Relations commerciales : le gouvernement veut retoquer le prix plancher et assouplir la pluriannualité
En vue de l'examen du projet de loi d'urgence agricole en séance publique, à partir du 19 mai, le gouvernement a déposé un amendement visant à supprimer le principe d'un prix plancher tel qu'adopté par les députés de la commission des affaires économiques. Cette disposition, qui impose que le prix aux agriculteurs «ne doit pas être inférieur aux coûts de production retenus», avait été adoptée lors d'une séance marquée par un absentéisme important des députés, dénoncé par la FNSEA. Le gouvernement argue qu'une telle mesure est «manifestement contraire à la réglementation européenne, et en particulier au règlement OCM ». Dans un autre amendement, le gouvernement propose d'assouplir le principe d'une durée minimale de trois ans pour les contrats proposés aux agriculteurs et aux organisations de productions, prévoyant des dérogations aux filières qui en auraient exprimé le souhait. Le gouvernement cite les exemples de la filière viande bovine, «pour qui cette durée minimale dissuade tant certains acheteurs que des exploitants à avoir recours à une contractualisation jugée trop contraignante et se heurtant à des habitudes de commercialisation parfois basée sur la recherche de la meilleure opportunité sur le marché». Mais aussi des fruits et légumes, où « cette rigidité temporelle s'est heurtée aux réalités agronomiques et économiques de la filière».
Loi d'urgence : le gouvernement veut revenir à la rédaction initiale sur le loup et l'eau
Au travers des amendements déposés au projet de loi d'urgence agricole, dont l'examen en séance publique doit débuter le 19 mai, le gouvernement proposé de rétablir les principales modifications opérées par la commission du développement durable. C'est d'abord le cas de la gestion du loup : le gouvernement souhaite supprimer le nouveau mode de gestion proposé pour le prédateur, qui pourrait permettre une augmentation considérable du nombre des tirs. Il retient par contre l'instauration d'un statut pour les lieutenants de louveterie. En matière de protection de l'eau, il veut, de la même manière, supprimer trois dispositions ajoutées par les députés en commission : augmentation de la part des usagers non économiques dans les commissions de bassin, «télérelève» quotidienne des prélèvements d'eau à compter du 1er janvier 2027, nouvelle redevance des agences de l’eau, portant sur la mise sur le marché de substances dangereuses pour l’environnement. Enfin, le gouvernement propose de rétablir dans leur rédaction initiale plusieurs articles qui avaient été amendés ou supprimés par les députés : c'est le cas de l'article 7 sur la compensation agricole pour les zones humides, l'article 8 sur les zones de captage d'eau potable. Dans le cas de l'article 11 sur les démembrements de foncier agricole, le gouvernement propose d'ajouter les dispositions récemment adoptées dans le cadre de la proposition de loi de lutte contre la cabanisation.
Soja: controverse entre Bruxelles, Brasilia et Buenos Aires sur les contrôles sanitaires
Le gouvernement argentin a envoyé cette semaine à Bruxelles et à La Haye une mission spéciale pour gérer la crise déclenchée par la détection, à Rotterdam en mars dernier, de soja OGM interdit en Europe, dit HB4, dans des lots de tourteaux de soja provenant l'un du Brésil, l'autre de l'Argentine. Brasilia et Buenos Aires contestent la validité de la méthode de détection employée: « Les douanes européennes ne disposent même pas des informations devant être fournies par le créateur de la technologie HB4», explique Sergio Iraeta, secrétaire d'État à l'agriculture du gouvernement argentin. La présidente de l'autorité sanitaire argentine (Senasa), le président de la Chambre Argentine des huiliers, et le directeur au commerce international du secrétariat d'Etat à l'agriculture étaient attendus toute cette semaine par la direction générale de la santé de la Commission européenne et les organismes techniques des douanes hollandaises à La Haye, indique l'élu argentin. «Le risque commercial est le rejet de navires chargés de tourteaux qui devraient alors trouver nouvel acquéreur hors de l'UE. Mais qui en voudra ? Une suspension temporaire des importations provenant des origines concernées me paraît improbable. La campagne d'exportation des tourteaux de soja bat son plein en Argentine et les éleveurs européens en ont grandement besoin», décrypte l'analyste marché Gustavo Lopez
Soja: Trump assure que la Chine veut acheter du pétrole et du soja américains
Donald Trump a assuré le 17 mai que la Chine voulait acheter des produits agricoles ainsi que du pétrole américains, sans donner de chiffres, dans une interview enregistrée à Pékin où il se trouve en visite officielle. «Ils veulent acheter du pétrole aux Etats-Unis», a dit le président américain, sans donner de détails concrets mais en déclarant que «cette idée plaisait» à son homologue Xi Jinping. «Ils vont acheter beaucoup de nos produits agricoles», en particulier du soja, a-t-il aussi déclaré dans cet entretien avec la chaîne Fox News. Le gouvernement chinois avait annoncé, le 5 novembre, « cesser d’appliquer des droits de douane supplémentaires » imposés depuis mars sur le soja et des produits agricoles américains pouvant atteindre jusqu’à 15%. Mais selon un article du South China Morning Post du 12 décembre, une étude élaborée par la banque d’investissement Goldman Sachs révèle que la Chine réduira sa dépendance aux importations de soja, aujourd’hui estimée à environ 90 % (soit plus de 100 Mt par an), à moins de 30 % lors de la prochaine décennie. La raison : les efforts du gouvernement chinois, qui s’accélèrent depuis les tensions commerciales avec les États-Unis, devraient porter leurs fruits.
