Loi d'urgence agricole : la FNSEA fait une quarantaine de propositions
À l'occasion d'une conférence de presse le 18 février, la FNSEA a présenté une quarantaine de propositions pour le projet de loi d'urgence agricole (LUA), dont Agra Presse publie la synthèse complète. Parmi les mesures transversales phares : instaurer « un principe de non-régression de la production agricole » dans tous les zonages d'aménagement du territoire (captages, zones humides, Natura 2000...). Les autres mesures sont dispatchées selon les trois thèmes retenus par le Premier ministre (voir ci-dessous). Interrogé sur le nombre important de mesures, le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, assume de proposer un « catalogue large », qui pourra être « resserré » par la discussion avec le gouvernement et le Parlement. Concernant le calendrier, le syndicalisme majoritaire attend toujours de savoir si une session extraordinaire du Parlement aura lieu cet été, qui pourrait permettre d'examiner le texte dans les deux chambres avant la pause estivale. Le gouvernement a fait savoir que l'examen du texte débutera en juin au Sénat. Sans session extraordinaire, l'examen à l'Assemblée pourrait n'avoir lieu qu'en octobre. La FNSEA attend également de connaitre le périmètre exact du projet de loi soumis par le gouvernement.
Loi d'urgence agricole : les propositions de la FNSEA sur l'eau et les pesticides
Dans sa note de positionnement dédiée au futur projet de loi d'urgence agricole (LUA), la FNSEA fait dix proposition sur l'eau, qui recouvrent les captages, la gouvernance, le stockage, l'entretien des fossés. Le syndicat propose notamment de systématiser les études socio-économiques concernant l’agriculture pour l’élaboration des Sdage et Sage, une mesure qui avait déjà été prescrite de manière infra-réglementaire aux préfets à l'automne. Concernant le stockage de l'eau, la FNSEA demande un « objectif national d’augmentation des plans d’eau permanents ou non », à décliner dans les schémas locaux. Pour la gouvernance, elle souhaite faire passer à 30 % le collège des usagers économiques et organisations professionnelles dans les comités de bassin. En matière de pesticides, est proposé « un principe de reconnaissance mutuelle systématique » des autorisations de mise sur le marché accordées ailleurs en Europe, ou encore une possibilité de dérogation de 120 jours sur des produits où l’homologation n’est plus demandée faute de marché suffisant. Au programme également: suppression de la RPD (redevance pour pollutions diffuses), retour des 3R (remise, rabais, ristourne) et compensation économique des extensions de zones de non-traitement (ZNT).
Loi d‘urgence agricole : la FNSEA veut « un droit permanent de prélèvement » au-delà de 500 loups
Dans sa note de positionnement dédiée au futur projet de loi d'urgence agricole (LUA), la FNSEA propose d’« autoriser un droit permanent de prélèvement au-delà de 500 loups », soit le seuil de viabilité démographique de l’espèce en France. Le système actuel repose sur des dérogations individuelles, un dispositif en passe d’être remplacé par une simple déclaration. Le syndicat majoritaire souhaite « poser le seuil de viabilité dans la loi à 500 loups », puis permettre des tirs « sans procédure ou condition préalable de protection ni limitation de durée » dès que ce seuil est dépassé. La population de loups est actuellement estimée à environ 1 082 individus. Pour rappel, le seuil de viabilité de l’espèce est de 500 individus reproducteurs à un moment donné. Un effectif qui implique de conserver une population totale de 2 500 à 5 000 individus, rappelait l’association Ferus en 2023, s’appuyant sur l’expertise collective officielle. Concernant les autres prédateurs, la FNSEA propose de faciliter l’effarouchement des ours ou encore d’« organiser la régulation des vautours » en cas de « comportements dommageables ». Sur le plan sanitaire, le syndicat veut que le texte permette au FMSE d’élargir ses missions à la prévention, comme demandé par le fonds professionnel.
