UE/Moldavie : le Conseil de l’UE valide la libéralisation des échanges agricoles
Les États membres ont validé, le 18 septembre, la position de l’UE concernant la conclusion de l’accord avec la Moldavie sur la révision de la zone de libre-échange approfondie et complète finalisée par Bruxelles en juillet. Il revient à présent au comité d'association UE-Moldavie dans sa configuration « Commerce » d’adopter cette révision. Dans le détail, l’UE devrait donc augmenter sensiblement l’accès à son marché pour les produits agricoles de Moldavie. Le contingent tarifaire pour les prunes passe ainsi de 15 000 t à 61 000 t. Celui pour les raisins de table va atteindre 40 000 t (contre 20 000 t auparavant), tandis que les volumes pour les pommes (de 40 000 t à 50 000 t) et les cerises (de 1 500 t à 4 500 t) vont aussi connaître une hausse. À cela s’ajoute une libéralisation totale pour les importations dans l’UE de jus de raisin, de tomates (avec maintien de l’élément spécifique du système de prix d’entrée) et d’ail en provenance de Moldavie. L’accord comprend aussi « des clauses de sauvegarde solides » et subordonne l'accès au marché à l'alignement progressif de la Moldavie sur certaines normes agroalimentaires de l'UE d'ici 2027.
Pesticides : Générations futures obtient l'accès à des registres d'épandage
Dans une décision du 1er juillet 2025, le tribunal administratif de Bordeaux a donné raison à Générations Futures en annulant le refus de communication des registres d’utilisation des pesticides sur la commune de La Sauve (Gironde) pour les années 2020 à 2022, indique l'association dans un communiqué le 18 septembre. La justice reconnait ainsi que « ces registres, contenant des informations sur les produits phytopharmaceutiques utilisés, leur dose, leur moment d’application et les cultures concernées, constituent des documents communicables », se félicite Générations futures. Aujourd’hui seuls sont publiés systématiquement les chiffres des achats et ventes de pesticides à l’échelle du code postal. Générations futures rappelle que l'Anses demande depuis plusieurs années la création et l’accès informatisé à ces registres afin de pouvoir mener à bien des études sur l'exposition des riverains. Sollicité, le ministère de l'Agriculture ne nous a pas encore répondu. L'administration n'aurait pour l'instant pas formé de pourvoi en cassation, selon l'association. En novembre 2022, Générations futures avait demandé l'accès à ces registres dans le cadre d'une étude sur les pesticides dans l'air. L'association avait installé des capteurs d'air sur cette commune pour étudier l'exposition des riverains. La Draaf (préfecture) de Nouvelle-Aquitaine indiquera son refus en janvier 2023, l'étude paraitra un mois plus tard.
Bio : Biocoop propose de créer une mission interministérielle sur la filière
L’enseigne Biocoop a dévoilé ses propositions aux pouvoirs publics à l’occasion d’un point presse le 18 septembre. « Nous demandons la création d’une mission interministérielle sur l’agriculture biologique afin d’avoir une vision consolidée du secteur, voir l’ensemble des soutiens publics et mesurer l’impact de l’agriculture biologique sur la croissance française », a indiqué Franck Poncet, directeur général de Biocoop. Cette mission réunirait les ministères de l’Agriculture, de la Santé et des Finances. Pour atteindre les 20 % d’alimentation bio en restauration collective, Biocoop propose de développer l’allotissement en lançant des appels d’offres spécifiques pour les produits bio. Cela permettrait à sa filiale Biocoop Restauration de répondre à ces appels d’offres, et cela limiterait les coûts pour les pouvoirs publics, selon l’enseigne. Sachant que, aujourd’hui, un grossiste ayant remporté un marché est obligé d’avoir recours à un fournisseur spécifique pour les produits bio. Enfin, Biocoop propose que le législateur instaure une part minimale de produits biologiques dans les grandes surfaces afin de garantir des débouchés aux agriculteurs bio.
