Reliquats d'aide bio : Genevard présente son arbitrage, la Fnab claque la porte du CSO
À l'occasion d'un conseil supérieur d'orientation (CSO) le 1er juillet, la ministre de l'Agriculture a présenté la redistribution des 257 M€ de reliquats d'aide à la conversion en bio non consommés en 2023 et 2024, et de 25 M€ de reliquats de programmes opérationnels (PO). Ce sont 108 M€ qui reviennent à la bio, dont 96,3 M€ abonderont les éco-régimes bio (qui atteindront 110 €/ha), et 12 M€ sont alloués à un programme opérationnel sur le lait bio. Le montant a été jugé insuffisant par la Fnab (agriculteurs bio), qui a quitté la réunion avant qu'elle ne s'achève. Le syndicat dénonce un «hold-up», lui qui demandait que l'intégralité du reliquat revienne aux agriculteurs bio Par ailleurs, 55 M€ sont dédiés à l'aide complémentaire pour les jeunes agriculteurs, assortis réglementairement d'une rallonge de 20 M€ à l'aide redistributive. Finalement, 34 M€ sont fléchés vers l'aide à l'investissement, contre 50 M€ promis aux régions au printemps. 33 M€ iront à des MAEC herbagères et zones intermédiaires, et 30 M€ pour abonder les aides couplées ovines (15 M€), blé dur (15 M€) et houblon. La ministre a donné rendez-vous à l'automne pour examiner les reliquats d'aide bio 2025, ce qui exclut qu'ils soient redistribués vers le premier pilier, notamment les éco-régimes, puisque les transferts entre piliers ne sont plus permis jusqu'à la fin de la programmation Pac après le 31 août.
Reliquats d'aides bio : «victoire» pour les JA, chambres satisfaites, Conf' critique
Réagissant à la présentation de la redistribution des reliquats d'aides bio, la Confédération paysanne estime, dans un communiqué le 1er juillet que les «arbitrages ne répondent ni aux difficultés des fermes bio et maraîchères, ni aux besoins des paysans engagés dans la transition agroécologique». Pour le syndicat, «si la revalorisation de l’ACJA (l’aide aux jeunes) ou de l’aide ovine va dans le bon sens, les moyens utilisés pour les financer sont inacceptables». De son côté, la Modef est ressorti plutôt satisfait de l'arbitrage, notamment de la revalorisation des aides couplées, en particulier ovines. Les Régions de France sont déçues de l'enveloppe finalement allouée à l'aide à l'investissement (34 M€, contre 50 M€ annoncé au printemps), face à un besoin estimé de 470 M€. Les Jeunes agriculteurs «saluent» l'arbitrage - notamment la revalorisation de l'aide complémentaire aux jeunes agriculteurs -, qui «vont dans le sens de nos revendications : donner les moyens à la jeunesse agricole de s’installer, produire et résister aux crises». Présent mardi à la réunion, Dominique Chargé, président de la Coopération agricole, a aussi salué ces choix car, selon lui, «la situation nécessite effectivement d’accompagner les agriculteurs en agriculture biologique mais (...) au rythme où le marché progresse». De même, Pour Chambres d’agriculture France, cela «permet de conforter les producteurs. Pour autant la relance durable de l’agriculture biologique dépendra aussi de la capacité de l’ensemble des acteurs de la chaîne, y compris la grande distribution, à faire remonter les prix vers les producteurs».
Budget de la Pac : les régions de France s’opposent à un fonds national unique
Le Conseil des régions de France a adopté le 1er juillet une motion concernant le budget de la Pac post 2027 dans laquelle elles refusent « catégoriquement la mise en place d’un fonds national unique incluant plusieurs politiques de l’Union européenne ». La Commission européenne doit présenter le 16 juillet son projet de cadre financier pluriannuel 2028-2034 – en même temps que des éléments sur la prochaine réforme de la Pac – pour lequel elle envisage la création de fonds nationaux uniques. Pour les régions de France, cette idée risque de diluer « les priorités agricoles au milieu d’objectifs plus larges » faisant de la Pac « une variable d’ajustement budgétaire des États ». Elles craignent également une « recentralisation des décisions, limitant alors le rôle des Régions » qui demandent au contraire à conserver une responsabilité « dans l’élaboration, la mise en œuvre et la gestion de la future Pac ». Les Régions de France souhaitent au contraire un « budget a minima stabilisé en prenant en compte l’inflation, et suffisamment doté pour investir dans la production alimentaire, la transition écologique et climatique ». L’envoi d’un courrier à la Commission européenne reprenant l’ensemble de cette position cosigné par Carole Delga, présidente des régions de France, et la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, est envisagé.