Loi d'urgence agricole : les JA veulent un article dédié aux contrats d'avenir
À l'occasion d'une conférence de presse le 18 février, les Jeunes agriculteurs (JA) ont détaillé leurs demandes concernant les plans et contrats d'avenir, dont l'idée a été reprise par la ministre de l'Agriculture Annie Genevard. Les Jeunes agriculteurs veulent un article dédié dans la loi d'urgence agricole, qui puisse pousser les fabricants et distributeurs à s'y investir. L'esprit sera d'engager l'État, les régions et la filière à s'engager sur le développement territorialisé de certaines productions, sur des volumes, éventuellement des prix et des soutiens publics. Et d'évoquer le retour de l'élevage dans les zones intermédiaires (ZI), ou les cas des pistachiers et des grenadiers en Occitanie ou Nouvelle Aquitaine, qui nécessitent des garanties de volume de la part des transformateurs. « Nous voulons des milliers de contrats d'ici la fin de l'année », a plaidé Pierrick Horel. Pour les financer, les Jeunes agriculteurs (JA) évoquent les reliquats d'aide bio, un projet de taxe sur les importations (dont la compatibilité avec la réglementation européenne reste à éclaircir) et les fonds de cohésion de la prochaine Pac. La maquette financière n'est pas encore finalisée.
Matignon : Stoumboff s'en va, Helleisen pressenti pour le remplacer
Par un arrêté paru au Journal officiel le 17 février, le Premier ministre a mis fin aux fonctions de son conseiller agricole, Michel Stoumboff. Selon des proches du dossier, Philippe Helleisen pourrait le remplacer très prochainement. Actuellement inspecteur général au CGAAER (ministère de l'Agriculture), l’ancien directeur général de l’AGPB (producteurs de blé, FNSEA) connaît bien Sébastien Lecornu, qu'il a croisé comme conseiller au cabinet de Bruno Le Maire lorsque celui-ci était ministre de l’Agriculture. Après son départ de l’AGPB courant 2024, Philippe Helleisen a aussi été administrateur de l’État dans l’Équipe France Simplification (Matignon). Auparavant, il avait été directeur général de l’agence des Espaces verts de la région Île-de-France, et directeur économique et financier de l’ONF (forêts).
Volaille : la Commission européenne publie la mise à jour de ses normes de commercialisation
La Commission européenne a publié, le 17 février au Journal officiel de l’UE, son règlement délégué et son règlement d’exécution modernisant les normes de commercialisation pour la viande de volaille et le foie gras. Comme prévu dans la version d’octobre, les cinq mentions réservées facultatives existantes en volaille de chair sont maintenues : « élevé à l’intérieur – système extensif », « sortant à l’extérieur », « fermier – élevé en plein air », « fermier – élevé en liberté » et la dernière liée à l’alimentation (« alimenté avec… % de… »). Le texte ouvre néanmoins la porte à l’utilisation par les États membres « de termes autres » qui devront être notifiés à la Commission européenne en amont. Alors que le sujet des limites de teneur en eau dans la viande de volaille avait suscité des craintes parmi les ministres de l’Agriculture (l’Allemagne en tête) mais également au sein de l’hémicycle européen, la Commission européenne a décidé de ne pas modifier son texte et donc, de ne pas relever les taux. A l’occasion du Conseil Agriculture de janvier, le commissaire Christophe Hansen avait indiqué être prêt à revenir sur les discussions relatives à ces limites « lorsque des preuves scientifiques solides seront disponibles ».Un comité d’experts en matière de contrôle de la teneur en eau de la viande de volaille doit se réunir le 24 février à Bruxelles.
