UE/Mercosur : la France demande à l'UE le report des «échéances» prévues cette semaine
La France a demandé le 14 décembre à l’UE le report des «échéances» prévues cette semaine pour la signature de l’accord commercial avec des pays du Mercosur, estimant que les conditions ne sont «pas réunies pour un quelconque vote» des Etats européens, a indiqué Matignon dans un communiqué. La France veut notamment«obtenir les mesures de protection légitimes de notre agriculture européenne», a expliqué Matignon. La Commission européenne plaide toujours pour une signature du traité en marge du sommet du Mercosur au Brésil le 20 décembre. Mais le Conseil de l’UE, dont l’aval préalable est nécessaire, ne devrait se prononcer qu’après le vote de la clause de sauvegarde agricole au Parlement européen, le 16 décembre. Près de 70 amendements ont été déposés provenant principalement de gauche, des conservateurs et de l’extrême droite mais également de quelques députés d’autres groupes. La France continue de demander des garanties tandis que le ministre espagnol de l’Agriculture, Luis Planas, a rappelé, le 11 décembre en marge de la réunion des Vingt-sept, la position très favorable de son pays. Un temps considéré comme figurant parmi les opposants, la Belgique s’abstiendra, faute d’accord entre les différents gouvernements locaux. C’est ce qu’a indiqué le 9 décembre, le ministre fédéral de l’Agriculture David Clarinval à l’agence de presse Belga, évoquant à la fois des opportunités et des inquiétudes pour l’agriculture. Pour l’heure, l’accord UE/Mercosur n’est inscrit à l’ordre du jour d’aucune réunion du Conseil de l’UE alors que des agriculteurs sont attendus le 18 décembre à Bruxelles pour manifester devant les institutions.
Bovins/DNC : le ministère décrète la vaccination préventive dans les Pyrénées
En raison de la « dégradation soudaine de la situation sanitaire », le ministère de l’Agriculture a décidé de mettre en place une vaccination préventive obligatoire contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), via un arrêté paru au Journal officiel le 12 décembre. La vaccination était déjà obligatoire dans les zones réglementées autour des foyers en Ariège, dans les Hautes-Pyrénées et dans les Pyrénées-Orientales. Le reste des départements pyrénéens (Aude, Haute-Garonne, Gers, Landes et Pyrénées-Atlantiques) bascule en zone vaccinale. La vaccination y sera « intégralement prise en charge par l’État », indique le ministère dans un communiqué le 12 décembre. Par ailleurs, les pouvoirs publics ont instauré « l’interdiction de toute sortie de bovin de la zone vaccinale, sauf vers un abattoir ». Le ministère a annoncé « des contrôles routiers renforcés », afin de « garantir le respect de ces mesures ». Au niveau national, des mesures de biosécurité renforcées sont mises en place jusqu’au 1er janvier 2026 : interdiction des « rassemblements festifs de bovins », notification des mouvements dans les 24 h, désinsectisation des transports. Ces derniers jours, deux foyers ont été confirmés en Ariège et dans les Hautes-Pyrénées, occasionnant une nouvelle mobilisation contre l’abattage total.
Bovins/DNC : premier cas confirmé en Haute-Garonne, l’élevage ariégeois abattu
Un foyer de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) a été confirmé à Touille, dans le sud-est de la Haute-Garonne, a annoncé la préfecture dans un communiqué le 12 décembre. Il s’agit du premier cas dans ce département limitrophe de l’Ariège et des Hautes-Pyrénées, où des foyers ont été récemment déclarés. Ce nouveau foyer se situe dans la zone réglementée de 50 km établie autour du cas ariégeois. La préfecture de Haute-Garonne a annoncé le « dépeuplement de l’unité de bovins dans laquelle la présence de la DNC a été confirmée, conformément à la réglementation en vigueur ». En Ariège, les quelque 200 bovins du Gaec de Mouriscou ont été euthanasiés le 12 décembre malgré l’intense mobilisation pour empêcher l’abattage total. Après plusieurs heures d’affrontement avec les manifestants, les forces de l’ordre ont pris le contrôle de l’exploitation le 11 décembre vers 23h, rapporte l’AFP. Plusieurs centaines de manifestants étaient présents depuis le matin, essentiellement des fermiers affiliés à la Coordination rurale ou à la Confédération paysanne, mais aussi quelques militants « d'ultragauche », selon le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez. Enfin, dans les Hautes-Pyrénées, les 20 vaches d'un élevage de Luby-Betmont ont également été abattues le 12 décembre, conformément à la règlementation en vigueur.
