OCM: les colégislateurs de l’UE bloquent sur les contrats écrits et les dénominations de viande
Les négociateurs du Parlement européen et du Conseil de l’UE ont échoué, le 10 décembre à l’occasion de leur 3e réunion interinstitutionnelle, à convenir d’un compromis concernant la révision ciblée de l’OCM destinée à renforcer le pouvoir des agriculteurs dans la chaîne alimentaire. Selon toute vraisemblance, les colégislateurs sont parvenus à conclure provisoirement leurs discussions concernant le mécanisme de médiation et les organisations de producteurs non reconnues. Toutefois, aucun accord n’a pu être obtenu sur les règles concernant les contrats écrits obligatoires et l’utilisation des dénominations de viande, les deux sujets les plus sensibles des pourparlers. « Nous regrettons de ne pas être parvenus à un accord aujourd'hui », a déploré la Néerlandaise Anna Strolenberg, négociatrice des Verts, à l’issue de la rencontre. Et d’ajouter : « Les manifestations des agriculteurs réclamant de meilleurs revenus remontent à plus d'un an et demi et il est frustrant de perdre encore du temps sur une proposition d'interdiction des burgers végétariens ». Aucune autre session de négociation n’est prévue d’ici la fin de l’année 2025. Ce dossier devrait donc revenir sous la présidence chypriote du Conseil de l'UE qui prendra fonction dès le 1er janvier 2026.
Semences : les Etats membres finalisent leur position
Les Etats membres ont adopté, le 10 décembre, leur position sur la révision de la réglementation européenne sur les semences. Des négociations avec le Parlement européen, qui a de son côté validé une position sur ce dossier depuis le printemps 2024, vont donc pouvoir débuter en 2026. Ce texte, présenté par la Commission européenne en 2023, a pour objectif de dépoussiérer les règles actuelles, dont certaines datent de plus de cinquante ans. Les Vingt-sept ont notamment convenu que l’examen de la valeur pour une culture et un usage durables (VCU) des nouvelles variétés sera obligatoire pour les espèces agricoles (à l’exception des graminées à gazon, des pommes de terre et de la vigne). Le Conseil de l’UE reprend les grandes lignes de la proposition initiale de la Commission autorisant, à titre dérogatoire, l’échange de semences entre agriculteurs. Mais les Etats membres veulent une clause de réexamen de cette disposition après cinq ans. Plusieurs organisations agricoles dont celle représentant le secteur du bio, Ifoam, s’inquiètent de cette position « extrêmement restrictive n'autorisant que des échanges en nature, en petites quantités et au niveau local ». Elle appelle « les décideurs politiques à suivre l’approche du Parlement européen » qui s’est prononcé en faveur des échanges de semences en nature mais aussi monétaires, sans que cette activité soit considérée comme une activité commerciale.
UE-Mercosur: Paris attend toujours des garanties, Bruxelles tente d'y répondre
A l’approche d’une semaine décisive (du 15 au 19 décembre) pour l’accord UE-Mercosur où la Commission européenne cherchera à obtenir le feu vert des États membres en vue du sommet du Mercosur au Brésil le 20 décembre, la France espère encore obtenir des garanties. « Nous attendons toujours des réponses concrètes et efficaces sur les trois demandes françaises, à savoir la clause de sauvegarde, les mesures miroirs et le renforcement des contrôles », a déclaré le 10 décembre Maud Bregeon, porte-parole du Gouvernement, à l’issue du conseil des ministres. Pourtant, Bruxelles ne ménage pas ses efforts pour tenter d’amadouer les Etats membres récalcitrants. Le commissaire européen à la Santé, Olivér Várhelyi, a ainsi annoncé, le 9 décembre, le renforcement des contrôles aux frontières de l'UE et dans les pays tiers en particulier, en ce qui concerne les résidus de pesticides. En outre, l’exécutif européen va dévoiler, le 16 décembre, un paquet législatif qui comprend des dispositions visant à renforcer la réciprocité des normes sur les produits importés en fixant les limites maximales de résidus (LMR) pour les substances interdites dans l’UE au niveau de la limite de quantification. Enfin, toujours le 16 décembre, le Parlement européen doit se prononcer sur le renforcement de la clause de sauvegarde agricole. Strasbourg souhaite y inclure, notamment, une obligation de réciprocité concernant les produits et les normes de production.
