Déforestation : sous pression, Bruxelles reporte une nouvelle fois la réglementation
Sous pression depuis des semaines, la Commission européenne a annoncé, le 23 septembre, un nouveau report d'un an, de fin 2025 à fin 2026, de la législation visant à lutter contre la déforestation, notamment importée. Une lettre en ce sens a été adressé aux Etats membres et au Parlement européen et une proposition formelle sera prochainement présentée. La commissaire européenne à l'Environnement, Jessika Roswall, a indiqué, lors de son arrivée à la réunion des ministres de l’Agriculture de l’UE à Bruxelles, qu’il y avait besoin de temps pour que la réglementation soit opérationnelle, prétextant des problèmes avec le « système informatique » de surveillance des forêts. Ce règlement vise à garantir que certaines matières premières (café, cacao, huile de palme, soja, bétail, caoutchouc et bois), mises sur le marché ou exportées depuis l’UE, n’ont pas causé de déforestation ou de dégradation des forêts pendant leur production. La commissaire européenne assure toutefois que Bruxelles n’abandonne pas cette « initiative clé ». Ce nouveau report (après celui de 2024) était pourtant demandé depuis des mois par une majorité d’Etats membres ainsi que la droite du Parlement européen qui voudrait introduire dans la législation une catégorie de pays à risque nul, notamment pour les États membres de l’UE. Le texte est aussi vivement critiqué par des pays tiers en particulier les Etats-Unis, le Brésil et l'Indonésie, trois partenaires avec lesquels l’UE a récemment finalisé des accords commerciaux.
Forêt : craignant une surcharge administrative, les eurodéputés rejettent le projet de cadre de surveillance
Les commissions de l’Agriculture et de l’Environnement du Parlement européen ont décidé (par 80 voix contre 46) de rejeter le nouveau cadre de surveillance des forêt de l’UE lors d’un vote le 23 septembre. Ce texte, proposé par la Commission européenne comme prévu par la stratégie forestière de l’UE à l’horizon 2030, prévoit une harmonisation des données et indicateurs de suivi des forêts de l’UE. Les groupes de droites et d’extrême droite, qui dénoncent une réglementation excessive comme pour le règlement sur la déforestation, dont la mise en œuvre va, une nouvelle, fois être reportée, ont soutenu un amendement appelant au rejet du texte dans son intégralité. Le rapport de position préparé par le social-démocrate français Éric Sargiacomo et la centriste suédoise Emma Wiesner n’a donc même pas été examiné. Prochaine étape : un vote sur cette recommandation de rejet va être organisé lors de la plénière qui se tiendra du 20 au 23 octobre à Strasbourg. Les discussions entre les Etats membres sur ce dossier sont également au ralenti depuis des mois.
UE/Indonésie : Bruxelles et Jakarta concluent un accord de libre-échange
Comme prévu, Bruxelles et Jakarta ont annoncé, le 23 septembre à Bali, la conclusion de l'accord de partenariat économique global entre l’UE et l’Indonésie. Le texte prévoit une libéralisation de 98 % des lignes tarifaires après une période transitoire, avec 80 % dès l'entrée en vigueur. Au niveau agricole, les droits de douane indonésiens de certains produits comme les viandes, les produits laitiers ou les fruits et légumes vont être libéralisés en grande partie dès l'application. L’UE obtient également des contingents tarifaires limités pour ses vins (1.985 tonnes) et spiritueux (400 t) dans le plus grand pays musulman au monde. Au niveau des importations dans l’UE, le sucre, le riz, les œufs, les bananes fraîches, l'éthanol sont exclus de la libéralisation alors que des quotas limités sont accordés pour l'ail (150 t), les champignons (150 t), le maïs doux (400 t), la fécule de manioc (2.000 t) et les produits à forte teneur en sucre (8.000 t). A cela s’ajoute la protection de 221 indications géographiques de l'UE et 72 indonésiennes. Par ailleurs, le texte contient un protocole spécifique pour l’huile de palme, sujet récurrent de tensions entre les parties ayant entraîné des contentieux à l’OMC. Celui-ci permettra l’établissement d’une plateforme de dialogue sur les évolutions réglementaires pertinentes et aura pour objectif d'établir « un cadre pour une collaboration plus étroite » et de « faciliter le commerce des produits dérivés du palmier ». À présent, le texte va suivre la procédure classique de conclusion des accords commerciaux et ne nécessitera pas la ratification des parlements nationaux.
