Agrafil du 27 mars 2026

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UE/États-Unis : Strasbourg plaide pour un renforcement des textes de l’accord commercial

Une semaine après la commission du Commerce international (Cominta), la plénière du Parlement européen a largement validé (417 voix pour, 154 contre et 71 abstentions), le 26 mars à Bruxelles, sa position concernant les propositions mettant en musique l’accord commercial UE/États-Unis, conclu en juillet à Turnberry (Écosse). Celles-ci visent notamment à faciliter l’accès au marché européen de certains produits agricoles américains. « Un mandat de négociation fort », s’est félicité le social-démocrate allemand Bernd Lange, président de la Cominta. Face aux incertitudes des relations transatlantiques, Strasbourg souhaite introduire une clause de conditionnalité (ou « Sunrise Clause ») ne rendant effectives les préférences tarifaires de l’accord qu’à partir du moment où les États-Unis respectent pleinement leurs engagements. Une clause de suspension est aussi prévue en cas de nouvelles menaces pour la sécurité ou les intérêts de l’UE, y compris envers son intégrité territoriale. Enfin, le texte comprend une clause de déchéance (ou « Sunset Clause ») limitée dans le temps, jusqu’au 31 mars 2028. Des négociations interinstitutionnelles avec le Conseil de l’UE, qui a déjà validé sa position, vont à présent pouvoir démarrer.

Accord UE-Australie : le gouvernement salue un « gain » pour de « nombreux » secteurs

Interrogé le 25 mars à l’Assemblée nationale sur l’accord commercial entre l’UE et l’Australie conclu la veille, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot est apparu prudent. « De ce que nous comprenons à ce stade, la suppression des tarifs douaniers existants avec l’Australie représenterait un gain important pour beaucoup de secteurs économiques français, dont certains se sont déjà exprimés favorablement, notamment dans l’agroalimentaire les vins et spiritueux et les produits laitiers. Par ailleurs dans le contexte de tension sur les chaînes de valeur des industries de la transition écologique, l’accord constitue une opportunité de sécuriser un accès privilégié aux minerais critiques australiens », a-t-il dit, selon l'AFP. Selon lui, la France a « fait valoir » ses « sensibilités agricoles » : les viandes et le sucre. « La Commission a manifestement tenu ses engagements sur les volumes de produits concernés alors que nos agriculteurs craignaient des chiffres beaucoup plus élevés compte tenu des demandes australiennes », a-t-il ajouté.

OMC : les États membres de l'UE adoptent leur position en vue de la 14e conférence ministérielle

Le Conseil de l’UE a adopté le 26 mars sa position en vue de la 14e Conférence ministérielle de l’OMC, qui s’est ouverte le même jour à Yaoundé (Cameroun) et qui doit durer jusqu’au 29 mars avec pour sujet central la réforme de l’institution genevoise. Au niveau agricole, les États membres espèrent « l'adoption de résultats équilibrés » alors que la précédente conférence ministérielle à Abou Dhabi en 2024 s’était soldée par un échec. Les ministres du Commerce de l’UE mise sur un « accord global » qui pourrait inclure « une transparence accrue en matière de restrictions à l'exportation », ainsi qu’« une solution à la question du stockage public à des fins de sécurité alimentaire ». Mais ils préviennent qu’un résultat potentiel devra être compatible avec la Pac. Un projet de déclaration ministérielle sur l’agriculture, le commerce et la sécurité alimentaire mondiale a déjà été transmis aux membres de l’OMC le 16 mars par le président des négociations agricoles de l’institution, le pakistanais Ali Sarfraz Hussain. Mais peu d’avancées majeures sont attendues en raison de divergences notables entre les membres sur différents sujets à l’ordre du jour.

