Agrafil du 25 mars 2022

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Plan de résilience: l'enveloppe d'exonérations sociales rallongée de 90 M€

Lors de la présentation du Plan de résilience le 16 mars, le ministre de l'Agriculture avait annoncé que l'enveloppe dédiée à la prise en charge des cotisations sociales sera abondée de 60 millions d'euros (M€) en 2022. À cette somme s'ajouteront encore 90 M€, a-t-on appris auprès du cabinet de Julien Denormandie. Ces mesures d'exonération ont pour vocation d'être la «voiture balai» des mesures dédiées à la prise en charge des carburants, a expliqué la présidente de la FNSEA Christiane Lambert en conférence de presse le 23 mars. En effet, l'aide transversale dédiée aux entreprises fortement consommatrices de gaz et d'électricité sera réservée à celles qui sont déficitaires en 2022 et dont les dépenses liées à ces deux énergies dépassent 3% de leur chiffre d'affaires. «La moitié du surplus» de leurs charges pourra être pris en charge «dans la limite de leurs pertes», avait expliqué le ministre. Selon la présidente de la FNSEA, un nouvel acompte pourrait aussi être annoncé au titre du remboursement de la TICPE 2022. Le 16 mars, le ministre avait annoncé que les agriculteurs bénéficieront d'un remboursement anticipé de la TICPE 2021 (attendu habituellement en juin), et sur demande d'un acompte de 25% du remboursement de la TICPE 2022, à partir du 1er mai.

Ukraine: M. Macron propose un plan d'urgence pour la sécurité alimentaire mondiale

Emmanuel Macron a proposé le 24 mars un plan d'urgence pour la sécurité alimentaire mondiale, au niveau de l'UE et du G7, afin de répondre aux risques de «famine» liés à la guerre en Ukraine. S'exprimant après des sommets du G7 et de l'Otan, le président français a appelé Moscou à être «responsable» en permettant que les semis en Ukraine aient lieu, faute de quoi la guerre provoquera dans 12 à 18 mois «une famine inéluctable», notamment en Afrique du Nord. «En tant que président du Conseil de l'UE et en lien avec l'Union africaine», Emmanuel Macron a proposé une «initiative pour la sécurité alimentaire», comportant en premier lieu un «plan d'urgence de libération des stocks en cas de crise pour éviter toute situation de pénurie et modérer les hausses de prix», d'après l'AFP. Autre volet: «obtenir un engagement multilatéral à ne pas imposer de restrictions à l'export des matières premières agricoles». En outre, M. Macron a souhaité «dès cet été une action coordonnée des pays producteurs pour relever temporairement les seuils de production lorsque cela est possible» et «mettre en place un mécanisme d'allocation des volumes pour garantir un accès de tous, en particulier des plus vulnérables, en quantité suffisante et à prix raisonnables».

Sécurité alimentaire: le Parlement européen soutient le plan de Bruxelles

Le Parlement européen a adopté le 24 mars en plénière à Bruxelles une résolution sur la sécurité alimentaire appelant l’UE à fournir une aide alimentaire d’urgence à la population ukrainienne et à réduire la dépendance européenne aux importations. Les parlementaires soutiennent les mesures d’urgence proposées par la Commission européenne pour aider le secteur agricole européen à faire face aux perturbations de marchés actuelles. «L’Union doit prendre des mesures d’urgence temporaires et réversibles pour accroître sa production en 2022 et renforcer sa sécurité alimentaire», estiment-ils. Par contre, les eurodéputés ont rejeté, de justesse, l’amendent déposé par le groupe démocrate-chrétien, qui demandait à la Commission européenne de revoir les objectifs et le calendrier de la stratégie De la ferme à la table, afin de veiller à ce que leur application n’entraîne pas une perte du potentiel productif du secteur agricole.

Biodiversité et pesticides: les ONG critiquent le report des propositions de Bruxelles

Les ONG WWF, Birdlife, EEB et ClientEarth déplorent dans un communiqué du 23 mars que la Commission européenne ait décidé de reporter l’adoption de ses propositions sur la restauration de la nature et sur l’utilisation durable des pesticides. Ces deux textes, mettant en œuvre les objectifs des stratégies De la ferme à la table et Biodiversité, étaient initialement attendues pour le 23 mars, mais leur présentation a été repoussée à une date ultérieure, «avant l'été», selon le dernier agenda de la Commission. «L'incertitude géopolitique généralisée à ce stade ne permet pas à cette proposition de disposer de l'espace politique dont elle a besoin», a justifié la commissaire européenne à la Santé Stella Kyriakides devant les ministres de l’Agriculture de l’UE le 21 mars. Mais, préviennent les ONG, il n'y a aucune raison de retarder cette publication de plusieurs mois. Elles demandent donc à Bruxelles de fixer une nouvelle date dans un délai d'un mois. Au Parlement européen, où se prépare une résolution sur la sécurité alimentaire qui a été votée le 24 mars, le groupe démocrate-chrétien (PPE) a, au contraire, déposé un texte demandant de revoir les objectifs et le calendrier de ces initiatives pour éviter «une perte du potentiel productif du secteur agroalimentaire de l'UE».

