Agrafil du 22 octobre 2024

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Santé animale: les ministres de l'Agriculture favorables à la création de banques de vaccins

La plupart des ministres de l’Agriculture de l’UE, réunis le 21 octobre à Luxembourg, ont apportés leur soutien à la demande portée par la France et l’Espagne de réfléchir à une approche coordonnée au niveau de l’UE pour anticiper les besoins vaccinaux et améliorer la disponibilité des vaccins en santé animale (en matière de quantités et de délais). Face aux épizooties d’ampleur qui se multiplient ces derniers mois (FCO, PPA, MHE…), la France et l’Espagne estiment que «la disponibilité de volumes suffisants de vaccins sûrs et efficaces constitue un enjeu crucial pour lutter contre la diffusion de ces maladies, limiter leurs impacts et assurer la sécurité des échanges d’animaux vivants». Les deux pays suggèrent de constituer des banques d’antigènes ou de vaccins pour garantir réactivité et disponibilité à l’échelle de l’UE. Une démarche réclamée par les professionnels et annoncée début octobre par la ministre française, qui réclame «une stratégie européenne pour mieux anticiper, en matière de recherche, en matière de prévention, en matière de stockage des vaccins». Quatorze États membres de l’UE sont touchés par le sérotype 3 de la FCO (fièvre catarrhale ovine) et quatre par la MHE (maladie hémorragique épizootique). Sans oublier les autres maladies: influenza aviaire, peste porcine africaine, peste des petits ruminants, etc.

Aléas climatiques: Bruxelles autorise des aides du développement rural jusqu'à 42 000 €

La Commission européenne a présenté, le 21 octobre, une proposition d’amendement de la Pac qui permettra aux États membres de débloquer, dans le cadre des programmes de développement rural, une aide d'urgence pouvant atteindre 42 000 € pour les agriculteurs, sylviculteurs et PME agroalimentaires touchés par des catastrophes naturelles survenues à partir du 1er janvier 2024. Une proposition qui s’inscrit dans un vaste plan de soutien aux pays d'Europe centrale touchés récemment par des inondations. Cette aide forfaitaire pourra être cofinancée jusqu’à 100% par le fonds de développement rural. De plus, le texte introduit un certain nombre de flexibilités pour simplifier l’octroi de ces aides visant à rétablir le potentiel de production des exploitations agricoles. Le commissaire européen à l’Agriculture Janusz Wojciechowski a appelé les ministres de l’Agriculture, réunis le jour-même à Luxembourg, à adopter rapidement cette proposition «afin que les bénéficiaires concernés obtiennent une aide d'urgence dès que possible». Il a également indiqué que la Commission européenne était en train d’évaluer les sommes qui pourraient aussi être accordées, dans le cadre de la réserve agricole, à la Pologne, la Hongrie et la Roumanie pour aider les exploitations affectées par les récentes inondations.

Consommation: les premiers logos Origin’Info visibles cette fin d’année (ministre)

Interrogée au Sial le 21 octobre par les journalistes, la secrétaire d’État en charge de la Consommation Laurence Garnier s’est félicitée de l’apparition attendue des premiers logos «Origin’Info» sur des produits alimentaires en rayon à partir de novembre, tout en doutant que 10 000 références apparaissent d’ici à la fin de l’année, comme cela était espéré au printemps. Les marques concernées: Le Gaulois (LDC) dès début novembre, Biocoop début décembre et «d’autres dans les semaines et mois à venir». «L’important c’est d’avancer», a-t-elle commenté, précisant que le consommateur verra l’information des ingrédients principaux sur l’emballage ou y aura accès par un QR code. La secrétaire d’État a exprimé sa confiance dans l’engagement de 120 marques et enseignes de distribution, en rappelant que «ce dispositif est porté par les industriels eux-mêmes» et que l’affichage est volontaire. En mai, le ministère de l'Économie avait dévoilé la charte et le logo «Origin’Info», qui indique l’origine des trois principaux ingrédients d’un produit. Bercy informait à l'époque que cette démarche avait vu le jour après une phase de consultation ayant réuni les différents acteurs du secteur agroalimentaire durant deux mois.

