Agrafil du 23 janvier 2026

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États-Unis/Groenland : Donald Trump lève ses menaces d’une surtaxe douanière contre l’UE

Après une semaine de fortes tensions géopolitiques au niveau transatlantique, le président américain Donald Trump a finalement décidé de calmer le jeu le 21 janvier, en marge du Forum économique de Davos (Suisse). À l’issue d’une discussion avec le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, où « les grandes lignes d'un futur accord concernant le Groenland » auraient été établies, le locataire de la Maison Blanche a annoncé faire machine arrière et lever sa menace de nouvelles surtaxes douanières de 10 % à l’encontre de certains pays de l’UE (dont la France et l’Allemagne). « Je ne vais pas imposer les droits de douane qui devaient entrer en vigueur le 1er février », a-t-il confirmé sur son réseau social Truth Social. Les derniers développements dans les relations transatlantiques et les conséquences qui en résultent étaient à l’ordre du jour d’une réunion informelle des chefs d’État et de gouvernement de l’UE qui se tenait dans la soirée du 22 janvier à Bruxelles. Les dirigeants européens devaient se coordonner sur la voie à suivre. « Nous sommes prêts à nous défendre, nos États membres, nos citoyens, nos entreprises, contre toute forme de coercition », a déclaré le président du Conseil européen, le portugais Antonio Costa, en amont de la rencontre.

Biodiesel : après l'huile de palme, Bruxelles propose d’interdire le soja d’ici 2030

La Commission européenne a soumis à consultation publique, le 21 janvier, un projet de règlement délégué visant à ramener progressivement à zéro l’utilisation de soja dans la production de biodiesel de l’UE d'ici 2030. Le texte propose d’introduire « une trajectoire visant à réduire progressivement la contribution des biocarburants, des bioliquides et des combustibles issus de la biomasse, présentant un risque élevé de changement indirect d’affectation des terres, aux objectifs en matière d’énergies renouvelables ». En modifiant certains critères comme « le modèle d’expansion de la production des cultures vivrières et fourragères concernées, ainsi que les facteurs de productivité », il fait de facto entrer le soja dans la catégorie des cultures présentant un risque de changement indirect d’affectation des terres. Le texte fixe un échéancier de réduction de la présence de soja dans le biodiesel (de 85,7 % maximum en 2024 à 0 % en 2030). En 2019, un premier acte délégué de ce type avait confirmé l’élimination progressive des biocarburants à base d’huile de palme d’ici 2030. Le soja va désormais subir le même sort.

Loi d’urgence agricole : Barbut évoque un « accord » avec Genevard

La ministre de la Transition écologique Monique Barbut a indiqué le 22 janvier qu'elle allait « collaborer » avec son homologue de l'Agriculture sur la prochaine loi d'urgence agricole et avoir scellé « un accord très global » avec celle-ci « sur ce qu'on peut faire et ne pas faire ». « J'ai vu Annie Genevard cette semaine et nous avons décidé de travailler ensemble », a déclaré Monique Barbut en marge d'un déplacement en Charente-Maritime. « Le point de départ de notre travail est sur un accord très global sur ce qu'on peut faire et ne pas faire », a-t-elle dit, selon l'AFP. « Nous avons décidé toutes les deux de collaborer à l'écriture d'un projet de loi qui a été demandé par le Premier ministre et aujourd'hui nous ne divergeons pas », a-t-elle ajouté. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a récemment annoncé, en réponse aux mobilisations d'agriculteurs mécontents, avoir « demandé à la ministre Annie Genevard de préparer pour le Salon de l'agriculture une loi d'urgence agricole autour de plusieurs priorités : eau, prédation, moyens de production » (ces deux derniers points renvoyant notamment à la gestion des loups et aux pesticides). Un texte réclamé par la FNSEA pour prendre des mesures avant l’élection présidentielle de 2027.

