Agrafil du 22 janvier 2025

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FCO : ouverture du guichet des soldes «la semaine prochaine», versements «d'ici fin février»

A l'occasion de ses voeux au secteur agricole le 21 janvier, la ministre de l'Agriculture Annie Genevard a annoncé que le guichet pour déposer des demandes de solde d'indemnisation des pertes dues à la fièvre catarrhale ovine (FCO) ouvrira «la semaine prochaine» et que «les paiements débuteront d'ici fin février». Le 12 décembre, la ministre avait annoncé pour «fin janvier» l'ouverture simultanée d'un guichet pour le solde des indemnisations du sérotype 8 de la FCO (ovins et bovins) et d'un guichet pour l'indemnisation des pertes dues au sérotype 8. Restait alors à fixer les critères d'indemnisation du guichet solde avec les professionnels ; c'est fait depuis «ce weekend», a annoncé la ministre lors des voeux: «j'ai tenu compte des pertes sur les veaux de moins d'un mois, pour étendre à cette catégorie le bénéfice des pertes directes, et augmenté la valorisation des veaux de moins de six mois». Annie Genevard a par ailleurs indiqué que l'Etat «viendra en aide» au FMSE (fonds sanitaire professionnel), qui prend en charge des pertes indirectes. Annoncé le 4 octobre, le fonds d’urgence FCO de 75 M€ visait d’abord uniquement la FCO-3, avant d'être étendu à la FCO-8. Au 2 janvier, la France comptait 9155 foyers de fièvre catarrhale ovine de sérotype 3 (FCO-3), ainsi que 3750 cas de maladie hémorragique épizootique (MHE). Sans oublier des milliers de cas de FCO-8.

Identification des bovins: une enveloppe prévue pour la dématérialisation (ministre)

«La dématérialisation des passeports bovins fait bien partie de la feuille de route du ministère» de l’Agriculture, a assuré Annie Genevard devant les sénateurs le 17 janvier. Selon elle, le projet de loi de finances (PLF) pour 2025 comprend «32 millions d'euros en autorisations d'engagement qui sont fléchés sur différents systèmes informatiques», dont Sinema (système informatique national d'enregistrement des mouvements d'animaux). Sinema comprendra les différents éléments appelés à remplacer la BDNI (base de données nationale d’identification animale), jugée «obsolète» par un rapport du CGAAER publié en 2020. Le nouveau système comprendra un «entrepôt de données» qui stockerait de manière sécurisée les données fournies par les professionnels, issues de bases de données par filière. Il reste encore à créer une base de données bovine, ainsi qu’un fichier national des exploitations d’animaux de rente, géré par les chambres. Au-delà de cette architecture informatique, l’État s’est engagé à financer la dématérialisation des passeports bovins (document d’identification, ou «carte verte»). En revanche, les pouvoirs publics n’ont pas promis de soutenir l’achat des boucles électroniques par les éleveurs, dernier étage de la fusée (lire notre enquête d’avril 2024).

Élevage: «pas possible» de continuer à payer vaccins et indemnisations, selon Genevard

S’exprimant lors de l’examen par le Sénat du projet de loi de finances (PLF) pour 2025, Annie Genevard a confirmé que le financement sera la question centrale des Assises du sanitaire en élevage, qui seront lancées le 30 janvier. «La France est la seule à payer les vaccins et l’indemnisation» pour les maladies vectorielles (FCO, MHE), a rappelé la ministre de l’Agriculture. «Ce n’est pas possible, on ne peut pas continuer comme ça», a-t-elle répété. «Les budgets n’y suffiront pas.» Dans un rapport publié en décembre 2024, le CGAAER constatait qu’il n’y avait «pas de consensus» sur ce sujet. Missionnés par l’ancien ministre de l’Agriculture Marc Fesneau, ses deux auteurs avaient testé auprès des parties prenantes une nouvelle doctrine consistant à mutualiser une «part significative» du budget «au sein du maillon amont (…) voire au sein de la filière». Le projet visait à ce que l’État continue à financer les indemnisations sanitaires (abattages sur ordre de l’administration), mais pas les indemnisations économiques (pertes dues à la maladie et aux mesures de lutte). La question du financement «reste un gros point d’interrogation», note la directrice de GDS France Kristel Gache, interrogée par Agra Presse le 17 janvier. Selon elle, «un des attendus des Assises, c’est d’arriver à un modèle financier plus équilibré et plus anticipé».

