Agrafil du 21 janvier 2026

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Taxes américaines : Trump menace Paris d’un droit de 200 % sur les vins et champagnes

Donald Trump poursuit son harcèlement commercial à l’égard de ses alliés européens réfractaires à ses plans en matière de politique étrangère. Après la promesse d’une surtaxe de 10% au 1er février pour huit pays européens, le président américain a, le 19 janvier, menacé la France de droits de douane supplémentaires de 200% sur ses vins et champagnes exportés aux Etats-Unis. Cette prise de position est la conséquence du refus du Président Emmanuel Macron de rejoindre son « Conseil de paix » pour Gaza. « Je vais mettre 200% de droits de douane sur ses vins et champagnes. Et il y adhérera. Mais il n’est pas obligé d’y adhérer », a-t-il ainsi déclaré à des journalistes en Floride. « Nous ne pouvons pas rester sans réaction » au niveau français, mais aussi européen, a affirmé, dès le 20 janvier sur le plateau de TF1, la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, face à « une menace inadmissible, d'une brutalité inouïe ». De son côté, la fédération des exportateurs de vins et spiritueux (FEVS) prend acte de la déclaration américaine et se tourne à présent vers Bruxelles. « Le sujet doit être traité au niveau européen, de manière unie et coordonnée, et porté d’une seule voix », indique-t-elle dans un communiqué du 20 janvier.

UE/Etats-Unis : Strasbourg suspend la validation de la baisse des tarifs douaniers

Les principaux groupes politiques du Parlement européen (droite, social-démocrate et centriste) ont annoncé, le 20 janvier, s'être mis d'accord afin de suspendre le processus de validation du texte mettant en musique l’accord UE/États-Unis obtenu en juillet 2025. Cette proposition de Bruxelles, publiée fin août, vise notamment à abaisser les droits de certains produits agricoles américains et ainsi faciliter leur accès au marché européen. Une réunion des rapporteurs de la commission du Commerce international (Cominta), en charge du dossier dans l’hémicycle strasbourgeois, prévue le 21 janvier, devrait l’officialiser. Par conséquent, le vote en Cominta sur ce texte, qui devait initialement se dérouler lors de la réunion des 26 et 27 janvier, n’aura pas lieu. «C’est l’instrument le plus puissant dont nous disposons pour contrer [les] menaces [de Donald Trump]», a indiqué le 20 janvier, l’Allemand Manfred Weber, président du PPE (droite), la principale force politique au Parlement européen. De son côté, la Française Valérie Hayer, la présidente du groupe centriste Renew, appelle également, comme son homologue sociale-démocrate Iratxe Garcia Perez (Espagne), à la mise en place de l’outil anti-coercition.

UE-Mercosur : les agriculteurs devant le Parlement européen pour protester contre l’accord

Quelques jours après la signature de l’accord commercial controversé entre l’UE et les pays du Mercosur, le 17 janvier au Paraguay, des agriculteurs français et européens ont manifesté, le 20 janvier, devant le bâtiment du Parlement européen à Strasbourg. Cette deuxième vague de protestation - après celle du 18 décembre à Bruxelles - se déroule à la veille d’un scrutin crucial dans l’hémicycle européen au sujet de la saisine de la Cour de justice de l’UE (CJUE). En cas de vote positif des eurodéputés, la CJUE étudiera la compatibilité de l’accord avec les traités européens. Une procédure qui pourrait prendre plusieurs mois et qui engendrerait le blocage du processus de ratification. Quoiqu’il arrive, les agriculteurs ne comptent «pas lâcher», a indiqué à l’AFP Hervé Lapie, secrétaire général de la FNSEA, le syndicat majoritaire à l’origine de la manifestation. Selon les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca), celle-ci a rassemblé près de 6000 agriculteurs provenant de 15 Etats membres (dont des Italiens, des Belges, des Irlandais ou encore des Polonais).

Négociations commerciales : Lactalis accuse la centrale Everest de déréférencements

Lactalis a accusé la centrale d'achat européenne Everest, regroupant Intermarché, Auchan et Casino de retirer certains de ses produits des rayons pour obtenir des baisses de tarifs, selon un courrier envoyé la veille par le PDG du groupe, Emmanuel Besnier, à la ministre de l'Agriculture Annie Genevard. Emmanuel Besnier y accuse les centrales d’achat de produits Everest et de services Epic (représentant les enseignes Intermarché, Auchan et Casino) de « négocier hors de France le lait produit, transformé et commercialisé sur le territoire français ». Face au refus de Lactalis de baisser ses prix, il affirme que Gianluigi Ferrari, PDG d'Everest, a décidé « unilatéralement » de déréférencer certains produits Lactalis dans les magasins Intermarché, Auchan et Casino, « faisant peser un risque immédiat sur l'équilibre économique de la filière ». Un porte-parole d'Intermarché a réagi en accusant Lactalis « d'instrumentaliser le prix de la matière première agricole pour éviter toute négociation sur les coûts industriels », c'est-à-dire l'électricité, le transport et les emballages « qui sont pour la plupart en baisse ». « Everest ne négocie en aucun cas la matière première agricole sur le lait français », a-t-il ajouté.