PPL Entraves : la FNSEA salue un « signal fort », la Conf' dénonce une « régression »
Réagissant au compromis dégagé par la commission mixte paritaire (CMP) le 30 juin sur la proposition de loi Entraves, le président de la FNSEA a salué « un signal fort » qui prouve que « nos élus ont entendu les agriculteurs ». Il s’agit, a affirmé Arnaud Rousseau dans un communiqué, d’« une première étape concrète qui fait suite aux mobilisations de l’hiver 2024 ». Dans un communiqué commun avec la FNSEA le lendemain, les JA saluent un texte qui « témoigne d'une écoute attentive des réalités du terrain ». Ils appellent toutefois à une loi spécifique aux ICPE, pour mettre en œuvre le projet gouvernemental de sortie de l'élevage de la nomenclature commune. À l'inverse, la Confédération paysanne estime, dans un communiqué le 1er juillet, que la CMP a « entériné des régressions agricoles, sanitaires et écologiques comme jamais », et que la motion de rejet préalable qui a abouti à l'absence d'examen en séance publique à l'Assemblée relève « d’un processus anti-démocratique cynique pour satisfaire les intérêts de l’agro-industrie ». La Conf' assure que « le monde agricole ne soutient pas cette proposition de loi », arguant que « plus de 80 % des agriculteurs et agricultrices sont favorables à la transition agroécologique ».
Acétamipride : la CMP ajoute une condition de « menace grave » pour sa réautorisation
Finalement publiée en fin de journée le 1er juillet, la version de la proposition de loi Entraves issue de la Commission mixte paritaire (CMP) ajoute une condition à la réautorisation de l'acétamipride, qui est celle d'une « menace grave pour la production agricole » concernée, indique une note de synthèse diffusée par le rapporteur Julien Dive (Droite républicaine). L'ampleur de la menace et les conditions de son évaluation ne sont pas précisées. Par ailleurs, le Comité des solutions examinera au bout de trois ans, puis tous les ans, les conditions pour pouvoir déroger par décret à l'interdiction d'utiliser des produits contenant des néonicotinoïdes. Le texte affirme le principe selon lequel le décret de dérogation est abrogé « dès lors que les conditions ne sont plus remplies ». Par ailleurs, la CMP a instauré un « principe d'accompagnement par l'État de la recherche de solution en cas d'interdiction d'une molécule », ainsi qu’un « principe d'accompagnement des agriculteurs en situation d'impasse ». Enfin les dispositions relatives à l'épandage par drone ont été retirées – des dispositions similaires avaient été adoptée au printemps dans une proposition de loi dédiée.
Alternatives aux pesticides : l’appel à projets de la deuxième vague du Parsada est ouvert
Le ministère de l’agriculture a annoncé dans un communiqué du 1er juillet l’ouverture de l’appel à projets de la deuxième vague de plans d’action dans le cadre du Parsada (alternative aux pesticides), et dont le pilotage a été confié à FranceAgriMer (FAM). « Les structures candidates sont invitées à se déclarer sur la plateforme dédiée depuis le 30 juin 2025, dont le lien est accessible sur le site internet de FAM », détaille le communiqué. Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 31 décembre 2026, et instruites dans la limite des crédits disponibles. Pour rappel, cette deuxième vague, validée le 20 mai dernier et dotée d’un budget de 45 M€, contient cinq nouveaux plans d’action pour plusieurs productions. Un appel à manifestation d’intérêt avait été ouvert le 21 mai. La première vague avait été lancée en 2024, mobilisant 143 M€ pour financer 28 projets (sur 50 déposés), à travers quinze plans d’action.