Pesticides : l’Efsa propose de relever certaines LMR pour le fongicide prothioconazole

L’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) propose, dans un avis publié le 20 janvier, de relever les limites maximales de résidus (LMR) existantes pour la substance active prothioconazole pour les fruits à pépins, abricots, cerises, prunes, cucurbitacées, ainsi que le riz. Sur la base des résultats de l’évaluation des risques, l’Efsa a conclu que « l’ingestion à court et à long terme de résidus résultant de l’utilisation du prothioconazole et de ses métabolites dérivés du triazole (MDT), conformément aux pratiques agricoles déclarées, est peu susceptible de présenter un risque pour la santé des consommateurs ». Les LMR pour ce fongicide sont actuellement fixées à la limite de détection (0,01 mg/kg). L’Efsa suggère de les porter entre 0,03 mg/kg (pour le riz) et 0,6 mg/kg (pour les cerises). L’autorisation de mise sur le marché du prothioconazole est en phase de réexamen. Elle a été prolongée à plusieurs reprises depuis 2018 et court actuellement jusqu’en mars 2027, la procédure d’analyse de risque ayant pris, comme de coutume, du retard.

Prosulfocarbe : contaminations dans des jardins de particuliers, l'Anses saisie

Dans un communiqué de presse commun le 22 janvier, la Fnab (agriculteurs bio) et Générations futures demandent le retrait des autorisations de mise sur le marché pour tous les produits à base de prosulfocarbe, en se fondant sur de nouveaux résultats obtenus début 2026 mettant en évidence une contamination par le prosulfocarbe de jardins potagers de particuliers. Deux tiers des échantillons de fruits et légumes testés seraient contaminés, avec des taux dépassant les limites maximales en résidus (LMR) dans 40 % des échantillons testés. « La répartition des résultats montre que, si le milieu rural est le plus touché, la volatilité extrême de cet herbicide, le plus utilisé en France derrière le glyphosate, affecte également les zones périurbaines », est-il noté. Pour la Fnab et Générations futures, les distances de sécurité de de 10 à 20 m sont « manifestement inefficaces ». Les deux organisations ont signalé les dépassements de LMR, et « une saisine de l’Anses sera effectuée dans les prochains jours pour demander que ces résultats soient expertisés et pris en compte au niveau réglementaire ». Début 2025, l’Anses avait maintenu les AMM pour le prosulfocarbe sous réserve d’utilisation d’instruments de précision.

Cuivre/vin : face à l’« inaction » de l’administration, la Cnaoc prête au contentieux

Reprochant à l’administration un « dialogue [qui] s’enlise » sur les restrictions d’usage du cuivre, la Cnaoc (vignerons AOC) a menacé le 22 janvier d’agir au contentieux. « Depuis les décisions de retrait rendues par l’Anses le 15 juillet 2025 sur les autorisations de mise sur le marché (AMM) des produits phytosanitaires à base de cuivre, pourtant indispensables à la protection du vignoble français, le dialogue s'enlise à quelques semaines du démarrage de la campagne viticole 2026 », selon un communiqué. « Aucune avancée concrète ni solution opérationnelle » n’arrivent de l’administration, dénonce le syndicat, qui « envisage la voie du contentieux ». Près de la moitié des AMM de produits phytosanitaires à base de cuivre n'ont pas été renouvelées cet été par l’Anses. Le 4 novembre, la Cnaoc, la Fnab (producteurs bio) et France Vin bio (vignerons bio) avaient demandé au ministère de l'Agriculture « des dérogations pour permettre les traitements sur fleurs le soir, conformément à l’arrêté abeilles, et le lissage des doses sur sept ans comme la réglementation européenne le permet ». Le président de la Cnaoc Jérôme Bauer, cité dans le communiqué le 22 janvier, affirme que « les décisions de l’Anses enferment les exploitations dans une impasse technique totale, sans aucune solution alternative crédible ».