Solde agroalimentaire : l’Ania alerte sur un « effondrement » en cours
Après les chambres d'agriculture quelques jours plus tôt, l’Ania (industriels de l’agroalimentaire) s’est alarmée le 23 septembre d’un « effondrement » de la balance commerciale alimentaire française depuis le début de l’année : « Avec un excédent de seulement 361 M€ cumulés sur les sept premiers mois de l’année 2025, la performance du commerce extérieur alimentaire est au plus bas depuis 25 ans ! », souligne-t-elle. D’après ses calculs, à cette même période, sur la base de la moyenne des trois dernières années (2022-2024), l’excédent commercial de la balance agricole et agroalimentaire française aurait dû approcher les 4,6 Md€. Dans le détail, l’Ania pointe les difficultés des ventes de boissons à -800 M€ et le déficit extérieur croissant des autres produits agroalimentaires à plus de 7 Md€ sur 7 mois. Les causes identifiées par l’association sont la perte de la compétitivité des industries agroalimentaires françaises, les tensions commerciales avec les Etats-Unis et la Chine, un euro bien plus fort que le dollar et la mauvaise campagne céréalière 2024-2025 due aux aléas climatiques. Le président de l’Ania Jean-François Loiseau demande au Premier ministre et au futur gouvernement de « prendre acte, en urgence, de la situation catastrophique ».
UE-Mercosur : la Conf’ appelle à manifester à Paris le 14 octobre contre l'accord
La Confédération paysanne appelle à manifester « tracteurs en tête » le 14 octobre à Paris, pour stopper l’accord de libre-échange UE-Mercosur validé par la Commission européenne le 3 septembre, avant son examen par les États membres et les eurodéputés. « Tous les accords de libre-échange sont à refuser, clause de sauvegarde ou non. Ils sont catastrophiques pour l’avenir de nos élevages et de nos fermes et pour la qualité de notre alimentation (…) Nous exigeons donc la régulation des marchés et un commerce international équitable », déclare la Conf’ dans un communiqué de presse du 23 septembre. La date choisie par la Conf’ coïncide avec le procès de deux de ses membres, interpellés lors d’une action contre la Bourse européenne du commerce organisée au Grand Palais (Paris), menée « pour dénoncer la spéculation sur les marchés agricoles. De leur côté, la FNSEA et les Jeunes agriculteurs (JA) ont appelé à des mobilisations « décentralisées » le 26 septembre, visant les accords internationaux qui minent l’agriculture française, parmi lesquels le projet Mercosur. La Conf’ a par ailleurs participé, le 23 septembre, à une table ronde à l’Assemblée nationale sur les enjeux de cet accord commercial sur l’agriculture française, organisée par la commission des affaires économiques, en présence de la FNSEA, des JA, de la Coordination rurale et du Modef.
Vin : face à la crise, l’Allemagne et la France en appellent à des solutions européennes
Alors que le secteur vitivinicole connaît une période de crise, l’Allemagne et la France réclament des solutions au niveau de l’UE allant au-delà des mesures du Paquet vin en cours de discussions. A l’occasion de la réunion du Conseil Agriculture du 22 septembre, l’Allemagne a ainsi appelé à la mise en place d’un programme d’arrachage à l’échelle européenne. Celui-ci serait inspiré du programme mené entre 2009 et 2011. Une mesure qui n’a pas fait l’unanimité parmi les ministres de l’Agriculture. De son côté, la ministre de l’Agriculture démissionnaire, Annie Genevard a échangé de manière bilatérale avec le commissaire européen à l’Agriculture, Christophe Hansen, afin de demander la mobilisation de fonds européens, dont ceux de la réserve de crise. Des solutions qui ne sont pas forcément soutenues par la Commission européenne. « Les fonds dans la réserve de crise sont limités et nous savons ce que ça veut dire. Si nous dépensons tout l’argent pour un dispositif pan-européen d’arrachage, ça ne va pas », a précisé Christophe Hansen lors du débat au Conseil Agriculture. Celui-ci mise davantage sur les outils de promotion vers les pays tiers.
Vin/climat : Château Lafleur lâche ses IG, la Cnaoc défend leur capacité d’adaptation
Réagissant à l’annonce fin août par Château Lafleur de son retrait des appellations Pomerol et Bordeaux, la Cnaoc (vignerons d’appellation) défend leur capacité d’adaptation au changement climatique. Cette décision du prestigieux domaine a fait couler beaucoup d’encre. Dans un entretien le 28 août au Figaro, le propriétaire l’explique par les critères de production trop strictes des AOC, notamment en termes d’irrigation. La Cnaoc répond dans une longue tribune du président Jérôme Bauer. « Depuis quelques années, (…) certains domaines prestigieux et d’autres plus modestes quittent les contraintes de l’appellation pour la liberté offerte par les vins sans IG », admet-il. L’argument selon lequel « le cadre de l’AOC serait un frein à l’innovation face au changement climatique » est contestable, à ses yeux. Ce sont « les viticulteurs eux-mêmes » qui le construisent au sein de leurs ODG. « Les appellations savent évoluer », poursuit Jérôme Bauer. Concernant l’irrigation, ça « ne se fait pas n’importe comment : on le fait en préservant la qualité, la typicité et l’environnement », écrit-il. Et de vanter par ailleurs les Vifa (Variétés d’intérêt à fin d’adaptation), le DEI (Dispositif d’évaluation des innovations) qui permettent aux AOC « de tester de nouvelles pratiques, d’introduire ou de redécouvrir des cépages adaptés ».