Climat : le Haut-commissariat au Plan identifie trois leviers à faible coût en agriculture
Alors que la troisième Stratégie nationale bas carbone (SNBC 3), devra être officiellement adoptée d’ici la fin de l’année, le Haut-commissariat au Plan, propose, dans une note flash parue le 1er juillet, plusieurs leviers pour « décarboner au moindre coût », notamment trois en agriculture : haies/agroforesterie, réduction des engrais, taille et alimentation du cheptel bovin. Annonçant la parution prochaine d'un rapport dédié aux coûts d’abattement CO2eq dans l’agriculture, les auteurs de la note annoncent qu'« il montrera notamment que la plantation de haies et l’agroforesterie intraparcellaire permettent de séquestrer du carbone à un coût d’abattement très inférieur à la valeur de l’action pour le climat ». Ils indiquent aussi qu'« une certaine réduction de la consommation d’engrais à coût modéré apparaît également possible », et que « la question des émissions liées à l’élevage, majoritaires dans celles de l’agriculture, renvoie à celles de la taille du cheptel bovin ainsi que de son alimentation ». À l'inverse, ils soulignent que « les biocarburants présentent un coût d’abattement supérieur ».
Elevage/viande : en Australie, le secteur renonce à l'objectif de neutralité carbone
L'organisme représentant le secteur de l'élevage et de la viande australien a annoncé le 1er juillet l'abandon de son objectif de neutralité carbone à l'horizon 2030, arguant que le secteur avait besoin de « plus de temps ». Dans son dernier plan stratégique, Meat and Livestock Australia (MLA) renonce à l'objectif qu'il s'était fixé en 2017 d'atteindre zéro émission nette de carbone d'ici 2030. Cette organisation, chargée des normes pour le secteur et de l'aide aux exportations, a souligné que les réductions d'émissions prévues étaient subordonnées à l'obtention d'investissements et de politiques adéquats. « Nous savons maintenant que nous avons besoin de plus de temps, de plus de soutien et de plus d'investissements pour atteindre notre objectif », a déclaré Michael Crowley, d.g. de MLA. « Nous continuerons à aller de l'avant pour atteindre nos objectifs de durabilité. C'est ce qu'exigent nos producteurs, notre communauté et nos clients », a-t-il affirmé. Le secteur australien de l'élevage et de la viande affirme avoir réduit ses émissions de carbone de 78 % par rapport aux niveaux de 2005. Selon les statistiques du secteur pour 2023, l'Australie est le plus grand exportateur de viande ovine au monde et le deuxième plus grand exportateur de bœuf.
Bovins/DNC : en Savoie, le transport de lait cru interdit, la FDSEA vent debout
Dans un communiqué du 1er juillet, la FDSEA et les JA des Savoie exigent « la levée immédiate de l’obligation de pasteurisation généralisée » du lait, décidée à la suite du premier foyer français de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) bovine, confirmé le 29 juin. Conformément à la réglementation européenne, une zone réglementée de 50 km a été mise en place autour du foyer situé à Entrelacs, à une vingtaine de kilomètres à l’ouest d’Annecy. Selon la FDSEA, elle englobe « 2 200 élevages représentant 225 000 animaux ». En particulier, elle recouvre une partie des zones d’appellation reblochon, beaufort et abondance, trois fromages AOP au lait cru. Entre autres mesures de prévention instaurées par arrêté, la préfecture de Savoie y a interdit « les mouvements de lait cru » à partir des « établissements situés dans la zone réglementée ». Une dérogation est notamment prévue pour le transport de lait cru « vers un établissement de transformation pour y subir un traitement d’atténuation » (pasteurisation). Une mesure qui provoquerait, selon la FDSEA, « des pertes estimées à plus d’un million d’euros par jour ». Les syndicats demandent « l’abrogation immédiate des arrêtés préfectoraux », ainsi qu’une « dérogation européenne pour appliquer des mesures proportionnées, traçables, adaptées ».
Élevage : l’abattoir public de Limoges arrête sa chaîne ovine et caprine (presse)
Face à des approvisionnements en forte baisse, l’abattoir public de Limoges (Haute-Vienne) a cessé « l’abattage des espèces ovine et caprine » le 30 juin, d’après un courrier consulté par Le Populaire du centre (article payant). L’outil avait déjà été amené à « diminuer le nombre de jours » d’ouverture, avant de « finir sur un abattage d'une quarantaine d'agneaux » tous les 15 jours, contre « 300 auparavant », retrace Bernard Thalamy, vice-président de Limoges Métropole en charge de l'abattoir, interrogé par France 3 Nouvelle-Aquitaine. L’abattoir, qui avait déjà arrêté son activité porcine en 2023, ne traitera plus que des bovins. Les éleveurs ovins usagers de l’abattoir – essentiellement en circuits courts – sont redirigés vers Bessines-sur-Gartempe et Bellac, au nord, ainsi que vers Lubersac (Corrèze), au sud. Dans un communiqué du 1er juillet, le Modef national dénonce « un patient travail d’étranglement financier » et « une marche forcée vers la privatisation ». Le syndicat rencontrera les salariés de l’abattoir jeudi 3 juillet « avec d’autres organisations syndicales agricoles ». Avec 232 000 ovins en 2023 (dont 149 000 brebis allaitantes), la Haute-Vienne est le premier département français en ovins viande.