Eau : des élus socialistes landais appellent à un moratoire sur les volumes prélevables en Adour

Des élus landais ont appelé le Premier ministre Sébastien Lecornu à apporter des réponse « rapides et fortes » à la crise agricole d’une gravité « sans précédent », notamment en matière de gestion de l’eau. Dans un courrier envoyé le 20 janvier, le président du département des Landes, Xavier Fortinon (PS), le vice-président de la région Nouvelle-Aquitaine, Renaud Lagrave (PS), et quatre parlementaires socialistes landais* alertent sur le manque de visibilité en matière de disponibilité hydrique à l’approche de la campagne 2026. Dans ce contexte, ils demandent un moratoire sur les volumes d’eau prélevables jusqu’en 2028, avec un volume transitoire autorisé de 198 millions de mètres cube dans le bassin de l’Adour. Les signataires rappellent que l’Autorisation unique de prélèvement du bassin de l’Adour repose toujours sur l’engagement financier des départements, via le programme de l’Établissement public territorial de bassin (EPTB) Adour. Et de souligner que les aménagements hydrauliques structurants du bassin, développés depuis les années 80, ont coûté plus de 200 M€. Les élus rappellent enfin que les Projets de territoire pour la gestion de l’eau (PTGE) ont été validés, avec des seuils d’étiage en dessous desquels tout prélèvement est interdit.
*Boris Vallaud (député), Monique Lubin (sénatrice), Éric Kerrouche (sénateur) et Éric Sargiacomo (député européen)

Blé/riz : Axéréal et Mars ont reçu une offre de rachat de l'italien Euricom pour Ebly

D’après un communiqué du 22 janvier, la société italienne Euricom, spécialisée dans le riz, a adressé une offre de rachat de l’entreprise Ebly à ses propriétaires, le groupe coopératif Axéréal et l’entreprise Mars Food & Nutrition. Ebly SAS fabrique les produits alimentaires à base de blé et de riz, de la marque éponyme sur son site de Châteaudun (Eure-et-Loir). Le président d’Axéréal Jean-François Loiseau déclare dans le communiqué être convaincu qu’Euricom « dispose de l’expertise, des moyens et de l’ambition nécessaires pour assurer la continuité et le développement de l’entreprise ». Il ajoute que le groupe coopératif fait le choix « de se recentrer sur son cœur d’activité agricole, et maintiendrait sa relation d’approvisionnement en blé dur de l’usine ». De son côté, l’entreprise italienne justifie son offre de rachat par sa volonté de devenir un « fournisseur de référence en Europe pour les produits à base de riz, principalement à marques de distributeur et sur les segments B2B », tout en renforçant son portefeuille de produits à base de blé. Euricom vante les mérites du site de Châteaudun, qualifiée d’usine « de classe mondiale », constituant la plus grande installation de production de riz prêts à réchauffer de l’UE, d’une capacité annuelle dépassant les 100 millions d’unités.

Pac : Éric Sargiacomo choisi comme rapporteur sur la réforme de l’OCM

L’eurodéputé socialiste Éric Sargiacomo a été désigné par son groupe politique, lors d’une réunion interne le 22 janvier, comme rapporteur sur la réforme de la réglementation OCM dans le cadre de la prochaine Pac. Lors de la précédente réforme (2021-2027), c’était déjà un socialiste français, Éric Andrieu, qui avait occupé ce rôle. Pour ce qui est de la réforme de la Pac en tant que telle, le dossier est entre les mains du groupe PPE (droite) et de son rapporteur l’allemand Norbert Lins. Sur ce projet de règlement, le social-démocrate italien Dario Nardella a, lui, été choisi comme rapporteur fictif par son groupe. D’autres rapporteurs fictifs S & D en Comagri ont été nommés le même jour sur des propositions ayant des liens avec la Pac et son budget : l’espagnole Cristina Maestre sur les plans de partenariat nationaux et régionaux (c’est-à-dire le fonds unique), l’allemande Maria Noichl sur le contrôle de la performance, la roumaine Maria Grappini sur le fonds de compétitivité et l’espagnole Elena Sancho Murillo sur Horizon Europe.

