Dans un rapport paru le 12 mai sur la «dépendance des industries agroalimentaires à l’égard des biens et services étrangers», le CGAAER (ministère de l'Agriculture) dépeint une «grande puissance agroalimentaire» qui souffre toutefois de «fragilités intrinsèques» («manque de compétitivité et innovation») et de «vulnérabilités externes» (dépendances de l'amont et de l'aval aux intrants et aux énergies, ou liées à la géographie). Pour y remédier, la mesure la plus marquante est une incitation fiscale à la constitution de stocks d'intrants et produits intermédiaires stratégiques, afin de se prémunir de chocs comme ceux connus durant les confinements liés au Covid-19. Par ailleurs, les auteurs proposent de constituer davantage de connaissances, filière par filière. Ils proposent d'améliorer l'appareil statistique et d'établir avec les professionnels une «revue de l’ensemble des filières», d'ici fin 2025. Étudiant par exemple le cas de la volaille de chair dans leur rapport, les auteurs établissent une «analyse rassurante» malgré l'importance des importations, car celles-ci proviennent essentiellement d'Europe. Toutefois, ils mettent en garde sur la tendance de la filière française à creuser ce déficit, qui expose à un risque de «dépendance majeure à échéance de dix ans».
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