Agrafil du 21 janvier 2025

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UE/Malaisie: relance des négociations pour un accord de libre-échange

«J’ai le plaisir d'annoncer la relance des négociations en vue d'un accord de libre-échange entre l'UE et la Malaisie», a révélé, le 20 janvier, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Cette déclaration intervient à l’issue de sa rencontre avec le Premier ministre malaisien Anwar bin Ibrahim. Lancées en 2010, ces pourparlers commerciaux avaient été mis en pause en 2012 après sept cycles «à la demande de la Malaisie», précise la Commission européenne. Au niveau agricole, la question des importations d’huile de palme en provenance de la Malaisie, un des intérêts offensifs du pays, devrait être centrale. En mars 2024, l’OMC a tranché en faveur de l’UE dans le cadre de leur différend sur les mesures visant à restreindre l’utilisation des biocarburants à base d’huile de palme (règlement RED II). En parallèle, la Malaisie est un des pays ayant fait part d'inquiétudes vis-à-vis du règlement européen visant à lutter contre la déforestation importée. «Maintenant que nous avons repris ces négociations, j'ai pleinement confiance en nos équipes pour parvenir à un accord dont nous pourrons tous être fiers. Mettons-nous au travail», conclut Urusula von der Leyen. Un premier cycle de négociations devrait à présent être organisé «dans les mois à venir», précise Bruxelles.

Déforestation: en Indonésie, des associations dénoncent un plan «destructeur»

Un projet indonésien visant à convertir des millions d’hectares de forêts en réserves alimentaires et énergétiques risque de nuire de manière irréversible à l’environnement et à la biodiversité de l’archipel, a estimé, dans un communiqué du 20 janvier, la Clean Transition Coalition, qui regroupe plusieurs ONG. Le gouvernement indonésien envisage d’utiliser 20 millions d’hectares (Mha) de zones forestières pour les transformer en réserves de nourriture, d’énergie et d’eau, a récemment déclaré le ministre des Forêts Raja Juli Antoni. «Le projet [de convertir] 20 Mha de terres augmente considérablement le risque d’expansion de l’huile de palme», a déclaré le directeur général de l’association Sawit Watch, Achmad Surambo, à l’AFP. M. Raja a rejeté les préoccupations liées à la déforestation, insistant sur le fait que la proposition ne supprimerait pas la forêt, mais «maximiserait» sa fonction à travers un système agroforestier, rapporte l’AFP. Le gouvernement a également précisé qu'il ciblerait les terres déjà concédées dans le cadre de concessions plutôt que les forêts vierges. «Au lieu de défricher les forêts, le gouvernement devrait se concentrer sur l’optimisation des terres agricoles existantes, sur le respect des droits des peuples autochtones et sur la mise en œuvre d’une véritable réforme agraire», souligne de son côté la coalition.

Climat: les États-Unis vont sortir une nouvelle fois de l'accord de Paris

L'administration du nouveau président américain Donald Trump a annoncé le 20 janvier que les États-Unis se retireraient une deuxième fois de l'accord de Paris sur le climat, mettant ainsi en péril les efforts mondiaux visant à freiner le réchauffement climatique. «Le président Trump se retirera de l'accord de Paris sur le climat», a déclaré la Maison-Blanche dans un communiqué. Les États-Unis, deuxième pollueur mondial derrière la Chine et premier pollueur historique, avaient déjà quitté brièvement l'accord sous le premier mandat du républicain, avant que Joe Biden n'acte leur retour. Le nouveau retrait entrera en vigueur un an après l'annonce officielle. «Nous allons forer à tout-va», a aussi lancé le président américain lors de son discours d'investiture, réitérant sa promesse de campagne de doper la production de pétrole et de gaz des États-Unis, déjà premier producteur mondial, pour faire baisser les coûts de l'énergie. Pour ce faire, le républicain a annoncé qu'il décréterait un état d'«urgence énergétique» national et reviendrait sur nombre de mesures climatiques prises par son prédécesseur Joe Biden pour favoriser la transition énergétique. Parmi celles-ci, les financements alloués aux énergies renouvelables ou à l'achat de véhicules électriques.

