Libre-échange: Strasbourg valide les accords avec le Chili et le Kenya
À l’occasion de la séance plénière du 29 février, les eurodéputés ont donné leur feu vert à la ratification des accords commerciaux de l'UE avec le Chili et le Kenya. Pour l’accord d’association UE-Chili, il s’agit d’une modernisation de l’accord en place depuis 2003. Il comprend un accord-cadre avancé, adopté par 358 voix (147 contre et 45 abstentions), et un accord intérimaire sur le commerce, approuvé par 376 voix(114 contre et 56 abstentions). Ce découpage du texte doit permettre une mise en œuvre plus rapide des dispositions commerciales, dont certaines permettent de réviser à la hausse les contingents en franchise de droits de nombreux produits sensibles, et ne nécessite pas la ratification individuelle des États membres. De son côté, l’accord de partenariat économique UE-Kenya (APE), largement validé (par 366 voix pour, 86 contre, 56 abstentions) doit concrétiser les dispositions de l’APE UE-Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE) signé en 2016, mais qui n’a pas pu être mis en œuvre, car tous les pays de la CAE ne l’ont pas ratifié. Il prévoit notamment l’entrée de tous les produits agricoles kenyans en franchise de droits (notamment l’horticulture, le café, le thé, les fruits et légumes) dès la mise en application.
OMC: la 13e conférence ministérielle joue les prolongations
Faute d’accord sur les principaux sujets au cœur des pourparlers, la 13e conférence ministérielle de l’OMC, qui a démarré le 26 février et qui devait initialement se terminer le 29, a été prolongé pour une journée supplémentaire jusqu’au 1er mars, a annoncé dans un communiqué l’organisation genevoise le 29 février. Sujet sensible des discussions, l’agriculture est en première ligne, puisque deux projets de texte seraient toujours sur la table avec, au cœur des difficultés, la question des stocks publics. Présent à Abou Dhabi (Émirats arabes unis) pour négocier les contenus agricoles pour l’UE, le commissaire Janusz Wojciechowski a d’ailleurs déclaré le 29 février sur X que «l'agriculture est une fois de plus le sujet qui fait ou défait une conférence ministérielle». La veille, à l’occasion d’une réunion des chefs de délégations, la directrice générale de l’OMC, Ngozi Okonjo-Iweala avait appelé les membres «à fournir un effort supplémentaire pour trouver une convergence sur les différentes négociations et à garder à l'esprit que le temps est compté pour conclure des accords significatifs».
Chlordécone: les députés votent une nouvelle taxe sur les bénéfices des fabricants de pesticides
À 100 voix pour, 80 abstentions et une voix contre, les députés ont adopté, le 29 février en première lecture, un texte reconnaissant la «responsabilité» de l'État dans le scandale de la chlordécone, un pesticide répandu dans les bananeraies de Guadeloupe et de Martinique jusqu'en 1993, alors que sa nocivité était connue depuis des années. La proposition de loi socialiste, portée par le député de Guadeloupe Élie Califer, va poursuivre son chemin parlementaire au Sénat. En séance, les députés ont notamment adopté la création d’une taxe additionnelle «de 15% sur les bénéfices générés par l’industrie des produits phytosanitaires pour les sociétés redevables de l’impôt sur les sociétés qui réalisent un chiffre d’affaires supérieur à 250 000 000 euros». L'amendement était porté par la députée écologiste Sandrine Rousseau, qui a plaidé pour l'application du principe «pollueur-payeur»: «Les pollueurs s'en sortent souvent à bon compte et n'ont pas à supporter le coût des préjudices qu'ils font subir à la société. À eux les profits, à nous les maladies, l'environnement pollué et le coût de la dépollution.» Le gouvernement a donné un avis défavorable et le rapporteur un avis de sagesse.
Bio: le programme Ambition bio se dote d’un panel d’indicateurs élargi
Le ministère de l’Agriculture a présenté la nouvelle mouture du Programme ambition bio 2027 (PAB) au Salon de l’agriculture le 28 février. Cette échéance concorde avec la fin de la programmation actuelle de la Pac et l’objectif d’atteindre 18% de SAU bio, conformément au PSN. Le but est qu’en 2027, toutes les régions soient dotées d’un «plan bio» mené tambour battant par les régions et/ou les services déconcentrés de l’État, a exposé le directeur général de la DGPE (ministère) Philippe Duclaud. Principale nouveauté de ce PAB: un «panel beaucoup plus large d’indicateurs» permettra de mesurer l’avancement de la bio en France. Au-delà des traditionnels indicateurs de SAU et d’exploitations certifiées, seront pris en compte le taux de confiance des consommateurs dans le logo bio, la part de la bio dans les différents circuits de restauration, ou encore le nombre d’emplois directs créés. Seront également pris en compte l’évolution des cheptels bio; du nombre de distributeurs, préparateurs et restaurateurs bio; le taux d’importation des produits bio; et l’évolution des exploitations d’aquaculture certifiées bio.
