Déforestation : Bruxelles préfère simplifier la législation plutôt que la reporter
Plutôt que reporter d’un an l’entrée en vigueur du règlement pour lutter contre la déforestation, comme elle l’avait initialement envisagé, la Commission européenne a finalement décidé, le 23 septembre, de le simplifier en exemptant une grande partie des petits opérateurs concernés. Bruxelles propose que les opérateurs et les négociants en aval ne soient plus tenus de soumettre des déclarations de diligence raisonnable. Seul le premier importateur devra soumettre une déclaration dans le système informatique pour l'ensemble de la chaîne d'approvisionnement. De plus, les micro et petits opérateurs primaires de l’UE et des pays tiers à faible risque qui vendent leurs marchandises directement sur le marché européen n’auront qu’à remplir une déclaration simplifiée. Ces petits opérateurs « représentent près de 100 % des agriculteurs et des sylviculteurs de l'UE », précise Bruxelles. Si cette proposition de simplification est adoptée avant la fin de l'année par le Parlement européen et le Conseil de l’UE, le règlement entrera en vigueur comme prévu le 30 décembre 2025. Toutefois, il ne s’appliquera qu’à partir du 30 décembre 2026 pour les micro et petites entreprises. Et la Commission européenne va accorder aux grandes et moyennes entreprises un délai de grâce sur les contrôles qui ne débuteront qu’en juillet 2026.
Forêt : le Parlement européen rejette la proposition de cadre de surveillance
Comme attendu, le Parlement européen a rejeté (par 370 voix contre 264 et 9 abstentions), lors d’un vote le 21 octobre à Strasbourg, le nouveau cadre de surveillance des forêts de l’UE. Ce texte, proposé par Bruxelles, a pour objectif d’harmoniser la surveillance des forêts européennes dans le cadre des inventaires nationaux. Mais, les groupes politiques de droite et d’extrême droite qui dénoncent une réglementation excessive ont fait campagne contre celui-ci. La position préparée conjointement par le social-démocrate français Éric Sargiacomo et la centriste suédoise Emma Wiesner n’a donc même pas adoptée. Le Conseil de l’UE de son côté avait, difficilement, adopté son orientation générale sur ce dossier au mois de juin. Mais la Commission européenne devrait finalement être poussée à retirer sa proposition. Lors d'un vote séparé le même jour, les eurodéputés ont par contre adopté leur position sur l'extension des missions du comité permanent forestier chargé d’assister la Commission dans l'élaboration pour la mise en œuvre des propositions législatives et autres initiatives politiques de l'UE relatives aux forêts.
Forêt : malgré un ralentissement, la déforestation toujours « trop rapide », alerte la FAO
Les abattages ou incendies qui font reculer la surface des forêts du monde ont ralenti, mais la déforestation reste encore trop rapide, surtout au Brésil, estime l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) le 21 octobre. En tenant compte des plantations de forêt, la « perte nette » de forêts est de 4,12 millions d’hectares (Mha) par an en 2015-2025, soit deux à trois fois moins qu’en 1990-2000. Mais « les écosystèmes forestiers dans le monde affrontent toujours des difficultés, avec un rythme actuel de déforestation toujours trop élevé, à 10,9 Mha par an », écrit la FAO dans un communiqué sur son « Évaluation des ressources forestières mondiales » quinquennale. Cela équivaut à plus de 12 km² de forêts détruites chaque heure. L’essentiel du phénomène se concentre toutefois dans les zones tropicales, où a lieu 88 % de la déforestation mondiale, particulièrement en Amazonie, où la plus forte pression est exercée par l’agriculture. Le Brésil, qui abrite 12 % des forêts du globe, est responsable de plus de 70 % de cette perte, avec 2,94 Mha par an, malgré un rythme de perte nette de forêts presque divisé par deux depuis la dernière décennie du XXe siècle, selon la FAO. En novembre, le Brésil accueillera la conférence des Nations unis sur le climat (COP30 à Belém), où la préservation des forêts figurera parmi les grands enjeux.
