Agrafil du 22 novembre 2021

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Phytos : le gouvernement publie l'arrêté Abeilles révisé

Le gouvernement a publié, le 21 novembre, le nouvel «arrêté Abeilles» qui étend aux fongicides les restrictions d'usage en vigueur durant les périodes de floraison et précise les conditions d'utilisation de l'ensemble des phytos (fongicides, insecticides, acaricides herbicides) utilisables durant cette période. Si le produit est autorisé par l'Anses pour un usage en période de floraison, «le traitement doit, sauf cas particulier, être réalisé dans les deux heures qui précèdent le coucher de soleil et dans les trois heures qui suivent le coucher de soleil», selon l'arrêté du ministère de l'Agriculture, dont l'entrée en vigueur est fixée au 1er janvier 2022. La publication intervient au lendemain de la présentation par les ministères de l'Agriculture et de la Transition écologique des grandes lignes du plan pollinisateurs. Ce plan avait été promis en 2020, après que le gouvernement avait annoncé la réintroduction temporaire des insecticides néonicotinoïdes pour la culture de betteraves. Ce plan, poursuivent les ministères, sera doté «d’au moins» 115 M€ sur cinq ans. L'enveloppe proviendra «de la Pac, du plan Ecophyto, et d’appels à projets de l’Agence nationale de la recherche», détaillent les ministères, espérant des financements complémentaires des entreprises ou des collectivités. Pas de grande surprise sur le fond : suite au 17 000 contributions reçues dans le cadre de la consultation publique, «nous n’avons pas revu l’architecture du plan», précise-t-on dans les cabinets.

Nouvel arrêté Abeilles: apicultueurs mécontents, FNSEA et JA mitigés

Le nouvel «arrêté Abeilles», paru le 21 novembre, ne satisfait pas les apiculteurs, qui dénoncent la possibilité de traiter les cultures à des moments où les abeilles butinent. «Deux heures avant le coucher du soleil, sans autre critère, pour nous ce n'est pas acceptable», a déclaré à l'AFP Eric Lelong, président de l'Interprofession des apiculteurs (Interapi). L'organisation voulait que soit également pris en compte le critère de la température. Ainsi, en juillet, deux heures avant le coucher de soleil, «il fait 25 degrés» et «les abeilles sont encore en train de butiner». A l'inverse, la FNSEA et les JA, saluent, au nom de la lutte contre le travail de nuit des agriculteurs, «l'ouverture permettant de déroger à l'obligation de traiter les cultures attractives seulement après le coucher du soleil, avec l'ajout d'une plage de deux heures avant le coucher du soleil». La FNSEA et les JA dénoncent néanmoins une «surtransposition des règles communautaires» ainsi que «l'insuffisance des moyens financiers pour mettre en oeuvre les objectifs». Ce plan prévoit notamment d'évaluer le risque de tous les pesticides, dont les herbicides et fongicides, pour les pollinisateurs en vue d'une possible restriction, voire interdiction de traitement sur les cultures attractives en floraison, aujourd'hui applicable uniquement aux insecticides.

Porc: le ministère précise les règles de la fin de la castration à vif

Alors que la castration à vif des porcelets sera interdite début 2022, un arrêté paru au Journal officiel le 19 novembre précise dans quels cas les éleveurs pourront continuer cette opération, avec prise en charge de la douleur. La castration sera désormais uniquement possible pour les signes de qualité, ou si elle «répond à une exigence de qualité de la personne à laquelle est transférée la propriété du porc par l’éleveur». Dans ce deuxième cas, la contractualisation sera obligatoire à partir du 1er janvier 2022 (décret du 30 octobre pris en application de la loi Egalim 2), et cette exigence de qualité devra figurer dans le contrat. Via les indicateurs de coût de production, qui intègreront le surcoût lié à la castration avec anesthésie, «cet arrêté permet de sécuriser les éleveurs sur le plan économique», indique le cabinet du ministre de l'Agriculture à la presse le 19 novembre. Le ministère a allégé la procédure par rapport au texte soumis aux parties prenantes en septembre. Au lieu de l'attestation délivrée par les préfets initialement prévue, les acteurs devront seulement pouvoir démontrer qu'ils respectent la réglementation «sur demande des services de contrôle».