Bio: le programme Ambition bio met l’accent sur la structuration des filières
Présenté le 28 février au Salon de l’agriculture, le futur Programme ambition bio 2027 (PAB) est composé de trois axes déclinés en «26 actions» qui seront précisées par des «fiches action» à l’issue du Salon, a indiqué le directeur général de la DGPE (ministère) Philippe Duclaud. Le premier axe vise à «stimuler» la demande et à «renforcer la confiance» des consommateurs. Le deuxième consiste à «consolider et développer» les filières, avec le déploiement du fonds Avenir bio doté de 18 M€ annuels. Cet axe prévoit d’aider les filières à améliorer le recueil de données à l’amont et à l’aval pour construire des indicateurs de coûts de production (action 2), et à s’emparer des outils des lois Egalim, comme la création d’OP, d’AOP et le développement de la contractualisation écrite (action 4), liste Philippe Duclaud. Il prévoit aussi de favoriser l’accès au foncier à des producteurs bio dans les zones humides et les aires d’alimentation de captage d'eau (action 7). Le troisième axe du PAB porte sur l’accompagnement face aux enjeux environnementaux et sociétaux. Philippe Duclaud a notamment annoncé «une mission inter-inspections pour identifier les différentes options de prise en charge des cas de contaminations fortuites des exploitations biologiques» (action 5).
Bio: la Fnab pointe l’insuffisance du fonds d’urgence, malgré des assouplissements
Le président de la Fnab Philippe Camburet estime que la rallonge de 40 M€ au fonds d’urgence à la bio – qui passe à 90 M€ – annoncée le 28 février par Marc Fesneau est «un nouveau raclage des fonds de tiroir». «On est loin du compte», a réagi à chaud M. Camburet après la présentation du ministre au Salon de l’agriculture, affirmant que «80% des fermes sont touchées» à des degrés divers par la crise de la bio. «L’année dernière, avec 104 M€ attribués, on a pu venir en aide à 4300 fermes sur 60 000, donc bien loin de 10% [de fermes aidées]. Là, qu’est-ce qu’on va faire de mieux? À nouveau 4000 fermes?», s’est ému le président de la Fnab. «Je ne comprends pas qu’on puisse annoncer un plan d’aides d’urgence qui ne toucherait finalement que 10 ou 15% des fermes. (…) On a besoin de toucher au moins 20 à 30% des fermes les plus en difficulté.» Pour rappel, la filière bio chiffre ses pertes à 550 M€ sur deux ans. La Fnab a toutefois salué l’assouplissement de certains critères sur le calcul des pertes (EBE ou chiffre d’affaires, et non le cumul des deux), le plafonnement de l’aide (30 000 € en règle générale, 40 000 € pour les jeunes et nouveaux agriculteurs), ainsi que le non-cumul avec les aides d’urgence viticoles.
Blé dur: Fesneau prêt à abonder le «plan de souveraineté» de la filière
À l’occasion du Salon de l’agriculture le 29 février, le ministre de l’Agriculture Marc Fesneau s’est engagé à soutenir la démarche engagée par la filière blé dur et Intercéréales (interprofession), via la signature d’une proposition de «plan de souveraineté blé dur», rapporte un communiqué du ministère. Ledit plan est prévu pour une durée initiale de cinq ans, avec un montant de 43 millions d’euros (M€); l’État s'est dit «susceptible» d'y consacrer 11 M€. Organisé autour de trois volets – sécurisation, décarbonation et sélection variétale –, ce plan visera tout d’abord à enrayer le déclin constaté des surfaces de blé dur en France, puis à développer les surfaces et les volumes produits, notamment par la recherche sur les questions génétiques et agronomiques. Par ailleurs, il s’agira de «reconquérir des parts de marché» pour les pâtes, afin d’arriver à 45% de parts de marché d’ici 2033, précise le communiqué, mais aussi de réduire l’empreinte carbone de la filière, avec l'objectif d'une diminution des émissions de gaz à effet de serre de 20% d’ici 2030 (par rapport à 2015). Enfin, le plan vise à sécuriser une partie de la filière en instaurant des contrats entre les différents maillons (producteurs, collecteurs et industriels) et en réfléchissant aux différents mécanismes assurantiels à mettre en place.
