Engrais : nouvelle demande française et nouveau refus bruxellois pour la suspension du MACF
Plusieurs délégations (Portugal, Grèce, États baltes) ont apporté leur soutien à la demande de la France, le 30 mars lors de la réunion du Conseil des ministres de l’Agriculture à Bruxelles, de suspendre immédiatement le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières de l’UE (MACF) sur les engrais azotés. La ministre Annie Genevard propose soit une suspension juridique formelle (par la modification du règlement), soit une mise à zéro technique des valeurs par défaut pour les engrais. À défaut, elle appelle à la mise en place rapide d’un mécanisme de compensation financière pour neutraliser le coût du MACF pour les agriculteurs. Plusieurs délégations (Danemark, Finlande…) se sont au contraire prononcées contre cette suspension. Le commissaire européen à l’Agriculture Christophe Hansen s’est, lui aussi, une nouvelle fois montré réticent à cette idée. « Nous avons déjà pris des mesures pour réduire les droits de douane. Suspendre le MACF pour les engrais risquerait d’aggraver notre dépendance aux importations », fait-il valoir. Il promet que le plan d’action sur les engrais, initialement prévu pour le mois de juin, tiendra compte de la situation avec des mesures de court et long terme « afin de soutenir la production européenne d’engrais, de réduire les dépendances, tout en aidant les agriculteurs à utiliser les engrais de manière plus efficace et à substituer les engrais minéraux par des engrais biosourcés ». Une réunion « urgente de haut niveau avec les parties prenantes » sur ce plan se tiendra le 13 avril à Bruxelles.
GNR/engrais : Lecornu « prêt à aller plus loin » si la crise dure, dit la FNSEA
Face à la flambée du prix du carburant agricole, la FNSEA a demandé le 30 mars un soutien accru au Premier ministre, qui s’est dit « prêt aller plus loin si la guerre devait se poursuivre », a déclaré le président du syndicat à la presse. Le gouvernement a annoncé le 27 mars une exonération de taxe sur le gazole non routier (GNR), représentant « un effort budgétaire de 14 millions d’euros sur le mois » d’avril et correspondant à une baisse d’environ 4 centimes par litre. « Pas à la hauteur » de la crise, alors que le prix du GNR a augmenté de « 50 à 60 centimes par litre » : « Notre demande est claire, c’est 30 centimes du litre », a réagi Arnaud Rousseau le 20 mars, à l’issue d’un entretien avec Sébastien Lecornu à Matignon. « Le Premier ministre m’a dit que les annonces de vendredi n’étaient pas un solde de tout compte et qu’il ferait le point à la fin du mois pour voir ce qu’il serait possible de faire, mais qu’il était prêt à aller plus loin si la guerre devait se poursuivre », a rapporté le céréalier. Concernant les engrais, il a de nouveau plaidé pour une suspension du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières européennes (MACF) sur les fertilisants – une demande qu’a également porté la ministre française de l’Agriculture lors du Conseil des ministres européens de l’Agriculture, ce lundi à Bruxelles.
Réserve agricole de l’UE : 21,5 M€ alloués à la Bulgarie, l’Estonie et la Hongrie
Les États membres ont donné leur approbation, le 30 mars, à la proposition de la Commission européenne de débloquer une enveloppe de 21,5 millions d’euros (M€) d’aide d’urgence pour les agriculteurs de Bulgarie, d’Estonie et de Hongrie dans le cadre de la réserve agricole. Dans le détail, la Bulgarie recevra 7,4 M€ en raison d’une grave sécheresse et de vagues de chaleur entre mi-juin et fin août qui ont un effet négatif sur la production de tournesol et de maïs. L’Estonie, elle, obtient 3,3 M€, après un gel printanier suivi d'une saison de croissance froide, humide et instable qui a nui au blé de printemps, à l'orge, aux pois, au colza, aux pommes de terre et aux fruits et légumes. Enfin, la Hongrie disposera de 10,8 M€ en réponse à des épisodes de chaleur extrême et de pénuries d'eau entre juin et août qui ont engendré un stress thermique important pour le maïs doux, les melons, le sorgho et le maïs. Ces enveloppes peuvent être complétées par des fonds nationaux allant jusqu’à 200 %. Les États membres doivent distribuer leur aide d’ici le 30 septembre au plus tard.