Négociations commerciales : Papin veut promouvoir les contrats tripartites pluriannuels

Auditionné par les sénateurs réunis en commission des affaires économiques le 20 janvier, le ministre du Commerce et des PME Serge Papin a donné son sentiment sur la manière d’améliorer les négociations commerciales en cours. Selon lui, il faudrait promouvoir, pour les marques nationales fabriquées par les PME, des contrats tripartites pluriannuels, comme cela se fait déjà pour les marques de distributeurs. « La pluriannualité sera la meilleure façon de sortir du rapport de forces entre distributeurs et fournisseurs », a-t-il indiqué. Il a rappelé les avancées obtenues par Egalim, notamment la construction du prix en marche avant et la sanctuarisation de la matière première agricole, des points sur lesquels il va se montrer « très attentif » pour les négociations 2026. Le ministre a mis en lumière les progrès obtenus quant au nombre de contrats signés par les PME à date, plus important que les années précédentes, grâce à la charte signée en décembre. Il a aussi rappelé que les centrales d’achat européennes seront bien contrôlées par la DGCCRF (fraudes), sans pouvoir s’exprimer sur la centrale Everest, dont les fournisseurs dénoncent les pratiques consistant, selon, à contourner la loi française.

Budget 2026: pas de crédit d'impot sur les haies et ni de hausse du crédit d'impôt bio

Dans la version du projet de loi de finances (PLF) pour 2026 adoptée en deuxième lecture à l'Assemblée grâce à l'article 49-3 de la Constitution, le gouvernement a apporté quelques de modifications à la version adoptée en première lecture par le Sénat. Pour rappel, les sénateurs avaient créé des crédits d’impôts Cuma et haies, rejeté celui sur la transmission, rehaussé le montant du crédit d’impôt bio, prolongé celui dédié à la HVE et haies, élargi la DEP aux aléas économiques, et rejeté la hausse de fiscalité des biocarburants. Selon un document obtenu par le média Contexte, le gouvernement a supprimé l'article instaurant un crédit d'impôt au titre de la gestion durable des haies, confirmant le vote des députés le 15 janvier. Il a aussi supprimé l'augmentation du plafond du crédit d'impôt pour la bio, qui était passé de 4 500 à 6 000 euros au Sénat. Enfin, le gouvernement a choisi de «supprimer la revalorisation du plafond de la taxe additionnelle à la taxe sur le foncier non bâti (TA-TFNB)» et de «rétablir en conséquence le plafond de cette taxe affectée aux chambres d’agriculture, à hauteur de 334,7 M€». Dans un courrier adressé aux parlementaires, le Premier ministre a indiqué que la version issue du 49-3 reprenait l'ensemble des annonces récentes du gouvernement.

Nutrition animale : Eurolysine prévoit de relancer Bruxelles contre les acides aminés chinois

Eurolysine s’apprête à solliciter la Commission européenne pour une enquête « anti-absorption » à l’encontre de la lysine importée de Chine, signale à Agra Presse Nicolas Martin, directeur du développement durable de la filiale du groupe Avril, unique industriel fermenteur européen, fabricant d’acides aminés pour l’alimentation animale. Le groupe considère en effet que les exportateurs chinois ont « absorbé » les taxes anti-dumping imposées par l’Union européenne depuis janvier 2025 (taxes définitives depuis juillet de 47% à 56% selon les entreprises), mettant à mal le marché européen. Une telle enquête dure 6 mois contre 14 mois pour une enquête anti-dumping, souligne le responsable. La valine et le tryptophane de Chine sont deux autres concurrents des acides aminés produits par Eurolysine. Si l’enquête européenne confirme le dumping sur la valine, des droits anti-dumping s’appliqueront et Eurolysine surveillera un éventuel phénomène d’absorption. Quant au tryptophane, l’industriel soupçonne fort un dumping et se réserve de réclamer ultérieurement une enquête. Pour l’heure, Nicolas Martin se dit satisfait du fait que l’UE demande de renforcer les contrôle qualitatifs du tryptophane de Chine.

