Cantines: hors des clous sur Egalim, l’État «accélère» sur la formation de ses agents
Le gouvernement a fait de la restauration collective dans les administrations un «point central» du Plan de transformation écologique de l’État, présenté la semaine dernière, a souligné le ministre de la Transformation et de la Fonction publiques, Stanislas Guérini, à l’occasion de la «conférence des solutions», présidé par Marc Fesneau, le 2 avril. «L’État lui-même ne respecte pas les objectifs d’Egalim (…) Nous allons accélérer les choses en 2024», assure le ministre de l’Agriculture. Les 7500 cuisiniers et gestionnaires des restaurants collectifs d’État seront formés d’ici 2027 aux «assiettes décarbonées» (cuisine de protéines végétales, achats locaux de produits de qualité) et un diagnostic de gaspillage alimentaire sera réalisé dans chaque cantine. Environ 400 millions de repas sont servis dans les cantines des administrations, ce qui représente plus d’un milliard d’euros d’achats. L’État est le «premier restaurateur du pays», précise Stanislas Guérini. L’administration est en moyenne à 23% de produits durables et de qualité dont 9% de bio, à peine à mi-chemin des objectifs fixés par la loi. Pour pousser les cantines dans une démarche de progrès, les «fonds verts» alloués dans le cadre du Plan de transformation écologique seront réservés aux administrations inscrites sur le site de télédéclaration «Ma cantine».
Cantines/local: la France pousse une révision des règles de la commande publique en Europe
Dans le cadre des travaux de la Commission européenne visant à renforcer la position des agriculteurs dans la chaîne alimentaire, la France a obtenu «l’ouverture» d’une discussion pour une éventuelle révision du cadre de la commande publique afin de permettre aux acheteurs de produits alimentaires d’introduire des critères de proximité, s’est félicité le ministre de l’Agriculture, Marc Fesneau, en ouverture de la «conférence des solutions de la restauration collective», le 2 avril. La France pousse un «Egalim européen» et «une forme d’exception alimentaire dans la commande publique», a expliqué le ministre. Cette demande est portée depuis longtemps par les collectivités locales. Pour la ministre déléguée en charge des Collectivités, Dominique Faure, l’interdiction du «localisme» dans la commande publique est «un frein énorme» dans l’atteinte des objectifs de la loi Egalim. «Le code de la commande publique est un outil qui offre déjà beaucoup de possibilités, mais c’est un outil exigeant», a nuancé Stéphane Morin, adjoint à la direction des achats de l’État. Acheter local: «On peut le faire, mais on ne peut pas le dire», poursuit-il. «Le code de la commande publique n’a jamais été un obstacle à acheter bien, au bon prix» et favoriser les filières françaises, observe quant à elle la ministre déléguée à l’Agriculture Agnès Pannier-Runacher.
Cantines scolaires: la révision des recommandations nutritionnelles attendue pour 2024
Dans le cadre de ses objectifs pour l’année 2024, le groupe de travail «nutrition» du Conseil national de la restauration collective (CNRC) aura pour mission d’accompagner «la mise en œuvre de l’arrêté encadrant les recommandations nutritionnelles en restauration scolaire après sa publication», indique un dossier de presse du ministère. Cette révision de l’arrêté de 2011 est attendue depuis 2022. Les parties prenantes du groupe de travail (représentants des filières, des collectivités, de la restauration collective, ONG environnementales) avaient des avis divergents sur les portions et la fréquence de consommation des produits animaux (lait et viande). Charge ensuite au gouvernement d’arbitrer en interministériel. Le groupe de travail «nutrition» du CNRC planchera cette année sur les recommandations nutritionnelles pour les prisons et les crèches. Les travaux des différents groupes de travail du CNRC ont été présentés, le 2 avril, à l’occasion de la «conférence des solutions» organisée par le ministère de l’Agriculture. Le groupe de travail «économie» réfléchira en 2024 aux moyens de favoriser les filières françaises, en rédigeant, par exemple, des «clauses» permettant de cibler des produits français, malgré l’interdiction des critères d’origine dans la commande publique.