Bio/distribution : Biocoop vise 900 magasins d’ici 2029 et pousse l’origine France
Biocoop a présenté le 18 septembre ses orientations stratégiques à horizon 2029. Le premier distributeur bio de France prévoit « un plan d’investissement de plusieurs dizaines de millions d’euros, avec pour objectif de dépasser rapidement les 2 Md€ de chiffre d’affaires », contre 1,79 Md€ en 2024 (+8,5 % par rapport à 2023). Le réseau de magasins va être étendu pour atteindre 900 points de vente fin 2029, par des créations et des intégrations, alors qu’il en compte 740 aujourd’hui. Il s’agit d’une nette accélération, sachant que le réseau a gagné 15 magasins cette année. L’offre de produits « à prix engagés » sera portée à 500 produits, contre 200 en 2025. En ce qui concerne l’origine, le distributeur veut que 100 % de son offre de fruits et légumes soit d’origine française pour les végétaux productibles en France. Et les produits issus du commerce équitable nord-nord et sud-nord devront représenter 30 % du chiffre d’affaires, contre 25 % actuellement. La filiale Biocoop Restauration doit aussi progresser : avec 20 M€ de chiffre d’affaires en 2025, Biocoop estime qu’elle a un potentiel de doublement de son activité grâce à des nouveaux marchés à trouver et à des accords comme elle vient d’en signer avec Elior.
Biogaz/biomasse : feu vert de Bruxelles à une aide d’État allemande de 7,9 Md€
La Commission a approuvé, le 18 septembre, une augmentation de 7,9 milliards d’euros (Md€) du budget du régime allemand d’aides d’État en faveur de la production d’électricité à partir de biomasse et de biogaz. Ce dispositif initialement approuvé en décembre 2022 est déjà doté d’un budget global de 28 Md€, avec l’objectif d’atteindre une part de 80 % de la production d’électricité à partir de sources d’énergie renouvelables d’ici 2030. Les fonds supplémentaires vont soutenir une augmentation du volume des appels d’offres. De nouvelles dispositions prévoient d’introduire un quota dédié pour les installations de biomasse déjà raccordées à un réseau de chaleur et de limiter les heures de production d’électricité à partir de biogaz éligibles au soutien. Le régime mis à jour « réduira également le délai de transition des anciennes installations vers le nouveau soutien à la biomasse et augmentera la prime pour la production d’électricité flexible ». La Commission européenne a jugé que ces modifications étaient nécessaires pour accroître la production d’électricité à partir de biomasse et de biogaz, même en période de prix élevés de l’électricité, et que leur impact sur la concurrence et les échanges dans l’UE serait limité.
Biogaz : un troisième méthaniseur pour la coopérative lorraine EMC2
La coopérative lorraine EMC2 a annoncé le lancement des travaux d’un nouveau méthaniseur, situé dans l’agglomération de Thionville (Moselle). Le projet est mené en partenariat avec Suez, avec qui un accord a été signé en juin 2025. L’unité sera implantée à Metzervisse, sur l’ancien site de compostage de Suez, dont l’exploitation a cessé en juillet 2025. Ce méthaniseur associe 15 exploitations agricoles, toutes situées dans un rayon de 12 km, assurant un approvisionnement local et régulier. Il traitera chaque année 23 500 t d’intrants : 9 000 t de fumier, 3 500 t de cultures intermédiaires à vocation énergétique, sans culture dédiée, et 11 000 t de biodéchets alimentaires en provenance des collectivités. Ces derniers seront préparés sur le site de pré-traitement mis en service par Suez à Fameck en 2023. La production annuelle attendue atteint 17 400 MWh de biométhane, injecté directement dans le réseau de gaz, ainsi que 22 000 t de fertilisants organiques. Le budget global s’élève à 11 M€, financés à 51 % par EMC2 et 49 % par Suez. Une consultation publique est ouverte afin d’informer les habitants. Le méthaniseur pourrait être mis en service « au plus tôt » en 2027, estime EMC2. (Elena Blum)
Agrivoltaïsme : le Conseil d’État rejette une QPC de Verso Energy sur le décret
