Taxes américaines : Trump négocie des trêves, la Chine répond et l’UE se prépare
Après avoir négocié le 3 février une suspension pour un mois de l’application des droits de douane supplémentaires avec le Mexique, l’administration Trump a trouvé, en parallèle, un accord avec le gouvernement canadien pour une trêve similaire jusqu’au 4 mars. Les droits additionnels de 25 % ad valorem et de 10 % ad valorem pour les produits énergétiques ne s’appliqueront donc pas le 4 février, comme prévu initialement. Dans le même temps, la Chine, elle aussi visée par les annonces de Donald Trump, a réagi en prenant des mesures contre les importations d'hydrocarbures, de charbon et de certains véhicules en provenance des Etats-Unis, dont des machines agricoles, en ouvrant une enquête à l’encontre de Google et en portant le différend devant l’OMC. De son côté, l’UE, qui pourrait être la prochaine cible de la Maison Blanche, réunissait, le 3 février à Bruxelles, ses chefs d’Etat et de gouvernement pour une réunion informelle où le sujet a été évoqué. Une nouvelle fois, la notion de dialogue a été mise en avant pour trouver une solution. Mais le Vieux Continent promet aussi de défendre «[ses] valeurs sans compromettre [ses] intérêts».
Cognac: chute des exportations vers la Chine depuis les mesures antidumping
Les exportations de cognac en Chine ont chuté de près d'un quart en valeur en 2024 par rapport à l'année précédente, sous l'effet de mesures antidumping imposées par Pékin depuis l'automne, a indiqué le 4 février l'interprofession à l’AFP. «Les effets des taxes chinoises imposées depuis le 11 octobre ont déjà un impact très visible sur nos exportations vers la Chine», selon le BNIC, chiffrant la baisse à 9,6% en volume et 23,8% en valeur par rapport à 2023. Au niveau international, «dans le contexte géopolitique et économique mondial incertain ayant affecté le secteur des spiritueux dans son ensemble», les expéditions de cognac, dont le marché dépend à 98% des exportations, ont reculé de 10,6 % cette année en valeur, à près de 3 Md€, malgré une stabilisation (+0,4 %) en volume. Cet écart entre volume et valeur est dû à une forte hausse (+13,7%) des expéditions de cognacs plus jeunes et donc moins chers et à un recul de celles des cognacs VSOP et XO (-8,6% et -26,4%), «résultant notamment de la procédure antidumping touchant le Cognac en Chine», selon le BNIC. Les expéditions de cognac ont progressé de 15,3% en volume vers le marché nord-américain (-1,5% en valeur) et de 26,7% en Afrique du Sud (+24,1% en valeur). Celles vers la zone Europe affichent une baisse de 3,8% en 2024 en volume (+4,4% en valeur).
Champagne : les ventes de TEVC ont résisté en 2024, grâce à des leviers de croissance
Le groupe coopératif Terroirs & Vignerons de Champagne (Nicolas Feuillatte, Castelnau, Abelé 1757 et Henriot) a vu ses ventes résister l’an dernier, soutenues par une diversification des marques. Selon un communiqué du 4 février, les volumes de TEVC fléchissent de 1% en 2024 «alors que le secteur chute de 9% dans le même temps». Le chiffre d’affaires progresse de 3%, à 227,5 M€, «grâce à la bonne tenue de ses marchés français et européens». TEVC poursuit son développement international avec «une belle exposition sur le marché des loisirs (compagnies aériennes, croisiéristes, festivals…)». Dans le détail, le champagne Nicolas Feuillatte voit son chiffre d’affaires grimper de 5%, avec même «des croissances à deux chiffres dans les circuits traditionnels» (CHR et grossistes) qui contrastent avec les difficultés du réseau des cavistes et du BtoB. Les ventes de champagne Castelnau progressent de 3%, avec notamment l’ouverture de marchés au Canada et aux Etats-Unis. Le champagne Henriot affiche une performance stable en valeur, renouant avec «une belle dynamique sur ses marchés traditionnels à l’export» (Japon, Etats-Unis, Grande-Bretagne et pays nordiques).
