Agrafil du 3 mai 2022

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Législatives: EELV et LFI s'accordent, «prêts à désobéir à la Pac»

Dans un communiqué commun paru le 2 mai, La France insoumise (LFI) et Europe Ecologie Les Verts (EELV) annoncent avoir trouvé un accord pour porter une «bannière commune» intitulée «Nouvelle union populaire écologique et sociale» aux prochaines élections législatives des 12 et 19 juin. Les deux partis politiques se sont mis d'accord sur des «objectifs programmatiques communs qui constitueront la base d’un programme partagé de gouvernement de plusieurs centaines de propositions.» Parmi elles, figure l'idée d'être «prêts à désobéir à certaines règles européennes (en particulier économiques et budgétaires comme le pacte de stabilité et de croissance, le droit de la concurrence, les orientations productivistes et néolibérales de la Pac, etc.)» Les mesures de la Pac visées par l'accord ne sont pas précisées. Dans leurs programmes à la présidentielle, les deux partis proposent une réforme en profondeur de la déclinaison française de la future Pac (PSN). Dans un entretien accordé à Agra presse fin janvier, le député LFI Loïc Prudhomme précisait vouloir mettre en œuvre cette réforme «immédiatement». Chez EELV, la réforme incluait la mise en place d'un «remboursement des aides Pac pour les exportations en dehors de l'UE».

Prairies: la pousse cumulée supérieure de 24% à la normale (Agreste)

Selon les estimations du service de la statistique du ministère de l’Agriculture (Agreste), publiées dans une note de conjoncture du 29 avril, la production cumulée des prairies permanentes était supérieure de 24% à la normale au 20 avril. Une production qui n’est «toutefois pas exceptionnelle» au regard des années 2014, 2019 et 2020, soulignent les auteurs. Le niveau de pousse estimé par Agreste représente 25% de la production annuelle attendue, soit 5 points au-dessus de la normale. «Malgré le manque d’eau localement important, les températures élevées depuis février ont favorisé un redémarrage rapide de la pousse d’herbe.» Résultat: la production d’herbe est excédentaire dans les deux-tiers des régions fourragères (80% des surfaces de prairies permanentes). La pousse a été très importante dans la moitié nord du pays – particulièrement dans les régions Grand-Est, Bourgogne-Franche-Comté et Hauts-de-France – et normale dans le Sud-Ouest. Seule la région Paca fait exception. La production y est «fortement déficitaire» en raison de la sécheresse qui perturbe la reprise de la pousse.

Grains: la Russie accusée de vol de centaines de milliers de tonnes de grains en Ukraine

Les forces russes ont volé «plusieurs centaines de milliers de tonnes» de grains dans les régions occupées d'Ukraine, a dénoncé le 30 avril le vice-ministre ukrainien de l'Agriculture Taras Vysotskiy à la télévision nationale, rapporte l’agence Reuters. Le ministre de l'Agriculture Mykola Solskyi a, lui, déclaré que les vols de grains avaient augmenté au cours des deux dernières semaines. «J'entends personnellement cela de la part de nombreux propriétaires de silos dans le territoire occupé, a-t-il indiqué, cité par le ministère. C'est un vol pur et simple. Et cela se produit partout dans le territoire occupé.» Le ministère de l'Agriculture a annoncé le 29 mai que six régions d'Ukraine avaient terminé leurs premiers semis de printemps malgré l'invasion russe. L'Ukraine est divisée en 24 régions, mais il n'est pas prévu de semer des grains à Louhansk, à l'est, en raison des violents combats qui s'y déroulent, d’après Reuters.

Corse: la justice annule de nouveau la carte des Espaces stratégiques agricoles

Le tribunal administratif de Bastia a de nouveau annulé, le 29 avril, la carte des Espaces stratégiques agricoles (ESA), un document qui sanctuarisait plus de 100 000 hectares de l'île réservés à l'agriculture. La justice avait été saisie par une vingtaine de requérants, dont plusieurs communes de l'île mais aussi des particuliers et des SCI (sociétés civiles immobilières). Dans leur viseur, une délibération du 5 novembre 2020 de l'assemblée de Corse modifiant le Plan d'aménagement de la Corse (Padduc), qui comprenait cette cartographie. La justice administrative avait déjà annulé à plusieurs reprises la cartographie des ESA en 2018, laissant le Padduc sans cartographie pendant deux ans. Cette annulation ne remet toutefois pas en cause le principe des espaces stratégiques agricoles, qui restent sous la surveillance des services de l'État. La justice administrative a estimé «que la collectivité de Corse aurait dû engager une procédure de révision, plutôt qu'une procédure de modification, que le public a été privé d'informations sur le projet et que la commission permanente de l'assemblée de Corse aurait dû être consultée préalablement». Le président de l'agence de l'urbanisme de la Corse a annoncé que la collectivité de Corse allait entreprendre un recours devant la cour administrative d'appel de Marseille.