Pesticides : la CJUE confirme le manque de transparence de la procédure d’autorisation

Dans un jugement du 25 mars, la Cour de justice de l’UE (CJUE), annule la décision de la Commission européenne de juillet 2021 par laquelle elle a refusé à l’ONG ClientEarth l’accès aux documents ayant conduit à l’approbation des pesticides mancozèbe et cyperméthrine. ClientEarth avait demandé l’accès à des documents afin de comprendre pourquoi le Comité permanent des végétaux, des animaux, des denrées alimentaires et des aliments pour animaux avait accepté de renouveler l’autorisation de ces molécules malgré les réserves de l’Efsa (Autorité européenne de sécurité des aliments). Mais l’exécutif a refusé l’accès à ces documents, « empêchant ainsi tout contrôle public du processus décisionnel, notamment des positions et des votes des représentants des États membres ». L’ONG se félicite donc que la CJUE reconnaisse « le manque de transparence entourant les autorisations de pesticides dans le cadre de la procédure dite de comitologie […] portant atteinte au droit des citoyens de comprendre comment sont prises les décisions qui affectent leur santé et l’environnement ». La Cour de justice de l’UE (CJUE) avait déjà conclu, dans un autre arrêt du mois de décembre, que la Commission européenne avait agi illégalement en réapprouvant la cyperméthrine, en justifiant sa décision par une mesure d’atténuation des risques dont le caractère réaliste n’a pas été démontré.

Pesticides : le Conseil d'État refuse l'accès à des registres d'épandage à Générations futures

Dans une décision rendue publique le 26 mars, le Conseil d'État refuse l'accès à des registres d'épandage de pesticides qu'avait demandé l'association Générations futures sur la commune de La Sauve (Gironde), annulant ainsi la décision du tribunal administratif de Bordeaux. Le Conseil d'État confirme qu'il s'agit bien d'informations relatives à l'environnement, soumises à des obligations de transparence, mais que l'administration n'est tenue de faire droit à une demande de communication « que dans l'hypothèse où elle détient ces informations ». Or, il ressort des pièces du dossier que le directeur de la Draaf n'était pas en possession de ces informations. En novembre 2022, Générations futures avait demandé l'accès à ces registres dans le cadre d'une étude sur les pesticides dans l'air. L'association avait installé des capteurs d'air sur cette commune pour étudier l'exposition des riverains. La Draaf (préfecture) de Nouvelle-Aquitaine indiquera son refus en janvier 2023, et l'étude paraitra un mois plus tard. L'Anses demande depuis plusieurs années la création et l’accès informatisé à ces registres afin de pouvoir mener à bien des études sur l'exposition des riverains. Les registres d'épandage vont être numérisés à partir du 1er janvier 2027.

Pesticides/inondations : en Occitanie, feu vert aux drones dans quatre départements

Face aux récentes inondations, l’État autorise temporairement la pulvérisation de pesticides par drone sur des vignes et vergers dans quatre départements d’Occitanie, selon un arrêté paru le 26 mars au Journal officiel. Cette dérogation est valable « jusqu'au 30 avril 2026, pour le traitement des parcelles de vignes et de vergers fruitiers rendus inaccessibles ou impraticables par la voie terrestre du fait des inondations, dans les départements de l'Aude, du Gard, de l'Hérault et des Pyrénées-Orientales ». Le feu vert est assorti de nombreuses conditions. Seule la bouillie bordelaise RSR Disperss figure dans la liste de produits phytosanitaires autorisés. Une déclaration préalable de traitement doit être transmise au préfet de département, « avec un préavis d'au moins 48 heures ». L’arrêté fait suite aux « conditions pluviométriques exceptionnelles survenues depuis le début d'année (…), qui peuvent rendre inopérants ou dangereux les moyens d'application des produits phytopharmaceutiques par voie terrestres dans certaines zones agricoles ». Pour rappel, la loi du 23 avril 2025 autorise la pulvérisation par drone de produits de biocontrôle sur des parcelles de vigne dépassant 20 % de pente, ainsi que pour des expérimentations de trois ans au maximum. Mais aucun texte d’application n’a suivi.