UE/Royaume-Uni: un sommet en mai, l'agriculture parmi les priorités
Le Premier ministre britannique Keir Starmer accueillera en mai les dirigeants de l'UE pour un sommet, un nouveau pas dans sa volonté de rapprochement avec l'Union européenne qui reste prudent tant le sujet est miné du point de vue politique et diplomatique. Le dirigeant travailliste accueillera le 19 mai le président du Conseil européen Antonio Costa et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen pour ce qui se veut le premier d'une série de «sommets annuels», a indiqué le 4 février le porte-parole de Keir Starmer. «Ce sera l'occasion de progresser dans des domaines qui apporteront des avantages tangibles aux citoyens du Royaume-Uni et de l'Union européenne, et qui renforceront les relations entre le Royaume-Uni et l'Union européenne», a-t-il dit, l'agriculture et la reconnaissance des diplômes faisant notamment partie de ses priorités. Cette annonce intervient au lendemain du déplacement de Keir Starmer à Bruxelles pour des discussions sur la défense avec l'UE. Il s'agissait de la première participation d'un chef de gouvernement britannique à une réunion informelle des chefs d'Etat et de gouvernements des 27 depuis le Brexit il y a cinq ans.
Salariés: en Espagne, le gouvernement annonce une réduction du temps de travail
Le gouvernement espagnol a annoncé que la semaine de travail allait passer de de 40 à 37,5 heures, dans l’attente du vote des Cortes (Parlement) sur le sujet, pour lequel il n’est pas assuré d’avoir la majorité, après plus d’un an de tractations souvent difficiles, rapporte l’AFP le 4 février. «La réduction de la journée de travail va améliorer la productivité dans notre pays. Cela ne sert à rien de passer des heures et des heures au travail, il s'agit d'être efficaces», a commenté la ministre du Travail Yolanda Diaz, figure du parti d'extrême gauche Sumar. Le texte adopté mardi résulte d'un accord signé le 20 décembre avec les deux principaux syndicats de salariés, UGT et CCOO, mais sans les organisations patronales, qui avaient décidé mi-novembre de quitter la table des négociations. Ces dernières s'inquiètent de l'impact de la réforme sur la compétitivité espagnole. Elles estiment que tous les secteurs d'activité ne sont pas logés à la même enseigne et qu'une baisse généralisée du temps de travail pourrait fragiliser certaines entreprises.
Eau: dans un état critique alors que Bruxelles prépare sa stratégie de résilience
L’état des masses d’eau de l’UE ne s’améliore pas, voire empire, déplore dans un rapport publié le 4 février, la Commission européenne. En effet, en 2021, seulement 39,5% des eaux de surface en Europe étaient en bon état écologique (contre 39,1% dans le précédent rapport portant sur 2015) et seulement 26,8% en bon état chimique (contre 33,5% en 2015). L’agriculture est citée comme l’une des principales sources de pression sur la ressource hydrique que ce soit pour les eaux de surfaces ou (plus encore) les eaux souterraines. Ces données alimenteront les réflexions que mène Bruxelles en vue de la présentation d’une stratégie sur la résilience en eau (traitant à la fois des aspects qualitatif et quantitatif) attendue avant l’été. La Commission a lancé, le même jour, un appel à éléments de preuves et elle organisera une rencontre avec l'ensemble des parties prenantes le 6 mars. Le Parlement européen aussi avance sur le dossier. Son rapporteur, le social-démocrate maltais Thomas Bajada, souligne dans un projet de résolution qui vient d’être publié l’importance de fixer des «objectifs sectoriels contraignants en matière d’efficacité et de captage de l’eau» pour l’agriculture notamment mais aussi l’industrie et l’usage domestique, «adaptés aux évaluations à l’échelle du bassin».
Pesticides/PFAS: Générations futures sensibilise via un «site internet collaboratif»
L’association Générations futures annonce le lancement d’un «site internet collaboratif» pour les victimes des per- et polyfluoroalkylés (PFAS), dans un communiqué le 4 février. Baptisé victimes-pfas, le site montre une cartographie des sites industriels producteurs, utilisateurs ou pollués par les PFAS. Il recense les actions de terrain menées par la société civile (actions juridiques, réunions publiques, analyses d’eau..), section qui peut être enrichie par les internautes, et permet aux victimes de déposer des témoignages. Il vise aussi à informer la population sur la nature des PFAS ; leur utilisation (dans certains pesticides, les textiles, les emballages de restauration rapide, le Téflon..) ; les risques pour la santé (femmes enceintes, enfants, risque de cancer… ) ; et la réglementation des PFAS dans l’eau potable avec un focus sur le TFA, un produit non-réglementé de dégradation des pesticides PFAS.
