Etats-Unis : la Cour suprême une partie droits de douane, Trump persiste
Dans une décision rendue le 20 février, la Cour suprême des Etats-Unis a infligé un sérieux revers au président américain, Donald Trump, en ce qui concerne sa politique agressive de surtaxes tarifaires. A une majorité de six juges contre trois, la Cour a estimé que le locataire de la Maison Blanche avait outrepassé ses pouvoirs en imposant des droits de douane sur de nombreux produits entrant aux Etats-Unis. Pour mettre en œuvre sa politique, Trump s’est appuyé sur un texte de 1977 autorisant théoriquement l'exécutif à agir dans le domaine économique sans aval préalable du Congrès dès lors qu'une « urgence économique » était identifiée. Mais cette loi « n'autorise pas le président à imposer des droits de douane », a insisté le juge John Roberts, président de la Cour suprême. La réaction de Donald Trump n' pas tardé ; le président des Etats-Unis a signé le jour même un décret, entrant en vigueur le 24 février pour une durée de 150 jours, imposant un droit de douane «mondial» de 10%, qu’il a annoncé faire passer à 15% lors d’une nouvelle intervention le lendemain. De rares exceptions concernent des produits pharmaceutiques et des importations couvertes par l’accord États-Unis-Mexique-Canada.
États-Unis/Indonésie : accord conclu facilitant les exportations agricoles US
Le président américain Donald Trump et son homologue indonésien, Prabowo Subianto, ont bouclé, le 19 février, les négociations en vue d'un accord commercial réciproque. Dans le détail, la Maison Blanche précise que Jakarta va supprimer les barrières tarifaires sur plus de 99 % des produits américains exportés vers l'Indonésie dans tous les secteurs, y compris les produits agricoles. Selon l’administration américaine, les produits agroalimentaires américains vont être exemptés de tous les régimes de licences d'importation. En outre, l’Indonésie ne devra pas restreindre l'accès au marché américain en raison de la simple utilisation des termes individuels désignant le fromage et la viande. Elle s’engage aussi à importer des produits agricoles américains pour un montant supérieur à 4,5 Md$. Cela inclut 163 000 t de coton, 3,5 Mt de soja, 3,8 Mt de tourteaux de soja et 2 Mt de blé, le tout sur une période de cinq ans. Des contingents annuels sont également prévus pour favoriser les importations de produits agricoles américains, notamment pour le bœuf, le riz, le maïs, le soja, la farine de soja, le blé, l'éthanol, les fruits frais (p. ex. les pommes, les agrumes, les raisins), le coton et la farine de gluten de maïs.
Pac : des Etats membres demandent le transfert de certains articles vers la Pac et l’OCM
Dix-sept Etats membres de l'UE (dont la France), souhaitent, dans un document du 19 février, transférer certaines dispositions actuellement contenues dans le projet de règlement sur les plans de partenariat nationaux et régionaux (PPNR) vers les règlements Pac et OCM. Dans le détail, cette requête concerne notamment les définitions spécifiques (article 4), les types d’intervention (l’article 35) ainsi que des éléments des articles 59 (dossier annuel « assurance »), 62 (système de contrôle pour la gestion d'une exploitation agricole) 70 (système intégré de gestion et de contrôle). Selon ces Etats membres, ces modifications doivent permettre de « clarifier les textes » et « d’améliorer la lisibilité des dispositions applicables aux bénéficiaires de la Pac ». Ils estiment donc être « dans une démarche de simplification » et « d’élimination des doublons ». « Cette demande n’a aucun impact budgétaire et n’affecte pas le fonctionnement de l’instrument financier soutenu par le règlement PPNR », concluent-ils. Ce sujet sera débattu, le 23 février à Bruxelles, en point divers lors de la réunion des ministres de l’Agriculture de l'UE.
