Bio : nouvelle baisse des surfaces françaises et hausse du taux de sorties en 2024
Comme l'année précédente, les surfaces françaises en agriculture biologique ont reculé en 2024, d'un peu plus de 56 000 ha (-54 000 ha en 2023), essentiellement en grandes cultures, pour stagner autour de 10 % de la surface nationale, a annoncé l'Agence bio lors d'une conférence de presse le 12 juin. En volumes produits, toutes les filières animales reculent, sauf la brebis laitière. Le nombre de producteurs bio reste en croissance, de 1 % cette année contre 2 % l'an passé. Le ralentissement est dû à une hausse d'un point du taux de sortie (6 %). La consommation à domicile connait un frémissement (+0,8 %), après s'être stabilisée l'an passé. Le ralentissement est dû à une hausse d'un point du taux de sortie (6 %). La consommation à domicile connait un frémissement (+0,8 %), après s'être stabilisée l'an passé. Les évolutions sont contrastées selon les filières et les circuits de distribution. Les ventes en grandes surfaces continuent de chuter (-5,1 %, à 5,8 Md€), tandis que les magasins spécialisés confirment leur rebond (+6,5 % à 3,5 Md€), tout comme la vente directe (+7,4 %, à 1,6 Md€). Les produits laitiers et carnés sont à la baisse, respectivement de 5 et 6 %, tandis que les légumes bio progressent de 9 %, en particulier dans les circuits spécialisés et la vente directe.
Eau potable/bio : seulement 3 % des aires de captage ont plus de 50 % de SAU en bio
Seulement 3 % des aires d'alimentation de captage d'eau potable (AAC) ont plus de 50 % de leur surface agricole utile (SAU) en bio en 2024 ; et à l'inverse, 50 % des AAC ont moins de 3 % de SAU bio, a indiqué l'Agence bio en conférence de presse le 12 juin. « Cette donnée inédite souligne le potentiel de développement de la bio dans ces aires prioritaires », souligne l'agence. D'autres indicateurs soulignent la faible part de la bio dans ces zones : seulement quatre aires sur 1 378 sont en 100 % bio. Et 9 % des surfaces agricoles situées dans les AAC sont conduites en bio, ce qui est comparable à son importance dans l'ensemble des surfaces agricoles françaises (10 %). Lors de son examen à l'Assemblée par la commission Développement durable, et contre l'avis du gouvernement, un amendement de la députée Sandrine Le Feur (Ensemble) avait été intégré à la proposition de loi Entraves, qui instaure une interdiction, à compter de septembre 2030, de l'usage des pesticides de synthèse et engrais minéraux dans les aires d'alimentation du captage (AAC) associées à des points de prélèvement sensible.
Eau portable/captages : une PPL y interdisant les phytos et engrais rejetée par le Sénat
À l'occasion de l'examen en séance publique de la proposition de loi (PPL) pour renforcer la protection des ressources en eau potable, le 12 juin, les sénateurs ont supprimé - à 229 voix – contre 110 – le seul article qui avait survécu au passage en commission du Développement durable le 4 juin, rejetant ainsi le texte dans son ensemble. Portée par le groupe Socialiste, écologiste et républicain (SER), cette PPL propose d’interdire l’utilisation et le stockage des produits phytopharmaceutiques et d’engrais minéraux dans les zones de protection des aires d’alimentation de captages (ZP-AAC), à partir du 1er janvier 2031 ; une disposition un peu différente avait été intégrée à la PPL Entraves lors de son examen à l'Assemblée par la commission Développement durable, contre l'avis du gouvernement. L’article 1 propose d’instaurer « des plafonds intermédiaires » fixés par décret, pour faciliter la mise en œuvre de l’interdiction. L’article 2 prévoit des sanctions pénales pour ceux qui violent ces interdictions.
