Agrafil du 25 novembre 2025

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Vin : Genevard débloque 130 M€ pour l’arrachage définitif

À la veille du salon Sitevi, qui s’ouvre mardi 25 septembre à Montpellier, la ministre de l’Agriculture a annoncé, dans un communiqué le 24 septembre, un « plan national de sortie de crise » pour la filière vitivinicole, en proie à une crise de la demande. Parmi ses principales mesures, ce plan comprend « une nouvelle enveloppe de 130 M€ pour l’arrachage définitif », mesure réclamée par la profession (après une première enveloppe de 120 M€ déployée fin 2024 sur plus de 27 000 ha). Les viticulteurs bénéficieront également en 2026 de 10 M€ d’allègements de charges sociales, après un premier volet de 5 M€ pour le second semestre 2025. « Les viticulteurs auront toute leur part dans le dispositif exceptionnel de soutien aux trésoreries, dont le principe a été annoncé à Toulouse le 12 novembre dernier en présence du chef de l’État », ajoute le ministère dans son communiqué. Troisième volet du plan : les prêts structurels « garantis à 70 % par BPI France » seront rouverts en 2026. Leur durée avait été allongée à 12 ans, mais ils « ne pouvaient être plus être souscrits après 2025 », selon la Rue de Varenne. Leurs critères seront par ailleurs révisés, et ils seront « élargis aux coopératives ». Enfin, Annie Genevard rappelle qu'elle a demandé à la Commission européenne de « mobiliser la réserve de crise européenne, notamment pour financer la distillation de crise des surstocks non marchands, prioritairement en caves coopératives ».

Bio : l'Île-de-France lance une aide au maintien en dehors de la Pac

Faute de pouvoir continuer à soutenir à la bio dans le cadre de la Pac, la région Île-de-France lance une aide bio à l'hectare en dehors du cadre de la Pac, se félicitent la FNSEA, les JA et la chambre d'agriculture régionales dans un communiqué le 24 novembre. Versée pour une durée de cinq ans, l'aide a « pour objectif de compenser les surcoûts liés aux méthodes de production biologique » et s’adresse aux exploitations en conversion ou ayant achevé leur conversion à l’agriculture biologique, indique la région sur son site. Le dépôt des demandes est ouvert du 3 novembre 2025 jusqu’au 31 janvier 2026 inclus. Le montant de l'aide sera de 400 €/ha pour le maraîchage et l'arboriculture, et de 200 €/ha pour les grandes cultures, la viticulture et les cultures légumières de plein champ. Dotée d'une enveloppe annuelle de plus de 1,5 M€, l'aide vise 450 exploitations, dans la mesure où elles n'ont pas atteint le plafond d'aide de minimis. Dépossédées d’aides surfaciques du second pilier (bio, MAEC) sur la programmation actuelle, certaines régions avaient continué de verser des aides au maintien en bio jusqu’en 2024 au titre de la précédente programmation, alors que l’État avait de son côté arrêté de les co-financer depuis 2017. C’était notamment le cas des régions dominées par la gauche comme la Bretagne, la Nouvelle-Aquitaine ou l’Occitanie, mais également de l’Île-de-France.

Bio : la Fnab pousse à l'intégration des excrétats humains parmi les engrais utilisables

À l'occasion de la Journée mondiale des toilettes le 19 novembre, la Fnab (producteurs bio) s'est associée au Réseau de l'assainissement écologique (RAE) pour mettre en avant l'intérêt des excrétats humains, notamment en agriculture biologique, où leur utilisation fait face à un « flou juridique ». « Le cahier des charges bio n'autorise pas clairement l'utilisation des excrétats humains. Cependant, les principes de la bio d'utilisation de matières organiques, de recyclage des nutriments, etc. sont en phase avec cette pratique », explique-t-on à la Fnab. Pour lever ce flou, le syndicat demande « l'ajout d'une entrée dans la liste des engrais utilisables en bio », une position qu'elle souhaite faire endosser par la France au niveau européen. Le dossier n'est pas porté dans le cadre de l'exercice de simplification du règlement bio poussé par le commissaire à l'Agriculture Christophe Hansen, mais dans le cadre d'une « modification de routine », précise la Fnab. En septembre 2024, un premier point d’apport volontaire d’urine a été installé dans les Hauts-de-Seine à destination d'une exploitation bio de 60 ha située dans le Loiret. Baptisé « Enville » et porté par le programme « Ocapi » de l’école d’ingénieurs des Ponts et chaussées, le projet vise à transformer l’urine en engrais. L’urine collectée est stockée dans une cuve de 300 litres, puis maturée pour permettre son utilisation comme fertilisant.