Pac post-2027: Macron défendra le maintien du budget français
A l'occasion de sa rencontre avec la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs au Salon de l'agriculture, le 21 février, le président de la République, Emmanuel Macron a annoncé qu'il défendra, dans le cadre des négociation du cadre financier pluriannuel de l'Europe (CFP) et du budget de la prochaine Pac, un maintien de l'enveloppe allouée à la France, ont indiqué les professionnels et l'Elysée. «Nous avons obtenu une amélioration substantielle de la copie l'année dernière, et nous voulons pouvoir dire aussi que les revenus pour nos exploitants agricoles seront garantis dans la prochaine Pac. Et c'est à la fois dans la discussion européenne et dans le budget français, a avait déclaré le président, lors de l'inauguration plus tôt dans la matinée ». En l'état des discussions, et malgré la récente rallonge proposée par la Commission européenne, l'enveloppe Pac de la France est annoncée en baisse de 13%. «Il faut à la fois garantir le revenu mais se battre aussi pour obtenir les montants pour moderniser nos exploitations agricole et notre industrie agroalimentaire», a poursuivi le Président. Lors de la visite d'une ferme il y a quelques semaines, Emmanuel Macron s'était dit favorable à des «objectifs de production européens». L'Elysée précise que leur déclinaison technique est encore ouverte. Cela pourrait mobiliser les programmes opérationnels (PO) pour certaines filières, ou le fonds pour la compétitivité en ce qui concerne les engrais.
Salon de l'agriculture: la CR rencontre finalement Macron, et fixe un nouveau rendez-vous
Emmanuel Macron a inauguré le 21 février le Salon de l’agriculture à Paris, sans vaches pour la photo officielle, avant de rencontrer la FNSEA, les Jeunes Agriculteurs et même les contestataires de la Coordination rurale (CR), qui avaient pourtant d’abord refusé l’invitation. Avant de couper le ruban, le chef de l’Etat a dit vouloir rencontrer les syndicats «qui le souhaitent», appelant à l’unité face aux crises qui secouent le monde agricole. La Confédération paysanne, qui a tout de même son stand au salon, a réitéré son boycott de toutes les rencontres présidentielles, dénonçant une «cogestion insupportable» entre le gouvernement et l’alliance FNSEA-JA. Mais la CR a ouvert la porte à une rencontre commune avec «tous les syndicats» même si elle refuse de «s’afficher» avec Emmanuel Macron sur un «salon de la souffrance» agricole. L’Elysée a finalement annoncé en milieu de matinée une rencontre entre le président de la CR Bertrand Venteau et Emmanuel Macron, sans les autres syndicats et avec José Pérez, président de la Coordination rurale du Lot-et-Garonne, fief historique du syndicat dans le Sud-Ouest particulièrement adepte des actions coup de poing. «Il nous a promis une énième réunion à l’Élysée avec les autres syndicats et les filières. Mais, ça fait deux ans qu’on porte les mêmes choses, il a juste à les mettre en application», a déploré Bertrand Venteau à la sortie du rendez-vous. Cette réunion a été confirmée par l’Elysée, où elle doit se tenir, mais sans date précise.
Conférences souveraineté : Genevard présentera les résultats nationaux mardi 24 février
La ministre de l’Agriculture présentera « les premières conclusions » des Conférences de la souveraineté alimentaire mardi 24 février au Salon de l’agriculture, a-t-elle annoncé sur France Inter le 20 février. Il s’agira des orientations au niveau national, issues des travaux des groupes sectoriels ; elles seront ensuite déclinées au niveau régional lors d’une seconde phase qui sera chapeautée par les chambres d’agriculture. Sur l’antenne de la radio publique, Annie Genevard a promis « une feuille de route à dix ans pour reconquérir méthodiquement toutes les parts de production que nous avons perdues ». Lancées en décembre 2025 et instaurées par la loi d’orientation agricole, les Conférences de la souveraineté reposent sur des objectifs de production à dix ans, filière par filière. Le 30 janvier, la ministre avait indiqué que l’exercice s’appuierait, au niveau local, sur les « contrats d’avenir » proposés par les Jeunes agriculteurs. Quelques jours plus tard, le syndicat demandait que ce sujet fasse l’objet d’un article dédié dans la loi d'urgence agricole, afin de pousser les fabricants et les distributeurs à s'y investir. « Nous voulons des milliers de contrats d'ici la fin de l'année », plaidait son président Pierrick Horel.
