Bio: Fesneau annonce que le fonds d’urgence passe de 50 à 90M€
Le ministre de l'Agriculture Marc Fesneau a annoncé une rallonge de 40 millions d'euros (M€) au fonds d'urgence de 50M€ esquissé par le Premier ministre Gabriel Attal le 26 janvier. «Le Premier ministre avait posé la base d'un fond à 50M€, qu'on va rehausser à hauteur de 90M€ (...) Donc, 50 porté à 90M€ » a déclaré Marc Fesneau au salon de l'agriculture le 28 février. «Dans l’instruction technique, je pense qu’il faudra regarder les filières qui sont les plus à risques de déconversion. Je fais confiance aux filières, aux interprofessions pour dire il faut prioriser là, ou plutôt à cette filière-là. Il me semble qu’en bonne intelligence on pourra le faire», a exposé le ministre. Le fonds «couvrira la période juin 2023 à juin 2024» et sera géré par FranceAgriMer. Pour en bénéficier, les exploitants doivent avoir la totalité de leur production certifiée bio ou en conversion, ou avoir plus de 85% de leur chiffre d’affaires issu de l’agriculture biologique, précise un communiqué du ministère. Ils doivent avoir subi une perte d’EBE ou de chiffres d’affaires d’au moins 20% par rapport à la période 2018-2020.
Bio: les préoccupations santé et environnement en baisse chez les consommateurs
Dévoilé le 28 février au salon de l’Agriculture, le traditionnel baromètre de l’Agence bio réalisé par l’ObSoCo décèle «un basculement» dans la perception et la consommation des produits bio. «Le message clef qu’on retient, c’est le besoin de praticité et de plaisir. Au-delà, on a du mal à pouvoir accrocher sur un message purement environnemental», a indiqué la directrice de l’Agence bio Laure Verdeau en conférence de presse. Le nombre de Français se déclarant globalement «préoccupés» par les questions environnementales a baissé de 8 points par rapport à 2022 (à 73%). Concernant le "bien-manger", le nombre de Français qui associe cette notion à une alimentation saine est en baisse de 6 points (34%). De même, le lien au respect de la nature est en baisse 9 points (13%). A l’inverse, le nombre de Français qui associe le "bien manger" au «plaisir» et à «la convivialité» progresse respectivement de 15 et 10 points ( à 42% et 32%). Parmi les consommateurs de bio, la préoccupation santé baisse de 4 points (à 53%), et la préoccupation pour l’environnement de 6 points (à 37%). Si le bio continue à être perçu comme cher, bien que cela n’est pas tout à fait ajusté à la réalité a souligné Laure Verdeau, la majeure partie des Français souhaite pouvoir consommer du bio hors-domicile et notamment en restauration collective.
Elevage/ICPE: le gouvernement va relever les seuils d'évaluation environnementale systématique
Dans le cadre des promesses de simplification faites par le Premier ministre ces dernières semaines et du plan dédié à l'élevage, le gouvernement a soumis à consultation jusqu'au 17 mars un projet de rehaussement des seuils d'évaluation environnementale systématique, visant une «harmonisation avec les seuils européens. Le projet de décret faite passer le seuil de 40 000 à 85 000 emplacements pour les élevages intensifs de volaille ; de 2 000 à 3000 emplacements pour les porcs de production ; et de 750 à 900 emplacements pour les truies. Les autres projets (porc/volaille en dessous de ces seuils ou les élevages de bovins de plus de 800 veaux ou bovins à l’engraissement ou de plus de 400 vaches laitières) seront désormais «soumis à un examen au cas par cas». En 2016, un décret avait déjà restreint le périmètre de l’évaluation environnementale aux élevages dits intensifs relevant de la directive IED et aux élevages bovins soumis à autorisation, alors qu’elle s’appliquait auparavant à toutes les ICPE (installations classées). Dans un rapport paru en 2022, la Cour des comptes s’étonnait du faible nombre d’installations réellement soumises à l'évaluation environnementale en Bretagne. Dans cette région très dense en élevages, «80 % des installations agricoles autorisées et 86% des installations enregistrées en 2017 n’ont fait l’objet d’aucune évaluation environnementale», rapportaient les Sages.