Dans une décision le 18 septembre, le Conseil d’État a rejeté une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) de Verso Energy concernant le décret du 8 avril 2024 relatif au développement de l'agrivoltaïsme et aux conditions d'implantation des installations photovoltaïques sur des terrains agricoles, naturels ou forestiers. Le producteur d’énergie contestait une disposition prévoyant que les projets sont soumis à l’avis de la CDPenaf, instance qui ne serait « pas impartiale ». Ce grief est balayé par la juridiction administrative suprême. Ni le fait que les commissions départementales de la préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers incluent « des représentants d’intérêts catégoriels » touchant la préservation des terres, ni le fait qu’« ils seraient susceptibles de défendre des intérêts locaux » ne sont de nature à entacher leurs avis de partialité, selon la décision. Soumettre les projets aux CDPenaf ne constitue « pas une atteinte disproportionnée au développement des installations agrivoltaïques », affirme le Conseil d’État, qui a suivi l'avis de son rapporteur général. « Le législateur a entendu, sans faire obstacle au développement de cette forme d’énergie renouvelable, veiller à la préservation des terres naturelles, agricoles ou forestières. »
Poulet/bien-être animal : après LDC, les engagements de Terrena salués par L214
Dans un communiqué du 18 septembre, l’association de défense des animaux d’élevage L214 exprime sa satisfaction quant à l’engagement pris par Terrena au cours de la semaine à « respecter les critères du European Chicken Commitment (ECC) d’ici 2028 pour ses marques Père Dodu et La Nouvelle Agriculture ». Une annonce qui suit celle de LDC en juillet (marques Le Gaulois et Maître Coq). L214 considère que les déclarations publiques des deux premiers industriels français de la volaille, à quelques semaines d'intervalle, « marquent un tournant décisif pour la filière vers la fin des pratiques d’élevage et d’abattage les plus cruelles pour les poulets à horizon 2028 ». Contacté par Agra Presse, le président de Galliance (branche volailles de Terrena) suppose que L214 a constaté sur le site internet du groupe coopératif la « mise à jour de RSE » effectuée dans la semaine. Le communiqué de l’association renvoie à un document sur le site internet de Terrena qui indique bien l’objectif en 2028 de généraliser l’offre ECC pour les deux marques, avec la nuance « en fonction de la réponse du marché ». Désormais, l’association « appelle les autres producteurs, Maïsadour en tête, ainsi que Plukon (Duc), Eureden et Le Gouessant, à adopter sans délai les standards minimaux du European Chicken Commitment ».
Lait : la FNPL appelle à manifester le 26 septembre contre l'accord UE-Mercosur
La FNPL (producteurs de lait, FNSEA) appelle à rejoindre la mobilisation le 26 septembre avec pour mot d’ordre l’opposition à l’accord UE-Mercosur. À l’occasion d’un point presse le 18 septembre, la FNPL a estimé que les éleveurs laitiers refusent « un accord de libre-échange qui va ouvrir les portes à des produits moins chers, car ne respectant pas les mêmes normes de production ». Marie-Andrée Luherne, vice-présidente de la FNPL prévient que « des visites de magasins sont à prévoir pour vérifier d'où proviennent les produits : UE, non UE, drapeau français... Soyons clairs ! » Le contexte international inquiète tout particulièrement la FNPL, notamment « les mesures de rétorsion que risquent d'imposer la Chine à la filière laitière française », qualifiées de « dramatiques ». L'accord UE-États-Unis est aussi dénoncé : « Le message envoyé par la Commission européenne aux agriculteurs européens est dévastateur », selon le syndicat. Quant aux distorsions de prix du lait entre pays européens, la FNPL déplore que « la France reste en retrait par rapport à ses voisins : 49 € (aux 1 000 litres, NDLR) de moins que l’Allemagne, 93 € de moins que l’Italie, et 79 € de moins que les Pays-Bas. »
Maladies animales : une PPL macroniste pour défiscaliser les indemnisations
Via une proposition de loi (PPL) déposée le 16 septembre, le député macroniste Freddy Sertin (Ensemble pour la République, Calvados) veut instaurer « l’exonération totale des indemnités perçues au titre des crises sanitaires, sous réserve d’un réinvestissement des sommes dans l’outil de production ». Reprenant une demande de la FNSEA, l’élu normand vise plusieurs types d’indemnités : indemnisations sanitaires pour les maladies réglementées (abattage sur ordre de l’administration) ; indemnisations des « pertes économiques liées à l'apparition d'un foyer de maladie animale ou végétale », versées par le FNGRA en complétement du FMSE (article L361-3 du Code rural) ; indemnisations des pertes dues à la prédation. Le député y ajoute les aides versées en raison de la « présence d’organismes nuisibles aux végétaux ». Par ailleurs, le texte vise aussi à élargir un dispositif prévu par le Code général des impôts qui permet « d’étaler sur plusieurs années l’imposition des indemnités perçues ». Un outil « insuffisant » selon le parlementaire, qui souhaite qu’y soit intégrée la « valeur bouchère des animaux abattus », laquelle vient compléter des indemnisations partielles dans le cas de la tuberculose, par exemple.