Objectifs climatiques/CSRD: Bruxelles prépare un «choc de simplification»

Stéphane Séjourné, le vice-président de la Commission européenne chargé de la stratégie industrielle, a annoncé le 19 janvier dans la matinale de France Inter, que dans le cadre du règlement dit «omnibus» qui sera présenté le 26 février avec une «suppression du reporting» sur le climat. Il promet «un choc de simplification qui sera massif» en gardant «les objectifs climat, mais en changeant le parcours pour les entreprises». Ce texte ne concernera pas directement l’agriculture. Le commissaire européen Christophe Hansen prépare en effet, de son côté, «un deuxième paquet de simplification après celui de l’année dernière (qui portait sur l’éco-conditionalité notamment, NDLR) qui doit être plus ciblé» pour que les agriculteurs sentent «la différence en ce qui concerne leurs formalités administratives», a-t-il confirmé le 16 janvier lors d’un discours au salon Grüne Woche, à Berlin. Le projet de Stéphane Séjourné pourrait toutefois toucher indirectement l’agriculture, en particulier les coopératives. Depuis cette année, la mise en œuvre de la directive CSRD (Corporate sustainability reporting directive) impose à environ 150 d’entre elles (celles répondant à au mois deux de ces trois critères: plus de 250 salariés, 25 millions d’euros de bilan ou 50 millions d’euros de chiffre d’affaires) des déclarations de performances extra-financières sur, entre autres, la durabilité et l’impact climatique.

HVE: vers un rejet du recours de la Fnab au Conseil d’État

En audience au Conseil d’État le 20 janvier, le rapporteur public a recommandé «le rejet» de la requête de la Fnab (producteurs bio) et de l’UFC-Que choisir, qui demandaient l’annulation des textes mettant en œuvre la révision de la certification environnementale (décret et arrêté du 18 novembre 2022). Le rapporteur public a reconnu que le nouveau cahier des charges (V4) de la HVE (haute valeur environnementale), entré en vigueur début 2023, «peut être insuffisamment exigeant» sur certains enjeux environnementaux, faisant spécifiquement référence aux phytosanitaires classés CMR 2, qui ne sont pas interdits (à la différence des CMR 1, NDLR), et à une diminution de la fertilisation qui pourrait être plus ambitieuse. Mais, a-t-il souligné, c’est «un réel progrès par rapport à l’ancien référentiel». Il a rappelé que, conformément au décret mis en cause, les seuils de performance environnementale et indicateurs doivent être «révisés au regard de l’évolution des connaissances techniques et scientifiques». «C’est-à-dire que ce n’est pas figé. Si des insuffisances apparaissent, l’État doit agir pour les combler», a-t-il précisé. De son côté, la Fnab espère obtenir l’annulation des textes pour pousser l’État à concevoir un référentiel HVE plus exigeant, selon son avocate Me Virginie Coursière-Pluntz.

Bio: la Fnab surprise de la possible suppression de l’Agence bio

La Fnab dénonce «l’inconsistance du gouvernement» dans un communiqué le 20 janvier, à la suite de la proposition sénatoriale de supprimer l’Agence bio lors de la discussion du projet de loi de finances (PLF) pour 2025, proposition qui a recueilli un avis de sagesse du gouvernement le 17 janvier. «On ne peut croire que cet avis de sagesse du gouvernement vendredi soir au Sénat soit issu d’un arbitrage interministériel», lâche la Fnab (producteurs bio), qui ne comprend pas pourquoi supprimer l’Agence bio, «pourtant au cœur» du programme Ambition bio 2027 présenté au Salon de l'agriculture 2024. «Venir nous expliquer en pleine crise de la bio qu’il faut supprimer l’acteur chargé de promouvoir nos produits, c’est pour le moins osé. Depuis trois ans, nous avions l’impression d’être rentrés dans un processus collaboratif de recherche de solutions qui vient d’être mis à terre», s’émeut le président de la Fnab Philippe Camburet, cité dans le communiqué. Le 20 janvier après-midi, le cabinet de la ministre de l’Agriculture Annie Genevard réitérait vouloir au préalable «une concertation approfondie avec les parties prenantes concernées». Interrogé, Philippe Camburet, qui avait rencontré la ministre le matin-même, disait n’avoir «aucune information» supplémentaire. Les discussions parlementaires sur le PLF 2025 devraient aboutir en fin de semaine prochaine.