NBT: le Parlement européen va demander son avis à l'Efsa
Le Parlement européen va demander à l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) d’analyser le récent avis de l’Anses, dont la publication définitive reste en suspens, qui considère que les critères proposés par la Commission européenne en vue de distinguer les différentes catégories de plantes issues des nouvelles techniques de sélection génomiques (NBT) ont été fixés «sans signification ou justification biologique». L’eurodéputé social-démocrate Christophe Clergeau, à l’origine de cette initiative, se félicite dans un communiqué du 28 février qu’«enfin la question clé de la bonne méthode scientifique pour définir les deux catégories de nouveaux OGM fasse l’objet d’une analyse indépendante permettant d’alimenter un débat public de qualité». L'Efsa a jusqu’à juillet 2024 pour transmettre son évaluation. Le Parlement européen a déjà adopté, début février, sa position sur ces NBT, se prononçant notamment pour leur étiquetage tout au long de la chaine alimentaire. Les discussions entre les États membres sont, elles, bloquées depuis le mois de décembre notamment sur la question de la brevetabilité (que le Parlement européen veut interdire).
Machinisme: Strasbourg rejette le permis de conduire pour les tracteurs
A l’occasion du vote en séance plénière le 28 février de la position du Parlement européen sur la directive Permis de conduire, les eurodéputés ont très largement rejeté l’ensemble des amendements du projet de rapport de la commission parlementaires des Transports qui prévoyaient l’instauration d’une nouvelle catégorie de permis de conduire européenne concernant les tracteurs (catégorie T). A présent, des négociations interinstitutionnelles avec le Conseil de l’UE vont devoir être menées pour que la révision des règles relatives au permis de conduire dans l'UE puisse entrer en vigueur. Si les Etats membres se sont déjà positionnés dès décembre, ce sera probablement au nouveau Parlement européen, issu des élections du 6 au 9 juin, de suivre l’avancée des travaux. Lors du dernier débat à la veille du vote, la rapporteure de ce texte, la Française Karima Delli (Verts) s’était exprimée en faveur du retrait de ces amendements « mis en place par le PPE (droite, ndlr) ».
Indications géographiques: feu vert définitif du Parlement européen à la réforme
Le Parlement européen a définitivement adopté (par 520 voix contre 19 et 64 abstentions), le 28 février, la réforme la révision de la politique de l’UE en matière d’indications géographiques (IG). Les négociateurs des institutions européennes étaient parvenus fin octobre à un accord politique sur ce dossier. Ils avaient convenu que la Commission européenne devrait conserver ses compétences uniques en matière d’examen des IG, l’Office européen de la propriété intellectuelle (EUIPO) étant réduit à un rôle d’assistance technique. Sur le vin, la plupart des règles encadrant le secteur sont maintenues dans la réglementation OCM de la Pac. Parmi les autres apports de cette nouvelle réglementation : une procédure d’enregistrement simplifiée (avec un délai fixe de six mois pour l’examen des nouvelles IG), une meilleure protection des noms d’IG en ligne, un rôle renforcé pour les groupements de producteurs ou encore la possibilité d’introduire des critères de durabilité dans les cahiers des charges.