Commission européenne : pour 2026, Bruxelles mise sur la souveraineté et l’indépendance
La Commission européenne a dévoilé, le 21 octobre, son programme de travail pour 2026 pour « une Europe plus souveraine et indépendante ». Au niveau agricole, cela se traduit par une volonté de « renforcer encore la position des agriculteurs ». Pour ce faire, elle devrait proposer au cours du 3e trimestre, comme convenu, une mise à jour de la réglementation sur les pratiques commerciales déloyales. L’objectif est que les agriculteurs ne soient plus « contraints de vendre systématiquement leurs produits en dessous des coûts de production». En outre, une nouvelle campagne « Buy European food » devrait être lancée afin de « garantir l’approvisionnement en aliments européens de qualité ». La Commission devrait aussi travailler à « un meilleur alignement des normes de production au niveau multilatéral ». Autre sujet attendu : la publication au 2e trimestre d’une stratégie sur l’élevage « incluant des éléments sur le bien-être animal ». Néanmoins, la révision de la législation sur le bien-être animal initialement prévue pour fin 2026, ne figure pas dans le programme de travail, au grand dam des ONG. Parmi les nouveautés, Bruxelles proposera sa loi sur les biotechnologies en deux temps, un premier volet sur la santé en 2025 avant un deuxième sur les autres sujets (dont l’alimentation humaine et animale) au 3e trimestre 2026.
Pac : les organisations agricoles mobilisées à Strasbourg contre le projet de budget
Les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) avec des partenaires nationaux (Ceja, FNSEA, Coldiretti) ont organisé, le 21 octobre devant le Parlement européen à Strasbourg, une manifestation pour redire leur opposition aux propositions de budget pour la future Pac. «La Commission européenne a franchi trop de lignes rouges», sa proposition est «inacceptable», ont-elles déploré pointant la réduction de 20% des fonds de la Pac, la fusion des deux piliers et la suppression de la structure commune de la Pac. Les manifestants ont reçu le soutien de nombreux eurodéputés de divers bords politiques venu se joindre au mouvement de protestation. Parmi eux, notamment, le co-rapporteur sur le budget Sigried Muresan, roumains du groupe PPE (droite) qui a estimé que «les agriculteurs européens méritent clarté, équité et un soutien adéquat». Dans un communiqué du 16 octobre, la Commission européenne a pourtant écarté l’idée de présenter une nouvelle proposition estimant que celle sur la table va permettre de «répondre efficacement aux nouveaux défis de l'UE». Bruxelles se dit toutefois ouverte à «des échanges constructifs avec le Parlement européen et le Conseil afin d'écouter et de débattre de leurs points de vue».
Agriculture biologique : la Commission européenne consulte en vue d'une simplification de la législation
La Commission européenne a ouvert le 21 octobre (et jusqu’au 18 novembre) un appel à contribution en vue d’une proposition de simplification qu’elle devrait présenter avant la fin de l’année. Comme l’avait annoncé le commissaire européen à l’Agriculture Christophe Hansen, il s’agira en premier lieu de clarifier la législation concernant les importations, un récent arrêt la Cour de justice de l’UE remis en cause le cadre du régime d’équivalence. Mais Bruxelles souhaite profiter de l’occasion pour « rendre la production biologique de l’UE plus compétitive ». Des modifications ciblées de la législation sont à l’étude pour supprimer les charges inutiles et à simplifier certaines règles de production trop restrictives en ce qui concerne, la production animale (règles de production pour les cailles, temps d’attente après traitement vétérinaire allopathique, bâtiments avicoles d’engraissement et accès aux espaces de plein air), le nettoyage et de la désinfection des installations de transformation et de stockage, les critères d’éligibilité pour les groupes d’opérateurs et les petits vendeurs de produits biologiques non emballés.
Biocarburants/ PLF 2026 : en commission, les députés rejettent une hausse de la fiscalité
Lors de l’examen du projet de loi de finances (PLF) pour 2026 en commission des Finances, les députés ont rejeté le 21 octobre une hausse de la fiscalité sur les biocarburants. Ils ont voté, avec l’avis favorable du rapporteur Philippe Juvin (DR), des amendements de la droite (DR) et du centre (EPR, Horizons, Liot) supprimant des mesures remettant en cause des exonérations fiscales pour l’E85 et le B100. « Arrêtons de défaire ce qui fonctionne », souligne Nicole Le Peih (EPR) dans son exposé. L’augmentation de la fiscalité sur les biocarburants voulue par le gouvernement, de 380 % pour l’E85 et 400 % pour le B100, est « à la fois néfaste pour l’environnement, pour notre agriculture et pour nos emplois industriels », à ses yeux. Le député RN Eddy Casterman a également défendu l’E85, « un carburant vert qui ne fait pas les poches des automobilistes et des Français les plus modestes ». Tout en rappelant son opposition à ces biocarburants qui ne favorisent pas selon elle la transition énergétique, la députée écologiste Christine Arrighi a dénoncé la « brutalité » de la suppression voulue par le gouvernement, sans proposer « d'autres alternatives » avec le risque « d'avoir les gilets jaunes dans la rue ».