Santé animale : le CGAAER alerte sur les résistances aux traitements antiparasitaires
Dans un rapport paru le 4 septembre, le CGAAER (ministère de l’Agriculture) tire la sonnette d’alarme sur les résistances aux traitements antiparasitaires en élevage, « en plein développement dans certaines espèces (…) dans une relative indifférence en France ». En particulier, les filières ovins lait, caprins lait et équines sont « déjà dans une impasse » face aux parasites gastro-intestinaux (strongles, douves, etc.), car elles « disposent d’un nombre limité de molécules antiparasitaires mobilisables » et « nécessitent des traitements fréquents ». Notamment en cause : une « modalité de lutte quasi exclusivement chimique » depuis l’émergence des antiparasitaires de synthèse dans les années 50. Autre explication : un accès « facilité » à ces médicaments peu onéreux, « ce qui n’est pas de nature à encourager une utilisation particulièrement raisonnée ». La mission propose de « renforcer les contrôles en matière de délivrance », alors qu’un décret est attendu sur l’achat de médicaments vétérinaires sur internet, qui « contribuera assurément aussi à [les] rendre encore plus accessibles ». Le rapport propose aussi de créer un observatoire sur ce phénomène méconnu, de former les éleveurs les plus exposés et de sensibiliser tous les autres.
Coopératives : Eureden a lancé une « agence immobilière » dédiée aux exploitations
Mise en place le 1er juin 2025, la société Repiz’Agri, filiale à 100 % d’Eureden, fonctionne comme une agence immobilière dédiée aux exploitations agricoles. « Elle montre tout son intérêt », confirme Denis Ernotte, directeur de la communication du groupe coopératif breton, interrogé par Agra Business à l’occasion du Space. « L’idée est d’accompagner nos adhérents dans toute transaction portant sur la transmission, la location, la vente ou l’acquisition de biens immobiliers ou assimilés. Pour ce faire, nous avons renforcé notre équipe au sein du pôle Stratégie des exploitations, notamment sur le volet juridique et fiscal. » Éric Faivre, expert fiscaliste qui travaillait précédemment à la Cooperl, a d’ailleurs été recruté il y a trois mois, pour piloter ce pôle, composé d’une dizaine de personnes. « Nous souhaitons épauler les agriculteurs sur tous les dossiers et pas seulement d’un point de vue technique », confirme-t-il. « Un départ en retraite par exemple doit s’anticiper six ou sept ans à l’avance d’un point de vue fiscal. » Par ailleurs, Eureden a profité du Space pour signer, le 16 septembre, un partenariat avec TSE pour développer entre 30 et 50 projets agrivoltaïques en élevage bovin en Bretagne et en Loire-Atlantique, d’ici à 2030 : « une solution supplémentaire de diversification dans les énergies vertes pour les exploitations d’élevage », note Dany Rochefort, président d’Eureden. (Anne Gilet)
Coopératives : Chargé plaide pour faire de la place aux femmes dans les conseils d'administration
Le 17 septembre au Space s’est tenue une table ronde sur la place des femmes dans le monde agricole et notamment dans les conseils d’administration des coopératives. « Nous devons nous emparer du sujet avant que l’on nous impose des quotas de parité comme cela a été fait dans les conseils municipaux par exemple », a déclaré Dominique Chargé, président de la Coopération agricole. « Auquel cas, il sera, à mon avis, encore plus difficile de recruter. » Si pour tous les intervenants, les femmes ont effectivement toute leur légitimé à siéger dans les conseils d’administration, d'aucuns ont fait remarquer que