Assurance-récolte : une ordonnance pour ouvrir le dispositif à l'outre-mer
Marie Guevenoux, ministre chargée des Outre-mer (Intérieur) a présenté une ordonnance relative à la gestion du risque climatique en agriculture dans les territoires ultramarins à l’occasion du Conseil des ministres le 28 février. Il s’agit d’une part de préciser les principes d’intervention du Fonds de secours pour l’outre-mer dans le domaine agricole dans la loi et, d’autre part, d’ouvrir le dispositif de l’assurance-récolte dans les outre-mer, en l’adaptant. Il est prévu de la compléter par une expérimentation qui permettra également d’introduire un niveau d’indemnisation majoré, qui existe pour l’Hexagone dans le cadre du fonds national de gestion des risques en agriculture (FNGRA) en cas de calamité. L’ordonnance comporte enfin une disposition transitoire pour fluidifier le passage de l’ancien système du Fonds de secours au nouveau dispositif. Elle a été prise sur le fondement de l’article 14 de la loi du 2 mars 2022 relative à une meilleure diffusion de l'assurance récolte en agriculture et portant réforme des outils de gestion des risques climatiques en agriculture. Le gouvernement indique qu'il entamera rapidement, en lien avec les professionnels du secteur, les travaux à l’élaboration des textes d’application de l’ordonnance, en particulier s’agissant des seuils et taux d’indemnisation. PG
Prix du vin : des viticulteurs bordelais bloquent les entrepôts d'un géant du négoce
Une centaine de viticulteurs et une trentaine de tracteurs ont bloqué le 28 février près de Bordeaux l'accès aux entrepôts de Castel Frères, géant mondial du négoce de vin, pour réclamer des prix d'achats «qui prennent en compte les coûts de production». Les viticulteurs, réunis à l'appel de la FNSEA 33 et Jeunes agriculteurs (JA), veulent alerter sur «les prix de marché et de vrac qui sont nettement en dessous des prix de revient et destructeurs d'exploitations», indique à l’AFP Vincent Bougès, président des JA en Gironde. La semaine passée, le tribunal de commerce de Bordeaux a condamné deux négociants girondins à verser 350 000 € à un viticulteur du Médoc qui les accusait d'avoir violé la loi Egalim sur les prix agricoles en lui achetant son vin en vrac à un tarif «abusivement bas». «Cette décision arrive à un moment-clé où l'on parle des prix rémunérateurs, a martelé M. Bougès. Tout cela doit inspirer nos organisations à légiférer sur la question du prix de revient, qui doit faire partie intégrante du prix d'achat.» Le Premier ministre Attal a annoncé, le 21 février, qu'un «nouveau projet de loi sera présenté à l'été» concernant les relations commerciales. Trois jours plus tard, le président Macron a proposé d'instaurer «des prix plancher» basés sur des indicateurs de production.
Sud de la France: FNSEA et Occitanie favorables à un soutien à «l'agriculture méditerranéenne»
À l'occasion d'une conférence de presse organisée le 28 février avec le président de la région Bretagne, son homologue socialiste Carole Delga, présidente de l'Occitanie, a demandé «une reconnaissance de l'agriculture méditerranéenne», pour obtenir des dispositions plus favorables en matière «d'accès à l'eau» et de «compensation des handicaps naturels». La présidente de région était questionnée par Agra Presse sur le décrochage de la valeur ajoutée nette au coût des facteurs par actif dans sa région par rapport à la moyenne nationale depuis dix ans (voir notre enquête). Elle pointe du doigt la révision, en 2018, des zones défavorisées simples (ZDS), qui conditionnent l'octroi de l'ICHN (indemnité compensatoire de handicap naturel). Pilotée par le ministre de l'Agriculture d'alors, Stéphane Travert – aujourd'hui député de la Manche –, la réforme a été «extrêmement défavorable» à l'Occitanie, d'où sont parties les manifestations à l'origine de la mobilisation nationale de ces dernières semaines: «Nous avons perdu des aides au profit des zones intermédiaires (et de citer notamment la Normandie, ndlr), je ne l'ai toujours pas digéré.» La question d'«une reconnaissance de l'agriculture méditerranéenne» aurait été évoquée avec la FNSEA, et bientôt avec la Confédération paysanne. Interrogé par Agra presse, le président de la FNSEA Arnaud Rousseau se dit favorable à «un plan pour l'agriculture méditerranéenne face au changement climatique», sans plus de précision.
