Agrafil du 17 novembre 2021

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Assurance récolte: Pacifica et Groupama vont augmenter les primes de 10 à 25% en 2022

Dans deux entretiens séparés à Agra Presse le 8 novembre, les assureurs Pacifica (Crédit Agricole) et Groupama ont confirmé la hausse des cotisations à payer (dites 'primes') en 2022 pour souscrire à une assurance multirisque climatiques (MRC, dite 'assurance récolte'). Cette hausse avait été annoncée par le journal Les Echos, le 21 octobre, sans que son ampleur soit chiffrée. Pacifica prévoit une hausse des primes «comprise entre 15 et 25%», selon son directeur du marché de l’agriculture et de la prévention Jean-Michel Geeraert. «Ce n’est pas de gaieté de cœur que nous allons majorer nos cotisations, mais cela est nécessaire pour continuer de proposer aux agriculteurs des garanties qui ont du sens et qui les protègent face au changement climatique», a-t-il expliqué. Même constat chez Groupama qui prévoit «au global» une hausse de primes de «10 à 15%», pouvant approcher 25% pour la viticulture. Groupama cessera aussi d’offrir deux options trop coûteuses à financer: le rachat de franchises inférieures à 20% et la garantie complément de rendement, a indiqué la directrice assurances Delphine Létendart. Les assureurs pointent une «dérive des coûts» de la MRC provoquée par l’accélération des aléas climatiques ces cinq dernières années.

Phytos : le Conseil d'Etat exige un durcissement dans les zones Natura 2000

Dans une décision rendue le 15 novembre, le Conseil d’État donne six mois au gouvernement pour «garantir que l’utilisation de pesticides sera systématiquement encadrée voire interdite» dans les zones Natura 2000. Les juges du Palais Royal avaient été saisis par deux fois en 2020 par l’association FNE. Celle-ci soutenait que les ministres de l’Agriculture et de la Transition écologique avaient failli, par «décision implicite», à répondre aux dispositions européennes concernant les utilisations de pesticides à proximité des cours d’eau et dans les espaces protégés. Si les juges ont rejeté le premier argument, ils ont en revanche retenu le second. Car les dispositions réglementaires, soulignent-ils, n’imposent aucun encadrement des pesticides spécifique en zone Natura 2000 que ce soit au sein «du document d’objectifs, de la charte Natura 2000 voire des contrats Natura 2000». «Cette décision obtenue par France Nature Environnement vise à mettre un terme à plus de 10 ans d’inaction coupable des gouvernements», se réjouit Antoine Gatet, vice-président de France Nature Environnement. Selon les chiffres 2020 du Museum d’histoire naturelle, le réseau Natura 2000 couvrirait environ 7,1 millions d’hectares en France, dont 15 % environ de zones agricoles.

Influenza: la Conf' attaque la nouvelle réglementation au Conseil d'Etat

La Confédération paysanne vient de «déposer un recours devant le Conseil d’État» contre la nouvelle réglementation sanitaire liée à l'influenza aviaire, annonce le syndicat dans un communiqué le 16 novembre. Cette action en justice est menée de concert avec plusieurs autres syndicats et organisations (Modef, Fnab, Agir pour l’environnement, Sauve qui poule, Anafic, Miramap et Bio consom’acteurs). En vigueur depuis cet automne, les nouvelles règles imposent la claustration des volailles en cas de risque d'influenza, dorénavant sans dérogation possible notamment pour les petits élevages. Le recours porte sur l'arrêté du 17 septembre supprimant cette dérogation, a appris Agra Presse auprès des requérants. Leurs arguments? «La défense du bien-être animal, celle de la liberté d'entreprendre et l'insécurité juridique dans laquelle se retrouvent les éleveurs» du fait de l'application immédiate de la réglementation, sans période transitoire. Pour la Conf', qui se mobilise actuellement dans huit départements, cette réglementation n'est pas adaptée aux élevages plein air: «Le ministère a fait le choix de sacrifier le plein air sur l'autel de la vocation exportatrice de la filière», dénonce-t-elle dans son communiqué.