OMC : nouvel échec des pourparlers agricoles lors de la 14e Conférence ministérielle
Après la déconvenue d’Abou Dhabi en 2024, les membres de l’OMC ne sont pas parvenus, une nouvelle fois, à un accord sur les questions agricoles, le 29 mars à l’issue de la 14e Conférence ministérielle qui se déroulait à Yaoundé (Cameroun). Malgré des débats qualifiés de « soutenus » sur les principaux points à l’ordre du jour (accès aux marchés, sécurité alimentaire, stockage public, mesures de sauvegarde spéciales) et une convergence « quasi totale » au projet de texte – déjà peu ambitieux –, aucun consensus n’a pu être dégagé pour sortir de l'impasse persistante des négociations. Selon l’organisation genevoise, plusieurs membres ont d’ailleurs fait part de leur déception face aux progrès réalisés sur les questions clés et ont appelé à de nouvelles approches pour les négociations à venir. « L'agriculture est le secteur qui a le moins progressé au cours des 30 années d'existence de l’OMC. Nous ne pouvons pas laisser cette situation perdurer », a ainsi déclaré le 29 mars, le ministre brésilien des Affaires étrangères, Mauro Vieira. Les pourparlers sur les questions de fond devraient, à présent, se poursuivre à Genève.
Agritourisme : la mission parlementaire appelle à changer les règles d'urbanisme et de fiscalité
Créer un nouveau label, des formations, modifier le Code de l’urbanisme, simplifier la fiscalité, etc. Le rapport de la mission parlementaire sur l’agritourisme, remis le 3 mars au Premier ministre, fait six grandes propositions pour développer le secteur. Émanant du député Anthony Brosse (macroniste, Loiret) et de la sénatrice Sylviane Noël (LR, Haute-Savoie), le document, qu’Agra Presse a pu consulter, s’appuie sur l’« exemple inspirant de l’Italie ». Ainsi, une recommandation est de créer un nouveau label national d’agritourisme, « fondé sur des critères auditables, comparables et doté d’une graduation ». Les auteurs soulignent la nécessité de structurer la filière, via notamment un guichet unique pour les porteurs de projet. En matière d’urbanisme, le rapport propose de faciliter la construction neuve en zone agricole et le changement de destination du bâti, ou encore de créer une catégorie ERP (Établissement recevant du public) « agritourisme ». D’autres recommandations visent à simplifier la réglementation fiscale : clarifier et sécuriser les règles via « une doctrine unique " agritourisme " » ; réduire les effets de seuil par un mécanisme de transition. Enfin, la mission propose de mobiliser les nombreux fonds européens (Feader, Leader, Feder, FSE+, Interreg, Feampa, Life, InvestEU, Horizon Europe, Erasmus+).
Frelon asiatique : le gouvernement annonce 3 M€ par an pour la lutte et la prévention
Le ministre délégué à la Transition écologique Mathieu Lefèvre a dévoilé le contenu du plan national de lutte contre le frelon asiatique, à l'occasion d'un déplacement dans les Vosges le 27 mars. Il prévoit « un financement global de trois millions d'euros par an » pour financer les moyens de lutte et de prévention contre le prédateur d'abeilles, ainsi que des actions de formation, selon le dossier de presse. Parmi les moyens de lutte financés figurent : « le piégeage de printemps », qui vise à capturer les reines fondatrices de colonies de frelons asiatiques ; « la destruction des nids » ; « le piégeage d'automne », qui vise à piéger les ouvrières des colonies ; et « la protection des ruches à l'aide de pièges sélectifs ». Les financements sont accessibles aux collectivités et associations, qui devront déposer leur demande via un guichet sur la plateforme Aides et territoires qui ouvrira le 1er mai. Le plan national prévoit aussi de créer un « réseau de référents " frelon asiatique " aux niveaux national et local » afin de mieux coordonner les actions et d’améliorer le partage d’informations. « L’ensemble du dispositif sera coordonné au niveau départemental », conformément à la loi contre la prolifération du frelon asiatique adoptée en mars 2025. Les préfectures « concernées » créeront une page web « dédiée au frelon asiatique » en faisant le lien vers le guichet d’aides et vers un formulaire permettant de signaler la présence de nids – un outil rendu obligatoire par la loi de 2025, indique le dossier de presse.