Relations commerciales: Travert veut renforcer les indicateurs de coûts industriels
Dans le cadre de sa proposition de loi (PPL) visant à prolonger une disposition d'Egalim 3, le député EPR (macroniste) Stéphane Travert a indiqué à Agra presse le 21 février qu'il souhaitait intégrer par voie d'amendement un renforcement des indicateurs de production de l'industrie. Dans la filière laitière, les opérateurs ne parviennent plus à s'entendre depuis cinq ans sur l'indicateur beurre-poudre. Autre ajout à l'étude : la proposition de la Cnaoc (vin AOC) de créer des tunnels de prix pour les producteurs. Le député normand estime que le texte pourrait difficilement intégrer sa proposition de loi dont le périmètre se limite à l'aval de la filière ; il réfléchit à proposer un amendement dans la future loi d'urgence agricole, en fonction de son futur périmètre. Comme annoncé en juillet, l'ancien ministre de l'Agriculture a déposé, le 16 septembre, une PPL visant à prolonger de trois ans une expérimentation lancée en 2023 par la loi Descrozaille (Egalim 3). Cette disposition prévoit que, en l’absence de contrat renouvelé au plus tard le 1er mars – ou dans les deux mois suivant le début de la commercialisation pour certains produits –, les relations commerciales doivent être suspendues.
Engrais : l’Unifa devient France Fertilisants pour « porter une parole unifiée »
Le 19 février, l’Unifa a annoncé son changement de nom : les fabricants d’engrais et d’amendements communiqueront désormais sous la bannière France Fertilisants. L’entité intègre également la voix de l’ANPEA (en charge des travaux de normalisation) et de Soveaa, l’éco-organisme chargé de la collecte et du recyclage des emballages. Cette réorganisation vise « à renforcer la lisibilité, la cohérence et la capacité collective de la filière », pour « devenir un acteur de référence et porter une parole unifiée auprès des pouvoirs publics ». France Fertilisants rassemble 32 entreprises et près de 80 sites industriels et logistiques. La campagne 2024-2025 s’achève sur 9,96 Mt d’engrais minéraux et amendements livrées, soit un recul de 1,6 % en un an, avec des nuances selon les produits : +3,8 % pour les engrais minéraux et organo-minéraux et -15 % pour les amendements minéraux basiques. Le repli global est dû aux conditions climatiques et à des arbitrages économiques dans un contexte de marges sous tension. Mais la tendance est là : en 30 ans, les livraisons de fertilisants minéraux ont diminué de 38 % dans l’Hexagone. France Fertilisants a insisté sur la nécessité de préserver la capacité industrielle sur le territoire, essentielle à la souveraineté alimentaire. Sans oublier de souligner « l’instabilité réglementaire préoccupante », évoquant la possible remise en cause du MACF. (Anne Gilet)
Agence bio : absente du Sia, la structure est « au bord de l’explosion » (presse)
L’Agence bio est « au bord de l’explosion », écrit le 20 févier Mediapart (article payant). Privée de moyens financiers, elle n’a pas de stand au Sia. Et sa directrice Laure Verdeau, annoncée partante depuis des mois, est en procédure de licenciement, indiquent nos confrères. En janvier 2026, le projet d’éclater les missions de l’Agence bio a été rappelé par le Premier ministre Sébastien Lecornu à Annie Genevard comme l’un de ses objectifs dans la feuille de route sur la simplification de l’action publique, poursuit Mediapart. Martin Gutton, directeur général de FranceAgriMer, ne semble pourtant pas encore prêt à reprendre les missions de l’Agence bio. « Le Premier ministre a évoqué un certain nombre de chantiers sur lesquels il attendait un retour, et un rapprochement possible de l’Agence bio avec FranceAgriMer ainsi qu’avec l’Inao, dit à nos confrères le patron de l’établissement national. Ce qu’il a demandé, pour l’instant, c’est de réfléchir avec les opérateurs. » « Les acteurs du bio sont attachés à avoir un lieu où ils se retrouvent. Ils sont chez eux quand ils se retrouvent à l’Agence bio », fait encore remarquer le d.g. de FranceAgriMer.