Loup : la FNSEA vent debout contre une réduction du recours aux louvetiers
Dans un communiqué du 30 juin, la FNSEA, ses associations spécialisées animales* et les JA demandent à l’État de revenir sur sa « décision (…) de restriction de l’action des louvetiers » sur les tirs de défense contre le loup. Selon les syndicats, la préfète coordinatrice du Plan loup a envoyé une instruction aux préfets afin de « restreindre l’envoi de la louveterie aux seules exploitations ayant subi au moins deux prédations dans les quatre derniers mois ». « Restreindre la capacité d’intervention des louvetiers, c’est priver les éleveurs de moyens de se défendre », considère la FNSEA, car « 75% des tirs en direction d’un loup étaient mis en œuvre par la louveterie » en février 2024, selon « les services de l’État ». L’explication de cette restriction ? Un rythme de prélèvement particulièrement rapide cette année, dans un contexte de hausse des dégâts dus aux loups : « À la mi-juin, 67 loups avaient déjà été décomptés du plafond, la crainte est qu’on arrive trop vite au plafond de 192 loups » (19 % de l’effectif), ce qui interdirait tout tir supplémentaire, explique-t-on à la FNO (ovins). Les syndicats majoritaires demandent au contraire le relèvement du plafond annuel de deux points (à 21 %) ; une disposition possible s’il est atteint en cours de campagne, mais encore jamais utilisée. * FNO (ovins), FNB (bovins viande), FNPL (bovins lait), FNC (équins), Fnec (caprins)
Prairies : la pousse nationale en recul de 1% en juin, déficit dans la moitié Nord
Le bilan établi par Agreste (ministère de l’Agriculture) pour le mois de juin fait état d’une production cumulée des prairies permanentes inférieure de 1 % à la moyenne observée sur la période de référence 1989-2018. Ce bilan arrêté au 20 juin indique que l’excédent de pousse constaté au printemps, grâce aux pluies d’hiver, a été effacé par le manque de précipitations au printemps et l’assèchement des sols. « Sur les 2 derniers mois, la production est déficitaire de 20 % », selon Agreste. Cette situation est normale mais elle est contrastée selon les régions. Au nord de la Loire, la production d’herbe est devenue faible. Le déficit est même proche d’un quart dans les Hauts-de-France et les Pays de la Loire, où les sols restent secs en dépit de nappes phréatiques bien remplies. A l’inverse, la moitié sud a bénéficié de pluies plus fréquentes et la production d’herbe a été abondante durant la première partie du printemps. Mais le manque d’eau commence également à impacter la pousse de l’herbe. Pour ce qui concerne les élevages laitiers, un volume d’herbe plus important consommé par les animaux contribue à l’équilibre économique de l’exploitation en limitant l’achat à l’extérieur de fourrage.
Élevage/prairies : le néo-zélandais Halter lève 100 M$ pour conquérir les États-Unis
Dans un communiqué du 24 juin, la start-up néo-zélandaise Halter, qui commercialise des clôtures virtuelles pour l’élevage bovin herbager, annonce avoir levé 100 M$ (soit 165 M$ NZ) en série D pour se développer sur le marché états-unien. L’opération porte la valeur de l’entreprise à 1 Md$, faisant de Halter l’une des premières – si ce n’est la première – à atteindre cette taille dans le secteur des start-up dédiées à l’élevage. Le tour de table a été mené par le fonds américain BOND (spécialisé dans la tech), et a vu l’arrivée de NewView Capital aux côtés des investisseurs historiques. Cette levée de fonds servira à financer le développement de Halter aux États-Unis, où elle est présente depuis 2024, avec 150 ranchs dans 18 États, comme le rappelle le média AgFunder News. La start-up néo-zélandaise commercialise un système de surveillance et de gestion du pâturage à distance pour les bovins (laitiers et allaitants) : les vaches sont équipées de colliers vibrant et émettant du bruit quand elles franchissent des limites prédéfinies par l’éleveur. Halter revendique 1 000 fermes équipées pour 207 000 km de clôtures virtuelles en 2024.