Chez Unéal, forte hausse des surfaces de colza, net recul de l’orge d’hiver
Alors que chez Unéal, dans les Hauts-de-France, les semis de céréales ont près de 15 jours d’avance avec 70 % des surfaces déjà semées, Maxime Thuillier, responsable de la collecte, estime que les surfaces de blé tendre devraient légèrement augmenter cette année. « Même si les cours ne sont pas très élevés, les agriculteurs se tournent vers cette culture, faute d’alternatives. Les légumes de conserve, les pommes de terre et la betterave perdent de leur attractivité. En pois de conserve par exemple, la demande des industriels est annoncée en retrait de 30 %. En pommes de terre, certains acheteurs n’hésitent pas à recaler des lots pour des défauts minimes afin de faire baisser les prix : les agriculteurs se retrouvent avec de la marchandise sur les bras. » En revanche, le grand gagnant de cette année, c’est le colza. « Les surfaces devraient progresser de 20 %, confie-t-il. Les rendements de l’an passé, de 50 q/ha en moyenne, ne sont pas étrangers à cet engouement.» Autre fait marquant de l’année : un nouveau recul des orges d’hiver. « Cette céréale devrait encore concéder près de 15 % de ses surfaces. Les agriculteurs ont du mal à la valoriser et face à la disparition de certains herbicides, dont le flufénacet, le nettoyage des parcelles devient un réel souci. (voir notre enquête) D’où le désengagement de certains producteurs. » (Anne Gilet)
Soja : la Chine n’a pas importé des Etats-Unis en septembre, une première depuis sept ans
La Chine n’a pas importé de soja états-unien durant ce mois de septembre, selon les données douanières nationales, une première depuis novembre 2018, selon un article de l'agence Reuters du 20 octobre. La raison est évidente : la guerre commerciale à laquelle se livrent la Chine et les États-Unis, l’Empire du Milieu surtaxant les matières premières agricoles émanant du pays de l’Oncle Sam. En septembre 2024, les douanes chinoises rapportaient que 1,7 Mt de soja étasunien avaient été importées. Désormais, la Chine se tourne davantage vers d’autres origines, comme le Brésil ou l’Argentine. Selon un mail reçu par Agra Presse de l’analyste Matt Ammermann du cabinet StoneX, la situation ne devrait guère s’améliorer pour les États-Unis, du moins à court terme, même en cas de détente des relations commerciales entre les deux nations. « La Chine est bien couverte et n’aura pas forcément besoin du soja US » lors des prochaines semaines et même prochains mois, indique-t-il. Un autre analyste, Johnny Xiang, fondateur du bureau AgRadar Consulting basé à Pékin, indique qu’une fenêtre pourrait néanmoins se rouvrir entre février et avril 2026, le Brésil ayant déjà chargé d’importants volumes, et pourrait disposer de faibles disponibilités à cette période.
Installation/PLF 2026: en commission, les députés créent un crédit d'impôt transmission
A l'occasion de l'examen du projet de loi de finances (PLF) pour 2026 en commission des finances le 21 octobre, les députés ont adopté, avec avis défavorable du rapporteur Philippe Juvin (DR), des amendements socialistes et Liot visant à instaurer un crédit d'impôt transmission. Dans le détail, les députés modifient une réduction d'impôt existante dans le cadre des cessions à des jeunes avec différé de paiement, en font un crédit d'impôt, et l'étendent aux transmissions sans différé. La vente doit être réalisée au profit de jeunes en activité depuis moins de cinq ans, en installation aidée. En séance, le rapporteur a affirmé que le crédit d'impôt « n'est pas le bon vecteur pour favoriser la transmission». Et de conseiller aux députés de se tourner vers le dispositif d'exonération partielle de DMTG (droits de mutation à titre gratuit), et la fiscalité des plus-values de cession, qui avaient déjà été consolidés dans la loi de finances pour 2025. Les députés ont adopté des amendements EPR, DR et RN assouplissant une règle sur l’exonération partielle accordée pour la transmission à titre gratuit. Ils lèvent l’obligation de conservation du bien en cas de nouvelle donation si les bénéficiaires la respectent eux-mêmes.