OFB: l'intersyndicale interpelle Bayrou et veut «poursuivre ses actions»
L'intersyndicale de l'Office français de la biodiversité (OFB) dit vouloir «poursuivre ses actions» et demande une «réponse immédiate» de la part du Premier ministre, dans un courrier adressé le 4 février à François Bayrou, qui avait critiqué l'action des agents de cet établissement public. «Au vu de la situation, l'intersyndicale a décidé de poursuivre ses actions et jugera de la nécessité de faire de nouveaux préavis de grève. Nous attendons donc une réponse immédiate et circonstanciée de votre part», écrivent les syndicats (SNE, FSU, FO, CGT, UNSA, EFA-CGC) dans leur lettre consultée par l'AFP. Ce courrier est parti alors qu'une réunion interministérielle consacrée à l'OFB était organisée le 4 février, ont indiqué à l'AFP des sources concordantes. Les syndicats appellent depuis la mi-janvier les agents «à rester au bureau» et à ne plus mener de missions de police de l'environnement ou de contrôle des agriculteurs, après une série de critiques visant l'établissement public. Un appel national à la grève a aussi été très suivi vendredi. «Depuis la réunion du 24 janvier entre l'intersyndicale et votre cabinet, aucune de nos revendications n'a été satisfaite», écrivent les syndicats.
PPL Entraves: examen à l'Assemblée après le Salon, Travert ouvert sur l'acétamipride
Contrairement à ce qui était demandé par le syndicalisme majoritaire qui souhaitait maximiser la pression mise sur les parlementaires, l'examen de la proposition de loi sur les Entraves à l'Assemblée nationale n'aura pas lieu avant ou durant le Salon de l'agriculture, indique l'un des auteurs du texte, le sénateur centriste Menonville. Son examen pourrait intervenir «autour du 15-20 mars» selon les dernières discussions avec le gouvernement, rapporte le parlementaire, qui demande qu'une date soit fixée avant que ne débute le salon de la Porte de Versailles. Le cas de l'acétamipride devrait diviser l'hémicycle, et rend l'adoption du texte incertaine, malgré les accords trouvés entre le gouvernement et la droite lors de l'examen au Sénat. Le sénateur Menonville assure avoir le soutien du président du groupe Ensemble pour la République (EPR), Gabriel Attal – c'est ce que devrait bientôt pouvoir confirmer ou non le député Stéphane Travert, qui doit le rencontrer prochainement. L'ancien ministre de l'Agriculture pourrait voter en faveur du texte moyennant «encore quelques améliorations»; en tous les cas, le compromis trouvé sur la séparation vente/conseil et sur l'acétamipride, lui conviennent. Mais même en cas d'assentiment de Gabriel Attal, difficile de prédire le vote des autres députés EPR.
«Simplification»: le rapporteur Travert veut ajouter un volet agricole au projet de loi
Présenté en avril 2024 par Bruno Le Maire, et jusqu'ici dépourvu de mesures agricoles, en raison de la concomitance de la loi d'orientation agricole (LOA), le projet de loi de Simplification pourrait finalement se voir doter d'un volet agricole, souhaite le député Stéphane Travert (Ensemble pour la République, Manche), qui est également rapporteur de ce texte. L'ancien ministre de l'Agriculture, qui a notamment consulté les chambres d'agriculture ou la Coopération agricole, doit rencontrer prochainement le ministre de la Fonction publique, Laurent Marcangeli et la ministre des PME Véronique Louwagie, indique-t-il à Agra Presse. La présentation du texte avait été une déception pour le syndicalisme majoritaire – depuis, la proposition de loi sur les «entraves» a inclus de nombreuses dispositions allant dans ce sens. Dans ce chantier de «simplification», le Premier ministre souhaitait également s'attaquer au nombre d'agences et opérateurs publics; un travail de contrôle parlementaire a été lancé fin janvier par les parlementaires Les Républicains, qui doit fournir des propositions pour le projet de loi de finances (PLF) pour 2026. Au-delà du cas de l'Agence bio – qui a été ouvert, puis refermé par le gouvernement –, aucune piste ne semble se dégager dans le secteur agricole. «Ce n'est pas vraiment un sujet agricole», estime le sénateur centriste Menonville, qui rappelle la faible part de l'agriculture dans le budget national.