Emissions industrielles : Bruxelles propose quelques simplifications pour les éleveurs
La Commission européenne a présenté, comme attendu, le 10 décembre, un paquet omnibus de simplification sur la législation environnementale qui prévoit quelques allégements des procédures pour les éleveurs dans le cadre de la directive sur les émissions industrielles. Les agriculteurs « seront exonérés des déclarations sur l’utilisation de l’eau, de l’énergie et des matériaux ». Ce sont les États membres qui seront chargés de fournir ces informations au nom des agriculteurs. De plus, le projet de règlement prévoit une simplification du mode calcul du seuil pour les élevages porcins (exclusion des porcelets non sevrés) et exclut les élevages de volailles biologiques de son champ d'application « afin d'éviter les exigences redondantes ». Adoptée en 2024, la révision de cette directive prévoit une baisse des seuils d’entrée dans le dispositif pour les porcs, les volailles, les poules pondeuses et les élevages mixtes. Ces nouvelles règles seront applicables au plus tôt entre 2030 et 2032, en fonction de la taille des exploitations. Les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) ont dénoncé des « changements superficiels », « loin d’être à la hauteur » des attentes qu’elles avaient concernant la directive Nitrates ou la loi sur la restauration de la nature. Mais Bruxelles promet qu’elle s’attaquera à ces textes (ainsi qu’à d’autres dont la directive-cadre sur l’eau ou les directives Oiseaux et Habitats) en 2026.
Élevage/ICPE : la sortie du régime général passera par ordonnance, via une loi Ddadue
Dans le cadre de son audition par la commission des Affaires économiques de l'Assemblée nationale, le 9 décembre, la ministre de l'Agriculture Annie Genevard a indiqué que la sortie de l'élevage du régime général des installations classées pour l'environnement (ICPE), afin de créer pour ce secteur une « police spéciale », a été inscrite dans le projet de loi Ddadue (adaptation du droit européen). Déposé en novembre, et en attente du début de son examen au Parlement, ce projet de loi inclut une habilitation à agir par ordonnance sous 12 mois pour sortir l'élevage du régime général des ICPE ; ces ordonnances doivent aboutir à un relèvement des seuils ICPE, que la loi Entraves prévoit déjà, mais dans des délais d'application qui ne satisfont pas les filières. En effet, les décrets d’application en lien avec les installations classées, récemment passés en consultation publique, lient ce changement à la révision de la directive européenne IED, attendue pour septembre 2026 dans le cas du porc et de la volaille. Mais les seuils IED pourraient ne s'appliquer qu'à partir de 2030, avaient expliqué les équipes du ministère de la Transition écologique en septembre. Quoiqu'il en soit, ces deux décrets devraient être publiés d'ici février 2026, a indiqué la ministre.
Bovins/DNC : la maladie atteint l’Ariège et les Hautes-Pyrénées, nouvelles mobilisations
Un foyer de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) a été confirmé en Ariège, le premier dans ce département, a annoncé la préfecture le 9 décembre, d’après Ici (ex-France Bleu). Il se situe à Les-Bordes-sur-Arize, dans le nord du département (à une cinquantaine de kilomètres au sud de Toulouse), non loin des Pyrénées-Orientales, où 20 cas sont déjà dénombrés. Il s’agit du 109e foyer depuis l’arrivée de la maladie en France fin juin. Selon l'AFP, « près de 200 agriculteurs » se sont rassemblés sur l’exploitation, à l’appel de la Coordination rurale, afin de tenter d’empêcher l’abattage des 200 bovins présents. Dans un autre article, le média public Ici fait état d’une « quarantaine de tracteurs » ayant « convergé dans la nuit du mardi 9 au mercredi 10 décembre ». Les forces de l’ordre, elles, sont « massivement déployées », rapporte La Dépêche (article payant). De son côté, la Confédération paysanne a organisé deux rassemblements de soutien à Pailhès (Ariège) et Carcassonne (Aude). La Dépêche affirme que la ministre de l’Agriculture est attendue sur place, un déplacement démenti par son cabinet, qui évoque une « rumeur ». Par ailleurs, selon Ici, la préfecture des Hautes-Pyrénées a confirmé un cas de DNC à Luby-Betmont, au nord-est de Tarbes. S’y ajouterait une suspicion près de Trie-sur-Baïse, rapporte La Dépêche.