Financement de l’équarrissage: Genevard renvoie le débat aux Assises du sanitaire

Lors de l’examen du PLF au Sénat le 17 janvier, Annie Genevard a estimé «prématuré» de débloquer des crédits publics pour financer une «surcapacité d’équarrissage» pouvant être déployée en cas de crise sanitaire, renvoyant le sujet aux Assises du sanitaire. La ministre de l’Agriculture s’est engagée à ce que cette question «soit convenablement traitée aux Assises», tout en demandant que «l’on fasse la lumière sur les dysfonctionnements» rencontrés par la société Atemax à l’été 2024. En raison de l’épizootie de FCO, les capacités de traitement avaient été saturées, entraînant une suspension de la collecte des animaux trouvés morts en élevages. Deux amendements – déposés l’un au nom de la Coméco et l’autre par des élus centristes – proposaient de «consacrer temporairement 2,1 M€ au maintien de surcapacités d’équarrissage, avant d’en transférer la charge aux interprofessions». La France ayant retrouvé son statut indemne d’ESB, les abattoirs ne sont plus tenus d’enlever les parties à risque (moelle épinière et crâne), ce qui représente «180 000 tonnes» retirées de l’équarrissage, selon Laurent Duplomb. «Si on ne fait rien, les centres d’équarrissage – qui sont des centres privés – fermeront ces lignes», prévient le sénateur LR, de Haute-Loire, qui a finalement retiré son amendement à la demande de la ministre.

Élevage: Duplomb propose de fusionner GDS et chambres d’agriculture

Lors de l’examen au Sénat du projet de loi de finances (PLF) pour 2025, le sénateur Laurent Duplomb (LR, Haute-Loire) a proposé de fusionner les Groupements de défense sanitaire (GDS) avec les chambres d’agriculture, pour réaliser «des économies d’échelle». Cette proposition ne faisait pas l’objet d’un amendement, et, dans sa réponse à l’élu auvergnat, la ministre de l’Agriculture ne s’est pas exprimée à ce sujet. S’exprimant plus largement sur les Assises du sanitaire, M. Duplomb a estimé que «réfléchir à un regroupement des GDS avec les chambres d’agriculture peut être un élément qui peut permettre de faire non seulement des économies d’échelle, mais de trouver les moyens nécessaires pour faire une vraie politique territorialisée sanitaire». Il existe 86 GDS en France, pilotés par 1028 administrateurs éleveurs et animés par 1141 salariés. Cette proposition du sénateur avait été formalisée à l'automne dans un rapport budgétaire. Depuis, le réseau GDS France a rencontré la ministre de l'Agriculture, qui lui aurait indiqué que la proposition n'était pas à l'ordre du jour, rapporte son président Christophe Moulin à Agra presse: «Ce sont des débats que nous avons eu il y a 70 ans, et qui reviennent régulièrement par méconnaissance de notre travail. Notre approche ne doit pas être sous l'influence du politique et de l'économique. Nos élus sont apolitiques, pour prêcher non pas la belle parole, mais la bonne parole.» Les fédérations régionales des GDS sont reconnues comme «organismes à vocation sanitaire» (OVS), l’État leur délègue des missions de service public sur les dangers sanitaires réglementés. Ces agréments ont été renouvelés il y a quelques semaines, pour une durée de cinq ans.