Foncier/loi d’urgence : la chambre bretonne veut des mesures pour les fermes du littoral
D’après le président de la chambre d’agriculture de Bretagne, Laurent Kerlir, la loi d’urgence agricole (LUA) devrait permettre de faire évoluer certaines exploitations proches de la mer malgré les interdictions instaurées par la loi littoral. Interrogé par Agra presse, le cabinet de la ministre de l'Agriculture n'a pas confirmé cette information. Actuellement, les exploitations agricoles situées dans ces zones « ne peuvent évoluer qu’à la marge », explique l‘élu à Agra Presse, en marge d’une conférence de presse le 20 février. Selon cet agriculteur du Morbihan, LUA pourrait instaurer « une commission composée d’élus des collectivités, de professionnels, des chambres et de l’administration ». Sur le modèle des CDPenaf, cette instance déciderait, au cas par cas, « si on peut déroger à la marge » aux règles d’urbanisme découlant de la loi littoral. Selon M. Kerlir, le texte pourrait prévoir cette disposition dans les seules communes insulaires. Les chambres souhaitent l’étendre aux « espaces proches du rivage ». Et de rappeler qu’il s’agit d’une demande de longue date de la profession. Annoncée à la mi-janvier après le mouvement de colère agricole de l’hiver 2025-2026, la LUA doit être présentée en Conseil des ministres courant mars. Lors de l’annonce, le Premier ministre avait indiqué que son périmètre serait resserré sur trois thèmes : eau, prédation et moyens de production.
Bovins/DNC : la quasi-totalité des zones réglementées sont levées (ministre)
La ministre de l'Agriculture Annie Genevard a annoncé vendredi 20 février la levée de la quasi-totalité des zones réglementées en France, ce qui va permettre une circulation plus large des animaux alors qu'aucun cas de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) n'a été détecté depuis le 2 janvier. « Le temps et le protocole choisi nous a donné raison, puisque depuis le 2 janvier, nous n'avons plus aucun cas de dermatose nodulaire contagieuse, et que, aujourd'hui même (…), nous levons toutes les zones réglementées, à l'exception d'un tout petit morceau des Pyrénées-Orientales, qui dépend d'un cas en Espagne », a déclaré la ministre sur France Inter. Une vaste zone du Sud-Ouest (1 500 communes dans sept départements), qui était en zone réglementée passe donc en zone vaccinale, avec la levée des principales restrictions sur les mouvements d'animaux. Toutefois, les exportations restent soumises à des déclarations et un accord bilatéral entre pays. À ce jour, plus de 3 500 bovins ont été abattus sur un cheptel de près de 16 millions de têtes. Depuis l'apparition de la maladie en France en juin, près de deux millions de bêtes ont été vaccinées. La vaccination sera reconduite en 2026 dans les zones déjà vaccinées en 2025.
Bovins/DNC : de lourds impacts pour cinq marchés aux bestiaux (professionnels)
Cinq marchés aux bestiaux souffrent lourdement des conséquences de la lutte contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), selon un décompte de la Fédération des marchés de bétail vif (FMBV) transmis le 13 février à Agra Presse. Plusieurs emplois sont menacés, ainsi que la pérennité du foirail de la Chambière, à Bourg-en-Bresse (Ain). Ce marché a essuyé « une perte de résultat estimée à plus de 250 000 € » en 2025, selon une question écrite du député Xavier Breton (LR). Des difficultés qui ont entraîné « le recours au dispositif d'activité partielle et la résiliation des six contrats d'intérim », puis le « départ volontaire ou négocié de cinq des salariés permanents » (40 % de l’effectif). Inclus dans une zone réglementée le 14 octobre 2025, le foirail de la Chambière a été fermé pendant 45 jours. Mais son activité était déjà affectée avant la mise en place de cette zone, certains éleveurs ne pouvant amener leurs animaux. Le foirail a continué de souffrir après la levée de la zone réglementée (devenue une zone vaccinale le 2 décembre), notamment en raison de la décote commerciale des animaux vaccinés, qui a réduit son attractivité. Par ailleurs, après la levée, il n’était pas possible d’avoir des animaux de zone indemne et de zone vaccinée dans le centre de rassemblement. À l’instar de la FFCB (négociants), la FMBV demande de pouvoir conserver des animaux pendant 48 h sans obligation de vaccination.
Bovins/DNC : les négociants se mobilisent pour obtenir une « réglementation pragmatique »
Dans une lettre ouverte à la ministre de l’Agriculture datée du 19 février, la FFCB (négociants en bestiaux) annonce que ses adhérents ont engagé des « actions collectives », avec l’aval de leur fédération, dès le vendredi 20 afin d’obtenir une « réglementation pragmatique » sur la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Les négociants dénoncent des règles qui « désorganisent, renchérissent les coûts, créent de la perte de valeur pour les acteurs et alimentent l’incompréhension générale ». Selon eux, Annie Genevard a adressé le 10 février « une fin de non-recevoir » à leurs demandes. La ministre a aussi refusé leur demande d’accompagnement de « certains opérateurs », alors que l’enveloppe souhaitée « représente une part marginale des soutiens déjà engagés pour les éleveurs ». « Nous avons été reçus. Nous avons été écoutés... mais nous n’avons pas été entendus », déplorent les élus de la FFCB. Après « des mois » de dialogue avec les pouvoirs publics, « notre patience est à bout », lancent ils. La fédération demande notamment de pouvoir mélanger les bovins vaccinés et non vaccinés (en centres de rassemblement, dans des transports groupés). La FFCB pointe aussi « la lourdeur administrative » du laisser-passer sanitaire, ainsi que les règles appliquées dans la zone vaccinale élargie (ZV 1), qui ne comporte aucun foyer.