certains élus tendent à s’accrocher à leur siège après plusieurs mandats. Plusieurs participantes à la conférence ont rappelé qu’il fallait « oser » pour « provoquer le changement » et « bousculer les habitudes », à condition bien sûr « d’avoir envie ». Quelques chiffres : seules 18 femmes occupent le poste de présidente sur les 20 000 entités nationales ; à peine 10 % des administrateurs sont des femmes alors qu’elles représentent un quart des chefs d’exploitation. Plusieurs initiatives, déjà en place au sein de Terrena (Sentin’Elles), Eureden (Parc’Elles), Cavac (Les Bottées) ou LCA (Les Elles de la Coop) méritent à ce titre d’être copiées. (Anne Gilet)
Solde agroalimentaire : possible déficit en 2025, alertent les chambres d’agriculture
Le solde agroalimentaire français « devrait frôler le déficit en 2025 », ce qui constituerait « une situation inédite depuis 1978 », s’est ému Thierry Pouch, chef économiste à Chambres d’agriculture France, en conférence de presse le 18 septembre. Se basant sur les chiffres d’Agreste, sa présentation précise que, en cumul de janvier à juillet 2025, « l’excédent commercial agroalimentaire de la France se fixe à +1,2 Md€, un recul de 82 % sur un an ». Une chute qui confirme le mauvais démarrage de l'année 2025. Dans le détail, les exportations de céréales cumulent les difficultés (faibles disponibilités de la récolte 2024, crise diplomatique avec l’Algérie, dépréciation du dollar par rapport à l’euro). Les exportations de spiritueux « ont tendance à régresser », signe des « premiers effets de l’agressivité commerciale de Donald Trump », selon M. Pouch, tandis que celles de vins « ont plutôt augmenté », probablement en raison d’achats anticipés des importateurs. De son côté, le président de Chambres d’agriculture France Sébastien Windsor rappelle que les chambres « agissent sur deux leviers » dans le domaine économique : conseil en direction des agriculteurs et projets à l’échelle des territoires. Mais, prévient l’agriculteur normand, « on pourra difficilement agir seuls si la France et l’Europe ne nous aident pas à maintenir notre compétitivité ».
Changement climatique : sécheresse record en Europe au mois d’août
Avec 53 % des sols affectés par la sécheresse, le mois d’août 2025 a été le mois le plus sec en Europe et sur le pourtour méditerranéen depuis le début des observations de l’Observatoire européen de la sécheresse (Copernicus, UE) en 2012, selon une analyse de ces données par l’AFP le 18 septembre. Ce taux de sécheresse est supérieur de 23 points à la moyenne 2012-2024 pour un mois d’août. Depuis le début de l’année, chaque mois marque un record pour sa période de l’année, mais août 2025 est un plus haut absolu. Un an plus tôt, 36 % des sols étaient touchés par la sécheresse. Le précédent record absolu, à 52 %, date de mai 2025. L’Europe de l’Est et les Balkans ont été durement touchés, avec des taux de sécheresse supérieur ou égal à 90 % en Bulgarie, au Kosovo, en Serbie, en Macédoine du Nord. Une situation qui a favorisé les incendies dans les Balkans. L’Europe de l’Ouest a également été très touchée par endroits. Au Portugal, 70 % du territoire était concerné par le manque de précipitations et d’humidité des sols, un chiffre en nette hausse par rapport aux 5 % de juillet. En France, où une vague de chaleur a sévi pour la deuxième fois de l’été en août, 66 % du territoire était en manque d’eau. Une partie du pays (12 %) était notamment en situation d’alerte, en particulier dans le Sud-Ouest, avec des conséquences notamment pour la production de vin.
