Agrafil du 13 février 2026

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Pratiques commerciales déloyales : Strasbourg valide l’accord sur l’application transfrontalière

La plénière du Parlement européen a très largement validé (555 voix pour et 26 abstentions) les règles concernant l’application transfrontalière de la directive Pratiques commerciales déloyales. Cette proposition avait été publiée par Bruxelles en décembre 2024 en réponse aux manifestations agricoles. Dans le détail, les États membres pourront intervenir d’office pour mettre fin aux pratiques commerciales déloyales transfrontalières sans qu’aucune plainte officielle n’ait été déposée par un producteur. Des dispositions sont intégrées en cas de pratiques commerciales déloyales de la part d’acheteurs non-membres de l’UE afin d’empêcher les opérateurs de contourner la loi en déplaçant leur siège social hors UE. Le texte comprend aussi un mécanisme d’entraide judiciaire afin d’échanger des informations entre autorités nationales et un mécanisme d’action coordonnée en cas de pratiques commerciales déloyales transfrontalières de grande ampleur impliquant au moins trois pays de l’UE. Les règles seront applicables 18 mois après leur entrée en vigueur, tandis qu’une révision plus large de la directive est attendue d’ici le troisième trimestre 2026.

Grande distribution : Familles rurales veut une enquête de l’antitrust sur les marges

L'association Familles rurales a annoncé le 12 février à l'AFP vouloir saisir l'Autorité de la concurrence pour demander « l'ouverture d'une enquête sectorielle » sur la formation des prix et des marges dans la grande distribution, accusée de freiner l'accès à une alimentation saine. Dans le viseur de l'association : la péréquation des marges, qui consiste, pour les supermarchés, à perdre de l'argent sur certains produits d'appel mauvais pour la santé, comme les sodas, et à se rattraper sur d'autres, comme les fruits et légumes, explique Nadia Ziane, directrice du département consommation de Familles rurales. Le sujet, déjà au cœur d'une commission d'enquête du Sénat depuis décembre, n'a fait l'objet d'aucune « mesure contraignante » dans la Stratégie nationale pour l'alimentation, la nutrition et le climat (Snanc), publiée le 11 février par le gouvernement après plus de deux ans d'attente, déplore Familles rurales dans un communiqué. L'Autorité de la concurrence, institution indépendante, a les moyens d’investiguer pour faire la lumière sur les pratiques du secteur, juger de leur conformité, et éventuellement décider de sanctions, plaide Nadia Ziane.

Agroalimentaire : une première clôture à 250 M€ pour le fonds de soutien aux IAA

Cerea Partners (groupe Demea Invest) a annoncé le 12 février le lancement du fonds Cerea Agro Dev Industrie (ADI), dédié à la souveraineté et à la transformation durable de l’industrie agroalimentaire (IAA) française. La collecte lancée en septembre 2025 a déjà permis d’atteindre près de 250 millions d’euros (M€) d’engagements fin décembre, mais le fonds vise désormais les 500 M€. Il a vocation à réaliser des investissements unitaires entre 10 et 50 M€. Il est géré par Cerea Partners, dont BPI France a piloté la sélection. Les premiers souscripteurs sont l’État, via le Fonds Industries Agroalimentaires (I2A, géré par BPI France), ainsi que BPI France sur ses fonds propres. « Il rassemble également des investisseurs institutionnels historiques de la plateforme Demea Invest et des coopératives agricoles. Plusieurs entrepreneurs et investisseurs privés de l’agroalimentaire complètent ce tour de table », indique Cerea Partners. Dans un message sur LinkedIn, a salué « l’aboutissement du fonds public-privé agroalimentaire », une demande portée de longue date par cette organisation. Ce fonds, dont les principaux axes avaient été dévoilés dès 2023, avait été annoncé comme « opérationnel » en février 2025 par le ministère de l’Agriculture.