Start-up: l'investissement mondial en Foodtech et Agritech a presque doublé en 2021

Après une année de stagnation en 2019, puis un rebond en 2020, les investissements dans les start-up de la Foodtech et de l'Agritech (nouvelles technologies appliquées à l'alimentation et l'agriculture) ont presque doublé en 2021, selon le rapport annuel des analystes américains d'AgFunder paru le 24 mars. Le montant total investi a atteint 51,7 milliards de dollars (Mrd$) en 2021, marquant une nette accélération, après 27,8 Mrd$ en 2020, et 10,9 Mrd$ en 2015. La hausse est en grande partie portée par les start-up de distribution alimentaire en ligne (+188%), notamment les nouveaux services de livraison ultra-rapide (p.ex. Flink, Gorillas). Cette catégorie représente plus d'un tiers des opérations de l'année (35%). La catégorie des aliments innovants (similis végétaux de viande, de produits laitiers...) est également en croissance de 103% sur un an, même si «la différenciation commence à devenir un défi», compte tenu du nombre de start-up présentes. La France se situe à la 8e place en termes de montants investis (1 Mrd$). Julien Denormandie avait récemment fixé pour objectif d'atteindre la 3e place de ce classement, occupée par l'Inde (4 Mrd$). Les États-Unis restent premiers (21 Mrd$) devant la Chine (7,3 Mrd$).

Négociations commerciales: une charte d’engagement en projet

Pour «encadrer» la réouverture des contrats sur les produits alimentaires, le gouvernement élabore une charte d’engagement avec les parties prenantes, a indiqué le ministère de l’Agriculture à la presse le 24 mars. Elle comprend trois «grands principes»: «la prise en compte du contexte et la réouverture des discussions» sur les tarifs et la périodicité des clauses de révision automatique; «un moratoire sur les pénalités logistiques» lorsque les difficultés rencontrées par les entreprises sont liées à la guerre en Ukraine; et «la nécessité de transparence» pour justifier des demandes de hausses de tarif ou des perturbations dans la chaîne d’approvisionnement. Le ministère précise que «les perturbations liées à la grippe aviaire sont incluses dans la charte», rappelant que la filière volailles est affectée à la fois par l'inflation, mais aussi par l’épizootie. Les parties prenantes des renégociations se sont réunies une nouvelle fois autour des ministres concernés, le 24 mars, pour suivre l’avancée des discussions. Une semaine après l’annonce du Plan de résilience et de la réouverture des contrats, 10% des grandes marques nationales ont envoyé leurs demandes aux distributeurs, a précisé l’Ilec (Institut de liaison des entreprises de consommation) aux participants.

Écophyto: FNE dévoile un rapport sévère des inspections de l’administration

Objectifs non atteints, diffusion des résultats «déficiente», manque d’essaimage des réseaux Dephy, ou encore «complexité inutile» de la gestion: dans un rapport dévoilé le 23 mars par France nature environnement (FNE), le CGEDD (ministère de la Transition écologique), le CGAAER (ministère de l’Agriculture) et l’Inspection générale des finances dressent une nouvelle fois un bilan sévère du plan Écophyto. Dans ce rapport remis en mars 2021, avant d’être «enterré» par le ministère de l’Agriculture selon FNE, les constats «reprennent ceux de la Cour des comptes» publiés en janvier 2020. Principale nouveauté apportée par les inspections: le chiffrage de la totalité des financements dédiés à Écophyto, qui s’élèveraient à 643 millions d’euros (M€). Une enveloppe qui comprend notamment les 40 M€ de redevance pour pollution diffuse (RPD), mais également 188 millions d’euros supplémentaires des Agences de l’eau, ainsi que 173 M€ d’aides du second pilier de la Pac. Pour réduire efficacement les utilisations de pesticides, les auteurs recommandent de raffermir les objectifs du plan, de rehausser la fiscalité «incitative» en fixant la RPD au niveau des produits pétroliers, ou encore de revoir la conditionnalité des aides Pac. Autre piste: miser sur les labels. «Si 25% de la SAU passait du conventionnel à l’agriculture biologique, près de la moitié de l’objectif d’une réduction de 50% des pesticides serait atteinte», estiment les auteurs.