Eau : son cycle de plus en plus perturbé et extrême, alerte l’ONU
Oscillant entre déluge et sécheresse, le cycle de l’eau est « de plus en plus perturbé et extrême », avec des répercussions en cascade sur les sociétés, a alerté l’Organisation météorologique mondiale (OMM) de l’ONU le 18 septembre. En 2024, année la plus chaude jamais enregistrée, seul un tiers des bassins fluviaux de la planète ont présenté des valeurs « normales », tandis que toutes les régions glaciaires du monde ont enregistré des pertes dues à la fonte, selon un rapport de l’OMM. « Les ressources en eau de la planète sont soumises à une pression croissante et, parallèlement, l’intensification des phénomènes extrêmes liés à l’eau a des répercussions de plus en plus importantes sur les vies et les moyens de subsistance », commente Celeste Saulo, secrétaire générale de l’OMM, dans un communiqué. Le bassin amazonien et d’autres régions d’Amérique du Sud, ainsi que l’Afrique australe, ont subi une grave sécheresse, tandis que les conditions étaient plus humides que la normale dans d’autres régions. La zone tropicale de l’Afrique a ainsi pâti en 2024 de précipitations exceptionnellement fortes, causant environ 2 500 décès et entraînant le déplacement de quatre millions de personnes. L’Europe a connu ses inondations les plus importantes depuis 2013, tandis que l’Asie et le Pacifique ont enduré des précipitations records et des cyclones tropicaux, qui ont fait plus de 1 000 morts, selon l’OMM.
Tomates cerise : le Maroc dément une rumeur de suspension d’importation vers l’UE (presse)
L’ONSSA, l'autorité marocaine de sécurité sanitaire des aliments, a démenti une rumeur annonçant la « suspension des importations de tomates cerise marocaines dans l'Union européenne », rapporte le site EastFruit le 17 septembre. L’origine de cette rumeur viendrait d’une alerte des autorités néerlandaises via le système RASSF le 10 septembre, signalant une contamination métallique dans une cargaison de tomates cerise marocaines, retirée du marché. L’ONSSA reconnait l’interception du lot, mais souligne que, «au-delà de cet incident isolé, les informations faisant état d'une suspension des importations de tomates marocaines dans l'Union européenne sont totalement fausses ». Et de rappeler que sur les 478 alertes émises concernant des produits frais par le système RASSF, seulement neuf concernaient des produits d'origine marocaine. Cet événement intervient alors que la filière tomate marocaine a connu une campagne d’exportation record en 2024-2025 : le pays a exporté 745 000 t de tomates, générant près de 1,1 Md€ de recettes (+8,3 % par rapport à la saison précédente et +4 % par rapport au précédent record établi en 2022-2023). La France reste le premier client du Maroc, représentant près de la moitié des exportations totales de la saison.
Asperge : des herbicides appliqués après récolte provoquent une croissance en zigzag (étude)
Dans une étude parue au printemps, une équipe de chercheurs de l’université du Michigan s’est interrogée sur l’origine de déformations en zigzag des plants d’asperges après une application d’herbicide après récolte. Selon eux, le phénomène interviendrait avec certains herbicides altérant la croissance des plantes (dicamba, clopyralide et 2,4-D). Spécifiquement, ces matières actives « imiteraient » l’action de l’auxine, une hormone végétale naturelle. « Lors des expérimentations, les herbicides ont été appliqués à l’aide d’un pulvérisateur à dos le 21 juin. Cela a permis de simuler un léger décalage entre la fin de la récolte et l’application de l’herbicide », précisent les chercheurs. Ils ont été comparés à un herbicide de contact (carfentrazone) et un herbicide systémique courant (glyphosate). L’étude ne préconise pas d’arrêter d’utiliser ces produits phytosanitaires, mais elle précise les conditions et les règles à respecter pour leur usage : usage du dicamba et du clopyralide uniquement pour cibler de mauvaises herbes spécifiques non contrôlées par d’autres herbicides, maitrise des outils (vitesse du pulvérisateur, buses adaptées…), formulations à faible dérive et à faible volatilité, prise en compte des conditions météorologiques et de l’orientation et de la vitesse du vent lors des applications.
Presse agricole : l’Agri des Pyrénées-Orientales rejoint le groupe Pressagrimed
Privé de parution depuis le 1er mai suite à des « difficultés financières », le journal professionnel L'Agri des Pyrénées-Orientales va être de nouveau imprimé après avoir rejoint Pressagrimed, indique le groupe de presse agricole régional dans un communiqué de presse le 18 septembre. Pressagrimer publie déjà les journaux Paysan du Midi (diffusé dans l’Aude, l’Hérault et le Gard), L’Agriculteur provençal (Bouches-du-Rhône), et En pays varois (Var), auprès de 12 000 lecteurs. Pendant deux décennies, le rédacteur en chef de l'Agri a été Jean-Paul Pelras (par ailleurs chroniqueur dans Le Point), avant que Yann Kerveno lui succède. Ce dernier est désormais remplacé par la rédactrice en chef des journaux de Pressagrimed, Magali Sagnes.