Lait: Danone veut convertir sa laiterie gersoise en usine de boissons végétales

Le géant français de l’agroalimentaire Danone annonce, dans un communiqué du 15 novembre, un investissement de plus de 43 millions d’euros pour convertir son site de Villecomtal-sur-Arros (Gers) en usine de boissons végétales. Le début des travaux est prévu à l’automne 2022 et les premières boissons, commercialisées sous la marque Alpro et formulées principalement à base d’avoine, devraient sortir des lignes de production au second trimestre 2023. Avec cette conversion, le groupe prévoit d’augmenter sa capacité de production de boissons végétales «de 25% d’ici 2024 en France». Le groupe annonce en parallèle 24 millions d’euros d’investissements dans les laiteries de Bailleul (Hauts-de-France), Pays de Bray (Normandie) et Saint-Just-Chaleyssin (Auvergne Rhône-Alpes) vers lesquelles seront rebasculés les volumes transformés à Villecomtal, soit 80 000 tonnes de produits finis. La laiterie gersoise, spécialisée dans les yaourts aux fruits, transforme le lait de 187 points de collecte du Sud-Ouest. «Le projet prévoirait, dans une phase de transition, l’accompagnement de chaque collaborateur et un soutien individualisé aux éleveurs», assure Danone qui s’exprime au conditionnel car la transformation de la production doit encore être approuvée par le personnel de l’usine.

Glyphosate : la recherche serait évaluée plus sévèrement que les fabricants (ONG)

«Entre la littérature scientifique et les tests soumis par les fabricants, il y a un double standard d’évaluation», dénonce Françoise Veillerette, à l’occasion de la publication d’un nouveau rapport de son association Générations Futures le 16 novembre. Pour preuve, avance son ONG, seules 30 études scientifiques auraient été retenues par les fabricants et les autorités sanitaires pour fonder leur décision finale sur un corpus total de 7200 articles. «Dans la plupart des cas, on confond pertinence et fiabilité», s’agace François Veillerette. Un grand nombre d’études serait ainsi rejeté dès la première lecture sur des critères de puissance statistique ou d’espèce utilisée, au risque de se voir écartées trop vite. Or l’Efsa elle-même le souligne dans ses lignes directrices: «les critères de pertinence ne doivent pas être trop restrictifs». À l’inverse, déplore Générations Futures, les études soumises par les fabricants bénéficieraient d’un traitement plus favorable que les lignes directrices de l’OCDE. Dans les tests réglementaires dits «du micronoyau», aucun des industriels n’aurait ainsi étudié un nombre suffisant de cellules sur les 4000 exigées. Dans un tweet du 16 novembre, l’eurodéputé LREM Pascal Canfin a salué un travail «très utile».

Fiscalité: coup de pouce des députés aux coopératives et aux compléments alimentaires

L’Assemblée nationale a adopté en vote solennel, le 16 novembre, la seconde partie du projet de loi de finances (PLF) pour 2022, relative aux dépenses. Lors de l'ultime séance publique quatre jours plus tôt, les élus ont approuvé deux dernières mesures liées à l’agriculture. Les députés ont adopté un amendement du gouvernement qui maintient l’exonération de taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB) pour les coopératives agricoles qui mettent à disposition d’un tiers tout, ou partie de leurs locaux équipés de moyens de production. Ceci, dans la mesure où la partie tierce assure la transformation «exclusive» des produits des adhérents coopérateurs sous les labels AOC/AOP, IGP et STG. L’Assemblée a aussi adopté, avec avis favorable du gouvernement, un amendement qui exonère de droits d’accise l’alcool éthylique utilisé dans la fabrication de compléments alimentaires. Cette mesure concerne les compléments alimentaires conditionnés en unités allant jusqu’à 15 centilitres, et pour une mise sur le marché en France et dans l’Union européenne.