Volaille : la nouvelle norme renforce la protection des allégations, se félicite l'Anvol
Pendant la conférence de presse d’Anvol le 18 février, le président du Synalaf (volailles et œufs sous labels) Benoît Drouin a salué la protection des « mentions réservées facultatives » procurée par un règlement délégué européen « très attendu », publié la veille au JO de l’UE sur les normes de commercialisation de la volaille. Ces mentions, en particulier « Fermier, élevé en plein air » et « Fermier, élevé en liberté » sont strictement conditionnées. « Elles sont protégées non seulement dans les écritures mais aussi dans tout ce qui est visuel dans les publicités, les tracts, les étiquettes… », a-t-il souligné. Avant la conférence l’élu sarthois avait donné un exemple à Agra Presse de l’impossibilité de tromper le consommateur : « on ne peut pas vendre un poulet élevé à l’intérieur [d’un bâtiment] sur fond de champ verdoyant ». Il avait aussi expliqué qu’un producteur voulant créer sa mention valorisante devrait la soumettre à son Etat qui demanderait l’autorisation de la Commission européenne. Les autres mentions réservées inscrites dans le sont : « alimenté avec… », « élevé à l’intérieur, système extensif » et « sortant à l’extérieur ». Ce règlement entrera en vigueur au vingtième jour de sa publication, soit le 9 mars
Volaille : la filière vise 2200 nouveaux poulaillers, huit abattoirs, quatre couvoirs d’ici à 2035
En conférence de presse le 18 février, Anvol a dévoilé ses estimations de besoins visant à réduire en dix ans le besoin en importations à un poulet sur trois contre un poulet sur deux actuellement. L’interprofession de la volaille de chair propose, dans le cadre du Grand réveil alimentaire prôné par la ministre, de créer 2 200 poulaillers supplémentaires d’ici à 2035, la plupart de poulets du quotidien et 600 sous Label rouge. Cet objectif est plus ambitieux que le plan de filière pour 2025 à 2030, qui visait 400 poulaillers supplémentaires en cinq ans. Or, la construction en 2025 de 43 bâtiments et le dépôt d’un peu plus de 60 permis de construire, ne suffisent pas, comme l’a souligné le DG Yann Nédelec, qui a invoqué « un très grand nombre de projets bloqués ou qui trainent ». Anvol compte bien sur le relèvement du seuil ICPE pour faciliter les projets de deux ou trois bâtiments. Pour accompagner cette « relocalisation » de l’élevage, l’interprofession vise huit nouveaux abattoirs, quatre couvoirs, ainsi que 105 poulaillers de reproduction et six nouveaux sites de fabrication d’aliments. Ces perspectives se fondent sur une « projection de consommation raisonnable », selon le président Jean-Michel Schaeffer qui passerait de 25,6kg à 30 kg par habitant en dix ans.
Bovins/DNC : les députés veulent renforcer la vaccination et tenter d’éviter l’abattage total
Dans un rapport adopté le 18 février, les députés de la commission des Affaires économiques proposent de « mettre la vaccination au centre de la stratégie sanitaire de lutte contre la DNC » (dermatose nodulaire contagieuse). Dans la synthèse de son rapport, la mission d’information « flash » sur les crises sanitaires en élevage propose notamment de renforcer la recherche et de relocaliser la production de vaccins. « Le véritable enjeu de la vaccination (…) est de nature économique », soulignent les trois rapporteures, qui plaident pour négocier au niveau européen des « facilités d’exportation » des bovins vaccinés et de leurs produits (au-delà des actuels accords bilatéraux). N’ayant pas trouvé de consensus sur l’abattage total des lots infectés, les trois députées demandent d’« analyser les possibilités » de le remplacer par un abattage partiel, comme demandé récemment au Cirad. Manon Meunier (LFI) souhaite mettre en œuvre l'abattage partiel « sans délai en cas de survenue d’un nouveau cas », alors que Nicole Le Peih (macroniste) trouve cette décision « prématurée ». De son côté, la troisième rapporteure, Géraldine Grangier (RN), promeut un abattage partiel « dans les zones vaccinales dès lors que la couverture vaccinale y est élevée et que la pression virale est limitée ».
Bovins/DNC : les députés veulent concerter pour mieux faire accepter les mesures de lutte
Lors de la présentation de leur rapport le 18 février, les trois députées de la mission d’information « flash » sur les crises sanitaires en élevage ont insisté sur « l’acceptabilité » des mesures sanitaires, un point « central » selon elles dans la lutte contre les maladies animales. S’appuyant sur la gestion de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), les rapporteures proposent d’« améliorer le fonctionnement démocratique des instances sanitaires », et en premier lieu le Cnopsav, surnommé le « Parlement du sanitaire ». Ce qui passera par « la clarification des règles de composition et de vote du Cnopsav », mais aussi par « la publicité des avis scientifiques mobilisés » et « l’intégration de retours d’expérience de terrain ». Pour les députées, il est « primordial de mener une concertation sur les protocoles sanitaires avec les acteurs de terrain », alors que l’opposition à l’abattage total a constitué le déclencheur du mouvement de colère agricole de cet hiver. Les élues préconisent de mettre en place « une approche par " territoire de santé animale ", construite en amont » au niveau régional et impliquant les « acteurs de terrain (éleveurs, vétérinaires, GDS, élus locaux) ». Le but : « Adapter les protocoles aux caractéristiques des bassins d’élevage ».