Glyphosate : une nouvelle étude étaye sa cancérogénicité, les ONG demandent l'interdiction
L'exposition à long terme au glyphosate et aux herbicides à base de glyphosate provoque le cancer chez les animaux de laboratoire à des doses jugées sûre par les autorités européennes, selon une nouvelle étude publiées dans la revue à comité de lecture Environmental Health et menée par l'institut italien Ramazzini. Les chercheurs ont constaté une augmentation statistiquement significative « de multiples tumeurs bénignes et malignes » (leucémie notamment) chez les rats des deux sexes. Ces résultats ne permettent pas de conclure sur la cancérogénicité chez l'humain, mais les chercheurs estiment qu'ils concordent avec des études épidémiologiques ayant établi une corrélation dans la vie réelle entre l'exposition au glyphosate et l'apparition de cancers. Et de conclure qu’ils fournissent des preuves solides étayant la conclusion du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) de l’OMS selon laquelle il existe « des preuves suffisantes de cancérogénicité [du glyphosate] chez les animaux de laboratoire ». Pour l’ONG PAN Europe, la Commission européenne et les États membres « ont ignoré ces preuves » qui leur avaient déjà été transmises avant le renouvellement de l'approbation du glyphosate en 2013. Elle exhorte désormais les autorités réglementaires de l’UE à prendre en compte ces conclusions en interdisant le glyphosate.
Chlordécone : compromis au Sénat pour une reconnaissance partielle de la responsabilité de l'État
Le Sénat a adopté, le 12 juin, à la quasi-unanimité, une proposition de loi visant à reconnaître la « part de responsabilité » de l’État dans le scandale de la chlordécone aux Antilles, tout en lui apportant d’importantes modifications. Même s’il faudra un nouvel examen des députés sur ce texte, il semble désormais en mesure d’aboutir, alors que de nombreuses initiatives parallèles avaient avorté ces dernières années sur ce dossier sensible. La dernière en date, en avril au Sénat, s’était terminée dans l’indignation, lorsque les sénateurs ultramarins et macronistes avaient choisi de retirer un texte similaire, mécontents de le voir « dénaturé » par la droite et le gouvernement. Le groupe RPDI dénonce cette fois certains reculs par rapport à la version votée à l’Assemblée nationale, qui évoquait la « responsabilité » de la République au sens large et non pas la « part de responsabilité » de l’État comme voté au Sénat. Autre reproche : la notion de « préjudice moral d’anxiété » a été retirée du champ de la responsabilité de l’État, après une deuxième délibération demandée par le gouvernement et des tractations entre l’exécutif et l’alliance droite-centristes, majoritaire au Sénat. Or, ce préjudice « d’anxiété » a été reconnu par la cour administrative d’appel de Paris dans une décision datant du mois de mars, ouvrant la voie à une indemnisation des victimes pouvant démontrer qu’elles avaient conscience de courir un risque élevé de maladie. L’État a formé un pourvoi contre sa condamnation.
Cognac : les exportateurs espèrent une « conclusion positive » imminente avec la Chine
La FEVS (exportateurs de vins et spiritueux) attend une « conclusion positive dans les jours qui viennent » au sujet des discussions entre la France et la Chine, où cognac et armagnac font l'objet depuis l'automne de sanctions anti-dumping. Sur la table figure la proposition d'un prix minimum de vente en Chine pour ces alcools, qui réduirait leur compétitivité mais serait quand même inférieur aux droits de douane actuels (30,6 % à 39 %), a expliqué le 12 juin le président Gabriel Picard. « Techniquement, on est d'accord. Cet engagement de prix minimum serait de l'ordre de 12 % à 16 % de surcoût pour l'arrivée de nos produits sur le marché chinois », a-t-il développé. Mais « il y a deux choses qui sont conditionnées à cette acceptation de l'accord, c'est d'abord le remboursement des cautions provisionnées (par les fabricants français, NDLR) depuis octobre 2024. Sur le principe, on comprend que les Chinois sont plutôt OK là-dessus. Mais il y a un deuxième sujet qui est majeur, c'est la réouverture des duty free, et à ce stade, nos amis chinois peinent à le confirmer. » En difficulté à l’export, le secteur dit par ailleurs viser de grands marchés : Canada, Inde, Brésil... La FEVS appelle à la ratification du traité de libre-échange UE-Canada (Ceta). Mais ne soutient pas le projet UE-Mercosur, appelant à un accord sectoriel UE-Brésil sur les alcools.