Négociations commerciales: des «tensions non négligeables», selon le gouvernement

Les relations commerciales entre distributeurs, industriels de l'agroalimentaire et producteurs agricoles «restent marquées par un niveau de rigidités et de tensions non négligeables», notent les ministères de l'Agriculture et du Commerce dans un communiqué diffusé à l'issue d'un premier comité des relations commerciales le 20 janvier. La réunion, avec la ministre de l'Agriculture Annie Genevard et la ministre déléguée en charge du Commerce Véronique Louwagie, «a permis de constater que les acteurs s'approprient progressivement les dispositifs des différentes lois Egalim» (sanctuarisation de la «matière première agricole»). Selon les «témoignages recueillis» lors de cette réunion, «la loi semble engendrer une dynamique positive dans les négociations, en termes de transparence notamment» et dans la place accordée à «la préservation du revenu des agriculteurs dans les négociations commerciales». Mais les ministres «ont rappelé l'extrême vigilance de l'État quant à l'application de la loi», via des contrôles et des amendes si besoin. Dans «un contexte de hausses des coûts, tant agricoles qu'industriels», qui «explique des divergences d'analyse entre acteurs», il «résulte une forte tension» entre distributeurs, industriels et agriculteurs, relève le communiqué.

Contrôles: à Toulouse, l'OFB visé par des syndicats agricoles en ordre dispersé

Une cinquantaine d'agriculteurs FDSEA et Jeunes agriculteurs (JA) ont manifesté le 19 janvier à Toulouse devant le siège régional de l'Office français de la biodiversité (OFB), après avoir été devancés la veille par le syndicat rival de la Coordination rurale (CR), dans le contexte des élections en cours dans les chambres d'agriculture. Les deux mobilisations visaient à protester contre les propos d'un agent de l'OFB sur France Inter, qui avait lancé quelques jours plus tôt: «On a le sentiment que ce que veulent les agriculteurs, c'est ne plus nous voir dans leurs exploitations. C'est du même ordre que si les dealers demandaient aux policiers de ne plus venir dans les cités.» Initialement prévu également dimanche 19 janvier soir, le rassemblement de la Coordination rurale a été avancé à samedi après un refus des JA de Haute-Garonne de joindre les deux mobilisations, a expliqué à l'AFP le président de la CR Occitanie, Lionel Candelon. «On a proposé de faire les choses ensemble, ils ont pas voulu, ils se démerdent», a-t-il expliqué. «On a été devancés (...), c'est ce que je regrette un peu dans le syndicalisme actuel», a par ailleurs indiqué Tony Cal, des JA de Haute-Garonne.

Meunerie: Arterris et Val de Gascogne travaillent à un rapprochement de leurs filières

Gers Farine, filiale de la coopérative Val de Gascogne, étudie un rapprochement avec La Toulousaine des Farines, du groupe Arterris, ont révélé nos confrères de La Dépêche, le 19 décembre. Gers Farine accuse une baisse de son activité, en raison du recul de la consommation du pain artisanal (- 25 % en dix ans). Le moulin gersois de Sainte-Christie produit de la farine issue de blé cultivé dans un rayon de 80 km autour du moulin, par près de 2000 agriculteurs, principalement à destination de boulangeries et pâtisseries artisanales. Arterris, de son côté, fait fonctionner ses deux moulins presque à pleine capacité. En 2023-2024, le groupe a produit 86 240 tonnes de farine. «Cette hausse est portée par la forte demande en farines spéciales, notamment les CRC (cultures raisonnées contrôlées) répondant à des exigences élevées en termes de qualité et de traçabilité», explique la coopérative dans son rapport d'activité 2023-2024. La majorité de ses clients sont issus de la boulangerie industrielle. Arterris a d’ores et déjà développé un partenariat avec un moulin espagnole en 2024, ouvrant de nouvelles opportunités commerciales. Moulins pyrénéens, la marque d’Arterris à destination des boulangers indépendants, est également en croissance, selon la coopérative, tout comme Vegedry, une marque de farines de légumineuses lancée en 2021. (Elena Blum)

Engrais azotés: Agrofert arrête la production d’ammoniac sur le site de Grandpuits