Pac post-2027 : Lecornu veut « un consensus le plus large possible » en France

Sébastien Lecornu a appelé le 24 novembre les forces politiques à débattre et voter dans les prochaines semaines spécifiquement sur des priorités « absolues » comme la sécurité, la défense, l'agriculture et l'énergie, dans un contexte de « blocage » budgétaire. Le Premier ministre a déclaré qu'il rencontrerait « l'ensemble des formations politiques représentées à l'Assemblée nationale et au Sénat dans les prochains jours », ainsi que « les partenaires sociaux ». Il a assuré vouloir consacrer ces discussions à cinq thèmes vus comme des « priorités (...) absolues », qui ne peuvent « pas attendre » l'élection présidentielle de 2027 : le déficit, la réforme de l'État, l'énergie, l'agriculture, ainsi que la sécurité intérieure et extérieure. Des votes thématiques, par exemple sur la défense ou l'énergie, pourront être organisés avant la reprise budgétaire, mi-décembre, a précisé Matignon. Pour l’agriculture, le Premier ministre a évoqué la Pac et l'accord avec le Mercosur comme sujets de débat : « la négociation de la future Politique agricole commune avec Bruxelles » doit faire l’objet « d’un consensus le plus large possible », a-t-il indiqué. Pour l'heure, Matignon n'apporte pas de précision sur la forme. Interrogé par Agra Presse, le président de la commission des Affaires économiques, Stéphane Travert, indique avoir demandé une discussion générale à l'Assemblée sur la Pac, le Mercosur et la pétition contre la loi Duplomb (qui a déjà fait l'objet d'un débat en commission). Durant la précédente négociation de la Pac et de son application, la gauche n'a cessé de demander un débat parlementaire.

Budget 2026 : Lecornu estime qu'il existe encore « une majorité » pour l'adopter

Martelant que son fragile gouvernement « n’a aucun autre agenda que de permettre à la France d’avoir un budget pour l’État et pour la Sécurité sociale pour l’année prochaine », le Premier ministre s’est dit toujours convaincu, dans une allocution le 24 novembre au matin à Matignon, qu’il peut exister « une majorité » à l’Assemblée nationale. Fait inédit sous la Ve République, la quasi-totalité de l'Assemblée s'est opposée le 22 novembre au projet de budget de l’État, un vote sans surprise mais qui augure mal de son adoption avant la fin de l'année, dans les délais constitutionnels. M. Lecornu a dénoncé « une forme de cynisme », s’en prenant aux « comportements de La France insoumise et même parfois du Rassemblement national » et implicitement au patron des Républicains Bruno Retailleau, qui a déclaré préférer « une loi spéciale » (la reconduction temporaire du budget 2025, NDLR) plutôt « qu’un budget qui continuera à déclasser la France ». Parallèlement à ces discussions, les projets de budget de l’État et de la Sécurité sociale vont en effet poursuivre leur route au Sénat. Dans l’hémicycle d’abord, où les sénateurs ferraillent sur le budget de la Sécu depuis plusieurs jours, avant un vote solennel prévu mercredi 26 novembre après-midi. Mais également en commission des Finances, quelques mètres plus loin, où le volet « recettes » du projet de budget de l’État a été examiné au pas de course lundi 24 matin avant son arrivée dans l’hémicycle à partir de jeudi 27.