Éthanol: une première usine française de deuxième génération issue de la filière bois

Si l’on met à part les distilleries qui produisent de l’éthanol vinique à partir de co-produits du vin, la première usine d’éthanol de seconde génération (2G) implantée en France fonctionnera à partir d’effluents de production de cellulose de spécialité (filière bois), a appris Agra Presse auprès de Christian Ribeyrolle président de Rayonier A.M. Tartas (Landes). La caractéristique de l’éthanol de seconde génération est que le produit n’est pas fabriqué à partir de produits alimentaires. Rayonier A.M. Tartas, société de la compagnie américaine Rayonier advanced materials, basée en Floride, exploite déjà une unité de cellulose de haute pureté à Tartas. Les effluents de cette usine constitueront la matière fermentescible pour l’unité d’éthanol. Il s'agit principalement de l’hémicellulose extraite lors de la cuisson du bois pour la séparer de la cellulose. L'usine aura une capacité de production de 210 000 hectolitres d'éthanol. Elle devrait entrer en fonctionnement au deuxième trimestre 2023. La cellulose de haute pureté produite à Tartas n’entre pas dans la fabrication du papier, mais dans d’autres applications à haute valeur ajoutée, comme la pharmacie, les parfums, les peintures.

Semences: Saaten-Union veut passer de 35 000 à 100 000 ha de blé hybrides en trois ans

Le réseau Deleplanque – Saaten-Union veut passer de 35 000 à 100 000 ha de blé hybrides d’ici à trois ans, a-t-il annoncé le 23 mars, s’appuyant entre autres sur un meilleur «prix d’accès». Dès cette année, «le prix d’accès proposé à l’agriculteur sera revu de façon significative: l’écart entre une lignée et l’hybride sera ramené à 2 q/ha seulement» (contre 7 à 8 q/ha jusque-là). Cela signifie un retour sur investissement plus rapide. Le semencier espère ainsi lever le principal frein à l’achat qui est le prix d’accès au blé hybride, d’après ses enquêtes. Un changement du modèle de production est par ailleurs mené. Saaten-Union et l’obtenteur Asur s’appuient désormais sur douze partenaires en production de semences représentant une trentaine de structures de distribution. À la clé, «une adéquation entre besoins identifiés et production en local, des gains sur la chaine logistique (sur les coûts de transport, sur l’émission de CO2…)». L’offre génétique elle-même évolue. Le semencier promet une nouvelle génération de blés hybrides, offrant «des rendements élevés, en situations difficiles mais aussi en terres à bon potentiel, une tolérance maladies de très bon niveau (…), une qualité élevée et adaptée aux marchés».

Pesticides: le décret Egalim sur les substances interdites publié au Journal officiel

Le décret «relatif à l’interdiction de production, de stockage et de circulation de certains produits phytopharmaceutiques» a été publié par Matignon au Journal officiel daté du 24 mars. Ce texte, rappelle l’annexe, résulte de l’application de la loi Egalim 1 pour interdire la production, le stockage et la circulation de «produits phytopharmaceutiques contenant des substances actives non approuvées» au niveau français ou européen. La version publiée ne présente aucune différence avec le texte soumis à consultation fin janvier 2022. Les substances qui seront interdites au niveau communautaire, ou dont le renouvellement ne sera pas approuvé ou demandé, bénéficieront d’un «délai de grâce», qui sera fixé par arrêté conjoint des ministres chargés de l’Agriculture et de la Transition écologique. La date d’expiration du délai transitoire «sera déterminée sur la base d’une évaluation de l’impact de la mesure d’interdiction», précise l’annexe du texte.

Un labo Terres Inovia et Inrae sur la protection intégrée du colza et des légumineuses

Les instituts Terres Inovia et Inrae ont lancé le 24 mars un laboratoire commun sur la protection intégrée du colza et des légumineuses. Installé au Rheu (Ille-et-Vilaine), il vise à «améliorer la régularité de rendement du colza et des légumineuses et réduire le recours aux produits phytosanitaires», selon leur communiqué. Ce laboratoire, baptisé La Pépite R&D, réunit les compétences de soixante collaborateurs en génétique, pathologie, entomologie et écologie. Trois axes de travail leur sont confiés: mieux connaître les bioagresseurs, créer des variétés multirésistantes, optimiser les interactions bénéfiques des plantes avec leur environnement. Sur le plan variétal, il s’agit notamment d’évaluer l’efficacité et la stabilité des résistances; d'évaluer l’impact des interactions entre bioagresseurs et entre stress biotiques ou abiotiques; d'intégrer le levier génétique dans un ensemble de méthodes de lutte. Un autre volet s’appuie sur l’agroécologie, qui vise à «concevoir des systèmes de production performants basés sur l’optimisation des interactions bénéfiques entre les organismes et sur la diversification végétale».