Bovins/DNC: la pression monte dans le Sud-Ouest, à la veille d'une visite de Genevard
Des éleveurs de bovins multiplient les actions dans tout le Sud-Ouest, avant la venue lundi 15 décembre en Occitanie de la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, dont ils contestent la gestion de l’épidémie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Sur l’A64, bloquée depuis vendredi soir sur plus d’une centaine de kilomètres du Pays basque à l’est de Tarbes par des dizaines de tracteurs, des agriculteurs ont installé des sapins de Noël. «On est parti pour passer les fêtes ici», a déclaré à l’AFP Cédric Baron, agriculteur-éleveur de bovins à Montoussin (Haute-Garonne), mobilisé à Carbonne, point de départ d’un précédent mouvement de protestation agricole en janvier 2024. A Millau, une vingtaine de tracteurs ont déversé lisier, foin, pneus et ordures devant et dans la cour de la sous-préfecture de l’Aveyron, selon un photographe de l’AFP. D’autres agriculteurs se mobilisent près de Montpellier ou à Saint-Jean-de-Luz (Pyrénées-Atlantiques), avant de nouveaux appels au blocage en soirée à Bordeaux et en Dordogne. Dans l’Hérault, le sous-préfet de Lodève Éric Suzanne évoque une manifestation «limitée» mais rapporte "beaucoup plus de difficultés en Lozère et dans l’Aveyron, sur l’A75". Lundi, la ministre de l'Agriculture se rendra en Occitanie pour «assister aux débuts de la vaccination sur ce territoire».
Bovins/DNC : la Conf’ appelle à des « des blocages partout », la CR 47 veut monter à Paris
Dans un communiqué du 12 décembre, la Confédération paysanne a appelé à « organiser des blocages partout en France pour en finir avec cette folie », en référence à l’abattage total des lots d’animaux infectés par la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Depuis le premier appel à mobilisation lancé par la Conf’ le 4 décembre, les actions « prennent de l’ampleur ». « Le bras de fer avec la ministre de l’Agriculture a bien été lancé et va s’intensifier dans les prochains jours », menace le syndicat, qui prévoyait de nombreuses actions pour le week-end du 13 décembre et la semaine suivante. « Il va falloir monter à Paris rapidement », a menacé de son côté José Pérez, le président de la Coordination rurale du Lot-et-Garonne (CR 47), cité par Le Monde. Élargissant le mot d’ordre au-delà de la question sanitaire, M. Pérez a précisé qu’« on est en train de voir au niveau national comment on s’organise » et que, « par principe, il faudra aller faire un tour à Matignon ». Quant au président national de la CR, Bertrand Venteau, après avoir a été reçu le 12 décembre par la ministre de l'Agriculture, il a appelé devant la presse à « continuer à manifester » pour faire valoir la « vaccination généralisée » demandée par son organisation, d’après l’AFP.
Bovins/DNC : Genevard « condamne » les violences, la FNSEA défend l’abattage
Dans un message sur X, Annie Genevard a « condamné sans réserve » les violences survenues dans la nuit du 11 au 12 décembre aux Bordes-sur-Arize (Ariège), où plusieurs centaines de manifestants ont tenté d’empêcher l’abattage d’un troupeau infecté par la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). « Ces actes sont irresponsables. Ils mettent en danger une stratégie qui fonctionne déjà », selon la ministre de l’Agriculture. « La maladie doit être combattue en s’appuyant sur la science », a estimé de son côté Arnaud Rousseau lors d’une conférence de presse le 12 décembre. Relatant le point de vue des experts consultés par le syndicat, le président de la FNSEA a rappelé que l’abattage total des lots infectés constitue « la meilleure manière de contenir la maladie ». Et de préciser la position de la FNSEA : « préserver le plus de vaches possible, donc avoir le moins possible de foyers » de DNC, et « maintenir le revenu des éleveurs ». « Si la maladie n’est plus sous contrôle, nous serons mis sous cloche par l’Europe et nous devrons cesser toute exportation », a-t-il prévenu. Tout en reconnaissant que les abattages sanitaires provoquent une « émotion légitime », alors que les éleveurs sont « sous pression ». En raison notamment des perspectives de signature de l’accord UE-Mercosur, « il y a beaucoup de colère, et la DNC, c’est la goutte de trop ».