Jeunes agriculteurs : Bruxelles dévoile sa feuille de route pour améliorer l’attractivité
Comme attendu, la Commission européenne a publié, le 21 octobre, sa stratégie sur le renouvellement générationnel en agriculture qui se veut être une feuille de route avec comme objectif principal de doubler la part des jeunes et nouveaux agriculteurs d’ici 2040 (de 12% à 24%). Pour maintenir les jeunes en milieu rural, Bruxelles prévoit un ensemble de mesures incitatives et des recommandations à destination des Etats membres se fondant sur cinq piliers d’action (accès aux financements, au foncier, aux compétences, à des conditions de vie équitables dans les zones rurales et soutien à la succession) afin de lever les obstacles rencontrés par les jeunes agriculteurs. Au-delà des dispositions prévues dans la proposition de réforme de la Pac, qui reste un élément central de l’action de l’UE, l’exécutif européen souhaite également mettre à contribution d’autres outils comme le Semestre européen. «Nous faisons du soutien aux jeunes et aux nouveaux agriculteurs une priorité politique pour notre sécurité alimentaire et nos zones rurales», a déclaré le commissaire européen à l’Agriculture, Christophe Hansen. Et d’ajouter : «Nous reconnaissons que les jeunes agriculteurs ont des défis spécifiques qui doivent être relevés par des actions spécifiques». Toutefois, l’efficacité de cette stratégie dépendra largement de la volonté et de la capacité des Etats membres à mettre en œuvre ces dispositions. Dans un communiqué, les JA ont salué ces «annonces fortes», mais regretté la manque de moyens financiers et l’«absence de mesures contraignantes».
Gestion des aléas/PLF : en commission, les députés élargissent le mécanisme de la DEP
Lors de l’examen du PLF 2026 en commission des Finances le 21 octobre, les députés ont élargi le champ d’application de la DEP (déduction pour épargne de précaution). Ils ont adopté, avec l’avis favorable du rapporteur, des amendements DR et EPR ouvrant ce mécanisme au cas de survenance d’un aléa économique, caractérisé par une baisse de la valeur ajoutée « d'au moins 10 % ». D’autres amendements RN et EPR visent à répondre aux sinistres sanitaires de toute nature : la DPE est étendue à l’indemnisation dans le cadre d’un programme national ou européen autre que celle du FMSE (Fonds de mutualisation sanitaire et environnemental). Egalement avec l’avis favorable du rapporteur, les députés ont adopté un amendement DR relevant le plafond de la DEP de 150 000 € à 250 000 €. Ils ont voté des amendements EPR, DR et RN destinés à rendre le mécanisme encore plus incitatif. Aujourd’hui, une réintégration partielle de la DPE est prévue à hauteur de 70 %, en cas de sinistres climatiques, sanitaires ou naturels faisant l’objet d’une indemnisation par les assurances multirisques agricoles, le FMSE, la solidarité nationale ou le dispositif des calamités agricoles pour les pertes de fonds. Les députés proposent que seules 50 % des sommes déduites au titre de l’épargne de précaution soient réintégrées dans le résultat fiscal de l’exploitation.
Service de remplacement/PLF : en commission, les députés renforcent le crédit d’impôt
Lors de l’examen du projet de loi de finances (PLF) pour 2026 en commission des Finances le 21 octobre, les députés ont renforcé le crédit d’impôt au titre des dépenses de remplacement. Ils ont adopté, avec l’avis favorable du rapporteur Philippe Juvin (DR), un amendement DR étendant de 17 à 28 jours le nombre de jours de congés pouvant en bénéficier. Le dispositif est, de plus, pérennisé au-delà du 31 janvier 2027. « Selon le Service de remplacement, cette mesure a permis de développer l’accès aux congés, les remplacements pour congés passant de 80 000 journées à 180 000 journées, et le nombre de bénéficiaires de 10 000 à 20 000 », souligne l’exposé. Les signataires mettent en avant un « dispositif, aux effets positifs en termes de diminution du stress et des risques psychosociaux pour les agriculteurs, (qui) aurait également un impact favorable de dynamique territoriale, avec la création d’emplois stables et sécurisés au sein des services de remplacement. Ces salariés, qui resteront plus longtemps et connaîtront davantage les fermes dans lesquelles ils travaillent, constitueront en outre un vivier de renouvellement des générations ».