Relations commerciales: PPL SRP+10 déposée par Travert, Que Choisir vent debout
Ancien ministre de l'Agriculture et désormais député Ensemble pour la République, Stéphane Travert a déposé une proposition de loi (PPL) sur la prolongation du relèvement de 10 points du seuil de revente à perte (SRP+10), indique-t-il à Agra Presse, confirmant l'information de nos confrères de Contexte. Le texte devrait être examiné durant la semaine du 17 mars à l'Assemblée nationale, puis fin mars au Sénat, durant la semaine gouvernementale. Demandée par la profession agricole qui craint «une déstabilisation» de la filière en cas de disparition au 15 avril, la prolongation de cette mesure n'est pas pour plaire à l'UFC-Que choisir, qui a réitéré ses critiques en inefficacité de la mesure, déjà portées il y a deux ans par la sénatrice centriste Loisier. Le SRP+10 a coûté «plusieurs milliards d'euros» aux consommateurs, «sans impact sur le revenu agricole», estime l'association dans un communiqué le 4 février. L'UFC-Que choisir estime que les consommateurs «ont subi une inflation supplémentaire», évaluée «entre 470 millions d'euros et 1 milliard d'euros par an», soit a minima «plusieurs milliards d'euros depuis son entrée en vigueur il y a près de six ans». Au regard des cours du porc, des céréales et des bovins, l'association estime en revanche que l'effet sur le revenu agricole est nul.
Relations commerciales: la GMS promet de présenter des actions pour l'agriculture au Sia
Souvent cible des critiques des agriculteurs, plusieurs patrons de la grande distribution, Alexandre Bompard (Carrefour), Thierry Cotillard (Les Mousquetaires/Intermarché) ou encore Dominique Schelcher (Coopérative U), prévoient de tenir, à l'invitation de l'animatrice Karine Le Marchand, une rare conférence de presse commune lors du Salon de l'agriculture. «Les principaux acteurs de la distribution» annoncent le 4 février dans un communiqué une conférence de presse le 26 février au Salon de l'agriculture, au cours de laquelle ils affirment vouloir présenter des «actions pour soutenir l'agriculture français», «à l'appel de Karine Le Marchand», animatrice de M6 et soutien revendiqué du monde agricole. Sont également annoncés Guillaume Darrasse, directeur général d'Auchan Retail et président d'Auchan France, et Philippe Palazzi, directeur général de Casino. Si le discounter d'origine allemande Lidl est présent chaque année depuis dix ans au Salon de l'agriculture, organisé du 22 février au 2 mars au parc des expositions de la porte de Versailles, la présence des mastodontes de la grande distribution y est plus rare.
Agrivoltaïsme : dépôt imminent d'une PPL transpartisane, «méga-projets individuels» dans le viseur
Une proposition de loi (PPL) visant «un développement raisonné de l’agrivoltaïsme» sera déposée «avant le 10 février» à l’Assemblée nationale, indique à Agra Presse l’entourage du député Pascal Lecamp (Les Démocrates, Vienne). Cette PPL transpartisane aborde le partage de valeur et la contractualisation. Elle est issue d’un groupe de travail avec des députés «LFI jusqu’à LR», ceux du Rassemblement national (RN) n’ayant pas été conviés. Entamé au printemps dernier, son calendrier a été bousculé par la dissolution de l’Assemblée nationale, le 9 juin. Le texte porte sur le partage de la valeur, dans le prolongement de la loi Aper (Accélération de la production d'énergies renouvelables) du 10 mars 2023. Un objectif qui passe par «la priorisation de projets collectifs ou de taille modérée», explique la source. «Il s’agit d’écarter les méga-projets individuels.» Autre volet, la contractualisation. L’idée consiste à sécuriser à la fois le fermier et l’énergéticien. «On n’a pas retenu le bail à clauses agrivoltaïques», sur lequel repose la PPL du sénateur Franck Menonville (Union centriste) enregistrée le 10 septembre. La PPL du député Pascal Lecamp lui préfère une convention tripartite, qui «sécurise le lien du fermier à ses terres et offre à l’énergéticien un cadre stable pour investir».