UE-Mercosur : le Parlement européen pourrait adopter rapidement les sauvegardes renforcées

Même si la conférence des présidents n’a pas validé l’adoption du texte en procédure d’urgence, le Parlement européen pourrait, dans le sillage du Conseil de l'UE, avancer rapidement sur la proposition visant à renforcer les sauvegardes agricoles dans le cadre de l’accord commercial UE-Mercosur. Le projet de rapport de l’espagnol Gabriel Mato (PPE, droite) a ainsi été publié le 20 novembre. Ce dernier suggère, comme les Vingt-sept, d’approuver la proposition de la Commission européenne sans l’amender. Pour lui, « le mécanisme de sauvegarde proposé par la Commission répond de manière adéquate » aux préoccupations exprimées par le secteur agricole, alors que les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) prévoient, le 18 décembre, une manifestation contre l’accord. Et d’ajouter : « Préserver le texte tel que proposé par la Commission facilitera des progrès rapides sur un instrument essentiel pour la sauvegarde de l’agriculture européenne dans le cadre de l’accord UE-Mercosur. » Un premier débat sur ce projet se tiendra le 2 décembre en commission parlementaire du Commerce international, tandis que les eurodéputés ont jusqu’au 27 novembre pour déposer leurs éventuels amendements pour une adoption le 8 décembre.

Biocarburants : en commission, les sénateurs rejettent une hausse de la fiscalité

Suppression d'une nouvelle taxe sur les plastiques, refus d’une hausse de la fiscalité sur les biocarburants... La partie « recettes » du budget de l’État a été passée au filtre de la droite sénatoriale le 24 novembre en commission. Les sénateurs de la Commission des finances ont parcouru dans la matinée l'ensemble de cette première partie du projet de loi de finances pour 2026. Ils repartaient du texte initial du gouvernement, conséquence du rejet du budget en première lecture à l'Assemblée nationale. Cette réunion était surtout synonyme de tour de chauffe avant l'examen du texte dans l'hémicycle, prévu à partir du 27 novembre et jusqu'au vote solennel du 15 décembre. À ce stade, seul le rapporteur général Jean-François Husson (Les Républicains) a pu proposer des amendements. La commission des Finances a proposé la suppression d'une nouvelle taxe sur les plastiques. Par ailleurs, le rapporteur général LR s'oppose à la hausse de la fiscalité sur les biocarburants B100 et E85, mesures qui avaient provoqué une levée de boucliers de la FNSEA. Ces propositions devront de nouveau être mises au vote dans l'hémicycle à partir du 27 novembre.

Betterave : Tereos annonce un prix provisoire en baisse, à 32,53 €/t (presse)

Selon nos confrères du Betteravier français et de La France agricole, Tereos a envoyé un courrier à ses adhérents le 21 novembre pour leur annoncer un prix provisoire pour la campagne 2025-2026 de 32,53 €/t à 16°, soit environ 5 €/t de moins que celui de la campagne précédente. Ce week-end, le géant sucrier a annoncé avoir encaissé la baisse des prix du sucre qu’il avait anticipée au premier semestre de son exercice décalé, avec un recul de ses ventes de près de 20 % et une perte de 572 millions d’euros (M€). Cette perte est principalement due à une dépréciation d’actifs de 499 M€ dans un contexte de baisse des prix du sucre et de hausse « des taux d’actualisation permettant d’évaluer la valeur future des activités », affirme le groupe coopératif dans un communiqué publié le 21 novembre pour le semestre clôturé fin septembre. Mais même sans cet élément, Tereos reste dans le rouge, alors qu’il avait enchaîné les bonnes performances ces dernières années grâce à l’explosion des prix du sucre, portés par des tensions sur l’offre et une hausse des coûts de production. Mi-octobre, le groupe coopératif avait annoncé qu’il proposera, lors de sa prochaine assemblée générale qui se tiendra le 26 juin 2026, de faire évoluer la durée d’engagement de ses coopérateurs de cinq à trois ans.

