Les industriels gros consommateurs d'énergie fustigent le 7 mars EDF, accusée de lâcher l'industrie française pour lui préférer «le profit à court terme», et de mettre en danger la compétitivité des usines face à la concurrence internationale en refusant d'abaisser ses tarifs, malgré les pressions gouvernementales. Des fonderies d'aluminium à la chimie en passant par la fabrication de papier-carton, de verre, ou l'agroalimentaire, les industriels dits «électro-intensifs» (gros consommateurs d'électricité, NDR) dont beaucoup se disent étranglés par les factures d'énergie et menacés dans leur «survie» en France, s'inquiètent du coup de poker commercial lancé le 6 mars par l'électricien national. EDF a en effet annoncé jeudi soir qu'elle allait proposer des contrats d'achat d'électricité nucléaire à long terme à travers un système d'enchères dans toute l'Europe pour des entreprises de taille significative de tout secteur et des fournisseurs d'électricité. «Ce faisant, EDF tournerait délibérément le dos à l'industrie» française avec laquelle elle était en négociation bilatérale depuis fin 2023, estime l'Uniden, association qui regroupe les entreprises représentant plus de 70% de la consommation d'énergie de l'industrie en France. «Avec cet appel d'offres et sans poursuite de discussions bilatérales avec les industriels, EDF préférerait clairement vendre aux plus offrants plutôt qu'à ceux qui en ont besoin», craint l'Uniden.
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