DNC/bovins: trois animaux euthanasiés en Bretagne, après un voyage avec des veaux infectés
Dans un communiqué mis à jour le 20 octobre, les chambres d'agriculture de Bretagne confirment que trois bovins ont été euthanasiés, le 17 octobre, dans des élevages des Côtes-d'Armor et du Morbihan, après avoir voyagé dans le même camion que des veaux infectés par la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), issus du premier foyer identifié dans le Jura, et partis quelques jours avant sa déclaration. Les deux exploitations bretonnes subissent depuis un blocage des mouvements d'animaux, qui doit durer 28 jours, Quatre autres exploitations bretonnes, d'Ille-et-Vilaine et du Morbihan, sont bloquées de la même manière, après avoir accueilli des bovins (neuf au total) qui avaient transité par le marché de Bourg-en-Bresse le même jour que ces veaux infectés. Les chambres d'agriculture rappellent que «ces mesures sont prises à titre préventif» et qu'à ce jour, «aucun foyer n’est confirmé en Bretagne», qui «reste donc indemne de DNC». Et d'appeler à «la plus grande vigilance dans les jours et semaines à venir».
Etats-Unis/viande bovine : Trump veut se tourner vers l’Argentine pour faire baisser les prix
Alors qu’un plan est en préparation, le président américain Donald Trump pourrait se tourner vers les importations argentines afin de faire baisser les prix du bœuf. C’est ce qu’il a déclaré à la presse américaine, le 19 octobre lors d'un vol entre la Floride et Washington. Une proposition qui n’enchante guère la filière américaine de la viande bovine. « La baisse des prix du bœuf pour les consommateurs commence par rétablir l'équité sur le marché, et non par importer du bœuf d'Argentine et vendre moins cher que les éleveurs américains », a déclaré le 20 octobre, Rob Larew, président de la NFU (National Farmers Union - agriculteurs). Même tendance chez les éleveurs. « L'intervention du gouvernement n'est pas nécessaire dans une industrie qui se corrige déjà en réponse à des années de pression du marché », a affirmé Justin Tupper, président de l'US Cattlemen's Association (USCA). Les prix du bœuf ont atteint des sommets historiques aux Etats-Unis du fait de la réduction du cheptel touché par une sécheresse depuis plusieurs années dans l'ouest du pays. A cela s’ajoutent la suspension des importations mexicaines afin d'empêcher la propagation d'un ravageur et les droits de douane imposés au Brésil.
Influenza aviaire : le gouvernement rehausse le niveau de risque à « élevé »
Dans un arrêté du 17 octobre publié au Journal officiel du 21 octobre, le gouvernement fait passer le niveau de risque d’influenza aviaire de « modéré » à « élevé », pour une application le lendemain de la publication, soit le 22 octobre. Le niveau de risque venait de passer de « négligeable » à « modéré » le 16 octobre. La DGAL (ministère de l'Agriculture) rappelle la possibilité de diffusion du virus par les oiseaux migrateurs aux oiseaux d'élevage et domestiques, ainsi que la confirmation, sur le territoire métropolitain, de deux foyers dans des élevages de volailles et de trois foyers dans des basses-cours. Dans son communiqué du 21 octobre, le ministère de l’Agriculture souligne qu'en conséquence les volailles de toutes espèces doivent être mises à l'abri et que les rassemblements d'oiseaux sont interdits. S'agissant des palmipèdes, leur transport est soumis à des mesures de biosécurité renforcées sur l'ensemble du territoire métropolitain. Dans les ZRD (zones à risque de diffusion) des tests virologiques sont à effectuer avant tout transfert entre deux élevages et les conditions d’accès des intervenants dans les élevages sont renforcées.