Élevage/évènementiel : des exposants du Space réclament « une nouvelle présidence »
Dans un contexte de conflit social entre les salariés et la nouvelle gouvernance du GIE Space (structure organisatrice du salon professionnel du même nom), le « Collectif des entreprises exposantes du Space » réclame, dans un communiqué du 17 février, « une nouvelle présidence validée par le conseil d’administration ». « Seule une telle mesure, prise sans délai, sauvera le Space, et permettra à toutes les entreprises exposantes d’avoir la garantie que l’édition 2026 aura bien lieu », martèlent les entreprises, menaçant de ne pas s’inscrire dans le cas contraire. Le collectif se range aux côtés de l’équipe salariée, qualifiée d’« experte » et de « pilier de la bonne organisation du Space ». Mais « elle n’est plus en mesure d’assurer sa mission avec la nouvelle présidence en place », estiment les entreprises, pointant « un malaise social profond, avec les deux tiers de son effectif en arrêt de travail ». Un important retard a été pris dans l’organisation du prochain salon, qui doit se tenir du 15 au 17 septembre à Rennes. « Il existe un risque majeur que l’édition 2026 du Space ne puisse avoir lieu », craint le collectif, qui alerte : « L’annulation de cette édition 2026 risquerait de faire disparaître le Space définitivement ».
Maïs doux : Bruxelles prolonge ses droits antidumping sur les importations de Thaïlande
Après plus d’un an d’enquête, la Commission européenne a décidé, par règlement d’exécution publié le 18 février au Journal officiel de l’UE, de prolonger les mesures antidumping sur les importations de maïs doux en provenance de Thaïlande. Bruxelles a conclu que la réapparition du préjudice initialement causé par les importations faisant l’objet d’un dumping était probable en cas d’expiration des mesures. Dans le détail, les droits antidumping sont fixés à des taux compris entre 3,1 % et 14,3 % pour les importations en provenance des producteurs-exportateurs retenus dans l’échantillon, à un taux de 12,9 % pour les sociétés ayant coopéré non retenues dans l’échantillon et à un taux de 14,3 % pour toutes les autres sociétés thaïlandaises. Parallèlement à cette enquête, l’UE et la Thaïlande mènent des négociations en vue de conclure un accord de libre-échange. Des discussions relancées en 2023 après une suspension de près de dix ans en raison d’une instabilité politique dans la deuxième économie d’Asie du Sud-Est. De son côté, le commissaire européen à l’Agriculture, Christophe Hansen, se rendra en Thaïlande du 24 au 28 mai 2026 pour une nouvelle offensive diplomatique.