Bovins/DNC : dans l’Ariège, les syndicats proposent un protocole expérimental
La chambre d'agriculture et les syndicats d'Ariège (y compris la FDSEA) ont proposé le 10 décembre un protocole expérimental au ministère de l'Agriculture afin d'éviter les abattages de bovins, après la découverte de cas de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) en Ariège la veille, et dans les Hautes-Pyrénées le 10. Près de 200 agriculteurs sont mobilisés à Les Bordes-sur-Arize (Ariège) pour empêcher l’euthanasie des 208 bovins (lire ci-dessus). En marge du rassemblement, les représentants locaux des différents syndicats agricoles (Coordination rurale, FDSEA, Confédération paysanne, chambre de Haute-Garonne, etc.) se sont réunis pour demander « la suspension immédiate du dépeuplement systématique et la mise en place d'un protocole expérimental », selon un communiqué de presse transmis par la chambre d'agriculture de l'Ariège. Ils proposent que ne soit abattues que les vaches contaminées et que la santé du reste du troupeau soit contrôlée par test PCR pendant 4 à 6 semaines. Ils appellent également à une « vaccination massive, rapide et efficace au-delà des zones règlementées ». Cette demande « vaut pour les cas de l'Ariège, des Hautes-Pyrénées, et tout le territoire » français, a précisé Lionel Candelon, président (CR) de la chambre d’agriculture du Gers, à l’AFP.
Lait cru : condamnation après des intoxications liées à un fromage contaminé (presse)
Deux ans de prison avec sursis et l’interdiction d’exercer une activité en lien avec les produits laitiers durant cinq ans : c’est la condamnation dont a écopé un exploitant agricole de 57 ans le 9 décembre, selon un délibéré du tribunal correctionnel d’Aix, rapporte le quotidien La Provence. Le jugement a eu lieu le 21 octobre pour avoir mis en danger autrui avec risque immédiat de mort ou d’infirmité par violation manifeste d’une obligation de sécurité ou de prudence, ayant commis des blessures involontaires sur une douzaine d’enfants âgés de 11 mois à 9 ans. L’affaire remonte à juillet 2022, lorsque tous les produits laitiers fabriqués par la fromagerie de l'Aupillon à Trets (Bouches-du-Rhône) ont été rappelés après plusieurs infections à la bactérie Escherichia coli (E. coli). Lors du procès, la vente de lait non pasteurisé, ou encore le stockage de fromages à pâte molle à côté de fromages au lait cru ont été mis en évidence. Le prévenu a raconté avoir « laissé son ancienne compagne et salariée gérer la fromagerie », qui ne pouvait vendre du lait cru directement à des consommateurs, mais seulement à des professionnels, selon Les Nouvelles publications.
Bien-être animal : dans la Nièvre, un abattoir suspendu après des accusations de L214
Un abattoir de Cosne-Cours-sur-Loire (Nièvre) a été temporairement suspendu par la préfecture, le 10 décembre, après une enquête de l’association de défense des animaux L214 évoquant des bêtes découpées, voire décapitées et même brûlées au chalumeau, encore vivantes, «sous les yeux des services vétérinaires». «Les règles minimales applicables lors de la mise à mort des animaux sont systématiquement violées. Pourtant, les services vétérinaires de l’État sont présents sur place, mais ils laissent faire», selon l’association qui a déposé plainte, mercredi, auprès de la procureure de Nevers pour "actes de cruauté, sévices graves et mauvais traitements aux animaux». L214 exige la fermeture de l’abattoir et réclame «un plan de contrôle des abattoirs à la ministre de l’Agriculture», Annie Genevard. Contactée par l’AFP, la préfecture la Nièvre a assuré que l’abattoir fait l’objet d’un "contrôle permanent" par les services chargés de l’application de la réglementation relative à la protection animale. «Néanmoins, au vu des éléments visionnés» dans une vidéo transmise par L214, la préfecture a décidé «la suspension temporaire de l’activité de l’abattoir».