Châtaigne: le gouvernement va soutenir davantage l'animation de la filière
Dans un communiqué paru le 29 février, le ministère de l'Agriculture annonce avoir signé une convention avec le syndicat nationale des producteurs de châtaignes pour «apporter un appui supplémentaire à l’animation de la filière». Il s'agira de mettre en place «une cellule d’animation de la filière châtaigne, chargée d’animer les travaux de dynamisation de la filière pendant une première période de trois ans». Un groupe de travail avait déjà été mis en route depuis janvier. Objectif : «bâtir une stratégie sur le long terme afin de développer collectivement des alternatives de protection des cultures et améliorer la résilience de la production face au changement climatique». Le ministère rappelle que la filière castanéicole est fragilisée «par les conséquences du dérèglement climatique» ainsi que «les enjeux phytosanitaires tels que la maladie de l’encre ou le cynips, ravageur de ces fruits». La Rue de Varenne rapporte que «depuis plusieurs années, la production de châtaignes françaises diminue» et que la France importe annuellement 13 500 tonnes de châtaignes.
Outre-mer: le ministère «conforte» l'Odeadom dans ses missions, malgré la Cour des comptes
Dans un communiqué paru le 29 février, le ministère de l'Agriculture a signé un nouveau contrat d'objectif et de performance avec l'Odeadom, malgré les doutes récemment renouvelés de la Cour des comptes sur l'intérêt de cet office agricole dédié à l’outre-mer. Ce contrat «le conforte dans ses missions, et le charge, au-delà de sa fonction d’organisme payeurs des aides aux filières agricoles, de renforcer le rôle de ses instances dans les réflexions prospectives et la production d’expertise sur la situation et les grandes évolutions de l’agriculture ultramarine». Installé en région parisienne, l'Odeadom met en oeuvre, pour l'outre-mer, les missions normalement dévolues à FranceAgrimer. Pour la Cour des comptes, «le maintien de l’Odeadom se justifie davantage par la portée symbolique qu’il représente pour les territoires et les élus d’ outre-mer, que par une réelle nécessité.» Ils remarquaient notamment dans leur rapport que le gouvernement avait du créer en 2020 un poste de délégué interministériel à l'agriculture des outre-mer (Ditaom) et que l'Odeadom avait mis en oeuvre une «démarche aboutie de mutualisation de ses fonctions support avec FranceAgrimer» ; deux faits qui «confirment l’absence de taille critique de l’établissement et la faiblesse de sa gouvernance».
Prix planchers: vers l'examen d'un texte écolo à l'Assemblée nationale en avril
Les députés écologistes vont inscrire une proposition de loi en faveur de prix planchers agricoles à l'ordre du jour de leur journée réservée à l'Assemblée nationale, le 4 avril, ont-ils annoncé le 29 février lors d'une conférence de presse. Si Emmanuel Macron s'est prononcé lors du Salon de l'agriculture pour des prix planchers agricoles, «on ne peut pas laisser ce sujet en jachère pour des mois et des mois», a estimé la députée Marie Pochon. Elle portera «un mécanisme de conférence publique de filière» permettant aux producteurs d'être représentés lors des négociations commerciales, a-t-elle détaillé. L'objectif est de «fixer un prix d'achat minimal des produits agricoles qui intègre obligatoirement le coût de production et la rémunération du travail paysan, à hauteur minimum de 1,5 voire 2 Smic». Le texte prévoit aussi la création d'un «fonds de transition» pour soutenir les agriculteurs. Le Premier ministre Attal a annoncé, le 21 février, qu'un «nouveau projet de loi sera présenté à l'été» concernant les relations commerciales. Trois jours plus tard, le président Macron a proposé d'instaurer «des prix plancher» basés sur des indicateurs de production. Une mission parlementaire doit étudier le sujet, qui pourrait notamment s'inspirer de la loi espagnole Ley de la cadena alimentaria (voir notre enquête).