Pesticides : première demande d'approbation d’ARNi déposée en UE, en cours d’évaluation
Un premier dossier de demande d'approbation d'un pesticide à base d'ARN interférent (ARNi), aussi appelé pesticide inhibiteur de gène, est actuellement instruit à niveau européen par les agences sanitaires, apprend Agra Presse de source européenne. Le dossier a été déposé par GreenLight Biosciences, une société de biotechnologie basée aux Etats-Unis, qui est spécialisée dans les solutions à ARN pour l’agriculture. Aux Etats-Unis, elle a déjà obtenu le feu vert des autorités pour un pesticide ARNi luttant contre le doryphore, en pommes de terre. La biotechnologie ARN permet d’éliminer les ravageurs en neutralisant certains de leurs gènes vitaux. Le premier pesticide ARNi approuvé outre-atlantique est le maïs MON 8741134 de Bayer-Monsanto ciblant la chrysomèle des racines du maïs, selon une analyse de l’association Pollinis en 2023. L’une des principales inquiétudes concernant les pesticides ARNi est leur effet sur les insectes non-cibles et sur l’environnement, indique Pollinis dans un rapport.
Pesticides : 122.000 t de molécules interdites exportées de l'UE en 2024 (presse)
Une nouvelle enquête de Public Eye et Unearthed, publiée le 23 septembre, montre que des entreprises de l'UE ont encore exporté près de 122.000 tonnes de pesticides interdits vers des pays tiers en 2024. « Quelque 75 pesticides interdits au sein de l’UE pour protéger la santé humaine et l'environnement ont été notifiés à l'exportation soit le double des 41 pesticides exportés en 2018 », écrivent les auteurs de ce travail qui dénoncent le fait que ces molécules soient utilisées pour traiter des cultures qui sont ensuite réimportées dans l’UE. Interrogé sur le sujet lors de la réunion du Conseil Agriculture le même jour, le commissaire européen à l’Agriculture Christophe Hansen, a indiqué que, comme le stipule la Vision sur l’agriculture et l’alimentation, Bruxelles va interdire l’importation de produits agricoles présentant des résidus de pesticides non autorisés au sein de l’UE. « Je travaille à la constitution de cette liste avec mon collègue Oliver Varhelyi (en charge de la sureté alimentaire, NDLR) », a-t-il souligné. Des dispositions qui pourraient faire partie du train de mesures omnibus sur la sûreté alimentaire que la Commission européenne prépare pour le mois de novembre.
Pesticides : les mutuelles organisent une caravane européenne pour alerter sur les risques
« Par rapport aux enjeux des pesticides (…), les responsables politiques ne sont pas à la hauteur de ce qu’il se passe » a déclaré Martin Rieussec-Fournier, président de l’association Mutuelles pour la santé planétaire, en conférence de presse le 23 septembre. Inquiètes du coût engendré par les pesticides sur la santé des populations, notamment en affections de longue durée, et des « déficits chroniques » que cela peut occasionner pour les mutuelles, ces dernières ont décidé d’aller au contact des publics de « non-convaincus » pour les sensibiliser aux dangers des pesticides. Elles lanceront, le 27 septembre à Bruxelles, un tour d’Europe intitulé « L’odyssée pour notre santé » avec le collectif des victimes des pesticides de l’ouest, et le soutien de l’association Générations futures. « On (sera) dans l’espace public, avec des (vélos) tandems à trois places et avec des carottes géantes de 4 mètres de haut, pour que les gens soient interpellés », a indiqué Martin Rieussec-Fournier. Sept étapes sont prévues en Belgique, puis six en France dont la deuxième à Cambrai, le 5 octobre. A chaque étape est prévu : un goûter bio suivi d’un spectacle de clowns sur « l’entraide », d’une exposition sur les victimes de pesticides, un « repas partagé », la projection d’un film, une table-ronde et « des temps non-publics » avec les professionnels de santé car « il y a énormément d’errance médicale sur le sujet des pesticides », a-t-il ajouté.
