Bien-être animal : Bruxelles consulte en vue d'une proposition fin 2026
La Commission a ouvert, le 19 septembre (jusqu'au 12 décembre), une consultation publique en vue de la révision de la législation européenne sur le bien-être des animaux d'élevage. Une proposition législative en la matière est prévue pour fin 2026. Lors de la précédente mandature, sous la pression du secteur, Bruxelles avait abandonné son idée de présenter un vaste renforcement des règles en vigueur. Elle va finalement resserrer sa proposition autour de quatre axes. Notamment, de la suppression progressive des cages (pour les poules pondeuses, porcs, veaux, poulets de chair, lapins, canards, oies et cailles) et l’interdiction du broyage des poussins mâles d’un jour dans le secteur des poules pondeuses, ainsi que la mise en place d’indicateurs. Bruxelles souhaite aussi développer des indicateurs de bien-être animal afin d’harmoniser les règles entre États membres et réduire la charge administrative pour les secteurs de la volaille, du porc, des bovins et des lapins. Enfin, Bruxelles étudie la possibilité d’imposer des normes de bien-être animal aux produits importés dans l'UE. L’exécutif précise que toutes ces mesures devront garantir la compétitivité du secteur de l’élevage et qu’il faudra donc prévoir des périodes de transition appropriées et d’éventuelles dérogations.
Bovins/DNC : la maladie atteint une nouvelle zone, l’ouest du Rhône
Deux semaines après le dernier cas détecté dans l’Ain, un nouveau foyer de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) a été confirmé le 18 septembre dans le département du Rhône, a annoncé le ministère de l’Agriculture dans un communiqué le lendemain. Selon Le Progrès, il s’agit d’un élevage de vaches laitières situé à Saint-Laurent-de-Chamousset, à une vingtaine de kilomètres à l’ouest de Lyon. Le virus a été « détecté mercredi (17 septembre, NDLR) dans un abattoir situé en Saône-et-Loire », affirme le quotidien régional. « Le dépeuplement de ce nouveau foyer est en cours », indique le ministère. « Une nouvelle zone réglementée a été définie » dans un périmètre de 50 km autour de l’élevage, car il est situé en dehors de la précédente zone réglementée autour des cas de Savoie, de Haute-Savoie et de l’Ain. Y sont déployées les mêmes mesures de lutte que précédemment : « des mesures de surveillance, de restriction aux mouvements d’animaux et le déploiement de la vaccination » (obligatoire), selon le communiqué du ministère. Ce nouveau cas porte le bilan à 79 foyers, dans 47 élevages, depuis l’apparition de la DNC en France en juin. Cette maladie strictement animale – elle n’affecte que les bovins, buffles et zébus – est provoquée par un virus transmis via les piqûres d’insectes hématophages (taons, stomoxes).
Porc : Pékin demande aux opérateurs chinois de limiter la production (presse)
Alors que le marché chinois du porc est en crise, confronté à une offre excédentaire, les autorités chinoises ont appelé, le 16 septembre, les principaux opérateurs de la filière porcine nationale, tels que Muyuan Foods, à « prendre l'initiative » de réduire leur production, rapporte l'agence Reuters le 18 septembre, citant le journal officiel Shanghai Securities News. La réunion était organisée par la Commission nationale du développement et de la réforme et par le Bureau de l'élevage du ministère de l'Agriculture et des affaires rurales. Toujours selon Reuters, le gouvernement prévoit de resserrer le crédit et de réduire les aides dédiés au développement de la production porcine, sans précision sur l'ampleur des baisses. Depuis un an, les prix du porc seraient passés de 18,8 yuans/kg à 13 yuans, rapporte l’agence de presse. En France, le cadran de Plérin est à la baisse depuis cet été. Et les opérateurs français craignent de nouvelles chutes, après que les autorités chinoises ont décidé d’imposer depuis le 10 septembre des droits antidumping provisoires sous la forme d'un dépôt de garantie pouvant aller de 15,6 % à 62,4 % (même si la plupart des entreprises seront taxées à hauteur de 20 %). Cette enquête avait été ouverte par Pékin en juin 2024, puis prolongée le 10 juin 2025, jusqu’au 16 décembre.