Engrais/GNR : la FNSEA voit Lecornu lundi, la Conf' dénonce des aides « insuffisantes »

Après leur déception face aux récentes annonces de la ministre de l'Agriculture pour faire face à la flambée des prix des engrais et du gazole non routier (étalements d'échéances fiscales et sociales, prêts court terme de BPI France), la FNSEA va rencontrer le Premier ministre ce lundi 30 mars, et appelle son réseau à « se mobiliser sans délai ». Pas d'action syndicale sur l'espace public : le syndicat précise que « cette mobilisation vise à interpeller les préfets, les députés, les sénateurs et l’ensemble des représentants de l’État », avec pour objectif de « faire remonter de manière précise et exhaustive les impacts constatés ainsi que les revendications de notre organisation ». La FNSEA demande « une prise en charge d’une partie de la hausse subie depuis le début du conflit au Moyen-Orient », des « compensations immédiates pour l’impact du MACF », « une protection réelle contre les distorsions de concurrence » et « des décisions rapides pour sauver nos exploitations ». Dans un communiqué paru le 26 mars, la Confédération paysanne dénonce, elle aussi, des aides « insuffisantes ». Elle demande des aides « plafonnées et accompagnées de modalités qui ne poussent pas à la spécialisation et à l'agrandissement mais qui accompagnent vers plus de sobriété de manière durable et non subie ».

Foncier/riverains : les députés adoptent la PPL Ott sur l'urbanisme et le bon voisinage

En séance publique le 26 mars à l’Assemblée, les députés ont voté à l’unanimité des dispositions visant à « renforcer la place des agriculteurs dans l’aménagement du territoire et à sécuriser l’exercice des activités agricoles face au changement climatique ». La proposition de loi (PPL) d’Hubert Ott (Les Démocrates), adoptée sans modification, sécurise l’agriculture par rapport aux règles d’urbanisme et de bon voisinage. Son article 1er renforce le rôle des ODG dans la concertation locale. Tel qu’amendé en commission, il prévoit leur consultation pour l’élaboration des documents d’urbanisme dans les territoires incluant des aires d’appellation. « Dès que [la chambre d’agriculture] a connaissance d’un projet ou d’un document d’aménagement ou d’urbanisme ayant pour conséquence une réduction des surfaces affectées à des productions » sous Siqo, elle en informe l’ODG, poursuit le texte. L’article 2 élargit l’exonération de responsabilité pour trouble de voisinage, en y incluant une modification des horaires de travail liée au changement climatique. « Vendanger à la fraîche pour préserver la qualité des raisins, sortir le cheptel tôt le matin et tard le soir pour éviter les pics de chaleur, faucher la nuit pour limiter les départs de feu, sont autant de pratiques qui relèvent, non pas du confort, mais de la nécessité », souligne le rapport de la commission.

Bassines : trois ans après Sainte-Soline, face-à-face tendu entre pro et anti à Poitiers

Trois ans après les violences de Sainte-Soline (Deux-Sèvres), quelques centaines de militants anti-bassines ont manifesté le 25 mars à Poitiers, avec un face-à-face tendu et des jets d’œufs lorsqu’ils ont croisé une manifestation concurrente de la Coordination rurale de la Vienne (CR 86) rassemblant une quarantaine d’agriculteurs, a constaté l’AFP. Les policiers ont rapidement formé un cordon pour séparer les manifestants, dans le calme, et le cortège anti-bassines a poursuivi sa marche. « Il y a six mois, déjà, [les agriculteurs] avaient appelé à une contre-manifestation. Cette fois, ils ont recommencé », a déclaré à l’AFP Anne-Morwenn Pastier, du collectif Bassines non merci (BNM) de la Vienne, faisant allusion à une manifestation anti-bassines fin octobre à Poitiers perturbée par plusieurs syndicats agricoles. Selon la police, 200 à 300 opposants à ces retenues d’eau se sont rassemblés à Poitiers pour le troisième anniversaire d’une manifestation interdite organisée près de la « méga-bassine » contestée de Sainte-Soline, en mars 2023, qui avait dégénéré en affrontements entre manifestants et gendarmes, avec plusieurs blessés graves. Les détracteurs des « méga-bassines » dénoncent un « accaparement » de l’eau par l’agro-industrie. Les partisans de ces réserves y voient une assurance-récolte indispensable face aux sécheresses à répétition.