Irrigation: à Poitiers, la justice rejette des recours contre la limitation des prélèvements

Le tribunal administratif de Poitiers a rejeté le 21 octobre plusieurs recours d'agriculteurs irrigants qui espéraient obtenir l'annulation de jugements limitant les prélèvements d'eau et la tenue de nouvelles audiences, rapporte l'AFP. Le 9 juillet, le même tribunal avait réduit d'un quart, à titre provisoire mais avec exécution immédiate, les prélèvements d'eau autorisés par l'État en 2021 pour l'irrigation agricole dans le Marais poitevin, en jugeant «excessifs» les volumes accordés alors pour une durée de cinq ans. Les plus de 800 requérants (agriculteurs, coopératives, négoces, entreprises, syndicats intercommunaux) estimaient qu'ils auraient dû être présents aux audiences pour faire entendre leur voix et ont à ce titre engagé des recours en tierce opposition. Le tribunal administratif de Poitiers précise dans un communiqué avoir jugé ces requêtes irrecevables, car l'Établissement public du marais poitevin (EPMP), organisme unique de gestion local, «avait représenté les intérêts des irrigants dans cette procédure». Le mois dernier, le tribunal administratif de Pau avait rejeté un recours similaire d'agriculteurs du bassin de l'Adour, dans le sud de la Nouvelle-Aquitaine, pour le même motif.

Bio: un collectif menace d'attaquer l’État en justice sur Egalim dans les cantines

L’association Bio Consom’acteurs annonce son «intention d’attaquer l’État en justice» pour faire appliquer le seuil minimum de 20% de produits bio dans les cantines prévu par la loi Egalim, dans un manifeste le 20 octobre. Diffusé à l’issue des Journées d’automne de la bio, qui se sont tenues dans le Morbihan (Bretagne), cet «Appel de Lorient» a d’ores et déjà été signé par une cinquantaine d’organisations et de personnalités, dont la Fnab (producteurs bio), Commerce équitable France, France Nature environnement, l’Unaf (apiculteurs) et Biocoop France. Une dizaine d'élus de gauche ont aussi rejoint l’appel, comme la présidente de la Coméco à l’Assemblée Aurélie Trouvé (LFI), ainsi que plusieurs parlementaires écologistes (Benoît Biteau, Marie Pochon, etc.). Les signataires proposent un éventail de mesures d’ordre politique, réglementaire, social et éducatif pour donner une place prépondérante à la bio. Ils demandent notamment de «pérenniser et augmenter le crédit d’impôt» pour la bio et de «généraliser les paiements pour services environnementaux (PSE)». Ils réclament d’«obliger» à la transparence sur la répartition de la valeur et des marges dans la filière. De même, ils souhaitent «obliger» la contractualisation sur la base de «coûts de production réels, par filière et par zone géographique». Ils veulent enfin imposer aux distributeurs «un pourcentage minimum de linéaires ou de référencement des produits bio-locaux et équitables».

Bovins: «rebond conjoncturel» des abattages en septembre (Idele)

Sous l’effet notamment des «nombreuses réformes laitières de l’automne», les abattages de bovins ont connu un «rebond conjoncturel» au mois de septembre, constate l’Idele dans son bulletin Tendances publié le 21 octobre. Sur les semaines 36 à 41 (du 2 septembre au 13 octobre), les abattages de gros bovins ont augmenté de 5% par rapport à la même période en 2023. Première explication: un «report des réformes [de vaches laitières] de l’été sur l’automne», dû à la forte production herbagère et à un prix du lait «incitatif». Second facteur de hausse, des sorties de jeunes bovins (JB) «dynamiques» (+11% en type viande, +4% en type lait) pour répondre notamment au marché européen «en demande de viande de JB», selon l’Idele. Un phénomène qui s’ajoute à la «relocalisation de l’engraissement [des JB] en France», en cours depuis plusieurs mois. En revanche, les abattages de vaches allaitantes sont «quasiment stables» (+1% sur la période). Par ailleurs, depuis le début de l’année, les exportations totales de viande bovine (réfrigérée, congelée, transformée) progressent de 7% par rapport à 2023, «année d’exports faibles». Les importations, elles, sont en léger recul (-1% sur un an). Au sein des fournisseurs de l’Hexagone, la Pologne a fait une percée cet été «notamment pour servir la RHD durant cette période touristique» (+51% sur un an en août).