Légumineuses : premiers pois chiches Label Rouge, décrochés par Cavac
La coopérative vendéenne Cavac annonce, le 18 février, avoir obtenu le Label Rouge pour sa production de pois chiches : une première en France pour cette culture. Géré par Vendée Qualité, le cahier des charges garantit un produit qui se distingue du pois chiche « standard » par des semences certifiées, une densité de semis limitée, un calibrage précis et un tri rigoureux. Le Label Rouge impose aussi, pour les pois chiches appertisés « cuits au naturel », un trempage contrôlé, un blanchiment obligatoire, l’absence totale d’additifs et un conditionnement en verre, « garantissant goût, qualité et sécurité alimentaire ». Interrogée par Agra Business, Cavac précise souhaiter débuter « avec une surface maîtrisée pour sécuriser la qualité et accompagner progressivement les producteurs entrants dans la démarche ». Les premiers sachets de produits secs et de conserves estampillés du logo Label Rouge seront disponibles en rayons à partir de septembre 2026, après la récolte estivale. La conserverie Olvac, filiale de Cavac, pilotera la mise en bocaux. Alors que l’engouement autour des protéines végétales connait un réel essor, certaines enseignes ont déjà fait part de leur souhait de référencer ce nouveau produit, sous leur Marque Distributeur (MDD). À l’échelle nationale, Cavac pèse près de 12 % de la production nationale de légumes secs, toutes espèces confondues. (Anne Gilet)
Pomme de terre : le CNIPT dénonce la qualité de produits proposés à prix cassés
Dans un communiqué du 18 février, le CNIPT (interprofession des pommes de terre fraîches) a fait part de son inquiétude quant à une intense campagne relayée sur les réseaux sociaux « faisant la promotion de pommes de terre de consommation vendues à 0,78 € les 5 kg, soit 0,16 € le kilo ». L’organisation signale que « dans les conditions actuelles du marché, les pommes de terre de catégorie 1 ne peuvent pas être proposées à ces prix-là ». L’interprofession s’est rendue dans les magasins concernés afin d’analyser les lots et de justifier ou non ses craintes. L’ une des visites a même été entreprise avec un huissier de justice. Le constat du CNIPT a été sans appel. Dans l’ensemble des magasins, les produits contrôlés « étaient non commercialisables au regard de l’arrêté du 3 mars 1997, qui fixe les critères de qualité applicables aux pommes de terre destinées aux consommateurs en France », alerte-t-il. Quant au magasin visité en présence de l’huissier, l’organisation assure que le directeur de l’établissement a retiré les pommes de terre du rayon, afin d’éviter les sanctions de la DGCCRF. « Le fournisseur — un producteur-vendeur — a été informé de la non-conformité des lots livrés et la DGCCRF a été saisie, constat d’huissier à l’appui », ajoute le CNIPT.
Cognac : manifestation de viticulteurs devant une distillerie pour « le respect des contrats »
« Contrats signés, contrats respectés » : des viticulteurs ont manifesté le 18 février devant la Distillerie des Moisans, à Sireuil (Charente), pour dénoncer des baisses de volume d’achat. « Certains ont livré les vins au mois de novembre et n’ont toujours pas été payés ce qui est inacceptable », déclare l’Union générale des viticulteurs pour l'AOC Cognac (UGVC) dans un communiqué. « C’est la raison qui a déclenché cette manifestation » ayant rassemblé 250 producteurs, selon le syndicat. En tête des revendications de l’UGVC figurent : « le respect immédiat des obligations d’achat prévues contractuellement ; le maintien des prix ». Les viticulteurs, interrogés par Ici (ex-France Bleu) devant le siège de la société, protestent contre une baisse de 60 % des achats réalisés par la distillerie. Interrogé par nos confrères, le d.g. Olivier Petit répond : « On a fait en fonction de nos capacités financières et de nos sorties bouteilles, vu qu'on subit la crise comme tout le monde (...) Vendre tous les vins des viticulteurs et ne pas pouvoir les payer, ce serait encore pire. » Après une rencontre avec la direction, l’UGVC dit avoir obtenu des avancées : « le règlement des sommes dues au plus tard fin avril, en trois tranches mensuelles, et un travail devant aboutir, au mois de juin, sur les contrats ».
Records de pluies : fébriles, les ETA veulent du soutien pour leur projet d'assurance
Alors que des fortes pluies frappent le territoire hexagonal, perturbant de nombreux chantiers, pénalisant l’activité des entreprises de travaux agricoles, leur fédération, la FNEDT (entreprises de travaux agricoles et forestiers — ETA/ETF) alerte, dans un communiqué du 18 février, sur les risques qui pèsent sur leur activité. «Si les conditions météorologiques persistent, les difficultés aujourd’hui rencontrées par les ETF risquent de s’étendre rapidement aux ETA et aux travaux ruraux, avec une forte tension sur les capacités d’intervention, alors que les travaux du sols, semis, et autres interventions culturales doivent reprendre». La FNEDT demande à nouveau le soutien de l’Etat pour son projet de dispositif «assurantiel intempéries» adapté aux ETA et ETF. L’organisation rappelle que l’initiative a déjà été lancée avec des partenaires privés. Mais les moyens publics font défaut, alors que les besoins sont urgents. Le mauvais souvenir de 2024, année de fortes pluies, qui avaient notamment pénalisé les récoltes céréalières et plombé le chiffre d’affaires des ETA/ETF, ressurgit.