Bovins/DNC : des partis d'opposition prennent position contre l'abattage total
A la faveur des mobilisations de la Confédération paysanne et de la Coordination rurale qui s'intensifient, les leaders des partis d'oppositions traditionnellement alignés sur leurs positions se sont exprimés publiquement, pour s'opposer à l'abattage total des foyers contaminés par la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Marine Le Pen (Rassemblent national) a ainsi souligné vendredi le besoin «urgent» d’une concertation avec les agriculteurs pour trouver des solutions alternatives à l’abattage des troupeaux. Le chef de file de La France insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon, a jugé «absurde» cette politique. Favorable à la «généralisation de la vaccination», la présidente du groupe des députés LFI, Mathilde Panot, a écrit vendredi à la ministre de l’Agriculture Annie Genevard et au Premier ministre Sébastien Lecornu, demandant à la première une rencontre et au second l’organisation d’un débat au Parlement. Le secrétaire national du Parti communiste, Fabien Roussel, a apporté son «soutien» aux agriculteurs, tandis que la cheffe des Ecologistes, Marine Tondelier, a appelé sur France 3 la FNSEA à «revoir sa position». Dimanche, la présidente de la région Occitanie, Carole Delga (PS), a elle aussi interpellé le Premier ministre pour lui demander de «garantir, dans les plus brefs délais, un dialogue franc et sincère avec les agriculteurs» du pays. En commission la semaine dernière, le député Dominique Potier (PS) a dit son soutien à la stratégie sanitaire d'Annie Genevard.
Bovins/DNC : la région Occitanie débloque une aide de 300 000 € pour le repeuplement
Réuni en commission permanente le 12 décembre, le Conseil régional d’Occitanie a voté une « aide exceptionnelle pour soutenir les éleveurs touchés par la DNC » (dermatose nodulaire contagieuse), selon un communiqué du même jour. Cette enveloppe de 300 000 €, « complémentaire au dispositif de l’État », vise à « reconstituer les cheptels ». Au 12 décembre, la région Occitanie déplorait 23 cas confirmés de DNC (20 dans les Pyrénées-Orientales, un en Ariège, un dans les Hautes-Pyrénées et un en Haute-Garonne). Par ailleurs, la présidente du Conseil régional Carole Delga a demandé à Annie Genevard « d’ouvrir sans attendre un dialogue avec les représentants de la profession agricole en Occitanie », afin « d’envisager un nouveau protocole adapté en fonction des analyses scientifiques du Masa (ministère de l’Agriculture, NDLR) et des propositions des syndicats ». Dans l’Ariège, l’ensemble des syndicats – FDSEA comprise – a proposé le 10 décembre un « protocole expérimental » afin d’éviter l’abattage total des lots contaminés. Une demande appuyée par la chambre régionale, la FRSEA et les JA d’Occitanie dans un courrier à la ministre envoyé le lendemain, demandant « d’urgence une réflexion sur la question des euthanasies dans les élevages ».