Pesticides/emballages : Phyteis demande une exclusion plus explicite de la filière Rep
Dans leur contribution à la consultation du projet de périmètre de la Rep (Responsabilité élargie du producteur) pour les emballages professionnels, Phyteis (fabricants de pesticides) salue l’exclusion de leurs emballages déjà couverts par la filière volontaire d’agrofourniture Adivalor. Cependant Phyteis demande que cette exclusion soit plus explicite dans le texte « afin d’éviter toute ambiguïté pour les acteurs concernés, en particulier les metteurs en marché ». De même, dans l’annexe au texte qui donne les clés de distinction entre les emballages ménagers et professionnels, Phyteis suggère qu’il soit bien précisé « hors agrofourniture » pour les produits « engrais », « biocides », « phytopharmaceutiques et insecticides pour extérieur, rodenticides » et « phytopharmaceutiques concentrés ». En effet, les produits gérés par la filière d’agrofourniture « sont uniquement à destination des professionnels agriculteurs et relevant de l’agriculture [et non de particuliers, ndlr], quelles que soient les caractéristiques et contenances de leurs emballages », justifie l’organisation. La contribution met en avant la « haute performance » de la filière gérée par Adivalor, affichant un taux de recyclage moyen de 83% en 2024.
Chlordécone/outre-mer: décision le 23 mars pour l'appel du non-lieu
La cour d’appel de Paris dira le 23 mars 2026 s’il y a lieu de rouvrir ou non l’enquête sur le Chlordécone, ont indiqué le 23 septembre les parties civiles qui contestaient depuis lundi en appel le non-lieu dans ce scandale sanitaire. «Il y a eu, côté parties civiles, des explications factuelles et juridiques, en détail, ce qui fait que la cour d’appel a du travail, c’est certainement la raison pour laquelle elle ne rendra sa décision que le 23 mars 2026», a synthétisé à l’issue de l’audience à huis clos Me Christophe Lèguevaques, un des avocats des parties civiles. Face à un «ministère public qui s’est contenté de quatre minutes pour dire qu’il fallait la confirmer, nous avons contredit chaque point de l’ordonnance de non-lieu, comme la prescription, par exemple», a encore indiqué le conseil. Les parties civiles contestaient depuis lundi matin devant la chambre d’instruction de la cour d’appel de Paris le non-lieu prononcé en 2023, pour tenter de relancer l’enquête judiciaire. Cela fait presque 20 ans que la justice se penche sur ce dossier tentaculaire, du nom d’un pesticide répandu dans les bananeraies pour lutter contre le charançon jusqu’en 1993, alors qu’il était classé depuis 1979 comme agent possiblement cancérogène par le Centre international de recherche sur le cancer.
Noix : la filière française redoute la fin des droits de douane sur les importations américaines
Alors que les récoltes du fruit à coque se profilent, l'Association nationale Noix de France (A2NF) s’inquiète du projet d’accord commercial entre l’Union européenne (UE) et les États-Unis, conclu par une déclaration conjointe le 21 août. Cet accord prévoit l’instauration de contingents tarifaires à droit nul pour vingt produits agricoles, dont 500 000 tonnes de fruits à coque en provenance des États-Unis. Parmi ces fruits figure la noix, dont la production française n’a atteint que 27 711 tonnes en 2024, selon le ministère de l’Agriculture (Agreste), en-dessous de la moyenne quinquennale d’environ 40 000 tonnes par an. La consommation française serait du même ordre de grandeur. À ce jour, les noix américaines sont soumises à un droit de douane de 4 % à l’entrée dans l’UE, un droit de douane appelé à disparaître si l’accord entre en vigueur. « C’est un scandale, on sacrifie une filière française d’excellence », dénonce Christian Nagearaffe, président de l’A2NF. Après la Chine, les États-Unis sont les plus gros producteurs de noix, avec 607 814 produites en 2024, selon le ministère américain de l’Agriculture (USDA). « Nous ne travaillons pas du tout de la même façon », ajoute M. Nagearaffe, qui craint que le durcissement des restrictions chinoises sur certaines importations agricoles américaines pousse les États-Unis à reporter vers l’Europe des volumes initialement destinés à la Chine.
Ail : en Espagne, la filière demande le relèvement des protections douanières
L'Association nationale des producteurs et négociants d'ail d'Espagne (ANPCA) a récemment exprimé son inquiétude face à la situation difficile du secteur, rapporte le site Mercados le 19 septembre. Certaines raisons sont bien connues : augmentation forte des coûts de production, baisse des rendements en raison du manque de molécules pesticides disponibles. Cependant, le syndicat rapporte aussi une situation économique inédite : « l'érosion » progressive de l'efficacité des contingents tarifaires d'importation en provenance de pays tiers, qui crée «une situation sans précédent qui favorise un afflux massif de produits étrangers sur les marchés européens». Non révisé depuis une vingtaine d'année, le tarif douanier de 1 200 €/tonne instauré en 2001 est devenu « totalement obsolète», estime l'ANPCA. « Rien qu'en Espagne, l'inflation cumulée entre 2001 et 2025 a déjà atteint 77 %, ce qui signifie que le tarif, en termes réels, a perdu une grande partie de sa capacité protectrice ». Pour elle, le tarif devrait être fixé à 2 130 €/tonne. «Sans mesures immédiates et décisives, l'ail espagnol et européen sera relégué sur tous les marchés», prévient Juan Salvador Peregrín, président de l'ANPCA.