Spiritueux : les achats des Français ont encore cédé du terrain en 2024
Les achats de spiritueux en France ont de nouveau reculé en 2024, de 2,6 % en volume, au moment où les exportations sont aussi à la peine, selon un bilan du secteur. Tous les types de réseaux de distribution (grandes surfaces, cavistes, cafés, duty free...) sont concernés, a précisé le 12 juin la Fédération française des spiritueux (FFS). Les GMS ont écoulé 247 Ml, soit une diminution de 3,8 % par rapport à 2023 et une quatrième année consécutive de baisse, selon Nielsen IQ. C'est la première baisse en valeur depuis 2018, à -3,6 % (4,9 Md€). Les traditionnels whiskys et anisés – plus de la moitié des ventes en supermarchés – poursuivent leur recul, de même que les marques « premium », quand le « festif » (alcools blancs) résiste mieux, analyse la FFS. Tendances identiques pour les cafés et restaurants, avec 20,8 Ml, en baisse de 2 %, loin du rebond post-Covid. Ce repli s'explique en partie par une météo 2024 défavorable, note la FFS, qui désigne le spritz « grand gagnant » avec +32 % en valeur. Le secteur constate qu'il s'agit bien d'un « retournement de tendance ». Depuis les années 80, la consommation de spiritueux affiche un recul de 50 %. La situation du secteur est compliquée par le recul à l'export, qui représente la moitié de la valeur qu'il dégage. L'export a reculé de 12 % en valeur en 2023, puis de 6,5 % en 2024.
Ministère de l'Agriculture : revenus et patrimoine d’Annie Genevard estimés à 1,1 M€
Les revenus et le patrimoine de la ministre de l’Agriculture Annie Genevard atteignent 1 108 217 € d’après les calculs effectués par le quotidien Le Monde (article payant) sur la base des déclarations de patrimoine et d’intérêts publiées par la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HAPTV) rendues publiques le 10 juin. La déclaration de situation patrimoniale de fin de fonctions déposée le 23 janvier 2025 par la ministre fait mention, entre autres, de trois biens immobiliers d’une valeur vénale de 456 000 €, de deux contrats d’assurance vie (335 852 €), et de comptes bancaires courants et de produits d’épargne pour un total de 286 725 €. La ministre ne déclare pas de terres agricoles. Pour l’année 2024, selon la déclaration d’intérêt déposée le 17 janvier 2025, Annie Genevard a été rémunérée 20 259 € comme ministre et 55 984 € comme député du Doubs. Le Monde, qui a étudié les déclarations des ministres, relève que « le gouvernement Bayrou se situe dans son ensemble largement au-dessus de ses prédécesseurs, avec un patrimoine médian net de 1,1 M€, contre moins de 660 000 € pour le gouvernement Borne ». Les deux ministres les plus fortunés sont Marc Ferracci, ministre chargé de l’Industrie et de l’Énergie (près de 23 M€ de patrimoine), et Éric Lombard, ministre de l’Économie (21,7 M€).
Matignon : Louis de Redon va devenir conseiller agricole de François Bayrou
Comme attendu depuis plusieurs semaines, Louis de Redon, actuellement conseiller au cabinet de la ministre de l'Agriculture, va bien devenir conseiller agricole du Premier ministre à partir du 16 juin, en remplacement de Michel Stoumboff, indique Matignon. Louis de Redon est considéré comme proche de Marc Fesneau, qui l'a recruté comme conseiller en 2023 lorsqu'il était ministre de l'Agriculture ; il fut d'abord son conseiller « Ressources naturelles, biodiversité, forêt-bois », puis seulement « Forêt-bois, agroforesterie ». Louis de Redon a résisté à l'arrivée d'Annie Genevard en septembre, dont il est devenu conseiller « Innovation, biomasse, énergie, gestion de l'eau, filière bois et haies ». M. de Redon est ingénieur agronome diplômé d’AgroParisTech, avocat et maître de conférence en droit de l’environnement dans ce même établissement depuis 2010. De 2012 à 2023, il était responsable de la formation des élèves-fonctionnaires des ingénieurs Ipef (Ponts, eaux et forêts) dans le mastère Politiques et actions publiques pour le développement durable. En décembre, il a publié l'ouvrage « Cessez-le-feu ! » aux éditions La Singulière, « démontrant la contre-productivité du sacrifice de l’homme sur l’autel de la nature ».