Mal-être agricole : des signalements en augmentation en 2025

À l’occasion de la quatrième Journée nationale sur le mal-être agricole, le 20 janvier à Paris, un premier point a été fait sur l’évolution des signalements par les différents dispositifs d’alerte existant. Entre 2023 et le premier semestre 2025, plus de 13 500 signalements ont été pris en charge par les équipes de la MSA. La progression a été de 38 % entre le premier semestre 2024 et celui de 2025 pour atteindre 8 000 signalements enregistrés l’an dernier, comme l’a confirmé Jean-François Futtero, président de la CCMSA. Plus de 12 % proviennent du réseau des sentinelles agricoles, qui sont plus de 10 000 depuis la mi-2025. De son côté, Olivier Lebet, secrétaire général de Chambres d’agriculture France, a indiqué que le réseau Réagir des chambres avait enregistré 4 300 signalements en 2024, soulignant par ailleurs une progression de 20 à 30 % sur 2025. Le sort de la proposition de loi (PPL) du député socialiste Arnaud Simion visant à protéger la santé mentale des agriculteurs a aussi été évoqué. Contactée par ailleurs par Agra Presse, l’équipe du député a confirmé que la loi poursuivait son chemin : proposition à la co-signature à d’autres groupes parlementaires républicains, négociation afin de l’inscrire dans une semaine transpartisane de l’Assemblée nationale.

Viande bovine : production plus faible qu’attendu en 2025, baisse réduite en 2026 (Idele)

Après une chute plus importante qu’attendu en 2025, la baisse de la production française de viande bovine devrait s’atténuer en 2026, à -0,7 %, pour atteindre 1,253 Mtéc, selon les prévisions de l’Institut de l’élevage (Idele) publiées le 22 janvier. Ce ralentissement de la baisse s’explique par des « effectifs renforcés de génisses » (allaitantes notamment), résultats d’entrées en production perturbées par les maladies. La production de femelles, première catégorie, devrait donc se stabiliser, quand tous les autres types d’animaux sont attendus en baisse. Pour 2025, en revanche, l’Idele constate une chute de 2,6 % de la production totale, plus lourde qu’initialement prévu (-1,8 %). Une aggravation qui s’explique par le « contexte sanitaire » (mortalité, faibles croissances, problèmes de fertilité), ainsi que la « décapitalisation continue des dernières années ». Autre fait marquant de l’année passée : alors que la production de jeunes bovins (JB) était la seule à résister jusque-là, elle cèderait 4,6 % en 2025 et 2,1 % en 2026. En cause, « la hausse très rapide des prix du maigre », qui a « freiné la dynamique de réorientation des broutards vers l’engraissement français de jeunes bovins » (lire notre enquête). Les exportations de broutards ont ainsi « moins reculé que les années précédentes » (-3,2 % en 2025, à 915 000 têtes).

Bovins/DNC : les négociants veulent faciliter les transits et allotements d’animaux

La FFCB (négociants en bestiaux) a demandé au ministère de l’Agriculture plus de « pragmatisme » dans l’application de la réglementation européenne sur la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) en matière de transit d’animaux, a appris Agra Presse le 22 janvier. Selon son directeur Romain Ferrier, les centres de rassemblement situés en zone vaccinale (Savoie par exemple) ne peuvent pas alloter ensemble des animaux issus de la zone vaccinale et d’autres issus de zones indemnes. Ces commerçants « doivent préparer des camions séparés et des départs différenciés », et certains « ont dû délocaliser leurs centres de rassemblement ». « Les bovins issus de zones indemnes entrant en zone vaccinale doivent être vaccinés, même s’ils ne sont pas voués à y rester », ajoute-t-il. La FFCB demande donc la possibilité de ne pas vacciner les animaux en transit et d’alloter des bovins issus de zones de statuts sanitaires différents. Plus largement, la FFCB rappelle son attachement à des « règles sanitaires strictes », mais « plus opérationnelles » afin de garantir les cours des animaux. Récemment, la fédération a plaidé auprès de la ministre pour engager une réflexion à long terme sur une meilleure gestion au niveau européen de certaines maladies animales, dont la DNC. Une demande justifiée par la multiplication des épizooties due au réchauffement climatique.