Influenza : Genevard pense que toute la filière devrait financer les vaccins en canards
Lors de son audition le 9 décembre par la commission des Affaires économiques de l’Assemblée, Annie Genevard a estimé que l’ensemble de la filière avicole devrait logiquement participer au financement de la vaccination des canards contre l’influenza aviaire, au motif que la protection des palmipèdes bénéficie à l’ensemble des espèces. Elle a toutefois reconnu que cette question était « une affaire entre partenaires de filière ». La ministre répondait à la remarque du député du Gers David Taupiac (Liot) sur le fait que les poulets et poules pondeuses bénéficiaient de la protection due à la vaccination des canards, l’espèce de volailles la plus sensible au virus et la plus excrétrice. Au sujet de la réduction de la part du financement de l’État de 70 à 40 % du coût global de la vaccination pour 2025-2026, Annie Genevard a simplement déclaré : « L’État sera au rendez-vous à tous les niveaux, indemnisation des abattages, indemnisations économiques… », sans évoquer le coût de la vaccination pesant sur les éleveurs de canards gras et de chair. Cette charge est néanmoins répercutée en principe par les distributeurs, selon une information communiquée à Agra Presse en octobre par des acteurs du canard de chair.
Frelon asiatique : problème juridique avec le projet d'indemnisation par le FMSE
À l'occasion de son audition devant les députés de la commission des Affaires économiques, le 9 décembre, la ministre de l'Agriculture Annie Genevard a indiqué que la loi sur le frelon asiatique, qui instaure une indemnisation des apiculteurs, contient une « erreur technique », qui nécessitera un « correctif législatif » dont elle n'a pas précisé le véhicule et l'agenda d'application. « Cette loi prévoit que l'indemnisation se fasse par le FMSE (fonds sanitaire professionnel, NDLR). Or, la nature même du frelon n'est pas compatible » avec le fonctionnement du fonds, a-t-elle indiqué. « Il faut un correctif législatif pour faire aboutir la chose, c'est ubuesque, mais c'est ainsi. » Contacté, le cabinet précise que le frelon est classé comme « prédateur et espèce envahissante », mais qu'il n'est « ni une maladie animale, ni un pathogène ». Or, à ce jour, le FMSE « est réglementairement dimensionné pour couvrir uniquement les dommages subis en raisons de maladies animales réglementées ». Le cabinet assure toutefois vouloir « tenter de respecter la lettre du législateur », et poursuit les « échanges en interne, notamment avec le FMSE, pour essayer de trouver une piste d'atterrissage ». Plus de huit mois après le vote de la loi, les apiculteurs de l’Unaf, soutenus par de nombreux députés, ont demandé le 26 novembre la « mise en œuvre immédiate d’un plan national d’urgence ».
Politiques alimentaires : le leviers réputés efficaces «faiblement mobilisés» (rapport)
Dans un rapport d'évaluation du troisième Programme national pour l’alimentation (PNA) et du quatrième Programme national nutrition santé (PNNS), paru le 10 décembre, l’Igas (ministère de la Santé) et le CGAAER (ministère de l’Agriculture) concluent «les leviers réputés les plus efficaces n’ont été que faiblement mobilisés». Pour les auteurs, ces programmes «privilégient encore trop l’action sur les comportements par rapport à l’action sur l’environnement alimentaire (offre et marketing alimentaires, mobilités actives, urbanisme favorable à la santé) et leurs leviers d’action sont à repenser.» Le rapport préconise notamment de « renforcer l’action sur l’offre, aujourd’hui insuffisante, notamment en limitant les teneurs en sel, sucres, graisse et additifs des aliments », via des « accords collectifs plus nombreux », et un soutien « très fort » à l’agriculture biologique. Il recommande également de « limiter la consommation d’aliments ultra-transformés et leur promotion publicitaire, pour renforcer notamment la protection des mineurs ». En outre, l’Igas estime nécessaire de « prendre en compte le risque chimique », lié par exemple à l’usage de pesticides, de contaminants environnementaux ou encore d’emballages plastiques. Parmi les autres priorités identifiées figurent par exemple la nécessité de réduire les inégalités nutritionnelles ou encore d’intégrer les risques environnementaux au pilotage des politiques alimentaires.