Lait : Pékin confirme ses surtaxes revues à la baisse sur les importations de l’UE

Comme annoncé précédemment, Pékin va imposer, dès le 13 février et pour une durée de cinq ans, des droits antisubventions définitifs sur les importations de produits laitiers de l’UE pouvant aller entre 7,4 % et 11,7 % en fonction des entreprises et de leur degré de coopération à l’enquête. Cela représente une baisse significative par rapport à ceux qui s’appliquent provisoirement depuis décembre (de 21,9 % à 42,7 %). Dans les conclusions de son enquête publiées le 12 février, le ministère chinois du Commerce indique que « les produits laitiers importés de l'UE étaient subventionnés, ce qui causait un préjudice important à l'industrie laitière concernée en Chine ». Ces droits, qui concernent une série de produits, comme les fromages frais et transformés, les fromages bleus, ainsi que certains laits et crèmes, viennent s'ajouter aux droits d'importation déjà existants en Chine. Des tarifs de base qui sont « d'environ 8 % pour la crème et 15 % pour le fromage », précise l’association européenne de l’industrie laitière (EDA). Et d’ajouter que, malgré la baisse des droits définis, ces surtaxes « freineront considérablement les exportations européennes de produits laitiers vers le marché chinois ». Selon EDA, l'UE exporte actuellement environ 30 000 t de fromage et 100 000 t de crème par an vers la Chine.

Œuf : l’interprofession vise 575 nouveaux bâtiments construits d’ici à 2035

Lors d'une conférence de presse le 12 février, le CNPO (interprofession de l’œuf) a chiffré le besoin à 575 nouveaux bâtiments de ponte d’ici 2035 afin de suivre l’essor de la consommation d’œufs en France. L’interprofession repousse donc son horizon puisque son plan de filière élaboré en 2024 prévoit 300 nouveaux poulaillers en 2030. À cette première échéance, l’objectif est maintenu, car seulement 18 bâtiments sont sortis de terre en 2025. Voyant que la demande nationale a augmenté de 5 % entre 2024 et 2025, la filière œuf s’autorise aujourd’hui à se projeter sur dix ans. Les Conférences de la souveraineté alimentaire lui en donnent l’occasion. Ainsi, alors que la consommation était de 224 œufs par habitant en 2023 (coquille et transformés), elle a été mesurée à 237 œufs en 2025, et atteindrait 269 œufs en 2035. L’interprofession souhaite que ces besoins soient couverts par une production française plutôt que de l’importation. Or, le taux d’auto-approvisionnement est descendu à 95,8 % en 2025 contre 99,4 % en 2024. Lors de la conférence de presse, Yves-Marie Beaudet, président du CNPO, a appelé les banques, restaurateurs, distributeurs et citoyens à soutenir la capacité de production française.

Œufs : les rayons devraient se remplir à nouveau au cours du second semestre

Le manque d’œufs observé dans les rayons des grandes surfaces pourrait se résorber d’ici à la fin de l’année, selon les informations fournies en conférence de presse par le CNPO (interprofession) le 12 février. Le comité interprofessionnel se fonde sur son enquête auprès des organisations de producteurs, auxquels il a demandé de déclarer les structures de ponte d’œufs de consommation en place, construits ou en projet. « Pour éviter les doublons, nous leur avons demandé de ne déclarer que les projets signés », a précisé à Agra Presse sa directrice Alice Richard. Selon cette enquête, 18 bâtiments ont été construits en 2025, représentant un potentiel de 200 millions d’œufs par an, par rapport aux 7,3 milliards d’œufs coquille achetés par les ménages en 2025 (Itavi, d’après Kantar Worldpanel pour FranceAgriMer). Pour 2026, 40 bâtiments sont prévus, soit 375 millions d’œufs supplémentaires. Ces perspectives de production sont suspendues à l’absence d’aléas ou de recours, a tempéré la directrice du CNPO. En plus de l’accroissement des capacités structurelles, les éleveurs ont augmenté en 2025 de 3,3 % les mises en place de poules, selon l’Itavi, tout en allongean les durées d’élevage.