Ministère de l'Agriculture: au Sénat, gauche et droite s'accordent pour des hausser de budget
A l'occasion de l'examen, le 12 décembre, du volet dépenses du projet de loi de finances (PLF) pour 2026, sénateurs de gauche et de droite se sont accordés pour adopter de nombreuses nouvelles dépenses dans les missions du ministère de l'Agriculture, toujours contre l'avis du gouvernement (qui a fait intégrer au budget ses récentes annonces pour la viticulture et les grandes cultures). A droite, les sénateurs ont fait adopter une majoration de 25 millions d'euros (M€) du fonds d'allègement des charges (Fac) pour la viticulture et les grandes cultures, après qu'un amendement du gouvernement l'avait déjà abondé de 10M€. Ils ont aussi fait voter des fonds supplémentaires pour les Cuma, la vaccination contre l'influenza, la lutte contre le loup. Ils ont fait adopté la création d'un fonds d'indemnisation de 12M€ contre le frelon asiatique, et de 30M€ pour la noisette. La gauche n'était pas en reste, qui a fait rétablir les fonds dédiés au plan haies tels que prévus en 2022 (110 M€), augmenté les fonds dédiés à l'Area (agriculteurs en difficulté), aux plans alimentaires territoriaux (10M€), au budget de l'Odeadom (outre-mer) et l'Inao (institut de la qualité). Enfin, un sénateur de la Réunion a fait adopté une augmentation de 8M€ du soutien appelé RSA dédié à l'alimentation animale en outre-mer.
Climat : la SNBC 3 ne sera « pas prescriptive » sur la consommation de viande
Alors que la publication de la Snanc (nutrition climat) a de nouveau été suspendue fin novembre, le projet de Stratégie nationale base carbone (SNBC 3) présenté le 12 décembre ne contient pas, comme l’an passé, d’objectif chiffré sur la baisse de consommation de viande, chose d’autant moins surprenante. « La SNBC est une stratégie climat, ce n’est pas un texte prescriptif sur les habitudes alimentaires des Français. Ça n’est pas une stratégie de santé publique, donc elle n’a pas vocation à être prescriptive sur la consommation de viande », a répondu le cabinet de Monique Barbut aux multiples questions des journalistes, en renvoyant « aux textes prescriptifs dédiés » au sujet tels le Plan national nutrition santé (PNNS) et la Snanc « qui devrait sortir dans les prochaines semaines ». Le cabinet de la ministre a expliqué que réduire la consommation de viande « n’est pas outil actionnable pour l’Etat » à la différence, par exemple, d’encourager le remplacement d’un véhicule thermique par un véhicule électrique ou de favoriser l’usage du vélo, grâce à des subventions ou des investissements publics. « [Dans la SNBC], on est dans une démarche où on active les leviers qui sont à la main des politiques publiques. La limite de l’action de l’Etat, c’est la liberté des Français, et le choix de ce qu’ils mangent c’est leur liberté », a exposé le ministère.
Climat : la SNBC 3 prévoit des objectifs pour les engrais et les tracteurs en 2050
Le ministère de l’Ecologie a présenté, le 12 décembre, le troisième projet de Stratégie nationale bas carbone (SNBC 3). Ce texte reprend « à quelques ajustements techniques près » les objectifs de 2030 présentés l’an dernier, et il « les étend jusqu’en 2050 », a détaillé le cabinet de Monique Barbut lors d’un brief à la presse. Concernant l’agriculture, l’objectif de réduction de consommation d’engrais minéraux azotés est « de 30% en 2030 » et « de 50% en 2050 ». Le texte contient aussi des objectifs pour décarboner le parc de tracteurs. « La part d’engins agricoles fonctionnant avec des énergies non-fossiles (électricité, biocarburants, hydrogène) passe à 10% du parc en 2030, puis 100% en 2050 », a précisé l’équipe de Monique Barbut à Agra Presse. Globalement, l’agriculture devra diminuer ses émissions de CO2equivalent « de 28% d’ici 2030 » pour atteindre 67Mt, et « de 54% d’ici 2050 » pour descendre à 43Mt, par rapport aux 93 Mt émises en 1990, rappelle le résumé de la SNBC3. Le texte entre désormais dans une phase de consultations « d’environ 3 mois », pendant laquelle le Conseil national de la transition écologique (CNTE), le Haut conseil pour le climat (HCC), l’Autorité environnementale (Ae) et le Conseil national d’évaluation des normes (CNEN) doivent rendre leur avis.