Porc: bientôt une formation en ligne sur la fin de la castration à vif

Les éleveurs de porcs qui poursuivront la castration avec prise en charge de la douleur en 2022 pourront suivre une «formation à distance» fin novembre, a annoncé le ministère de l'Agriculture dans un communiqué le 19 novembre. «Le ministère prend en charge» ce dispositif d'e-learning, a indiqué le cabinet du ministre à la presse le même jour. La castration à vif des porcelets sera interdite au 1er janvier 2022. Les éleveurs qui poursuivront cette pratique – pour des raisons de qualité de la viande notamment – devront prendre la charge la douleur des animaux pendant et après l'opération (anesthésie et analgésie). D'après une instruction technique du 18 novembre, la formation sera obligatoire pour les éleveurs et salariés pratiquant la castration. Elle consistera en un module théorique, suivi «dans les six mois» d'un module pratique. Deux produits seront utilisables, la lidocaïne (injectable) et le tri-solfen (en gel); les protocoles correspondants sont consultables sur le site de l'Ifip (institut du porc). Le tri-solfen fait actuellement l'objet d'une procédure d'autorisation de mise sur le marché (AMM) en Belgique, précise l'entourage du ministre. Une fois celle-ci obtenue, la France pourra demander une autorisation temporaire d'usage (ATU) permettant d'utiliser ce produit «début janvier».

Olives: l’OMC juge les rétorsions américaines contre l'Espagne infondées

Très attendu, le rapport du Groupe spécial de l’OMC chargé de statuer le différend portant sur les droits antidumping et compensateurs appliqués par les États-Unis sur les importations d’olives de table espagnoles (depuis 2018, ndlr), a conclu le 19 novembre, que cette décision constituait une violation des règles du commerce international. La Commission européenne a indiqué que «les États-Unis doivent maintenant prendre les mesures appropriées afin de mettre en œuvre la décision de l’OMC, et permettre ainsi aux exportations d’olives mûres espagnoles vers les États-Unis de reprendre dans des conditions normales». Selon l’exécutif européen, depuis l’imposition de ces mesures les expéditions d’olives mûres ont baissé de près de 60% alors qu’elles rapportaient auparavant 67 Mio $ par an. En 2018, l’administration Trump avait ainsi imposé des droits de douane supplémentaires et définitifs estimant que les olives espagnoles étaient vendues de 16,88% à 25,5% de moins que leur valeur réelle et qu’elles étaient subventionnées par l’Espagne à hauteur de 7,52% à 27,02%. En réponse, Bruxelles avait dès le mois de février 2019 déposé une plainte au nom des producteurs d’olives auprès de l’OMC. Selon les règles de l’OMC, Washington a 60 jours pour faire appel.

UE/Maroc: le Conseil de l'UE fait appel de l’annulation de l’accord d’association

Le Conseil de l’UE a fait appel le 19 novembre, d’une décision de la Cour de justice de l’UE (29 septembre, ndlr) invalidant, suite au recours du Front Polisario (représentant du peuple sahraoui sur le plan international), l’accord d’association UE-Maroc pour non-respect du consentement du peuple du Sahara occidental. L’accord litigieux s’inscrivait dans le cadre du régime applicable à l’importation des produits agricoles marocains en UE et à la définition de la notion de «produits originaires». Il visait à étendre aux produits originaires du Sahara occidental exportés sous le contrôle des autorités douanières marocaines le bénéfice des préférences tarifaires octroyées aux produits marocains. L’accord devait toutefois rester en vigueur pendant une période de deux mois (jusqu’au 16 décembre, ndlr) afin de préserver l’action extérieure de l’UE et la sécurité juridique des engagements internationaux. En interjetant appel le Conseil gagne ainsi du temps pour trouver un plan de sortie qui convienne à toutes les parties.