Loup : les départements alpins veulent porter le plafond de prélèvement à 30 %

Dans un courrier adressé à Sébastien Lecornu le 9 février, les huit départements alpins* demandent le « relèvement significatif dès 2026 » du plafond de prélèvement de loups, « à hauteur de 30 % », alors qu’il est aujourd’hui fixé à 19 % de la population estimée. Le 9 janvier, la ministre de l’Agriculture avait annoncé vouloir augmenter ce plafond de deux points (+10 %). Une mesure qui n’est « pas à la hauteur de l’enjeu », taclent les présidents signataires, à l'unisson des éleveurs du syndicalisme majoritaire, pointant « la multiplication des attaques de loups, en lien direct avec la croissance très dynamique de la population ». Pour les élus départementaux, l’annonce d’Annie Genevard est « insatisfaisante et insuffisante », car elle correspond à l’activation d’une possibilité réglementaire déjà existante, mais encore jamais appliquée. Le récent abaissement du statut de protection du loup au niveau européen offre plus de souplesse aux États membres dans la gestion, à condition de maintenir la population dans un « état de conservation favorable ». Les conseils départementaux appellent l’exécutif à définir ce seuil en « le traduisant par un effectif de population aussi précis et incontestable que possible ». Au niveau français, deux textes sont attendus : un nouvel arrêté-cadre comportant des assouplissements et la loi d’urgence agricole, qui comprendra un volet prédation.
* Alpes-de-Haute-Provence, Hautes-Alpes, Alpes-Maritimes, Drôme, Isère, Savoie, Haute-Savoie, Vaucluse

Alimentation animale : des amendes contre sept militants ayant bloqué un train en Bretagne

Le tribunal judiciaire de Lorient a prononcé mardi 10 février des peines d'amendes contre sept militants écologistes pour avoir bloqué un train transportant du blé en 2022 et les a condamnés à plus de 200 000 € d'indemnisations. Ces militants ont été reconnus coupables d'entrave à la circulation d'un train, mais relaxés des poursuites pour dégradation de la voie ferrée. Cinq autres prévenus ont été totalement relaxés. Le parquet avait requis des peines allant de trois à six mois de prison avec sursis. Le 19 mars 2022, une cinquantaine de militants réunis à l'appel du collectif « Bretagne contre les fermes usines » avaient bloqué entre Saint-Gérand et Noyal-Pontivy (Morbihan) un train de marchandises et déversé 142 t de blé sur les quelque 1 300 contenues dans les 22 wagons. Les militants pensaient en fait intercepter une cargaison de soja destinée au groupe Sanders. La présidente du tribunal a prononcé mardi des amendes de 5 000 €, dont une seule ferme, les six autres étant assorties du sursis. Le tribunal a par ailleurs condamné solidairement les sept militants reconnus coupables à indemniser les parties civiles (SNCF Réseau, Sofral Le Gouessant et Millet Rail) à hauteur d'environ 206 000 €. Les militants condamnés ont indiqué à l’AFP réfléchir, avec leur avocat, à la possibilité de faire appel.

Eau/captages : les écologistes retirent leur proposition de loi

Après quelques heures d'examen en séance publique, le 12 février, Jean-Claude Raux, député écologiste, auteur et rapporteur de la proposition de loi sur la protection de l'eau potable, a annoncé le retrait de son texte, après qu'une partie de la première section du texte a été supprimée par amendement. « Il ne reste plus qu'une déclaration d'intention qui n'améliorera pas la situation », a-t-il regretté, dénonçant un débat qui « n'a pas été à la hauteur de l'enjeu ». Le texte initial proposait de systématiser la délimitation d’aires d’alimentation des captages (AAC), y imposait des plans d’actions pluriannuels et une interdiction, à l’horizon 2030, de l’usage de pesticides de synthèse et d’engrais azotés minéraux. Lors de son passage en commission, le 4 février, les députés avaient réduit le dispositif. Sur proposition de la députée macroniste Nathalie Coggia, les députés avaient réduit le périmètre d’application de ces mesures aux captages prioritaires, et assouplit les plans d'action. L'examen de cette proposition de loi intervient alors que le gouvernement doit présenter prochainement un projet de loi d'urgence agricole incluant un volet dédié à l'eau, et qu'il discute, depuis plusieurs mois, au sein du Groupe national captages (GNC) d'une révision de l'encadrement des aires de captage.