Eau : état qualitatif et quantitatif dégradé en Loire-Bretagne, alerte l'Agence de l'eau
L’Agence de l’eau Loire-Bretagne a présenté, le 10 décembre, un nouvel état des lieux de la qualité des eaux qu’elle juge « insatisfaisant » à l’échelle de son bassin, loin de l’objectif de 61 % des masses d’eau en bon état « espéré mais inatteignable » pour 2027. Premier constat : seuls 21,4 % des cours d’eau sont en bon ou très bon état écologique, contre 23,7 % en 2017. « Les résultats ne sont pas bons », admet Loïc Obled, directeur de l’Agence de l’eau Loire-Bretagne. Plusieurs autres signaux témoignent d’une dégradation de la ressource. L’état chimique des plans d’eau s’est nettement détérioré : 45 % sont aujourd’hui en bon état contre 85 % en 2019. Les eaux souterraines sont également touchées, avec 57 % des masses d’eau en bon état chimique contre 64 % six ans plus tôt, sous l’effet des nitrates et des pesticides. Sur le plan quantitatif, la part des masses d’eau en bon état recule également, passant de 88 % en 2019 à 73 % aujourd’hui. Le rapport souligne, par ailleurs, l’effet croissant du changement climatique, marqué notamment par une baisse de la recharge des nappes et des étiages plus sévères. Selon l’Agence de l’eau, ces évolutions accentuent la vulnérabilité des écosystèmes et appellent à une adaptation des politiques de l’eau. Cinq priorités sont identifiées pour progresser vers un bon état des eaux d’ici 2033, dont le renforcement de la lutte contre les pollution diffuse et l’adaptation des prélèvements pour garantir un partage équilibré de la ressource.
Eau : le syndicalisme majoritaire s'organise pour peser sur la présidentielle de 2027
Dans la perspective de l’élection présidentielle française de 2027, la FNSEA, les Jeunes agriculteurs (JA), les Chambres d’agriculture, la Coopération agricole, les Irrigants de France et l’Acta (Instituts techniques) se sont réunis, le 11 décembre, pour la première édition des « Rencontres de l’eau ». Cette « réunion de famille », selon l’expression d’Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, a été l’occasion pour les organisations agricoles présentes d’engager une réflexion autour de la gestion de l’eau, pour définir une vision commune destinée à peser dans le débat présidentiel. À ce stade, le contenu précis des propositions n’a pas été décidé, mais une première restitution est attendue au premier semestre 2026, de préférence en mars. « Le monde agricole ne dispose pas d’une représentation à la hauteur des enjeux qui le concernent », estime Sébastien Windsor, président de Chambres d’agriculture France, soulignant une présence « insuffisante » des agriculteurs au sein des instances décisionnelles. Même son de cloche du côté d’Éric Frétillère, président d’Irrigant de France, auxquels les associations spécialisées de la FNSEA ont récemment promis des moyens renforcés. M. Frétillère souligne la nécessité de réaliser systématiquement des études d’impacts socio-économiques, telles que prévues par la loi « visant à lever les contraintes à l'exercice du métier d'agriculteur », dans le cadre des réglementations sur les volumes prélevables.