Conférences souveraineté/viande : les pistes d’Interbev pour maintenir le cheptel bovin

Dans le cadre des Conférences de la souveraineté, l’interprofession bétail et viandes Interbev a présenté, lors d’une réunion du groupe Ruminants le 21 janvier, ses objectifs de production à horizon 2035. Sur la base d’un cheptel stable (3,4 millions de vaches allaitantes en 2025), la filière vise une hausse de production de viande de 20 000 t, grâce au développement de l’engraissement en France de broutards aujourd’hui exportés, explique Emmanuel Bernard, président de la section bovine, à Agra Presse. Des chiffres qui « n’ont pas été contestés en réunion » et qui ont été élaborés avec le Cniel (interprofession laitière). Concernant la viande issue du troupeau laitier, la filière veut aussi développer la production française de jeunes bovins (JB), ce qui implique « une activité de sevrage plus importante en France, plutôt que de faire partir tous les petits veaux à l’export ». « L’essentiel, pour toutes les sections d’Interbev, c’est de ne plus perdre un seul ruminant en France », résume Emmanuel Bernard. Les moyens d’y parvenir n’ont pas encore été abordés dans le cadre des Conférences. M. Bernard met en avant trois priorités, issues du plan de souveraineté d’Interbev présenté en décembre : accompagnement des pouvoirs publics (Pac, approche interministérielle) ; contractualisation ; et financement (bancaire notamment, en raison du renchérissement des animaux).

Lait infantile : Foodwatch va déposer plainte contre X, enquête ouverte par la justice

L’ONG Foodwatch a annoncé le 21 janvier qu’elle allait déposer plainte contre X après les retraits de lots de lait infantile par Nestlé et Lactalis. « Cela fait près de deux mois que l’information sur la contamination par la toxine céréulide a été partagée au niveau européen, grâce à une notification des autorités italiennes. Des dizaines de pays, d’usines Nestlé et donc des millions de nourrissons dans le monde sont concernés », écrit Foodwatch dans un communiqué. « Les retraits et rappels organisés actuellement par Nestlé et Lactalis sont bien dus à une matière première fournie par un même producteur en Chine », a indiqué le ministère de l'Agriculture à l'AFP. Pour l'association, « cela ne dédouane en aucun cas les géants comme Nestlé et Lactalis de s’assurer de la sécurité sanitaire de leurs produits, du respect des réglementations européennes en matière de traçabilité et d’information aux autorités et aux consommateurs ». Mi-décembre, Nestlé a annoncé le retrait des lots de lait infantile, suivi en janvier par Lactalis et Danone. Une enquête pénale a été ouverte à Bordeaux sur la mort d'un nourrisson ayant consommé un lait infantile Nestlé, concerné par un rappel pour une « possible contamination » à une bactérie, a annoncé le 22 janvier le parquet. La céréulide est susceptible de provoquer diarrhées et vomissements.

Alimentation animale : la Grande-Bretagne prête à autoriser les protéines animales transformées

Le ministère britannique de l’Agriculture (Defra) et le gouvernement du Pays de Galles ont confirmé le 16 janvier leur intention d’autoriser en Grande-Bretagne l’utilisation de protéines animales transformées dans l’alimentation des porcs et volailles, comme c'est déjà le cas dans l'UE et l'Irlande du Nord. Ils ont prévenu que cette possibilité n’interviendrait qu’avec l’alignement des règles sanitaires et phytosanitaires entre le Royaume-Uni et l’Union européenne, en passe d’être négocié. Dans leur communiqué conjoint, les administrations européennes et britanniques rendent compte de la consultation publique réalisée en 2025 sur ce projet. Elles notent que beaucoup de répondants ont mentionné l’avantage d’utiliser les protéines animales transformées plutôt que de les exporter, ce qui permet de moins dépendre du soja importé. Elles retiennent aussi que le public demeure sensible aux risques de maladies spongiformes transmissibles, les esprit étant encore marqués par la crise de la vache folle qui avait conduit à interdire les protéines animales. Les syndicats agricoles qui s’expriment dans la presse, envisagent avec prudence la réintroduction. La fédération porcine exige l’adhésion de tous les maillons et des garanties de traçabilité.