Animaux NGT: pas de nouveaux risques selon l'Efsa, consultation jusqu'au 19 mars
Dans un projet d’avis, réalisé à la demande de la Commission européenne, sur les animaux issus de nouvelles techniques de sélection génomique (NGT), l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) n’identifie «aucun nouveau danger potentiel et donc aucun nouveau risque pour les humains, les animaux ou l'environnement». Une consultation publique a été ouverte le 22 janvier (et jusqu’au 19 mars) sur ce document. L’Efsa estime que les documents d'orientation actuels pour l’évaluation des risques fournissent une bonne base mais qu’ils devront probablement être adaptés pour tenir compte notamment des questions de bien-être animal. Dans un communiqué du 3 février, l’ONG TestBiotech s’inquiète de cet avis qui ouvre la voie à une déréglementation des animaux génétiquement modifiés dans l’UE.
Lait: Lactalis refuse d’indemniser les éleveurs en rupture de contrat, selon l’Unell
«Lactalis refuse d’ouvrir la discussion sur une indemnisation collective» des éleveurs avec qui il rompt son contrat, a annoncé Yohann Serreau, le président de l’association d’organisations de producteurs (AOP) Unell, le 4 février en conférence de presse. En septembre 2024, le n°1 français du lait a annoncé une réduction de sa collecte et la rupture de ses contrats avec 272 éleveurs de l‘ouest et de l’est. Les premiers courriers de résiliation ont été envoyés «la semaine dernière», selon l’AOP qui regroupe 5200 éleveurs livrant Lactalis. Les producteurs concernés ont désormais 18 mois (jusqu’au 31 juillet 2026 au plus tôt) pour trouver une nouvelle laiterie. Fin janvier, l’AOP a présenté «au moins une solution» de collecte à chaque producteur concerné. Ces propositions restent «fragiles», selon le président de l’Unell, et nécessiteront des investissements non anticipés de la part des éleveurs (tank à lait, parts sociales de coopératives, cahiers des charges). D’où la demande de «négociation amiable» pour une indemnisation collective formulée par l’Unell. De son côté, Lactalis privilégie «une approche individualisée», a-t-il indiqué à l'AFP (indemnisations individuelles prévues dans les contrats). Selon Yohann Serreau, l'industriel «considère que les producteurs qui trouveront une solution ne subiront pas de préjudice».
Viande: l’Iddri dessine un scénario de baisse de consommation socialement différencié
Dans une étude parue le 3 février, l’Iddri estime possible de réduire la consommation moyenne de viande des Français de 15% d’ici 2035 (par rapport à 2023) «sans ruptures majeures dans la société et l’alimentation». Cette réduction – qui atteindrait 11% en termes de consommation totale, toutes espèces confondues – serait compatible avec les recommandations nutritionnelles. Elle constituerait «une première étape» avant une accélération de la réduction pour atteindre les objectifs environnementaux en 2050. L’originalité de ce scénario baptisé TRAMe 2035? Il explore des baisses différenciées selon 12 groupes sociaux, en fonction de leurs contraintes et de leurs «prédispositions à l’alimentation durable». La baisse potentielle varierait ainsi de 4% (familles rurales modestes) à 36% (femmes seules); les «familles aisées diplômées» pourraient manger 26% de viande en moins, quand les «familles urbaines modestes» en consommeraient 10% de moins. Pour y parvenir, le think tank propose plus classiquement de faire évoluer les «environnements alimentaires» dans une logique de «moins, mais mieux»: offre en grandes surfaces, campagnes de communication, baisses des prix des substituts végétaux, etc.
Porc: environ 3000 cas d’hépatite E par an, en hausse via une meilleure surveillance,
Environ 3000 humains affectés par l’hépatite E ont été recensés en France en 2022 et 2023 selon les données du Centre national de référence (CNR) reprises dans un rapport publié ce 4 février par l’Anses. L’agence sanitaire attribue la forte augmentation des cas (seulement 200 cas en 2009) à une meilleure surveillance de cette maladie du foie (en général), qui selon elle se contracte essentiellement en France en élevage de porcs, au contact de foie de porc cru ou en consommant des aliments à base de foie de porc insuffisamment cuits. Le nombre de patients testés a atteint 95 000 en 2023, contre seulement 2 150 en 2009, permettant d’établir un taux de cas positifs de 3,3% contre 9,6%, en forte décroissance. En publiant cette mise à jour, l’Anses rappelle l’avis qu’elle avait publié sur l’hépatite E en 2013 et invite à compulser sa fiche de danger. Une infection par le virus de l’hépatite E se traduit par des symptômes dans moins de 30% des cas, et affect en particulier dans les pays industrialisés des personnes de plus de 55 ans ou présentant un déficit immunitaire. «Tous les aliments contenant du foie de porc cru (figatelli, saucisses de foie de porc crues, fraîches ou sèches, quenelles de foie) sont des aliments à risque et ne doivent pas être consommés crus», établit l’Anses.