Entreprise née du rachat par Agrofert des activités engrais de Boréalis en 2023, LAT Nitrogen a annoncé sa volonté d’arrêter la production d’ammoniac sur le site de Grandpuits. Ce gaz, qui entre dans la composition des engrais azotés, est aujourd’hui moins coûteux à importer qu’à produire, en Europe, avance LAT Nitrogen, qui a été confrontée, en 2023 et 2024 à un affaiblissement de la demande pour ses produits. L’usine produirait structurellement un excédent de 130 000 t d'ammoniac par an. «La poursuite de la production d'ammoniac nécessiterait des investissements supplémentaires importants dans la décarbonation à court et à moyen terme», a précisé l’entreprise, en réponse aux questions d’Agra Business, avant d’ajouter: «L'industrie française et européenne de l'azote n'a pas de perspectives permettant un redressement financier.» L’arrêt de la production d’ammoniac, s’il permettrait le maintien des autres activités sur le site de Grandpuits (acide nitrique et ammonitrate), affectera 80 postes. Fin 2023, l'entreprise Yara avait annoncé qu'elle allait cesser son activité de transformation d'engrais azotés sur le site de Montoir-en-Bretagne, pour se concentrer sur des activités d'importation. (Elena Blum)

Fertilisants: légère hausse annuelle des livraisons en France, selon l’Unifa

L’Unifa (industriels de la fertilisation) signale une succincte progression des livraisons de fertilisants en France entre les campagnes 2022-2023 et 2023-2024, passant de 17,76 Mt à 17,9 Mt, d’après un communiqué du 20 janvier. Celles de fertilisants minéraux passent, sur la période, de 9,4 Mt à 10,1 Mt. Le syndicat rappelle que les prix en 2022-2023 avaient été exceptionnellement hauts, pesant sur la demande. La baisse des cours en 2023-2024 a ainsi pu stimuler quelque peu les achats des agriculteurs hexagonaux. En tendance longue, les chiffres restent néanmoins en baisse, rapporte l’Unifa. En 2020-2021, un peu plus de 18,2 Mt avaient été livrées, dont plus de 11,1 Mt de fertilisants minéraux. Sur 30 ans, «les livraisons ont décroché de 39%», fait valoir l’organisation dans le communiqué. En parallèle, l’organisation se réjouit de la croissance de l’usage des biostimulants. Selon une étude réalisée par la société Kynetec auprès de 8000 agriculteurs, le nombre d’hectares traités en France à l’aide de ces produits a été multiplié par deux entre 2019 et 2023. «Les grandes cultures représentent la majorité du marché, avec 65,5% des applications en 2023», explique l’Unifa. Néanmoins, un recul de leur usage est constaté entre 2023 et 2024 en grandes cultures, conséquence d’une météo capricieuse et «d’une utilisation des biostimulants pas encore totalement intégrée comme faisant partie de l’itinéraire technique de nutrition des cultures».

Steaks végétaux: l’américain Impossible foods se rapproche d’une autorisation dans l’UE

L’Office européen des brevets (OEB) est revenu fin décembre sur sa décision, prise en 2022, de retirer le brevet européen accordé à Impossible Foods pour sa protéine Heme utilisé dans ses substituts de viande, a appris Agra presse, confirmant une information d'AgFunder news. Appelée aussi léghémoglobine, cette molécule qui se trouve dans la racine du soja est produite industriellement par une souche de levure génétiquement modifiée. Elle donne au substitut carné d’Impossible Foods une saveur proche de la viande. L’OEB avait initialement estimé que cette molécule n’était pas suffisamment nouvelle pour bénéficier d’un brevet, mais l’organe d’appel a finalement donné raison à Impossible Foods. L’entreprise espère maintenant obtenir une autorisation de mise sur le marché européen. Le groupe de travail de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) sur les additifs alimentaires en juin, puis celui sur les OGM en novembre, ont émis des avis positifs. L’Efsa termine désormais son évaluation des risques. La Commission européenne devrait ensuite proposer aux États membres (dans le cadre du Comité permanent des végétaux, des animaux, des denrées alimentaires et des aliments pour animaux) de permettre sa commercialisation dans l’UE, ce qui ouvrira la porte à la vente des substituts carnés d’Impossible Foods.