Restauration : des collectivités excluent le Mercosur des cantines

« Il n'y aura pas de viande et de produit du Mercosur dans nos cantines et dans nos restaurations », a déclaré dans un communiqué du 21 janvier Laurent Wauquiez, conseiller spécial de la région Auvergne Rhône-Alpes (Aura). Le boycott concerne « ses propres commandes » ainsi que « celles réalisées pour le compte de 1 000 structures régionales par sa centrale d’achat pour un total de 50 M€ par an (cantines scolaires, restauration en Ephad, etc.) ». Le même jour, le conseil départemental de Seine-et-Marne annonce avoir adressé un courrier aux fournisseurs de sa centaine de restaurants pour collégiens. Il considère trois risques inhérents aux importations d’Amérique du Sud : concurrence déloyale, non-respect des normes sanitaires et environnementales européennes et affaiblissement des politiques de transition écologique et de développement des circuits courts. Depuis la signature du traité par l’UE le 17 janvier, au moins trois autres départements, la Côte-d’Or, le Tarn-et-Garonne et les Deux-Sèvres, ont aussi pris position publiquement dans leur commande publique. Ces collectivités mettent en avant leurs politique d’approvisionnement, comme « La Région dans mon assiette » de la région Auvergne-Rhône-Alpes, qui vise 80 % de produits régionaux dans les restaurants scolaires.

Agrivoltaïsme : Océalia s’associe à TSE pour déployer 500 MWc d’ici dix ans

Le 22 janvier, Océalia et TSE, référent de l’agrivoltaïsme en France, ont signé un partenariat actant le co-développement de projets sur le territoire de la coopérative, implantée sur huit départements en Nouvelle-Aquitaine (Poitou-Charentes et Limousin). Objectif : déployer 500 MWc de solutions agrivoltaïques en dix ans, soit l’équivalent de la consommation électrique annuelle de près de 120 000 ménages. Le parc exploité par TSE fournit actuellement l’équivalent de la consommation de 241 000 habitants. Ce partenariat sera porté par une société dédiée, détenue à 30 % par Océalia et à 70 % par TSE, dont l’objet sera de développer et d’exploiter ces installations agrivoltaïques. Pour Océalia, cette dynamique s’inscrit pleinement dans sa stratégie Cap 2030, dont l’ambition première est la création de valeur pour ses adhérents, notamment dans les zones intermédiaires « où les marges de manœuvres économiques sont plus restreintes ». « L’un des atouts de ces projets : être décorrélés des aléas climatiques et des fluctuations des marchés agricoles », précise Denis Mathé, président d’Océalia. Ajoutant qu’il s’agit d’une solution pour « renforcer la stabilité économique des fermes dans un contexte d’incertitude croissante », le tout « en priorisant la vocation agricole des terres ». (Anne Gilet)

Salon de l'agriculture : « ferme opposition » des chambres aux appels au boycott

Quelques jours après que la chambre d'agriculture des Ardennes, dominée par la Coordination rurale (CR), a annoncé son intention de boycotter l'édition 2026 du Salon de l'agriculture, l'instance nationale du réseau consulaire, Chambres d'agriculture France, dominée par le duo FNSEA-JA, fait part, dans un communiqué le 22 janvier, de sa « ferme opposition » aux appels à boycotter l'évènement. « Boycotter le Salon de l’agriculture, c’est se tromper de combat. Le Salon constitue un enjeu économique majeur pour la valorisation de nos produits et de nos productions, créateurs de valeur et de revenus, portés par des femmes et des hommes engagés, et indispensables à la pérennité de nos métiers », plaident les chambres. Pour l'heure, ni la Coordination rurale ni la Confédération paysanne n'ont appelé, au niveau national, à boycotter le salon, où elles disposent d'un stand, ont rappelé les organisateurs lors d'une conférence de presse le 20 janvier. La Confédération paysanne de l'Ariège – département très touché par la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), a appelé le 13 janvier à boycotter le salon ; trois jours plus tard, le conseil département de l'Ariège décidait d'annuler sa présence. Une élue vosgienne de la CR s'est aussi exprimée dans ce sens. Interrogé sur l'éventuelle fragilité de la gouvernance du Salon – dont le propriétaire, le Ceneca, inclut des structures associées au syndicalisme majoritaire (CGB, Unigrains) –, Jérôme Despey, président du Salon et vice-président de la FNSEA met en avant le « pluralisme » de l'évènement, affirmant pouvoir « discuter avec tout le monde ».