Viande/salaires : négociations bloquées dans les coopératives (intersyndicale)
Dans un communiqué du 19 septembre, trois syndicats de l’agroalimentaire dénoncent « une position de blocage injustifiée de la part des employeurs » concernant les négociations salariales dans les coopératives de la branche « Production, transformation et vente du bétail et des viandes ». Selon la CFDT Agri-Agro, la CFE-CGC Agro et la FGTA-FO, « aucun accord sur les minima conventionnels de branche n’a pu être conclu avec la représentation des employeurs depuis février 2023 ». Les syndicats, qui disent avoir alerté le ministère du Travail en avril 2024, font état de « quatre réunions » sans succès. Résultat : en raison des augmentations du Smic, cinq échelons ont été « rattrapés » par le salaire minimum, d’après les organisations. L’intersyndicale « attend » donc de la part de la Coopération agricole « la proposition d’une grille de salaire remettant la rémunération de l’ensemble des salariés en phase avec l’évolution du coût de la vie ». Alors que les cheptels bovins et porcins reculent depuis plusieurs années, de nombreux abattoirs font face à d’importantes difficultés économiques. « Un abattoir ferme chaque mois », alertait Culture viande en février 2024. Un constat toujours valable aujourd’hui.
Viande : JBS épinglé pour esclavage, le gouvernement brésilien s’interpose (presse)
Le ministre brésilien du Travail est intervenu pour reprendre une enquête pour esclavage visant JBS, géant de la viande et l’un des premiers employeurs du pays, révèle Reuters le 19 septembre. En 2024, une « opération fédérale » avait révélé que dix personnes « travaillaient dans des conditions assimilables à l'esclavage pour le compte d'un sous-traitant missionné pour charger et décharger des marchandises » dans un site de volailles de JBS. Un rapport consulté par l’agence de presse fait état de journées de travail « pouvant aller jusqu'à 16 heures », de logements « sans accès à de l'eau potable » et de « retenues illégales sur les salaires ». JBS a indiqué avoir rompu le contrat avec le sous-traitant. Mais l’inspection du travail a estimé le 6 août que le groupe « était responsable des conditions de travail des dix employés ». Cette reconnaissance aurait dû provoquer l’inscription, pour deux ans, de JBS sur la « liste noire du travail esclave », synonyme de restrictions d’accès aux crédits bancaires. Le ministre du Travail Luiz Marinho a empêché cette inscription en reprenant le dossier le 15 septembre « pour l’examiner personnellement ». Une décision inédite qui inquiète les inspecteurs du travail et juristes interrogés par Reuters.
Produits laitiers/Etats-Unis : Danone renonce à acheter Lifeway
Danone a informé l'autorité des marchés financiers américaine (SEC) qu’il renonçait finalement à acquérir Lifeway, fabricant américain de kéfir. « Le 17 septembre 2025, nous avons décidé de ne pas poursuivre l'acquisition de Lifeway et en avons informé Lifeway à la même date. Nous sommes actuellement en train d'étudier d'autres options concernant notre investissement dans Lifeway », a indiqué Danone. Danone détient déjà 23% du capital de Lifeway qui représente plus de 90% de parts de marché du kéfir outre-Atlantique, et souhaitait en acquérir l’intégralité. Il avait tenté d’acheter la société en 2024 pour près de 400 M$. Le français avait proposé au conseil d’administration un prix de 25 $/action, puis 27$, mais ces offres avaient été rejetées. « Danone semble toutefois se laisser toutes les options ouvertes. Il a précisé dans sa déclaration à la SEC qu'il pourrait soutenir la proposition d'un des actionnaires familiaux de LifeWay, Edward Smolyansky, de remplacer l'ensemble du conseil d'administration. Edward Smolyansky, qui conteste depuis plusieurs années la gestion de sa soeur Julie Smolyansky en tant que directrice générale, s'était déclaré en faveur de l'offre de Danone », indique Agefi-Dow Jones.