Ukraine: au Yémen, «la faim se lit sur les visages» (Oxfam)

Alors que près de 17 millions de Yéménites auraient actuellement des difficultés à s’alimenter, «la faim se lit sur les visages», alerte Fatma Jaffar, chargée de plaidoyer chez Oxfam Yémen, à l’occasion d’une conférence de presse le 24 mars. Car la guerre civile, rappelle-t-elle, entre là-bas dans sa huitième année, et les difficultés financières comme les queues devant les stations-service font déjà partie du quotidien. Les conséquences de la guerre en Ukraine sur les cours des céréales sont donc particulièrement plus lourdes pour le Yémen, qui importait jusqu’à récemment 40% de son blé du pays attaqué par la Russie. Dans la capitale Sanaa, le prix du pain aurait ainsi, selon Oxfam, augmenté de 35% dès les premières attaques russes. «La fluctuation des cours monétaires aggrave la crise alimentaire», poursuit Fatma Jaffar. Alors qu'Oxfam attend près de 19 millions de personnes souffrant de la faim dans le pays d’ici 2023, les Nations unies auraient demandé 4,3 milliards de dollars (Mrd$) pour du «travail humanitaire essentiel». Seul 1,3 Mrd$ aurait jusqu’ici été collecté selon Oxfam.

Viande bovine: accord États-Unis-Japon pour augmenter les exportations

L'administration Biden a annoncé le 24 mars avoir conclu un accord avec Tokyo afin d'augmenter les quantités de bœuf américain exportées au Japon, sans que cela ne fasse grimper automatiquement les droits de douane comme c'est le cas actuellement. L'accord doit permettre de relever de 25,8% à 38,5% le seuil à partir duquel les tarifs douaniers imposés sur ces exportations augmentent, a précisé à des journalistes un responsable du secrétariat au Commerce (USTR). «Le nouveau mécanisme (...) permettra aux exportateurs américains de répondre à la demande croissante du Japon en boeuf de haute qualité et de réduire la probabilité que le Japon impose des droits de douane plus élevés à l'avenir», indique un communiqué. Le seuil avait été atteint en mars 2021, rappelle l'AFP, enclenchant une hausse automatique des droits de douane jusqu'à la fin de l'année fiscale japonaise, le 30 avril, et accélérant le lancement de discussions entre les deux pays, selon le responsable de l'USTR. L'accord annoncé le 24 mars entrera en vigueur lorsque le texte aura été finalisé. Les États-Unis sont le premier exportateur mondial de bœuf, avec 10 milliards de dollars vendus en 2021, dont 2,4 milliards vers le Japon, selon l'USTR.

Castration des porcelets: Welfarm demande à Bigard d'accepter les mâles entiers

Dans une lettre ouverte du 22 mars, l'association Welfarm demande au groupe Bigard, un des leaders français de la viande de porc, de «revoir» sa position sur «les alternatives à la castration physique des porcelets». Depuis l'interdiction de la castration à vif des porcelets le 1er janvier 2022, les éleveurs ont le choix entre la production de mâles entiers (pas de castration), l'immunocastration (vaccin) ou la castration avec anesthésie et analgésie. Une troisième option qui est actuellement la seule envisagée par Bigard pour des raisons de qualité de la viande (risque d'odeurs sexuelles). Dans sa lettre, Welfarm demande aussi au groupe finistérien de «laisser à [ses] partenaires (…) le choix des alternatives à la castration physique qu'ils souhaitent mettre en œuvre». Dénonçant une position qui verrouille la filière, l'ONG craint que les engagements déjà pris par certains acteurs «ne soient menacés par [le] positionnement» de Bigard. Une référence à Fleury Michon, qui vise «100% de mâle entier sur sa filière propre, qui représente une quarantaine d’éleveurs en partenariat avec le groupe Avril». La cession de l'abattoir Abera à Bigard, annoncée à l'automne 2021, «pourrait bien remettre en cause cette démarche de progrès», selon Welfarm.