Foie gras/influenza : les 22 M€ de pertes pas totalement indemnisés (interprofession)
En conférence de presse le 30 mars, l’interprofession du foie gras (Cifog) a évalué les pertes dues à l’influenza aviaire lors de la saison 2025-2026 à 22 millions d’euros (M€), hors accouvage. Les professionnels ont salué l’engagement de la ministre à indemniser les producteurs à 90 %, en tenant compte des pertes dues aux vides sanitaires. Mais le Cifog a souligné que certaines pertes resteraient à la charge de la production. C’est le cas des abattages précoces visant à « dédensifier » certaines zones à l’initiative des filières des Pays de la Loire. Des canards à foie gras ont été ainsi abattus avant d’être gavés, étant de ce fait sous-valorisés. C’est aussi le cas des palmipèdes prêts pour l’abattage, mais qui ont été retenus en élevage quand les déplacements étaient impossibles pour cause de restrictions sanitaires. Le Cifog déplore aussi des pertes économiques pour les accouveurs et les industriels du canard gras, qui a priori ne seront pas couvertes. La moitié des 121 foyers d’influenza (au 13 mars) ont été des élevages de palmipèdes. Le virus a entraîné l’abattage de moins de 262 550 palmipèdes à foie gras, sur un total de près d’1,77 millions de volailles.
Foie gras : la filière veut imposer l’affichage de l’origine en restauration via le Code rural
Lors d’une conférence de presse du Cifog (interprofession du foie gras) le 30 mars, la directrice Marie-Pierre Pé a informé que la filière recherchait auprès de parlementaires le « véhicule réglementaire » qui permettrait d’imposer aux restaurateurs d’afficher l’origine du foie gras. En effet, le foie gras faisant partie des abats, il ne peut bénéficier de l’obligation d’affichage du pays d’origine des viandes crues. Il s’agirait de tirer parti de la qualité de « patrimoine culturel et gastronomique » protégé du foie gras, établie par le Code rural, a-t-elle indiqué. Une piste également suggérée par le sénateur centriste du Gers Alain Duffourg – non cité à la conférence – dans une question écrite du 12 mars au ministre des PME. La restauration redevient un débouché important pour la filière à la faveur de la reprise de la production grâce à la vaccination. Les ventes en RHD française sont remontées à environ 2,5 Mt depuis 2024 après être restées sous 1,8 Mt en 2022 et 2023, selon le suivi du panel du Cifog. L’importation est aujourd’hui limitée par l’influenza aviaire en Hongrie et la Bulgarie. Mais elle pourrait venir demain de Chine, devenue deuxième producteur mondial, comme le souligne le sénateur.
Fromage : en Grèce, la production de feta devrait baisser de 14 % en 2026
Selon l’Organisation interprofessionnelle nationale de la feta (EDOF), la baisse de la production de feta en Grèce devrait atteindre 20 000 t en 2026, sur une production totale de 140 000 t en 2025, soit une baisse de 14,3 %. Ce recul attendu de la production de ce fromage AOP (au moins 70 % de lait de brebis) est la conséquence des abattages en lien avec l’épizootie de clavelée (ou variole ovine) qui sévit en Grèce. Jusqu'à début mars, plus de 480 000 moutons et chèvres ont été abattus à cause de cette maladie virale hautement contagieuse, principalement dans le centre et le nord de la Grèce, rapporte l’AFP. Un grand nombre d’éleveurs ont décidé de vacciner leurs troupeaux avec des doses venues de la Bulgarie et de la Turquie voisines. Mais, officiellement, les autorités grecques refusent catégoriquement la vaccination, arguant que les anticorps qu’elle induit peuvent donner de faux signaux d’infection. « Nous ne connaissons ni le nombre exact d’animaux vaccinés, ni les types de vaccins utilisés », souligne Spyros Kritas, membre du Comité scientifique national pour la gestion et le contrôle de la variole ovine (EEEDEE), un organisme spécifiquement créé pour combattre le virus.