Nutri-Score/PLFSS : les sénateurs s’opposent à sa généralisation

Dans le cadre de l’examen en séance publique du PLFSS (financement de la Sécurité sociale) le 21 novembre, en s’opposant à l’article 11ter du texte, les sénateurs ont repoussé la possibilité de généraliser le Nutri-Score sur les emballages des produits alimentaires, disposition introduite par l’Assemblée nationale. La ministre de la Santé Stéphanie Rist avait soutenu la suppression de cette mesure, avançant une « incompatibilité avec le droit européen », en l’occurrence le règlement Inco qui harmonise l’étiquetage nutritionnel au niveau européen. La gauche sénatoriale a regretté le rejet de l’article. Le dispositif a « largement prouvé que le Nutri-Score modifie les comportements dans le bon sens et notamment pour l’alimentation des enfants. Le généraliser est un véritable outil de santé publique », a plaidé le sénateur Bernard Jomier (socialiste, Paris). De son côté, la droite s’opposait à toute taxation supplémentaire : l’article prévoyait en effet de pénaliser les entreprises rétives à l’indicateur à hauteur de 5 % de leur chiffre d’affaires. Par ailleurs, la Chambre haute a voté en faveur d’une taxe sur les boissons énergisantes alcoolisées et d’une autre sur les sucres ajoutés dans l’alimentation infantile.

Nutrition/climat : la Snanc attendue cette semaine, dans un climat d’incertitude

La Stratégie nationale nutrition climat (Snanc) pourrait être publiée cette semaine, sans certitude à ce stade, a indiqué France Assos Santé à Agra Presse le 24 novembre. Depuis plusieurs mois, sa sortie imminente est régulièrement évoquée, sans toutefois aboutir. Les ministères impliqués se montrent, eux aussi, particulièrement prudents et traitent toute perspective de sortie avec « de multiples pincettes ». Après la réunion interministérielle (Rim) conclusive du 3 septembre, le projet de Snanc semblait en effet prêt à être publié. In extremis, le cabinet du Premier ministre d’alors François Bayrou avait modifié le texte, entraînant le blocage de sa publication. Selon France Assos Santé, la version attendue cette semaine serait celle élaborée « avant le détricotage » de M. Bayrou, estimant toutefois qu’un « dernier coup de force des lobbies » est possible. De son côté, l'interprofession bétail et viandes (Interbev) a indiqué à Agra Presse ne disposer d’aucune information. Prévue dans le cadre de la loi « Climat et résilience » de 2021, la Snanc doit définir l’action du gouvernement pour une alimentation « saine et durable » d’ici 2030. Le document aurait dû paraître en juillet 2023 au plus tard. Mais il a pris du retard, bloquant l’ensemble des plans qui doivent en découler, parmi lesquels le Plan national nutrition santé (PNNS) 5.

NGT : 25 organisations agricoles déplorent les exigences superflues du Parlement européen

Une coalition de 25 organisations agricoles de l'UE – Copa-Cogeca (agriculteurs), Euroseeds (semences), CropLife (pesticides), etc. – appellent, dans une lettre du 24 novembre, le Parlement européen à abandonner les exigences supplémentaires, inutiles à leurs yeux, qu’il tente d’imposer dans le cadre des négociations sur les nouvelles techniques de sélection génomique (NGT). Sont visés les critères de durabilité renforcés, les obligations de traçabilité et d'étiquetage, ou encore le suivi exhaustif des cultures. Ces mesures « compromettent les fondements scientifiques du système, alourdissent les charges administratives des opérateurs et des États membres, et risquent d'entrer en conflit avec leurs partenaires commerciaux internationaux », font valoir ces organisations professionnelles, qui exhortent les institutions de l'UE à conclure rapidement leurs pourparlers. Après des avancées ces dernières semaines notamment sur les critères de durabilité, un trilogue final (fixé pour l'instant au 3 décembre) est espéré par la présidence danoise du Conseil de l’UE en décembre afin de clore les discussions. La question des brevets devrait être au centre des débats.