Lait : Lactalis « regarde » le dossier Fonterra, offre déposée en mai en Australie
Emmanuel Besnier, le PDG de Lactalis, a indiqué que « Fonterra fait partie des sujets que l'on regarde », dans une interview parue dans les Echos le 1er juillet. Il ne dément pas être intéressé par ce dossier, indiquant que « nous sommes toujours cités, pour toutes les acquisitions ». Début mai, la Commission australienne de la concurrence et de la consommation (ACCC) indiquait pourtant que Lactalis proposait d’acquérir « l’activité mondiale de produits de grande consommation de Fonterra, et les activités ingrédients et services alimentaires de Fonterra en Australie. » L’ACCC veut mesurer l’impact sur la concurrence d’une telle opération. Lactalis est déjà présent en Australie à travers Parmalat, sans être leader, et fabrique sur place des fromages, des matières grasses, des crèmes et des produits ultra-frais, tant pour le grand public que pour les professionnels. Lactalis détient aussi dans le pays une usine d’ingrédients laitiers pour le marché domestique et l’export. La coopérative néo-zélandaise Fonterra a indiqué en 2024 qu’elle souhaitait se séparer d’une partie de ses activités de produits grand public en Océanie et au Sri Lanka, soit en vendant ces actifs soit en les introduisant en Bourse. Cette transaction pourrait représenter 2,37 Md$, selon les informations recueillies par Reuters.
Lait : deux OP bretonnes fusionnent et donnent naissance à Galéo
L’association des producteurs de lait du bassin armoricain (APLBA) et l’organisation des producteurs Abers-Emeraude ont fusionné le 26 juin pour donner naissance à Galéo. Cette nouvelle organisation de producteurs rassemble désormais 320 exploitations laitières et contractualise avec deux acteurs majeurs de la filière laitière en Bretagne : le groupe Still et les deux filiales du groupe Laïta, LNA et Silav. L’enjeu de cette nouvelle OP : « construire des partenariats solides, durables et équilibrés avec les industriels laitiers, dans un contexte de concentration accrue des acteurs de l’aval », précise le communiqué de presse. L’objectif est aussi de trouver les solutions pour adapter l’offre aux évolutions des exploitations et de la filière laitière tout entière. Le conseil d’administration de l’OP, composé de 20 producteurs, est présidé par Benoît Quéméneur, précédemment président de l’OP Abers-Emeraude. Ce dernier appelle les producteurs actuellement en contrat individuel avec Still ou Laïta à rejoindre Galéo pour « bénéficier d’un cadre contractuel sécurisé, d’un accompagnement adapté et d’un levier collectif pour faire entendre leur voix dans les décisions structurantes. »
Finance : le français Swen CP lance un fonds dédié à l’agriculture régénératrice
La société de gestion Swen Capital Partners, basée à Paris, lance un fonds pour l’agriculture régénératrice, a-t-elle annoncé le 30 juin (voir l'entretien accordé à Agra Innovation). Baptisé Swen Terra, il vise à « faciliter l’accès aux capitaux des acteurs du monde agricole engagés dans la transition vers des pratiques durables », selon le communiqué. Un premier closing de 40 M€ est annoncé pour ce fonds, dont l’ambition est de « favoriser la restauration des sols afin de lutter contre le changement climatique et la perte de biodiversité ». Swen CP se fixe un objectif de levée de 200 M€. Son fonds bénéficie du soutien de la Macif et d’Abeille Assurances, marques d’Aéma Groupe, ainsi que de Suravenir. Il prendra des participations minoritaires, en fonds propres, dans des actifs agricoles, déjà en agriculture régénérative ou en phase de conversion ; des actifs logistiques, unités de transformation et réseaux de distribution de produits agricoles « régénératifs et durables ». « Swen Terra vise la création d’une dizaine de sociétés agricoles, gérées par des agriculteurs expérimentés, qui pourront investir chacune dans 5 à 10 exploitations. Au total, une centaine de fermes pourront ainsi être financées partout en Europe, dans tous les types de cultures (céréales, légumineuses, maraîchères, vergers…). » Un premier investissement est annoncé dans GreenPods.