Viande bovine : le Brésil prévoit des exports stables en 2026, mais réduits vers la Chine

Les exportations brésiliennes de viande bovine devraient rester stables en 2026, entre 3,3 et 3,5 Mt, selon les prévisions de l’ABIEC (exportateurs) relayées par Reuters le 19 janvier. En 2025, le Brésil a exporté 3,5 Mt de viande de bœuf, 2025), un record « tant en volume qu’en valeur » depuis le début de l’enregistrement de ces données, rappelle l’agence de presse. Le président de l’ABIEC, Roberto Perosa, s’attend toutefois à une baisse des expéditions vers la Chine, premier débouché avec près de la moitié des volumes. Pour protéger sa production domestique, l’empire du Milieu a instauré depuis le 1er janvier des droits de douane supplémentaires sur toutes les importations de viande bovine. D’après l’ABIEC, les volumes habituellement fléchés vers la Chine pourraient être redéployés vers d’autres marchés, actuels ou potentiels : Japon, Corée du Sud, Philippines, ou encore Indonésie. Les États-Unis, deuxième débouché du bœuf brésilien, sont aussi dans le viseur des exportateurs. Reuters ne cite pas l’Europe comme débouché potentiel en croissance pour 2026. L’accord commercial entre l’UE et les pays du Mercosur, signé le 17 janvier, prévoit un quota de 99 000 t de viande bovine, mais sa date d’entrée en vigueur est encore incertaine.

Viande : après une année 2025 compliquée, les Viandes Limousines veulent rebondir

Comme attendu, les Viandes Limousines Label rouge (bœuf, porc, veau et agneau) ont subi en 2025 une baisse quasi généralisée de la production et des volumes vendus, a indiqué Limousin Promotion (ODG) le 19 janvier en conférence de presse. Comme en 2024, l’agneau du Limousin et le veau du Limousin élevé sous la mère enregistrent les plus fortes chutes de volumes commercialisés, de respectivement 21,3 % et 20,5 % en un an (chiffres de décembre 2025). Ces productions « demandent beaucoup d’investissement sans pour autant être suffisamment valorisées ensuite », explique l’ODG dans un communiqué. De son côté, le bœuf Limousin recule de 9,3 %. Seul le porc du Limousin reste stable (+0,4 %), alors qu’il était en forte progression en 2024. Autre fait marquant : les Viandes Limousines perdent 400 éleveurs en un an (à 5 075) et autant de points de vente (à 1 175). La niveau élevé des prix à la production a bénéficié aux éleveurs, mais a ralenti la consommation. Pour rebondir en 2026, les Viandes Limousines misent sur la communication et sur « un accompagnement renforcé des distributeurs ». La filière compte notamment sur les bouchers, appelés à « faire preuve de pédagogie avec leurs clients pour leur expliquer pourquoi les prix de la viande augmentent » et à « adapter la vente au souhait du consommateur et à son budget ».

Tuberculose bovine : la France a connu 93 foyers en 2025, en légère hausse (GDS)

La France a comptabilisé 93 foyers de tuberculose bovine en élevage en 2025, a indiqué GDS France (groupements de défense sanitaire) le 16 janvier à Agra Presse. Bien qu’en hausse de 15 % par rapport à 2024 (81 foyers), ce chiffre reste dans la fourchette observée ces dernières années : depuis 2017, le nombre de foyers a évolué entre 81 et 123. Comme les années précédentes, la France devrait donc conserver son statut indemne, nécessaire pour exporter de la viande et des produits laitiers. Cette qualification est acquise en dessous d’une incidence de 0,1 % (nombre de foyers rapporté au nombre de détenteurs de bovins). Les chiffres officiels, comprenant la répartition géographique des foyers, n’ont pas encore été publiés ; le bilan 2024 avait été publié en avril 2025. Les principales zones touchées par la maladie n’ont pas connu de changement majeur : il s’agit toujours de la Nouvelle-Aquitaine (Pyrénées-Atlantiques, Dordogne, etc.) et de la Normandie (Orne, Calvados). Fin octobre 2025, deux foyers ont été confirmés en Haute-Vienne, selon la préfecture. Au niveau national, les derniers foyers de l’année étaient situés dans l’Orne. Ils ont provoqué un malaise sur le terrain, la lutte contre la tuberculose bovine impliquant souvent l’abattage total du cheptel (avec possibilité d’abattage sélectif).