Prix des engrais : Bruxelles va rééxaminer ses droits anti-dumping

La Commission européenne a lancé une enquête pour déterminer l’impact des droits anti-dumping que l’UE impose de manière définitive depuis 2019 aux importations d’urée et de nitrate d’ammonium en solution originaires de Russie, Trinité-et-Tobago et des États-Unis. «Un premier pas» que les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) saluent dans un communiqué du 19 novembre. Le Copa-Cogeca appelle depuis des mois la Commission européenne à mettre fin à ces droits (allant de 16 à 32 %) qui participent à l’envolée des prix des engrais dans l’UE. Selon ses estimations, depuis le début de l'année, les prix des engrais azotés ont triplé et représentent désormais 55% des coûts des intrants pour les producteurs européens de grandes cultures. Le Copa-Cogeca exhorte donc Bruxelles à agir promptement car la «situation est de plus en plus intenable au sein des exploitations».

Protocole nord-irlandais : Bruxelles et Londres n’avancent toujours pas

Alors que les relations s’étaient quelque peu réchauffées depuis leur dernière rencontre au sujet du protocole nord-irlandais, le ministre britannique du Brexit, David Frost, a indiqué, le 19 novembre à la suite de son entrevue à Bruxelles avec le vice-président de la Commission européenne, Maros Sefcovic, qu’il n’y avait pas encore de «progrès notables». Londres estime que les ajustements techniques sur les conditions sanitaires et phytosanitaires (SPS) et sur les procédures douanières proposées par l’UE le 13 octobre dernier n’allaient «pas encore assez loin» afin de résoudre durablement les problèmes d’approvisionnement en Irlande du Nord. De son côté, Maros Sefcovic a toutefois souligné dans une le cadre d’une déclaration officielle qu’«un premier engagement a été pris au niveau technique concernant les contrôles douaniers». En parallèle, il a également appelé le Royaume-Uni «à rendre la pareille au grand pas effectué par l’UE dans le domaine des contrôles sanitaires et phytosanitaires». La solution proposée permettrait notamment une simplification importante de la certification et une réduction des contrôles (de 80% par rapport à ceux actuellement requis). Les deux parties poursuivront leurs pourparlers à Londres le 26 novembre.

Inde: le gouvernement va abroger les trois lois de la réforme agricole

Après un an de manifestations d’agriculteurs en colère, l’Inde a décidé le 19 novembre, d’abroger les trois lois de la réforme agricole. Le Premier ministre Narendra Modi a déclaré à cet effet que le gouvernement allait «entamer le processus constitutionnel lors de la session parlementaire qui débute à la fin du mois». Cette volte-face inattendue de New Delhi intervient avant d’importantes élections dans plusieurs États. Ces réformes avaient été votées en septembre 2020 afin d’autoriser les agriculteurs à vendre leurs productions aux acheteurs de leur choix, plutôt que de se tourner exclusivement vers les marchés contrôlés par l’État leur assurant ainsi un prix de soutien minimal pour certaines denrées. Depuis novembre 2020, des manifestions de masse de petits exploitants agricoles ont éclaté pour contester cette libéralisation qui, selon eux, risquait de les obliger à brader leurs marchandises aux grandes entreprises pour les écouler. Pour tenter de calmer les choses, la Cour suprême, plus haute juridiction du pays, avait alors décidé de suspendre le 12 janvier dernier, l’application des réformes agricoles. Mais sans y arriver puisque la situation a tourné au drame le mois dernier avec le décès de huit personnes dont quatre agriculteurs lors de heurts survenus au cours d’une visite du ministre des Affaires intérieures, Ajay Mishra, dans l’État d’Uttar Pradesh.