Phytos : baisse des volumes de vente, plus marquée en conventionnel qu’en bio (fabricants)

Le syndicat Phyteis (fabricants de pesticides) a annoncé, dans un communiqué du 24 novembre, une « inflexion historique » des ventes de substances actives de ses adhérents en 2024, tombées à un volume global de 50 000 t. Entre 2008 et 2024, les volumes totaux ont reculé de 36 % (-44 % pour les produits conventionnels et -12 % pour les produits utilisables en agriculture biologique). L’année 2024 a été marquée par une rupture, alors que, jusqu’ici, les ventes de substances actives conventionnelles et utilisables en bio suivaient des dynamiques similaires. Les ventes de substances actives conventionnelles reculent de 5 % (en volume) tandis que celles des produits utilisables en bio progressent de 23 %, par rapport à 2023. Cette inflexion s’inscrit dans un mouvement national plus large. Par ailleurs, en octobre, le ministère de l’Agriculture a confirmé une baisse de 49 points du nouvel indicateur Ecophyto, le HRI1 (volumes/risques santé) en 2023, par rapport à la période de référence (2011-2013). L’indicateur passe de 55 en 2022 à 51 en 2023. Selon le ministère de l'Agriculture, cela traduit à la fois les retraits d’approbation de substances actives et les efforts mis en œuvre pour réduire l’utilisation et les risques liés à leur emploi, dans le cadre d’Ecophyto et désormais de la Stratégie Ecophyto 2030.

Fromages : révision validée en comté, morbier et mont d’or, monotraite testée en roquefort

Les modifications des cahiers des charges des AOP comté, morbier et mont d’or (ou vacherin du Haut-Doubs) ont été approuvées par le Cnaol (AOP laitières) le 19 novembre, indique l’Inao. « Les cahiers des charges seront prochainement homologués par arrêté interministériel, ce qui conduira à leur entrée en vigueur », selon un communiqué diffusé le 24 novembre. Ces décisions viennent clore un processus entamé en 2020 par ces trois AOP. Ces modifications s’inscrivent « dans une réflexion portée par ces filières visant à conserver une agriculture à dimension humaine, tout en prenant en compte des enjeux territoriaux ». Autre décision : un feu vert a été donné à l’AOP roquefort pour mettre en place un dispositif d’évaluation d’innovation (DEI) concernant l’impact de la monotraite. « La demande fera prochainement l’objet d’une publication du cahier des charges pour une procédure nationale d’opposition de deux mois, avant son homologation. » Le DEI est un outil introduit fin 2024 par l’Inao permettant à un ODG de mener une expérimentation en dehors de son cahier des charges. Les filières viticoles ont été les premières à mettre en pratique ce dispositif.

Produits laitiers/Siqo : forte hausse de la fréquentation à l’AOP Festival

L’AOP Festival, manifestation grand public organisée par le Cniel (interprofession laitière) et le Cnaol (AOP laitières) du 14 au 16 novembre à Paris, a connu une forte hausse de sa fréquentation, attirant 16 000 visiteurs (contre 10 000 en 2024). « Un succès qui démontre l’attachement du public aux fromages, beurres et crèmes AOP, mais aussi aux femmes et aux hommes qui les produisent et aux territoires qui les font vivre », estiment les organisateurs dans un post LinkedIn. « Célébrer les terroirs, défendre le lait cru, l’identité des AOP » était le mot d’ordre de la troisième édition de cette manifestation. Selon les données communiquées à Agra Presse par le Cniel, la manifestation 2025 a rassemblé 120 producteurs, essentiellement de fromages, représentant 49 AOP ; des chiffres stables par rapport à 2024. À noter la présence d’une AOC, le mothais sur feuille, ayant obtenu l’AOC et qui est en attente de son AOP. Pour rappel, la France compte 51 AOP laitières. La manifestation a permis aux producteurs de réaliser environ 2 000 ventes, sans que le chiffre d’affaires ne soit communiqué. L’opération est financée entièrement par le Cniel et le Cnaol, sans le concours de subventions. Aucune date ou lieu n’est pour l’instant déterminé pour la tenue d’une éventuelle édition 2026.