Pommes : lancement d'une variété de type Belchard mieux armée face aux ravageurs

Au dernier salon Sival à Angers, l'Inrae et Novadi ont lancé Bely, une variété libre de pommes de type Belchard (Chantecler), résistante à la tavelure et tolérante au puceron cendré. Il s'agit d'une amélioration significative dans ce segment. La présentation a été faite en comité restreint, ciblé sur les opérateurs de la pomme qui ont des surfaces significatives en Belchard. « Notre cible, c’est le marché français. Elle est vraiment axée sur le producteur, pour faciliter le travail des producteurs à des endroits où ils ont du mal à produire Belchard », précise Claire Thouminot, responsable projets et développement des variétés CEP Innovation/Novadi. Cette année sera encore confidentielle, avec 400 arbres, tous partis en test chez des producteurs. Le « vrai lancement » aura lieu l’an prochain. Un groupe de travail est sur les rails, pour le suivi du développement de cette variété, regroupant des membres de Novadi (Dalival, Gradilis, Castang, Toulemonde). (Florence Rabut)

Légumes frais : des exportations dynamiques ces dernières années, surtout en valeur

Entre 2019 et 2024, les exportations françaises de légumes frais ont progressé de 46 % en valeur et 15 % en volume, indique l’édition 2026 du livre blanc « Où exporter » de Business France. La demande est soutenue notamment pour les tomates, oignons, choux, salades et carottes. L’exportation de légumes français est essentiellement assurée avec l’Union européenne : 70 % des envois de légumes frais sont destinés aux pays limitrophes. L’Allemagne reste la première destination des légumes français, avec 24 % de parts de marché, malgré un recul de 6 % en 2024. Elle est suivie par les Pays-Bas (12 %) et l’Italie (10 %), deux marchés en progression auxquels s’ajoutent l’Espagne (9,5 %) et la Suisse (9 %). Tous affichent une croissance à deux chiffres sur cinq ans. Ces cinq principaux clients absorbent 65 % de la valeur totale exportée, qui s'élève à1,57 Md€ en 2024. À noter également la dynamique vers certains marchés secondaires comme la Pologne (+91 % en cinq ans) et la Suède (+89 %). La France se place au 8e rang dans les exportations mondiales du secteur.

Agroécologie : l’indice de régénération, un bon outil pour évaluer les pratiques (étude)

Une étude, mise en ligne le 19 décembre par la revue Sustainable Futures, démontre la « pertinence » de l’indice de régénération comme « outil agronomique pour le développement de l’agroécologie ». Le mouvement associatif Pour une agriculture du vivant (PADV), qui l’a mis au point, s’en réjouit. « Cette validation confirme la robustesse scientifique et l’intérêt agronomique d’un outil déjà déployé sur le terrain pour mesurer, piloter et valoriser les trajectoires de transition agroécologique », affirme PADV dans un communiqué le 22 janvier. Les auteurs, une équipe internationale de chercheurs (notamment de l’Inrae, du Cirad et du CNRS), vantent « la capacité de l’indice de régénération à saisir des informations sur la mise en œuvre de diverses pratiques agroécologiques qui ne sont pas prises en compte par les labels ou certifications environnementales telles que la HVE ou l’agriculture biologique ». Autre atout, il est « élaboré et régulièrement amélioré par tous les acteurs de la chaîne de valeur », proposant ainsi « une vision commune de la transition agroécologique ». PADV revendique 260 000 ha couverts par l’indice de régénération, dans 42 filières contractualisées.