Lait : la FNPL privilégie le Cniel pour imposer l’étiquetage de l’origine France
La FNPL (éleveurs, FNSEA) privilégie la voie interprofessionnelle pour aboutir à un étiquetage des produits laitiers d’origine française. A l’occasion d’un point presse tenu le 21 févier sur le Salon de l’agriculture, son président Yohann Barbe a indiqué vouloir aboutir à l’adoption d’un logo indiquant « lait collecté et transformé en France » sur les produits laitiers, comme cela existe pour le lait liquide (« lait collecté et conditionné en France »). Il privilégie aujourd’hui la négociation au sein du Cniel (interprofession), où le collège des transformateurs n’y est pas favorable, même s’il ne perd pas espoir de le convaincre. Une situation qu’il déplore, alors que les coopératives seraient prêtes à s’engager et que les distributeurs y seraient favorables. Selon lui, une démarche interprofessionnelle aurait bien plus de poids. Un tel logo permettrait aussi d’aboutir à une situation identique à celle du lait liquide, un rayon de la grande distribution où les laits étrangers ont quasiment disparu. La FNPL veut aussi appuyer les produits laitiers français dans d’autres secteurs comme la restauration, où il existe une obligation d’affichage de l’origine des viandes qui pourrait être étendue au lait et produits laitiers.
Lait : la FNPL vent debout contre la réduction des volumes à l’échelle européenne
A l’occasion d’un point presse tenu le 21 févier sur le Salon de l’agriculture, la FNPL (éleveurs, FNSEA) s’est montrée fermement opposée à l’idée de réduire les volumes de lait produits à l’échelle de l’Union européenne, une dizaine de jours après que l’European Milk Board (EMB) a demandé que l'activation de la réduction volontaire des livraisons. Selon son président Yohann Barbe, il est « inconcevable » que les éleveurs français modèrent leur production dans le cadre d’un marché concurrentiel, puisque les grands exportateurs profiteraient immédiatement d’un affaiblissement de la capacité de production européenne. Autre argument : la souveraineté laitière française n’est pas suffisamment assurée, alors que le gouvernement français appuie cette idée à travers les conférences de la souveraineté alimentaire. Et toute perte de volume entraînerait une perte de capacité de transformation. La FNPL estime que d’autres pays ont beaucoup augmenté leur production depuis ces 20 dernières années, comme l’Allemagne (+19% de volume sur 20 ans) ou l’Irlande (+80%), alors que le France n’a augmenté que de 4%. Enfin, les éleveurs estime que la situation sanitaire hexagonale n’est pas stabilisée et pourrait avoir comme conséquence un affaiblissement des volumes prochainement. La FNPL privilégie comme solution une aide européenne au stockage privé du beurre et de la poudre 0%.
Ovins : la Coopération agricole vise 500 000 agneaux supplémentaires d’ici 2030
La Coopération agricole (LCA) présentera mardi 24 février, au Salon de l’agriculture, une « charte d’engagement à destination des coopératives » visant à « relancer la production et la commercialisation d’agneaux français ». D’après un communiqué du 19 février, LCA vise à travers cette démarche « 500 000 agneaux français supplémentaires d’ici 2030 », date à laquelle elle espère faire signer sa charte à l’ensemble de ses coopératives ovines. Ce niveau de production représente la moitié de l’objectif envisagé par la filière dans le cadre des Conférences de la souveraineté. Pour rappel, 3,045 millions d’agneaux ont été abattus en France en 2024 ; cette année-là, la production française n’a fourni que 41 % de la consommation. « L’accompagnement technique constitue l’axe prioritaire » du plan de la Coopération agricole, afin de parvenir à « une production plus régulière et performante ». Les entreprises signataires de la charte s’engageront sur cinq points : « développer une offre d’accompagnement technique structurée » ; promouvoir cette offre ; « mobiliser l’ensemble des administrateurs et salariés » ; « renforcer les compétences des techniciens » (formation notamment) » ; et enfin « contribuer à l’objectif national de +500 000 agneaux français commercialisés d’ici 2030 ».