Bien-être animal : le fonds souverain de la Norvège veut faire respecter des standards

Le fonds souverain de la Norvège, le plus gros au monde avec environ 1.700 milliards d'euros d'actifs, a exhorté les entreprises dans lesquelles il investit à respecter le bien-être animal, une nouveauté saluée par ses défenseurs. «Nous mettons régulièrement à jour nos attentes vis-à-vis des entreprises en matière de durabilité et nous avons récemment inclus le bien-être animal», a déclaré Caroline Eriksen, une responsable du fonds, dans un courriel à l'AFP. En pratique, le fonds qui pèse près de 20.000 milliards de couronnes (1.695 milliards d'euros), demande aux groupes dans lesquels il détient des parts de respecter le code sanitaire pour les animaux terrestres de l'Organisation mondiale de la santé animale. Ce code recense de nombreuses recommandations visant notamment à épargner les animaux de la faim et de la soif, de la peur et du stress, de la douleur, des maladies et des blessures, ou encore de l'inconfort. Le bien-être animal, inclus fin décembre dans un document d'orientation sur les intérêts des consommateurs, sera débattu avec les entreprises dans le cadre du dialogue avec leurs directions et lors de votes des actionnaires, indique le fonds.

UE/Mercosur : Bruxelles entretient le flou autour de la compensation des pertes agricoles

Alors que l’accord de libre-échange UE/Mercosur reste controversé, la Commission européenne entretient le flou concernant l’outil permettant, en dernier ressort, de compenser les perturbations des marchés agricoles. A l’occasion de son échange avec les parlementaires européens le 16 janvier, le commissaire au Commerce, Maros Sefcovic avait évoqué la possibilité de mettre en place un fonds «d’au moins un milliard d’euros». Olof Gill, porte-parole de la Commission européenne sur ces questions, a apporté, le 21 janvier, quelques éléments complémentaires sans toutefois dissiper les interrogations. «Le but de la manœuvre est de disposer d’une sorte de politique d’assurance pour les zones rurales et les agriculteurs dans le cas improbable où notre secteur agro-alimentaire subirait un impact négatif», précise-t-il. Néanmoins, aucune indication n’est fournie par la Commission européenne concernant la forme. Bruxelles ne dit pas si cette «réserve additionnelle» consistera en une augmentation de la réserve agricole ou s’il s’agira d’un mécanisme supplémentaire en dehors de la Pac. «Cela fera partie des discussions dans le cadre du prochain cadre financier pluriannuel (CFP)», se contente d’indiquer l’exécutif européen.

Phytos interdits : en commission, le Sénat veut leur étiquetage sur les denrées importées

Lors de l’examen du projet de loi d’orientation agricole (LOA) le 21 janvier en commission des Affaires économiques, les sénateurs ont proposé d'instaurer un étiquetage des phytos interdits sur les denrées importées de pays tiers. Un amendement des rapporteurs Laurent Duplomb (LR) et Franck Menonville (Union centriste) prévoit d’afficher les «méthodes de production interdites ou restreintes au sein de l’Union européenne qui ont été utilisées pour produire ces denrées», à savoir notamment le recours à des produits phytosanitaires, à des pratiques contraires au droit du travail ou au bien-être animal. «Il s’agirait en quelque sorte de "mesures miroirs" par le biais de la transparence, afin d’apporter une information claire et objective aux consommateurs et leur permettre de faire, par leurs décisions de consommation, ce que les pouvoirs publics se refusent à faire par la réglementation», d’après l’exposé. De plus, l’amendement vise à «assurer sa compatibilité avec le droit de l’Union européenne», en fixant comme objectif, dès 2025, de porter au sein du Conseil de l’UE une proposition de révision du règlement dit « Inco » (Information du consommateur). 