Influenza aviaire: les USA et le Canada lèvent leurs embargos sur les volailles françaises

Plus d’un an après la fermeture de leurs frontières en raison de la vaccination contre l’influenza aviaire, «les États-Unis et le Canada ont levé leurs embargos sur certaines filières de volailles françaises», annonce le ministère de l’Agriculture le 20 janvier. Outre-Atlantique, les autorités sanitaires ont annoncé «la levée des restrictions sur les volailles non vaccinées et les produits/sous-produits dérivés de volailles provenant de troupeaux non vaccinés» ; elles demeurent en vigueur pour les canards, vaccinés en France, et leurs produits. Dans le détail, Washington a levé son embargo le 16 janvier, quelques jours avant que Donald Trump ne prête serment; Ottawa l’avait fait de son côté le 24 décembre 2024. Dans les deux pays, ces assouplissements concernent aussi les produits de génétique aviaire (œufs à couver et poussins d’un jour), pour lesquels les modalités de reprise sont encore en cours de discussion. La Rue de Varenne rappelle que «ces embargos avaient pris effet le 1er octobre 2023», jour du démarrage de la vaccination contre l’influenza aviaire en France. Il aura donc fallu quinze mois pour «convaincre les autorités américaines et canadiennes de la sécurité de la vaccination».

Viandes/Siqo: les viandes Limousines s’attendent à une année 2025 «compliquée»

Tensions sur l’approvisionnement, problèmes sanitaires, ventes en recul: «On sent que l’année 2025 va être compliquée» pour les viandes Limousines Label rouge, a indiqué Jean-Marc Escure, directeur de Limousin promotion (ODG) en conférence de presse le 20 janvier. «Il commence à y avoir des problèmes d’approvisionnement, de manque de production dans les élevages», précise son président Jean-Pierre Bonnet, rappelant que «cela fait des années qu’on met l’accent là-dessus». Deux phénomènes ont fait basculer une situation déjà fragile: le prix élevé des broutards, qui n’incite pas les éleveurs à produire des veaux sous la mère, et les maladies vectorielles (FCO, MHE), lourdes de conséquences pour la fertilité des ovins et des bovins. «Il manque entre 10 et 30% de vaches prêtes à vêler» par rapport à la normale, relève Jean-Marc Escure. Après des ventes en fort recul en 2023 pour cause d’inflation, la baisse a ralenti en 2024: -5% pour le bœuf, -10% pour le veau et l’agneau, +15% pour le porc (grâce à un nouvel opérateur), selon des chiffres provisoires. Des tendances qui se poursuivent début 2025. Quant au nombre de points de vente, il recule de 10% en 2024. Une chute «essentiellement liée au désengagement de certains distributeurs» et à des cessations d’activité de boucheries, selon M. Escure.

Viande : dans la Sarthe, des agriculteurs contrôlent des camions frigorifiques

Des militants des Jeunes agriculteurs et de la FDSEA de la Sarthe ont contrôlé des camions frigorifiques le 20 janvier aux barrières de péage, vérifiant la provenance et la destination des denrées pour dénoncer la concurrence d'autres pays européens qu'ils jugent déloyale, ont constaté des journalistes de l'AFP. «On avait déjà fait ces contrôles il y a un an», en pleine mobilisation agricole: «On a fait remonter les informations» qui illustraient des distorsions de concurrence entre produits importés et français «et on se rend compte aujourd'hui que ça a très peu changé», déplore Damien Rousseau, secrétaire général des JA de la Sarthe. Selon lui, une trentaine de chargements ont été contrôlés par une cinquantaine d'agriculteurs, répartis sur différents péages des autoroutes A11 et A28, entre 4h et 7h, avec des marchandises principalement destinées à des écoles ou à la RHD. «On a trouvé des escalopes de veau néerlandaises pour un fast-food en Bretagne, de la viande de porc d'origine Espagne à destination d'une plateforme d'Auchan et de la viande de bœuf d'Espagne également pour des écoles de la Sarthe», détaille M. Rousseau. «Ce n'est pas illégal», souligne-t-il. «Je pense qu'il y a ce qu'il faut en producteurs de porc et de volailles en Sarthe pour fournir nos écoles.»