Semences ukrainiennes : les Vingt-sept valident l’équivalence de certaines importations
Le Conseil de l’UE a définitivement approuvé, le 12 juin, la décision octroyant à la Moldavie et à l’Ukraine de l’équivalence en matière d’inspections sur pied et de production de semences de colza, tournesol, soja, et betteraves. « L'équivalence confirme que les procédures nationales des deux pays offrent les mêmes garanties pour les caractéristiques des semences et les règles d'examen, d'identification et de contrôle des semences que celles applicables aux semences récoltées dans l'UE », précise le Conseil de l’UE. Le texte doit, à présent, être publié au Journal officiel et il entrera en vigueur vingt jours après. Ces équivalences doivent permettre à l’UE de diversifier ses importations de semences, notamment pour le soja. Au cours de la procédure au Parlement européen, des craintes avaient été exprimées par des parlementaires de droite sur l’absence d’étude d’impact et sur les conséquences de cette proposition pour la filière européenne des semences. Certains groupes politiques avaient réclamé l’exigence du respect des normes de l’UE et de qualité.
Pommes de terre : le NEPG (producteurs européens) table sur une sole à +5 % en 2025
Dans un communiqué du 10 juin, le NEPG, groupe des producteurs de pommes de terre du nord-ouest de l’Europe (France, Allemagne, Pays-Bas, Belgique), table pour l'instant sur une hausse de la surface sur la zone de 5 % en 2025 (campagne commerciale 2025-2026), soit 25 000 ha supplémentaires. « Cette estimation sera affinée au fur et à mesure de la publication des statistiques officielles dans les prochaines semaines », précise l’organisation. Cette progression des surfaces en Europe explique en partie la chute des prix, mais d’autres justifications sont avancées. Le NEPG rappelle par exemple que la concurrence internationale sur le marché de la frite surgelée s’est intensifiée. Ensuite, les nouveaux droits de douane décidés par le président américain Donald Trump ont ralenti ou arrêté les exportations européennes de produits transformés. Le dollar états-unien a par ailleurs chuté, rendant les produits européens moins compétitifs. Autre explication : « Certaines graves erreurs de la part de la transformation ont été commises avec une partie de la récolte 2024. Cela s’est traduit par des frites de qualité médiocre et par de mauvaises ventes », relate le NEPG.
Déshydratation : Tereos et Capdéa dévoilent un projet commun dans la Marne et l’Aube
Les coopératives Tereos (10 300 adhérents, 15 600 collaborateurs) et Capdéa (722 coopérateurs, 70 salariés) annoncent travailler sur un projet commun de déshydratation, nommé « Tereos CapDéshy » pour valoriser les productions de 1 500 agriculteurs de la Marne et de l’Aube, en diversifiant la gamme de produits déshydratés. Le tout, en s’appuyant sur les usines existantes : quatre pour Tereos dans la Marne et trois pour Capdéa. Ce partenariat sera soumis aux votes des adhérents lors des assemblées générales des deux groupes, le 17 juillet. Le projet prévoit la déshydratation d’environ 210 000 t de luzerne en pellets, balles et extraits concentrés ; de 100 000 t de pulpes de betteraves ; et de 20 000 t d’autres productions végétales. L’enjeu : mettre en commun les moyens humains, économiques et industriels pour renforcer la performance collective et dégager de nouvelles capacités d’investissement. Thierry Tissut, président de Capdéa, présidera également la commission dédiée au projet : la direction des opérations sera confiée à Florent Feige, actuel directeur des opérations Luzerne de Tereos. Les deux groupes s’appuieront sur les partenariats déjà conclus avec France Luzerne, Sainfolia pour le sainfoin, Francopia pour l’œillette ou la distillerie Jean Goyard pour le marc de raisin. (Anne Gilet)
Biocarburants : mobilisation prévue le 14 juin à Pau contre le projet de Lacq
Un large collectif d'associations environnementales appelle à la mobilisation le 14 juin à Pau, contre le recours au bois pour alimenter un projet d’usine de biocarburants à Lacq (Pyrénées-Atlantiques). Jacques Descargues, ancien secrétaire général de l'Office national des forêts (ONF), explique que, « dans le grand Sud-Ouest, on compte actuellement une douzaine de projets biomasse, soit un besoin de 3 Mm3 de bois. C'est l'équivalent de la forêt de Fontainebleau qu'on raserait tous les ans. Il n'y a pas assez de bois pour satisfaire tous les projets, en plus des besoins actuels. » Pour rappel, le projet, porté par la PME lyonnaise Elyse Energy, prévoit la production de 200 000 t de carburants bas carbone d’ici la fin de la décennie, essentiellement destinés à l’aviation. L'entreprise prévoit de déposer une demande d'autorisation environnementale pour le dernier trimestre 2025, avant le lancement d'une enquête publique en 2026, puis le début de la construction en 2027. Face aux oppositions, Elyse Energy a réajusté certaines de ses prévisions, avec une « baisse de 25 % des prélèvements en eau » et une « diversification des sources d'approvisionnement en biomasse », précise son dirigeant Benoît Decourt. Il regrette que ces réponses ne soient « pas prises en compte » par les associations.