Noix: après les interpro régionales, le CGAAER attend une «structuration nationale»

Créée fin 2021, l'interprofession régionale de la noix du Sud-Ouest (Inso) doit élaborer un «plan de filière» d'ici deux ans afin de «démontrer rapidement» sa plus-value, conclut l'inspecteur général de l'agriculture Grégoire Thomas, dans un rapport publié récemment par le CGAAER (ministère de l'Agriculture). En retour, un soutien du ministère de l'Agriculture, des deux régions et trois départements concernés est recommandé, pour permettre à l'interprofession d'atteindre un modèle «autoportant». Une dynamique qu'il faudrait aussi «inscrire dans une perspective de structuration nationale en dialogue avec l'interprofession régionale Sud-Est et dans le contexte et le cadre global d'Interfel», plaide le haut-fonctionnaire. Un des axes de structuration nationale identifiés est la recherche-innovation, qui est l'une des trois missions de l'interprofession du Sud-Ouest ; en la matière, le rapport consacre la station expérimentale de Creysse comme l'outil «incontournable» de la filière régionale, et plaide pour des partenariats avec son équivalent dans le Sud-Est, la plateforme de La Senura, et le CTIFL. En croissance ces dernières années, la production française de noix provient à 55% du bassin du Sud-Ouest et à 45% du Sud-Est, connu pour sa noix de Grenoble et structuré en interprofession depuis de nombreuses années.

Muguet: bonne saison attendue pour 2022, possibles tensions à venir sur les griffes

Reçus à l’Élysée pour le 1er mai, les acteurs de la filière du muguet ont remis leur traditionnel bouquet au président de la République, Emmanuel Macron. L’événement, qui rassemblait 400 personnes, principalement des personnalités du monde agricole et de l’agroalimentaire, a été l’occasion pour le chef de l’État de les remercier pour leur «engagement» et d’affirmer aux représentants du marché de Rungis son attachement à «une souveraineté ouverte». Après deux «bonnes» années en 2020 et 2021, les producteurs de muguet s’attendent à réaliser encore une bonne saison en 2022, a indiqué le président de Rungis Fleurs Production, Jean-Claude Chevalier, à Agra Presse. «La production est légèrement en avance cette année et de qualité pour le muguet coupé, développe-t-il. Le muguet en racine et en pot est un peu déficitaire mais satisfait la demande, qui est en légère baisse du fait de la période de vacances scolaires». Le rendement des griffes de muguet (rhizomes) – qui proviennent pour «plus de la moitié» d’Allemagne – a été affecté ces dernières années par les hautes températures et la faible pluviométrie en période estivale, ce qui pourrait peser sur les disponibilités dans les prochaines années. Le muguet cultivé en France provient principalement de la région nantaise (80% de la production), du Bordelais et du Var.

Volaille: la production d'aliment attendue en net recul en 2022

Compte tenu des effets de l'influenza aviaire dans le Sud Ouest et les Pays de la Loire, les fabricants français de nutrition animale s’attendent, «à ce jour», à une baisse de production «de plus de 700 000 tonnes» d’aliments volailles sur l’année 2022, rapportent le Snia et La Coopération agricole Nutrition animale, dans leur note de conjoncture du mois d'avril . Les premiers effets ne sont pas encore visibles dans les dernières statistiques récoltées par les professionnels, qui datent du mois de février durant lequel l'épidémie atteignait les Pays de Loire. Un volume de 700 000 tonnes équivaut à la production natioanle sur le seul mois de décembre 2021. Il s'agirait d'un important décrochage après une légère baisse observée en 2021, de 1% ( à 8,156 Mt), causée par «une baisse en dindes (-8,7%) et palmipèdes (-4,4%), malgré une hausse en poulets (+0,1%), pondeuses (+3,1%) et cailles (+4,1%)». L'ensemble de la production nationale d'aliments suit une trajectoire similaire, en baisse de 1,3% à 19,17 Mt. Seule la production d'aliments pour ovins/caprins est à la hausse.

Légumes: Bonduelle consacrera ses bénéfices russes à l'Ukraine

Dans sa communication financière trimestrielle parue le 2 avril, le groupe Bonduelle annonce qu'il a décidé de « dédier la totalité des bénéfices réalisés par les ventes en Russie pendant la période de conflit à la reconstruction future des infrastructures et des écosystèmes agricoles et alimentaires mis à mal par le conflit en Ukraine ». « Totalement stoppée suite à l'invasion du pays », l'activité de Bonduelle en Ukraine, qui représente « une part très limitée des ventes du groupe », connaît d'ailleurs « un léger redémarrage », annonce le groupe. Bonduelle ne change donc pas sa position sur le maintien de son activité en Russie « pour nourrir non seulement les 145 millions de Russes mais aussi les 90 millions d'habitants dans les pays alentours approvisionnés par les usines russes du groupe », détaille le communiqué. « Notre position, c’est de ne pas ajouter à cette guerre une crise alimentaire », avait déclaré le directeur général de Bonduelle, Guillaume Debrosse, en conférence de presse le 4 mars.

Siqo: Philippe Brisebarre nommé président du conseil permanent de l'INAO

Par un arrêté paru le 28 avril, Philippe Brisebarre, viticulteur en Indre-et-Loire, est nommé pour cinq ans président du conseil permanent de l'INAO, instance de pilotage de l'institut national de l'origine et de la qualité. Il succède à Jean-Louis Piton, viticulteur dans le Vaucluse. Après la nomination, fin mars, des nouveaux élus des comités nationaux thématiques (AOP/IGP vins, appellations laitières...), cette annonce conclut le renouvellement quinquennal des instances représentatives de l'INAO. Second changement notable: la nomination d'Eric Chevalier au conseil des agréments et des contrôles, en remplacement de Nathalie Vucher (Vaucluse). Les présidents des autres comités nationaux ont été reconduits pour cinq ans: Christian Paly à la présidence du comité national des AOP vins et spiritueux, Eric Paul aux IGP vins et cidres, Patrice Chassard aux appellations laitières, Dominique Huet aux IGP, Labels rouges et spécialités traditionnelles, Olivier Nasles à l'Agriculture biologique.