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Robert Clapham (CEO Olmix) : « Notre objectif d’ici 2030 est de doubler, voire plus, la taille de notre division Plant care »

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Robert Clapham est le CEO du Groupe Olmix depuis octobre 2022.  Crédits : © Olmix

Acteur de référence des solutions biosourcées à partir des algues, à destination des secteurs de l’élevage et des cultures, Olmix a consacré 2 M€ à la modernisation des lignes de production de solutions biostimulants liquides de son site du Guétavet à Bréhan, en Bretagne. L’inauguration s’est déroulée le 9 décembre 2025 en présence de plusieurs élus locaux. Cet investissement va permettre à Olmix de doubler les capacités de production, de 1 à 2 millions de litres par an, afin de répondre à la forte croissance de ses marchés, en particulier en Amérique Latine et en Asie. Robert Clapham, CEO d'Olmix, fait le point pour Agra Innovation sur cet investissement et les projets de développement en cours au sein du groupe.

Olmix a consacré 2 millions d’euros à la modernisation des lignes de production des solutions biostimulants liquides de son site de Guétavet, dans le Morbihan. Comment la société finance-t-elle cette opération ?

Le groupe Olmix poursuit sa dynamique de développement et dans ce contexte l’investissement a été réalisé sur ses fonds propres. Cet investissement permet ainsi de doubler les capacités de production de biostimulants liquides composés majoritairement de solutions foliaires agissant sur le cycle physiologique de la plante et d’activateurs de sol. Ces capacités vont passer de 1 à 2 millions de litres par an et à horizon 2030, nous visons 5 millions de litres par an.

Pouvez-vous nous en dire plus sur votre site de Guétavet ?

Cet investissement significatif réalisé sur le site de Guétavet reflète notre ancrage historique au cœur de la région de Bretagne. C’est là que nous avons développé des nouveaux produits innovants, sur lesquels nous avons toutes les preuves scientifiques et la certification européenne PFC6. C’est aussi depuis la Bretagne que nous entendons accélérer notre développement à l’international. 

Il nous faut maintenant pouvoir monter le volume de production pour répondre à la forte croissance de nos marchés, en particulier en Amérique Latine et en Asie, où nous sommes présents depuis 3 à 4 ans. Cela tout en continuant d’accompagner le développement en Europe, où nous réalisons 80% de notre chiffre d’affaires sur l’activité Plant Care. 

Cet investissement de 2 millions d’euros est également une première étape dans la mesure où il concerne les biostimulants liquides qui représentent environ 40% de nos ventes. L’année prochaine, nous en réaliserons de nouveaux pour la partie biostimulants solides (poudre, granulés, micro-granulés...), qui bénéfice elle aussi d’importants débouchés. 
Au total, la montée en puissance des capacités du site de Guétavet correspond à un programme d'investissement pluri-annuel de plus de 10 millions d'euros qui couvre l'ensemble de ces gammes.

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Vous parlez d’un doublement du chiffre d’affaires de l’activité Plant care d’ici 2030, à combien ? 

Sur l’activité Plant care, notre objectif d’ici 2030 est de doubler, voire plus, la taille de cette division, à plus 60 millions d’euros. 

Au global, cette année, le groupe va frôler les 180 millions d’euros de chiffre d’affaires, soit environ 10% de croissance organique, et plus de 13% sur nos activités phare, par rapport à 2024, dont 120 millions d’euros pour la division Animal care, 30 millions d’euros pour l’activité Plant care et 30 millions d’euros dans les solutions Nutrition & Ingrédients, à savoir les oligo-éléments et les parois de levures, qui sont utilisés en alimentation animale et par les producteurs de solutions pour les plantes. 

Votre gamme de solutions en Plant care compte combien de produits et sur quel secteur sont-ils utilisés en agriculture ?

Nous avons une trentaine de produits différents en tout sur la partie biostimulants liquides, avec plusieurs familles qui permettent de réduire le stress hydrique sur les plantes et d’améliorer l’enracinement. Nous suivons tout le cycle de vie de la plante pour lui permettre de mieux résister à un certain nombre de stress et réduire l’utilisation d’intrants chimiques.

Tous nos produits fonctionnent sur un large spectre et nous travaillons sur un certain nombre de cultures. En Europe, nous sommes actuellement en forte croissance sur la partie maraîchage, vignes et arboriculture. 

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Où en est la société de ses développements sur la partie Animal care, sa deuxième branche d’activité ? 

Nous avons fait une très bonne année sur cette activité cœur de métier chez Olmix. Nous devrions, comme je vous le disais, réaliser un chiffre d’affaires d’au moins 120 millions d’euros cette année sur cette activité qui se partage à peu près équitablement entre l’Europe, l’Amérique Latine et l’Asie. 

Olmix figure aujourd’hui parmi le top trois des groupes mondiaux dans la lutte contre les mycotoxines, grâce à une technologie unique combinant algues et argile, des solutions où le groupe est pionnier depuis une vingtaine d’années. 

Notre objectif vise à continuer à aller encore plus loin dans l’innovation pour développer des produits à forte valeur ajoutée pour l’élevage et pour être encore plus fort que la concurrence en termes de résultats sur les mycotoxines. 

Un premier dossier sera déposé auprès de l’Efsa au début de l’année prochaine, suivra une période d’instruction d’un an et un deuxième dossier sera déposé début 2027 pour l’obtention de deux certifications sur deux mycotoxines différentes, au mieux fin 2027, et plus vraisemblablement au début 2028. 

Pouvez-vous nous dire sur quoi portent ces améliorations ?  

Le spectre de couverture de nos produits contre les mycotoxines est plus large que la plupart de nos concurrents, et nous allons déposer des dossiers à l’Efsa sur celles qui sont les plus dures à capter, pour montrer l’efficacité de nos produits et renforcer encore notre différenciation.

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Dernièrement, certains se sont fait l’écho de la mise en vente des participations d’Hervé Balusson, le fondateur d’Olmix et de Motion Equity Partners, tous les deux à parité à 50%. Avez-vous un commentaire ?

Je ne commente pas les rumeurs, car ce qui m’importe et me mobilise au côté des équipes, c’est avant tout notre projet de croissance et d’innovation. Les évolutions d’actionnariat font partie de la vie de l’entreprise et à cet égard, rappelons que Motion Equity Partners est entré au capital d’Olmix en 2020, lorsque le groupe a quitté la Bourse. 

Disposer d’actionnaires en soutien de notre ambition de développement est l’atout essentiel pour aujourd’hui, comme pour demain.