Associations antispécistes: durcissement de fiscalité à nouveau adopté en commission
Comme ils l'avaient fait dans les projets de loi de finances pour 2023 et 2025, les députés de la commission des finances ont adopté un amendement Les Républicains (LR) visant à élargir les motifs d'exclusion de certaines réductions d'impôts dont bénéficient les associations, ciblant celles, «souvent issues de mouvances antispécistes, (qui) mènent des actions illégales – effractions, captations d’images sans consentement, intrusions dans les élevages». Sans la nommer, le texte vise L-214, qui diffuse régulièrement ce type d'images. L'amendement ajoute cinq motifs d'exclusion des aides : «l’entrave à l’activité économique par discrimination», «l’introduction dans le domicile d’autrui», «la captation ou la diffusion d’images sans consentement», «l’occupation sans droit d’un terrain appartenant à autrui», «la destruction ou la menace de destruction de biens», «la provocation et la diffamation par voie de presse». Des dispositions similaires étaient portées depuis 2019 par le député Les Républicains (LR) des Côtes d'Armor Marc Le Fur, récemment remplacé à cette fonction et dans ce combat, par son fils Corentin, dépositaire de l'amendement. Les précédentes tentatives avaient reçu des avis défavorables du gouvernement.
Nutrition/climat : Matignon va relancer un tour de concertation interministérielle sur la Snanc
Le cabinet du Premier ministre Sébastien Lecornu a indiqué à Agra presse le 21 octobre, la tenue d’un nouveau tour de concertation interministérielle autour de la Stratégie nationale nutrition climat (Snanc). Prévue dans le cadre de la loi « Climat et résilience » de 2021, ce document censé définir l’action du gouvernement pour une alimentation «saine et durable» d’ici 2030 devait paraître en juillet 2023 au plus tard. Mais il a pris du retard. Après la réunion interministérielle (Rim) conclusive du 3 septembre, le projet de Snanc semblait prêt à être publié. In extremis, le cabinet du désormais ancien Premier ministre, François Bayrou, a modifié le texte, entraînant le blocage de sa publication. Plus précisément, Matignon avait alors préféré parler de « consommation de viande équilibrée » plutôt que de « réduction de la consommation de viande », tel que cela figurait dans le projet de Snanc la semaine précédente. Selon plusieurs associations (France Nature Environnement, Réseau Action Climat, Société française du Cancer, WWF France etc.), ce revirement de dernière minutes tenait à des « pressions de certains lobbies du secteur agroalimentaire ». Dans une lettre ouverte envoyée le 24 septembre, elles ont appelé le Premier ministre Sébastien Lecornu à publier « au plus vite » la Snanc.
Maraîchage/vin: en commission, les députés poussent des allégements dédiés
A l'occasion de l'examen du projet de loi de finances (PLF) pour 2025, en commission des finances, le 21 octobre, députés ont adopté, malgré l’avis défavorable du rapporteur, un amendement de Perrine Goulet (Les Démocrates) accordant un crédit d’impôt aux horticulteurs et maraîchers victimes d’aléas climatiques. Cette mesure existe déjà pour les éleveurs concernés par l’abattage sanitaire de leur cheptel. L’amendement élargit son champ d’application aux horticulteurs et maraîchers, qui peuvent ainsi bénéficier d’un crédit d’impôt « calculé sur la base de la différence entre l’indemnité perçue à raison de la destruction en raison d’aléas climatiques de leurs installations, et la valeur nette comptable des éléments sinistrés ». Une condition est fixée : réinvestir dans la reconstitution des moyens de production dans un délai d’un an. Par ailleurs, les députés ont adopté, avec l’avis favorable du rapporteur, des amendements EPR et Liot visant à permettre aux exploitants agricoles et viticoles soumis au régime réel d’imposition de cumuler le dispositif du blocage des stocks à rotation lente avec les mécanismes d’étalement des revenus exceptionnels et de moyenne triennale.