Sri Lanka: réautorisation des phytos pour éviter une crise économique

Le Sri Lanka a abandonné le 20 novembre son programme visant à devenir le premier producteur mondial d'aliments 100% biologiques et annoncé la levée immédiate de l'interdiction d'importer des pesticides et d'autres intrants agricoles. «Nous autoriserons désormais les intrants chimiques dont le besoin est urgent», a déclaré le secrétaire du ministère, Udith Jayasinghe, à la chaîne de télévision privée News First, avant des manifestations d'agriculteurs prévues à Colombo. «Compte tenu de la nécessité d'assurer la sécurité alimentaire, nous avons pris cette décision», a-t-il expliqué en annonçant la levée de la large interdiction de tous les produits agrochimiques, y compris les herbicides et les pesticides. En pleine crise économique, le Sri Lanka est notamment victime d'une sévère chute de ses réserves de devises entraînant des pénuries de vivres, de pétrole brut et d'autres produits essentiels. Le mois dernier, les autorités avaient déjà levé les restrictions sur les importations d'engrais pour le thé, principal produit d'exportation du pays. De vastes étendues de terres agricoles ont été abandonnées après l'interdiction d'importation, introduite pour la première fois en mai. Les pénuries se sont aggravées au cours de la semaine écoulée.

Carbone : le secteur aérien pourrait compenser 1 Mt de carbone en UE (ministère)

En application de la loi climat, le secteur aérien pourrait se voir imposer de compenser au moins 50% des émissions de ses vols domestiques sur le territoire européen dès 2024, indique le cabinet de la ministre de la transition écologique à Agra presse. Cet objectif chiffré viendrait clarifier les termes de la loi promulguée fin août, qui prévoit seulement que les projets européens «sont privilégiés». «Dans les autres pays membres, les coûts des projets ne sont pas beaucoup plus bas, ce qui pourrait encourager les compagnies à compenser plutôt en France», espère l’entourage de Barbara Pompili. Au total, selon les estimations du ministère, la mesure pourrait entraîner une demande pour près d’un million de tonnes de crédits européens sur 2 Mt d'émissions à compenser. Et avec un paiement de 30 €/t pour les agriculteurs, tel que proposé actuellement par France Carbon Agri, cette compensation représenterait un revenu de plus de 30 millions d'euros annuels pour le monde agricole. La demande pourrait même être plus importante, alors que la différence de prix se réduit par rapport aux projets internationaux, qui ont augmenté en 2020. Le texte réglementaire à paraître en janvier pourrait enfin accorder une prime de 20 à 30 % de crédits aux projets bas carbone possédant une forte dimension biodiversité.

Méthane : feu vert de l'Efsa à l'additif Bovaer pour les vaches laitières

L’autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) a publié, le19 novembre, un avis positif à la mise sur le marché de l’UE de l’additif alimentaire réducteur de méthane pour les ruminants, Bovaer. L’Efsa conclut que cet additif est sûr pour les vaches laitières au niveau maximum recommandé et que dans les conditions d'utilisation proposées il n'est pas non plus préoccupant pour la sécurité des consommateurs et pour l'environnement. Selon un communiqué de l’entreprise DSM qui produit le Bovaer celui-ci permet de réduire les émissions de méthane entérique d'environ 30 % pour les vaches laitières et d'un pourcentage encore plus élevé (jusqu'à 90 %) pour les bovins de boucherie. Suite au feu vert de l’Efsa, l’autorisation du Bovaer dans l’UE devrait être soumise à un vote des experts des Etats membres dans les prochaines mois.