Décentralisation: les Départements demandent leur autonomie dans le soutien à l'agriculture
Réagissant notamment aux manifestations des agriculteurs, le président de Départements de France, François Sauvadet demande, dans un communiqué paru le 28 février, de revenir sur les dispositions de la loi Notre de 2015, qui retiraient aux départements la capacité de soutenir les exploitations agricoles, sauf dans le cadre de conventions passées avec les conseils régionaux. «À chaque département son identité, ses problématiques et ses réponses adaptées», plaide Département de France dans son communiqué. Sept ans après la loi Notre, neuf départements seulement avaient signé de telles clauses, selon un rapport de la Cour des comptes, qui soulignait que d'autres départements continuaient d’intervenir hors convention, «sans base légale» dans le secteur agricole. Dans son rapport, la Cour plaidait pour une redéfinition du «positionnement» des départements. Dans son communiqué, l'association rapporte par ailleurs que dans le cadre de la préparation des cofinancements pour la nouvelle programmation Pac 2023-2027, «plusieurs départements ont récemment été alertés par les services de l’État (Draaf ou préfecture) sur la non-possibilité de poursuivre leurs cofinancements des Mesures agroenvironnementales et climatiques (MAEC)». Toujours selon l'association, le «cofinancement des MAEC est bloqué à ce stade».
Pac 2027: Delga et Chesnais-Girard veulent des aides liées à l’emploi et contracycliques
A l'occasion d'une conférence de presse commune le 28 février, le président de la région Bretagne Loïg Chesnais-Girard et la présidente de l'Occitanie Carole Delga, tous deux socialistes, ont présenté leurs propositions pour la Pac 2027 en vue des élections européennes. Ils proposent un plafonnement des aides, une réorientation des aides à l'emploi et une distribution de type contracyclique. «Nous devons avoir une Pac qui donne plus une prime à la production sur place, à la création d’emploi, et qui ne soit pas liée de façon aussi forte au nombre d’hectares», avait déjà déclaré Carole Delga, la veille lors d'un point presse. «Aujourd’hui, la Pac européenne encourage des mégas exploitations qui en fait créent de la rente alors qu’elles ne créent pas de l’emploi. Et c’est une vraie captation qui est injuste pour celles et ceux qui au contraire ont une agriculture familiale», déplore-t-elle. Pour la présidente d'Occitanie, la Pac «doit être contracyclique», en adaptant le montant des aides à une filière selon qu’elle soit ou non en période de crise. «Il faut modifier ces dispositifs, comme l’avait fait d’ailleurs Stéphane Le Foll, en 2015, quand les céréales avaient eu un cours très élevé. Il y avait eu un accord avec la profession pour plafonner les aides de la Pac et pour créer une réserve pour les filières qui en avaient le plus besoin», a étayé la présidente de l’Occitanie.
LOA : un risque de «financiarisation» du foncier lié aux GFA d’investissement (FNSafer)
La FNSafer a pointé le 28 février «un risque de financiarisation du foncier» lié aux GFA d’investissement, appelant à retirer du PLOA (Pacte et loi d’orientation) une disposition pour créer de tels groupements. Avec «ce nouvel outil, on financiariserait le foncier agricole», a dénoncé le président Emmanuel Hyest: «Ce n’est pas le modèle que veulent nos agriculteurs et nos concitoyens», a-t-il ajouté citant l’exemple outre-Manche où n’existent «pratiquement plus d’agriculteurs, mais des propriétaires et des gérants». Le PLOA prévoit la création de GFA d’investissement (GFAI) afin d’attirer des capitaux privés. Problème, le dispositif ne vise pas directement l’installation, selon la fédération. Une course au rendement financier est aussi mise en avant: «On peut craindre que cette hausse de prix artificielle ait un impact haussier sur l’ensemble du foncier», soulève la FNSafer dans une note. En l’absence de régulation du marché des parts de GFAI, «le risque de spéculation sur la terre agricole sera majeur», poursuit la fédération. «On crée ainsi un risque de déstabilisation des marchés fonciers à la hausse, en cas de surcroît d’intérêt des investisseurs, ou à la baisse, dans le cas contraire.»