Crédit agricole : l'agriculteur Dominique Lefebvre va passer le relais à la présidence
La Fédération nationale du Crédit agricole a annoncé, le 18 septembre dans un communiqué, la décision du président Dominique Lefebvre, exploitant agricole, de ne pas solliciter le renouvellement de son mandat à l’issue de l’assemblée générale dans deux mois. En poste depuis quinze ans, l’élu déclare sur le réseau social LinkedIn : « À l’aube de la mise en place d’un nouveau Plan à moyen terme de Crédit agricole SA, j’ai considéré que le moment était opportun pour passer le relais ». La décision de Dominique Lefebvre de démissionner concerne à la fois la FNCA, la SAS Rue La Boétie (structure qui porte les participations des caisses régionales dans Crédit agricole SA) et le conseil d’administration de Crédit agricole SA. Le terme de son mandat, pour ce qui concerne Crédit agricole SA, l'entité cotée du groupe, interviendra le 31 décembre 2025. Avant M. Lefebvre, les quatre précédents présidents de la « banque verte » étaient aussi agriculteurs : Yves Barsalou, Marc Bué, René Carron et Jean-Marie Sander (père de l'ancienne eurodéputée Anne Sander et du président des betteraviers Franck Sander).
Distribution : Judith Jiguet nomée déléguée générale de la FCD
La Fédération du commerce et de la distribution (FCD) a annoncé le 18 septembre la nomination de Judith Jiguet comme déléguée générale. Cette titulaire d’un DESS de gestion publique et d’un double diplôme d’ingénieur agronome et des ponts, des eaux et des forêts a débuté sa carrière en 1996. Elle a occupé plusieurs postes de direction tant dans le public (ministères de l’Écologie, de l’Agriculture et des Sports) que dans le privé (Engie, Idverde France, Ingerop). Elle était dernièrement « à la tête de son cabinet de conseil en transformation des organisations et recherche de performance », selon la FCD.
Agenda de la semaine agricole du 22 septembre 2025
Lundi 22 septembre
Conseil des ministres de l'Agriculture de l'UE (Pac, libre-échange, eau), jusqu'au 23
Journées horticulture Astredhor/Plante bleue à Hyères, jusqu’au 23
Inauguration d'un abattoir circuits courts de la Cooperl, dans les Yvelines
Mardi 23 septembre
Conférence de presse BPCE (banque) sur les défaillances d'entreprises
Conférence sur l'agritourisme organisé par le CNRA (résilience alimentaire)
Conférence de presse des producteurs de crémants (FNPEC)
Réunion du Groupe national captages
Congrès international sur les biosolutions, à Perpignan (jusqu’au vendredi)
Lancement de la marque Tomate d’Aquitaine à Meilhan-sur-Garonne
Mercredi 24 septembre
Commission de l'Agriculture du Parlement européen (présentation de la Pac post-2027, vote sur la simplification de la Pac), jusqu'au 25
Conférence de presse de rentrée de la Coopération agricole Métiers du grain
Salon Tech & Bio à Bourg-Lès-Valence (jusqu’au 25)
Remise des 15es « Graines d’agriculteurs » des JA, à Paris
Jeudi 25 septembre
Assemblée générale du Cnaol (AOP laitières) à Millau jusqu'au 26 septembre
Conférence de presse de la Fnil (industriel des produits laitiers)
Assemblée générale de l'Usipa (amidonniers)
Congrès France gaz méthanisation
Visioconférence Valhor sur les « freins à l’achat de végétaux chez les Français »
Conférence de presse du Civam sur les municipales 2026
Voyage de presse de l'Inrae sur la santé animale, en Indre-et-Loire
Vendredi 26 septembre
« Grande journée d'action » à l'appel de la FNSEA
Conférence de presse CIC sur les perspectives de marché des céréales en 2025-2026
Évènement à l'occasion des 50 ans des Fermiers d’Argoat (volailles), dans les Côtes-d'Armor