son manque de réactivité : « On n'a manifestement pas reconnu la gravité de la situation. Nous avons maintenant besoin de solutions pour 2025 et celles-ci ne peuvent être à court terme que l'autorisation d'urgence de produits phytosanitaires efficaces ». L'insecte menacerait pour l'instant particulièrement les cultures de pommes de terre dans le sud du pays, mais aussi de betteraves sucrières et de légumes. Le land du Bade-Wurtemberg serait particulièrement touché. Mais le président du syndicat allemand indique que le ravageur poursuivrait sa progression vers le nord, et aurait été détecté dans les Länder de la Rhénanie-Palatinat, de la Bavière, de la Hesse, de la Basse-Saxe et de la Saxe-Anhalt. Pour rappel, la maladie de Stolbur, provoquée par une bactérie, Candidatus phytoplasma, engendre un décrochement des rendements et des qualités gustatives.
Meunerie : en 2024, marché « dynamique », mais « rentabilité au plus bas » (ANMF)
Comme pressenti, les quelque 400 moulins français ont produit en 2024 « plus de 4 Mt de farine de blé », soit +5,5 % en un an, a annoncé l’ANMF (meuniers) dans un communiqué publié le 10 juin, dix jours avant sa convention annuelle. Selon son bilan annuel, les ventes dans l’Hexagone ont progressé dans les mêmes proportions (+5 %, à 3,86 Mt), grâce à « des marchés en progression en volume » (notamment l’industrie agroalimentaire, l’amidonnerie et la nutrition animale ; la boulangerie artisanale, premier débouché, est stable). Mais en raison d’une « rentabilité au plus bas », l’ANMF tire un « bilan en demi-teinte » de l’année passée. La profitabilité des moulins français « s’est considérablement dégradée au cours des cinq dernières années » : le secteur a dégagé « un résultat moyen négatif en 2023 (-1 % contre 3 % pour l’IAA) » ; une tendance qui ne s’est pas démentie en 2024, selon le syndicat. L’explication : une « augmentation des charges de production qui ne sont pas intégralement répercutées sur les prix de vente ». L’année passée a aussi été marquée par « une progression historique » des importations de farine (400 000 t), récemment pointée par l’ANMF. Grâce à leur meilleure compétitivité, les industriels allemands ont ainsi fourni un quart des paquets de 1 kg vendus en GMS (50 000 t sur 200 000).
Sucre : Cristal Union enregistre le troisième meilleur exercice financier de son histoire
Les dirigeants de la société coopérative Cristal Union, regroupant 45 % des surfaces françaises de betteraves sucrières, ont annoncé que l’exercice 2024-2025 constituait la troisième meilleure performance financière historique, lors d’une conférence de presse à Paris le 10 juin. Des résultats qui font écho aux annonces de Tereos il y a quinze jours. Le chiffre d’affaires ainsi que l’Ebitda sont en recul par rapport à l’an dernier, exercice exceptionnel, période durant laquelle les prix européens du sucre atteignaient 800 €/t. Dans le détail, ils s’effritent respectivement de 3,8 % et 33 % annuellement, à 2 650 M€ et 287 M€. Mais ils se situent à un niveau très satisfaisant, faisant dire au président Olivier de Bohan que l’exercice 2024-2025 a été « très bon ». De son côté, le résultat net, lui aussi qualifié de troisième meilleur historique, s’affiche à 117 M€, contre 307 M€ l’an dernier. À l’avenir, Cristal Union compte poursuivre sa stratégie basée sur la commercialisation du sucre, dans un contexte où l’UE reste déficitaire. Il compte également intensifier sa décarbonation, afin, entre autres, de réduire sa dépendance aux énergies fossiles, et sa baisse de consommation d’eau. « Dès cette campagne 2025, aucune de nos sucreries ne pompera d’eau de la nappe phréatique », a déclaré Olivier de Bohan. Par ailleurs, les distilleries cesseront également leur prélèvement d’eau en 2030.