Vin: la chute de la production française moins brutale que prévu en octobre

La vendange française s’établirait à près de 36 millions d'hectolitres (Mhl), et non plus à près de 34 Mhl comme estimé au 1er octobre, a indiqué Agreste, la publication statistique du ministère de l’Agriculture, le 16 novembre. La chute serait de 23% au lieu de 27%. «Les volumes en zone méditerranéenne sont révisés à la hausse par rapport à la dernière prévision. Les dernières précipitations ont contribué au grossissement des baies», précise Agreste. En Languedoc et Roussillon, les effets du gel au printemps ont été finalement moins importants qu’initialement prévus, les cépages tardifs ayant été moins touchés. Dans le Sud-Est, les dernières précipitations «permettent une rehausse des volumes de vendanges en Côtes du Rhône». Si dans le bordelais la production s’annonce d’un quart inférieure à la moyenne quinquennale pour cause de gel, de coulure et de champignons, dans le Gers, les dernières précipitations conduisent à relever les volumes. En Charentes, les précipitations estivales ont favorisé le grossissement des baies. Les dégâts du gel «sont plus faibles que dans d’autres régions, le cépage majoritaire Ugny blanc ayant été peu affecté». Dans le Val de Loire, les dernières précipitations ont amélioré les rendements.

Vin : le nombre de consommateurs continue de croître dans le monde (étude)

Si les consommateurs de vin modèrent leur consommation et demandent des degrés d’alcool plus bas, ils sont en revanche plus nombreux dans le monde à se mettre aux vins tranquilles. C’est ce qui ressort de l’étude menée par l’IWSR (l’Institut de recherche international sur les vins et spiritueux, basé à Londres), sur la consommation des vins et spiritueux à horizon de 2025, lors de la conférence de presse de présentation du salon Wine Paris &Vinexpo Paris 2022, salon qui se tiendra en février prochain. «Le Brésil est de plus en plus sensibilisé aux vins et l’intérêt en leur faveur progresse régulièrement», indique-t-il. De même, la place du vin tranquille se développe dans les foyers colombiens: «Avant la pandémie, de nombreux Colombiens ne buvaient du vin qu’au restaurant». L’IWSR note un «intérêt croissant pour les vins blancs et les rosés» en Pologne, tandis qu’en Russie, l’évolution à long terme des préférences des consommateurs, qui délaissent la vodka et les spiritueux au profit du vin, «devrait se poursuivre». En Chine, l’IWSR prévoit un rebond à moyen terme «relativement modéré et après un repli très important en 2020», et pour les vins premium (de moyenne gamme) une croissance de 5% par an d’ici à 2025.

Foncier: recours contre la vente d'un grand cru classé gérée par une Safer

Un grand cru de Saint-Emilion a entamé une action en justice pour faire annuler la vente pour 75 millions d'euros d'un château voisin au groupe cosmétique Clarins, estimant avoir été «lésé» par la Safer Nouvelle-Aquitaine intervenue dans cette opération, a appris l'AFP le 16 novembre auprès de son gérant. Selon Mathieu Cuvelier, gérant de clos Fourtet, premier grand cru classé B de Saint-Emilion, sa société avait initialement été désignée en novembre 2020 comme acquéreur par une majorité des associés propriétaires du château Beauséjour. Mais une fois devant la Safer, «on s'est rendu compte qu'on avait été totalement ignorés», a ajouté M. Cuvelier. En avril, la Safer avait attribué le château à la société Beauséjour Courtin, menée par la famille Courtin-Clarins (groupe Clarins) et Joséphine Duffau-Lagarrosse, «sous la condition de garantir et de sécuriser l'installation» de cette dernière en «jeune agricultrice». La Safer avait indiqué avoir examiné trois autres offres, sans les nommer. Joséphine Duffau-Lagarrosse, jeune trentenaire, ne s'était dans un premier temps pas manifestée pour se porter acquéreuse, faute de soutien financier, selon le site spécialisé Vitisphère, qui a révélé le 16 novembre l'action en justice du clos Fourtet. La famille Cuvelier demande la nullité de la vente de Beauséjour au motif notamment que la décision de la Safer était "irrégulière" et que les conditions attachées à cette décision n'avaient «pas été respectées».

