Porc: Bruxelles ouvre finalement un dispositif d'aide au stockage privé
La Commission européenne a adopté comme attendu, le 23 mars, un dispositif d’aide au stockage privé de viande porcine pour une période de 60, 90, 120 ou 150 jours qui sera ouvert aux opérateurs à partir du 25 mars. Une aide d’un montant variable sera accordée selon les morceaux et la durée du stockage (270 €/t pour les demi carcasses stockées 60 jours ou 423 €/t pour les jambons stockés 150 jours par exemple). Les demandes pourront être déposées jusqu'au 29 avril. Pour justifier cette décision, demandée depuis plusieurs mois par certains Etats membres, la Commission européenne cite : le grave ralentissement des exportations vers la Chine, la propagation de la peste porcine africaine et l'impact des restrictions imposées par la pandémie de Covid-19, auxquels se sont ajoutées les perturbations supplémentaires causées par l’invasion de l'Ukraine par la Russie faisant chuter la demande d'exportation de certains produits à base de viande porcine. Mais le marché de celle-ci se redresse depuis déjà quelques semaines, plusieurs Etats membres (Allemagne, Pologne, Danemark) ont donc déjà indiqué qu’ils n’auraient pas recours au dispositif.
Maroc: sécheresse historique, le gouvernement débloque 1Mrd€ pour l'agriculture
Le Maroc est frappé de plein fouet par sa pire sécheresse depuis près de 40 ans, une catastrophe qui fait craindre une sévère pénurie d'eau potable cette année, conséquence du changement climatique et d'une gestion hydrique inefficiente. «Le pays n'a pas enregistré une telle situation depuis le début des années 80», a indiqué à l'AFP Abderrahim Hendouf, spécialiste des politiques de l'eau. Soumis de longue date aux variations climatiques, le pays subit un sévère déficit pluviométrique depuis septembre 2021 et une baisse alarmante des réserves des barrages de près de 89% par rapport à la moyenne annuelle, selon les statistiques officielles. Pour contenir les effets dévastateurs de la sécheresse, le gouvernement a débloqué à la mi-février un programme d'aide au secteur agricole de près d'un milliard d'euros. Mais à long terme, il est «nécessaire de changer notre vision sur la question de l'eau. Le changement climatique est réel et nous devons nous préparer pour y faire face», a alerté M. Zerouali lors d'une conférence sur «le droit à l'eau» à Rabat. Dans un article pour l'Institut marocain d'analyse des politiques (MIPA), la chercheuse Amal Ennabih estime que la rareté de l'eau est «profondément liée à la façon dont cette ressource est utilisée pour l'irrigation, consommant environ 80% de l'eau du Maroc chaque année».
Présidentielle: Macron annoncé présent au Grand oral du Caf, Jadot et Mélenchon absents
La FNSEA organisera son 76e congrès les 28 et 29 mars prochains à Besançon, qui sera suivi le lendemain dans la même salle d'un Grand oral des candidats à la présidentielle, sous l'égide du Caf (FNSEA, JA, APCA, CNMCCA). En conférence de presse ce 23 mars, la présidente de la FNSEA Christiane Lambert - dont le second mandat s'achèvera en 2023 - a annoncé la liste des candidats (dépassant 2% dans les sondages) ayant accepté de se prêter à l'exercice : Emmanuel Macron (LREM) est annoncé présent en personne, toute comme Marine Le Pen (RN), Valérie Pécresse (LR), Eric Zemmour (La Reconquête), Fabien Roussel (PCF) et Jean Lassalle. En revanche, Jean-Luc Mélenchon (LFI) aurait décliné l'invitation, tout comme Yannick Jadot (EELV), après avoir d'abord accepté, selon l'agricultrice. Le syndicat a refusé de recevoir des représentants des candidats. Cette journée de Grand oral verra se succéder les candidats un par un, après des propos introductifs de Christiane Lambert et des représentants du Caf. Chaque candidat disposera de 25 minutes au total, dont 12 minutes libres et 13 minutes de réponses à des questions de la salle et des élus. Quant au congrès lui-même, «le mot d'ordre sera la souveraineté: mode d'emploi», a annoncé Christiane Lambert: «Le dire, c'est bien, mais le mettre en oeuvre, c'est notre responsabilité».