Sucre : chez Cristal Union, une caisse de péréquation en cas de mauvaises années
Lors de la conférence de presse des résultats de la coopérative sucrière Cristal Union, le 10 juin à Paris, les dirigeants ont annoncé la création d’une caisse de péréquation il y a deux ans, qui regroupe aujourd’hui 100 M€, afin de pallier les éventuelles chutes des cours du sucre. Pour résumer, il s’agit d’une mise en réserve d’une part des résultats du groupe, « afin de stabiliser les revenus des planteurs de betterave », déclare Xavier Astolfi, directeur général de Cristal Union. Et l’avenir proche pourrait inciter le groupe coopératif à recourir à cet outil. Stanislas Bouchard, directeur général adjoint, rappelle que les cours européens sont « passés de 800 €/t en 2023-2024 à 550 €/t environ en 2025 », et qu’ils pourraient rester bas jusqu’à la fin de l’année. « Un rebond des prix est nécessaire, car le marché n’a pas intégré les hausses de coûts de production (énergie notamment). Les niveaux observés ne permettent pas de rémunérer les agriculteurs, ainsi que les sucreries les moins compétitives », complète-t-il. Alors que Cristal Union a proposé un prix de 41,44 €/t en 2024, ce niveau est susceptible de reculer cette année. « Le prochain exercice devrait être moins bon. Mais ce fonds de réserve peut permettre de relever le prix moyen de la betterave de 3 €/t à 7 €/t environ », précise Olivier de Bohan, président de Cristal Union.
Miscanthus/cotisations : l’accord à étendre « prendra du temps » (interprofession)
L’interprofession du miscanthus (IFM), reconnue comme telle début mars par arrêté, s’est présentée en conférence de presse le 10 juin. Trois collèges la composent : les producteurs de plants (présidé par Manoël Couprie, d.g. de Novabiom), les producteurs de miscanthus (Cyril Cogniard, agriculteur en Ardennes, FNSEA, aussi président de l’IFM) et les transformateurs (Samuel Maignan, d.g. de DéshyOuest). Prochaine étape : créer un accord professionnel à étendre, avec à la clé des cotisations obligatoires. L’objectif est « un budget de 100 000 € », chiffre Alain Jeanroy, président de l’association France Miscanthus. « Cela prendra du temps – rendez-vous début 2027 – mais le ministère de l’Écologie est très intéressé par cette filière. » Celle-ci progresse : 11 500 ha (en croissance moyenne de 12 % par an depuis cinq ans), 2 650 exploitations, et une production de 130 000 t de matière sèche, soit « le double par rapport à 2018 », selon l’IFM. La litière animale représente 52 % des débouchés, contre 30 % dix ans plus tôt, le paillage horticole 25 % (10 % en 2014), la combustion 20 % (60 % en 2014), l’alimentation animale (bovins et pet-food) 3 %. La valorisation de la tonne de matière sèche se situe « entre 150 et 250 € », précise M. Jeanroy, par ordre croissant : « combustion, litière puis paillage horticole ».
Vin : les Vingt-sept s’approchent d’un compromis sur les mesures de soutien de Bruxelles
Les discussions se poursuivent au sein du Conseil de l’UE concernant le paquet de mesures de soutien dans le secteur vitivinicole proposé le 28 mars avec pour objectif de parvenir à un compromis le 19 juin, avant d'entamer les trilogues avec le Parlement européen. À l’occasion de la réunion du Comité spécial agriculture (CSA) du 10 juin, les experts agricoles ont ainsi examiné un projet de texte de la présidence contenant des suggestions d'amendements. L’orientation générale préparée par la présidence polonaise a été saluée par les États membres, notamment l’augmentation du taux de soutien aux mesures de promotion dans les pays tiers, ou encore la possibilité de soutenir les actions de lutte contre la flavescence dorée dans le cadre des plans stratégiques de la Pac. Toutefois, plusieurs délégations souhaitent affiner la terminologie utilisée pour les vins à faible teneur en alcool afin de ne pas induire les consommateurs en erreur. Dans sa proposition, Bruxelles introduit en effet deux nouvelles définitions : « vin sans alcool » et « vin léger en alcool ». De son côté, le Parlement européen vient tout juste de démarrer ses travaux sous la houlette de l’espagnole Carmen Crespo Diaz (PPE, droite) et ne devrait les finaliser qu'après la pause estivale.