Tomates marocaines : besoin de réévaluer leur prix d’entrée en UE (rapport)
Dans un contexte d'augmentation des importations de tomates marocaines, «débordant» régulièrement sur la période de production hexagonale, et provoquant la colère des producteurs, le CGAAER (ministère de l’Agriculture) préconise, dans un rapport publié le 3 février, une modification du mécanisme du prix d’entrée de l’Union européenne qui régit les importation de tomates marocaines, pour intégrer la montée en gamme de ces flux, notamment vers les tomates cerises. «Le mécanisme du prix d’entrée n’a pas évolué de façon parallèle à la valeur forfaitaire à l’importation et ne prend pas en compte les variétés de tomates à plus forte valeur qui ont conquis les marchés. (Il) ne permet plus de répondre totalement aux objectifs qui étaient les siens lors de la négociation de l’accord» entre l’Union européenne et le Maroc», expliquent les auteurs. Ils ajoutent que l’entrée en vigueur d’un nouveau code douanier en janvier 2025 pour les tomates fraîches de calibre inférieur à 47 mm «n’a pas été pas associé à une nouvelle valeur forfaitaire à l’importation ni à un nouveau prix d’entrée» et donc «ne résoudra pas le problème des importations marocaines qui entrent à 100% sans paiement de droits spécifiques car leur valeur dépasse le prix d’entrée». Seule solution de court terme: engager un «dialogue constructif entre filières professionnelles françaises et marocaines» autour des pics de production français.
Fraise: contre l'oïdium, première expérience française de traitement UV des plants
Alors que les premiers plants de fraisiers ont été plantés depuis plus de deux mois, trois producteurs de fraises du Lot-et Garonne expérimentent une technologie de traitement par ultraviolets des plants, rapporte l’AOPn Fraises Framboises de France, dans un communiqué de presse le 3 février. Concrètement un robot autonome sillonne les rangs des serres la nuit, utilisant un bras articulé équipé de lampes à UV afin de traiter les plants de fraises. Cette technique vise à prévenir l’apparition de l’oïdium, des champignons qui menacent les fraisiers en phase de croissance, mais aussi durant toute la durée de la saison. «Bien que ce dispositif ne remplace pas totalement les traitements chimiques, il représente une alternative écologique précieuse», souligne l’AOPn. Depuis l'introduction du robot il y a deux mois, aucun champignon n’a été détecté sur les plants, ce qui semble susciter l’optimisme des producteurs: «Les résultats sont encourageants et pourraient permettre de réduire l’utilisation de produits phytosanitaires si les tests sont concluants», reconnaît Xavier Mas, président de l’AOPn Fraises Framboises de France. C’est la première fois qu’une telle solution est déployée dans l’Hexagone.
Légumes: résultats en berne chez Bonduelle fin 2024, plombés par la conserve
Spécialiste français des légumes en conserve et surgelés, Bonduelle a publié le 5 février un chiffre d'affaires semestriel en baisse à 1,12 milliard d'euros, la chute des conserves n'étant pas compensé par la hausse du frais. Le recul sur le semestre est de presque 20 millions d'euros (-1,5% à périmètre constant) comparé au premier semestre de l'exercice décalé 2023-2024. Et il s'accélère: au deuxième trimestre de l'exercice décalé, les ventes ont reflué de 2,6%. La baisse est particulièrement forte en Europe, où le chiffre d'affaires recule de 5,8% sur le semestre, et même de 9,5% sur le deuxième trimestre, alors que Vieux Continent représente plus de 60% de l'activité du groupe. Une chute des ventes que Bonduelle explique, «pour une large part», par «la baisse significative des ventes à marques de distributeurs en conserve». Hors Europe, le chiffre d'affaires progresse de 5,8% sur le semestre. «En Amérique du Nord, la croissance est alimentée par la progression solide des ventes en grande distribution de solutions de repas complets et de +salad kits+", note l'entreprise. Mais cette croissance ne compense pas les baisses de ventes de la zone Europe, le chiffre d'affaires y étant bien moins important.