Bio : dans l'Ouest, la Cavac envisage de nouvelles installations
Après plusieurs années compliquées pour les filières en agriculture biologique, la Cavac fait part d’un retour à la normale et d’une situation apaisée. Un secteur qui a pesé pour 11,7 % du chiffre d'affaires de la coopérative pour l’exercice 24/25, et qui continue à le placer parmi les principaux acteurs français. « Il y a un rebond, nous sentons la reprise », analyse Olivier Joreau, le directeur de la coopérative. Sur le secteur des grandes cultures, il évoque un manque de blé français bio sur le marché. « Nous avons toujours cru que la bio serait là demain. Nous avons conservé nos capacités de production grâce au prix garanti au producteur sur trois ans », évoque-t-il. En trois ans, la Cavac a vu ses surfaces passer de 28 000 ha à 25 000 ha. Si la tendance se confirme, les élus et dirigeants envisagent dans un horizon de six mois à deux ans de reprendre les installations de jeunes agriculteurs en bio. Sur des marchés plus spécifiques avec des prix à la consommation plus impactants tels que le porc, Olivier Joreau constate là aussi un marché assaini, tout en restant prudent. La coopérative avait dû réduire la voilure sur sa production porcine bio lors de la crise du secteur et certains producteurs avaient été réorientés vers d’autres productions compatibles avec les bâtiments d’élevage porcin. (Tanguy Dhelin)
Lait : les États membres expriment des inquiétudes quant à la situation du marché
À l’occasion de la réunion du Conseil des ministres de l’Agriculture de l’UE du 11 décembre, la Hongrie a soulevé un point divers concernant la situation du marché dans le secteur laitier. Budapest fait état de « développements inquiétants au niveau européen » et appelle la Commission européenne à prendre des mesures d’urgence comme l’ouverture de l’aide au stockage privé pour le fromage et le lait en poudre. « Dans la situation actuelle, le retrait temporaire et rapide de certains produits du marché se justifie et permettrait d’atténuer les effets de la surproduction et de stabiliser le secteur laitier », avance la délégation hongroise. Sans forcément tous soutenir la demande hongroise, près de vingt États membres ont exprimé des préoccupations quant à la situation du marché laitier. Un constat en partie partagé par Bruxelles. « Notre analyse montre que la période de prix élevés est pour le moment interrompue », a reconnu le commissaire européen à l’Agriculture, Christophe Hansen lors de la réunion. Mais, pour le Luxembourgeois, il n’existe pas, à l’heure actuelle, de déséquilibre qui nécessiterait la mise en œuvre de mesures de marché. Il assure, toutefois, suivre de près la situation et se dit prêt à intervenir si nécessaire.
Influenza aviaire : un premier cas dans les Landes, dans un élevage de dindes
Un foyer d’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) a été confirmé dans un élevage de dindes et de poulets à Herm, au nord de Dax, a annoncé la préfecture des Landes dans un communiqué le 12 décembre. C’est le premier cas dans ce département pour la campagne 2025-2026, démarrée le 1er août. La recherche de virus a été menée « après le constat d’un mortalité importante des animaux de cette exploitation ». Les 6 000 dindes et les 10 500 poulets présents devaient être abattus le jour-même. Ces volailles n’étaient pas vaccinées, la vaccination contre l’influenza aviaire étant obligatoire uniquement pour les canards (elle est interdite pour les autres espèces). Conformément à la procédure habituelle, les autorités ont mis en place une zone réglementée de 10 km autour du foyer, où les mouvements et mises en place de volailles sont interdits. Selon la préfecture, « avec les fortes mortalités de grues cendrées migratrices et la découverte de mammifères carnivores sauvages contaminés par l’IAHP, ce premier foyer confirme la circulation du virus d’IAHP dans les Landes ». Avant ce cas, la France comptait 93 foyers en élevage, dans de nombreuses régions, selon le bilan du ministère arrêté au 9 décembre. L’Hexagone a été placé en risque « élevé » pour l’influenza aviaire le 22 octobre.
Porcs/environnement : vers un «sursis à statuer» pour une «méga-porcherie»
Dans le contentieux opposant une méga-porcherie bretonne souhaitant s’agrandir et plusieurs associations environnementales, le rapporteur public a préconisé, le 11 décembre, « un sursis à statuer », indique l’AFP le même jour. Le rapporteur public a estimé que l’étude d’impact de la porcherie située à Landuvnez (Finistère), qui compte désormais 12 000 bêtes, « souffre d’insuffisances ». Il a proposé d’accorder un délai d'« un an à la société Avel Vor et au préfet pour compléter l'étude d'impact, refaire une enquête publique et réinstruire le dossier ». L’autorisation d’extension avait dans un premier temps été annulée par la cour d’appel de Nantes, en 2021, mais une nouvelle autorisation avait été délivrée par le préfet du Finistère en 2022. Des associations environnementales dont Eau et rivières de Bretagne et Greenpeace en avait demandé l’annulation, estimant que la méga-porcherie « contribue de manière assez importante et déterminante à la pollution sur le secteur » selon leur avocat Me Thomas Dubreuil. A la barre, l'avocat a rappelé qu'une plage située à proximité de la porcherie et du lieu des réalisations des épandages « a été déclassée en termes de qualité des eaux de baignade ». La décision a été mise en délibéré en début d'année prochaine.