Herbicides : l’Efsa émet des réserves sur l’autorisation de deux molécules

L’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) a émis, le 12 février, des réserves dans le cadre de l’évaluation des risques de deux herbicides utilisés dans la culture de céréales. Concernant le diflufenican, l’Efsa identifie quelques points de vigilance, en particulier pour ce qui est de la pollution de l’eau. Des données supplémentaires sont attendues en la matière. L’autorisation du diflufenican date de 2009 et devait expirer en 2019, mais il a depuis été prolongé à plusieurs reprises faute d’évaluation des risques complète. Le cas de la cinméthyline (de BASF), un autre herbicide utilisé sur céréales, pour lequel il s’agit d’une première demande d’autorisation de mise sur le marché semble, lui, quasiment scellé. L’Efsa prévient en effet qu’il s’agit d’un « perturbateur endocrinien chez l’homme […] ce qui constitue un sujet de préoccupation majeur ».

Pesticides : légère hausse du chiffre d’affaires des fabricants (syndicat)

Lors d’une conférence de presse à Paris le 12 février, Phyteis (producteurs de produits phytosanitaires) a rapporté une légère hausse du chiffre d’affaires de ses adhérents entre les années civiles 2024 et 2025. Il passe de 2,2 milliards d’euros (Md€) à 2,4 Md€. Pour rappel, ce niveau avait été observé en 2023. De leur côté, les ventes de matières actives aux distributeurs (coopératives et négoces) progressent légèrement en volume, passant de 48 491 t à 50 054 t entre 2023 et 2024. Les représentants de Phyteis justifient cette succincte augmentation par l’année 2024 particulièrement humide, obligeant, entre autres, les producteurs de céréales à utiliser davantage de fongicides. La hausse du chiffre d’affaires entre 2024 et 2025 n’a pour le moment pas d’explication précise, seulement des hypothèses. « Il se pourrait que, au vu de l’usage plus intense que d’habitude de fongicides, les distributeurs aient eu besoin de refaire leurs stocks », suppose Emmanuelle Pabolleta, directrice générale de l’organisation. Un nouveau léger accroissement des ventes en volumes de matières actives entre 2024 et 2025 n’est donc pas à exclure, étant donné la stabilisation des prix des produits phytosanitaires, d’après les représentants de Phyteis.

Engrais : le norvégien Yara enregistre de bons résultats pour 2025

Yara a présenté, le 11 février, ses résultats pour le quatrième trimestre et l’année 2025. Grâce à un programme strict de réduction des coûts fixes et du capex, annoncé au deuxième trimestre 2024, ainsi qu’à une hausse de la production (+4 %) et des livraisons (+3 %), la firme norvégienne a enregistré de bons résultats. Le chiffre d’affaires s’élève à 15,7 Md$, contre 13,9 Md$ en 2024. L’Ebitda atteint 2,8 Md$, en hausse de 36,7 % par rapport à l’année précédente (2 Md$) et le revenu net a été multiplié par 91, passant de 15 M$ à 1,37 Md$. En revanche, les résultats du quatrième trimestre sont légèrement en deçà des attentes du marché. Yara a enregistré un Ebitda ajusté de 709 M$, inférieur à l’estimation de 729 M$ des analystes. Cet écart est principalement lié à des marges plus faibles qu’anticipé dans les activités Clean Ammonia et Industrial Solutions. Yara vise une augmentation de son Ebitda de 200 M€ d’ici 2027 et de 150 M€ supplémentaires d’ici 2030. « Ces améliorations seront réalisées grâce à une meilleure utilisation des actifs, à l'optimisation logistique, à des opportunités de marché ciblées et à une réallocation rigoureuse du capital », précise la société. (Elena Blum)

Biocarburant/biogaz : la PPE 3 relève les objectifs de production

Dans un communiqué de presse paru le 12 février, le gouvernement a livré les grandes lignes de sa troisième programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE 3), incluant les filières biogaz et biocarburant. Pour la filière biogaz, les autorités fixent un objectif de production énergétique de biométhane compris entre 47 et 82 TWh en 2035, après une première cible de 44 TWh en 2030, contre 9 TWh en 2023. Dans un communiqué, France gaz a salué l'objectif fixé par le gouvernement, et l’ouverture d’une prochaine concertation sur la trajectoire post‑2028. Pour rappel, la PPE 2 prévoyait une production de biogaz de 24 à 32 TWh en 2028, dont 14 à 22 TWh injecté dans les réseaux. Pour les biocarburants, le gouvernement vise un usage compris entre 70 et 90 TWh à l’horizon 2035 (hors transport et dans le transport), de 55 TWh en 2030 (dans le transport), alors qu’il était de 38 TWh (dans le transport) en 2023. La filière regrette que le gouvernement ait assorti l'objectif d'une priorisation vers les transports aérien et maritime. Pour les deux filières, les objectifs sont assez conformes avec ce que le gouvernement avait proposé fin 2024, lors de la consultation publique. 