Vin/boissons : redressement fiscal en vue pour le groupe Castel

Le groupe Castel est « dans le collimateur » du fisc français, selon le d.g. de sa branche vins, Alain Castel, qui évoque le 20 janvier dans Sud Ouest un « redressement » en cours pouvant atteindre le milliard d'euros. « Bercy a le Groupe Castel dans le collimateur. Il a mené une enquête sur plusieurs années », a déclaré au quotidien régional le neveu du fondateur milliardaire Pierre Castel (99 ans). Ce redressement « est "pré-lancé". Le chiffre d'un milliard d'euros est évoqué. C'est colossal mais, s'il le faut, on paiera. » Dans un récent courrier interne, consulté par l'AFP, le d.g. du géant de la bière et du vin, Grégory Clerc, évoquait « le lancement de plusieurs chantiers de régularisation fiscale et sociale » depuis 2024, dont un « dossier majeur » avec le fisc français « relatif à des périodes antérieures à (s)a prise de fonctions ». Nommé en octobre 2023, cet avocat fiscaliste helvète avait auparavant défendu Castel dans un litige contre le fisc genevois qui a condamné le milliardaire français, exilé en Suisse depuis 1981, à verser plus de 350 M€ pour avoir omis de déclarer une partie de sa fortune. Selon une source proche du dossier, le redressement à venir en France, révélé par Challenges, porte sur la déclaration d'emplois au Luxembourg. Le groupe bordelais traverse par ailleurs une crise de gouvernance.

Salon de l'agriculture : les pistes des organisateurs pour pallier l'absence des bovins

À l'occasion d'une conférence de presse le 20 janvier, les organisateurs du Salon de l'agriculture ont présenté de premières pistes pour pallier l'absence des bovins, qui occupent traditionnellement le hall numéro 1 du parc d'exposition de la porte de Versailles. Deux pistes sont d'ores et déjà explorées : « avoir le plus d'animaux possible » et accentuer la présence du « pastoralisme », a expliqué le président du Salon de l'agriculture, Jérôme Despey. Pour rappel, 2026 a été proclamée par les Nations unies « année internationale du pastoralisme et des pâturages ». « Les ovins, caprins, porcins vont être démultipliés, il y aura beaucoup de mouvement », promet l'agriculteur. Les organisateurs ont reçu 64 propositions de la part des participants au salon, et en étudient plusieurs autres à leur initiative. « Nous devons désormais donner du sens à tout cela », a expliqué Arnaud Lemoine, directeur du Ceneca, propriétaire de l'évènement. « Pour les éleveurs qui seront tout de même présents, nous nous devons d'attirer du monde, pour qu'ils puissent expliquer leur métier. Le hall 1 doit ne pas être une morne plaine. » Le programme devrait être finalisé d'ici début février, ont prévu les organisateurs.

Biodiversité : les propositions de la LPO pour les élections municipales

A huit semaines des élections municipales, la LPO demande aux candidats d’intégrer à leur programme 10 propositions pour la biodiversité, dans un communiqué daté du 15 janvier. « Partout où les élus font le choix de placer la biodiversité au cœur de leur projet, les bénéfices sont tangibles : attractivité renforcée, meilleure qualité de vie et territoires plus résilients face aux crises », affirme l’association naturaliste. Parmi les propositions, la LPO demande aux futurs maires d’inventorier la faune et la flore dans un « atlas de la biodiversité communale » ; de classer les boisements dans le PLU ; d’appliquer le principe de zéro artificialisation et nette (ZAN) et de « protéger les trames écologiques ». Elle demande également de limiter la consommation d’eau « en favorisant le stockage d’eau de pluie via des récupérateurs dans les espaces communaux ». Enfin, elle appelle à atteindre « au minimum » l’objectif de 20% de bio prescrit par Egalim dans les cantines scolaires. Par ailleurs, elle propose de « consacrer un espace vert de la commune pour « l’Ecole du dehors ». Cet appel de la LPO intervient le même jour que la publication d’un sondage de l’Ifop, pour le Réseau Action climat, qui démontre qu’une grande majorité des Français soutient la transition écologique et sociale. 

Coopératives: Ludivine Allardon, nouvelle directrice générale d'Agrosolutions (InVivo)

Dans un communiqué du 20 janvier, la société Agrosolutions, filiale expertise conseil du groupe Bioline, pôle agriculture de l’union de coopératives InVivo, a annoncé la nomination d’une nouvelle directrice générale, en la personne de Ludivine Allardon. « Cette nomination s’inscrit dans une phase de structuration et d’accélération d’Agrosolutions […] confrontés à des transformations climatiques, énergétiques et économiques majeures », justifie le communiqué. Ludivine Allardon avait rejoint Agrosolutions en 2017. Diplômée de Toulouse Business School, elle a auparavant occupé le poste de directrice des opérations de l’entreprise en 2023.