OFB: Matignon va recevoir les syndicats des agents pour apaiser les tensions

Matignon va recevoir les syndicats de l’Office français de la biodiversité (OFB) pour apaiser les tensions des derniers jours, selon l’AFP le 21 janvier. Le rendez-vous serait «en cours de calage». Le 17 janvier, les syndicats de l’OFB (Syndicat national de l'Environnement, FSU, FO, CGT, Unsa, EFA-CGC) ont appelé à la grève des contrôles, notamment chez les agriculteurs, en réaction aux propos du Premier ministre François Bayrou. Ce dernier avait qualifié d’«humiliation» pour les agriculteurs et de  «faute» le cas où des «inspecteurs de la biodiversité viennent inspecter un fossé avec une arme à la ceinture», lors de sa déclaration de politique générale à l’Assemblée le 14 janvier. Après Agnès-Pannier Runacher vendredi, Matignon a appelé ce mardi à «l'apaisement en condamnant toute forme d'agression et en apportant son soutien aux agents de l'OFB». Les services du Premier ministre ont rappelé que «99% des contrôles» dans les fermes se passent «dans un climat apaisé» et souhaitent «poursuivre le travail de simplification déjà engagé sur les normes et les contrôles en agriculture», rapporte l’AFP. Pour Matignon, la circulaire des ministères de l’Agriculture et de la Transition écologique à l’OFB de début décembre constitue «un bon équilibre», sur le port d'armes notamment. 

Bio: les professionnels font front commun contre la suppression de l'Agence bio

Après la Fnab (producteurs bio) la veille, la FNSEA et les JA estiment «incompréhensible» la décision des sénateurs d’adopter, le 17 janvier, la suppression de l’Agence bio avec avis de sagesse du gouvernement. Dans un communiqué le 21 janvier, les deux syndicats «déplorent que l’amendement adopté n’ait fait l’objet d’aucune consultation préalable des organisations professionnelles agricoles». Alors que la ministre de l’Agriculture Annie Genevard a qualifié l’idée de «pertinente», la FNSEA et les JA estiment que c’est une erreur tant sur la «méthode» que «sur le fond» vu «les grandes difficultés économiques et structurelles» de l’agriculture biologique qui a «besoin de soutien, pas d’un affaiblissement supplémentaire». Même son de cloche du côté de la Confédération paysanne. «Le risque d'internaliser [les] missions [de l’Agence bio] serait de saucissonner les enjeux par filière et de noyer encore davantage les moyens dédiés à la bio», alerte le syndicat minoritaire dans un communiqué le 20 janvier. Sans surprise, l’Agence bio exprime sa stupéfaction à l’idée de «mettre fin au seul lieu d’expression et de concertation national de l’ensemble de la filière» bio, et ce pour des «économies de bouts de chandelle», dans son propre communiqué le même jour. Outrée, l’association Générations futures demande quant à elle «la démission de la ministre de l’Agriculture !». 

Transmission : en commission, les sénateurs proposent une aide au passage de relais

Lors de l’examen du projet de loi d’orientation agricole (LOA) le 21 janvier en commission des Affaires économiques, les sénateurs ont proposé une «aide au passage de relais», destinée aux agriculteurs «en proie à des difficultés familiales, de santé, économiques ou encore d’adaptation à la réglementation, et se trouvant à moins de cinq ans de l’âge légal de départ à la retraite». Un amendement des rapporteurs Laurent Duplomb (LR) et Franck Menonville (Union centriste) prévoit, dès 2025, ce dispositif «pouvant être alloué aux chefs d’exploitation agricole âgés de cinquante-neuf ans au moins (…), s’ils cessent définitivement leur activité agricole et rendent leurs terres et les bâtiments d’exploitation disponibles pour une installation aidée ou la consolidation d’une installation aidée». La mesure, portée de longue date par des syndicats comme la FNSEA, répond à «la surreprésentation du suicide chez les actifs agricoles autour des âges de la transmission et de la retraite», selon l’exposé. Cette aide prendrait la forme d’une allocation d’environ 1 100 € par mois et d’une prise en charge des cotisations sociales maladie et retraite de l’exploitant et des membres de sa famille qui participent aux travaux. Il est prévu «une dizaine de dossiers par département et par an».