Cop26 : les principaux pièges du marché carbone «ont été évités (Iddri)

À la Cop26, «les principaux pièges pour le double comptage d’émission ont été évités» se réjouit Lola Vallejo, directrice du programme climat au sein de l’Iddri (cercle de réflexion). Comme elle le rappelle, l’un des enjeux de la Cop de Glasgow était précisément d’aboutir sur l’application de l’article 6 de l’Accord de Paris, qui prévoyait la mise en place d’un marché mondial volontaire du carbone. Dans le détail, les états ne pourront donc pas décompter de leurs propres bilans les réductions d’émissions vendues à d’autres pays. Mais ils pourront en revanche mettre sur le marché tous les crédits générés depuis 2013. «Beaucoup de pays et d’acteurs non étatiques ont rappelé à la Cop26 que la neutralité carbone ne pouvait se reposer uniquement sur le secteur des terres, qui doit lui-même compenser ses propres émissions», a complété Sébastien Treyer, directeur général de l’Iddri. La coalition des pays de San José, comprenant plus de 30 pays dont la France parmi ses signataires, aurait d’ailleurs défendu à la Cop26 une ambition renforcée pour les crédits carbone. Autant d’états qui souhaiteraient notamment que les crédits achetés par les entreprises ne soient pas décomptés dans les bilans nationaux soumis aux Nations-Unis.

Déforestation: Interbev veut imposer la traçabilité individuelle aux viandes importées

Alors que la Commission européenne présente le 17 novembre son projet de règlement contre la déforestation importée, l'interprofession française du bétail et des viandes (Interbev) «demande une "mesure-miroir" sur la traçabilité des bovins» importés. «Il s’agirait de rendre obligatoire la traçabilité individuelle de leurs animaux, de la naissance à l’abattage», précise l'organisation dans un communiqué le 16 novembre. Cette disposition «pourrait permettre aux importateurs européens d’exiger, auprès de leurs fournisseurs, les informations relatives aux lieux de naissance et d’élevage». Ce qui serait, d'après Interbev, la «seule manière de s’assurer que ces viandes ne sont pas issues de la déforestation». Et de rappeler que la France – qui doit assurer la présidence tournante de l'UE au premier semestre 2022 – a fait «de l’application de "mesures miroir" aux produits agricoles importés l’une des grandes causes» de la PFUE (présidence française de l'UE). Le projet de règlement sur la déforestation constitue «une formidable opportunité, pour la France, d’obtenir une première avancée concrète, majeure, dans son combat de bon sens en faveur des mesures miroir», estime le président d'Interbev, Dominique Langlois, cité dans le communiqué.

Evènementiel: une vache de race Abondance égérie du prochain Salon de l'agriculture

Neige, une vache de race Abondance de quatre ans, élevée dans une exploitation familiale de Haute-Savoie, sera l'égérie du prochain Salon de l'agriculture à Paris du 26 février au 6 mars, annoncent le 16 novembre les organisateurs. Après une édition 2020 abrégée, l'édition 2021 de cette grand-messe annuelle prisée des hommes politiques comme du grand public n'avait pas pu avoir lieu en raison de la crise sanitaire. «Le Salon se prépare... Les indicateurs sont au vert. Côté exposants, 85% sont déjà inscrits à quatre mois de l'événement! Quant au grand public, quand il a envie, il revient... Cette édition des retrouvailles est très attendue. Je suis confiant, les visiteurs seront au rendez-vous», affirme le président du salon, Jean-Luc Poulain, cité dans un communiqué. Le salon attire d'ordinaire environ 500.000 visiteurs Porte de Versailles. Cette fois, il se tiendra un peu plus d'un mois avant le premier tour de l'élection présidentielle (10 avril 2022).