Biotechnologies : les parlementaires de l’Opecst recommandent de prioriser les NTG durables
Les parlementaires de l’Opecst (Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques) ont adopté le 12 juin une note sur le règlement européen dédié aux plantes issues des nouvelles techniques génomiques (NTG). L’Office appelle à donner la priorité au développement de variétés NTG durables (par exemple celles ne présentant pas de tolérance aux herbicides), afin que la filière ne tombe pas dans les travers constatés pour la culture des OGM. Il propose de mettre en place une surveillance pluridisciplinaire de l’impact de la culture des NTG en France et de veiller à ce que toute variété qui aurait un impact sanitaire ou environnemental négatif puisse être interdite. Il appelle également à une « action européenne concertée » auprès de l’Office européen des brevets pour clarifier « les règles de propriété intellectuelle qui doivent l’être ». Il insiste sur la nécessité d’instaurer un dialogue serein en prévision de la reprise des essais au champ et de la culture de variétés NTG qui suivra l’entrée en vigueur du règlement, éventuellement par des « consultations locales ».
UE/Mercosur : la FNSEA demande à rencontrer Macron, la CR veut saisir la CJUE
Alors qu’Emmanuel Macron s’est dit le 6 juin prêt à signer l’accord de libre-échange UE/Mercosur si celui-ci comporte des clauses miroir ou des clauses de sauvegarde, la FNSEA exige, dans un communiqué du 12 juin, « une rencontre urgente avec le chef de l’État afin d’éclaircir la position de la France ». « Laisser croire que des dispositifs de mesures miroirs ou de clauses de sauvegarde pourraient encore être introduits alors que les négociations sont achevées et suffiraient à apaiser les inquiétudes ne fait qu’aggraver le sentiment d’injustice et d’abandon ressenti sur le terrain », estime le syndicat majoritaire. La FNSEA rappelle que la signature de l’accord « demeure inacceptable » à ses yeux. De son côté, dans un communiqué du 9 juin, la Coordination rurale appelle le gouvernement à « saisir la Cour de justice de l’Union européenne sur [la] validité [de l’accord] avant que la Commission européenne ne présente au vote son projet d’accord » – sans préciser son argument juridique. Pour le deuxième syndicat agricole français, M. Macron « a procédé à un retournement de veste qui va se révéler tragique pour les agriculteurs et les consommateurs ». Quant à la Confédération paysanne, elle a rappelé son opposition en relayant sur le réseau social X un message du Collectif national Stop Mercosur, dont elle est membre.
CR : pas de M. Cassagne au poste de directeur, ni de déménagement du siège à Agen
Les résultats du vote des adhérents au sujet de la nomination de Serge Bousquet-Cassagne au poste de directeur à titre bénévole de la Coordination rurale (CR), ainsi qu'au sujet du déménagement du siège du syndicat, sont tombés lors de son assemblée générale extraordinaire le 12 juin. L’ancien président de la CR 47 et de la chambre d’agriculture du Lot-et-Garonne n’occupera pas le poste. Par ailleurs, le siège du syndicat ne déménagera pas à Agen, et restera à Gimont (Gers). Le projet n’a pas récolté les deux tiers des voix nécessaires. « Il n’a manqué que onze voix… rien de grave », a réagi Serge Bousquet-Cassagne. Pour rappel, le siège de la CR se situait en théorie à Auch. Mais le bâtiment a subi un incendie accidentel il y a quelques années, obligeant le syndicat à louer des locaux à Gimont, commune située à une vingtaine de kilomètres. Par ailleurs, plusieurs modifications dans les statuts ont été adoptées. Citons les deux principales. La première : pour être élu à la présidence du syndicat, il faut désormais justifier de cinq ans d’adhésion, contre deux ans précédemment. Vient ensuite la mise en place d’une commission d’éthique dont le but est de rendre un avis consultatif auprès du comité directeur de la CR sur les tensions et conflits éventuels au sein du syndicat.