Grandes cultures/conférences souveraineté : la filière attend le gouvernement « au tournant »

Contacté par Agra Presse, Benjamin Lammert, président de Terres Univia (interprofession des oléagineux et des protéagineux), et partie prenante des Conférences de la souveraineté alimentaire pour la section grandes cultures, a confirmé son insatisfaction quant à leur déroulement, et attend le gouvernement « au tournant ». « Les autorités ont promis de faire des annonces pour soutenir nos filières grandes cultures lors du Sia 2026. Nous suivrons avec la plus grande attention », a-t-il déclaré. Une réunion s’est tenue le 5 février dans le cadre de ces conférences, durant laquelle l’amont de la filière a présenté le diagnostic de sa situation. Elle s’avère, sans surprise, très préoccupante. « Sur les dix dernières années, beaucoup de choses ont été divisées par deux », notamment « le nombre de molécules disponibles pour protéger nos cultures », ou encore « les revenus des agriculteurs », pointe Benjamin Lammert. Sachant que depuis trois ans, ces derniers s’avèrent en moyenne négatifs. Le représentant déplore enfin que le gouvernement n’ait toujours pas fait son propre diagnostic de la réglementation en place, « qui est l’éléphant dans la pièce ».

Alcool/cancer : le Parlement européen adopte une résolution malgré des divisions

En dépit de divisions entre les groupes politiques, le Parlement européen a adopté, le 12 février, (par 427 voix pour, 15 contre et 93 abstentions) une résolution marquant la Journée mondiale de lutte contre le cancer (4 février) demandant à la Commission européenne un programme dédié à la santé dans le budget à long terme de l’UE pour la période 2028-2034. À la veille du vote, il n’y avait pourtant pas encore d’accord sur un projet de résolution commune. Chaque groupe avait proposé sa propre résolution en raison de divisions sur le niveau d’ambition des mesures à prendre concernant la consommation de tabac et d’alcool. Au final, un compromis a été trouvé. Il rappelle que les « principaux facteurs de risque de cancer comprennent le tabagisme, la consommation nocive d’alcool, une alimentation malsaine, l’obésité, le manque d’activité physique, les perturbateurs endocriniens, l’exposition à des facteurs environnementaux, notamment aux PFAS… ». Et les parlementaires indiquent simplement que, pour atteindre les objectifs en matière de prévention du cancer, il sera nécessaire de « réduire l’exposition » à ces facteurs. Le cancer est actuellement la deuxième cause de mortalité dans l’UE, après les maladies cardiovasculaires.

Vin : les ventes de crémant ont poursuivi leur hausse en 2025, rebond de la production

En augmentation depuis 2020, les ventes de crémant ont continué de grimper en volume l’an dernier, selon un bilan dressé le 12 février par la FNPEC (producteurs et élaborateurs). Elles atteignent 122,9 millions de cols en 2025 (contre 114,5 millions en 2024), soit une hausse de 7,5 %, indique la fédération dans un communiqué. « La quasi-totalité des appellations affichent des chiffres en croissance, à l’exemple du crémant de Bordeaux (+24,4 %), du crémant de Bourgogne (+9,6 %) ou du crémant de Loire (+13 %). » Ces trois AOP constituent le peloton de tête (respectivement 13,7 millions de bouteilles, 25,9 millions et 31,3 millions), derrière l’Alsace, largement en tête (40,8 millions). « La catégorie profite du succès des vins effervescents, (…) elle s’appuie aussi sur un positionnement unique en termes de rapport qualité-prix-authenticité », souligne la FNPEC. En ligne de mire, les crémants ont une « zone de conquête », entre 9 et 15 € en GMS, déclare le président Dominique Furlan, sachant que le segment est délaissé par le champagne. Bonne nouvelle côté production, un rebond est intervenu en 2025. Elle s’affiche à plus de 1 Mhl (contre 888 000 hl en 2024), tirée à la fois par une hausse des rendements et des surfaces.