Horticulture : l’interprofession Valhor intègre le comité national de l’eau
Valhor, l’interprofession horticole, annonce avoir intégré le Comité national de l’eau sur son site Internet le 19 septembre. L’intégration a été confirmée par un décret du 8 septembre 2025 portant sur la composition du Comité. « Il était indispensable que la filière de l’horticulture et du paysage y soit représentée », explique l’interprofession qui a fait valoir « son rôle essentiel dans la formulation de réponses concrètes et durables face aux défis du changement climatique, au-delà de son positionnement en tant qu’usager de l’eau ». Elle entend faire évoluer la perception de ses activités et les contributions qu’elle apporte par la végétalisation des sols à toutes les échelles. L’engagement de Valhor sur ce thème s’est concrétisé en 2022 par la création de la Charte d’engagement « Arrosez utile, cultivez la vie ! » dont un des objectifs est d’« impliquer autant que possible les acteurs des territoires ». En juillet, la ville d’Antibes est devenue la première ville d’importance à s’engager. Valhor est aussi allée au devant des élus (participation au Salon des communes et des Intercommunalités de l’Ariège en juin). En juillet 2024, la charte avait aussi été signée par le préfet des Pyrénées-Orientales et le collectif interprofessionnel horticole départemental.
Céréales : les restrictions aux exportations ont reflué depuis un an
Dans un rapport publié le 23 septembre, l’OCDE constate que les restrictions aux exportations de céréales (blé, maïs, soja, riz) dans le monde ont diminué de moitié entre août 2024 et juin 2025. Ce recul drastique fait suite à une période de forte augmentation à partir de 2018, et s’explique principalement par l’action de trois pays. Le premier : l'Inde, qui a levé ses restrictions à l'exportation sur le riz, via des quotas, des taxes et des prix d'exportation minimum (PEM) lors de la période considérée. Vient ensuite l'Argentine, qui a mis fin à son quota d'exportation sur le maïs et a supprimé sa taxe sur l'exportation de riz. Enfin, la Russie a supprimé ses taxes à l'exportation sur le riz et le soja. Elle a également, en juillet dernier, supprimé les taxes à l'export sur le blé, tout comme l'Argentine le 22 septembre (non comptabilisés par l'OCDE). L’organisation rappelle que les pays ont tendance à introduire des freins aux exports sur les denrées de base lorsque leurs prix flambent ou que les intervenants s’attendent à leur hausse. Ces politiques ont parfois des résultats mitigés, et affectent les marchés locaux et internationaux, raison pour laquelle l’OCDE scrute ces données avec attention, afin de conseiller au mieux les pays dans leurs actions à mettre en place.
Maïs/tournesol : Bruxelles revoit à la baisse ses prévisions de rendement, à cause du sec
Dans son rapport mensuel du 22 septembre, l’observatoire des cultures européennes, Mars, organisme rattaché à la Commission européenne, a revu à la baisse ses prévisions de rendement 2025 en maïs et en tournesol en UE. Concernant la graine jaune, la productivité moyenne est attendue à 6,88 t/ha ce mois-ci, contre 6,93 t/ha le mois précédent. L’an dernier, elle s’affichait à 6,79 t/ha, et à 7,1 t/ha en moyenne sur les cinq dernières années. En tournesol, le rendement moyen en UE est évalué à 1,81 t/ha, contre 1,83 t/ha en août dernier, 1,72 t/ha en 2024, et 2,02 t/ha en moyenne sur la période 2020-2024. L’origine de cette révision à la baisse est bien entendu le déficit hydrique constaté durant l’été. L’ouest de la France, mais aussi une bonne partie de la zone centre et est de l’UE ont été touchés. Plus en détail, « des pertes irréversibles de rendement » sont rapportées en Hongrie, en Roumanie et en Bulgarie, commente l’organisme. Au niveau hexagonal, la productivité en maïs a en revanche été revue en légère hausse d’un mois sur l’autre, passant de 8,79 t/ha à 8,84 t/ha (9,3 t/ha en 2024, 8,93 t/ha en moyenne sur 2020-2024). En tournesol, elle a été abaissée, passant de 2,2 t/ha à 2,1 t/ha (1,95 t/ha en 2024, 2,26 t/ha en moyenne sur 2020-2024).