Porc : première hausse du prix en Espagne depuis l’entrée de la PPA
L’Espagne enregistre sa première hausse de prix directeur depuis la détection de la PPA (fin novembre en Catalogne) et depuis l’été dernier, constate le Marché du porc français dans sa lettre hebdomadaire de conjoncture internationale du 19 février. Le pays « pourrait s’inscrire dans cette tendance pendant quelques temps », commente, peut-on lire. Ce rebond de 1,5 centime d’euro au-dessus d’1 euro/kg intervient alors que la peste porcine africaine persiste chez les sangliers autour du premier foyer près de Barcelone, et que les marchés tiers majeurs, dont le Japon et les Philippines, restent fermés aux viandes porcines espagnoles. L’Allemagne enregistre aussi sa première hausse depuis l’été, gagnant 5 centimes à 1,5 euros/kg, les surplus ayant été résorbés, est-il expliqué. Ce pays s’inscrit à son tour dans la « dynamique haussière » venant de s’amorcer en Espagne, selon le commentaire diffusé par le MPF le jeudi 19 février à l’issue de la séance du cadran de Plérin. Une séance qui a été marquée par des enchères « très recentrées » autour de la moyenne établie à 1,410 euros/kg. Ce qui traduit, selon le commentaire, « un souhait clair de stabilité ».
Pondeuses/salmonelle: Ceva prévoit 100% des élevages vaccinés
Ceva s'attend à ce que la totalité des élevages produisant des œufs de consommation (œufs coquilles) soient rapidement vaccinés contre la salmonelle, apprend-on auprès de Paul Créach, responsable de l’accès au marché. Le ministère de l’Agriculture a en effet décidé d’encourager la vaccination en dispensant les éleveurs de poules vaccinées d’un dépistage dans l’environnement potentiellement pénalisant. Cette décision va faire doubler le marché français, selon Paul Créach. En effet, ce dernier estime qu’aujourd’hui la moitié des poules destinées à l’œuf coquille sont vaccinées, depuis l’autorisation en France, il y a trois ans, des vaccins vivants s’administrant dans l’eau de boisson. C’est en particulier le cas des élevages fournissant la marque Œufs de nos Villages, qui jouissent de ce fait d’une très faible prévalence. Le responsable pense que même les éleveurs de moins de 250 pondeuses, qui sont exemptés de dépistage, recevront des poulettes vaccinées en achetant des fins de lots. « Nous sommes prêts à accompagner les éleveurs sur le plan technique », déclare Paul Créach. Le vaccin vivant anti-salmonelle, déjà largement répandu en Europe, est essentiellement commercialisé par le Français Ceva et l’Américain Elanco.
Elevage/loi d'urgence : la chambre bretonne veut intégrer la dématérialisation
« Deux articles de la loi d’urgence agricole (LUA) concernent le sanitaire et les chambres d’agriculture, à travers la dématérialisation de l’identification animale », a indiqué Laurent Kerlir, président de la chambre de Bretagne, le 20 février en conférence de presse. Interrogé, le cabinet de la ministre de l'Agriculture ne confirme pas ces informations. Selon l'élu breton, l’article 2 officialiserait le projet de dématérialisation en cours et le portage par l’État de la base de données Sinéma, qui remplacera la BDNI. Il acterait aussi le principe d’ouvrir l’accès de cette base à différentes structures (génétique, sanitaire, fournisseurs de conseil, filières, etc.). Toujours d’après Laurent Kerlir, l’article 1 de la LUA porterait sur les établissements départementaux d’élevage (EDE), qui sont rentrés depuis le 1er janvier 2026 dans le giron des chambres. Le ministère ne confirme pas non plus cette information. Selon l'étu breton, dans une volonté d’« harmonisation », le texte rendrait impossible de déléguer l’activité des EDE à une structure autre que les chambres, comme cela a pu être le cas dans certains départements. Au-delà de la nouvelle base de données nationale, le chantier de numérisation implique aussi de dématérialiser les documents d’accompagnement des animaux et de généraliser les boucles électroniques en élevage (lire note enquête). Consacré aux bovins, le chantier concernera « toutes les espèces à terme » et doit aboutir « fin 2027, début 2028 », selon M. Kerlir. Un calendrier jugé trop long par certains professionnels.