Tourteau de soja: le port de Dunkerque teste son importation pour la première fois

À l'occasion d'une conférence de presse le 21 janvier, son directeur général adjoint, Daniel Deschodt, a annoncé que le grand port maritime de Dunkerque (GPMD) avait importé «pour la première fois du tourteau de soja, à hauteur de 15 000 t», afin d'alimenter des fabricants d'aliments pour animaux dans le nord de la France. Il s'agit en réalité d'un test, afin de savoir si ce genre d'opération est économiquement viable pour les importateurs, précise le représentant du GPMD. Traditionnellement, les ports de Gand, ou encore de Rotterdam, constituent les principaux points d'entrée du tourteau de soja pour les industriels du nord de l'UE, incluant ceux basés dans le nord de la France. «Nous espérons stabiliser ce genre de flux dans les années à venir», précise Daniel Deschodt. Le GPMD intensifie actuellement sa stratégie de diversification de ses activités, dans un contexte céréalier particulièrement difficile en 2024-2025. Selon nos confrères de La Dépêche-Le Petit Meunier, la cargaison correspond à du soja non déforestant et tracé, en provenance du Brésil. La marchandise est arrivée en Panamax (dénommé Star Amethyst) le 18 décembre dernier. Toujours d'après le média, le projet d'importer des protéines végétales depuis Dunkerque est porté par l’association Nutriarche, regroupant les industriels de la nutrition animale de Normandie, des Hauts-de-France et du Grand-Est, soit environ 1,1 Mt d'aliments composés.

Négoce : feu vert sous conditions d'Ottawa pour le rachat de Viterra par Bunge

Les autorités canadiennes ont annoncé le 14 janvier autoriser le rachat par le négociant international Bunge des activités locales de son concurrent Viterra. Au Canada, Viterra possède, entre autres, des usines de trituration de graines oléagineuses. Le gouvernement a posé certaines conditions, peut-on lire dans un communiqué, afin d'empêcher la création d'une situation monopolistique potentiellement néfaste pour les marchés locaux des céréales ainsi que l'économie nationale. Bunge devra, entre autres, céder six silos à grains qu'ils possède dans l'ouest du Canada ; instaurer un programme de protection des prix pour certains acheteurs d'huile de canola «afin de garantir des prix équitables et la stabilité du marché» ; conserver le siège social de Viterra à Régina pendant au moins cinq ans ; investir 520 millions de dollars dans le pays dans les cinq prochaines années ; se soumettre à des contrôles strictes pour sa participation minoritaire dans une société locale, G3, spécialisée dans la logistique des grains, qui garantiront que «Bunge n'influencera pas ses décisions d'investissement». Rappelons que la Commission européenne avait également validé le deal sur le territoire européen durant l'été 2024, sous certaines conditions similaires : ventes de certains actifs, comprenant des usines de trituration de graines oléagineuses en Pologne et en Hongrie.

Maïs doux : forte baisse des surfaces en 2024, craintes face l’import chinois

A l’occasion de sa journée Filière le 16 janvier, la section maïs doux de l’AGPM a fait état d’une baisse notable de surfaces, de 14% en France pour la campagne 2024 (à 22 150 ha, conventionnel et bio) suivant une tendance de fond européenne (-7%). La campagne 2023 avait été marquée en France par des surfaces record, au plus haut depuis 2008, à 25 750 ha, porté par les bassins historiques du Sud-Ouest mais aussi par le nouveau bassin de production en cours de structuration dans le Nord. Par ailleurs, Guillaume Le Duff, délégué général de l’AETMD (Association européenne des transformateurs de maïs doux) s’est inquiété de l’explosion des importations de maïs doux chinois au sein de l’Union européenne. «On note plus de 600% d’importations entre 2021 et 2023, une baisse de 15% de parts de marchés des acteurs européens et un maïs origine Chine vendu deux fois moins cher que les coûts de production européens, constituant ainsi une pratique de dumping intolérable » a-t-il été expliqué. Aujourd’hui, selon l’AGPM Maïs doux, l’importation chinoise représenterait 85 000 tonnes brut, soit près de 20 % de la consommation de l’UE. Une enquête antidumping a d’ailleurs été ouverte à ce sujet en décembre par la Commission européenne à la suite d’un dépôt de plainte de l’AETMD.   