Betterave à sucre : la CGB craint une baisse des surfaces de 7 %, à 370 000 ha

À l'occasion d'une audition à l'Assemblée nationale le 26 mars, le président de la CGB (betteraviers, FNSEA), Franck Sander a évoqué les prévisions de surfaces 2026. « On risque de tomber à 370 000 hectares, avec -7 % », a annoncé le Bas-Rhinois. « Et, dans le scénario catastrophe, si la tendance reste comme elle l'est aujourd'hui, il suffirait que les céréales augmentent de 20 % et on se retrouverait demain à 300 000 hectares de betterave. Ce qui veut dire qu'on fermerait cinq sucreries supplémentaires, et pas des petites. » L'an passé, les surfaces avaient reculé de 4,9 % par rapport à 2024, retrouvant ainsi le niveau bas de 2023. Par ailleurs, Franck Sander a expliqué que son syndicat « se pose la question de demander un couplage » des aides Pac. Selon une étude de l'ARTB (association de recherche technique betteravière), 32 % des betteraves européennes reçoivent des aides couplées, dont la moitié est distribuée par la Pologne (73,70 M€) et le reste par de petits pays producteurs, rapportent nos confrères du Betteravier français. Or, « les pays qui allouent des aides couplées ont moins baissé leurs surfaces jusqu’en 2022 et affichent une progression des surfaces depuis 2017, à l’inverse des pays qui n’en allouent pas », rapporte le média spécialisé.

Tomates : une valorisation en dents de scie en 2025

La campagne nationale 2025 de la tomate a été marquée par plusieurs volte-face – en production, en consommation et en cours – en raison d’une météo allant de l’excès de fraîcheur à des épisodes caniculaires, précise le bilan de campagne du RNM (FranceAgriMer) publié le 23 mars. La campagne a alterné des phases de marché relativement porteur, notamment en début d’été, et des périodes de tension marquées par des excédents d’offre, des crises conjoncturelles répétées et une dégradation des valorisations en fin de saison. À titre d’exemple, en juin 2025, la valorisation des tomates a été de +31 % sur un an (+13 % par rapport à la moyenne 2020-2024). Au contraire, en octobre 2025, les prix reculent fortement (-30 % sur un an, -24 % par rapport à la moyenne quinquennale), dans un contexte de volumes encore importants et d’une consommation manquant de dynamisme. « L’année met en lumière la forte sensibilité du marché aux aléas météorologiques, à la structuration des débouchés et à la concurrence des produits importés », résume le RNM. Selon Agreste, la production est estimée à 497 600 t, en recul de 2 % par rapport à 2024. Cette baisse est imputable à celle de la production sous serre (-3 % sur un an), partiellement compensée par une progression du plein air (+2 %).">Selon Agreste, la production est estimée à 497 600 t, en recul de 2 % par rapport à 2024. Cette baisse est imputable à celle de la production sous serre (-3 % sur un an), partiellement compensée par une progression du plein air (+2 %).

Muguet : une aide juridique pour les fleuristes contrôlés le 1er mai (syndicat)

Dans un communiqué de presse du 26 mars, la Fédération française des artisans fleuristes annonce mettre en place une aide juridique exclusive à ses adhérents en cas de contrôle de l’inspection du travail le 1er mai prochain. Cette aide juridique sera accordée uniquement si la boutique contrôlée est tenue par un artisan fleuriste et que celui-ci est à jour de sa cotisation fédérale pour l’année 2026. « Cette décision traduit [notre] volonté d’accompagner concrètement les professionnels dans leurs obligations légales et de défendre la spécificité du métier d’artisan fleuriste », explique la fédération. Cette dernière prend donc les devants alors avant l’examen, le 10 avril dans l’hémicycle de l’Assemblée, de la proposition de loi visant à permettre aux salariés (hors apprentis mineurs) de certains établissements et services de travailler le 1er mai. La Fédération française des artisans fleuristes s’élève contre les contrôles de l’inspection du travail le 1er mai, menés depuis deux ans avec rappels à loi et verbalisations. Selon le baromètre Valhor/Kantar, les ventes de muguets en 2025 ont frôlé les 20 millions d’euros (19,9 M€), les fleuristes étant le principal canal de distribution (36 %).