Pesticides : l’air est contaminé dans tout l’Hexagone, selon Atmo France
« Des pesticides sont présents dans l’air sur l’ensemble du territoire » français, affirme Atmo France dans un communiqué le 30 mars, au lancement de sa nouvelle carte « nationale » des pesticides dans l’air. Baptisé PhytAtmo Dataviz, l’outil de datavisualisation présente les données 2022-2023 et « sera mis à jour chaque année ». Il permet de faire « des comparaisons nationales, à année identique, pour des substances communes, y compris dans les Drom ». Pour l’année 2023, il fait apparaître que, sur 72 substances actives recherchées, « environ un tiers est détecté et une sur huit est quantifiée, avec des niveaux variables selon les territoires et les périodes d’usage ». Parmi les principales substances actives autorisées les plus quantifiées en 2022-2023 figurent le folpel, le fluopyram et le prosulfocarbe, selon un tableau de bord représentant des jauges. Parmi les substances interdites figure le lindane, insecticide interdit depuis 1998 mais à forte rémanence, qui a été quantifié « dans 61 % des prélèvements sur 2022-2023 ». « Ces informations ne constituent pas une évaluation sanitaire, mais apportent des repères (…), dans un contexte où il n’existe pas de valeurs réglementaires pour les pesticides dans l’air », rappelle Atmo.
Alimentation infantile : l’Assemblée adopte une PPL visant à interdire les sucres ajoutés
Les députés ont adopté, le 26 mars en première lecture, une proposition de loi (PPL), déposée par le député Cyrille Isaac-Sibille (Les Démocrates), visant à interdire les sucres ajoutés dans les aliments destinés aux nourrissons et aux enfants en bas âge. Le texte a été adopté à l’unanimité des 49 députés présents, après un examen au pas de course à la toute fin de la journée réservée aux textes du groupe Modem, qui s’achevait obligatoirement à minuit. Il devra encore être transmis au Sénat. Il prévoit d’interdire « les préparations alimentaires non médicamenteuses contenant des sucres ajoutés » et présentées « comme spécifiquement destinées aux besoins des nourrissons et des enfants en bas âge ». La PPL prévoit toutefois qu’un arrêté, pris après avis de l’Anses, dresse une liste de préparations alimentaires exclues de cette interdiction, en déterminant alors le taux maximal de sucres ajoutés dans ces produits. Une exception critiquée par plusieurs députés à gauche. « C’est laisser subsister des failles que les industriels, eux, ne manqueront pas d’exploiter », a protesté l’écologiste Sabrina Sebaihi. Le texte prévoit une entrée en vigueur en janvier 2028, et des sanctions sous forme d’amendes si l’interdiction n’est pas respectée.
Alimentation : une PPL veut rendre le Nutri-Score obligatoire sur les produits et publicités
Une proposition de loi (PPL) déposée le 27 mars par la députée Sandrine Runel (socialiste, Rhône) vise à rendre obligatoire l’affichage du Nutri-Score sur les produits alimentaires et les supports publicitaires. Mis en place pour la première fois en France en 2017, cet étiquetage nutritionnel reste aujourd’hui facultatif. Quelque 1 500 marques l’ont adopté, couvrant près de 60 % du marché alimentaire français, mais certains groupes agroalimentaires refusent toujours de l’afficher ou y ont renoncé depuis sa mise à jour en 2023, qui a rendu sa note plus sévère pour les produits à forte teneur en sucre. Le texte souligne pourtant que le Nutri-Score doit être affiché sur tous les aliments proposés aux consommateurs pour obtenir « un effet optimal ». Afin de lutter contre la progression des maladies chroniques, objectif du Nutri-Score, l’article 1er du texte prévoit de rendre cet affichage obligatoire sur les emballages de produits alimentaires, à l’exception des produits bénéficiant d’une appellation d’origine protégée (incluant les appellations d’origine contrôlée) ou d’une indication géographique protégée. En cas de non-respect, une contribution sera versée à la Caisse nationale d’assurance maladie. La PPL s’appuie sur plusieurs recommandations récentes, dont celle de l’Assurance maladie, qui préconise dans son rapport « Charges et produits » de 2025 de rendre obligatoire le Nutri-Score.