«Prix plancher»: comme LFI, le RN favorable sous conditions de fin des accords de libre-échange
En marge d'un déplacement au Salon de l'agriculture, Marine Le Pen a assuré le 28 février que les critiques de Jordan Bardella sur les prix planchers des produits agricoles, une mesure défendue de longue date au RN, correspondaient «très exactement» à ce qu'elle proposait, malgré les interrogations de plusieurs cadres du parti. La tête de liste pour les Européennes avait considéré le 26 février, lors d'un entretien sur France Bleu, que «si vous mettez en place des prix planchers au niveau français, c'est une trappe à pauvreté parce que, précisément, on ira se fournir sur le marché européen», et que «si vous mettez en place de manière totalement chimérique des prix planchers au niveau européen, on ira se fournir sur les marchés internationaux». Or, en 2022, la candidate à la présidentielle Marine Le Pen proposait dans son programme de «permettre l'intervention de l'État dans l'élaboration des indices utilisés pour fixer des prix minimums». Cet apparent changement de pied avait semé une confusion certaine chez les cadres du RN. Et Marine Le Pen de résumer sa position : un «prix garanti par l'État qui intervient comme arbitre au cas où les négociations n'arrivent pas à être conclue entre les producteurs et les industriels». Mais «si on met en place des prix plancher en laissant les accords de libre échange, en baissant la production agricole, en multipliant les normes environnementales qui renchérissent les prix, alors on crée un avantage pour les importations et un appauvrissement généralisé des agriculteurs.»
Lait/prix plancher: «il faut d’abord s’assurer qu’Egalim fonctionne» (coopératives)
«Avant d’écrire Egalim 4, il faut d’abord s’assurer qu’Egalim fonctionne», a déclaré le président de la Coopération laitière Pascal Le Brun, en conférence de presse, le 28 février. «En grande distribution, c’est déjà plus ou moins le cas», poursuit-il, avec cependant un bémol sur les «marques de distributeur» (MDD). «Une enseigne veut segmenter ses MDD avec, d’un côté, une marque premium avec des produits français et, de l’autre, une autre marque avec des produits de l’Union européenne», développe-t-il, sans donner le nom du distributeur. «Il faut aussi voir dans quelles conditions on peut étendre [Egalim] à la restauration». Concernant la proposition du gouvernement d’instaurer des «prix planchers» sur la base d’indicateurs de coûts de production, «il faut faire attention aux règles sur la concurrence et à ne pas fixer un prix qui deviendrait un prix plafond», estime Pascal Le Brun. Pour appliquer Egalim, la filière s’est dotée d’une «batterie d’indicateurs» interprofessionnels. «Il faut peut-être les renforcer, les réactualiser», évoque le porte-parole des coopératives laitières. L’indicateur beurre-poudre n’est plus publié depuis septembre car la méthode de calcul est contestée par le collège producteurs du Cniel (interprofession). Le président de ce collège, Ghislain de Viron (FNPL), espère un accord «au mois d’avril» après une nouvelle étude, a-t-il indiqué le 27 février à la presse.
Plan loup: les départements alpins veulent accélérer la réforme du comptage
Alors que le gouvernement a présenté le 23 février son nouveau Plan loup 2024-2029, les huit conseils départementaux des Alpes*, réunis le 28 février au Salon de l'agriculture, ont réclamé «l’organisation dès 2024 d’une opération de comptage de la population lupine» selon une nouvelle méthode d'évaluation. La réforme du comptage des loups est prévue dans le Plan loup, car la méthode actuelle, débouchant sur deux estimations par an, fait régulièrement l'objet de controverses. Le dernier chiffrage en date a abouti à un effectif de 1104 loups en sortie d'hiver 2023 (dont 19% au maximum peuvent être prélevés). «Le nombre réel de loups se situe plutôt entre 2500 et 3000 loups», avance Fabrice Pannekoucke, vice-président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, également présent, en rappelant qu'un comptage alternatif en Haute-Savoie a donné un résultat deux fois supérieur au chiffre officiel. La méthode de comptage a été présentée au Groupe national loup, indique de son côté Claude Font, secrétaire général de la FNO (éleveurs d'ovins, FNSEA). Elle prendra en compte en compte les analyses génétiques de prélèvements réalisés par des agents de l'OFB, en plus des indices déjà collectés par le réseau de bénévoles (après analyse, un indice peut s'avérer commun à plusieurs loups). * Alpes-de-Haute-Provence, Hautes-Alpes, Alpes-Maritimes, Drôme, Isère, Savoie, Haute-Savoie, Vaucluse.