Prix et marges : évolutions contrastées en 2024 selon les filières (rapport)
Le rapport 2025 de l’Observatoire de formation des prix et des marges (OFPM), publié par le média Contexte (télécharger), fait ressortir des évolutions contrastées pour l’année 2024. En ce qui concerne la composition en pourcentage du prix annuel moyen de l’escalope/filet de poulet en GMS, on constate une nette régression du coût entrée abattoir (de 42,2 % en 2023 à 36,5 % en 2024), mais une progression de la marge brute de la GMS (de 31,4 % à 36,2 %) et de l’abattage découpe (+0,9 point). Pour la viande de bœuf hachée réfrigérée à 15 % de matière grasse, on observe un recul de la matière première (à 50,5 % contre 51,7 % en 2023 et 54,7 % en 2022), une hausse de la marge brute de la transformation (+0,8 point) et de celle de la GMS (+0,4 point). Pour le porc, la part du prix moyen annuel revenant à la matière première est en recul pour la côte, la longe et surtout le rôti (49,2 % contre 54,4 %). L’abattage, la découpe et la distribution voient leur part progresser. Pour le panier de légumes (modélisé pour tenir compte de la saisonnalité), l’OFPM constate que la part de la valeur expédition est en hausse pour la 6e année consécutive, atteignant 51,6 % contre 50,9 % en 2023, au détriment de la GMS qui voit sa part reculer.
Porc : Pékin prolonge son enquête sur les importations de l’UE jusqu’au 16 décembre
Le ministre chinois du Commerce a annoncé, le 10 juin, la prolongation jusqu'au 16 décembre de son enquête antidumping sur les importations de viande de porc et de sous-produits porcins originaires de l'UE. L’empire du Milieu justifie cette prorogation de six mois « compte tenu de la complexité de cette affaire ». L’enquête antidumping concerne la période allant du 1er janvier 2023 au 31 décembre 2023, alors que celle sur les dommages à l’industrie du porc en Chine concerne celle allant du 1er janvier 2020 au 31 décembre 2023. L’ouverture de cette procédure par Pékin en juin 2024, comme d’autres sur le cognac et les produits laitiers, était une réponse directe à la mise en œuvre provisoire – devenue depuis définitive – par Bruxelles des droits compensateurs sur les véhicules électriques à batterie. En mars, les dirigeants chinois et européens ont annoncé la création d’un groupe de travail sur l’accès au marché agroalimentaire, dont l’objectif serait de rééquilibrer les relations et d’ouvrir le marché aux produits agricoles européens. Les deux parties doivent se retrouver en juillet pour un Sommet marquant les 50 ans des relations diplomatiques sino-européennes.
Porc : Philippe Bizien voit sa procédure en diffamation contre Splann ! annulée
Le média d’investigation Splann ! se félicite, dans un communiqué le 6 juin, de l'annulation par la chambre de l’instruction de Rennes, le même jour, de la procédure déposée à son encontre par Philippe Bizien, président d’Evel’Up et d’Inaporc. Ce dernier avait attaqué le directeur de la publication et deux journalistes, auteurs d’un article du 6 mai 2024 intitulé « Copains comme cochons » sur les lobbyistes du porc en Bretagne, qui le présentait comme le « poids lourd » du secteur. La chambre d’instruction a reconnu que les avis préalables à la mise en examen « ne mentionnaient pas aux requérants qu’ils pouvaient se taire, violant ainsi un principe fondamental de la procédure pénale : le droit au silence », selon le communiqué du média. Mais si le tribunal prononce « la nullité des actes d’information et la prescription de l’action » intentée par M. Bizien, il rejette le versement d'une amende civile par ce dernier, laissant les frais de justice à la charge du journal. Pour faire face financièrement et se conforter dans sa liberté d’expression, Splann ! avait lancé le 28 mai un appel aux soutiens. Il se vante le 6 juin que plus de 1 100 personnes y ont répondu et versé plus 60 000 euros au total dans sa cagnotte.