Ours : au moins 108 individus dans les Pyrénées, population toujours en croissance (OFB)

D’après son bilan annuel publié le 26 mars, l’Office français de la biodiversité (OFB) estime que la population d’ours bruns des Pyrénées comprend « un minimum de 108 individus différents », un effectif toujours en croissance. Ce résultat a été obtenu à partir de 3 287 indices récoltés en France, en Espagne et en Andorre. Une autre méthode de calcul, baptisée CMR (pour « capture-marquage-recapture »), donne une taille de population « entre 109 et 143 individus », avec une « estimation moyenne » à 130 ours. Prenant en compte « l’hétérogénéité de la détection entre les individus », la méthode CMR doit remplacer progressivement la méthode actuelle (EMD-EMR). « Sur le plan démographique, la population continue (…) d’augmenter progressivement », note l’OFB, qui évalue la croissance annuelle à 11,53 %, en moyenne, entre 2006 et 2024. Malgré cette progression, l’Office note, comme en 2024, « une augmentation de la consanguinité au cours des dernières années » ; les résultats d’une thèse sur ce sujet avec le MNHN et la SLU (Université suédoise des sciences agricole) sont attendus fin 2026. Par ailleurs, l’OFB a comptabilisé 289 attaques sur cheptel domestique (510 victimes) et deux sur ruches en France, en baisse par rapport à 2024 (-6,8 % et -85,7 % respectivement).

Tuberculose bovine : revalorisation des indemnisations en attente d’arbitrage (syndicat)

À l’issue d’une mobilisation le 24 mars pour demander une revalorisation des indemnisations liées à la tuberculose bovine, le président de la FDSEA de Côte-d’Or, Antoine Carré, indique à Agra Presse espérer une réponse du gouvernement « courant avril ». La demande du syndicat porte sur l’indemnisation des bêtes abattues pour diagnostic, seule méthode efficace pour confirmer les suspicions détectées par les analyses. Elle se base sur un forfait « revu en 2023 à 2 500 euros pour les animaux de plus de 24 mois », selon lui. Or, le prix des bovins a beaucoup augmenté depuis, en raison notamment de la décapitalisation, atteignant « 3 600 à 3 700 euros pour des vaches finies ». D’après le président de la FDSEA, la revalorisation nécessiterait un décret interministériel ; le ministère de l’Agriculture y serait favorable, mais pas le ministère de l’Économie, qui demanderait plus de données. Le syndicat majoritaire veut aussi une rétroactivité au 1er novembre 2025. Chaque année, « environ 200 à 250 bovins » sont abattus en Côte-d’Or pour un diagnostic de confirmation, lequel se révèle très souvent négatif. Depuis le début de la campagne de prophylaxie, le 1er novembre 2025, le département compte « cinq foyers et une suspicion », selon M. Carré.

Abattoirs : des bovins découpés conscients en Martinique, L214 porte plainte

L'association de défense des animaux L214 a porté plainte contre un abattoir public du Lamentin, en Martinique, dénonçant de « graves dysfonctionnements » et des « sévices graves » sur des bovins, parfois égorgés alors qu'ils sont encore conscients ou toujours vivants au moment de la découpe. D’après l’AFP, cet abattoir situé près de Fort-de-France est notamment utilisé pour l'abattage de bovins de race brahman, d'origine indienne et adaptée aux climats tropicaux, qui devait être mise à l'honneur lors du Salon de l'agriculture 2026 à Paris. Les images mises en ligne dans la nuit du mercredi 25 au jeudi 26 par l'association, tournées en janvier et février selon elle, montrent les « dysfonctionnements » dans cet établissement situé près de Fort-de-France. On y voit des bovins se débattre alors qu'ils se vident de leur sang après avoir été égorgés, alors qu'ils devraient normalement être inconscients. « Le box de contention (piège) permettant de maintenir les animaux pendant l’étourdissement est inadapté (...), empêchant une perte de conscience suffisante avant la saignée », dénonce L214. L’ONG a demandé à la préfecture de la Martinique la fermeture immédiate de l'abattoir. Elle a également déposé plainte auprès du procureur de Fort-de-France pour « sévices graves et mauvais traitements ».