Amandes bio : Greenpods va lever jusqu’à 30 M€ pour son développement en Europe
Greenpods, entreprise développant des projets agricoles régénératifs dans la production de fruits à coque, a annoncé l’arrivée du fond Swen Capital Partners à son tour de table. Le fonds devrait injecter jusqu’à 30 millions d’euros, entre 2025 et 2028, pour son développement en France et en Europe. La nouvelle avait été donnée par Emmanuel Simon, responsable de la stratégie Swen Terra chez Swen Capital Partners à Agra innovation le 30 juin. «Cette étape est bien plus qu’un financement : c’est un signal fort qui démontre que la transition agricole est en marche, et qu’elle attire des partenaires engagés, prêts à construire un avenir plus résilient» s’est félicité Martin d'Archimbaud, co-fondateur de Greenpods sur son compte LinkedIn le 1er juillet. Depuis 2021, Greenpods développe une ferme bio de 150 hectares (dont 64 de vergers) en voie de restauration grâce à l’agriculture régénérative au sud de Toulouse : 28 000 amandiers y ont été plantés. En mai 2024, l’entreprise s’est installée en Espagne : en Aragon, sur 105 Ha en conversion vers l’agriculture bio et régénérative, un futur verger accueillera quatre variétés différentes d’oliviers et de six d’amandiers (100 000 arbres à planter).
Fruits «origine France» frauduleux: un grossiste condamné à de la prison avec sursis
Un grossiste de Dordogne, poursuivi pour avoir frauduleusement étiqueté «origine France» des fruits produits à l’étranger, a été condamné à un an de prison avec sursis et 50.000 euros d’amende, a annoncé le 1er juillet la direction de la répression des fraudes. Le tribunal correctionnel de Bergerac a condamné pour "tromperie" le gérant de l’entreprise Fruits rouges du Périgord, reconnu coupable lundi d’avoir "francisé" 412 tonnes de fruits étrangers entre 2020 et 2021. Le ministère public avait requis un an de prison avec sursis et 150.000 euros d’amende. «Cette pratique commerciale trompeuse consiste à présenter comme français des produits qui ne le sont pas, en falsifiant leur étiquetage d’origine», fait valoir la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) dans un communiqué. Selon la Coordination rurale, les tonnages écoulés représentent 5% de la production française annuelle de fruits rouges, soit l’équivalent de plus de 1,5 million d’euros de chiffre d’affaires. La fraude avait été révélée en 2022 dans un reportage de l’émission Zone interdite, diffusé sur M6.
Olives : du cannabis dissimulé dans des palettes de conserves saisies dans le Jura
Les douanes de Besançon ont saisi 1,8 tonne de pollens de cannabis dissimulée entre des palettes de conserves d’olives dans un camion frigorifique à hauteur de Dole, rapporte Ici Jura le 30 juin. La prise s’est effectuée à l’occasion d’un contrôle d’un poids lourd circulant avec des plaques polonaises sur l’autoroute A36 au niveau de l'aire de Dole-Audelange, le 23 juin. Officiellement, l’ensemble routier transportait un chargement d'olives provenant d'Espagne et à destination de la Pologne. Cependant, La fouille des douaniers va mettre au jour plusieurs ballots de pollen de cannabis pesant de cinq à huit kilos, dissimulés au milieu de bocaux d’olives. L’intégralité des 23 palettes dans le poids lourd avaient été évidées afin de placer la drogue. L’ensemble du « chargement » pesait 1,862 tonne, ce qui constitue une saisie record pour les douanes de Besançon. Le chauffeur, de nationalité ukrainienne, a été placé en retenue douanière et la drogue a été détruite par incinération le 27 juin.
PPAM : au Maroc, la sécheresse persistante affecte la production, les prix explosent
La persistance de la sécheresse décennale au Maroc, asséchant les nappes phréatiques du pays, entraîne une raréfaction alarmante des plantes médicinales et aromatiques (PPAM) dans le pays, souligne le site barlamane.com. Cela concerne en particulier le romarin : «Les récoltes marocaines de cette plante s’élevaient habituellement de dix à onze mille tonnes ; désormais, elle est quasi-introuvable sur le marché » est-il rapporté. La situation de pénurie entraine une flambée des prix touchant toutes les espèces : le prix à la ferme de la menthe aurait bondi de 200 %, celui de la verveine de 150 % et celui de la rose de 40 à 50 %. Ces hausses concernent la quasi-totalité des produits. Certaines plantes, telles que la mousse de chêne et le lierre commun, se font désormais rares voire absentes. La situation touche aussi bien les espèces sauvages que la production irriguée. Si les précipitations du printemps ont un tant soit peu rechargé les nappes phréatiques, « de nombreuses espèces nécessitent un environnement humide et surtout de la neige, qui a quasiment disparu des montagnes ces dernières années » est-il indiqué. Au Maroc, moins de 1 % du volume de PPAM est cultivé, avec à peine 10 000 hectares irrigués, contre plus d’un million d’hectares de récoltes sauvages, plus fragiles.