Influenza aviaire: l'OIE réclame une «surveillance accrue» et une biosécurité «stricte»

Constatant que l'épizootie d'influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) «s'intensifie», l'Organisation mondiale de la sanité animale (OIE) appelle à une «surveillance accrue», d'après un communiqué du 19 novembre. «Durant la période à haut risque pour l'influenza aviaire, d'octobre à avril, les États doivent accroître leurs efforts de surveillance, mettre en place des mesures de biosécurité strictes et assurer un signalement des foyers dans les temps», martèle l'OIE. D'après elle, «environ 16 000 cas d'IAHP en faune sauvage et domestique ont déjà été reportés en octobre». L'OIE rappelle les mesures recommandées: «isoler les oiseaux malades et sains», «désinfecter les bâtiments d'élevage» et «éviter les contacts «directs et indirects entre oiseaux domestiques et sauvages». Sans oublier la «planification des mises en place» de volailles et des «programmes de surveillance des animaux sauvages». Depuis le 1er mai, la maladie a été signalée dans 41 pays, en Afrique, Asie et Europe, précise l'OIE. Alors que des cas ont été confirmés dans quatre pays limitrophes (Allemagne, Pays-Bas, Belgique, Italie), la France est passée en risque «élevé» début novembre.

Blé : des stocks mondiaux au plus bas sur neuf ans chez les grands exportateurs (rapport)

Le Conseil international des céréales (CIC), qui a révisé le 18 novembre la production mondiale de grains à la baisse, prévoit en blé des stocks au plus bas sur neuf ans chez les grands exportateurs. «L’estimation de la récolte de grains dans le monde en 2021-22 est réduite de 3 Mt (par rapport au mois précédent), incluant des baisses en blé et orge (principalement pour l’Iran et l’Algérie), mais une augmentation en maïs (tiré par les États-Unis)», selon un rapport. A 2 287 Mt de grains, la production mondiale se situe néanmoins à niveau record, à la fois en blé avec 777 Mt (773 Mt l’an dernier) et maïs avec 1 212 Mt (1 126 Mt). Les stocks sont évalués à 600 Mt de grains fin 2021-22 (contre 602 Mt fin 2020-21). «Alors que les stocks mondiaux de blé ne devraient être que légèrement inférieurs au pic historique de l'an dernier, ceux des principaux exportateurs pourraient être à leur plus bas niveau sur neuf ans», indique le rapport. Conséquence, le marché reste sous tension. «Soutenu par le resserrement de l’offre chez les principaux exportateurs, le sous-indice de prix CIC pour le blé a augmenté de 5% (en un mois), atteignant son plus haut niveau depuis plus de dix ans.»

Vin: les enchères des Hospices de Beaune s'envolent

La 161ème vente aux enchères des Hospices de Beaune, qui sert de premier indicateur aux cours des grands crus de Bourgogne, a été marquée par une flambée des prix le 20 novembre, après une année difficile marquée par une récolte historiquement faible. Le clou des enchères, la "Pièce de Charité", ou "Pièce du Président", un fût de Corton Renardes Grand Cru, est parti à 800.000 euros (hors frais) contre 660.000 l'an dernier. «Ca, c'est un vrai chiffre! C'est historique», a lancé l'acteur Pio Marmai qui a animé cette vente comme un bonimenteur professionnel, aux côtés de Jeanne Balibar. Cette année, le bénéfice est destiné à "Solidarité Femmes", un réseau associatif dédié aux victimes de violences conjugales, et à l'Institut Curie, pour la recherche contre le cancer du sein. Lots après lots, les offres se sont envolées dès le début de la vente caritative la plus ancienne et la plus célèbre du monde, les hausses dépassant parfois les 80%, selon les premiers calculs des experts. Avec une récolte réduite de moitié du fait des caprices de la météo, seulement 349 "pièces" de primeurs rouge et blanc de Bourgogne, des fûts de 228 litres correspondant à 288 bouteilles, étaient proposées aux acquéreurs - contre 630 l'an dernier.