Obligation de débroussaillement: les préfets chargés de préciser les modalités (JO)
Ce seront les préfets qui définiront les modalités des obligations légales de débroussaillement (OLD) auxquelles sont soumis les propriétaires de terrains bordant des forêts «identifiées à risque d’incendie», stipule un arrêté paru au Journal officiel le 31 mars. Sur le fond, le texte a peu évolué depuis la version mise en consultation début février, qui n’a connu que des modifications d’ordre rédactionnel. Principal ajout: l’élimination des rémanents «peut exceptionnellement être réalisée par brûlage lorsque ni le broyage ni l’exportation ne sont possibles». Comme attendu, les représentants de l’État dans chaque département pourront adapter les modalités de débroussaillement pour «tenir compte des enjeux locaux». En particulier, ils devront prescrire des «mesures d'évitement et de réduction d'impact sur les espèces protégées et leurs habitats» (débroussaillement progressif, maintien d’îlots, préservation de certains arbres, etc.). En cas «d'enjeu local lié à la présence avérée d'espèces protégées menacées au niveau régional» (au sens de l'inventaire du patrimoine naturel mentionné à l'article L411-1 A du Code de l'environnement), ces mesures consisteront à interdire le broyage «au-delà d'un seuil de surface et durant une ou plusieurs périodes de l'année».
Ours: la population d'ours continue de progresser dans les Pyrénées (OFB)
La population d'ours bruns continue de se développer dans les Pyrénées, avec 83 plantigrades dénombrés en 2023, contre 76 l'année précédente dans l'ensemble du massif, a annoncé l'Office français de la biodiversité (OFB) le 2 avril. «Avec 83 individus détectés au minimum en 2023, l'effectif de la population d'ours bruns continue progressivement d'augmenter dans les Pyrénées», précise le rapport de l'OFB sur le suivi de l'espèce. En ce qui concerne les prédations en 2023, le rapport signale que le nombre d'attaques d'ours sur le cheptel dans les Pyrénées françaises est «légèrement supérieur à 2022 (+5%), passant de 331 à 349 attaques». Le nombre d'animaux tués a, lui, «légèrement diminué par rapport à 2022 (-7%), passant de 590 à 552». L'OFB admet une «sous-estimation de la prédation réelle», mettant en avant que certaines bêtes ne sont pas retrouvées ou le sont trop tardivement pour détecter d'éventuels indices de prédation sur les dépouilles. Le rapport de l’OFB est basé sur les éléments collectés par le réseau Ours brun, qui comprend des agents de l'OFB et des associations spécialisées. Des analyses génétiques de poils, d'excréments, des photographies ou vidéos, prises notamment par des appareils automatiques fixes, permettent d'effectuer l'estimation.
Pesticides : Lepage lance une action collective pour dédommager des riverains victimes
Une action collective en justice menée par le cabinet de l’avocate Corinne Lepage (ancienne ministre de l'Environnement) a été lancée début mars pour réclamer des indemnisations pour les riverains victimes des pesticides, a révélé le 1er avril France Inter. Cette action vise à «demander réparation à l'État pour les victimes non professionnelles des pesticides en exerçant un recours indemnitaire, fondé sur la carence de l'État dans la fixation de distances limites permettant de protéger la population». Le cabinet prône la mise en place d’un dispositif similaire au fonds d'indemnisation des victimes professionnelles des pesticides. «Tous les riverains de zones d'épandages situées à moins de 150 mètres de leur lieu d'habitation, et notamment ceux souffrant des pathologies reconnues comme maladies professionnelles des pesticides seraient concernées», explique le cabinet qui veut aller plus loin «Dès lors qu'il y a un risque avéré pour la santé, tout riverain pourrait demander indemnisation, même s'il ne souffre d'aucune pathologie particulière.» Un «minimum de 100 personnes» doit participer pour qu'une requête soit officiellement déposée devant un tribunal. À ce jour, 10% des plaignants ont été rassemblés selon le site internet dédié.