Tomate industrie : l’Italie du Nord signe un record inattendu en volumes (profession)
En Italie du Nord, alors que la saison s’est close le 11 octobre, les volumes de tomates livrées aux industriels ont totalisé 3,12 millions de tonnes, rapporte l’organisation de producteurs Pomodoro le 16 octobre. Portés par les surfaces, « les volumes livrés ces dernières semaines ont atteint un niveau record, jamais livré et transformé auparavant dans le bassin du nord de l'Italie », se félicite l’association. Si le nord de l’Italie s’attendait à une bonne récolte, les conditions météorologique avaient ensuite suscité le doute chez les producteurs : températures anormalement élevées de juin et début juillet, entraînant une pénurie de tomates en août et forte pluies dans le centre-est du bassin de l'Italie orientale pendant les récoltes. Mais les surfaces plantées avaient atteint 45 030 hectares, soit une augmentation de 8 % de la surface cultivée par rapport aux années précédentes, selon l’OI Pomodoro. C’est ce qui explique le bon niveau en volumes car, côté rendements, la moyenne a été de 69,3 t/ha, nettement inférieure aux cinq dernières années (73,2 t/ha). « Nous devons soutenir les projets de recherche variétale vers des variétés adaptées à nos sols et aux conditions climatiques changeantes », analyse Giuseppe Romanini, président de l'association
Raisin de table : la campagne française freinée par une forte promotion du raisin italien
La première partie de la campagne de raisin de table 2025 a été perturbée par un niveau de promotions sur le raisin importé, notamment italien, supérieur à celui des années précédentes, réduisant la visibilité des deux grands bassins de production français du Sud-Ouest et du Sud-Est, a indiqué Alexandra Lacoste, directrice de l’AOP raisin de table, à Agra presse le 21 octobre. Selon les données de la filière, le raisin de table représenterait 8 % du panier fruits et légumes des ménages en octobre, se plaçant en deuxième position derrière la pomme, avec 36 % d’origine France. Après deux campagnes difficiles en 2023 et 2024, marquées par des volumes inférieurs au potentiel de production, l’année 2025 a été plus favorable, avec un niveau de récolte revenu à la normale, « avec un excellent taux de sucre et des arômes particulièrement développés », souligne Mme Lacoste. Lors d’une réunion organisée à l’initiative de la préfecture du Vaucluse le 10 octobre, la filière raisin de table du Sud-Est a réaffirmé sa volonté de soutenir la commercialisation du raisin français jusqu’à la fin de campagne, fin novembre. Elle a également souligné la nécessité de préparer dès le premier trimestre 2026 la prochaine campagne, afin de mieux coordonner production et communication, avec l’objectif « de renforcer la compétitivité et la visibilité du raisin français ».
Travail saisonnier : le Royaume-Uni assouplira l'obtention des visas à partir de novembre
Le gouvernement britannique a annoncé que le Royaume-Uni assouplirait les règles d’obtention de visas pour les travailleurs agricoles saisonniers à partir du mois de novembre, le 14 octobre. En vertu de ces nouvelles règles inscrites dans un programme national dédié, le Seasonal Worker Scheme (SWS), les travailleurs saisonniers pourront séjourner jusqu'à six mois au Royaume-Uni sur une période de dix mois. Cela devrait permettre de réduire l’intervalle entre les visas, ce qui faciliterait aux saisonniers leur participation aux différentes récoltes, des cultures de printemps comme les jonquilles et les asperges aux fruits d'été comme les fraises et les prunes. La décision, qui sera effective le 11 novembre, a été prise après un fort lobbying du principal syndicat agricole anglais, le NFU (National farmers union), qui s’est félicité d’une « avancée significative », demandée de longue date. « Cela permettra également aux travailleurs, qui constituent un élément essentiel de notre secteur, d'optimiser leurs revenus et de renforcer la confiance des agriculteurs et des producteurs. Il est donc essentiel que le gouvernement confirme l'attribution des visas SWS 2026 dès que possible, afin de garantir aux producteurs la disponibilité de suffisamment de travailleurs pour la récolte de l'année prochaine », précise Martin Emmett, président du collège horticulture et pommes de terre de la NFU.