Robots : le français Naïo placé en redressement judiciaire et en quête d'un repreneur
Salariés : renforcement de la prévention des risques liés aux chaleurs
Un décret publié au JO le 1er juin renforce la protection des travailleurs contre les risques liés à la chaleur (résumé sur le site du ministère du Travail). Lorsqu’il y a risque d’atteinte à la santé et à la sécurité des travailleurs, l’employeur doit faire évoluer l’organisation du travail : adaptation des horaires, suspension des tâches pénibles aux heures les plus chaudes, ajustement des périodes de repos. L’eau potable fraîche mise à disposition des travailleurs devra être augmentée autant qu’il est nécessaire. L’accès à l’eau devra être garanti, avec un minimum de trois litres par jour et par personne en l’absence d’eau courante. Les employeurs doivent fournir des équipements adaptés (vêtements respirants ou rafraîchissants, couvre-chefs, lunettes…). L’information et la formation des salariés est rendue obligatoire. Ces obligations s’appliquent aussi aux travailleurs indépendants, y compris agricoles. « Nous nous félicitons de ce décret mais restons vigilants quant à son application pratique compte tenu des différents métiers, territoires et types de management agricole », a expliqué Franck Tivierge, secrétaire national Prospective et stratégie économique de la CFDT Agri-Agro, à Agra Presse, en ajoutant que « l’organisation du travail et la prévention inscrites dans un dialogue social est partagée par les filières ».
Fleurs/1er mai : la PPL du Sénat assouplissant le Code du travail examinée le 3 juillet
Selon l'ordre du jour de la chambre haute, officialisé mercredi 11 juin, le Sénat examinera en procédure accélérée le 3 juillet la proposition de loi permettant aux établissements déjà autorisés à ouvrir le dimanche de pouvoir le faire le 1er mai, visant notamment les fleuristes (et les boulangers), rapporte l’AFP le 12 juin. Le texte, soutenu par le gouvernement et porté par l’Union centriste (Annick Billon et Hervé Marseille), veut adapter « le droit aux réalités du terrain », en modifiant le Code du travail pour permettre aux salariés de travailler dans des établissements « dont le fonctionnement où l'ouverture est rendue nécessaire par les contraintes de la production, de l'activité ou les besoins du public ». Il fait écho à la polémique début mai autour des contrôles menés par l’administration chez les commerçants. La Fédération française des artisans fleuristes (FFAF) s’était élevée contre l’impossibilité de pouvoir ouvrir les établissements avec du personnel, même si celui-ci était volontaire et rémunéré double conformément à la convention collective de la profession. Elle dénonçait un climat « d’insécurité juridique croissant » pour les fleuristes, « alors que les vendeurs à la sauvette qui ne respectent pas la loi ne sont ni contrôlées, ni verbalisés ».
Pêches/nectarines : révisions importantes à la baisse des prévisions de récoltes (Agreste)
Attendue stable fin mai, la production française de pêches, nectarines, brugnons et pavies est finalement attendue en « recul de 11 % sur un an et de 5 % par rapport à la moyenne des cinq dernières années » (à 209 600 t), estime Agreste (ministère de l’Agriculture) dans une note parue le 12 juin, à partir de données arrêtées le 1er du mois. En effet, les prévisions précédentes, publiées en mai, ont été revues à la baisse « en raison des chutes physiologiques de fruits observées depuis », qui résultent de « conditions météorologiques défavorables à la floraison ». Aucune région n’est sauve : la baisse serait de 15 % en Auvergne-Rhône-Alpes, 12 % en Occitanie et 9 % en Paca, avec partout une baisse des surfaces en production (respectivement -4 %, -8 % et -1 %). Agreste projette des récoltes « en retard » par rapport à 2024. Du côté des abricots, pas de grand changement par rapport aux prévisions de fin mai : la production nationale s’annonce « en hausse de 32 % par rapport à la faible récolte de 2024 et de 14 % par rapport à la moyenne 2020-2024 », menant à « 109 000 t », sans égaler « les niveaux atteints en 2022 ou 2023 ». Avec 55 400 t prévues, la région Auvergne-Rhône-Alpes connaîtrait une hausse de « 64% » sur un an, après une « très faible récolte » l’an passé. Les abricots devraient eux aussi être récoltés « en retard ».