Champagne/vendanges : la FGTA-FO saisit la Commission de lutte contre le travail illégal
Le 1er juillet, la FGTA-FO a déposé une saisine auprès de la Commission nationale de lutte contre le travail illégal, a-t-il été confirmé à Agra Presse. Le syndicat réagit suite aux procès en cours touchant le monde viticole champenois et aux décès de quatre personnes durant les vendanges 2023. Contacté par Agra Presse, Guillaume Tramcourt, secrétaire fédéral à la FGTA-FO explique que cette saisine lui permet de « remettre sur le devant de la scène une revendication ancienne que la FGAT-FO a toujours soutenue, une conditionnalité sociale stricte des aides publiques à l’agriculture». Pour le syndicaliste, «il n’est pas question de stigmatiser tel production ou telle région, mais bien d’accentuer nos exigences. Les dérives actuelles entachent toute la profession et le travail des partenaires sociaux ». Le syndicat avance d’autres revendications (salaires décents, protection sociale, contrôles renforcés…) : « Trop de salariés agricoles vivent aujourd’hui dans des logements précaires, isolés, parfois insalubres. La dépendance à une main-d’œuvre étrangère est structurelle, mais elle ne peut justifier les dérives que nous constatons sur le terrain », argumente la FFTA-FO. Le syndicat rappelle par ailleurs qu’il « s’est déjà opposé à toute dérogation visant à allonger le temps de travail des salariés en Champagne ».
Saisonniers : Rome renforce son programme de travailleurs étrangers réguliers
Le gouvernement Italien a publié un nouveau décret (« decreto flussi ») autorisant l’entrée de saisonniers, rapporte la presse italienne le 1er juillet. 500 000 travailleurs étrangers en situation régulière sont attendus pour la période 2026-2028, soit 165 850 par an. 267 000 emplois seront destinés au travail saisonnier dans les secteurs agricole et touristique. Sur la précédente période (2023-2025), 450 000 travailleurs étrangers avaient été autorisés. Selon le Corriere Ortfruitticolo, Francesco Lollobrigida, ministre de l'Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et des Forêts, a exprimé sa « grande satisfaction » à l’annonce du nouveau décret en soulignant que « les flux migratoires sur trois ans ont mis fin au chaos préexistant qui durait depuis trop longtemps ». Le nouveau décret «représente un pas en avant important pour garantir la disponibilité des travailleurs dans les champs et, avec lui, la production alimentaire dans le pays » pour l’organisation syndicale Coldiretti qui appelle par ailleurs à « la suppression définitive du « click day », et permettre aux entreprises de soumettre des demandes tout au long de l'année, avec le soutien des associations agricoles et en fonction des besoins saisonniers réels ».
Vin : une aide au développement du secteur viticole en Afrique du Sud suscite la polémique
Le déblocage de fonds européens d’un montant de 15 millions d’euros destinés à financer l'inclusion dans le vignoble sudafricain, prévu dans le cadre de l’accord de 2002, suscite la polémique dans un contexte de crise du secteur en Europe. « Une faute morale et politique grave », s’emporte même l’eurodéputée française Céline Imart (PPE) dans une question écrite adressée le 30 juin à la Commission européenne et co-signée par plusieurs eurodéputés de droite et d’extrême droite (PPE, ECR et Patriotes). Un discours qui a trouvé un écho parmi les professionnels du secteur, notamment en France. « Au moment où nous vivons une crise d’ampleur, je trouve cette décision inadmissible et une vraie provocation pour la filière viticole européenne », a ainsi vivement réagi Jérôme Despey, premier vice-président de la FNSEA (syndicat majoritaire) et viticulteur. Il faut dire que la concomitance avec les discussions autour du paquet Vin n’aide pas. Très attendu par un secteur en crise et s’inspirant très largement des recommandations du groupe à haut niveau, ce train de mesures, proposé par Bruxelles à la fin mars, doit permettre de mieux réguler la production européenne. Il offre ainsi davantage de flexibilités à des mesures comme la distillation, l’arrachage ou la vendange en vert afin de mieux lutter contre la surproduction.