Municipales 2026 : les JA publient un recueil d’idées programmatiques
En vue des élections municipales de 2026, les Jeunes agriculteurs (JA) ont publié le 10 décembre un recueil d’idées programmatiques, souhaitant « réaffirmer le rôle central de l’agriculture dans la vie des communes ». Le document, d’une dizaine de pages, met en avant trois priorités. Il s’agit d'abord de « planifier un avenir agricole » : accompagner l’installation des jeunes, réussir les transitions environnementales et adapter les territoires au changement climatique. C’est par exemple encourager les formes collectives d’installation, mettre en place des espaces-tests, faciliter l’accès au logement. Egalement viser une gestion durable de la ressource en eau, des projets d’énergie renouvelable agricole, etc. Une autre priorité consiste à « redonner leur place aux agriculteurs » : recréer du lien avec les citoyens, soutenir la jeunesse rurale et renforcer l’accompagnement social. Enfin, les JA entendent « faire de l’agriculture un levier économique » : préserver le foncier, structurer les filières locales et développer l’agrotourisme. Cela passe notamment par la création de Zones agricoles protégées, la remise en culture des friches, la mise à disposition de terres communales prioritairement en faveur des jeunes agriculteurs.
Foncier : sollicitée par Potier, Genevard promet de travailler à une loi dédiée
Auditionnée le 9 décembre par la commission des Affaires économiques de l’Assemblée, Annie Genevard a envisagé une loi foncière. « La question foncière est une question horriblement difficile (...) Une loi foncière : quand j'aurai sorti la tête de l'eau des crises innombrables auxquelles je dois faire face, je promets qu'on y travaillera », a-t-elle dit, en réponse à une question du socialiste Dominique Potier. Le député n'est pas seul à demander une telle loi : les Jeunes agriculteurs demandent de longue date une réforme des politiques foncières agricoles. Les JA proposent notamment de s’appuyer sur l’accord de 2021 entre les sections des fermiers (SNFM) et des propriétaires (SNPR) de la FNSEA. Leur projet de réforme vise notamment à limiter les contentieux, inciter les propriétaires à mettre à bail, tout en facilitant l’installation des jeunes dits « hors cadre familial ». En commission, la ministre a rappelé que le député Peio Dufau (socialiste) est déjà rapporteur d’une PPL foncière, au périmètre limité, et que ses services travaillent avec lui. Adoptée le 11 mars par l’Assemblée, elle renforce le droit de préemption des Safer. Cette PPL leur donne la possibilité de recevoir des vendeurs une notification séparant les biens à usage ou vocation agricole des autres biens. Objectif : renforcer l’intervention des Safer, qui peuvent décider de préempter une partie.
MSA/fraudes: en commission, les députés renforcent les moyens de recouvrement
À l’occasion de l’examen du projet de loi contre la fraude sociale et fiscale en commission des Affaires sociales, le 10 décembre, les députés ont renforcé le rôle de la CCMSA en adoptant deux amendements. Le premier, déposé par la députée Annie Vidal (Ensemble, Seine-Maritime) permet aux personnels de la MSA en charge du recouvrement des créances frauduleuses de prestations ou de travail dissimulé de bénéficier d’un accès élargi aux bases de la DGFip (finances publiques). Un accès déjà autorisé pour les caisses prestataires du régime général et de la branche du recouvrement. La Sécu agricole dispose déjà d’accès à certaines bases de données pour les fraudes sociales (Ficovie, Patrim) et le travail dissimulé et illégal (BNDP). Le second amendement, proposé par le rapporteur Patrick Hetzel (DR, Bas-Rhin) étend le droit de communication aux agents des caisses de la MSA chargés d’une mission de recouvrement. « La loi de financement de la sécurité sociale pour 2025 l’a ouvert aux agents de l’Urssaf, aux agents des caisses primaires d’assurance maladie. Le Sénat a également ouvert ce droit aux agents des caisses d’allocations familiales », était-il précisé dans l’exposé des motifs.