Vin : en Gironde, l'Etat et la région annoncent une foncière pour restructurer le vignoble
En Gironde, la préfecture et la région Nouvelle-Aquitaine ont annoncé le 20 février le lancement imminent d’« un dispositif d’intervention foncière pour restructurer le vignoble » face à une vague d’arrachage. Son financement est « en cours de finalisation avec les établissements bancaires », selon un communiqué commun. La phase opérationnelle, avec l’acquisition des premières parcelles, est prévue au « premier semestre ». « Un appel à manifestation d’intérêt (AMI) sera lancé dans les prochaines semaines afin de recenser les propriétaires de foncier qui souhaitent vendre ou échanger des parcelles agricoles et de les localiser », précise le communiqué. Depuis octobre, cette foncière est en réflexion avec la profession, les chambres d’agriculture, de commerce, l’EPF, la Safer et les collectivités. Plusieurs objectifs émergent, comme « favoriser l’émergence de projets de diversification, individuels ou collectifs, en reconstituant des îlots fonciers bien structurés dans des secteurs adaptés » ; « permettre aux viticulteurs qui le souhaitent de cesser ou de diminuer leur activité viticole tout en apportant une solution aux propriétaires en abandon de fermage ou sans repreneurs » ; réduire les stocks de vin grâce à la distillation.
Fruits et légumes/clause de sauvegarde : le Conseil d’État déboute les importateurs
Par une décision du 19 février, le juge des référés du Conseil d’État a rejeté la requête de la Chambre syndicale des importateurs français de fruits et légumes (CSIF), qui demandait la suspension de l'arrêté du 5 janvier 2026 sur les importations de denrées alimentaires contenant des pesticides interdits en provenance de pays tiers. Le juge a considéré que la condition d'urgence prévue à l'article L521-1 du Code de justice administrative n’était pas remplie, soulignant que « l'arrêté ne s'applique qu'aux denrées alimentaires qui ont été acquises par un importateur ou un metteur en marché pour le marché français après la date du 8 février 2026 ». Cependant, le dossier n’est pas bouclé pour autant. En effet, le juge des référés indique par ailleurs que le recours pour excès de pouvoir introduit par la CSIF sera examiné dans les prochaines semaines « par une formation de jugement collégiale du Conseil d’État ». Contacté par Agra Presse, Philippe Pons, président de la CSIF, considère que « les éléments des mémoires déposés respectivement par la chambre et le ministère de l'Agriculture semblent avoir fourni des motivations suffisantes au Conseil d’État pour envisager un raccourcissement du calendrier habituellement imparti pour ce genre de décision. Nous nous attendions à un délai beaucoup plus long. »
Grains : aux États-Unis, plus de soja, moins de maïs semés en 2026, selon l’USDA
Le département états-unien de l’agriculture (USDA) a révélé ses premières prévisions de semis de soja et de maïs aux USA pour 2026, soit la campagne commerciale 2026-2027, lors de son forum annuel les 19 et 20 février à Arlington. Il en résulte une progression des emblavements de la graine oléagineuse, au détriment de la graine jaune. Dans le détail, la sole de soja grimperait de 3,8 millions d’acres (Ma) entre 2025 et 2026, à 85 Ma (soit 34,4 Mha). De son côté, celle de maïs décrocherait de 4,8 Ma, à 94 Ma (soit 38 Mha). Bien que les cours des grains à Chicago et sur Euronext n’aient guère réagi à ces annonces, ces données sont particulièrement suivies par les opérateurs du marché. Reste à savoir si ces prévisions se confirmeront lors des travaux de semis effectifs durant le printemps 2026. Les agriculteurs américains pourraient réduire leurs assolements de maïs en raison de la production record en 2025, ont expliqué des analystes privés au média Reuters. En soja, la hausse prévisionnelle de la surface peut surprendre, en raison des relations tendues avec le client chinois et de la forte concurrence brésilienne. Mais la demande nationale en biodiesel s’avère dynamique, offrant un débouché à la graine oléagineuse, peut-on lire dans l’article.