Bovins/DNC : la suspension de l’export a plombé les veaux laitiers, pas les broutards (Idele)

À cause de la suspension des exportations de bovins vivants pour raison sanitaire, « les prix français des veaux laitiers ont chuté » en octobre, « passant en dessous des prix espagnols », constate l’Institut de l’élevage (Idele) dans son bulletin tendances publié le 21 novembre. Du 18 octobre au 1er novembre, la France a suspendu ses exportations de bovins afin d’empêcher la propagation de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) et de rassurer ses clients. La cotation des veaux laitiers s’est effondrée de 91 € en quatre semaines, s’établissant à 187 € par tête pour les mâles de 45-50 kg en semaine 46 (du 10 novembre). Les prix restent toutefois « à des niveaux deux fois supérieurs à 2024 », les cours battant des records depuis juin. Dans le détail, la chute des prix est « liée à de nouveaux cas de DNC détectés en octobre en France, puis pour la première fois en Espagne », rappelle l’institut technique. Des animaux exportés « sont revenus en France suite à cet évènement, souvent avec un poids plus élevé, et à des prix environ 50 € plus bas qu’avant la fermeture. » Du côté des broutards, la suspension de l’export « a perturbé les marchés », mais sans faire chuter les prix. Seules deux catégories ont connu une « légère baisse » de 8 ct€/kg vif à la reprise (charolais U de 350 kg et croisés R de 300 kg).

Maïs fourrage : rendements dans la moyenne, avec une forte hétérogénéité (Arvalis)

À l'occasion d'une conférence de presse le 24 novembre, l'institut technique Arvalis a indiqué que le rendement moyen des maïs fourrage français était de 11,8 tonnes de matière sèche (tMS) par hectare cette année, soit un niveau légèrement inférieur à l'évaluation du ministère de l'Agriculture (12,3 tMS/ha), et proche de la moyenne quinquennale (11 tMS/ha). Les rendements et la qualité sont toutefois très hétérogènes, indiquent les experts d'Arvalis, en raison de « très fortes disparités climatiques (épisodes de sécheresses, d'orages et de grêles notamment) ». La surface annoncée est de 1,21 million d'hectares, en baisse de 5,4 % par rapport à l'an passé, mais « ces chiffres ne sont pas forcément partagés », précise Arvalis. Les semenciers estiment que la baisse de surface est seulement de 1 %. La teneur en matière sèche (MS) est élevée, à 34,2 % de MS, contre un optimum de 32, avec des fins de cycle très sèchantes en Pays de la Loire, et un bon remplissage dans le Sud-Ouest. La teneur en protéines est de 7,3 % (+0,2 point), les profils énergétiques sont proches de 2024, plutôt tournés vers l'amidon (33 % en moyenne), avec « beaucoup de variabilité ». La valeur énergétique est qualifiée d'« excellente », et la teneur en Unités fourragères lait « globalement bonnes ». Le risque de mycotoxines est revenu à un niveau normal. Les experts alertent enfin sur le développement du datura dans les champs, dangereux pour les bovins.

Cornichon : bonne récolte pour Reitzel en 2025, adoption du label Origin’Info

Reitzel, l’entreprise franco-suisse spécialisée dans les condiments, annonce une récolte de cornichons en légère hausse en 2025 dans un communiqué de presse le 24 novembre. Quelque 472 t ont été récoltées (dont 128 t en bio), un volume stable par rapport à la récolte précédente (464 t, dont 136 t en bio), mais loin de la récolte record et exceptionnelle de 2023 (900 t). La campagne s’est caractérisée par sa précocité et sa brièveté. Grâce à des conditions favorables durant la période mai-juin, la récolte a pu débuter le 23 juin (en 2024, un printemps frais et pluvieux l’avait repoussée au début juillet). Cette configuration a offert des volumes importants dès le début : « Si bien qu’au 20 juillet, une grande partie des quotas mis en place avec les agriculteurs étaient atteints », souligne Reitzel. Par ailleurs, en arborant sur ses emballages le label Origin’Info depuis le début de la récolte, comme déjà annoncé, l’entreprise entend accentuer sur l’origine française de son produit et se démarque de la concurrence : « 75 % des Français pensent que les grandes marques du secteur proposent des cornichons qui sont produits dans l’Hexagone, alors que ce n’est pas le cas et que ces marques ne l’affichent pas sur leurs packs, qui arborent pourtant des codes marketing bien français ».