Insectes : le néerlandais Protix suspend son projet d’usine en Pologne
Le producteur d’insectes néerlandais Protix a « temporairement mis en attente le projet en Pologne », selon une porte-parole de la société dans un message adressé à Agra Presse. Pour expliquer cette décision, la société met en avant « la taille relativement modeste de son organisation ». Elle affirme préférer se concentrer sur « plusieurs initiatives stratégiques, notamment la collaboration avec Tyson aux États-Unis et le partenariat en Corée », selon la même source. Protix avait obtenu un financement de 37 M€ en janvier 2024 de la part de le Banque européenne d’investissement (BEI) pour lancer ce projet d’usine d’élevage et de transformation de mouches soldat noir en protéine. Mais le délai étant échu, la BEI a indiqué que le montant du prêt n’avait pas été versé et qu’elle n’est donc plus impliquée dans ce projet. Cette usine aurait nécessité de mobiliser 200 M€ pour sa construction, selon des sources de presse. Tyson a pris une part minoritaire du capital de Protix en 2023 pour financer l’expansion mondiale du producteur d’insectes. Les deux partenaires ont aussi créé une coentreprise pour l'exploitation et la construction d'une installation d'ingrédients d'insectes aux États-Unis.
Pesticides : Bruxelles propose d'interdire une nouvelle liste de 14 coformulants
La Commission européenne a soumis à consultation publique, le 19 septembre, une liste de 14 coformulants de pesticides qu’elle propose d’interdire dans le cadre du règlement de 2023 établissant les modalités d’identification des coformulants inacceptables dans les produits phytopharmaceutiques. Ces molécules ont été identifiées comme cancérigènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction. Une fois le texte adopté, les États membres disposeront d'un délai fixé à deux ans pour le moment - mais celui-ci est sujet à discussion - pour retirer ou modifier les autorisations des produits phytopharmaceutiques et des adjuvants contenant ces coformulants. Ces 14 substances viendront s’ajouter à la liste de 144 molécules déjà interdites. Dans des arrêts rendus en avril 2024, la Cour de justice de l’UE avait estimé que les coformulants de pesticides devaient aussi être testés pour leurs propriétés perturbatrices endocriniennes contrairement à ce que préconisait la Commission européenne.
Pesticides : plusieurs centaines de personnes répondent à l'Appel de La Rochelle
Environ 400 personnes dont la secrétaire nationale des Écologistes Marine Tondelier. ont participé à une marche, le 20 septembre à La Rochelle, pour réclamer une «sortie des pesticides de synthèse» et la mise en place d’une «convention nationale citoyenne pour la transition agricole», a constaté une correspondante de l’AFP. Après les révélations cette semaine d’une étude nationale sur l’exposition aux pesticides des riverains de parcelles viticoles, cette troisième édition de l’Appel de La Rochelle était organisée par l’association Avenir santé environnement (ASE). Celle-ci a été créée en 2018 après une série de cancers pédiatriques en Charente-Maritime, touchant notamment des enfants habitant dans la plaine agricole de l’Aunis, voisine de la ville. Arrêtez vos salades", "Cultivons notre avenir", "Aunis maltraité", pouvait-on lire sur des pancartes dans le cortège qui a réuni citoyens, proches de victimes, militants associatifs, médecins et élus. Après la marche, à laquelle ont aussi participé des représentants du Parti socialiste et de LFI, de Greenpeace et de la Confédération paysanne, élus, scientifiques, associations et citoyens devaient participer à des tables rondes.
Nitrates : feu vert des États membres aux engrais RENURE
Les États membres de l’UE ont validé le 19 septembre la proposition de la Commission européenne d’autoriser l'utilisation d'engrais RENURE au-delà de la limite d'épandage d’effluents d’élevage fixée par la directive Nitrates. Bruxelles avait proposé, en avril 2024, d’autoriser l’utilisation de ces engrais fabriqués à partir de fumier transformé (abréviation de « recovered nitrogen from manure ») au-delà de la quantité légale de 170 kg/ha/an d’azote, jusqu’à une limite supplémentaire distincte de 100 kg/ha/an d’azote. Mais les discussions entre experts nationaux autour de cette mesure, demandée depuis des années par les Pays-Bas, ont depuis été difficiles. Une solution prévoyant des sauvegardes pour éviter une intensification des productions animales avait finalement été trouvée en juillet. Le texte, qui amende la directive Nitrates, va maintenant être soumis à l’examen du Parlement européen et du Conseil de l’UE qui disposent de trois mois pour se prononcer. L'amendement ne s'appliquerait ensuite qu'aux États membres qui choisiront de le transposer dans leur droit national.