Biogaz/betteraves: Cristal Union lance une unité avec Total, alimentée pour moitié par des pulpes
Dans un communiqué paru le 29 février, le groupe coopératif sucrier Cristal Union annonce qu'il va devenir actionnaire minoritaire d'un méthaniseur construit par TotalEnergies en Seine-Maritime, qui sera alimenté pour moitié par des pulpes de betteraves à sucre. Cristal Union s'est engagé à fournir des pulpes pendant quinze ans à cette unité, dont elle détiendra 10% du capital. «C’est une première pour un groupe sucrier dans l’industrie du biogaz en France et en Europe, et un outil clé dans sa stratégie de décarbonation», commente Cristal Union. L'unité sera alimentée par 185 000 tonnes de matières et fournira 150 000 m3 de digestat produits chaque année, précise le communiqué. Les pulpes sont une denrée de plus en plus recherchée dans le nord de la France, avec le développement des méthaniseurs, qui entrent en compétition avec les éleveurs. En 2021, le président du groupe Olivier de Bohan s'interrogeait publiquement sur l'essor de la reprise des pulpes par ses adhérents pour des projets de méthanisation, mettant en difficulté la propre stratégie de décarbonation du groupe. En 2023, Tereos avait annoncé qu'elle réduisait les volumes disponibles pour les non-coopérateurs (souvent des éleveurs), et qu'elle prévoyait même à terme de les réserver à ses adhérents, rapporte l'Action agricole picarde.
Biogaz: la Coopération agricole adhère au réseau France gaz renouvelables
La Coopération agricole a annoncé son adhésion à l’association France gaz renouvelables, à l’occasion du Salon de l’agriculture le 29 février. «Cela vient renforcer notre ambition d’autonomie en matière de souveraineté énergétique», a souligné Dominique Chargé, président de la Coopération agricole, précisant que le syndicat a d’ores et déjà signé trois conventions sur la question de la méthanisation avec l’Ademe. «L’adhésion de la Coopération agricole à France gaz renouvelables est une nouvelle démonstration des synergies puissantes existant entre le monde de l’énergie et le monde agricole, poursuivant un objectif commun en matière de transition énergétique», a précisé de son côté Olivier Dauger, co-président de France gaz renouvelables. L’objectif d’une telle coopération vise notamment à apporter des ressources financières «additionnelles» pour la construction des installations. «Nous souhaitons éviter que les agriculteurs aient à porter une charge qu’ils ne peuvent supporter seuls», souligne ainsi Marc Braidy, élu référent sur la méthanisation à la Coopération agricole, et ce alors qu’un projet de méthanisation coûte entre 6 et 7 M€. Selon Jacques-Pierre Quaak, coprésident de France gaz renouvelables, la filière est arrivée à un plateau, avec un besoin d’investissement «énorme», sans pouvoir fournir de chiffres précis.
Fruits et légumes: le ministère détaille les appels à projets pour 2024
Le 29 février au Salon de l’agriculture, Marc Fesneau a indiqué que 100 millions d’euros (M€) seront consacrés, comme prévu, au déploiement du Plan de souveraineté fruits et légumes en 2024, un an après son lancement. Plusieurs dispositifs, gérés sur le fond de planification de la transition écologique, prendront la suite des guichets France 2030 déployés l’an passé. Les trois principaux sont un appel à projets (AAP) «Rénovation du verger » pour adapter les variétés au climat (20 M€ en sus des 4 M€ de l’AAP de FranceAgriMer déjà existant), un guichet pour la décarbonation des serres maraîchères (30 M€) et un guichet Agroéquipement fruits et légumes (40M€). Dans le cadre de ce dernier, 10 M€ seront dédiés au verger (ce qui permettra d’inclure les filets insect proof). D’autre part, des dispositifs génériques, ouverts à toutes les filières, seront accessibles pour au moins 10 M€: guichet Maturation (hors Outre-mer), AAP Projets de territoires (hors protéines végétales et bio) et guichet Agroéquipement phytos. Il a par ailleurs été indiqué qu’un plan national quadriennal d’expérimentation des solutions alternatives aux produits phytosanitaires devrait être lancé en juin (1,3 M€ par an à partir de 2024). En 2023, l’enveloppe des cinq guichets avait été consommée à hauteur de 28% à fin février (100% pour l’irrigation, 94% pour l’Outre-Mer).