Viticulture: le réseau Dephy affiche une baisse d’IFT de 24 % en 10 ans

A l’occasion du Sival à Angers le 16 janvier, le réseau Dephy Ferme viticulture a présenté dix ans de résultats répertoriés auprès des groupes de viticulteurs engagés dans la démarche. Les 410 producteurs du réseau ont réduit en moyenne leur IFT de 14 % entre la mise en place du dispositif Dephy en 2011 et la période 2018-2020. Hors produit de biocontrôle, dont l’utilisation a bondi de 45% sur la même période, l’IFT est même en baisse de 24%. Le phénomène est particulièrement marqué pour les produits herbicides. Parmi les membres du réseau Dephy viticulture, les chiffres montrent sur dix ans une augmentation du nombre d’exploitations bio, donc non-utilisateurs d’herbicide, mais également une hausse significative du nombre de viticulteurs conventionnels n’y ayant plus recours. Les utilisateurs de produits cancérigène, mutagène et reprotoxique (CMR) sont également de moins en moins nombreux. 40% des viticulteurs engagés dans la démarche de réduction de leur IFT n’en pulvérisent plus sur leur vigne. Sur le volet technico-économique, les charges liées aux produits phytosanitaires ont diminué de 80€/ha en moyenne, alors que les pertes liées aux bioagresseurs n’ont pas augmenté. Dans le même temps, les charges de mécanisation, du fait des investissements matériels nécessaires, sont en hausse de 30€/ha. (Tanguy Dhelin)

Tomate d’industrie : les importations du Royaume-Uni dépassent le milliard de dollars (presse)

Les importations britanniques de produits transformés de tomate ont dépassé pour la première fois la barre symbolique du milliard de dollar en 2024 pour atteindre 1,08 milliard (1,74 milliard d’euros), selon le site Tomato News. Cela souligne un doublement de la facture depuis 2016/2017, faisant du Royaume-Uni le premier marché mondial en termes de valeur. Cette hausse tient à l'augmentation des prix et non des volumes, souligne Tomato News. L’approvisionnement est presque exclusivement d'origine européenne (90%). L’Italie domine nettement le marché, tant en concentré de tomates qu’en conserves, les Pays-Bas prenant la tête pour les sauces et le ketchup. Le Portugal occupe la troisième place, devant l'Espagne et la Grèce, cette dernière ayant renforcé ses positions (conserves, concentré) en 2024. La part des autres pays transformateurs (Turquie, Pologne, Chine) reste globalement marginale, autour de 10 % au cours des trois dernières années, même s’ils connaissent une croissance notable ces dernières années. Dans le détail, le concentré, à 200 000 tonnes, demeure relativement stable par rapport à l’an passé alors que les conserves poursuivent leur baisse ( 315 000 tonnes contre 350 000 tonnes en 2021/2022). Les sauces reprennent su poil de la bête (environ 180 000 tonnes) après trois années de baisse. 

Arboriculture : une chaire de recherche publique-privé financée par la filière

La fondation de l’Institut Agro et l’université de Montpellier ont inauguré le 16 janvier, au Sival d'Angers, une chaire publique-privée visant à garantir «la résilience et la durabilité» de la filière arboricole. Baptisée Innov’Arbo, elle rassemble l’association Pink Lady Europe, l’association nationale Pommes Poires, l’AOP Pêches et Abricots, le groupe de pépiniéristes Star Group, Basf France division agro et l’entreprise spécialiste du froid DPKL, rapporte un communiqué de presse. La chaire se donne pour objectifs de comprendre et d’anticiper les effets du changement climatique sur la production fruitière, à travers notamment une réflexion autour de la protection durable des vergers, de la conservation des fruits ou encore de l’adaptation variétale. Mais également de renforcer la création de valeur et la résilience de la filière, et de valoriser l’attractivité de la filière et de l’ensemble de ses métiers. Pour ce faire, la chaire vise, entre autres choses, à produire des connaissances en s’appuyant sur des stages et des projets d’ingénieurs, à organiser des évènements pour partager les avancées scientifiques et techniques en lien avec la filière ou encore à renforcer les collaborations entre acteurs de la filière (recherche, formation et entreprises).