Pesticides: les réponses à la crise agricole «vont retarder la transition», alerte un collectif
Dans une tribune publiée le 30 mars dans le quotidien Le Monde, un collectif de chercheurs et de militants écologistes (dont Bernard Chevassus-au-Louis, président d'Humanité et biodiversité et ancien directeur général de l'Inrae) estiment que certaines réponses apportées par le gouvernement à la crise agricole vont «retarder la nécessaire transformation de nos systèmes agricoles et alimentaires». Il pointe notamment du doigt la «remise en cause de l’objectif d’une sortie progressive de la dépendance aux produits phytosanitaires». Dès les années 1970, «les données scientifiques montraient que l’usage systématique de biocides nuit à la vie du sol et à la biodiversité sous toutes ses formes», souligne le collectif. Et d’ajouter que les coûts cachés – environnementaux, sociaux et sanitaires – de nos systèmes alimentaires s’élèveraient en France à 160 Mrds€/an (à l'appui de cette étude). C’est pourquoi, il propose d’engager «des transformations profondes» des systèmes agricoles et alimentaires. Pour ce faire, il appelle notamment à faire évoluer la PAC pour qu’elle devienne «un levier des changements de pratiques agricoles». En outre, il souhaite que les consommateurs soient incités à adopter un régime alimentaire plus végétal, et que des heures du programme scolaire soient consacrées à «la compréhension de l’environnement et [aux] déterminants de la santé individuelle et publique».
LOA : le projet de loi enfin présenté, adoption espérée au premier semestre
Le projet de loi (PJL) d'orientation «pour la souveraineté agricole et le renouvellement des générations en agriculture» arrive le 3 avril en conseil des ministres. Son calendrier se précise. Comme annoncé, le PJL est attendu à partir du 13 mai en séance à l’Assemblée nationale, «plutôt deuxième quinzaine de juin au Sénat», selon le cabinet de Marc Fesneau. «Le souhait du gouvernement, c’est d’avoir un texte adopté au premier semestre.» Un cap est fixé, celui de la «souveraineté alimentaire», avec trois leviers pour parvenir : «former plus et former mieux», «rénover la politique de l’installation et transmission», «simplifier», indique le cabinet. Comme prévu dans la version soumise au Conseil d'Etat, le texte inclut la création d'un nouveau diplôme de niveau bac+3 et l'instauration d’un guichet unique pour les candidats à l'installation. Retravaillé après la crise agricole, il inclut des mesures de simplification. Une «présomption d'urgence » est instaurée en cas de contentieux sur des projets concernant le stockage de l’eau ou les bâtiments d’élevage. Une réglementation unique est prévue sur les haies. Le gouvernement veut aussi adapter l'échelle des peines et remplacer des sanctions pénales par des sanctions administratives dans certains cas d'atteinte à l'environnement ou à la biodiversité.
Aides Pac: ouverture de la campagne 2024, avec possibilité de déroger à l'obligation de jachères
Alors que s'est ouverte, le 1er avril, la campagne 2024 de télédéclaration des aides Pac, le ministre de l'Agriculture a publié un décret qui reconduit pour un an la dérogation à l'obligation de jachères, en application du règlement publié par la Commission européenne le 13 février, et en l'attente d'une suppression définitive proposée le 15 mars qui s'appliquera rétroactivement sur 2024. Après deux années de dérogation quasi-totale, les États qui le souhaitaient peuvent, depuis le 13 février, autoriser leurs agriculteurs à utiliser les 4% des terres arables censées être réservés à des éléments non productifs pour y cultiver des légumineuses, des cultures fixatrices d’azote ou des cultures dérobées à condition de ne pas avoir recours à des traitements phytosanitaires. C'est ce qu'a choisi de faire la France. Le décret reconduit également l'exemption dans le cadre de la voie dite Biodiversité des éco-régimes. Mais ce décret, et en particulier ce dernier point, ne devraient toutefois pas s'appliquer ; le projet de règlement de simplification de la Pac, dévoilé par Bruxelles le 15 mars, doit s'appliquer rétroactivement sur la campagne 2024, après qu'il aura été adopté par le Parlement européen fin avril. Il mettra fin définitivement à l'obligation de jachères, à condition que chaque État-membre propose une voie d'accès aux éco-régimes incluant une obligation de jachère ou d'éléments paysagers non productifs.