Viande : la transition agroécologique menacerait un tiers des abattoirs de l’Ouest (étude)
Dans une étude publiée dans le Journal of Agricultural Economics, des chercheurs de l’Iddri et de l’Inrae ont évalué l’impact économique de la transition agroécologique sur l’industrie de la viande (porcs, volailles et bovins). Résultat : les abattoirs de l’Ouest « sont les principaux perdants » et « plus d’un tiers » d’entre eux fermeraient. La transition étudiée consiste en une réduction et une relocalisation des productions animales : celles-ci seraient adaptées à un seuil de 29 % de prairies permanentes par petite région agricole (minimum pour maintenir la surface en herbe française), ainsi qu’aux surfaces en légumineuses pour le porc et les volailles. Ce scénario baptisé « Ambition élevée » provoquerait une chute de la production nationale de 37 % pour la viande bovine, 36 % pour le porc et autant pour la volaille. L’Ouest, qui concentre ces trois filières, subirait des pertes quasi doublées (-65 %, -81 % et -78 % respectivement). Avec le transfert de la production, d’autres sites ouvriraient ailleurs en France ; en tout, le nombre d’entreprises d’abattage-découpe augmenterait de 7 % en volailles, et reculerait de 4 % en porcs et de 9 % en bovins. Face à ce « changement significatif pour l’industrie de la viande », l’étude plaide pour des soutiens aux abattoirs (notamment les plus petits), ainsi qu’aux salariés, aux éleveurs, et aux financeurs.
Élevage : deux fois moins d'animaux tués en 2030, l'objectif « intermédiaire » de L214
Réduire de moitié le nombre d'animaux tués et donc la consommation française de viande d'ici 2030 permettrait de diminuer les émissions de gaz à effet de serre, la souffrance animale et les risques pour la santé sans menacer la souveraineté alimentaire, affirme L214 dans un rapport publié le 10 juin. L'ONG, qui milite pour le bien-être animal et l'abandon de la viande dans les régimes alimentaires, propose cet objectif « intermédiaire, consensuel et atteignable », soulignant que la France consomme deux fois plus de viande (83,5 kgéc/an /habitant) que la moyenne mondiale. Elle cite ensuite des enquêtes d'opinion dans lesquelles de nombreux Français déclarent manger moins de viande et/ou vouloir réduire leur consommation, sans que celle-ci n'ait vraiment baissé ces dernières années à l'échelle nationale. « Tous les scénarios de durabilité pour la France recommandent de réduire la consommation de viande mais aucun ne prend explicitement en compte le nombre d’animaux tués ni leurs souffrances », souligne l'association dans son rapport. « Cet objectif permet déjà de limiter les pratiques les plus délétères, notamment l'élevage intensif et l'aquaculture, et de diminuer significativement le nombre d'animaux tués : 600 millions sur les 1,2 milliard » d'animaux terrestres tués aujourd'hui et plus de 3,5 milliards d'animaux aquatiques sur sept, précise L214.
Paysagistes/travail dissimulé : une fraude sociale de plus de 1 M€ jugée en octobre
Quatre personnes soupçonnées d’une fraude de plus de 1 M€ au préjudice de la MSA seront jugées le 9 octobre par le tribunal correctionnel de Draguignan (Var) pour « blanchiment de travail dissimulé en bande organisée », selon un communiqué de la gendarmerie, cité par l’AFP le 10 juin. Parmi elles figure le gérant de trois sociétés de travaux d’espaces verts, dans le Var et les Bouches-du-Rhône, ayant « employé au noir une cinquantaine de salariés, souvent en situation irrégulière, les privant de droits sociaux », note le communiqué. Des saisies au titre des avoirs criminels pour une valeur totale estimée à plus de 140 000 euros, et des saisies pénales bancaires à hauteur de 80 000 euros ont été ordonnées. « L’enquête permet de constater également un blanchiment de fraude fiscale à hauteur de 300 000 euros au préjudice de la Direction générale des finances publiques, notamment avec des transferts d’argent vers le Maroc », ajoute la gendarmerie. Les quatre personnes mises en cause ont été placées en garde à vue le 3 juin, et sont soumises à un contrôle judiciaire jusqu’au 9 octobre.