Anses: Mme Claverie de Saint-Martin, haute fonctionnaire, nommée à la tête de l'agence
Elisabeth Claverie de Saint-Martin, une haute fonctionnaire, a été nommée à la tête de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) selon un décret publié dimanche au Journal officiel. Son nom avait été proposé par l’Elysée pour remplacer le précédent directeur général de l’agence, Benoît Vallet. Mme Claverie de Saint-Martin dirigeait jusqu’à présent le Cirad. Contrairement à son prédécesseur, elle n’a pas de formation médicale. Normalienne et énarque, elle a commencé sa carrière comme chercheuse en microéconomie avant d’intégrer la fonction publique en 1993. Elle a été en 2013 conseillère pour la France auprès de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI), avant de devenir en 2016 directrice adjointe du développement durable de la direction générale de la mondialisation, de la culture, de l’enseignement et du développement international au ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. Benoît Vallet, nommé en 2022 et dont le mandat de directeur général avait expiré en novembre, avait souhaité assurer son propre intérim, quelques mois après avoir défendu l’indépendance de l’agence sanitaire pendant les débats sur la loi Duplomb. Mais cet intérim avait été confié à Gilles Salvat, dirigeant du pôle recherche de l’agence.
Restauration : 50 chefs étoilés signent une tribune pour une agriculture moins intensive
Une cinquantaine de chefs étoilés au guide Michelin mettent en garde contre une agriculture tournée vers la productivité et appellent au contraire à basculer vers un modèle agricole moins intensif et plus durable, dans une tribune le 17 mai au journal Le Monde. «Ne nous trompons pas de combat : la compétitivité seule est un mirage ; la santé et la souveraineté, elles, sont des questions de survie», écrivent les signataires, parmi lesquels figurent Mauro Colagreco (Le Mirazur, Menton), Philippe Etchebest, (Maison Nouvelle, Bordeaux) ou encore Emmanuel Pilon (Le Louis XV, Monaco). Ces acteurs de la gastronomie mettent en garde contre les déclarations de la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, qui avait invité à s’interroger sur «la taille critique» des exploitations en France lors du dernier Salon de l’agriculture. «Pour les défenseurs du sol et de ses produits que nous sommes, c’est se tromper autant sur les causes que sur les solutions», estiment les signataires, dont le président de l’Umih, principal syndicat patronal de l’hôtellerie-restaurations, Thierry Marx. Avec la présidentielle de 2027 en ligne de mire, ils réclament deux mesures: d’une part, la création d’un «fonds foncier national» abondé par l’épargne citoyenne, qui permettrait d’aider les jeunes agriculteurs ou ceux qui connaissent des difficultés, et d’autre part, une réduction d’impôt «fléchée vers des outils qui créent de la valeur à la ferme».
Elevage de montagne: une femme tuée par un troupeau de vaches en Autriche
Une Autrichienne de 67 ans a succombé à ses blessures après avoir été attaquée le 17 mai dans l'après-midi par un troupeau de vaches dans une zone de pâturage à Oberlienz, dans l’ouest de l’Autriche, a annoncé la police du Tyrol dans un communiqué. Son mari, âgé de 65 ans, a lui été transporté à la clinique d’Innsbruck dans un état grave, a ajouté la police, qui a ajouté que l’enquête sur les circonstances de l’accident était toujours en cours. Quelques dizaines de vaches, appartenant à une coopérative d’agriculteurs, se trouvaient regroupées dans la zone de pâturage où le couple a été attaqué, a précisé la police. En septembre, un randonneur viennois, âgé de 85 ans, était mort dans les Alpes autrichiennes après l’attaque d’un troupeau de vaches, au cours de laquelle son épouse de 82 ans avait été blessée. En 2024, une randonneuse accompagnée de deux chiens avait été tuée dans des circonstances similaires. D’autres attaques avaient eu lieu en 2017 et 2014.