Endives/pesticides: Fesneau inquiet, la filière propose une piste pour le Movento
Le ministre de l'Agriculture Marc Fesneau a indiqué, le 29 février au Salon de l’agriculture, qu’«il y a urgence» à trouver des solutions pour l'endive, traitée avec des produits amenés à être interdit, selon l’AFP. «On se trouve dans une impasse technique et on a des inquiétudes pour 2024», a-t-il ajouté. Concernant le spirotétramate (aussi appelée par son nom commercial Movento), Cyril Pogu, co-président de Légumes de France a confirmé à Agra Presse qu’il existerait une possibilité de prolonger la période d’écoulement de ce produit jusqu’à 18 mois, selon la réglementation européenne: «Nous avons rencontré le ministère en ce sens. Il faut savoir que nos confrères belges ont fait la même demande. L’Anses a engagé une étude sur le sujet. N’oublions pas que l’usage du Movento n’est pas limité à l’endive, mais concerne d’autres légumes.» Et M. Pogu d'ajouter que des solutions alternatives pourraient être disponibles d’ici deux ans. Début février, l’association des producteurs d’endives français (Apef) avait attiré l’attention du Premier ministre sur le retrait annoncé de plusieurs substances actives: le triflusulfuron-méthyle, le spirotétramate et la benfluraline. En revanche, pas de solution à l'horizon pour cette dernière, classée C2 (susceptible de provoquer le cancer) et R2 (dangereux pour la reproduction).
Irrigation: les Départements veulent la maîtrise d’ouvrage des travaux
Dans un communiqué de presse publié le 28 février, le président de Départements de France (DF), François Sauvadet, a demandé que soit adopté «dans les plus brefs délais» un amendement visant à «sécuriser l’intervention des départements en tant que maître d’ouvrage pour les travaux sur les réseaux dédiés». Pour rappel, un article présent dans le projet de loi d’orientation agricole ouvre la possibilité aux départements qui le souhaitent d’assurer la maîtrise d’ouvrage des travaux sur les réseaux d’approvisionnement en eau des exploitations agricoles. En outre, les Départements demandent à ce que «tous les réseaux d’approvisionnement en eau potable» puissent bénéficier de leur intervention, rapporte le communiqué de presse. Et d’ajouter qu’en ce qui concerne la problématique du captage de l’eau, «DF soutient totalement l’usage des retenues d’eau». Un soutien prononcé à de nombreuses reprises l’année passée, notamment par Coralie Denoues, présidente du département des Deux-Sèvres et porte-parole de DF. En septembre dernier, cette dernière avait ainsi «réaffirmé le soutien permanent et sans faille du département à la création des retenues de substitution qui ont été autorisées selon les procédures en vigueur et confirmées par plusieurs jugements», souligne un communiqué.
Gestion des crises agricoles: l'I4CE alerte sur l'augmentation des dépenses publiques
Dans un rapport paru le 29 février, l'institut d'économie du climat (I4CE) alerte sur l'augmentation des dépenses publiques d'indemnisation et de gestion de crise en agriculture sur la période 2013-2022, particulièrement sur les deux dernières années, marquées par la crise du Covid, la guerre en Ukraine et le plan gel. Sur l'année 2022, ces dépenses ont représenté «40% du budget prévisionnel total» du ministère de l'Agriculture, soit «l'équivalent de 20% des subventions perçues par la France au titre de la Pac». Pour l'I4CE, le «probable prolongement de cette tendance est problématique à plusieurs égards». D'une part, elle «traduit probablement une plus grande vulnérabilité des agriculteurs», d'autre part, elle «interroge l'équilibre des ressources publiques»; et enfin elle «questionne sur le financement de la transition écologique», mis sous pression. Les auteurs plaident pour une «amélioration des outils de gestion des risques», en consolidant la réforme de l'assurance récolte par un volet de «prévention climatique»; ils suggèrent aussi de lancer un «chantier plus global sur la vulnérabilité», pour mieux «planifier son financement». Enfin, l'I4CE plaide pour des soutiens publics «mieux alignés avec les impératifs de résilience et plus largement de transition du secteur agricole et du système alimentaire».
Gestion des risques/prairies: modalités fixées pour le versement de l'ISN (JO)
Un décret portant sur les dispositions complémentaires pour favoriser le développement de l'assurance contre certains risques agricoles à compter de l'année 2024 a été publié au Journal officiel le 29 février. Il fixe les conditions et les modalités de versement de l'indemnisation fondée sur la solidarité nationale (ISN), qui sera versée par les assureurs d'une part pour toutes les prairies de tous les exploitants. L'ISN sera aussi versée pour les autres cultures non assurées (hors prairies) des seuls exploitants ayant souscrit un contrat pour une partie de leurs autres cultures bénéficiant de la prise en charge mentionnée à l'article L 361-4 du Code rural. Dans ce deuxième cas, l'ISN reste versée par les services de l'État. Cette publication entre dans le cadre de la réforme de la gestion des risques climatiques qui prévoit la désignation par les agriculteurs concernés d’un assureur gestionnaire (interlocuteur agréé). Une plateforme en ligne des pouvoirs publics devrait être mise en place le 1er mars pour ce faire.