Lait: la collecte progresse cet été, pas encore d’effet visible de la FCO

La collecte laitière a progressé de 0,8% en août 2024 par rapport à août 2023, selon la dernière publication Tendances de l’Institut de l’élevage (Idele), parue le 21 octobre. «Après une nette augmentation en juin et juillet», la collecte a été «légèrement freinée par les fortes chaleurs du début du mois», indique la publication. En septembre, elle aurait progressé de 3,3% sur un an, d’après les enquêtes hebdomadaires de FranceAgriMer. Sur neuf mois, la hausse est de 1,2% par rapport à 2023. L’avancée de la fièvre catarrhale ovine (FCO) dans les élevages n’a, semble-t-il, pas eu d’effet perceptible sur la collecte estivale à l'échelle nationale, contrairement à ce que craignaient certains transformateurs. Néanmoins, dans la région nord-est, la première touchée par la maladie, «la collecte de septembre aurait été affectée», souligne l'Idele. La situation est «à suivre dans les prochains mois», note l’institut. Il estime cependant que la hausse de la collecte «devrait se poursuivre sur la fin de l’année» par rapport à 2023. En effet, le dernier trimestre de l'année dernière avait été «marqué par de sévères intempéries». Le rebond de la collecte en 2024 a été favorisé par «la très bonne qualité des maïs récoltés en 2023 conjuguée avec d’excellentes conditions de pâturage cet été», ainsi qu’une forte progression des achats d’aliments.

Porc: Danish Crown recherche 67 M€ d’économies en se recentrant

Le nouveau directeur général de Danish Crown a annoncé, dans un communiqué publié le 11 octobre, le recentrage du géant danois du porc sur son «cœur de métier», impliquant la suppression d’environ 500 postes, afin de contribuer à redresser les finances. Arrivé au 1er septembre à la tête du groupe coopératif, Niels Duedahl vise environ 500 millions de couronnes danoises d'économies (soit 67 M€) afin de s’ajuster aux revenus affaiblis par la réduction des abattages et la perte de compétitivité. Les départs, au Danemark et à l’étranger, se négocieront au sein d’un effectif global d’environ 25 000 salariés. Le rapport financier du premier semestre de l’exercice 2023-2024 de Danish Crown signale les activités malmenées: en Suède, en Pologne, ainsi que la transformation et la vente de boyaux de porcs de la filiale Dat-Schaub. L’abattage au Danemark souffre particulièrement, du fait d’une baisse de la production de porcs (-23% en deux ans, selon ce rapport), ce qui a conduit le groupe à fermer un abattoir en septembre – il ne compte plus que 17 sites dans le pays. En 2021, Danish Crown avait renoncé à la croissance de l’abattage au profit de la transformation.

Transport: en Alsace, les élus locaux adoptent une taxe poids lourds contestée

Les élus de la Collectivité européenne d'Alsace (CEA) ont approuvé le 21 octobre à l'unanimité le principe d'une taxe poids lourds visant à diminuer le trafic de transit et la pollution, mais qui hérisse les acteurs économiques régionaux. La CEA – née en 2021 de la fusion des conseils départementaux du Bas-Rhin et du Haut-Rhin, et qui a récupéré à cette occasion la gestion des routes – souhaite imposer à partir de 2027 une taxe, baptisée «R-Pass». D'un montant de 0,15 €/km, elle s'appliquera aux camions de plus de 3,5 t circulant sur l'axe nord-sud (A35 et A36) et sur deux autres routes reliant cet axe à l'Allemagne. De l'autre côté du Rhin, les autorités allemandes ont mis en place dès 2005 une taxe, portée à 0,34 €/km en 2024, une hausse qui a provoqué une augmentation de trafic «de près de 20% les six premiers mois» et de «30%» en août et septembre sur le réseau autoroutier nord-sud alsacien, selon le président de la CEA, Frédéric Bierry. «Notre territoire devient un aspirateur à camions, un réceptacle de tout le transit international», a poursuivi l'élu divers droite en session plénière. Le matin du vote, de 100 à 150 personnes ont manifesté devant la CEA à Colmar, tandis qu'une centaine de manifestants – dont de nombreux agriculteurs – ont déversé des pneus devant les locaux de la CEA à Strasbourg.