Engrais : deux blessés graves après une fuite dans une usine Yara
Quatorze personnes ont été blessées, dont deux gravement, par une fuite d'ammoniac, qui a eu lieu le 23 mars sur un site de production d'engrais classé « Seveso seuil haut », à Ambès (nord de Bordeaux), a annoncé la préfecture de Gironde. La fuite s'est produite chez Yara lors du chargement d'un camion avec de l'ammoniac liquide, selon un communiqué. «Bien que les quantités d'ammoniac ayant fui soient limitées (...), le nuage de vapeur d'ammoniac qui s'est formé est à l'origine de 14 blessés, dont deux graves, tous travaillant à l'intérieur du site», a précisé la même source. Un blessé a été évacué par hélicoptère vers un établissement du CHU de Bordeaux et les 13 autres transportés par les pompiers vers des services d'urgence. Des inspecteurs du travail et des installations classées devaient poursuivre les investigations dans la journée pour déterminer les circonstances de l'accident. Yara est autorisé à stocker jusqu'à 68 000 tonnes de nitrate d'ammonium sur son site d'Ambès.
Start-up agricoles: AgriSud-Ouest innovation et WiSeed créent un nouveau fonds
Le pôle de compétitivité Agri Sud-Ouest innovation et la plateforme de financement participatif WiSeed lancent un nouveau dispositif destiné à financer les start-up agricoles. WiSeed, qui a créé le WiClub AgriTech - un collectif de financeurs souhaitant investir dans l’AgTech - lance ce 23 mars une collecte auprès de ses investisseurs. Objectif: «lever 1,5 M€ destinés à un pool de 5 à 8 jeunes pousses», explique Frédérick Bernard, business developer chez WiSeed. Agri Sud-Ouest innovation se charge de son côté d’étudier les quatorze dossiers de candidatures déposés par les start-up. Les meilleurs seront soumis aux investisseurs qui décideront à l’automne qui recevra les fonds levés. Parmi les start-up candidates : les Plantations d’Acappella (Haute-Garonne) qui produisent thé et café sous serre photovoltaïque, Assolia (Haute-Garonne) qui a développé un outil d'aide à la décision pour l’assolement, Chestnut (Drôme) qui propose des molécules d’intérêt issues de l’arboriculture à la filière cosmétique, Greenshield (Rhône-Alpes) qui a développé une solution de surveillance agricole en s’appuyant sur les mathématiques et l’intelligence artificielle, ou encore Eauzon (Gers) qui travaille sur le sujet de l’aquaponie.
Vins: chute des transactions en Bourgogne, après le gel de 2021
Les transactions de vins de Bourgogne ont chuté de plus d'un tiers sur les six premiers mois de la campagne 2021/22 en raison du gel tardif d'avril en 2021 qui a sévèrement amputé la récolte, a indiqué le 23 mars la profession. Le volume des transactions d'août 2021 à janvier 2022 a atteint 489.613 hl, soit un recul de 34% par rapport à la même période de la campagne 2020-2021, et de 24% comparé à la moyenne des cinq dernières campagnes, a indiqué le Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne (BIVB). Cette baisse est due à la chute de la récolte en 2021, frappée par le gel tardif dévastateur d'avril dernier: avec moins d'un million d'hectolitres, elle recule de 32,5% par rapport à la moyenne des 5 millésimes précédents (2016-2020): -43,4% pour les crémants, -39,4% pour les blancs et -22,6% pour les rouges. La faiblesse de la récolte se conjuguant à une forte demande - notamment à l'export où un nouveau record a été enregistré en 2021 - 43% du millésime 2021 a déjà été vendu, contre une moyenne de 38% ces cinq dernières campagnes.
Huile de palme : la déforestation marque le pas en Indonésie (ONG)
Selon un rapport publié début mars par le cercle de réflexion américain Chain reaction research et repéré par les journalistes de Mongabay, la déforestation en Indonésie, Malaisie et Papouasie-Nouvelle Guinée a une nouvelle fois réduit de 38 000 ha en 2020 à 19 000 ha en 2021, atteignant un plancher inédit depuis 2017. En 2019, rappelle l’organisation, la déforestation dans ces trois pays avait atteint 90 000 ha. Cette réduction, salue sur son compte LinkedIn le directeur de l’ONG internationale Mighty Earth Glenn Hurowitz, «intervient en même temps qu’une explosion des prix des matières premières, avec une huile de palme atteignant le record historique de 1 485 $/t». Le baisse de la déforestation, analyse Chain reaction research, serait alors due à deux facteurs : les restrictions de transport liées au coronavirus, ainsi que la multiplication des engagements pris par les entreprises pour lutter contre la déforestation et l’exploitation des tourbières. Comme le précise l’un des auteurs du rapport à Mongabay, les entreprises qui n’ont pris aucun engagement contre la déforestation peuvent cependant «encore vendre leur huile de palme sur le marché résiduel local», notamment à destination de la production de biocarburant.