Luzerne déshydratée: la filière lance des recherches pour nourrir les porcins

La Coopération agricole-Luzerne de France, Désialis et Lab-to-Field ont annoncé à la presse le lancement du programme de recherche IN-PVLSA (Innovation et connaissance pour valoriser la luzerne en santé animale), destiné à trouver les potentiels bienfaits de la luzerne déshydratée dans l’alimentation des porcins, lors d’une visioconférence à Paris le 20 janvier. Dans les faits, le programme est déjà en application depuis février 2024, et doit s’achever en août 2028. La filière vise ainsi la conquête du débouché français porcin, qui lui échappe actuellement. «Nous espérons incorporer dans l’alimentation des porcs environ 16 000 t de luzerne déshydratée d’ici à l’horizon 2029-2030», déclare Honoré Labanca, chargé de mission agronomie et nutrition animale au sein de La Coopération agricole-Luzerne de France. Sur les 830 000 t de luzerne déshydratée produites chaque année au niveau national, les porcs ne représentent qu’entre 0 et 1% des débouchés, quand près de 74% part en alimentation bovine, 16% pour les équins et 10% pour les lapins. Le programme dispose d’un financement de 300 000 € environ, dont une partie provient de FranceAgriMer. De premiers résultats seront présentés à la presse «dans un an et demi», indique Honoré Labanca.

Fleurs: l'Anses va enquêter sur l’exposition des fleuristes aux pesticides

L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a été chargée d’une mission auprès des fleuristes afin d’évaluer leur exposition aux pesticides, ainsi que celle de leurs enfants, indique l’AFP le 20 janvier, confirmant l’information divulguée par France Inter. Cette expertise, commandée conjointement par le ministère du Travail et le ministère de l’Agriculture, a été initiée par l’association écologiste Robin des Bois, membre du conseil d’administration de l’Anses. «Il s’agit dans un premier temps de comprendre quels sont les risques auxquels sont soumis les professionnels. Dans un second temps, nous devrons identifier les mesures permettant de renforcer leur protection et émettre des recommandations sur des évolutions des différentes réglementations», a expliqué Henri Bastos, directeur scientifique Santé et travail à l’Anses. L’enquête devrait prendre environ deux ans avec un rapport intermédiaire attendu à l’automne 2025, selon l'association Robin des Bois. La décision de la lancer semble avoir été prise après que la cour d'appel de Rennes a débouté les parents d'une fillette morte d'une leucémie liée à l'exposition aux pesticides de sa mère, qui était fleuriste pendant sa grossesse.

Tomates: en Espagne, action en justice des producteurs contre les importations marocaines

Le Coag (principal syndicat agricole espagnol) va intenter une action en justice contre les importateurs marocains de tomates pour fraude fiscale, a appris la revue Mercados le 17 janvier. L’annonce en aurait été faite par Andrès Gongora, responsable fruits et légumes du syndicat, à l’occasion d’une visioconférence portant sur les implications de l'arrêt de la Cour de justice de l'UE rendant illégal l’accord entre UE/Maroc concernant le Sahara occidental. Le syndicat avance avoir alerté plusieurs fois les ministères espagnols concernés (Agriculture et Économie), ainsi que la Commission européenne, sans avoir de réponse. La décision se fonde sur une étude réalisée par les services techniques du Coag montrant que les importations marocaines auraient largement dépassé le quota de 285 000 t/an de tomates en franchise de droits, au prix minimum de 0,46 €/kg, tel que prévu dans l'accord de libre-échange entre l'UE et le Maroc. Depuis 2019, le Maroc aurait dépassé ce quota d’environ 230 000 t/an, rapporte le syndicat.

Huile d’olive: embellie de la production mondiale, chute de la production française

La production mondiale d’huile d’olive 2024-2025 est estimée à 3,4 millions de tonnes (Mt), soit une hausse de 31% par rapport à la période précédente, rapporte FranceAgriMer dans une note de conjoncture publiée le 17 janvier, s’appuyant sur les informations du Conseil international oléicole. En 2023-2024, les prix de l’huile d’olive ont atteint des niveaux sans précédent et, malgré la hausse des volumes disponibles, cette tendance pourrait se poursuivre en 2024, prévient FranceAgriMer. À l’échelle européenne, la production devrait s’établir à 2 Mt, soit une hausse de 33% par rapport à la campagne précédente, portée par l’Espagne qui renoue avec un niveau de production antérieur à 2022. Côté français, la récolte 2024 se révèle inférieure aux prévisions, après une campagne 2023 quasi exceptionnelle avec une production de 6622 t (+80% par rapport à 2022). Cette estimation ne s’applique toutefois pas à toutes les zones de production. Ainsi, les départements de la Drôme, des Alpes-Maritimes et des Alpes-de-Haute-Provence s’attendent à une bonne récolte, dépassant les volumes de 2023. En revanche, en Occitanie, la récolte des olives subit une baisse significative des volumes. En tout, «les pertes de production devraient osciller entre 30% et 50% selon les départements concernés», précise la note de conjoncture.