Eau/forêt : le Premier ministre supprime des délégations interministérielles
Dans le cadre du lancement d'une mission intitulée « État Efficace », le Premier ministre Sébastien Cornu a décidé la suppression de la délégation interministérielle chargée du suivi des conclusions du Varenne agricole et celle de la délégation ministérielle à la forêt et au bois qui était rattachée au ministère de la Transition écologique, rapporte un communiqué du 19 septembre. Le cabinet du PM, contacté sur les conséquences d’une telle décision par Agra presse le 19 septembre, n’a pas donné suite à nos demandes. Cette décision s’inscrit », confiée à deux hauts fonctionnaires, qui doivent proposer au Premier ministre des mesures ayant pour objectif « une meilleure organisation et une meilleure efficacité » du service public. Parmi leurs tâches figure l’examen des différentes délégations interministérielles existantes, avec pour consigne que leur suppression soit désormais le principe, et leur maintien une exception. Plus largement, la mission devra travailler, d’une part, au regroupement, à la fusion et si besoin est, à la suppression des structures qui font double emplois dans le même champ de politique publique, et, d’autre part, au renforcement de la performance de la gestion des départements ministériels comme des opérateurs de l’Etat, dans un contexte de finances publiques contraintes.
Distribution : Lidl France veut «regagner» son «image» sur les «prix»
Lidl repart à l’offensive en France: le discounter d’origine allemande, bousculé par la période de forte inflation, entend «regagner» son «image-prix», avec l’ambition d’atteindre 10% de parts de marché d’ici à 2030, selon son patron. «On a eu quelques années plus compliquées», avec 400.000 clients perdus entre 2022 et 2025, a reconnu cette semaine le président irlandais de Lidl France, John Paul Scally, auprès de plusieurs médias dont l’AFP. Mais une nouvelle stratégie a été lancée «depuis la fin de l’année dernière», a-t-il ajouté lors de cette rare prise de parole depuis l’annonce, fin janvier, du départ surprise de Michel Biero, médiatique vice-président du 6e distributeur français. Pour marquer ce tournant, l’enseigne a dévoilé samedi son nouveau slogan, «Lidl, ça vaut le coup», après dix années à revendiquer «Le vrai prix des bonnes choses». «Le premier objectif pour moi, c’était de regagner notre image-prix», a souligné le dirigeant, dont l’enseigne, qui s’est distinguée ces dernières années par une volonté de montée en gamme et de bonne entente avec le monde agricole, représentait 7,8% du marché en août. Après avoir communiqué début 2025 sur sa gamme premiers prix, Lidl mise depuis la rentrée sur une campagne de baisse des tarifs («les prix sacrés») sur des «produits de première nécessité» comme la baguette, passée de 35 à 29 centimes, une initiative dénoncée notamment par la Confédération nationale de la boulangerie-pâtisserie française.
UE/Mercosur : Tondelier (Ecologistes) demande à Lecornu des engagements
La cheffe des Ecologistes Marine Tondelier a demandé le 21 septembre au Premier ministre Sébastien Lecornu de mettre dans la balance de ses tractations avec les partis politiques un engagement contre l’accord de libre-échange entre des pays du Mercosur et l’Union européenne. «Je vais être d’accord avec la FNSEA», n’a pas manqué de souligner la cheffe du parti écologiste à l’antenne de LCI. «Ça fait des décennies que nous on défend les agriculteurs dans ce pays contre les traités de libre échange». Interrogée sur les sujets sur lesquels elle attendait des réponses du chef du gouvernement, engagé dans des tractations avec les forces politiques pour éviter une censure lors de la séquence budgétaire automnale, Mme Tondelier a notamment cité la fiscalité des plus aisés, la réforme des retraites, et le Mercosur. «Monsieur Macron, il y a quelques mois, était prêt à s’allonger sur les rails, disait-il, pour faire dérailler le Mercosur (...) Résultat, ils se sont couchés comme jamais, ils se sont couchés et ce traité est en train de passer, inquiétant fortement les agriculteurs», a-t-elle critiqué, demandant des «réponses» de l’exécutif.