Fraises : en Espagne, les pluies et le vent affectent déjà l’exportation et l’emploi

Selon le site Fruit Today le 11 février, l’Association des producteurs et exportateurs de fraises de Huelva, Freshuelva, estime que le volume de ses exportations a diminué d'environ 50 % par rapport à la même période de la saison précédente, depuis le passage de plusieurs tempêtes. Alors que l’Andalousie dans son ensemble s’attend à de fortes pertes, « ces circonstances ont un impact direct sur le calendrier des récoltes et la planification de la saison », regrette l’association. En début d'année, la filière prévoyait déjà du retard en début d'année, mais à cause du froid cette fois-ci. Effet corolaire, la baisse d'activité aurait un impact direct sur l'emploi, avec une diminution du nombre de jours travaillés dans les champs, les entrepôts et les centres de transformation : « Cette situation affecte l'ensemble de la chaîne de production, des travailleurs aux entreprises auxiliaires liées au secteur ». Face à cette situation, Freshuelva a demandé aux autorités compétentes, au gouvernement central et au gouvernement régional andalou, de débloquer les aides nécessaires en déclarant la zone sinistrée. Cette mesure vise à atténuer les pertes subies par les exploitations agricoles et à contribuer au rétablissement d'une production normale dans la province. L'association souligne l'importance d'une réponse rapide et coordonnée des autorités pour soutenir le secteur agricole.

Légumes : en Espagne, forte baisse des surfaces à Alméria, notamment en melon

En Espagne, l’association des organisations de producteurs de la région d’Alméria (Coexphal) prévoit une baisse des surfaces cultivées, tant biologiques que conventionnelles, pour la production de légumes de printemps à venir. Si toutes les espèces sont concernées par la tendance, la chute est particulièrement marquée pour la gamme des cucurbitacées. Les pastèques noires sans pépins et les mini-pastèques seraient en baisse respectivement de 13 % et 8 %, tout comme les variétés de melon telles que le Piel de Sapo (-9 %), le Galia (-16 %) et le melon jaune (-21 %). La baisse la plus importante concernerait les surfaces cultivées en concombres, avec une diminution de 28 % prévue pour le printemps prochain. En revanche, Coexphal souligne une hausse de 7 % des surfaces pour l’aubergine et de 13 % pour les melons cantaloups. En bio, les seules augmentations concerneraient les poivrons avec +45 % globalement (+61 % pour les poivrons rouges et +22 % pour les poivrons jaunes). Progression remarquée aussi pour les cucurbitacées bio : melons (+20 %), notamment le jaune (+20 %), pastèque sans pépins (+43 %). Évidemment, ces chiffres sont à mettre en perspective dans l’attente du chiffrage des pertes à la suite du passage de la tempête Léonardo sur la région.

Bananes : la Compagnie fruitière expose les travailleurs ivoiriens à des pesticides interdits en UE

La Société de culture bananière (SCB), filiale de la Compagnie fruitière de Marseille, expose les travailleurs agricoles ivoiriens à plusieurs substances interdites dans l’Union européenne (UE), selon une enquête publiée le 11 février par Mediapart. Les produits en question sont trois fongicides ; à savoir le fenpropimorphe, le mancozèbe (interdit en 2021) et le thiophanate-méthyle. Selon l’Efsa, le mancozèbe et le thiophanate-méthyle sont notamment considérés comme des perturbateurs endocriniens. Le fenpropimorphe, interdit en 2019, est quant à lui suspecté de nuire à la fertilité et au fœtus. Les deux premières molécules figurent également parmi les cinq pesticides dont les résidus quantifiables viennent d’être interdits dans les denrées alimentaires entrant en France, par un arrêté du 5 janvier. L’enquête de Mediapart évoque en outre des opérations d’épandage aérien en présence des travailleurs employés par la SCB se trouvant dans les champs. Une pratique interdite dans l’UE depuis une directive de 2009 sur les pesticides. À noter toutefois que l’épandage par drone est autorisé en France depuis avril 2025, selon des règles strictes. En 2024, la Côte-d’Ivoire a exporté 334 000 t de bananes, dont plus de la moitié vers la France métropolitaine. Sur place, le secteur représente environ 15 000 emplois directs et 40 000 emplois indirects.