Relations commerciales : Bercy débouté face à E. Leclerc sur la remise additionnelle
La Cour de cassation a définitivement débouté le ministère de l'Economie dans le litige qui l'opposait à la centrale d'achat du groupe E. Leclerc, selon un arrêt rendu le 25 juin, indique l’AFP. Bercy s'était pourvu en cassation après avoir déjà perdu en première instance en 2021 puis en appel en 2023, reprochant au Groupement d'achat E. Leclerc (Galec) d'avoir imposé, de 2013 à 2015, à ses fournisseurs de l'industrie agroalimentaire une « remise additionnelle » de 10% sur les prix des produits également commercialisés chez Lidl, et ce sans contrepartie. Alors que Bercy, s'appuyant sur l'article L 442-6 du Code du Commerce, voyait dans ces remises des « avantages sans contreparties » obtenus par le Galec, la Cour de cassation tranche que les contrats concernés par l'enquête n'imposaient aux parties aucun service commercial. L'action en justice intentée par Bercy s'appuyait sur une enquête de la DGCCRF qui avait considéré que ces clauses étaient « illégales ». Elle demandait à la justice d'infliger au Galec une amende de 25 M€ ainsi que la restitution à la vingtaine de fournisseurs, des grands noms de l'agroalimentaire comme Bel, Fleury Michon ou Nestlé par exemple, les sommes « indûment perçues », à hauteur de 83 M€.
Energie : en commission, le Sénat approuve l’essor des renouvelables
La proposition de loi sur l'avenir énergétique de la France a été adoptée le 1er juillet en commission au Sénat, reprenant certains compromis trouvés à l'Assemblée. Les sénateurs, qui l’examineront le 8 juillet dans l’hémicycle en deuxième lecture, étaient saisis... de leur propre version du texte, conséquence de son rejet la semaine passée à la chambre basse. Les députés avaient en effet choisi de s'opposer à cette PPL, largement remaniée durant les débats par le RN et la droite. Ainsi, un moratoire sur les énergies éolienne et solaire avait été adopté, ce qui a convaincu les groupes de l'ancienne majorité de voter contre l'ensemble du texte. Au Sénat, où la majorité LR-centristes est très solide, la PPL devrait néanmoins être stabilisée et convenir globalement au gouvernement, qui doit publier prochainement par décret la feuille de route énergétique de la France. Le texte ne reviendra à l'Assemblée qu'en septembre. Signe qu'un consensus semble émerger entre les deux chambres sur les mesures programmatiques phares du texte, le Sénat a repris lors de ses travaux en commission la plupart des compromis trouvés à l'Assemblée. Notamment sur l'essor des énergies renouvelables, avec l'objectif de porter, d'ici 2030, à 58 % au moins la part d'énergie décarbonée de la consommation d'énergie en France, contre environ 40 % actuellement.
Semences : Ludovic Cousin prend la direction générale de Mas Seeds
À compter du 1er juillet, Ludovic Cousin, 46 ans, devient le nouveau directeur général de Mas Seeds, la filiale du groupe Maïsadour dédiée aux semences. Il succède à Pierre Flye Sainte Marie qui, après avoir occupé ce poste durant quatre ans, fait valoir ses droits à la retraite. Ludovic Cousin a rejoint le groupe semencier en 2004 en tant que délégué commercial pour la région grand Ouest. Il endosse ensuite différentes fonctions notamment en Europe centrale et en Europe de l’Est avant de devenir directeur commercial pour l’Europe du Sud en 2017. Il est, depuis 2022, membre du comité exécutif de Mas Seeds. (Anne Gilet)
Erratum sur les ICPE élevage
Contrairement à ce qui a été indiqué dans l'Agrafil précédent, les parlementaires de la CMP ont intégré directement dans la proposition de loi Entraves des dispositions de relèvement des seuils ICPE en élevage volaille et porc (régime d'enregistrement), et ne les ont pas renvoyées à un décret. Pour rappel, ces seuils font aussi l'objet d'un projet de réforme en profondeur, avec sortie de l'élevage de la nomenclature commune, qui sera porté par un autre véhicule législatif.