Des animaux domestiques plus grands et des animaux sauvages qui rétrécissent : l'emprise de l'homme sur le monde qui l'entoure se mesure aussi à travers l'évolution morphologique des animaux, selon une étude du CNRS publiée le 2 septembre dans la revue PNAS. La double originalité de cette étude : travailler sur la très longue durée (8 000 ans), puis comparer l'évolution des espèces domestiques à celle des espèces sauvages. Pendant les 7 000 premières années de l'étude, les espèces sauvages et les espèces domestiques évoluent de concert, à quelques exceptions près. L'environnement est donc prépondérant. Mais après, « c'est l'homme qui prend le pas », explique à l'AFP la bioarchéologue Allowen Evin, de l'Institut des sciences de l'évolution de Montpellier, qui a coordonné cette étude. « Il y a 1 000 ans, il y a une rupture : toutes les espèces domestiques font la même chose, elles augmentent en taille, et les sauvages, elles, diminuent en taille. » Parmi les multiples explications avancées : l’intensification de la sélection pour les animaux domestiques, d’un côté ; la pression croissante de la chasse et le recul des forêts pour les animaux sauvages, de l’autre.
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