Assurance-récolte: deux types d'évènement causeraient «des difficultés majeures» (rapport)
Dans un rapport remis au gouvernement le 2 avril sur l'avenir de l'assurance dans le contexte de dérive climatique, trois experts font une série de recommandations visant essentiellement à optimiser le système d'indemnisation des catastrophes naturelles, sans jamais viser spécifiquement l'agriculture, ni l'assurance récolte. En la matière, les auteurs recensent toutefois deux types d'évènements susceptibles de causer «des difficultés majeures». Le premier scénario est celui d'une sécheresse pluriannuelle, «correspondant à un événement de type 2022 mais sur une durée de plusieurs années». Ce type d’événement est actuellement «bien considéré dans les stress tests» de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), sur une durée de 3 ans, indiquent-ils. Mais ce n'est pas le cas du deuxième scénario cité: une sécheresse pluriannuelle «combinée avec d’autres événements (ravageurs, pathogènes, incendies de forêts, baisses ou hausses de prix), eux-mêmes induits par le changement climatique ou d’autres facteurs». Or, soulignent les auteurs, leurs auditions «ont montré que leurs conséquences peuvent être beaucoup plus importantes que la seule somme des effets de chacun de ces événements pris séparément». Et de plaider pour mieux «caractériser les effets de ces risques composites pour l’assurance récolte» via des «développements en modélisation».
Espagne: un plan en 43 mesures pour tenter de répondre aux protestations agricoles
Le ministre espagnol de l'Agriculture, Luis Planas, a présenté le 2 avril un plan de 43 mesures pour répondre aux revendications agricoles et de mettre fin aux protestations qui ont débuté début février. Outre la mise en œuvre les propositions de simplification de la Pac en phase d’adoption au niveau de l’UE que ce plan reprend, l’Espagne veut assouplir certaines exigences imposées à l’élevage (identification électronique des animaux, règles de commercialisation…), reporter d'un an des obligations concernant la gestion des fertilisants, ou encore la réduction du nombre d’inspection sur place. L’Espagne insiste également sur les clauses miroir, s’engageant notamment à «fixer à zéro la limite maximale de résidus pour les molécules non autorisées dans l'UE pour les importations sur son territoire». Enfin, le plan prévoit un certain nombre de disposition financières: prêts garantis, maintien des réduction de taxe sur les carburants, augmentation du plafond des aides de minimis de 20000 à 25000 euros (par exploitation sur trois ans). Les principales organisations agricoles du pays (Asaja, COAG et UPA) doivent décider cette semaine si elles acceptent, ou non, cette offre du gouvernement et si elles appellent à mettre fin à la vague de protestation.
Emploi : un appel à projets pour améliorer les conditions de travail en agriculture
L'Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (Anact) a lancé fin mars un appel à projets baptisé «Travail en agriculture: transitions, évolution démographique et nouveaux profils» auprès des acteurs du secteur agricole pour soutenir des démarches d'amélioration dans le contexte des transitions en cours (écologique, environnementale, économique, sociale et démographique). L’agence souhaite encourager sur le terrain des démarches pilotes permettant d’accompagner les évolutions de modèles de production et de travail dans l’agriculture. Une enveloppe globale de 600 000 euros est allouée pour financer les projets retenus. Ils viseront à améliorer les conditions de travail par une approche globale (moyens, modes de production, qualité et sens du travail, santé des travailleurs, parcours professionnels…) et soutenir des réflexions collectives sur les pratiques professionnelles (dialogue professionnel employeur-salariés, dialogue social territorial...). Une attention particulière sera portée aux projets qui facilitent l’intégration de nouveaux profils et qui permettent, en particulier, la féminisation des métiers. La date limite de candidature est fixée au 6 septembre.
Fruits: l’Abricot de Baronnies enregistré comme indication géographique protégée
La Commission européenne a enregistré le 2 avril l’Abricot de Baronnie dans le registre des indications géographiques protégées. Selon les critères de l’exécutif européen, il s’agit d’un fruit frais cultivé dans les contreforts des Alpes, principalement dans le sud du département de la Drôme, avec des communes limitrophes des départements du Vaucluse et des Hautes-Alpes. A ce titre, Bruxelles indique que «toutes les étapes allant de la plantation à la récolte sont réalisées dans cette aire qui s'étend sur le territoire de 87 communes». Il se caractérise par son goût particulièrement sucré. Selon la description du produit, il peut être de type orangé, bicolore, rouge ou blanc. Enfin, l’Abricot des Baronnies est caractérisé par une surimpression rouge qui doit représenter au moins 15% de la surface totale de l’épiderme sur au moins 50% des fruits. Cette nouvelle dénomination sera ajoutée à la liste des 3596 indications géographiques déjà protégées.