Horticulture : l’Astredhor crée une SCIC pour développer son OAD Baco

Dans un message publié sur LinkedIn le 12 février, le centre technique horticole Astredhor annonce la création d’une société coopérative d’intérêt collectif (SCIC) pour développer le rayonnement de son outil d’aide à la décision (OAD) Baco. Baptisée BacoSolutions, cette nouvelle structure est créée en collaboration avec l’Armeflhor (association réunionnaise pour la modernisation de l’économie fruitière, légumière et horticole). Une SCIC, « c’est avant tout un choix de gouvernance et de valeurs : un modèle coopératif, une application construite avec et pour ses utilisateurs, une diffusion pensée à l’échelle des filières et des territoires et le choix des utilisateurs sur la politique tarifaire et les priorités de développements », est-il justifié. Portée par l’UMT Acadia (basée à Sophia-Antipolis, dans les Alpes-Maritimes), Baco est une application permettant de centraliser, d’harmoniser et d’améliorer les informations et les pratiques relatives à la surveillance des bioagresseurs à l’échelle des parcelles. Elle s’adresse à tous les producteurs horticoles – conventionnel ou bio –, aux conseillers et aux expérimentateurs. « L’objectif à terme est de disposer d’un outil numérique opérationnel pour le quotidien des travailleurs, connecté aux données de terrain, utile à la prise de décision tout en soulageant les contraintes réglementaires », indique l’Astredhor.

États-Unis/Inde : manifestions agricoles en Inde pour protester contre l’accord commercial

Des milliers d’agriculteurs ont manifesté, le 12 février à travers l’Inde, pour protester contre le récent accord commercial conclu entre New Delhi et Washington, redoutant qu’il ne nuise à leur secteur et n’entraîne une baisse de leurs revenus. Selon l’agence de presse Reuters, les agriculteurs ont brûlé des exemplaires symboliques de l'accord dans leurs champs et lors de rassemblements de protestation, affirmant que le gouvernement avait agi sans les consulter. Depuis l’annonce de cet accord, le gouvernement indien n’a eu de cesse de tenter de rassurer les agriculteurs, qui constituent un bloc électoral très puissant. Dans un message posté le 7 février sur X, le ministre au Commerce, Piyush Goyal, affirmait, que l'accord protège « totalement » les produits agricoles sensibles indiens, notamment le maïs, le blé, le riz, le soja, la volaille, le lait, le fromage, l'éthanol, le tabac, certains légumes et la viande. L’exécutif a également assuré que les cultures OGM avaient été écartées de l’accord, notamment celles de soja. Mais les syndicats agricoles indiens demeurent sceptiques, qualifiant ce traité de « capitulation totale » face aux géants américains de l’agroalimentaire.

Agenda de la semaine agricole du 16 février 2026

Mardi 17 février
Examen du projet de loi Ddadue (ICPE en élevage)
Visioconférence Civam, restitution d'une enquête sur la Pac
Conférence internationale de la Fondation Farm sur les pesticides

Mercredi 18 février
Dialogue de la Commission européenne avec les parties prenantes sur les directives Eau et Nitrates
Présentation d'un rapport parlementaire sur la gestion des crises sanitaires en élevage
Conférence de presse des Jeunes agriculteurs (JA)
Conférence de presse de la FNSEA
Conférence de presse d'Anvol (volaille de chair)
Présentation de l’enquête d’Anima (lutte contre la ponte en cage) sur la grande distribution
Conférence de presse de présentation du Déméter 2026

Jeudi 19 février 
Forum sur les perspectives agricoles organisé par l'USDA

Vendredi 20 février
Colloque au Sénat sur l'élevage et les épizooties
Conférence de presse de la chambre d'agriculture régionale de Bretagne
Visioconférence sur la « logistique des chaînes alimentaires courtes » de Fab'Lim
Assemblée générale de la coopérative Marché de Phalempin (légumes)
Le Modef organise un « marché revendicatif » à Paris

Samedi 21 février
Inauguration du Salon de l'agriculture par le président de la République