Élevage: hausse de la demande en séchoirs de foin en grange dans l’Ouest

L’intérêt des éleveurs pour les séchoirs de foin en grange est en «sensible hausse» dans l’Ouest de la France, observe l’association Segrafo, qui promeut ces installations en Bretagne, Normandie et Pays de la Loire. «L’activité de conseil pour la mise en place de séchoirs reste soutenue», indique-t-elle à Agra Presse. Créée en 2000, l’association a contribué à l’installation de 255 séchoirs. «Une fois le pâturage optimisé grâce au séchoir, la réalisation de stocks de foin de qualité permet d'atteindre l'autonomie protéique et fourragère, explique un animateur. Ainsi les fermes équipées de séchoir sont beaucoup moins sensibles à l'augmentation du prix des matières premières.» Autre intérêt: les séchoirs fonctionnent à l’énergie solaire le jour, et principalement grâce à des pompes à chaleur la nuit. Contrairement aux séchoirs à maïs, les producteurs ne sont pas directement exposés à la flambée du prix du gaz pour les faire fonctionner. La forte augmentation des prix des matériaux a cependant freiné certains investissements. Sous l’effet du réchauffement climatique qui favorise la pousse d’herbe dans la région – les premières fauches ont eu lieu cette semaine dans l’Ouest –, de plus en plus d’éleveurs pourraient être tentés d’investir.

Flambée des carburants: manifestation d'entreprises agricoles à Caen

Des entreprises agricoles ont rassemblé le 24 mars une soixantaine de tracteurs près du périphérique de Caen pour demander un blocage du prix du gasoil non routier (GNR), a constaté l'AFP. «Aujourd'hui, on perd de l'argent quand on allume le tracteur et c'est l'assiette de tous les Français qui en pâtit» via la répercussion de la flambée des prix du pétrole sur les produits alimentaires, a déclaré Freddy Preel, délégué régional du syndicat des Entrepreneurs des territoires (EDT) en Normandie. «On demande un blocage du prix du GNR à 0,80 € au lieu de 1,70 aujourd'hui», a-t-il ajouté. «Stop aux spéculateurs», «messieurs les spéculateurs, pensez à nous ou on va mourir. Fioul en hausse de 50%, plastiques en hausse de 40%, je suis en colère», avait écrit un manifestant à l'avant de son tracteur.

Pomme de terre: Nestlé en négociations exclusives pour céder Mousline

Le géant suisse de l’agroalimentaire Nestlé est entré en négociations exclusives pour céder le spécialiste de la purée de pomme de terre Mousline, indique L’Action agricole picarde dans son édition du 23 mars, citant comme repreneur le fonds d’investissement français FnB Private Equity. Annoncée en octobre, la cession pourrait intervenir «dans le courant de l’année 2022», selon Nestlé, interrogé par nos confrères. Mousline possède une usine à Rosières-en-Santerre (Somme). Le fonds FnB détient des participations notamment dans Henri Raffin (charcuterie), Accent Bio (grossiste bio) et les entreprises d’alimentation animale Billaud Grains, Coustenoble ou encore France Aligrain.

Phytos: le japonais Mitsui fusionne Certis Europe et Belchim

Les spécialistes de la protection des plantes Certis Europe et Belchim Crop Protection fusionnent, a annoncé le 24 mars leur propriétaire japonais Mitsui & Co. Cette opération donne naissance à une nouvelle société, Certis Belchim, selon un communiqué. Les mêmes actionnaires restent au capital: Mitsui AgriScience International (67%), Ishihara Sangyo Kaisha (15%), Nippon Soda (10%), Mitsui Chemicals Agro (6%) et Kumiai Chemical Industry (2%). Mark Waltham, l’actuel p.-d.g. de Certis Europe et de Belchim Crop Protection, sera nommé p.-d.g. de Certis Belchim, conservant ses bureaux et fonctions à Utrecht (Pays-Bas) et à Londerzeel (Belgique), précise Mitsui. La nouvelle entité possède «des bases solides en Europe, des plateformes dynamiques et en pleine croissance en Amérique du Nord et des opportunités grandissantes avec des partenaires en Afrique, en Amérique du Sud et en Asie».

Agenda de la semaine agricole du 28 mars

Lundi 28 mars
Congrès de la FNSEA à Besançon, jusqu'au mercredi 30
Conférence de la filière farine Label rouge

Mardi 29 mars
Forum du Snetap-FSU (enseignement agricole)
Conférence de presse de GRDF sur le gaz renouvelable

Mercredi 30 mars
Conférence de presse de Naturalia (distributeur bio)
Conférence de l'association européenne des volailles rurales
Grand oral des candidats à l'élection présidentielle devant le Caf (Conseil de l'agriculture française)

Jeudi 31 mars
Conférence du BGRM sur le stockage de carbone
Verdict du procès de militants animalistes au Mans

Vendredi 1er avril
Délibéré du procès Terra Fecundis de Nîmes