Champignons : en France, une production et une consommation stables en 2024
La production française de champignons de couche se stabilise à 75 400 t en 2024, dans la moyenne 2021-2023, selon le dernier rapport de l’Anicc (interprofession du champignon de couche) présenté à l’occasion de son assemblée générale le 3 juin. Celle des champignons cultivés autres que champignon de couche (pleurotes, shiitakés, etc.) est estimée à 3 500 tonnes. Pour mémoire, la production française représentait en 2000 un peu moins du double des volumes actuels (soit 140 000 tonnes), elle connait une lente érosion depuis, même si la situation se stabilise depuis 2021. Les volumes sont produits aujourd’hui par une cinquantaine de champignonnistes ; 85 % sont originaires des Pays de la Loire, des Hauts-de-France et de l’Aquitaine. En 2024, les importations ont diminué pour atteindre 39 976 t (-4 %), mais restent à un niveau élevé. La Pologne renforce sa position de premier fournisseur de la France en champignons de couche frais au détriment des Pays-Bas et de la Belgique. L’origine polonaise représente 83 % des importations françaises avec près de 33 000 t en 2024. Les volumes importés des Pays-Bas comme ceux de Belgique sont en baisse depuis 2021. La consommation demeure stable, selon KantarWorldPanel (66,4 % des Français en ont acheté en 2024), avec des quantités stables à 2,6 kg par ménage.
Légumes : en Espagne, les importations marocaines en hausse au premier trimestre
Les importations espagnoles de légumes marocains ont augmenté de 24 % en volume (23 % en valeur) au cours du premier trimestre 2025 (janvier-mars) par rapport à la même période de l’année précédente, selon les données de la Fepex (producteurs et exportateurs espagnol). Le Maroc est devenu le premier fournisseur de l’Espagne, avec un volume de 188 076 t, pour une valeur de 481 millions d’euros (M€) au cours de la période. La Fepex rappelle que les importations marocaines ne représentaient « que » 156 000 tonnes en janvier-mars 2021, soulignant une progression de 54 %. La tomate est le principal produit marocain importé avec 32 313 t sur la période, contre 24 118 t en 2024 (+34 %). En valeur, les importations dépassent les 52 M€ de chiffre d’affaires (+57 %). Elle est suivie par le poivron (32 000 t, -2 %), pour une facturation de 42 M€ (+4 %) puis les haricots verts avec plus de 19 000 t (-17 %), pour une valeur de 42 M€ (-12 %). Pour la Fepex, la disparité entre les normes phytosanitaires et sociales requises par l’Union européenne et non pour les pays tiers exportant vers l’Europe explique une telle progression, qui se ferait au détriment de la production espagnole.
Fleurs/plantes : progression des exportations espagnoles au premier trimestre
Au premier trimestre 2025, les exportations espagnoles de plantes vivantes ont augmenté de 3 % par rapport à la même période en 2024, pour atteindre 170 millions d'euros, rapporte une note de la Fepex fin mai. Les plantes d'extérieur constituent le premier poste avec 80 M€ (+1 %). Ensuite, les arbres et arbustes ont enregistré une croissance de 16 %, pour atteindre 42 M€. En revanche, les plantes d'intérieur, troisièmes produits les plus exportés du secteur, sont orientées à la baisse (-11 %, à 23 M€). Les exportations de fleurs coupées ont généré une valeur de 29 M€, en hausse de 20 %, principalement grâce à la rose (6 M€) et à l’œillet (3,5 M€). On retrouve ensuite les feuillages, qui progressent sur la période de 27 %, à 14 M€. Les exportations de bulbes sont restées atones (à 2,4 M€), selon les statistiques du Département des douanes et accises de l'Agence fiscale espagnole, traitées par la Fepex. Forte de ces chiffres, l’Espagne demeure le premier exportateur de fleurs et plantes ornementales. Contrairement à ce qui avait été annoncé en début d'année, l'impact sur les productions des intempéries de l'automne 2024 semblerait pour l'instant limité.
Coopération/mutualisme : Laurent Poupart élu président de la CNMCCA
Laurent Poupart, président de Groupama assurances mutuelles, a été élu à la tête de la Confédération nationale de la mutualité, de la coopération et du crédit agricoles (CNMCCA), selon un communiqué de presse le 10 juin. Agriculteur dans le Pas-de-Calais, il succède à Dominique Chargé, président de la Coopération agricole, qui exerçait cette responsabilité depuis 2023. En effet, la présidence de la CNMCCA est alternativement exercée, pour une durée de deux ans, par chacune de ses composantes (Groupama assurances mutuelles, Mutualité sociale agricole, la Coopération agricole et Crédit agricole). En tant qu'organisation « employeur » reconnue par les pouvoirs publics, la CNMCCA participe au dialogue social ainsi qu'aux différents volets de la négociation collective au titre des professions agricoles.