Volaille: projets d'extensions contestés en Bretagne et dans le Tarn

Environ 200 personnes se sont rassemblées le 20 novembre à Langoëlan (Morbihan) pour dénoncer un projet de poulailler géant «jamais vu en France», selon les organisateurs, le Collectif contre les fermes-usines. Ce rassemblement intervenait quelques jours avant une audience prévue le 25 novembre devant le tribunal administratif à Rennes après un recours d'associations, dont Eau et Rivières de Bretagne, qui dénoncent notamment des insuffisance dans les études d'impact environnemental du projet. Dans cette commune de 400 habitants, le projet contesté prévoit la livraison de «120.000 poulets tous les 45 jours, du jamais vu en France», a expliqué à l'AFP Julien Hamon, membre du Collectif où il représente la Confédération paysanne. La veille, plusieurs dizaines d'habitants du village de Lescout, dans le Tarn, ont manifesté pour dénoncer l'extension d'une ferme d'élevage de poules-pondeuses, excédés par les odeurs nauséabondes et autres nuisances, a constaté l'AFP.  «Nos principales sources de préoccupation sont d'ordre médicales» (cancers, migraines), souligne Jean-Luc Hervé le co-porte-parole du mouvement de protestation. La préfète du Tarn Catherine Ferrier a indiqué à l'AFP qu'en l'état actuel des études, l'ARS ne disposait pas d'éléments corroborant les craintes des habitants.

Antibio: des réactions contrastées après la publication du rapport de l’Anses

À la suite de la publication du rapport annuel de l’Anses (agence nationale de sécurité sanitaire) sur l’antibiorésistance, le 18 novembre, organisations professionnelles agricoles et ONG ne sont pas unanimes sur les conclusions à tirer des résultats présentés. Le bilan de l’Anses montre que l’exposition des animaux aux antibiotiques a diminué de 45% depuis 2011. «Ces bons résultats traduisent l’engagement plein et entier des éleveurs français mais aussi des vétérinaires et de tous les acteurs qui interviennent dans le conseil en élevage», s’est félicité le syndicat majoritaire dans un communiqué du 18 novembre. Il réaffirme son opposition à l’interdiction des antibiotiques qui «aurait laissé les éleveurs sans solutions». Dans un communiqué du 19 novembre, l’ONG CIWF (Compassion in World Farming), qui milite contre l’intensification de l’élevage, s’inquiète au contraire de l’augmentation de l’utilisation des antibiotiques «pour certaines espèces et ce depuis plusieurs années, comme le lapin et le bovin, des espèces soumises à des conditions d'élevage particulièrement intensives en France». Elle demande à l’Anses d’indiquer les usages d’antibiotiques en fonction des modes d’élevage. «Un facteur plus qu'essentiel pour permettre une réelle amélioration de l'usage d'antibiotiques», selon elle.

Consommation: le marché «responsable» reste en hausse malgré la crise (étude)

«L’achat de produits alimentaires responsables résiste malgré la crise, progresse même !», commente dans un communiqué le label du commerce équitable Max Havelaar qui dévoilait jeudi 18 novembre les résultats de son baromètre annuel de la transition alimentaire. Cette étude, réalisée par l’institut OpinionWay auprès de 2063 personnes, montre «une nette progression de la consommation responsable». L’attrait des consommateurs pour les produits bio, locaux, équitables et zéro déchet se confirme. Les principales motivations des acheteurs sont la juste rémunération des producteurs (39%) ; la transparence et la traçabilité (39%) et «l’assurance d’avoir des produits de meilleure qualité» (32%). Le prix reste «le premier frein pour l’achat de produits responsables». Les sondés ont repris leurs habitudes d’avant Covid pour faire leurs courses et fréquentent moins les magasins bio (-1%), les marchés (-4%) et les ventes directes chez les producteurs (-3%), plébiscités pendant les confinements. Cependant, ces lieux de consommation «restent en progression depuis 2019», note Max Havelaar. En trois ans, les enseignes bio ont progressé de 3 points, les marchés et la vente directe de 4 points.