Bien-être animal: une coalition de 27 ONG pour peser sur les élections européennes
Comme lors de la dernière élection présidentielle, 27 associations de protection animale ont lancé leur plateforme «Engagement Animaux 2024» en vue des élections européennes de juin, ont-elles annoncé le 29 février dans un communiqué. Elles demandent aux candidats de s'engager dans le manifeste élaboré par l'association européenne Eurogroup for animals. Les réponses des candidats seront publiées sur le site web du collectif afin d'«informer les électeurs français sur leur positionnement». Globalement, «dans un contexte de crise agricole, les ONG d’Engagement Animaux 2024 proposent des mesures visant à sortir progressivement de l’élevage intensif». Sur les dix thématiques du manifeste (33 mesures en tout), quatre visent directement l'élevage. Les associations demandent de «relever le niveau de protection pour les animaux d'élevage». Elles veulent aussi «mettre fin à la souffrance des animaux lors de leur transport», alors que Bruxelles a présenté fin 2023 sa proposition sur le sujet. Leurs autres propositions: «adopter des normes plus strictes pour les produits d'origine animales importées» et «améliorer la production alimentaire pour notre santé, les animaux et notre planète».
«Simplification»: les fonctionnaires également demandeurs pour leurs logiciels
À l'occasion de la réunion d'un conseil social d'administration (CSA) du ministère de l'Agriculture le 22 février 2024, les fonctionnaires de la CFDT Spagri ont expliqué qu'ils étaient également preneurs d'une «simplification» administrative, demandant des «outils informatiques efficaces et rapides», rapporte le syndicat dans sa note de synthèse. «Les agents sont exaspérés par les bugs informatiques, par la lenteur d’Isis (logiciel dédié aux contrôles des aides surfaciques, NDLR) et de Resytal (gestion des données sanitaires, NDLR) pour ne citer qu’eux, alerte la CFDT. Si vous voulez que les agents soient efficaces et rapides, alors commencez par leur donner des outils informatiques efficaces et rapides.» La secrétaire générale du ministère aurait mis en avant les moyens humains déployés au service numérique (60 équivalent temps plein), avec pour objectif de «simplifier la tâche à la fois aux agriculteurs et aux services», rapporte le syndicat. En matière de simplification, la CFDT Spagri propose notamment «la mise à disposition des services d’une base de données unifiée pour enregistrer les pièces relatives aux agriculteurs et pour relier les procédures entre elles. Cette base de données permettrait de renseigner efficacement les agriculteurs et d’appliquer le principe "dites-le nous une fois"».
Vin: Raphaël Fattier nommé directeur de la Cnaoc (AOC)
Raphaël Fattier occupe les fonctions de directeur de la Cnaoc (Confédération des producteurs d’AOC viticoles), a-t-il annoncé le 28 février sur le réseau social LinkedIn. Il succède à Eric Tesson, parti en août au bout de six ans à ce poste et 18 huit ans au service juridique. Âgé de 31 ans, Raphaël Fattier a suivi un parcours professionnel essentiellement dans des OPA (La Coopération agricole, FRAOC Sud-Est, FDSEA, ODG IGP Val de Loire, Confédération des vignerons du Val de Loire). Son dernier poste est celui de délégué général de la Confédération des vignerons de Val de Loire.
Retrouvez votre agenda de la semaine agricole du 4 mars 2024
Mardi 5 mars
Conférence de presse de la Coopération Agricole Luzerne de France
Les députés de la mission sur l'application de la loi Descrozaille auditionnent la DGPE, la FCD et la DGCCRF
Les députés de la commission de la Défense auditionnent le ministre de l'Agriculture
Débat au Sénat sur les finances des départements
Mercredi 6 mars
Les députés de la mission sur l'application de la loi Descrozaille auditionnent des Drieets et l'enseigne Leclerc
Assemblée générale d'Eliance (génétique et conseil en élevage bovin), jusqu'à jeudi
Jeudi 7 mars
Commission du Commerce international du Parlement européen: vote sur les mesures commerciales autonomes pour l'Ukraine
Assemblée générale de la FNC (chasseurs)
Conférence de presse de Sodebo
Conférence de presse de France Stratégie sur l'objectif ZAN
Colloque sur les institutions à l’aune des animaux à l'université de Bâle, jusqu'au vendredi
Séminaire de Convergence Animaux Politiques sur la condition animale