Contrôle médical du régime agricole : les sénateurs autorisent la délégation d’actes

Durant la lecture du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, le 23 novembre, les sénateurs ont adopté un amendement de la commission des Affaires sociales sur le service du contrôle médical des régimes agricoles de protection sociale. Pour la commission, il remplit les missions définies dans le Code de la Sécurité sociale (livre III, titre I, chapitre 5) et propose la possibilité de délégation de certains actes et certaines activités au personnel du contrôle médical disposant de la qualification nécessaire, sous la responsabilité du praticien conseil. « Lorsque ces délégations concernent des auxiliaires médicaux, lesdites missions sont exercées dans la limite de leurs compétences prévues par le Code de la santé publique. Lorsque, dans le cadre de ces délégations, des auxiliaires médicaux rendent des avis qui commandent l’attribution et le service de prestations, elles s’exercent dans le cadre d’un protocole écrit », est-il précisé. L’amendement visait à inscrire ces dispositions dans le Code rural et de la pêche maritime afin d’améliorer la clarté du droit et de donner une assise législative aux dispositions encadrant l’action des services du contrôle médical des régimes agricoles de protection sociale. Il s’agissait d’une demande récurrente de la CCMSA.

Emballages: les associations anti-plastique demandent à renforcer la fiscalité

Dans un communiqué diffusé le 20 novembre, les associations Zero Waste France, No Plastic in my Sea et la fondation Surfrider appellent les sénateurs à réintroduire dans le PLF 2026 (projet de loi de finances) la taxe progressive sur les emballages plastiques non recyclés qui avait été supprimée en séance publique par l’Assemblée nationale le 19 novembre. Elles soulignent que le contribuable supporte aujourd’hui près de 1,4 Md€ de pénalités versées par l’État français chaque année à l’Union européenne pour ce non-recyclage. Ces pénalités devraient être en théorie financées par les éco-organismes à hauteur de 800 €/t. Or, le PLF initial proposait un moindre paiement, selon un barème progressif de 30 €/t en 2026 à 150 €/t en 2030. « Les montants de cette taxe doivent être augmentés afin de réduire la part qui pèse sur les contribuables et d’atteindre progressivement 800 €/t », suggèrent les associations. « La France ne pourra pas lutter contre la pollution plastique sans s’attaquer à sa racine : la surproduction », argumente Surfrider Europe sur le réseau social professionnel LinkedIn.

États-Unis/Ghana : levée des taxes Trump de 15 % sur des produits agricoles, dont le cacao

Dans un message posté le 24 novembre sur le réseau social X, le ministre ghanéen des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, a annoncé que les États-Unis ont levé, depuis le 13 novembre, les droits de douane de 15 % imposés sur les exportations agricoles du Ghana, parmi lesquelles le cacao. Le Ghana, deuxième producteur mondial de cacao derrière la Côte-d’Ivoire, dépend fortement des recettes d’exportation pour stabiliser sa monnaie et financer ses dépenses publiques. « Avec des exportations annuelles de fèves de cacao ghanéennes vers les États-Unis estimées à 78 000 t, et au prix spot actuel de 5 300 $/t, le Ghana devrait percevoir 60 M$ de recettes supplémentaires par an grâce à cette décision », se félicite-t-il, alors que les États-Unis sont le premier importateur mondial de chocolat et de produits à base de cacao. Au-delà du cacao, cette levée des taxes américaines concerne aussi les noix de cajou, les avocats, les bananes, les mangues, les oranges, les citrons verts, les bananes plantains, les ananas, les goyaves, les noix de coco, le gingembre et les poivrons.

Bière : Oliver Dubost nommé p.-d.g. de Brasseries Kronenbourg

Dans un communiqué paru le 24 novembre, Brasseries Kronenbourg (groupe Carlsberg) annonce qu'Olivier Dubost, 52 ans, est nommé président-directeur général, à compter du 1er janvier 2026, en remplacement d'Onno Rombouts. Jusqu'alors, Olivier Dubost était directeur général de Carlsberg Italie. Il a aussi travaillé chez LVMH à Londres, Colgate-Palmolive Europe. Chez Carlsberg, il a notamment œuvré au lancement de Tourtel Twist.

Addendum à l'agenda de la semaine agricole du 24 novembre 2025

Jeudi 27 novembre
Matinée logistique d'Intercéréales, à Paris