Ruminants : nouveaux accords au sein d’Interbev pour financer l’équarrissage jusqu’en 2028
« Les sections d’Interbev ont adopté de nouveaux accords interprofessionnels pour assurer le financement de l’équarrissage en ferme sur la période 2026-2028 », et leur extension va être demandée aux pouvoirs publics, annonce l’interprofession bétail et viandes dans un communiqué le 23 septembre. La répartition du financement entre maillons de la filière est inchangée par rapport aux anciens accords, qui arrivent à échéance le 31 décembre 2025 : 80 % pour la cotisation « aval » (collectée par les abatteurs et répercutée jusqu’aux distributeurs) et 20 % pour la cotisation « amont » (prélevée auprès des éleveurs). L’enveloppe « d’environ 100 M€ par an » finance – à travers l’association ATM Ruminants (animaux trouvés morts) – la collecte et le traitement des animaux morts en ferme (bovins, ovins et caprins). Les nouveaux accords doivent permettre de « faire face à la hausse des coûts de l’équarrissage et des volumes collectés en raison du contexte sanitaire », assure l'interprofession. En parallèle, ses membres mettront en place « une stratégie de réduction des coûts ». Dans son communiqué, Interbev salue à deux reprise les acteurs de la distribution (GMS, restauration et bouchers), alors que le média Contexte a fait état de « plusieurs mois de négociations tendues » autour de ces accords.
Loup : la FNO satisfaite des tirs de défense sur déclaration, avec des « bémols »
Interrogé par Agra Presse à l’issue du Groupe national loup le 23 septembre, Claude Font, élu en charge de la prédation à la FNO (éleveurs d’ovins, FNSEA), confirme que les pouvoirs publics envisagent de permettre aux éleveurs de recourir aux tirs de défense sur simple déclaration, au lieu de l’autorisation préfectorale actuellement en vigueur. « C’est une avancée, car cela permettra aux éleveurs de bénéficier au plus tôt des tirs de défense », se félicite-t-il, ajoutant dans la foulée plusieurs « bémols ». L’éleveur de Haute-Loire demande « d’aller au-delà du plafond de prélèvement de 19 % ». Pour cela, la FNO propose que ce plafond ne soit plus uniquement basé plus sur la seule estimation de la population lupine, mais qu’il prenne en compte un critère de pression de prédation. Pour 2025, un maximum de 192 loups peuvent être prélevés, contre 209 en 2024. Or, « les constats d’attaques sont en hausse de 26 % cette année », appuie Claude Font, qui pointe « l’incohérence entre l’estimation de la population et le niveau de prédation observé sur le terrain ». Par ailleurs, l’élu de la FNO dit avoir demandé au Groupe national loup de « réfléchir à l’éventualité de valider de nouvelles mesures de protection » et de surveillance (drones, colliers GPS pour ovins, etc.).
Bovins/DNC : cinq concours laitiers annulés au Sommet de l’élevage (presse)
Alors que la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) a provoqué un foyer dans le Rhône le 18 septembre, cinq concours de bovins laitiers prévus au Sommet de l’élevage ont été annulés, selon nos confrères de Réussir Lait. Il s’agit des races simmental, jersiaise, montbéliarde, brune et prim'holstein. Par ailleurs, le concours national salers, qui devait se tenir à Issoire (Puy-de-Dôme) du 26 au 28 septembre, est également annulé, ont annoncé ses organisateurs sur Facebook. Toutefois, le concours de l’emblématique race auvergnate au Sommet de l’élevage est maintenu, a indiqué le président du salon Jacques Chazalet à Agra Presse le 23 septembre. C’est également le cas, assure-t-il, pour les 11 autres concours allaitants prévus au Sommet – qui se tiendra à Cournon-d’Auvergne du 7 au 10 octobre. Aucun animal issu des zones réglementées au titre de la DNC ne sera présent au salon, en raison des interdictions de mouvements. Par ailleurs, M. Chazalet rappelle que l’évènement a mis en place « des protocoles sanitaires relativement stricts » contre la MHE et la FCO (sérotypes 3, 8 et 1). « Il n’y a pas que les concours animaux au Sommet, et le salon, en tout état de cause, se tiendra », martèle-t-il, mettant en garde contre « certains comportements irrationnels » observés en période d’épizooties.
Porc : enquête ouverte pour « abandon volontaire » d’un cheptel dans la Manche
La préfecture de la Manche a annoncé le 22 septembre par communiqué que plusieurs centaines de porcs, constituant l’intégralité d’un cheptel, avaient été retrouvés morts le 11 septembre à Saint-Aubin-de-Terregatte, en précisant qu'il n'existait pas de risques sanitaire et environnemental. Selon le procureur de la République de Coutances, Gauthier Poupeau, interrogé par l’AFP, il y aurait « environ 700 animaux morts » et une enquête est ouverte pour « abandon volontaire d’un animal domestique, apprivoisé ou captif ayant entraîné la mort ». Cette enquête est confiée conjointement à la gendarmerie et la DDPP (protection des populations). Elle sera suivie de l'audition de l'éleveur. Un diagnostic du Service départemental d'incendie et de secours (Sdis) a mis en évidence de « fortes teneurs en ammoniac constatées dans les bâtiments », qui ont « complexifié l’évacuation des cadavres vers un site d'équarrissage », a rapporté la préfecture, mais aucune trace d’ammoniac à l’extérieur. Par ailleurs, aucun risque pour l’environnement n’a été relevé, assure la préfecture, « l'ensemble des cases de l’élevage étant équipé de fosses de rétention ».