RSA : dans le Finistère, le tribunal examinera les arguments des plaignants en juin
Le tribunal correctionnel de Brest examinera en juin les arguments de six allocataires du RSA et de la CGT qui ont cité à comparaître le président du département du Finistère et un de ses cadres pour « harcèlement moral institutionnel », rapporte l’AFP le 30 mars. L’avocate du département Me Stéphanie Zaks a dénoncé un « procès clairement politique ». Depuis le lancement de la citation à comparaître début mars, « on a reçu 47 témoignages nouveaux », qui s’ajoutent à la vingtaine versée au dossier a indiqué Ludovic Morin, secrétaire général de la CGT du Finistère. Parmi les plaignantes, une maraîchère de 39 ans a décrit avoir « vécu des mois horribles » pendant un contrôle RSA, ayant abouti à sa radiation en juin 2025. Le président du département Maël de Calan a indiqué à l’AFP que la collectivité n’aura « aucun mal à démontrer le caractère complètement abusif de ce recours qui ne trouve son origine que dans une volonté d’affrontement politique ». Le 23 février, la Confédération paysanne, par voie de communiqué, avait dénoncé « des contrôles abusifs » menés par le conseil départemental concernant le RSA envers certains agriculteurs du Finistère.
Saisonniers : en Allemagne, déroger à l’augmentation de salaire juridiquement possible (étude)
Une expertise juridique, commandée par huit organisations agricoles, indique que déroger à la revalorisation du salaire minimum instauré en Allemagne pour les saisonniers est conforme à la Constitution allemande et au droit de l’Union européenne, rapporte le bulletin du service agricole de l’ambassade de France à Berlin le 28 mars. Elle estime qu’une telle dérogation est « légitime pour les filières fruits, légumes et viticulture qui présentent un fort besoin de main‑d’œuvre et qu’elle est de nature à sécuriser l’approvisionnement de la population allemande ». L’étude considère par ailleurs possible une réduction du salaire minimum des saisonniers de 20 %, celui-ci devant toutefois s’élever à au moins 12,82 €/h brut. Ayant toujours critiqué l’augmentation de salaires pour les saisonniers, l’union des agriculteurs allemands (DBV) salue le résultat de cette expertise. Le ministre fédéral de l’Agriculture, Alois Rainer, qui cherchait des possibilités d’exemption, s’est dit prêt à rouvrir la réflexion et annonce un examen approfondi de cette expertise. En revanche, le syndicat IG BAU reste opposé à cette proposition, estimant qu’un rabais, même ciblé, aggraverait les pénuries de main‑d’œuvre. La revalorisation du salaire minimum en Allemagne doit se réaliser deux étapes : de 12,82 €/h à 13,90 €/h le 1er janvier 2026, puis 14,60 €/h le 1er janvier 2027, sans exception.
Horticulture : les labels horticoles à la peine en 2025
Excellence Végétale, qui gère les labels et certifications du secteur horticole (Plante bleue, Fleurs de France, Charte Qualité Fleurs, Label rouge), a tenu son assemblée générale le 27 mars aux Alleuds (Maine-et-Loire). En 2025, le nombre d’opérateurs engagés dans le Label rouge connaît une érosion continue (-28 % depuis 2023) souffrant d’un marché incertain. Le dossier « plant de framboisier » sera devant le Comité national de l’Inao en octobre prochain, tandis que le cahier des charges « Rosier de jardin » sera substantiellement révisé. Surtout, le prochain Salon du Végétal à Angers, en septembre, devrait voir le lancement officiel de l’IGP « Sapin de Noël du Morvan ». Planète Bleue/HVE compte 290 entreprises certifiées et s’engage dans un processus de reconnaissance internationale (contrat avec MPS, alignement avec les exigences FSI). Fleurs de France connait une légère baisse de la certification (571 l’année dernière, contre 576 en 2024). La nouvelle version du référentiel « Charte Qualité Fleurs » a pâti du désengagement (provisoire, semble-t-il) de la Sica Marché aux fleurs (Hyères) en octobre 2025. Enfin, l’assemblée générale a vu la signature officielle de l’accord-cadre avec Valhor (interprofession) : 1,5 M€ sur trois ans pour appuyer l’activité d’Excellence Végétale.