Betterave : Cristal Union s’attaque à la baisse des émissions de ses adhérents
Lors d’une conférence de presse à Paris le 10 décembre, le groupe coopératif Cristal Union a annoncé son projet de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) émanant de ses producteurs de betteraves sucrières de 27,5 % entre 2019 et 2030. Un programme intitulé « Cristal vision empreinte zéro ». Il s’engage à ce que l’intégralité de ses 9 000 adhérents s’intègre à la démarche. Pour ce faire, une prime, calculée en fonction des économies d’émission carbone réalisées, leur sera versée. Elle ira de 0,5 €/t à 1,5 €/t. Cristal Union met à disposition un outil en ligne gratuit dans lequel le producteur devra inscrire les données relatives à sa production afin de connaître son empreinte carbone, de pouvoir se comparer aux autres agriculteurs de son secteur, et donc d’évaluer sa prime. « L’objectif est que cela soit très simple. En 20 minutes, l’agriculture devra pouvoir obtenir son score carbone », déclare Thomas Fleiter, responsable décarbonation agricole du groupe. Le projet est en réalité la continuité d’un précédent projet intitulé « Cristal vision », initié en 2015. La direction a indiqué que le conseil d’administration a décidé en octobre le versement des premières primes dès mars 2026, ayant collecté suffisamment de données sur les nouvelles pratiques durables des producteurs.
Coopératives : Agora redistribue l’intégralité de son résultat d’exploitation à ses adhérents
Après trois ans de hausse des cours, la campagne 2024/25 marque une rupture : prix en baisse, charges en hausses, pluies persistantes. « Ces facteurs se reflètent dans nos résultats avec un chiffre d’affaires atteignant 318 M€ (-4 % vs 2022/2023), un EBE de 6,7 M€ (2,1 % du CA) et un résultat net de 5,3 M€, a indiqué Agnès Duwer, directrice générale d’Agora, lors de l’assemblée générale du 9 décembre. La gestion responsable et la solidité de la coopérative ont permis, cette année, de redistribuer l’intégralité du résultat d’exploitation aux associés coopérateurs. » Autre fait marquant : face au manque de compétitivité du blé à l’export et à une qualité n’atteignant pas les standards de ce marché, Agora a dû adapter ses débouchés vers les marchés intérieurs pour une partie des 853 000 t collectées en 2024. La coopérative de l’Oise (2465 adhérents, 133 salariés) a également réalisé son premier bilan carbone, augmenté d’un tiers ses capacités de séchage pour accompagner la progression de la sole maïs et a créé de nouveaux partenariats autour de l’agroécologie avec notamment Cargill, Tereos, l’UFS, Nestlé Purina, Earthworm et la chambre d’agriculture. Pour l’avenir, « les fondamentaux sont sains et solides, ce qui nous permet d’envisager avec confiance une nouvelle dynamique d’investissements structurants», conclut-elle. (Anne Gilet)
Coopératives : à La Tricherie, 26 % de surfaces engagées en contrats bas carbone
Déjà très impliquée dans les filières de qualité et détentrice de la plus haute reconnaissance de la certification ISO 26 000, niveau « Exemplaire », la Tricherie (Vienne) renforce et accélère son engagement en faveur de l’agriculture dite «régénérative». La coopérative de la Vienne a ainsi atteint « un niveau inédit de 26 % de surfaces engagées dans des contrats bas carbone » avec, à la clé, une amélioration de la structure et de la vie des sols, une réduction des intrants et des émissions de GES. Une dynamique traduite aussi par l’adhésion à l’association « Pour une agriculture du vivant ». Côté chiffres, la coopérative, qui tient son assemblée générale le 11 décembre, voit son chiffre d’affaires (CA) baisser de 5 M€ en un an, à 56,16 M€. Le CA appro, qui pèse 22 % dans le CA total, est amputé de 1,35 M€ du fait notamment d’un fort recul du CA engrais : - 44 % à 4,9 M€. Sur ce poste, la coopérative utilise des « formes d’azote moins émissives en GES » avec par exemple, la conversion de tonnes d’urée en urée protégée via la solution d’enrobage Nutrisphère développée en interne. La collecte 2024 recule également : 98 000 t, contre 121 400 t en 2023, accompagné « d’un travail du grain d’une complexité rarement connue ». (Anne Gilet)
Fruits : l’alliance BFC expérimente de nouvelles productions en Côte-d’Or