Fruits/légumes : le CTIFL va bientôt ouvrir une antenne en Guyane
Le centre technique de l’interprofession fruits et légumes va bientôt ouvrir une antenne en Guyane, annonce le CTFIL sur son compte LinkedIN. Elle sera installée au lycée professionnel agricole de Matiti afin de transférer les savoirs et savoir-faire directement auprès des futurs acteurs du territoire. Un ingénieur d'expérimentation et une technicienne agricole ont été recrutés et seront présents sur place. Le projet concerne l'ensemble des producteurs du territoire et in fine les consommateurs locaux. L’initiative vise à accompagner les agriculteurs dans la transition agroécologique, en menant des expérimentations locales et en proposant des innovations techniques. Le premier projet portera sur la recherche d’alternatives aux herbicides en maraîchage de plein champ dans le cadre du plan Ecophyto. La filière fruits et légumes guyanaise rencontre de fortes difficultés face aux effets du changement climatique et de «la concurrence des importations illégales, la production locale n’étant pas compétitive par rapport aux importations», souligne le centre technique. Outre le CTIFL, l’Odeadom, l’interprofession fruits et légumes locale (Ifiveg), la Collectivité territoriale de Guyane et la Draff Guyane sont partenaires du projet.
Olive : prolongation de l’usage d’une solution contre la chenille phytophage (interprofession)
France Olive, en partenariat avec la société SEDQ, a obtenu une dérogation d’utilisation du Praystec pour lutter contre la teigne de l’olive (chenille phytophage) sur olivier. La dérogation, débutée le 27 mars, court jusqu’au 25 juillet prochain. Dispositif de confusion sexuelle, cette méthode, basée sur une diffusion de phéromone dans l’atmosphère, perturbe la reproduction des teignes grâce à l’installation de diffuseurs dans les parcelles. Les phéromones émises par ce dispositif sont destinées à désorienter les mâles qui ne peuvent plus localiser les femelles. France Olive indique que la confusion sexuelle doit être installée, avant ou en début de vol pour une meilleure efficacité, et sur de grandes surfaces : un à deux hectares minimum, avec 300 diffuseurs installés par hectare. France Olive conseille par ailleurs de placer le dispositif à hauteur d’homme (milieu de frondaison) au sud de l’arbre (zone ombragée). Une seule application est autorisée du stade phénologique BBCH 37 (pousses à 70% de leur taille finale) au stade BBCH 75 (noyaux devenant durs). Le dispositif Praystec n’est actuellement distribué que par la société Racine (Groupe Perret).
Poireau: production attendue en hausse, manque de disponibilité en fin de campagne
Au 1er mars 2024, la production française de poireaux de la campagne 2023-2024 est estimée à 172 700 tonnes, soit une hausse de 11% sur un an et de 3% par rapport à la moyenne 2018-2022, indique une publication d’Agreste (ministère) le 29 mars. Cette hausse de la production s’explique par des rendements élevés sur cette campagne. Sur les mois d’automne et d’hiver, la production mensuelle est supérieure à celle constatée sur la campagne précédente, en dépit des difficultés d’arrachage dans l’ensemble des bassins en raison de la météorologie pluvieuse. Les progressions les plus notables concernent les bassins Nord (+24%) et Centre-Ouest (+14%). Les surfaces nationales implantées en poireaux pour la campagne 2023-2024 seraient de 5 352 hectares, soit un niveau proche de la campagne précédente, mais inférieur de 4 % par rapport à la moyenne des cinq dernières campagnes, avec une baisse particulièrement marquée dans le bassin Nord (-13%). La fin de campagne devrait être plus précoce, de nombreuses structures annonçant un manque de disponibilités après une période d’arrachages qui a été particulièrement intense.