Volailles : l’œuf in vitro d’Onego Bio autorisé à la vente aux USA
La société finlandaise Onego Bio a obtenu un feu vert des autorités sanitaires américaines pour vendre son alternative à l’œuf obtenue par fermentation de précision, a-t-elle annoncé le 22 septembre. Dans le détail, la Food and Drug Administration (FDA) a adressé à Onego Bio une lettre de non-objection (no questions letter) concernant son produit phare commercialisé sous le nom Bioalbumen, qui a déjà obtenu le statut GRAS (généralement reconnu comme sûr). Avec cette lettre reçue de la FDA, Onego Bio peut vendre son produit outre-Atlantique sous réserve de ne pas modifier la composition et de respecter les usages autorisés. Cette poudre de protéine d’œuf offre « le même goût, la même valeur nutritionnelle et les mêmes fonctions que les œufs traditionnels, tout en garantissant une plus grande stabilité des coûts, une fiabilité d’approvisionnement et une empreinte environnementale réduite de 90% », précise Onego Bio. En mars 2025, Onego Bio a annoncé la construction d’une usine dans le Wisconsin afin d’industrialiser sa solution et d’approvisionner le marché américain. A l’automne 2024, Onego Bio a inauguré son bureau commercial à San Diego en vue de se lancer aux Etats-Unis. La société a levé 70 M$ depuis son lancement.
Influenza : le Morbihan en alerte après de nouveaux cas dans la faune sauvage
Sur signalement de la DDPP (préfecture) du Morbihan, la chambre d’Agriculture de Bretagne a averti sur son site internet le 19 septembre que cinq cygnes collectés une semaine auparavant dans le golfe du Morbihan sur la commune de Sarzeau étaient positifs au virus de l’influenza de type H5. L’administration l’avait déjà prévenue le 29 août que des oiseaux collectés fin août dans le golfe à Séné - sept cygnes et quatre spatules – étaient contaminés, suggérant une circulation du virus liée aux mouvements de migration précoces pour la saison. Aussi, avait-elle recommandé, dans son message du 29 août, de respecter « les mesures de biosécurité les plus strictes » à l’encontre de l’avifaune sauvage, à savoir : utilisation des sas sanitaires avec changement de tenue et de chaussures ; utilisation de mesures complémentaires adaptées pour les équipes intervenantes ; nettoyage/désinfection de tous les équipements qui entrent en zone d'élevage ; protection de la paille ou autres litières vis-à-vis de la faune sauvage, etc., et maintenir une surveillance quotidienne des volailles.
Agroalimentaire: Greenpeace France demande l'interdiction de l'hexane
Greenpeace France demande l’interdiction dans l’industrie agroalimentaire de l’hexane, un solvant issu de la distillation du pétrole utilisé notamment pour l’extraction des huiles végétales, peu après l’annonce d’une mission parlementaire sur le sujet. «Cet hydrocarbure est une substance neurotoxique avérée, suspectée d’être reprotoxique et un potentiel perturbateur endocrinien», affirme Greenpeace dans un rapport rédigé à l’issue d’un an d’enquête et d’analyses en laboratoire. «Sur 56 produits alimentaires testés, 36 contiennent des résidus d’hexane, dont des huiles, du beurre, des laits, y compris infantiles, ainsi que du poulet», selon un rapport de l'ONG. Les quantités relevées (entre 0,05 et 0,08 mg/kg pour les huiles testées) sont très inférieures aux seuils règlementaires (1 mg/kg). Mais Greenpeace dénonce "des réglementations obsolètes et peu contraignantes, fondées sur des études datant de 1996 et fournies par les industriels eux-mêmes". La Commission européenne a d’ailleurs chargé en mai dernier l’Efsa de réévaluer «la sécurité de l’utilisation de l’hexane» dans l’agroalimentaire, précise le site internet de l’Efsa. En France, une mission parlementaire doit prochainement être lancée, a annoncé jeudi le député MoDem Richard Ramos.