Fruit et légumes : volumes en baisse, mais ventes record pour les criées belges
L’association VBT, qui regroupe les coopératives de fruits et légumes belges*, a bouclé une année 2024 avec des volumes en baisse, indique-t-elle dans son rapport annuel. Avec un total de 873 000 tonnes, l'offre de légumes a diminué de 4 % et celle de fruits de près de 3 %. Les principales baisses concernent les produit phares de l’offre outre-Quiévrain – pommes, tomates, concombres, poivrons, salades –, alors que les volumes de poires, de fraises ou de champignons sont orientés à la hausse. En revanche, le VBT signe un chiffre d’affaires record de 1,26 Md€ sur le marché du frais et de 155 M€ sur le marché du surgelé (cette partie est assurée par la coopérative Ingro). Les légumes assurent l’essentiel du chiffre d’affaires, avec 820 M€ (et 435 M€ pour les fruits). Le VBT ne crie pas victoire pour autant : « La hausse des ventes est contrebalancée par la hausse des coûts de production des entreprises et des exigences de production de plus en plus strictes. Plus que jamais, nous, producteurs de fruits et légumes, devons donc nous regrouper au sein de coopératives et offrir ensemble le contrepoids nécessaire », explique-t-il. * Belorta, Hoogstraten, LTV, Reo, cadran de Wépion, Ingro
Alternatives végétales à la viande et au fromage : forte hausse des ventes en France en 2024
Les ventes d’alternatives végétales dans les GMS françaises ont connu une hausse de 8,8 % en valeur (+5,1 % en volume) en 2024 par rapport à 2023, selon les données de Circana présentées dans le rapport de The Good Food Institute (GFI) intitulé « France : aperçu de la vente au détail des alternatives végétales », portant sur cinq catégories (viande au rayon frais, boissons et laits, fromage, yaourt et crème). « Le pourcentage d’augmentation de la valeur des ventes en glissement annuel a légèrement diminué », constate GFI. « La hausse dans la valeur des ventes entre 2022 et 2023 était partiellement due à l’inflation », analyse le think tank, alors que « l’augmentation de 2023 à 2024 reflète une demande croissante ». Les ventes en valeur et en volume 2024 vs 2023 surpassent « le pourcentage de croissance de leurs équivalents d’origine animale ». Sur un marché des alternatives végétales encore modeste en taille en 2024 (537,4 M€, 147 000 t), les plus fortes hausses en valeur se font sur certaines catégories : le fromage végétal est en hausse de 18,5 % (12 M€) et la viande végétale en hausse de 15,5 % (156 M€). Les boissons végétales, qui représentent près de la moitié des ventes, connaissent une hausse des ventes de 6,6 % en valeur.