Amidon: une inflation qui affecte le secteur du papier-carton
Le secteur du papier-carton fait face à un prix de l'amidon qui a plus que doublé depuis deux ans, passant de 300 € la tonne à 700, a indiqué l’Union française des industries des cartons, papiers et celluloses (Copacel) lors de sa conférence de presse annuelle le 23 mars. «Une difficulté est l’offre limitée en amidon, alors que la demande par le secteur du papier-carton est en hausse», a précisé Laurent Grenier, président de la commission «recyclage» de l’organisation. L’emballage est une partie du secteur du papier-carton fortement consommateur d’amidon (10 % du coût de production). La forte demande s’explique par le remplacement du plastique, et surtout par l’essor du e-commerce, a ajouté Laurent Grenier. La part de l’emballage est devenue majoritaire dans la production totale du secteur papier-carton : elle est passée de 45 % en 2001 à 66 % en 2021, selon la Copacel. «Les coûts de production en hausse de l’amidonnerie expliquent en partie ces hausses de prix. L’amidonnerie est une industrie “gazo-intensive” qui pâtissait de la hausse de l’énergie avant la guerre en Ukraine, mais plus encore maintenant», confirme Mariane Flamary, directrice de l’Usipa (Union des syndicats des industries des produits amylacés).
Lait: Lactel conforte son leadership et rouvre ses négociations avec la distribution
La marque Lactel (groupe Lactalis) a enregistré une croissance de 3,2% en 2021 pour atteindre 400 millions de litres produits, alors même que le marché du lait était en recul de 6,3% sur l’année, a informé le groupe, le 23 mars, lors de sa conférence de presse annuelle. Avec 22,3% des parts de marché en valeur, Lactel conserve son leadership sur le marché du lait UHT, conforté par une progression de 1,3% de part de marché en valeur et 1,7% en volume. Confronté à la forte inflation sur les matières premières industrielles, accentuée par la guerre en Ukraine, Lactel se prépare à rouvrir «rapidement» les négociations avec ses clients de la grande distribution, comme le demande le gouvernement. «Nous n’avons pas pu répercuter l’inflation de 2021. Elle s’accélère en 2022, il va falloir qu’on rouvre les discussions avec la grande distribution parce qu’on est très loin du compte», déclare sa directrice générale Anne Charlès-Pinault. Autre conséquence du conflit en mer Noire: Lactel connaît des «tensions sur les disponibilités des emballages», indique la dirigeante, en particulier sur l’approvisionnement en admer, un composant plastique nécessaire à la composition de certaines bouteilles de lait comme le lait infantile.
Nutrition animale: avec son nouveau procédé, Valorex traitera 80 000 t de légumineuses
Le fabricant breton d'alimentation animale Valorex compte traiter 80 000 t de légumineuses d'ici 2025, contre 12 000 t actuellement, a-t-il annoncé lors de l'inauguration d'une nouvelle unité de production le 22 mars. Ces graines (dont 80% de féverole et lupin) seront cuites et extrudées dans son site historique de Combourtillé (Ille-et-Vilaine) et dans cinq usines partenaires en France. Opérationnel depuis début mars, le nouveau procédé utilisé (fragmentation et concentration) fait de Valorex «la première entreprise française à développer une solution viable et concrète pour généraliser l'utilisation de légumineuses en élevage», d'après un communiqué. Le projet a nécessité 3,5 M€ d'investissement (dont 800 000 € du plan de relance). Il est issu du programme de recherche Proleval, mené avec l'Inrae entre 2013 et 2019, qui a permis de sélectionner les variétés de légumineuses et les process industriels les plus adaptés. En poulets de chair, les résultats de ces travaux montrent une réduction des émissions de gaz à effet de serre de 41% par rapport à des tourteaux de soja importé, à performances zootechniques «quasi identiques». Pour s'approvisionner, Valorex prévoit de contractualiser 25 000 ha de féverole d'ici 2025, avec un prix garanti pour le producteur.