Crues: dans le Sud-Ouest, la CR 87 demande des travaux d'urgence sur les digues
Par endroits, certaines digues n’ont pas résisté aux crues d’une ampleur exceptionnelle: dans le Sud-Ouest, des maires et agriculteurs dénoncent le désengagement de l’Etat dans leur entretien, transféré ces dernières années aux intercommunalités. Dans le Lot-et-Garonne, en vigilance rouge aux crues depuis le 11 février, huit digues ont été endommagées ou submergées, selon la préfecture. La Coordination rurale appelle le préfet, qui a demandé la mobilisation de l’armée, à engager des travaux «en urgence» pour protéger les populations et les terres agricoles, avant l’arrivée des giboulées printanières et la fonte des neiges. Sinon, «la CR47 se réserve la possibilité de réaliser elle-même les travaux indispensables», prévient le président départemental du syndicat agricole José Pérez, dans un communiqué publié le 18 février.
Lot-et-Garonne : prison avec sursis requis contre deux anciens présidents de la Chambre d’agriculture
Des peines de deux ans de prison avec sursis et trois ans d’inéligibilité ont été requises le 18 février par le parquet d’Agen contre les deux anciens présidents de la Chambre d’agriculture du Lot-et-Garonne, syndiqués à la Coordination rurale, jugés pour prise illégale d’intérêts et recel. Serge Bousquet-Cassagne et Patrick Franken, déjà condamnés en 2022 à verser 100.000 euros de dommages et intérêts pour la construction illégale du lac de Caussade, sont soupçonnés d’avoir détourné des fonds du syndicat et de la Chambre d’agriculture. En septembre 2022, le bureau de la CR47 leur avait accordé une enveloppe de 83.000 euros afin de régler ces sommes dues à la justice. Puis, six mois plus tard, les deux hommes, avaient reçu 37.000 euros de la part de la chambre d’agriculture. À l’époque président et vice-président de cette institution, les prévenus avaient participé aux délibérations et aux votes relatifs à ces décisions. Des peines allant jusqu’à huit mois de prison avec sursis ont été requises contre deux autres prévenus, le président et le trésorier de la CR47 au moment des faits.
Foncier : une PPL socialiste s’attaque aux ventes en démembrement de propriété
Une proposition de loi (PPl) foncière, déposée le 17 février à l’Assemblée nationale, vise au « renforcement des outils de contrôle des cessions en nue-propriété ». Le texte de la députée socialiste Claudia Rouaux (Ille-et-Vilaine) s’attaque au contournement du droit de préemption des Safer via une « utilisation abusive » du démembrement de propriété. Son premier article propose de renforcer les obligations déclaratives du cédant et du cessionnaire dans le cas des cessions d’usufruit ou de nue‑propriété. Il s’agit de fournir aux Safer plus d’informations sur la structure juridique, la valeur de l’exploitation, les propriétés en jouissance et les participations dans des sociétés. La PPL opère un renversement de la charge de la preuve en cas de contentieux : c’est désormais au cédant et au cessionnaire de « démontrer l’absence d’intention frauduleuse visant à contourner le droit de préemption ». Un autre article allonge la durée de l’usufruit restant à courir, permettant une préemption des Safer à neuf ans contre deux ans aujourd’hui. Dans son exposé, la députée situe le marché des biens démembrés à « un niveau record » en 2022, avec 270 ventes d’usufruit notifiées aux Safer pour 2 350 ha et une valeur de 44,1 M€. 980 cessions de nue‑propriété sont recensées pour 11 440 ha et 183,6 M€.