L’Alliance coopérative BFC (Bourgogne du sud, Dijon céréales et Terre comtoise) mène en Côte-d’Or une expérimentation destinée à évaluer le potentiel de nouvelles productions fruitières – en particulier pommes et abricots – pour l’ensemble de son territoire, a confirmé Hervé Martin, responsable Développement nouvelles cultures, à Agra Presse le 10 décembre. « Nous disposons déjà de parcelles d’essai d’abricotiers, de pêchers, de nectariniers et de quelques pommiers, et nous prévoyons de tester de nouvelles variétés de pommes et de poires », a précisé M. Martin. Le verger pilote d’abricots, planté sur environ 0,1 ha en 2021, a donné lieu à deux premières récoltes en 2024 et 2025. Le verger doit toutefois poursuivre son évolution avant d’atteindre sa pleine maturité. « C’est une réussite, mais nous restons prudents », souligne M. Martin. Si la production d’abricots apparaît possible en Bourgogne, l’Alliance BFC insiste sur la nécessité d’observer les parcelles dans la durée, afin d’intégrer plusieurs risques climatiques : gel tardif au printemps, contraintes hydriques, etc. La production demeure limitée à ce stade, et plusieurs scénarios sont envisagés, entre 250 et 500 ha de vergers potentiels, sans qu’aucune surface cible n’ait été confirmée. « La démarche vise à offrir une solution de diversification aux agriculteurs, mais le cœur de la coopérative reste les céréales et les oléoprotéagineux », rappelle toutefois M. Martin.
Amandes: Escoute inaugure la 1ère casserie française dotée d'un atelier de transformation
L’entreprise Escoute, située à Penne d’Agenais (Lot-et-Garonne) et connue pour la production et la transformation de pruneaux d’Agen, a annoncé le 10 décembre l’ouverture de l’unique casserie d’amandes française intégrant un atelier de transformation. Cette nouvelle usine assure le cassage, le tri et la préparation des fruits, avant leur torréfaction. Escoute y voit « investissement industriel stratégique » pour structurer une filière nationale encore marginale : la France consomme près de 45 000 tonnes d’amandes par an, mais n’en produit qu’environ 1 000 tonnes. Opérationnelle depuis août 2025, l’installation a représenté un investissement matériel de 1,1 millions d’euros (M€), soutenu par la Région Nouvelle-Aquitaine et l’Union européenne. L’entreprise vise un chiffres d’affaires de 4,4 M€ et un amortissement sur dix ans. Le projet d’amanderaie a été lancé avec trente producteurs dans le Lot-et-Garonne en 2020, afin d’anticiper une fragilisation de la production de pruneaux en raison du dérèglement climatique. « Investir dès aujourd’hui pour constituer une filière complètement implantée dans le Lot-et-Garonne, c’est assurer notre avenir économique face aux futures contraintes météorologiques mais aussi garantir une source de revenus supplémentaire aux producteurs », précise Gilles Vergnes, pruniculteur et co-dirigeant d’Escoute.
Tomates : bilan « encourageant » pour la barquette 100 % France de l'AOPn
La barquette de 250 g de tomates cerise estampillée 100 % France (« Oui ! À la souveraineté alimentaire française »), lancée par l’AOPn Tomates en France en février, termine la saison 2025 sur un bilan encourageant, selon l’organisation. « Près 3 000 t ont été commercialisées sur cette première campagne, ce qui engageant même si cela reste modeste vis-à-vis du tonnage global du segment », souligne Yann Le Cunff, responsable de projet à l’AOP, contacté par Agra Presse. Et de préciser : « Des enseignes comme Auchan, Intermarché et Lidl se sont tout de suite positionnées. L’offre était présente chez Leclerc selon la politique des centrales régionales et U a mené un test dans le sud. » La barquette se positionnait sur le rayon entrée de gamme avec un prix conseillé de 1,29 €, là où règne l’offre marocaine souvent vendue à 0,99 €. Pour l’AOPn, ce prix permettait de préserver une marge acceptable pour le distributeur et de limiter le différentiel avec le Maroc. « Certains enseignes l’ont vendu jusqu’à deux fois le prix, ce qui est un peu décevant. D’un autre côté, celles qui ont joué le jeu ont vu ’impact sur les volumes vendus », précise Yann Le Cunff, qui indique certains lots à 0,99 € à l’automne, pour dégager un marché encombré à cette période.