RSA : plusieurs organisations dont Solidarité Paysans attaquent les obligations au Conseil d’Etat
A l’occasion d’une conférence de presse le 22 octobre, onze associations caricatives, dont Solidarité Paysans, et quatre syndicats de salariés (CFDT, CGT FSU Emploi, Solidaires) doivent annoncer le dépôt d’un recours devant le Conseil d'Etat contre le décret du 31 mai relatif aux sanctions applicables aux demandeurs d'emploi en cas de manquement à leurs obligations. « Notre mission est de défendre une agriculture donnant un revenu digne mais aussi l’accessibilité aux dispositifs de solidarité pour les agriculteurs qui font face à des inégalités criantes dans la répartition des aides », explique Marie-Andrée Besson, présidente de Solidarité Paysans « A l’heure où l’on parle de mal-être et santé mentale en agriculture, il y a une contradiction entre le discours public et les actes ». En février, une convention signée entre la MSA et France Travail a permis d'exempter les exploitants des 15 heures d’activité hebdomadaires prévues par la réforme du RSA. Mais Solidarité Paysans travaille encore avec le ministère des Solidarités sur « le fait que les départements gèrent le dossier, entraînant de fortes disparités » sur les conditions d’accès au RSA. Selon la MSA, au deuxième trimestre 2025, le nombre d’allocataires au RSA agricole s’établissait à 25 190, équitablement répartis entre exploitants (12 030) et salariés agricoles (13 160). Les trajectoires sont en revanche différentes : si le nombre d’allocataires baisse de 10% chez les salariés sur la période, il progresse de 8% chez les non-salariés.
Les Pays de la Loire signent un «pacte» sur la restauration avec Rosée des Champs
La coopérative ligérienne Rosée des Champs, spécialisée dans les légumes prêts à l’emploi dédiés à la restauration hors domicile, a signé le premier «pacte filières Ici, on cuisine ! », développé par les Pays de la Loire, annonce la région dans un communiqué de presse le 20 octobre. Cette initiative vise à favoriser et à améliorer de façon significative l’approvisionnement local dans les 110 services de restauration des lycées publics régionaux , en levant les freins bien connus en la matière (contraintes des marchés publics, difficultés logistiques, coûts et temps de gestion). « Nous travaillons depuis longue date à renforcer le lien avec les filières agricoles et agroalimentaires pour faciliter les approvisionnements locaux dans nos lycées. Ces pactes filières structurants signent la concrétisation d’une coopération consolidée », souligne Lydie Bernard, vice-présidente de la Région en charge de l'agriculture. Les pactes filière, appelés à être déployés dans les cinq départements des Pays de la Loire, associent producteurs, coopératives, industriels et distributeurs sélectionnés pour « leur ancrage territorial et leur capacité à répondre aux besoins spécifiques de la restauration collective ».
Emballages professionnels : le projet de Rep favorise le carton, alerte Réseau Vrac & Réemploi
Dans un communiqué de presse du 21 octobre, Réseau Vrac & Réemploi appelle la nouvelle ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, à revenir sur l’exemption d’objectif de réemploi les emballages en carton dans le projet de cahier des charges de la filière REP (responsabilité élargie du producteur) pour les Emballages professionnels. L’association rappelle que la loi Agec (économie circulaire) prévoit 10 % d’emballages réemployés d’ici à 2027 pour l’ensemble des matériaux et secteurs d’activité. Selon elle, exempter le carton de cet objectif encouragerait la livraison sous carton à usage unique aux dépens d’alternatives comme des « caisses navettes », des bacs rigides ou des palettes réemployables. Ceci alors que « les acteurs du réemploi ont fait la preuve de la faisabilité technique et économique du modèle, dans une logique d’économie circulaire compétitive », argumente le communiqué. Réseau Vrac & Réemploi met donc en garde l’exécutif français contre l’anticipation du débat parlementaire sur l’adaptation au règlement européen sur les emballages (PPWR) applicable en août 2026. L’association souligne que si le PPWR prévoit l’exemption du carton, la version en circulation du projet de loi « Ddadue » ne la prévoit pas.
Coordination rurale : arrivée d’un directeur général exécutif, ex-candidat RN
Matthieu Danen a été embauché à la Coordination rurale comme directeur général exécutif, mi-octobre, indique le service de communication, confirmant une information du média Contexte. Matthieu Danen a été candidat malheureux sous l’étiquette RN aux élections législatives de 2017 en Aveyron face au député Renaissance Stéphane Mazars. Il a par ailleurs travaillé à l’Assemblée nationale comme collaborateur parlementaire des députés RN Anne Sicard (Val-d’Oise) et Thibaut Monnier (Drôme). Ses missions se focaliseront sur la communication et l’animation des territoires, afin de renforcer les liens entre le national et les départements, tâche stratégique en vue des prochaines élections du syndicat en novembre prochain, pour lesquels Bertrand Venteau a annoncé sa candidature à la présidence, révélateur de certains désaccords entre la direction actuelle et quelques départements. Il travaille aux côtés d’Yves Rodriguez, directeur général en charge des tâches administratives et de support.