Influenza aviaire: le Cifog veut pouvoir sortir les canards vaccinés au 1er mars
«Nous demandons la levée de la mise à l’abri obligatoire à compter du 1er mars 2024 pour les canards vaccinés», a indiqué la directrice du Cifog (interprofession du foie gras) Marie-Pierre Pé, lors du Salon de l'agriculture le 27 février. Comme le rapportent nos confrères des Marchés, la filière souhaite «une sortie sur parcours limité comme pour les volailles Label rouge». Un assouplissement qui pourrait s'appliquer aux «canards vaccinés avec deux doses et justifiant d’une sérologie post-2e dose favorable», ainsi qu'aux animaux «de plus de 56 jours ayant reçu une troisième dose». La mise à l'abri des volailles est obligatoire depuis que la France est passée en risque «élevé» en décembre 2023. «Ces mesures sont coûteuses et présentent des risques sanitaires», note Mme Pé (entretien de la litière, atteinte au bien-être animal en raison des chaleurs). Avec 35 millions de doses administrées au 19 février, «la vaccination est une réussite», estime le président du Cifog Éric Dumas. Pour 2025, le Cifog demande le maintien du financement de la vaccination (85% par l'État, 15% par les professionnels). «L’objectif était d’éviter les diffusions. Il a été atteint», s'est félicitée la directrice de l'interprofession. Pour la saison 2023-2024, la France compte dix cas en élevage, contre 294 à la même période il y a un an.
Zéro résidu de pesticides : les ventes ont reculé en 2023 face à l'inflation
Le collectif Nouveaux champs, à l’origine du label «zéro résidu de pesticides» et d’un récent label dédié à la biodiversité a connu une année 2023 un peu difficile, dans un contexte de forte inflation: le chiffre d’affaires d’offre labellisée a reculé de 1,7 % par rapport à 2022, pour s’établir à 55,6 millions d’euros. Par ailleurs, 35 millions d’Unités de vente de consommation (UVC) ont été commercialisées (- 4 %), soit l’équivalent de 19 500 tonnes de produits. Les fruits et légumes représentent 85 % de l’offre à côté des surgelés, l’épicerie, des fruits secs et du vin. Le premier semestre a, en particulier, été fortement marqué par la contraction des assortiments, ce qui a entraîné une perte d’une cinquantaine de références. Ce fut le cas pour les fruits et légumes dans les rayons sur-segmentés (pomme) ou ceux dans lesquels les produits du collectif n’ont pas une position volumétrique forte (fraises, abricot). La contraction des références a aussi touché l’offre vin, plus globalement touchée par la baisse de consommation en rouge. «Nous avons amorti le choc, concède Gilles Bertrandias, président du collectif. Le label a réuni 6,6 millions d’acheteurs en 2023, dont 72% issus de la classe moyenne, ce qui montre que nos produits labellisés ne sont pas élitistes».
Grandes cultures : cinq scénarios de FranceAgrimer face au changement climatique
Réuni au Selon de l’Agriculture le 27 février, le comité «grandes cultures – atténuation et adaptation au changement climatique» de FranceAgriMer a révélé les résultats d’une étude prospective sur l’évolution des filières grandes cultures face au changement climatique. Cinq scénarios visant à appréhender le changement climatique à l’horizon 2040-2050 ont été dévoilés aux interprofessions. Un premier scénario met l'accent sur la préservation des ressources naturelles, et privilégie le marché intérieur au détriment de l’export. Le second mise sur les innovations technologiques et la reconquête de terres agricoles pour maintenir le volume de production. Le troisième s’appuie sur le potentiel de productivité et les contraintes environnementales locales. Enfin, le quatrième scénario propose de combiner les performances d’une «agriculture familiale modernisée» et d’une industrie agroalimentaire «valorisant les matières premières locales ou importées», quand le cinquième assigne aux pays producteurs des zones tempérées la mission de nourrir le reste de la planète. «Ces scénarios contrastés seront débattus par les professionnels des filières (…) au cours de l’année 2024, avec le soutien de FranceAgriMer, de ses services territoriaux et des interprofessions des filières des grandes cultures», précise l’établissement public dans un communiqué.