Lait : la d.g. de Bel juge « indécent » le prix du lait en France

À l’occasion de la présentation des résultats 2025 de Bel, le 25 mars, sa directrice générale Cécile Béliot a jugé que le prix du lait payé aux éleveurs français était « indécent » tellement il était bas. Le groupe a annoncé fin 2025 que son prix négocié avec l'Association des producteurs Bel de l'Ouest (APBO) pour 2026 sera de 500 €/1 000 l, prime agroécologique incluse, après 475 €/1 000 l en 2025. Il se décompose ainsi : 483 €/1 000 l, incluant la prime de 17 €/1 000 l, touchée par 100 % des éleveurs, relative à l’alimentation sans OGM (<0,9 %) et l'accès des vaches aux pâturages ; ainsi qu’une prime agroécologique estimée en moyenne à 17 €/1 000 l. « Le contrat de Bel apporte un plus pour l’éleveur, car c’est un contrat garanti pour l’année basé sur les coûts de production », a-t-telle souligné. Concernant les négociations commerciales, elle a assuré : « On ne négocie pas l’amont, c’est le cœur de notre modèle ». Le sujet important est de « ne pas opposer le revenu des éleveurs et le pouvoir d’achat des consommateurs ». Bel veut ainsi proposer dans ses gammes des produits accessibles (comme la Vache qui rit) et d’autres plus valorisés (comme Baby Bel).

Fromage : les ventes de cancoillotte IGP progressent de 7 % en 2025

Il s’est vendu 6 639 t de cancoillotte IGP en 2025, un chiffre en hausse de 7 % par rapport à 2024, fait savoir l’Association de promotion de la cancoillotte le 26 mars. Ce volume correspond à 26,5 millions de pots de cancoillotte. Les ventes de cette « spécialité fromagère » sont en progression régulière, de 4 900 t commercialisées en 2017 à 6 200 t en 2024 (+5,16 % par rapport à 2023). « Si cette croissance est remarquable à l’échelle nationale, elle se vérifie également dans son bassin historique de consommation : +4,6 % en région Centre-Est en 2025 », note l’association. Cette spécialité fromagère, sous IGP depuis 2022, veut asseoir son développement sur ses atouts en termes de nutrition avec 8 % de matières grasses – un taux plutôt faible pour un fromage – et sa capacité à être cuisinée, une dimension recherchée par les consommateurs d’aujourd’hui. La zone de production définie par le cahier des charges de l’IGP compte l'ancienne région Franche-Comté (Doubs, Haute-Saône, Jura et Territoire de Belfort), mais également certaines communes de l’Ain, de la Côte-d’Or, de la Haute-Marne, de la Saône-et-Loire et des Vosges. 276 producteurs de lait, quatre producteur fermiers et huit collecteurs alimentent la production.

Enseignement : une mission propose d’harmoniser les noms des écoles d'agronomie

Un rapport du CGAAER (ministère de l’Agriculture) et de l’IGESR (ministère de l’Éducation nationale), publié le 24 mars, propose d’harmoniser les noms des écoles d’ingénieurs en agronomie et agroalimentaire. Leur dénomination individuelle « crée de la confusion », déplorent les auteurs. « En moins de 20 ans, on est passé de noms bâtis sur le même modèle (par exemple École nationale supérieure agronomique de, suivi du lieu), complétés par un acronyme simple (par exemple Ensa), à des intitulés longs et hétérogènes dans leur construction », selon la mission chargée de répondre aux besoins de formation à l’horizon 2030. Le CGAAER et l’IGESR recommandent « de la cohérence dans la dénomination et les noms des marques des établissements » afin qu’ils soient « plus homogènes, plus simples et facilement identifiables par tous les acteurs (professionnels, parents, élèves, étudiants…) ».