Blé : l'Iris imagine un scénario «blé russe contre base militaire au Sénégal», à 2038
Dans une note pour le ministère de la Défense, parue le 11 décembre, sur «l'utilisation stratégique des vulnérabilités climatiques dans les conflits contemporains», l'Iris établit plusieurs scénarios de prospective, dont un concerne directement l'agriculture : à la faveur d'une sécheresse majeure autour de la Mer noire en 2038, qui s'ajouterait à une baisse tendancielle des rendements de 40% en Europe, Moscou - qui aurait étendu ses terres arables - signerait un accord avec la Côte d’Ivoire garantissant des livraisons de blé contre l’implantation d’une base militaire près d’Abidjan. Les auteurs imaginent que les principaux pays exportateurs de céréales, y compris la France, soient touchés et réduisent leurs niveaux d’exportations afin de sécuriser leur propre approvisionnement. L’UE annoncerait «un plan d’urgence alimentaire européen», mais «son déploiement est entravé par la crise interne des stocks et par les désaccords entre États membres sur la priorisation de l’aide». Paris proposerait la mise en place d’un «corridor humanitaire conjoint UE-Union africaine pour contrer l’influence de Moscou», mais cette initiative serait perçue comme tardive et paternaliste par plusieurs pays africains». La principal céréale consommée par les sénégalais est le riz (100kg/hab), loin devant le blé (40kg/hab).
Fruits : la noix intègre le Plan Fruit en région Auvergne-Rhône Alpes
Un avenant au plan de filière fruits de la région Auvergne Rhône-Alpes (Aura) a été signé le 4 décembre, qui permet pour la première fois d'intégrer la filière noix. L’arrivée de la noix fait passer le budget du plan fruit de 3,18 M€ à 3,77 M€. Les actions à destination de la filière noix incluent : de l'aide à l’investissement de matériel de taille, matériel végétal, l’implantation de couverts végétaux, le développement de la recherche nucicole (avec la station Senura) et l’accompagnement technique des producteurs. Le volet noix du plan régional est porté par le Comité stratégique fruits (organe régional de stratégie de filière), en lien avec le CING (Comité interprofessionnel de la Noix de Grenoble), la chambre régionale d’agriculture et l’Association des producteurs de noix du sud-est. Pour mémoire, les quatre axes du plan fruits 2023-2027 concernent la résilience des entreprises agricoles face au changement climatique et pour la transition agroécologique, la compétitivité des entreprises, la valorisation des fruits et l’attractivité de la filière, ainsi que l’animation de ce plan. (Florence Rabut)
Coopératives: élevage et agroalimentaire sauvent les résultats de la Cavac
Lors d’un point presse le 8 décembre, la Cavac a annoncé une collecte de 857 000 t sur l’exercice 24/25, en retrait de 243 000 t sur un an. Dans un contexte climatique humide, Jérôme Calleau, le président de la coopérative vendéenne, évoque une année « très compliquée pour les rendements en céréales d’automne », et pour le maïs « des surcoûts de séchage et une longueur de collecte inédite ». Dans ce contexte particulier, la Cavac a néanmoins réussi à conserver un chiffre d'affaires constant à 1,375 milliard d’euros grâce aux résultats des activités d’élevage qui ont performé, hormis en canard. Le résultat net se chiffre lui à 3,2 millions, grâce à la plus-value lors de la vente de parts de l’entreprise Socopa pour le même montant. « C’est un exercice qui redonne du sens au modèle polyculture-élevage », estime le président. Un modèle qui concerne 70 % des adhérents de la coopérative. Face à la situation des prix en céréales, Jérôme Calleau assure que « beaucoup de producteurs cherchent des productions complémentaires » et se regardent vers l'élevage. « En agroalimentaire, nous avons fait de très bons résultats. Les filiales ont appuyé la résilience de la coopérative », souligne Olivier Joreau, le directeur général. (Tanguy Dhelin)