Emballages/restauration : les grossistes demandent un report de la Rep Pros
La confédération du commerce de gros (CGF) demande, dans un communiqué du 23 septembre, que la Rep (responsabilité élargie du producteur) pour les emballages professionnels, incluant les emballages pour la restauration, n’entre pas en vigueur au 1er janvier 2026, comme prévu mais au moins un an plus tard. Elle dénonce « le manque de lisibilité sur ses modalités » et le peu de préparation des entreprises qui devraient en trois mois identifier sa qualité de « producteur » d’emballage de transport ou de commercialisation, recenser les emballages concernés, calculer les impacts financiers, contractualiser avec un éco-organisme, organiser des process internes, etc. Un report permettrait à l’organisation « de travailler en profondeur à la fusion avec la filière Rep Emballages de la restauration », dit son communiqué, et « de réfléchir, dans la continuité des annonces de simplification faites par le Premier ministre le 15 juillet, à une rationalisation des filières Rep, notamment en fusionnant les filières des emballages ménagers, de la restauration et professionnels, à l’instar des modèles en vigueur en Italie, aux Pays-Bas ou en Suède ». Ce communiqué est diffusé le dernier jour de consultation de deux projets d’arrêtés déterminant la filière REP des emballages professionnels.
Agritourisme : retardée, la mission parlementaire rendra son rapport en mars
Lancée cet été par le gouvernement démissionnaire, la mission parlementaire sur l’agritourisme rendra son rapport en mars, a annoncé le 23 septembre le député Anthony Brosse (Renaissance, Loiret), qui en a la charge avec la sénatrice Sylviane Noël (Les Républicains, Haute-Savoie). « On n’a pas commencé nos travaux », a-t-il indiqué lors d’une visioconférence du CNRA (Conseil national pour la résilience alimentaire), précisant toutefois avoir eu leur « confirmation » par les services du nouveau Premier ministre Sébastien Lecornu. La mission parlementaire « devra faire l’objet d’un premier point d’étape fin octobre, début novembre ». Vu le retard lié au « contexte politique mouvant », son rapport initialement programmé en janvier doit être « rendu en mars 2026 », selon Anthony Brosse. Lors d’un comité interministériel du tourisme le 24 juillet, le gouvernement avait chargé les deux parlementaires d’« établir un état des lieux » de l’agritourisme en France, « enrichi d'éléments de comparaison internationale, avec nos principaux voisins européens, singulièrement le modèle italien ». Il s'agit aussi « d'identifier les freins et leviers urbanistiques, sociaux ou encore réglementaires » pour développer le secteur.
Chambres d’agriculture : le projet stratégique sera présenté en novembre
Le projet stratégique 2025-2031 des chambres d’agriculture sera présenté « en novembre », a indiqué Sébastien Windsor, le président de Chambres d’agriculture France, le 18 septembre en conférence de presse. « Nous sommes en train d’arrêter la trame » avec les différents échelons du réseau, et « nous communiquerons de manière globale sur le projet une fois abouti et sur sa déclinaison dans le contrat d’objectif avec l’État », a-t-il précisé. D’après une publication sur LinkedIn, ce nouveau projet stratégique visera à « mieux accompagner les agriculteurs, de l’installation à la transmission, en passant par l’innovation et les transitions économiques, environnementales et sociétales ». Le précédent projet stratégique, déployé durant la mandature 2019-2025 comportait quatre axes : accompagnement de l’agriculture dans « ses transitions », création de valeur « dans les territoires, dialogue avec la société et organisation interne « rénovée ». Le 18 septembre, M. Windsor a également réagi à la création de l’Acalif (association des chambres d’agriculture présidées par la Coordination rurale) : « Je suis très inquiet que des chambres se regroupent en association pour faire de la politique, ce n’est pas tout à fait le rôle d’une chambre ».
Tarn-et-Garonne : la CR déverse des détritus devant le Conseil départemental
Une quinzaine d'agriculteurs de la Coordination rurale (CR) ont déversé le 23 septembre au matin à Montauban des détritus dans et devant le Conseil départemental de Tarn-et-Garonne, ont constaté deux journalistes de l'AFP. Les manifestants reprochent au Conseil départemental un manque d'implication sur les dossiers agricoles de ce département rural, prenant comme exemple la cessation des activités d'analyses œnologiques du laboratoire de la Chambre d’Agriculture du département. « On a la moutarde qui monte au nez! (...) on va perdre le laboratoire d'analyses viticole et on a perdu récemment l'abattoir », s'est exaspéré Julien Aurières, coprésident de la CR du Tarn-et-Garonne. « Il faut sauver les viticulteurs, et que le département s'engage », a de son côté réagi auprès de l'AFP Pierre-Guillaume Mercadal, éleveur de cochons laineux et porte-parole de la CR 82. Le président du conseil départemental Michel Weill a fermement condamné, dans un communiqué publié le 23 septembre, cette action « aux revendications peu claires, qui nuit à l'image du monde agricole et ne favorise pas le dialogue ». Selon lui, cette décision économique ne relève plus d'une compétence départementale, contrairement à l'environnement, où le département dit avoir investi « plus de 5,6 millions d'euros » depuis 2022 pour « soutenir les filières et faire face aux urgences climatiques. »