Relations commerciales : 5,46 M€ d'amende pour la centrale d’achat Aura

Aura Retail, centrale d'achat française des distributeurs Intermarché, Auchan et Casino, a été sanctionnée d'une amende de 5,46 millions d'euros (M€) pour n'avoir pas respecté l'année dernière la date limite fixée pour boucler les négociations commerciales avec certains fournisseurs, a annoncé le 25 mars la DGCCRF (Fraudes, ministère de l’Économie). « 18 manquements à son obligation de signature des conventions conclues avec ses fournisseurs au plus tard le 1er mars 2025 » sont reprochés à Aura Retail, précise la DGCCRF dans un communiqué. De son côté, Aura Retail a annoncé qu'elle formerait « un recours administratif », dénonçant dans un communiqué « une sanction disproportionnée et un cadre réglementaire incohérent ». « Cette approche (...) introduit un réel déséquilibre dans la conduite des négociations commerciales », estime Aura Retail, selon qui les retards épinglés par la DGCCRF concernent 18 grandes multinationales. En outre, fait valoir la centrale, « la loi n'exige pas la signature de l'accord, mais uniquement l'existence de celui-ci », des délais de signature pouvant exister avec la finalisation de l'écriture des contrats.

Insécurité alimentaire : la CNCDH appelle à reconnaitre un droit à l’alimentation en France

La Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH) a adopté à l’unanimité, le 19 mars, un avis appelant à reconnaître un droit « réel, protégé et garanti » à une alimentation « saine, durable et choisie ». Si ce droit est reconnu par le droit international, il n’est pas encore inscrit dans le droit français, et les politiques publiques sont « trop fragmentées » pour répondre aux besoins des personnes, selon Action contre la faim. « Au moins huit millions de personnes vivent aujourd’hui en situation d’insécurité alimentaire, et une part importante d’entre elles ne recourt même pas aux dispositifs d’aide existants », précise Hélène Quéau, directrice de la mission France d’Action contre la Faim et co-rapporteure du groupe de travail dédié à l’élaboration de cet avis. Dans ce texte, la CNCDH préconise de reconnaître la valeur constitutionnelle du droit à l’alimentation, d’en garantir l’effectivité par une loi-cadre et d’en faire un droit opposable, permettant un recours en cas de non-respect. Elle appelle également à agir sur les déterminants économiques et structurels de l’accès à l’alimentation, en garantissant notamment à chacun des ressources financières suffisantes, en encadrant les pratiques des acteurs privés (marges, spéculation, marketing ciblant les enfants) et en réorientant les aides publiques agricoles vers des pratiques plus durables et solidaires.

Agenda de la semaine agricole du 30 mars 2026

Vendredi 27 mars
Assemblée générale d’Excellence Végétal (labels horticoles) aux Alleuds (Maine-et-Loire)

Dimanche 29 mars
Inauguration de la ferme urbaine du parc de La Villette, à Paris

Lundi 30 mars
Conseil des ministres de l'Agriculture de l'UE (Vision sur l'avenir de l'agriculture, commerce, situation du marché laitier)
La FNSEA rencontre Sébastien Lecornu
Conférence de presse du Cifog (interprofession du foie gras)
Journées Export Agro de Business France, jusqu’au 3 avril

Mardi 31 mars
Congrès de la FNSEA, à Caen, jusqu'au 2 avril
Conférence de presse de Standing Ovation
Conférence de presse La Vie
Auditions parlementaires des industriels et de l'Efsa sur les laits infantiles

Mercredi 1er avril
Salon Snack show, jusqu’au 2 avril
Auditions parlementaires d'Interfel et d'Inaporc
Table-ronde sur la PPL Nature en entreprise, à l’Assemblée
Journées de la naturalité sur le biomimétisme, à Avignon, jusqu’au 2 avril

Jeudi 2 avril
Conférence de presse Asperges de France
Conférence de presse Prévention & Modération (alcool)
Soirée-conférence de FNH sur les liens santé-environnement

Samedi 4 avril
Marche Printemps bruyants contre les pesticides, à Paris