Etats-Unis: l'administration Trump stoppe un recensement sur la faim dans le pays
Le gouvernement américain a annoncé le 20 septembre qu’il n’évaluerait plus chaque année l’insécurité alimentaire aux Etats-Unis, jugeant cette mesure «trop politisée» et «inutile». L’information avait d’abord été révélée par le Wall Street Journal. «Le rapport 2024 sur la sécurité alimentaire des ménages sera le dernier et sera publié le 22 octobre 2025», précise le ministère. Cela concernera la dernière année au pouvoir du président démocrate Joe Biden. Son successeur républicain, Donald Trump, a retrouvé la Maison Blanche pour un second mandat en janvier. Basé sur un vaste sondage, le rapport estime la précarité alimentaire, c’est-à-dire le nombre de foyers qui n’ont pas un accès garanti à la nourriture en quantité et en qualité suffisantes pour tous leurs membres. D’après la publication la plus récente, cela concernait 13,5% des foyers en 2023 aux Etats-Unis, la proportion la plus élevée depuis 2014. Le ministère de l’Agriculture critique la méthodologie. «Les questions utilisées pour collecter les données sont entièrement subjectives et ne donnent pas une image fidèle de la sécurité alimentaire réelle», affirme-t-il samedi. «Les données sont truffées d’inexactitudes biaisées afin de créer un récit qui n’est pas représentatif de ce qui se passe réellement dans les campagnes», ajoute l’USDA.
Vin/cidre : l’Inao publie deux guides pour améliorer la durabilité des AOP et IGP
L’Inao publie deux guides d’appui sur la durabilité des filières AOP et IGP viticoles et cidricoles, a-t-il annoncé dans un communiqué daté du 16 septembre. « Conçus pour accompagner la réflexion des organismes de gestion et de défense (ODG), ces guides proposent l’élaboration d’une démarche de durabilité appelée par les changements économique, social, et environnemental », d’après l’institut. En 2024, les ODG ont été invités par l’Inao à mettre en commun et parfaire leurs réflexions sur les enjeux de durabilité, dans l’objectif de renforcer la capacité des signes d’identification et de qualité officiels (Siqo) à répondre aux « défis contemporains : volatilité des marchés économiques, dérèglement climatique, attentes sociétales des consommateurs… » Ces concertations ont permis de partager leur réalité de terrain et expertise, ainsi que d’échanger autour des mesures déjà en place, retrace l’institut. Les deux guides de l’Inao font suite à ces travaux. Ils s’inscrivent dans la lignée d’un guide équivalent, initié par le Comité national des appellations d’origine laitières, agroalimentaires et forestières (Cnaol), paru en septembre 2023.
Pêches : des volumes stables, chute des prix en 2e partie de saison (Agreste)
La campagne française de pêches et nectarines s’achève sur un bilan satisfaisant, avec encore quelques palettes à expédier la semaine prochaine, souligne Raphael Martinez, directeur de l’AOPn pêches - nectarines - abricots, à Agra Presse le 19 septembre. Selon les prévisions du ministère de l’Agriculture (Agreste) au 1er septembre, la production de pêches, nectarines, brugnons et pavies atteindrait près de 217 000 t, soit -8 % par rapport à 2024. Des chiffres que M. Martinez nuance : « Il est difficile d’avancer des chiffres précis pour l’instant. Agreste n’a pas les moyens de vérifier les volumes et effectue ses déclarations en s’appuyant sur des témoignages et des extrapolations ». Il estime toutefois la campagne « satisfaisante », au moins équivalente à celle de 2024. Selon M. Martinez, la première partie de saison, jusqu’au 20 juillet, a été marquée par une forte demande en raison d’une bonne qualité des fruits, une météo favorable et une faible concurrence espagnole. En revanche, les volumes disponibles, limités en fin de première période, n’ont pas permis de répondre à l’ensemble de la demande. La deuxième partie de saison a été moins clémente, avec « un essoufflement de la consommation, et ce malgré la canicule », constate M. Martinez. Or, c’est à ce moment-là que les volumes ont augmenté, pour des raisons à préciser, selon l’organisation de producteurs. Une hausse qui a entraîné la constitution de stocks et une nette dégradation des prix.