Irrigation : un OAD pour évaluer l’humidité du sol en temps réel d’ici 2026
L’entreprise Weenat, leader français du suivi de la teneur en eau des sols agricoles, a annoncé la commercialisation de son nouvel outil d’aide à la décision (OAD) à destination des acteurs du monde agricole pour 2026, lors du Salon de l’agriculture 2024. Baptisé Meteoria, l’OAD en question vise à évaluer la teneur en eau des couches racinaires du sol européen en temps réel, afin d’accompagner «près d'un million d'irrigants à travers l'Europe dans leur gestion opérationnelle de l'irrigation». Pour ce faire, l’outil s’appuiera sur de «très grands volumes» de données multi-sources. Concrètement, l’outil vise à confronter les données des 20 000 capteurs de mesures agro-météorologiques déployés par Weenat au cours des dernières années, ainsi que des données météorologiques et satellitaires, avant de les «organiser, les uniformiser et les stocker». «Cette étape est suivie du calcul de la teneur en eau des couches racinaires du sol (…) réalisé à l’aide d’un algorithme d’intelligence artificielle», précise l’entreprise. Emmanuel Buisson, expert météo Weenat, précise à Agra presse que le «modèle apprenant sera mis en place à l’automne 2024, au sein de de ses 40 fermes expérimentales en France, en Allemagne et en Espagne», avant la mise à disposition «d’un premier algorithme expérimental pour la campagne 2025 au sein de ces mêmes fermes».
Fruit et légumes : les Européens attendent des incitations à en consommer (sondage)
A l’occasion du Salon de l’agriculture, Interfel a présenté le 28 février les résultats d’une étude sur les attentes des consommateurs européens concernant les fruits et légumes. L’enquête a été menée fin janvier par le cabinet BonaFidé dans cinq États membres : France, Allemagne, Espagne, Italie, Pays-Bas. 81% des sondés aimeraient dans l’idéal consommer plus de fruits et légumes : surtout les Italiens (88%), les Espagnols et les Français (84%), un peu moins les Allemands (76%) et les Néerlandais (72%). Mais pour cela, ils attendent des mesures les incitant à le faire. Ainsi, 87% des répondants sont favorables à une suppression des taxes sur les fruits et légumes pour en faciliter la consommation. La proportion est encore plus forte en France (92%). C’est un sentiment fort chez les consommateurs espagnols : 70% jugent que la suppression des taxes sur les fruits & légumes, effective dans le pays, leur a permis d’en acheter plus ou autant qu’avant. Autre levier, les programmes d’éducation nutritionnelle: 84% souhaitent que l’UE investisse davantage dans ceux-ci pour promouvoir la consommation. Enfin, la mise en place d’un chèque fruits et légumes pour les ménages les plus modestes est voulue par 75% des personnes interrogées: en France, 71% des ouvriers y sont favorables, 58% des cadres et CSP+.
Précision sur l'accord Sunlait / MLC
Dans un communiqué commun du 26 février, l'association d'organisations de producteurs Sunlait et le groupe Les Maîtres laitiers du Cotentin (MLC) ont annoncé avoir trouvé un accord pour la livraison de 60 millions de litres de lait à partir de la fin de l'année 2024 à la filiale de MLC, Yéo Frais. Les deux partenaires précisent que, contrairement à ce qui était indiqué par erreur dans le communiqué, cet accord porte sur la production d'environ une centaine d'exploitations laitières et non d'environ 300.