Évènementiel : rapprochement de la Semaine du goût avec les Journées de l'agriculture
Alors que le projet de Snanc (stratégie nutrition climat) prévoit une « Semaine de l’alimentation durable favorable à la santé », la ministre de l'Agriculture a annoncé le 6 juin que la Semaine du goût (organisée en octobre) et les Journées nationales de l'agriculture (JNA, qui se tenaient du 6 au 9 juin) allaient « converger » dans cette optique. « Je me réjouis que ces JNA puissent converger avec la Semaine du goût », a déclaré Annie Genevard au lancement de l'évènement, sans préciser la gouvernance prévue, ni la date. « L’idée, c’est de mobiliser le plus d’acteurs et d’événements possibles, comme le " Pique-nique "des Vignerons indépendants ou " Tous à la ferme " des Agriculteurs de Bretagne », explique Gilles Maréchal, directeur d’Agridemain, à Agra. Prévue dans le projet de Snanc, la Semaine « de l'alimentation durable favorable à la santé » inclut des cours centrés autour de « l’alimentation durable et de la nutrition » et des portes ouvertes dans la filière alimentaire. Initialement créée en 1990 par les industriels français du sucre en partenariat avec le journaliste culinaire Jean-Luc Petitrenaud, la Semaine du goût a été rachetée en 2009 par une société événementielle, Le Public Système (devenu le groupe Hopscotch). Les JNA sont organisées pour la cinquième édition par Agridemain (agriculteurs) et la fondation Make.org. (Florence Rabut)
Planification écologique : Augustin Augier nommé secrétaire général (SGPE)
Augustin Augier, 45 ans, ancien délégué général des Écologistes (de 2022 à janvier 2025) qui a travaillé étroitement avec la chef de parti Marine Tondelier, a été nommé au poste stratégique de secrétaire général de la planification écologique le 11 juin en Conseil des ministres. Il est aussi le fils de Marielle de Sarnez (1951-2021), dirigeante centriste très proche de François Bayrou. Sous sa houlette, le secrétariat (SGPE) « continuera de participer à la préparation des stratégies et plans d’action nationaux », indique un communiqué de Matignon, « pour mettre en œuvre les objectifs de la France en matière de climat, d’énergie, de biodiversité et d’économie circulaire ». Il succèdera à Antoine Pellion, qui avait quitté ce poste en février. L’intérim a été assuré par Frédérik Jobert, auteur en avril d’une note corrosive sur la politique forestière, dans laquelle il invoquait Harry Potter et Voldemort.
Retrouvez votre agenda de la semaine agricole du 16 mai 2025
Dimanche 15 juin
Réunion informelle des ministres de l'Agriculture de l'UE à Varsovie (Pologne), jusqu'au mardi 17
Portes ouvertes de l’Itepmai (institut technique PPAM) à Chemillé-en-Anjou (Maine-et-Loire)
Lundi 16 juin
Colloque France Agrivoltaïsme
Visioconférence des réseaux d’élevages Inosys sur les ovins viande
Audience d'Ynsect au tribunal de commerce d'Évry
Mardi 17 juin
Assemblée générale d'Inaporc (interprofession)
LFDay (start-up agricoles), à Saint-Ouen-sur-Seine
Conférence de presse d'Agrial (coopérative)
Conférence de presse des 100 ans de l'Avenue de Champagne
Conférence de presse de Commerce Équitable France
Voyage de presse d'Intercéréales à Nogent-sur-Seine (Aube)
Visite d'essais CTIFL « Serre et plein champ » à Carquefou (Loire-Atlantique)
Mercredi 18 juin
Assemblée générale de l'Unifa (fabricants d'engrais)
Assemblée générale de Sodiaal (coopérative laitière)
Convention de la fédération européenne des banques alimentaires, à Dublin, jusqu'au 20
Rapport d’information parlementaire sur le financement de la bio
Conférence de presse de BPCE (banque) sur son observatoire de l'agriculture et de la viticulture
Conseil spécialisé grandes cultures de FranceAgriMer
Audition de la direction Eau et biodiversité (DEB, ministère de la Transition écologique) à l'Assemblée
Rencontre nationale des fermes publiques, à Épinal, jusqu’au 19
Jeudi 19 juin
Matinale Biogaz du 19 juin (biodéchets)
Évènement IA TechDay (groupe NGPA), à Saint-Ouen-sur-Seine
Séminaire Agrotic (numérique), à Montpellier
Journée filière Cerise, dans le Rhône
Journée portes ouvertes du Cirbeef (Idele, viande rouge issue du troupeau laitier), dans le Morbihan
Visioconférence des réseaux d’élevages Inosys sur les économies de charges
Voyage de presse de Saint Louis sucre à Étrepagny (Eure)
Conférence de presse du domaine de Petit Roubié & de la cave de Sancerre (vin)
Rencontre technique CTIFL pomme et myrtille à La Morinière (Indre-et-Loire)
Conférence de lancement de Suvy (alternative au sucre)
Bourse aux céréales de La Rochelle, jusqu'au 20
Vendredi 20 juin
Rencontres grand public La Moisson des Brasseurs
Visioconférence de la Sfer (économistes) sur la transition agricole en France et UE
Conférence de presse annuelle du Cerafel, à Saint-Martin-des-champs (Finistère)
Matinée technique du Cirveau (Idele, veau de boucherie), dans le Morbihan