Robotique agricole : le français Naïo signe un partenariat avec le coréen Kioti
Kioti Europe, marque mondiale d’équipements agricoles du groupe sud-coréen Daedong, et Naïo, spécialiste de la robotique agricole autonome viennent d’officialiser leur partenariat stratégique et industriel par la signature d’un protocole d’accord. (Lire l’article complet dans Agra Innovation). La première illustration de leur collaboration autour d’une plateforme robotique de nouvelle génération, devrait être dévoilée d’ici la fin de l’année 2026. « Naïo avait travaillé historiquement sur plusieurs prototypes, mais pour avancer sur des préséries, nous avons souhaité intégrer assez rapidement des partenaires industriels pour nous accompagner, notamment sur le sourcing des batteries, des chenilles ou encore des sous-ensembles mécano-soudés. Autant d’éléments qui historiquement ont pénalisé Naïo pour passer à l’échelle. Être accompagné par un partenaire sur ces sujets faisait vraiment partie de notre projet lors de la reprise de Naïo », nous explique Matthias Carrière (COO). Les préséries de cette nouvelle plateforme robotisée sont prévues pour 2027, avant l’industrialisation en vue de la commercialisation en 2028. Cet outil qui pourra intégrer des outils déjà utilisés dans les fermes, est destiné aux cultures pérennes et sera dans un premier temps destiné au marché européen. (Perrine Delfortrie, Agra Innovation)
Sécurité alimentaire : Déméter identifie six pays comme des «pivots agricoles»
Lors d’une conférence de presse tenue en visio le 18 février, le Club Déméter a présenté son dernier ouvrage intitulé « Appétits stratégiques et pivots agricoles ». Ce terme de « pivots » s’applique à six pays qui pèseront à coup sûr sur la sécurité alimentaire mondiale à l’horizon 2050 selon les auteurs : la République démocratique du Congo, l’Ukraine, le Brésil, l’Indonésie, la Turquie et l’Australie. Ces nations sont regroupées au sein de l’acronyme Cubita. « Ces pays représentent 10 % de la population et 30 % des exportations agricoles mondiales. Ils ne sont pas forcément leaders mais sont exposés à des bascules potentielles agricoles, géopolitiques et/ou climatiques », relate Sébastien Abis, président du Club Déméter. Un exemple : l’Ukraine, important exportateur de grains, se trouve à un moment charnière, et s’avère être le terrain de jeu des grandes puissances. « Les USA veulent en faire un allié stratégique, la Chine son jardin agricole et les BRICS avec l’Ukraine donneraient la moitié du blé mondiale sous la même bannière », relève Arthur Portier, l’un des co-auteurs et analyste d’Argus Media. Alors que la question de l’intégration de l’Ukraine au sein de l’UE effraie certains, l’expert alerte sur le fait que « ne pas l’intégrer, c’est la laisser filer sous d’autres sphères d’influence ».
Alimentation : une PPL transpartisane pour lutter contre les aliments ultra-transformés
Une proposition de loi (PPL) transpartisane visant à lutter contre les aliments ultra-transformées (AUT) et à renforcer la transparence alimentaire a été déposée le 13 janvier à l’Assemblée nationale par Loïc Prud’homme (LFI), mais aussi Yannick Neuder (LR), ancien ministre de la Santé. Le texte entend « prendre des mesures fortes pour protéger la santé », alors que les AUT représentent environ 35 % de nos apports caloriques en France et 49 % de l’alimentation des enfants ». L’article 1er prévoit d’interdire dans la restauration collective, notamment, les produits classés Nova 4, catégorie correspondant aux AUT dans la classification Nova, qui distingue les aliments selon leur degré de transformation. Un décret en Conseil d’État devra préciser les critères permettant de définir les AUT ; aucune définition légale n’existant à ce stade en France. L’article 2 prévoit de rendre obligatoire l’affichage du Nutri-score sur l’ensemble des denrées alimentaires, ainsi que celui d’un indicateur d’ultra-transformation sur les aliments Nova 4. L’article 3 propose d’interdire la publicité des boissons et aliments classés D ou E par le Nutri-Score et classées Nova 4, mais également de rendre obligation l’affichage du Nutri-Score sur les supports publicitaires diffusés en France. Enfin, l’article 4 vise à interdire les promotions en volume et en valeur pour ces mêmes produits.