Pistaches: la filière française lance une marque nationale, première étape vers l'IGP

À l'occasion du salon Med'Agri mi-octobre, l'association France Pistache (producteurs) et le syndicat Pistache en Provence (promotion) ont annoncé le lancement d'une marque nationale intitulée Pistaches de France, en vue d'obtenir à plus long terme une indication géographique protégée (IGP). Pour être autorisé à utiliser la marque, un agriculteur doit être adhérent au syndicat France Pistache et produire des pistaches sur le sol français; un transformateur doit aussi être adhérent et utiliser 100% de pistaches de la marque pour le produit portant l'allégation. Tout jeune (voir notre enquête), le verger de pistachiers français couvre actuellement 450 ha, dont 280 ha dont la région Sud. Seule une petite partie est déjà productive, avec «quelques dizaines de kg récoltés en 2023», puis «800 kg brut» en 2024, rapportent les deux structures. Pistache en Provence compte 110 membres actifs et France Pistache 102, dont plus de deux tiers dans la région Sud (pour les deux organisations). La première filière s'est développée dans le Vaucluse. Plus récemment, une association s'est montée en Pyrénées-Orientales, qui a procédé à l'achat groupé de 1700 pistachiers.

E-commerce: le spécialiste des agroéquipements Farmitoo en cessation d’activité

La start-up française de e-commerce Farmitoo, spécialiste des agroéquipements, a indiqué le 21 octobre être en cessation d’activité. «Après sept belles années de développement et de croissance (…), nous annonçons que Farmitoo a cessé son activité», a déclaré la cofondatrice Mathilde Lefrançois sur LinkedIn. Sa mise en liquidation judiciaire avait été prononcée le 22 août par le tribunal de commerce de Paris. «Le contexte des start-up a beaucoup évolué ces dernières années, nous poussant à adapter notre stratégie pour atteindre rapidement la rentabilité tout en préservant autant que possible notre trésorerie, explique la codirigeante. Nous avons également fait face à une forte concurrence en ligne et à une dépendance accrue à la communication payante.» Farmitoo proposait la vente en ligne d’équipements agricoles à destination des agriculteurs (petites machines, pièces, matériels, équipements de sécurité...). L’entreprise avait réalisé quatre levées de fonds, dont une de 10 M€ à l’été 2021. Elle affichait un chiffre d’affaires de 13 M€, réalisé dans sept pays, avec une équipe de plus de 90 collaborateurs.

Précarité alimentaire: les Restos du coeur ont comblé leur déficit, mais durci les règles

L'appel à l'aide lancé il y a un an par des Restos du cœur submergés par la demande a porté ses fruits et permis à l'association de soutenir quelque 1,3 million de personnes, mais la prudence reste de mise pour la prochaine campagne. «D'un déficit prévisionnel que l'on avait estimé à 35 M€ pour l'association nationale, nous sommes sur un atterrissage réel d'un excédent de 22 M€» pour la campagne 2023-2024, a indiqué à l'AFP Patrice Douret, président de l'association fondée en 1985 par Coluche. Cette année, pour la première fois en presque 40 ans d'histoire, les Restos ont dû modifier le niveau de revenu qui donne droit à l'aide alimentaire, refusant ainsi 110 000 personnes. Ils ont néanmoins encore accueilli 1,3 million de bénéficiaires, soit autant que la campagne précédente, selon leur dirigeant. Cela représente 163 millions de repas distribués pour cette campagne 2023-2024, le deuxième plus gros chiffre réalisé après les 171 millions de la campagne précédente. Si les Restos ont finalement retrouvé un peu d'air financièrement, c'est d'abord «le fruit de la générosité» des Français, qui ont répondu présent à l'appel exceptionnel aux dons lancé en septembre 2023, en contribuant à hauteur de 32 M€, souligne le trésorier Jean-Michel Richard. L'État avait également abondé sa participation de 8 M€ et la famille de Bernard Arnault avait donné 10 M€.