Fleurs coupées : en Belgique, le distributeur Lidl passe aux roses Fairtrade

Dans un communiqué de presse le 13 janvier, le distributeur Lidl Belgique annonce avoir adopté intégralement les roses certifiées Fairtrade. Le distributeur rend cet engagement accessible grâce à un assortiment à prix attractif, allant de roses à l’unité (10 tiges pour 2,99 €) aux bouquets de 14 tiges (9 roses complétées de verdure pour 4,99 €). « Désormais, le client n’a plus à choisir : chaque rose vendue chez Lidl contribue directement à un avenir meilleur pour les producteurs », avance Isabelle Colbrandt, porte-parole de Lidl Belgique & Luxembourg. Le prix minimum garanti par Fairtrade et la prime supplémentaire versée directement aux travailleurs contribuent à des améliorations structurelles sur les plantations (conditions de travail, méthodes de culture). Selon Fairtrade, environ 14 millions de fleurs certifiées sont vendues chaque année en Belgique. En 2024, cela a généré 119 000 € de primes Fairtrade. « Le secteur floral international est confronté à de grands défis », souligne Philippe Weiler, directeur de Fairtrade Belgique : « Les travailleurs bénéficient souvent d’une protection insuffisante, les femmes sont systématiquement défavorisées et la pollution des sols est plutôt la règle que l’exception ».

Horticulture : les alternatives à la tourbe pas totalement satisfaisantes (étude)

Le centre technique horticole (Astredhor) a récemment mis en ligne les résultats de ses essais de matériaux de substitution à la tourbe menés entre 1998 et 2024. Les essais démontrent qu’une diminution partielle de la tourbe (jusqu’à 25 %) n’altère pas la qualité des végétaux. « En revanche, s’en affranchir totalement ou majoritairement est plus technique, car les propriétés physico-chimiques des substrats changent : rétention en eau et en éléments minéraux plus faibles et pH ayant tendance à augmenter, parfois jusqu’à 8, ce qui peut induire des blocages d’assimilation minérale », explique le centre technique. À ses yeux, trois alternatives s’imposent, mais présentent des freins. La fibre de coco est très stable et bien aérée, contenant aux espèces à enracinement délicat, mais son transport depuis l’Asie ou l’Afrique alourdit son bilan écologique. De plus, à l’automne, les fabricants de supports de culture ont connu de fortes difficultés d’approvisionnement dues aux moussons en Asie. Deuxième alternative : les écorces, qui peuvent être compostées, ce qui améliore leur stabilité structurelle et présente une bonne aération ; mais elles ont une faible capacité de rétention en eau. Enfin, la fibre de bois : si elle offre une excellente porosité et une bonne ré-humectation, dans son processus de décomposition, elle peut immobiliser l’azote et elle possède une faible inertie thermique.

Agenda de la semaine agricole du 26 janvier 2026

Lundi 26 janvier
Conseil des ministres de l'Agriculture de l'UE (bioéconomie, bio, Pac, pratiques commerciales déloyales)
Rapport de la Cour des comptes européenne sur l'utilisation du fonds Posei
Conférence de presse de Terrena sur Covalo Ouest (agriculture de conservation)
Assemblée générale de l’Afja (journalistes agricoles)
Salon Millésime bio, jusqu’au 28

Mardi 27 janvier
Adoption de la clause de sauvegarde agricole de l'accord UE-Mercosur en commission du Commerce international
Les députés de la Coméco auditionnent le président de l’Autorité de la concurrence
Les députés de la commission des Affaires étrangères auditionnent Nicolas Forissier (ministre délégué au Commerce extérieur)
L'Assemblée examine le PJL Simplification issu de la CMP
Salon IPM Essen 2026 (horticulture), en Allemagne, jusqu’au 30
Rencontre « Gestion intégrée des systèmes de cultures maraîchers » du CTIFL, à Marcy-l’Étoile (Rhône)

Mercredi 28 janvier
Congrès de l’UNPT (producteurs de pommes de terre, FNSEA), à Arras, jusqu’au 29
Les députés examinent en commission la PPL sur l'éducation à l'alimentation
Conclusions de la mission parlementaire flash sur l'hexane
Présentation des prévisions du Cercle Cyclope
Le Cese présente son projet d'avis sur la lutte contre les pollutions diffuses

Jeudi 29 janvier
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