Négociations commerciales : près d'une coop sur deux a subi «pressions et menaces de déréférencement»
La Coopération agricole (LCA) a déploré le climat dans lequel se déroulent cette année les négociations commerciales industriels-distributeurs. « Près de la moitié des coopératives ont subi des pressions et des menaces de déréférencement pour se voir imposer des baisses de prix injustifiées, au mépris de la loi Egalim qui impose la non-négociabilité du prix des matières premières agricoles », expose-t-elle dans un communiqué diffusé le 17 février. L’organisation représentant les coopératives agricoles regrette que la charte d’engagements signée fin 2025 ne soit pas respectée. « Aujourd’hui, certains de ses principes sont mis à mal, dégradant le dialogue engagé et souhaité par les pouvoirs publics. » Elle appelle à « appliquer la charte d’engagements dans l’esprit de coopération, instaurer un dialogue constructif avec tous les acteurs ». Alors que les négociations commerciales doivent être terminées le 1er mars, Lactalis a fait état de déréférencements dans certaines enseignes françaises. Les relations fournisseurs-distributeurs se sont tendues ces derniers jours après les déclarations d’Annie Genevard (Agriculture) en soutien aux industriels, amenant les distributeurs à bouder le comité de suivi du 17 février.
Distribution : Intermarché devra céder trois des 81 magasins rachetés à Colruyt
Le groupement Les Mousquetaires (Intermarché) devra céder 3 des 81 magasins rachetés au belge Colruyt, a indiqué le 17 février l'Autorité de la concurrence, qui a autorisé les autres reprises. L'Autorité de la concurrence fait état dans un communiqué « d'un engagement de cession d'un magasin dans trois zones locales où elle a identifié des risques d'atteinte à la concurrence ». Ces magasins rachetés à Colruyt sont à Poligny (Jura), Brazey-en-Plaine (Côte-d'Or) et Sainte-Foy-l'Argentière (Rhône). Le distributeur belge Colruyt, implanté en France depuis 1996, essentiellement dans le quart nord-est, avait annoncé en juin que le groupement Les Mousquetaires s'engageait à acquérir 81 des 105 magasins de son réseau intégré français, pour un montant total d'environ 215 millions d'euros. Outre les magasins cédés à Intermarché, 14 ont été repris par E. Leclerc, 3 par Carrefour et 2 par Super U. Cinq magasins ne seront toutefois pas repris, conduisant à la suppression de 53 emplois, avaient déploré fin janvier les syndicats. Ils avaient précisé qu'au total, le départ de Colruyt allait conduire à la suppression de plus de 700 emplois en France, dont environ 600 dans la région de Dole (Jura).
Distribution : Carrefour mettra l'accent sur le frais d'ici 2030
A l’occasion de la présentation le 18 février de son plan stratégique à l’horizon 2030, Carrefour a indiqué qu’il allait mettre l’accent sur les produits frais en convertissant des hypermarchés « en spécialistes du frais et du discount, inspirés de Marché Frais by Carrefour, proposant une offre de produits frais accessible et de qualité ». Le distributeur vise « 10 magasins à horizon 2030, dont 7 opérés en franchise par le groupe Marché Frais », chaîne de magasins franciliens avec laquelle il a noué un partenariat d'approvisionnement et de licence d'enseigne en 2024. Carrefour a également annoncé le développement de l'enseigne Match, reprise en 2024 au groupe Louis Delhaize, avec « un modèle plus spécialisé frais » et un « objectif de 160 magasins Match en 2030 », soit une hausse de 40% de points de vente. Une collaboration est prévue « avec le groupe Blachère pour le déploiement de 200 concessions fruits & légumes en France en hypermarchés et en supermarchés ». Plus généralement, Carrefour a annoncé viser un milliard d'euros d'économies par an d'ici à 2030. Ce programme d'économies combinera « gains aux achats marchands » - notamment grâce à son alliance sur les achats avec Coopérative U, Concordis, « simplification des sièges et productivité par l'IA ».