Blé : une filière sans insecticide de stockage entre Arterris et le boulanger Europastry
Le groupe coopératif français Arterris a annoncé, dans un communiqué du 4 février, la création d’une nouvelle filière blé tendre certifiée durable avec le boulanger espagnol Europastry, par ailleurs leader européen de la panification. «Le blé tendre livré par Arterris répond à la norme NFV 30-001. Nous y avons ajouté une strate : le blé produit est livré sans insecticide de stockage. Cela fait deux ans que nous travaillons sur ce projet», précise pour Agra Presse Antoine Bernabé, directeur exécutif d’Arterris Meunerie. Plus en détail, Arterris s’est engagé depuis septembre 2024 à fournir au moulin espagnol Moreto 1 000 t/mois de blé certifié. La farine issue du broyage est ensuite envoyée aux deux usines d’Europastry proches de Barcelone, qui fabriquera des viennoiseries. Afin de soutenir les céréaliers français, le blé certifié bénéficie d’une prime, «comprise entre 8 et 15 €/t. Elle varie selon de nombreux paramètres, notamment la variété, la qualité (blé tendre de force, blé tendre à 11,5% de protéine etc)», explique Antoine Bernabé.
Salon de l'agriculture: après le chaos de 2024, volonté de mieux encadrer les politiques
«Il y a des règles à respecter»: les organisateurs du Salon international de l'agriculture, qui s'ouvre le 22 février à Paris, ont affiché le 4 février leur volonté de mieux encadrer les visites politiques et appelé syndicats et agriculteurs à privilégier les «échanges». «Je ne veux plus revoir de visiteurs, le premier samedi, empêchés de rentrer dans le Salon de l'agriculture», a averti son président Jérôme Despey lors d'une conférence de presse, en allusion au chaos de l'ouverture de l'édition 2024 en marge de la visite d'Emmanuel Macron. Dans un contexte de colère des agriculteurs, des dizaines de manifestants – arborant des signes distinctifs de trois syndicats – avaient forcé une grille, décidés à se faire entendre du chef de l'État, et des heurts avec la sécurité avaient retardé de plusieurs heures l'ouverture au public du hall 1. «Ces messages-là, je les ai fait passer au président de la République, au Premier ministre, aux ministres, à tous les partis politiques», a ajouté M. Despey. «J'attends de ce salon qu'il soit une respiration», a déclaré la ministre de l'Agriculture Annie Genevard lors de la conférence de presse, reconnaissant le côté «sportif» de l'accueil des politiques.
Salon de l'agriculture: un pays mis à l'honneur pour la première fois, le Maroc cette année
La Salon de l'agriculture, qui aura lieu du 22 février au 2 mars à Paris, mettra pour la première fois un pays étranger à l'honneur, le Maroc, ont annoncé mardi ses organisateurs qui veulent insister sur la dimension internationale de l'événement. Jérôme Despey, président du Salon, a évoqué lors d'une conférence de presse un «pays ami», avec lequel la France a établi de nombreux partenariats sur les questions agricoles. Interrogée sur ce choix dans un contexte de tension des relations entre France et Algérie, la ministre de l'Agriculture a rappelé que c'était la décision des organisateurs du Salon, tout en affirmant que c'était un «bon choix», qui «prolonge la visite» du président Emmanuel Macron en octobre au Maroc. La France et l'Algérie sont plongées dans une profonde crise diplomatique depuis l'annonce, fin juillet par Paris, d'un soutien au plan d'autonomie marocain au Sahara occidental. Concrètement, le stand du Maroc au sein du pavillon international sera agrandi et présentera des produits «du terroir marocain», huile d'argan, d'olive, safran et dattes, a énuméré le directeur général de l'Agence pour le développement agricole, El Mahdi Arrifi. En retour, la France sera à l'honneur du prochain Salon international de l'agriculture du Maroc en avril.
Betteraves: Franck Sander réélu président de la CGB (planteurs), pour un 7e mandat
Élu chaque année depuis 2019, Franck Sander a été reconduit le 30 janvier, pour un septième mandat, à la présidence de la CGB (planteurs de betteraves à sucre, FNSEA). Le conseil d'administration a également élu Fabien Hamot au poste de secrétaire général, qui succède à Jean-Philippe Garnot. Franck Sander est agriculteur à Ohlungen (Alsace) sur 150 ha de betteraves, maïs, blé et houblon, livre à la coopérative sucrière d’Erstein (Cristal Union).