Aquaponie : Les Nouvelles Fermes lève 5 M€ pour la plus grande ferme aquaponique d’Europe
La start-up bordelaise Les Nouvelles Fermes (LNF) vient de lever 5 M€ pour lancer la construction de la plus vaste ferme aquaponique d’Europe (lire l’article complet sur Agra Innovation). Située à Carrières-sous-Poissy dans les Yvelines, elle devrait entrer en service au printemps 2026. Sous une serre de 2 hectares, Les Nouvelles Fermes produira chaque année jusqu’à 250 tonnes de légumes et 60 tonnes de truites arc-en-ciel. Le système en circuit fermé utilise les effluents des poissons pour fertiliser la culture des légumes, sans apport d’antibiotiques ou de produits phytosanitaires de synthèse. Son système optimisé utilise « presque 10 fois moins d’eau et 5 fois moins d’énergie » que les systèmes classiques, selon son cofondateur et président Thomas Boisserie. L’entreprise peut ainsi proposer ses produits à des prix « inférieurs de 15% au bio ». LNF « atteint 1,2 M€ de chiffre d'affaires à l’hectare sur le site pilote de Merignac, et nous ciblons 1,3 M€ de CA à l’hectare sur notre site à Paris ». Elle prévoit déjà 3 sites supplémentaires en France et un développement en Europe dès 2027, avec un objectif global d’ouvrir 15 fermes d’ici 2030. (Irina Lafitte, Agra Innovation)
Protéines alternatives : Creadev (famille Mulliez) devient actionnaire majoritaire d’Accro
La société Nxtfood, qui développe la marque de substituts végétaux à la viande Accro, a annoncé le 19 septembre avoir mobilisé 49 M€ de financement, pour moitié en capital et pour moitié en dette bancaire. Creadev, fonds à impact de l’Association familiale Mulliez, déjà au tour de table, devient actionnaire majoritaire de Nxtfood, accompagné par Roquette Ventures, actionnaire historique, et deux nouveaux venus : Clay Capital et IRD Invest. Cet apport de fonds va être consacré à l’extension du site de production de Vitry-en-Artois (Pas-de-Calais), qui va tripler de superficie pour atteindre 12 000 m2 et environ 12 000 t de capacité de production annuelle d’ici 2030. Autre destination des fonds : la R&D et le développement commercial. Nxtfood a réalisé 10 M€ de chiffre d’affaires en 2024 et devrait atteindre 16 M€ en 2025. Les produits Accro sont élaborés à partir de protéines de blé et de pois d’origine française – ce qui ne devrait pas changer –, tandis que les recettes et les présentations devraient continuer d’évoluer. Accro a lancé au départ des imitations de steaks, de saucisses et de nuggets avant de développer des recettes de kebab et d’effilochés. Les dernières innovations concernent des tranchés végétaux prêts à l’emploi.
Matignon: retour de Michel Stoumboff pour conseiller Sébastien Lecornu
Comme pressenti, le nouveau Premier ministre Sébastien Lecornu a bien choisi de ne pas conserver Louis de Redon, le conseiller agricole de François Bayrou. Pour le remplacer, il a fait revenir Michel Stoumboff, l'ancien conseiller agricole de Michel Barnier lorsqu'il était Premier ministre, peut-on lire dans un arrêté paru le 20 septembre au Journal officiel. Ce haut fonctionnaire avait été conseiller technique de Michel Barnier de 2007 à 2009, lorsqu'il était ministre de l'Agriculture de François Fillon. Ingénieur général des ponts, des eaux et forêts, Michel Stoumboff a ensuite passé près de dix ans dans l'administration déconcentrée du ministère de l'Intérieur, et six ans comme Draaf de la région Bretagne. Il était récemment remonté à Paris, en juillet, pour devenir adjoint de la DGALN (aménagement, du logement et de la nature) au ministère de la Cohésion des territoires.