Numérique : le groupe Isagri acquiert la start-up toulousaine Abelio
Dans un communiqué paru le 30 mars, le groupe français Isagri, spécialiste du numérique agricole, annonce avoir fait l'acquisition de la start-up toulousaine Abelio, présentée comme un spécialiste de l'optimisation des cultures. Créée en 2018 et employant aujourd'hui 25 collaborateurs, Abelio édite « une solution numérique dédiée à la gestion des cultures et à l’optimisation de l’itinéraire technique », qui « combine outils d’aide à la décision, données agro-météorologiques, imagerie satellitaire, drone et intelligence artificielle afin de permettre aux techniciens agricoles et aux exploitants de piloter leurs cultures avec précision, du semis à la récolte ». Selon Isagri, cette acquisition va permettre « de structurer une offre globale de gestion collaborative en productions végétales (grandes cultures, vigne, arboriculture, maraîchage et cultures spécialisées), associant agriculteurs, techniciens, coopératives, négoces et industriels de l’agroalimentaire ». En 2023, Abelio avait levé quatre millions d'euros. Elle envisageait d'étendre ses services, alors spécialisés en grandes cultures, à de nouvelles productions et à de nouveaux pays.
Images satellitaires : EarthDaily soutenu par le gouvernement pour aider l'Ukraine
EarthDaily, fournisseur d'analyses poussées, notamment en agriculture, à partir d'images satellitaires couplées à l'IA, vient d'obtenir une subvention de 480 000 € du ministère français de l'Économie, dans le cadre du programme FASEP (Fonds d'études et d'aide au secteur privé) (lire l’article sur Agra Innovation). Reçue par l'antenne Agro (ex Geosys) d'EarthDaily, basée à Toulouse, cette subvention, vise à soutenir le gouvernement ukrainien. « Le projet fournira des estimations des superficies cultivées en cours de saison et des tendances de rendement à l'échelle régionale (oblast) dans toute l'Ukraine, permettant ainsi au ministère ukrainien de l'Économie, de l'Environnement et de l'Agriculture de renforcer la surveillance agricole et d'améliorer la prise de décision pendant une période de perturbation extraordinaire des systèmes de production alimentaire du pays », lit-on dans le communiqué diffusé par la société le 25 mars. (Perrine Delfortrie, Agra Innovation)
Gestion de l’eau : Éric Frétillère réélu président d’Irrigants de France
Irrigants de France, qui regroupe des organisations agricoles nationales et des associations départementales d’irrigants, a annoncé la réélection d’Éric Frétillère à sa présidence, d’après un communiqué de presse du 30 mars. Depuis vingt ans, cet agriculteur irrigant, installé à Saint-Rémy-sur-Lidoire (Dordogne), exploite une ferme de 100 ha, principalement en maïs. Il préside Irrigants de France depuis 2016. Pour M. Frétillère (également vice-président des producteurs de maïs de l’AGPM), l’enjeu de l’accès à l’eau et le développement de l’irrigation est « absolument crucial face au changement climatique qui affecte durement toutes les agricultures, sur l’ensemble des territoires ». À ce titre, le syndicat entend notamment assurer le développement du stockage pour l’ensemble des usages agricoles, garantir la cohérence des politiques publiques et sécuriser le cadre juridique lié au développement de l’irrigation. Irrigants de France souhaite également continuer à améliorer l’efficience de l’usage de l’eau en investissant dans le numérique, la data, les nouvelles technologies et l’innovation variétale.
Erratum sur les Conférences de la souveraineté alimentaire
Contrairement à ce qui était indiqué dans l’Agrafil daté du 30 mars, la première région à avoir lancé la phase territoriale des Conférences de la souveraineté n’est pas la Nouvelle-Aquitaine. La région voisine des Pays de la Loire l'avait précédée (24 mars). L’Occitanie en a fait de même le 27 mars.