Rouille du pin : l’Anses confirme le rôle déclencheur des plantations de pivoines
Le laboratoire de santé des végétaux de l’Anses a confirmé, dans une étude publiée en octobre dans la revue Forest Pathology, que l’épidémie de rouille vésiculeuse ayant touché les pins dans la forêt des Landes en 2019 était liée à l’implantation d’une culture de pivoines à proximité. L’épisode avait affectée 800 ha de pins maritimes, causant d’importantes pertes économiques. Cette maladie fongique, provoquée par le champignon Cronartium pini, touche particulièrement le pin maritime et le pin sylvestre. Elle se manifeste par l’apparition de pustules orangées et un roussissement des aiguilles, pouvant entraîner la mort des arbres, surtout des jeunes plants. Sollicité par le Département de la santé des forêts (ministère de l’Agriculture), le laboratoire de santé des végétaux de l’Anses a confirmé l’implication de Cronartium pini dans cet épisode. « La plupart du temps, il infecte deux espèces d’hôtes successivement au cours de sa vie. De nombreuses espèces peuvent servir de premier hôte, dont les pivoines. Ce premier hôte lui permet de se reproduire de façon sexuée, puis le champignon affecte un second hôte, dans le cas de cette épidémie, le pin », explique Renaud Loos, chef de l’unité de mycologie au laboratoire de santé des végétaux, dans un communiqué de l’Anses du 10 décembre. Après un dialogue avec les exploitants, les pivoines ont été totalement retirées en 2023. Depuis, l’incidence de la maladie a nettement diminué et aucun cas n’a été signalé en 2025.
Coopératives : en Lorraine, le DG de la CAL démissionne, remplacé par son président
La coopérative agricole Lorraine (CAL) a annoncé, dans un communiqué de presse, le départ de son directeur général, Pierre-Antoine Ferru. Arrivé en avril 2022 au sein de la Cal, il travaillait en binôme avec Pierre-Yves Simonin, élu président de coopérative en décembre 2021. C’est d'ailleurs le président qui pilotera lui-même la Cal dès le départ de Pierre-Antoine Ferru, selon les orientations définies ensemble. Au cours de son passage à la Cal, Pierre-Antoine Ferru a structuré le pôle agroéquipement et ses deux filiales, Mecavista et ManutOne, réorganisé le pôle végétal et ré-internalisé la commercialisation des grains. La Cal a également développé une offre de service plus étoffée, via des systèmes de packs thématiques : réglementation, agriculture de précision, agriculture de conservation, méthanisation, HVE ou agroéconomie. Enfin, la coopérative, portée par son DG et son président, a lancé son initiative RSE intitulée Terre. Pierre-Antoine Ferru, qui est passé au cours de sa carrière par le cabinet Deloitte, le groupe Roullier et la coopérative Valfrance, va désormais rejoindre une coopérative « plus proche de ses racines ». (Elena Blum)
Outre-mer : un nouveau délégué interministériel à la souveraineté agricole des outre-mer
Dans le compte-rendu du conseil des ministres le 10 décembre, la présidence de la République annoncé que Guillaume Vuilletet est nommé, à compter du 15 décembre, délégué interministériel à la souveraineté agricole des outre-mer. Il remplace Véronique Solère, nommée en 2024. Ancien député du Val d'OIse, Guillaume Vuilletet avait été nommé conseiller outre-mer à l'Elysée en début d'année.
Agtech/foodtech : Romain Faroux quitte la direction de la Ferme digitale
Dans un message posté sur Linkedin, Romain Faroux annonce qu'il quitte la direction de la Ferme digitale (association de start-up agtech/foodtech françaises), un poste qu'il occupait depuis deux ans, après avoir fondé et dirigé la start-up pionnière des drones agricoles, Airinov. «Ma fonction aura surtout eu vocation à accompagner le virage des 10 ans de l’association, et sera reprise par l’équipe en place et le bureau», indique-t-il à Agra presse. L'entrepreneur va reprendre du service comme indépendant, tout en étudiant des reprises d'entreprises.