Irrigation: son optimisation économiserait autant d'eau que les choix de cultures (étude)
Une étude de l’Université de Californie à Santa Barbara, publiée le 25 mars dans la revue Nature communications, suggère que l’optimisation des techniques d’irrigation permettrait d’économiser autant d’eau que la mise en jachère des terres agricoles ou l’utilisation de cultures moins gourmandes en eau. Selon l’étude, une réduction de 5% des cultures les plus consommatrices en eau permettrait ainsi de diminuer de 10% la transpiration végétale au sein des parcelles agricoles. Une baisse identique de la transpiration végétale serait observée si 50% des principaux irrigants de Californie ajustaient leur consommation d’eau au niveau médian. Pour ce faire, l’étude met en lumière différentes pratiques agricoles, parmi lesquelles l’utilisation de paillage, les techniques culturales sans labour, l’utilisation de variétés tolérantes à la sécheresse ou encore l’usage de l’irrigation déficitaire, précise l’étude. Avec une production agricole valorisée à 59 Mrd$ (environ 55 Mrd€) en 2022, la Californie est la première puissance agricole des États-Unis. Mais «la baisse des niveaux des nappes phréatiques et le changement climatique exercent une pression sur la disponibilité en eau d'irrigation», précise Kelly Caylor, co-auteur de l’étude, au média Eurekalert, soulignant qu’il est «essentiel de déterminer comment faire plus avec moins».
Vin : les AOC de la Vallée du Rhône veulent structurer leur offre d’œnotourisme
Inter Rhône, l’interprofession des vins AOC de la Vallée du Rhône, a présenté le 2 avril un plan stratégique 2024-2026 sur de «nouvelles ambitions œnotouristiques». Objectif: combler un manque de notoriété. «La Vallée du Rhône semble identifiée comme région viticole mais souffre encore de ne pas être perçue comme une destination œnotouristique à part entière», selon l’interprofession. Un budget de 450 000 euros par an est prévu notamment pour recenser et structurer l’offre. Dès 2024, Inter Rhône engage un recensement des hébergements œnotouristiques «Rendez-vous terroirs», une sélection de vignerons et négociants qui s’engagent sur des conditions d’accueil, de dégustation et pour certains des visites de vignobles. Un recensement de l’offre œnotouristique durable est mené en parallèle. L’interprofession s’entoure pour cela d’un cabinet conseil, avec lequel doivent être identifiés les critères requis et valeurs seuils. Dès cette année aussi, le plan stratégique prévoit de renforcer et développer le travail en concertation avec les professionnels du tourisme publics et privés. Un nouveau site internet entièrement dédié à l’œnotourisme doit par ailleurs être lancé.
Coopératives: bientôt «effective», la fusion d’Unicor et Capel donnera naissance à Natera
Après les votes positifs de leurs adhérents, la fusion d’Unicor et de la Capel «sera effective dans les prochaines semaines», après validation par l’Autorité de la concurrence, annoncent les deux coopératives dans un communiqué le 29 mars. Le nouveau groupe «se positionne comme le référent multi-spécialiste sur le territoire ouest et sud du Massif central», avec une forte orientation vers les productions animales (420 000 ovins collectés, 110 000 bovins et 2 millions de palmipèdes). Natera comprendra cinq métiers: pôle agricole (agrofourniture, nutrition animale, collecte de céréales); pôle Équipement; pôle Ruminants (organisations de producteurs, abattage, transformation et commercialisation); pôle Monogastriques (idem); pôle Retail (grand public et professionnel). Basé à Rodez, le groupe Natera rassemblera 10 000 adhérents et 1600 salariés, pour 720 M€ de chiffre d’affaires. Le projet de fusion avait été annoncé en janvier.
Ministère de l’Agriculture: trois arrivées au cabinet d’Agnès Pannier-Runacher
Un arrêté paru au Journal officiel le 30 mars officialise la nomination de trois conseillers au cabinet de la ministre déléguée à l’Agriculture Agnès Pannier-Runacher. Marina Maures est en charge des territoires, du foncier, des investissements et de la finance carbone. D’après sa page LinkedIn, elle était auparavant conseillère de Dominique Faure, la ministre des Collectivités territoriales et de la ruralité, après plusieurs postes à ce même ministère. Quant à Pierre Breton, nouveau conseiller «sobriété en intrants agricoles et qualité de l'eau», il a officié auparavant au cabinet d’Agnès Firmin le Bodo, ancienne ministre de la Santé et de la prévention jusqu’au dernier remaniement. Il est par ailleurs conseiller municipal à Deauville, précise-t-il sur sa page LinkedIn. Enfin, Samuel Delcourt a été nommé conseiller «énergie, climat et bioéconomie».
Erratum à l'agenda de la semaine agricole du 1er avril 2024
La conférence de presse de Lyon biscuit est finalement prévue le jeudi 2 mai, et non le 4 avril