Vin: le domaine Tariquet mis sous procédure de sauvegarde

Le domaine Tariquet, producteur de vin emblématique des côtes de Gascogne et bas-armagnac basé à Eauze (Gers), a annoncé le 20 janvier sa mise en sauvegarde par le tribunal de commerce d’Auch. Cette procédure fait suite à «des difficultés à la fois conjoncturelles et structurelles», selon un communiqué. L’entreprise vitivinicole (8 millions de bouteilles de blanc et 120 000 de bas-armagnac) explique subir les conséquences de quatre mauvaises récoltes successives, «du jamais vu dans la région de production», et de l’évolution des marchés locaux et internationaux. Tariquet a connu une baisse d’activité liée à la crise sanitaire, l’inflation, des taxes douanières notamment aux États-Unis, des aléas climatiques (gel, grêle, mildiou), la crise économique, poursuit le communiqué. Et de souligner le faible niveau de production ces quatre dernières années, équivalant à «plus d’une récolte» perdue, qui s’est traduit par des volumes de vente à -30% : le domaine (1125 ha) est passé d’environ 8 millions à 5,5 millions de cols commercialisés entre 2021 et 2023. En crise, le secteur du vin voit se multiplier les procédures, comme à la cave de Buzet, mise en sauvegarde le 12 juin, ou chez Univitis, placé en redressement judiciaire le 18 juillet.

Eau: la consommation pourrait doubler d’ici 2050, l’agriculture particulièrement affectée

La consommation en eau pourrait doubler d’ici 2050 en France si le réchauffement climatique s’intensifie et si les tendances d’usage actuelles se poursuivent, estime France Stratégie dans un rapport publié le 20 janvier. Commandé à l’automne 2023 par la Première ministre de l’époque, Élisabeth Borne, ce travail présente l’évolution de la demande en eau en France selon trois scénarios: «tendanciel» qui prolonge les tendances passées; «politiques publiques» qui simule la mise en place de politiques publiques récemment annoncées; et «de rupture», qui se caractérise par un usage sobre de l'eau. Selon le rapport, l’agriculture est le secteur pour lequel l’évolution du climat jouera un rôle essentiel. Une diminution des précipitations engendrerait «une augmentation de la demande en eau d’irrigation si on veut maintenir les mêmes rendements», exacerbée par l’augmentation des surfaces irriguées, souligne Hélène Arambourou, co-autrice du rapport. Et les retenues de substitution n’auront qu’un «effet limité» pour contenir cette hausse, précise le rapport. En outre, la demande en eau en 2050 devrait également être davantage concentrée au cours des mois les plus chauds de l’année, quand la ressource en eau est au plus bas. Le service prévoit d’étudier dans un prochain rapport les tensions entre la ressource en eau potentiellement disponible en 2050 et la demande.

Coopératives: Jérôme Calleau réélu à la présidence d’InVivo

Le conseil d'administration d'InVivo a réélu Jérôme Calleau à la présidence d'InVivo, a annoncé le groupe le 16 janvier. Il s’agit de son troisième mandat. À 62 ans, Jérôme Calleau est depuis 2000 le président de la Cavac, coopérative située en Vendée. Il est, depuis 1982, exploitant agricole polyvalent au sein d’un groupement de trois associés à Aizenay. Administrateur d’InVivo depuis 2009, il a occupé la fonction de président délégué de 2011 à 2023 et a contribué depuis à l’élaboration des projets stratégiques, ainsi que du rachat de Soufflet par InVivo. «Nous portons avec Thierry Blandinières une vision très claire pour InVivo. Elle s’articule autour de la structuration des filières blé, orge, et de nos piliers que sont le digital et la RSE», a-t-il déclaré. (Elena Blum)